INFINI ABSOLU IMMANENT le limité (quantificateurs) nombres fonctions (réalisateurs) le variant sèmes (qualificateurs) le relatif Jean ALPHONSE SCIENCE MÉTAPHYSIQUE ET CODOMAINES LEXIS Vocabulaire de métaphysique avec la bibliographie des ouvrages cités

INFINI
ABSOLU IMMANENT
le limité
(quanti ficateurs)
nombres
fonctions
(réalisateurs)
le variant
sèmes
(qualificateurs)
le relatif
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Jean ALPHONSE
SCIENCE
MÉTAPHYSIQUE
ET CODOMAINES
LEXIS
Vocabulaire de métaphysique
avec la bibliographie des ouvrages cités
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Lexis les mots
 (de la mENCE
0 Introduction pour une métascience, 1996, ISBN 2-9504817-0-1 (vol 0) 1 Fondements pour une nouvelle lecture du monde, 1995, ISBN 2-9504817-0-1 (vol 1) 2 Le Quantifiable, 1995, ISBN 2-9504817-0-1 (vol 2) 3 Le qualifiable, 1996, ISBN 2-9504817-0-1 (vol 3) 4 Le valorisable, 1997, ISBN 2-9504817-0-1 (vol 4) 5 Les continua, 1996, ISBN 2-9504817-0-1 (vol 5)
Réflexions candides sur l’épistémologie, vivons-nous avec les modernes l’époque d’un inter-âge obscurantiste à permettre un renouveau de la pensée ? 2005, ISBN 2-9504817-3-6
Heuristique de l’émergence métascientifique, avec Paul Janet, la clé d’une réflexion émancipatrice des enseignements à faire époque, 2009, ISBN 2-9504817-4-4
SCIENCE MÉTAPHYSIQUE ET CODOMAINES La présente publication de 2010 reprend dans une version réécrite et complétée les précédents cahiers édités entre 1995 et 1997
0 aitia L’insuffisance d’une connaissance fondée sur l’expérience physique du monde
1theoretike Catégorisation de continuums contractuellement complémentaires
2 sema Dépasser la théorie du sens fondée sur le tiers exclu
3 ergon L’encours qualificateur réalisant le potentialisé
4 ontos Continuité in extenso d’existence, sous-jacente des indéfinies discontinuités individuées d’être, d’avoir et de faire 5 lexis Vocabulaire de métaphysique, avec la bibliographie des ouvrages cités
Édité par l’auteur : ISBN 2-9504817-1-X (vol. 6) e-book Dépôt légal à la Bibliothèque Nationale de France Contact : jean.alphonse@free.fr
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Avant-propos
Il y a un contraignant hermétisme limitant la pénétration des spécialisations du savoir. C’est inévitable. Pour bien saisir le vocabulaire spécifique du bâtiment, oui, il importe d’en pratiquer le métier. D’où la raison d’un lexique pour clôturer le présent ouvrage. Mais il est également répandu de dire que ce qui se comprend bien s’énonce clairement. Attendu que dans notre jugement c’est de même que ce qui s’avère faux d’opinion est fréquemment prescrit comme moyen de simplification en rapport aux délimitations de ce qui nous est familier, ne peut-on quelques fois apercevoir dans ce trait avancé au motif d’une économie de moyens et depuis le sous-entendu de démarquer les frontières dans le rapport à ce dont on est coutumier, le désir du simple allant avec nos inerties dans les efforts requis pour dépasser nos clôtures mentales ?
Du point de vue pragmatique, une idée apparait déjà plus claire pour qui l’énonce, que pour son interlocuteur. C’est que les termes dont on use sont plus ou moins signifiants en fonction du contexte, en plus de l’être au prorata des possibilités communicatives, tributaires du rapport de proximité intellectuelle entre locuteurs. Mais plus encore, le résultat énonciatif, qui se limite en pratique à ne pouvoir qu’évoquer partiellement du sens, est grevé par des confusions conceptuelles susceptibles de ressortir des complexes sémiotiques rapprochant plusieurs significations aux fins d’évoquer l’innovant depuis ce qui est coutumier. C’est le cas par exemple des significations ressortant de termes multi-ordinaux qui se moulent encore malaisément dans les langues naturelles.
Les médecins peuvent causer entre eux d’une maladie sans être compris du malade. On n’entend pas les termes d’architecture sans être du bâtiment, ni ceux d’autourserie si l’on n’est pas initié à la chasse au faucon.
Edmond GOBLOT
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Depuis L. WITTGENSTEIN, un mot trouve sa signification par le contexte, montrant par là que les dictionnaires, en se référant aux usages les plus généraux des mots satisfaisant des emplois présumables, ne peuvent qu’éclairer les possibilités signifiantes à l’intérieur du discours. Mais c’est au vu de ce qui précède qu’il pourra apparaitre congru à certains lecteurs de considérer que le lexique et la syntaxe, comme procédés de moyens, doivent servir les oeuvres articulant de la créativité, et non l’inverse : l’auteur servant les normes et les standards que les institutions consacrent. À l’exemple de ce qui constitue le moyen du poète, en science, une langue policée réduit le travail d’auteur au moule d’un héritage culturel. Le propos d’une métaphysique scientifiée étant novateur, le lecteur voudra bien retenir que les commentaires, ainsi que les tentatives de définition qui suivent, concernent souvent des termes connus, mais considérés dans l’application aux propos du présent ouvrage, afin d’éviter de recourir à un vocabulaire nouveau, forcément déficient pour évoquer immédiatement du sens échappant au convenu.
Plus encore que cette disposition, je voudrais que mon lecteur saisisse par analogie toute la nuance entre un “jardinier” faisant profiter de manière conviviale des proches qui tentent par eux-mêmes de penser au détriment des idées reçues, et le produit de grande culture issu d’universitaires appointés pour répondre professionnellement à la demande. Le dessein exprimé par là, hors maladresses, n’est pas de transmettre un savoir reçu et conforme aux présupposés contemporains. Comme à satisfaire un plaisir subtilement inventif avec de nouvelles variétés culturales, ce que je vise dans les pages qui suivent est de dépasser des significations limitées à l’usuellement convenu. Aussi, c’est afin de plus aisément distinguer ce qu’on y discrimine depuis une économie de moyens, que beaucoup de termes sont renvoyés aux paragraphes les donnant comme membres d’une famille de sens apparentés. Sont de plus portés à la sagacité de certains lecteurs des concepts encore sans modélisation. Ils sont formés sur base d’idées pouvant promouvoir du sens, mais à n’avoir pas encore de termes à les étiqueter.
Attendu que plus une préface est maigre et plus elle a des chances d’être lue, je voudrais pour finir condenser en peu de mots ici le sujet portant sur la force des idées. Les idées ont sensément aussi leur réflexion, des réverbérations, quelques effets d’écho entre mentalités,
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mais qui n’ont rien à voir avec des “ondes cérébrales”. Pourquoi? Parce que les idées suggèrent plus qu’elles ne s’imposent : leur acception advient de ce qu’elles apparaissent vraies en raison de coïncidences à des besoins personnels, ou des mobiles spécifiques d’une époque. Toute une lignée de penseurs laissent et laisseront ainsi leurs empreintes au travers des âges sur la glaise de l’humanité, sans besoin d’exercer aucun pouvoir.
Les idées nouvelles rencontrant des échos intérieurs au penseur, décident ou non de sa libre adhésion : elles ne s’imposent pas impérieusement de l’extérieur ainsi que le font le pouvoir politique et la force militaire, ni de façon triviale comme la puissance financière ou l’influence des chefs religieux. À l’encontre des idéologies mises en situation, les idées ne sont que le butin rapporté par d’aventureux explorateurs de l’entendement, chacun d’eux dressant des cartes utiles à leurs successeurs engagés à poursuivre plus loin. Nul besoin de gratifier ces aventuriers de l’intellection; ils tirent d’eux-mêmes motivation, énergie, détermination. Ils ont seulement besoin d’espace, l’espace des possibilités mentales et son champ à permettre de nouvelles perspectives. Comme l’écrivit WHITEHEAD avec d’autres mots: dans l’aventure des idées, il est encore plus aisé de se séparer de sa propre ombre, sachant qu’on est continument soi-même avec elle, que de la foi par laquelle l’humain agit dans l’expérience des dépassements de soi. C’est que de tels dépassements restent les vrais moyens par lesquels il devient possible de sonder toujours plus avant. Or, au ciel du cheminement dans les différents paysages inconnus de la pensée, jamais ne manque des étoiles indiquant la bonne direction à suivre dans les coordonnées du plus vraisemblable, du meilleur et du plus beau qui servent à lire les plans sous-jacents aux transformations du monde.
Dans le cheminement succédant à nos questionnements, aussi modestes qu’ils puissent être, l’engagement vient de savoir qu’une réponse déjà existe, qu’il suffit de la découvrir, d’inventer son formalisme, puis de la porter en pleine lumière.
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Vocabulaire
A contrario (raisonnement)
Idée argumentée produite comme solution justement contraire, ou non envisagée dans un texte ou bien le dit adverse. C’est aussi conclure d’une contradiction hypothéticodéductive contestable, l’opposé dans les conséquences.
A fortiori
Locution latine signifiant «à plus forte raison…».
Abaillées (choses)
La nature ressort, au regard du présent âge encore faiblement participatif de l’humanité, comme étant sans propriétaire légitime. Tout du cosmos est alors légitimement regardé ainsi que des choses à conquérir pour servir des ambitions humainement égocentriques. Chaque peuple tenait tacitement il n’y a pas si longtemps encore ainsi les contrées lointaines. Or ce qui fut légiféré à propos du colonialisme l’est resté au sujet de l’Univers : un bien non défendu par les armes, ou des conventions comme le droit des affaires et le droit à la propriété, appartient à celui qui s’en empare le premier. Dans cette idée, l’entièreté de l’Univers est chose abaillée (sans bailleur).
Le contenu de l’Univers n’étant pas attribué nominalement par force de loi, est légalement tenu pour n’avoir pas de propriétaires. Il est important de remarquer qu’une grande partie de l’humanité se trouve encore animée par cette convention tenant collectivement lieu de pseudomorale cosmique, simplement pour ne pas reconnaitre le droit à l’existence d’un tiers allant avec le paradigme scientifique d’un monde causalement livré à lui-même sans effet attendu, c’est-à-dire en tant que chose excluant les raisons de devenir en direction d’une finalité spécifique des êtres. D’où la non prise en compte, dans les affaires humaines, d’une citoyenneté plus élargie que celle qui se réduit aux gouvernements humains.
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Abaléité
Caractère d’être ou de devenir à cause d’un autre (être ab alio). Son opposition de complémentation représente l’aséité (a se), en tant que fait d’être hors toute instance performative, et donc sans cause première, ni effet attendu. C’est dans cette disposition que l’être humain apparait mixte, tout à la fois conditionné et inconditionné depuis l’expression de son libre-arbitre déterminateur. Il dispose dès lors de la potentialité d’assumer un devenir prenant sa source en essence dans l’inconditionnelle capacité aséitique d’être surdéterminant les moyens d’acquisition en substance des condi-tions abaléitiques substratives. Disposition en sorte que l’on conçoit que ce devenir inconditionnel se déterminant dès à présent en conséquence d’un libre-arbitre, ne saurait trouver sa réalisation dans le cadre des conditionnements du monde : il apparait postfina-litaire. Attendu qu’en référence stricte au présent continuum performatif, la volonté personnelle ne peut s’exercer que vis-à-vis du monde devenant et acquérant, donc à n’être que participative. Cf. ontologie.
Abduction
On sait que depuis le syllogisme dont la majeure est certaine et la mineure possible, la conclusion n’est au mieux que probable. PEIRCE, 1867, fait à ce propos référence à l’instance prédictive de la pensée depuis l’examen des universaux. L’induction va du cas observé et du résultat d’expérience, à la règle, depuis la suite : cas particuliers  généralisation par le moyen de règles (les généralisations étant globalisantes) ; quand l’abduction part d’axiomes et de principes formulés spéculativement comme étant évidents, pour aboutir aux contenus actualisables depuis la suite : universaux  singularités  le potentiellement actualisable selon des occasions.
Si le rapport de l’induction à la déduction se prête à vérification expérimentale, ou à réfutation du déduit a posteriori à propos de la reconduction du connu, le résultat d’une abduction est quant à elle conforté par son inévitable réalisation par suite de l’épuisement progressif des potentialités de réalisation au monde. Les choses qu’on examine ainsi par les modes aprioriques et apostérioriques ne représentent que les deux faces du même parcours réalisateur. Mais il apparaitra au lecteur qu’une connaissance complémentaire
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formulée apriori, ne peut aussi ressortir de l’examen des cas parti-culiers, ou être corroborée par l’observation et l’expérimentation se justifiant en science. Cf. proleptique.
Absolu /relatif
La particularité du relatif est d’être, d’avoir et faire en rapport à des conditions dépendantes d’une altérité. Ce qui entraine justement qu’une chose relative se prête à la mesure quantitative des propriétés, comme sa mensuration en étendue, seulement par comparaison entre individuations apparentables.
D’où l’implication d’un continuum spatiotemporel limitatif par lequel la multiplicité quasi indéfinie des choses et des êtres sont en interrelation conditionnant leurs limites réciproques. On aperçoit que l’antithèse représente un absolu réel. Il présuppose la nécessaire indépendance existentielle surdéterminante de possibles repères à rendre compte du relatif depuis la mesure et la comparaison. Conséquemment à cette disposition, quand on déclare ce qui est susceptible d’absoluité, c’est à en considérer l’existence comme inconditionnellement en soi, sans mesure ni comparaison, ce qui répond bien au critère de non-relativité et de non-limitation. L’absolu correspond par suite à la modalité aléthique de nécessité qui est de “ne pas pouvoir ne pas être”. Le concept de non-relativité distingue cependant deux statuts : 1) ce qui existe en soi sans relation aucune ; 2) mais la non-causation de l’existence en soi sans relation entraine comme résultat multi-ordinal appliqué au non-causé d’être cause de l’ex-sisté (cela qui pour être n’a également besoin d’aucun autre, tout en pouvant avoir des relations à d’autres). Le continuum de l’ex-sisté est alors dit subabsolu, comme interface intégrant activement les caractères octroyés à l’existence unicitairement absolue, par rapport à ceux qui le sont aux multiplicités quasi indéfinies des relativités d’être, d’avoir et de faire. On peut com-prendre que le continuum d’éternité de l’Absolu requiert aussi l’illimitation, mais c’est dans le sens d’une privation de l’attribut de spatialité relative allant avec la notion d’étendue qu’il faut l’enten-dre, et non pas d’infinité. L’attribution d’infinité est détenue comme inconditionnalité par l’Infini (dans son opposition contractuelle à l’absoluité de l’Absolu), en sorte que, réciproquement, l’infinitude de l’Infinité est à considérer par absolu, mais dans le sens d’inva-riabilité faisant que, par privation attributive du temps, son contenu
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reste invariablement in extenso sans attribution, quel que soit ce qu’on en retire ou qu’on y ajoute.
Absolu-infini-immanent
Aspect unicitaire faisant référence au continuum d’une continuité in extenso d’existence, par opposition au continuum des discontinuités indéfinies d’être, d’avoir et de faire particulier à l’Univers, qui est d’espèce tout à la fois relative, finie et variable.
Abstraire versus concrétiser, et séparer versus réunir
À distinguer entre abstraire et séparer, il suffit de remarquer qu’on sépare en pensée deux choses quand l’une est donnée pour être sans l’autre et conserver son individuation propre, alors qu’on abstrait ce qui n’a pas de réalité sans son complément (par exemple le néant qui, étant sans existence en soi, n’est posé que depuis une procédure d’ensemblement à l’in extenso). Depuis le jugement, on compose et divise, on sépare ou l’on réunit, tout en conservant le caractère d’individuation sous-jacent, mais l’on abstrait la forme géométrique en faisant abstraction de l’objet matériel auquel elle est associée, comme on abstrait le sens d’un signifié, ou encore l’être ontologique de ce qui est. La masse, l’étendue, la forme, sont ainsi abstraites à ne pouvoir se trouver considérées seules, tout comme le beau sans l’artiste à s’en trouver l’agent, ou la science sans l’agent d’une qualification épistémique. Depuis cette disposition, on oppose la concrétisation à l’abstraction, mais ce sont les deux mouvements opposés du même, comme le sont, avec l’analyse et la synthèse, les activités mentales consistant à séparer et à réunir. Notons que s’il est intellectuellement aisé de séparer et d’abstraire le préalablement senti, puis aussi le conçu, y ajouter et intégrer le nouveau passant par l’imaginaire l’est considérablement moins (le nouveau avant son émergence effective en tant que nouvelles réalités ressortant d’occasions allant avec le processus de complexification). L’imaginaire est en cela : on peut considérer un corps matériel sans étendue. Masse et substance sont alors réduites à l’adimensionnalité du point. Il est évident que cette réalité subjective ne peut faire partie de la réalité objective. Étant autre par nature, mais, ainsi abstraite de la réalité objective, elle n’en est pas moins concrétisable comme nécessaire au concept de non-relativisation du continuum de l’Absolu. De même nous
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pouvons abstraire la circonférence de l’aire d’un cercle, comme le périmètre de la surface d’un carré. Mais c’est l’imaginaire à les porter dans la condition d’infinité qui nous donne à concevoir que le carré est indistinguable du cercle les deux étant transposés à l’infini (en considération de l’Infini réel sans attribution). Le moteur de la sémiotique va par là avec une puissance d’abstraire l’attribution des individuations concrètes, quand ce sont les opéra-tions multi-ordinales appliquées aux abstractions attributives qui visent l’unicité de l’Un par-delà le concept des universaux. Pour postulat, l’attribution n’est pas ce qui fait la condition d’individua-tion, mais ce que l’individué a en partage avec d’autres en tant que moyen relationnel spécifique du continuum des relativités d’être, d’avoir et de faire. Raisonner dans l’abstrait (in abstracto) relève de spéculations subsumant la nature considérée comme un tout d’es-pèce finie et relative, et en tant que cette disposition comporte une complémentaire ensembliste. Étant entendu que le caractère de relativité et de finitude des parties se reporte sur la possibilité d’indéfinitude du tout que l’on considère comme sous-ensemble possédant inévitablement une complémentaire dans la théorie des ensembles. Abstraire est en dernier ressort une opération mentale consistant à isoler un élément qui n’est en réalité pas donné sépa-rément d’un ensemble.
Acausalité
Privé de cause ou de causation.
Accident Voir: fortuité
Acédie
Voir: déréliction
Acmé
Le plus haut degré d’intensité, l’apogée d’un développement avant sa régression, point culminant de ce qui varie et moment du maximum en référence de ce à quoi se rapporte l’idée ou le terme dans la phrase considérée.
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Acorporalité
Privation du principe de corporéité, alors que l’incorporel représente ce qui s’oppose au corporel, comme la corporéisation à l’incorporéisation. Reste qu’incorporer, altération d’encorporer, est faire qu’une chose fasse corps avec une autre.
Acousmates
Préceptes qui indiquent les conditions de la sagesse, en tant que connaissance des meilleures conduites de soi. Du grec akousma, la chose entendue, et akousmaticos, la disposition à entendre. Il faut comprendre la sagesse comme n’ayant pas de réalité en soi : elle est le produit du sage. C’est cette production qui est alors tout aussi tangible, depuis des effets spécifiques, que le sont, par exemple, les propriétés de tel corps matériel. Les traces de sagesse mémorisées au travers des cultures trouvent leur utilité avec la réduction du doute relatif à la détermination des conduites de soi dans le libre-arbitre, d’une manière semblable à ce que représentent les logiques dans l’économie du savoir, mais avec un rôle sensément réduit dans la détermination de la personne. Car si les choix personnels ont des conséquences soumises à des lois naturelles, ces lois ne s’imposent pas d’autorité à leur expression dans le parcours réalisateur de l’instance performative du monde, en raison de ce que le libre-arbitre personnel reste souverain, bien qu’il se surimpose à l’apprentissage par le biais des qualifications depuis le caractère rétroactif essai  erreur ou réussite. Au sommet des critères qui sont susceptibles de circonscrire les principes de la sophia, il y a certainement la loyauté de soi dans un face-à-face à son altérité. La loyauté est aux relations spirituelles entre personnes, ce que l’authenticité est au rapport propriatif qu’on a aux choses, et la véracité vis-à-vis de la communication informante d’une interface psychique. Notons que la loyauté faisant que la personne conserve son intégrité reste étrangère au concept d’obédience par laquelle on abandonne au profit d’un autre le pouvoir le soi. Elle se distingue encore du concept de délégation d’un pouvoir de soi par lequel un autre se substitue comme moyen d’effectuation, mais dans la conservation des finalités personnelles (Cf. actio in personam).
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Acroamatique /tangible, ésotérique /exotérique
L’histoire rapporte qu’Aristote traitait le matin des questions métaphysiques entendues des seuls proches, disciples initiés, et le soir de choses physiquement concrètes accessibles à un public averti. Aujourd’hui l’enseignement scientifique occupé des seules réalités exotériques est donné en complète rupture d’avec une connaissance métaphysique fondée sur un domaine ésotérique d’existence. Est du domaine du tangible le réalisé au monde qui tombe de soi sous le sens, ou dont on peut prouver la réalité depuis l’expérience sensible. Est du domaine de l’acroamatique ce qui est donné pour exister sans besoin de la preuve des sens, mais dans une soumission aux preuves de la spéculation passant par le principe ordonné des catégories et l’entendement advenant d’aperceptions. La preuve acroamatique s’appuie sur le travail cognitif dans les disciplines de la raison pure. Ce qui reporte sur le domaine scientifique l’objectivation de la seule réalité exotérique, et l’opposé ne relevant pas des phénomènes, la subjectivation rationnelle du domaine de l’existence ésotérique.
Actio in personam
Locution latine par laquelle on évoque que l’acte est strictement attaché à la personne et qu’à ce titre, étant intransmissible, sa conséquence l’est également. C’est une considération différente de la délégation du pouvoir de soi qui, étant factitive en tant qu’acte indirect consistant à faire en sorte qu’un autre se substitue comme moyen d’effectuation, mais non comme fin, sanctionne une perte de jouissance, pas de propriété.
Activilogie
Science des activités. Á l’encontre de la statique et la permanence désignant le caractère d’inactivité de ce qui demeure le même malgré l’écoulement du temps, la dynamique implique la variation du contenu donné à l’action dans ses deux aspects transformateurs oppositifs : réalisation et déréalisation. Agir, c’est donc la possibilité de convertir des énergies physiques, psychiques, spirituelles en des réalisations assortissant tout surcroit d’être, d’avoir et de faire. Et tout autant celle de restituer de nouveau en puissance depuis des activités concomitantes déréalisatrices. Actantiel : référence à la nature de l’activité, en tant que produit de
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l’actant et comme investissement contratfactuel entre au moins un agent spirituel (proactif  vertu dans l’acte), un agent psychique (actif  qualification dans l’acte), et un agent physique (réactif  propriété dans l’acte). Procès qui ordonne respectivement les rôles contractuels dans les compétences modales de vouloir-faire, de savoir-faire et de pouvoir-faire. C’est dans cette disposition que l’activité, au contraire de la réactivité, représente un travail subor-donné à un but coïncidant au préalablement proactivé. L’actant est l’agent accomplissant l’acte, l’acté recevant, ou subissant l’effet du causé par l’acte. Mais ce dispositif est encore incomplet à conce-voir la contractualité entre ces agents cosmiquement complémen-taires entre eux, comme se trouvant livrée à elle-même. Il faut encore ce qui se tient hors instance de transformation performative à être la cause première ou absolue, qui est en soi sans nécessité de causer, pour rendre compte du généré dans le transformé. Le rôle actoriel de la personne sur le théâtre de l’Univers représente au mieux l’interface entre le transformé (la pièce se jouant dans la présente instance) et le généré (la pièce préalablement écrite). L’investissement modal dans les coordonnées du plus beau, du meilleur et du plus vraisemblable, surdétermine ici la synergie des trois aspects autonomes individués sur la même deixis, d’un vouloir-faire en raison de vertus, un savoir-faire en raison de qualifications, et un pouvoir-faire depuis les propriétés actales (les investisse-ments de faire être et avoir ou faire ceci de particulier), en référence aux libres dispositions interprétatives depuis le libre-arbitre de la personne. Le statut actantiel définit l’actant et l’acté dans une disposition actuée de cause à effet, donc par rapport à un parcours antérieur et compte tenu d’un parcours ultérieur, instaurés dans la capacité de varier sur l’axe du temporalisé, quand le carac-tère complémentaire représente la faculté d’immanence existen-tielle sous-jacente. En actuant, on considère uniquement le pas-sage de la puissance à l’acte. Mais pour ce qui est spécifique de l’actorialité, on distingue de plus entre autres effets ce qui relève de la philarchie (le fait d’être attiré par le pouvoir de commander, ou par la première place ; ou le plus haut degré) ; la prépotence (abus de pouvoir auprès des semblables) ; la prévarication comme trahison des engagements personnels, des devoirs et des intérêts visés (prévariquer, prévaricateur), la prodition (comme acte de trahir ; le proditoire désignant ce qui à caractère de trahison) ; la probité (droiture dans l’action). La rétroactivité représente le
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produit actant d’organisations mixtes, physique et psychique. Ce mixte se situant entre la réactivité physique et l’activité psychique est le résultat psychosomatique du rapport entre un agent qualifi-cateur et un agent propriatif. L’anactif désigne ce qui est privé de potentialité actantielle, qu’on discrimine de l’inactif, ce qui est susceptible d’activité, c’est-à-dire jouissant d’un potentiel de possi-bilité actantielle, tout en s’opposant à ce qui est en activité par son fait d’être sans activité. L’antactant : ce qui est antérieur à la première action. Adaction : action de contraindre. Dans une opposition également mixte et au sens de TEILHARD DE CHARDIN, l’activation se réfère à la capacité de l’esprit d’animer spirituellement les facultés qualificatives des mentalités. Cf. passion (le pathos) ce qui subit l’action, et son contraire l’ithos.
Adaction
Voir: activilogie
Adductivité
Latin adductus : qui conduit à… Est le plus souvent adductif le raisonnement émis sous l’emprise d’idées reçues, depuis la procédure consistant dans l’exclusion de l’aspect alternatif, ou antithétique, pour cause de ne pas s’accorder avec ce que l’on considère dans la procédure actualisée du raisonnement. Depuis une pensée adductive (elle va dans la méthodologie des sciences avec la clôture du raisonnement sur les preuves d’expérience), il est essentiel d’apercevoir que le procédé d’abduction, situé à la racine du raisonnement depuis la logique du tiers exclu, n’a pour applica-tion que la prédiction phénoménologique limitée aux suites réactives chainées de cause à effet. L’acception s’y limite et, par cette limitation du champ conscientiel, on considère comme étant irréel ce qui se trouve hors sa clôture institutionnelle, ou étranger aux restrictions paradigmatiques du raisonnement. En sorte que, sans le processus d’induction que complète le raisonnement spéculatif prenant en compte le domaine des réalités à venir — le potentialisé en réalisation —, la chaine de tels événements réactifs s’instaure indéfiniment et en référence au seul domaine des reconductions apostérioriques.
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Adéictique
Voir: déictique
Adessessaire
Du latin adesse, “être présent”, désigne la présence dans un substrat, mais ne dépendant pas, pour être, du substrat lui-même.
Adéterminité
La négation du déterminisme, ou plus précisément le caractère néantaire du principe de détermination. Car au déterminisme s’oppose l’indéterminisme en tant que possibilité de libre détermination, quand l’indéterminé est bien sûr ce qui n’est pas, ou pas encore déterminé.
Adhocité
Venant du terme ad hoc, en rapport à ce qui est fait pour répondre à cela auquel on destine une chose ou son moyen, l’adhocité se dit du caractère de ce qui est considéré comme adéquat dans son effet et idoine dans son choix.
Adiaphorie ()
Terme pris dans le sens restreint de l’état d’esprit marqué par l’indifférence, ou tenant pour peu important et accessoire le jugement de valeur résultant des événements vécus afin de répondre adéquatement aux choses et aux êtres. Au premier abord, la chose est aisément saisie ainsi qu’une tare stigmatisant les imperfections humaines. Mais la lecture de PYRRHON nous révèle tout le bénéfice à ne pas se suffire de considérer cette attitude dans le sens négatif d’insuffisance de l’un des caractères anthropologi-ques, puisque ce choix peut aussi conduire au souverain bien du sage entrainant l’ataraxie () : le fait de n’être plus troublé ou affecté dans ses sentiments (), ce qui diffère du souhait de n’être pas dérangé pour cause d’indifférence. La possibilité d’agir au monde, et pas seulement de réagir, en dépend, puisqu’il faut, pour l’obtention de ce résultat, que les événements environ-nementaux ne soient plus à nous commander. Résultat pour le sage, rien n’est à jeter avec l’eau du bain de bébé : ni l’erreur et le mal, ni le péché et pas même, peut-être, l’iniquité. Puisque ces choses négatives contrastent les positives dans la dynamique du devenir
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humain, c’est que, dans notre méconnaissance des fins par rapport aux moyens, elles ont certainement leur raison d’être : quelque fonction cosmique auprès des êtres en devenir, dont les effets concernent la phénoménie spirituelle qu’il importe de vivre en laissant en suspens le jugement, c’est-à-dire en maintenant ouverte la possibilité des procès ultérieurs de la raison, depuis une inamissible confiance en ce qui nous transcende. La nature, vue comme ins-trument, n’est que la matrice de ce qui se réalise à l’Univers. Elle comprend conséquemment dans son moyen ce qui conduit le travail d’enfantement visant la maturité des êtres. Ce qui fait de tout vécu durant l’instance performative passant par le devenir, un moyen, non une fin. Il importe alors de prendre conscience que ce ne sont pas les imperfections et ses maux accompagnant une telle croissance qui amoindrissent la personne humaine. Que l’un puisse choisir de monter quand l’autre descend, aller là plutôt que rester ici, chercher la lumière de préférence à l’ombre, comme aussi toute autre possibilité, parait naturel, puisqu’il s’agit du libre mouvement humain. Aussi, semblablement, refuser l’autre face de chaque vertu ne peut que nous enfermer dans l’artifice faisant que le jour pourrait exister sans la nuit, la droite sans la gauche, ce qui est en haut sans aussi ce qui est en bas. Tenir des critères valoriels allant avec nos actes, oui, s’ils concernent le choix imminent, circonstanciel, sans en faire une règle générale. Ne pas juger des personnes, n’est pas prôner le mal, c’est garantir leur souverain droit de devenir elles-mêmes depuis l’expérience de leur libre-arbitre. L’histoire montre que dans la sphère des libres mouvements individuels, les inclinations varient dans le temps selon des besoins propres au développement personnel, comme à celui des communautés. C’est à ne pas tenir compte de cette relativité des valeurs, les considérant comme absolues, qu’on peut être à l’occasion épinglé nuisible ou bienfaisant par le moraliste, autrement dit socialement bon ou mauvais, à l’image du classement des animaux entre utiles et nuisi-bles. Ces choses étant dites à comprendre la philosophie néostoï-cienne émancipatrice du pathos. La vivre est autre, puisqu’elle implique le courage d’affronter avec sérénité les difficultés et les coups du sort qui sont inévitables dans un environnement imparfait et perfectible.
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Adiaphoron
Désigne dans les relations valorielles, ce qui a valeur de neutralité, donc qui diffère en espèce tout en n’étant pas réductible à rien. En sorte que n’ayant aucune incidence valorielle, cela que l’on considère d’adiaphorétique n’a pas non plus de possibilité vertualisatrice.
Adjuteur
Terme général pour désigner celui qui aide, ou son auxiliaire dans une fonction. Cf. adjuvant
Adjuvant
À pour sens général d’aider, de seconder. L’agent adjuvant, pris au sens des doctrines religieuses ainsi qu’en celui de certaines gnoses, représente l’entité qui, étant reliée à une réalité superstrative, agit en vue de faciliter la progression des êtres passant par le processus d’ascension, dont est l’humain perfectible posé en tant que potentiellement spiritualisable. Considérons ici deux sortes : les adjuvats — adjuvants ou adjuteurs — qui sont des agents subsidiaires aidant, secondant ou dirigeant de l’extérieur, celui qui, par manque ou déficience interne, ne possède pas encore les moyens (facultés ou capacités) nécessaires pour mener à bonne fin une auto-progression spirituelle. Et l’Ajusteur, divine présence existante au noyau de la personne incarnée, qui est indwelling (celui qui habite l’intérieur), et qui forme l’être personnalisé encore malléable depuis des suggestions de valeurs d’action, visant le résultat vertuel progressif, planifié (patterns archétypaux), de la psyché, en vue d’une centration de son devenir progressant vers l’endocosme. C’est par exemple dans un sens apparentable à cette disposition qu’au niveau mental on agit, non pas à vertualiser, mais qualificativement sur des objets, notre propre extériorité concer-nant l’obtention de résultats propriatifs — obtenir des objets les propriétés qualificativement attendues de nous —, quand ceux de notre intériorité concernent proactivement des valeurs d’action. Sous-jacent à cette disposition, le concept de syntonie entre la personne et cette présence suprapersonnelle qui, au noyau de son être d’expérience progressive, s’effuse à soutenir dans ce qui varie (en tant qu’être d’existence invariative), une fin d’être par épuisement des potentialités de devenir. Dans le régime d’animation du monde
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opposant de cause à effet la réactivité d’un contenu impersonnel à la causation finalisatrice depuis l’activité du personnalisé, il s’agit conséquemment d’aborder, avec le divin Ajusteur, le procès proactif concernant l’axe des intensifications (processus de centration-unité, intégrative du diversement personnalisé), devant surdé-terminer et compléter le rapport aux extensivités, la transformation métamorphique des choses, espèces impersonnelles du processus d’excentration complémentaire visant la diversification réalisatrice au monde objectif. Dans la doctrine hindouiste, ce guide intérieur, constant, présent la vie durant et dont sont sujets la personnalité, l’esprit, le corps, comme toutes entités des niveaux de l’égo, est nommé sadgourou. Tout guide est temporaire, pas lui. Le sadgou-rou ne cherche pas la voie, il est la voie. Dans le Bardo Thödol tibétain, on l’évoque parlant au défunt de sa divine tâche consistant à détacher au bon moment au cours de la vie les masques de l’égo (ils sont au vivant incarné les cocons successifs de son âme chry-salide), afin de le préparer à l’éveil éternel. Voir également à ce sujet La cosmogonie d’Urantia.
Adjuvat
Voir: adjuvant
Adstrat
Voir: substrat
Adventice (idée)
Voir: eidétique
Adynamie
Caractère d’un milieu intégré ou unicitaire, en ce qu’un tel milieu est privé de tout rapport entre forces, efforts et luttes, soit par constitution originelle de l’existé dans le subabsolu (pour raison d’unité comme mixte entre l’unicité dans l’absolu et le divisé dans le monde), soit comme terme finalitaire de ce qui succède à la dynamique réalisatrice résultant de l’intégration du séparé.
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Affects
Ce qui est conscientialisé de l’environnement et duquel résultent des réactions internes pouvant aboutir à des effects. Dans cette disposition, les effects dépendent de réactions psychologiques (conditionnements). Par extension, on considère non seulement les mentalités liées au somatique par l’exocosme, mais encore, leur susceptibilité d’être à l’esprit par l’endocosme. Depuis cette défini-tion générale, pour cause du manque de termes discriminatifs entre affects endocosmiques et exocosmiques, les affects sont reconnus depuis des effets tels que plaisir, douleur, émotion, tristesse, qu’exercent les rapports environnementaux de l’extraception et de l’introception. Les affects ne sont vraisemblablement possibles qu’en rapport à l’état d’esthésie (aptitude à percevoir des sensations résultant de contacts phénoméniques aux environnements exo et endocosmiques). Ils diffèrent du sens de perturbation en ce qu’une perturbation représente ce qui est psychologiquement dévastateur, alors qu’à l’encontre, le produit esthésique, motive. Cf. pathos.
Afférence
Caractère de ce qui contribue au sujet pensé, ou ce qui convient d’être également donné pour compléter ce qu’on examine par la pensée. Par suite, les sémanticités qui contribuent ou qui éclairent ce qu’on examine par la pensée.
Affin
Deux choses sont affines depuis leurs ressemblances. Par exemple, de mêmes limites, des caractères analogues.
Agalméité
L’agalma (ornement) désigna d’abord avec HOMÈRE ce qui est don gratuit et précieux de l’au-delà et apportant l’exultation dans les mondes d’ici-bas. Ensuite, PlATON usa dans Timée de l’agalméité pour rendre, dans le monde visible et matériellement tangible pour nous, l’idée de la vie dans l’invisible, qui n’est qu’ésotériquement entendable. Mais le terme désigna, à partir d’HÉRODOTE, aussi une figure de rhétorique complétant le premier sens, sous la forme symbolique de la statue humaine offerte aux divinités : en tant que celle-ci est à rendre compte de la nature humaine auprès des dieux, comme ce qui émane du monde divin est à rendre compte auprès
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des créatures de la nature du divin. Sous-jacent à la notion d’ornement, reste donc le sens de transcommunation entre les êtres de ce monde et ceux d’une surnature. Cf. Ouranos  Univers.
Agent
Terme général pour désigner le producteur de l’action, qu’il soit individué dans le règne de l’animé ou dans celui de l’inanimé. Ainsi parle-t-on d’agents pathogènes, chimiques, du domaine des individuations physiques, et pareillement d’agents spécifiques des domaines individuant des réalités tant psychiques que spirituelles.
Agnosticisme
Doctrine par laquelle ce qui n’est pas physiquement expérimentable, par exemple une surnature, reste inconnaissable et à classer dans le domaine des fictions. C’est le déni de toute possi-bilité de recherche métaphysique et, conséquemment, l’infirmation d’une connaissance spéculative visant une surnature complémen-taire de la nature du monde. L’aveu d’ignorance à propos des ques-tions sur le monde n’est donc pas une démarche agnostique. Il faut, pour qu’un appréhendement gnostique advienne, considérer de plus que, étant donnée une stratification complexificatrice de la réalité métamorphique dans l’Univers, la place intermédiaire occupée par la nature humaine implique un superstrat dont nous participons, certes, mais sans pouvoir rendre compte de cette surnature propre depuis le senti. Pour exemple, en référence à ce qui substrate l’individuation de la personne humaine, les cellules de l’encéphale, dont les activités sont sous-jacentes aux fonctions mnémoniques du produit mental, agissent dans l’ignorance de ce produit dont elles participent. De manière tout à fait objective, c’est dans un sens semblable que le ver qui est dans le bois de la char-pente peut acquérir une représentation du bois fondée sur une expérience sensible et rendre compte jusqu’à la forme de la char-pente, sans pouvoir de plus prendre conscience de l’événement qualificateur ayant trait à la charpente, en l’absence de tout travail spéculatif (à supposer que cette faculté lui échoit comme moyen).
Agrégation
Accumulation locale de l’individué depuis des gravités spécifiques. L’assemblage agrégé diffère de l’arrangement organisé fondé sur la complexité substrative, bien que des agrégats puissent être égale-
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ment hétérogènes (coagrégat : agrégat formé de parties ou de choses hétérogènes). Pour présupposé de cette disposition, des complexifications organisatrices arrivent depuis des causes qui différent des inerties produisant l’agrégation. En fait, il y a complé-mentarité antithétique, ou opposition du même, dans le sens où ce qui s’agrège arrive passivement de cause à effet et répond aux lois statistiques du hasard, quand à l’encontre, structures et organisations se fondent sur des fonctions. Par différence aux formes issues de résultats réactifs, l’organisé arrive activement, encore depuis des causes, certes, mais avec effet attendu. Cf. intégration.
Aléthique
On entend avec ce terme la structure logique posant le principe d’existentialité dans les cas particuliers de soumission à l’un des quatre cas modaux que sont : possibilité, impossibilité, nécessité, contingence.
Aliquote
Parties mesurées étant identiques ou égales entre elles et contenues un certain nombre de fois dans un tout.
Allégorie
Voir: communication
Alter ego
Voir: altérité
Altérité
De façon générale, ce qui est autre. En psychologie, référence à l’alter ego : cet autre moi-même qui n’est pourtant pas moi. L’altérité représente la condition indispensable du principe de relation. Elle marque en pratique le constat ontologique de ne pas exister seul, alors même qu’on est unique depuis un vécu et une composition attributive à nul autre semblable. Avant la séparation spatiotemporelle, c’est la composition inidentique en attributions formant l’individuation sur un substrat pouvant être commun, qui constitue en effet le constat d’altérité. Ainsi postulé, le sens d’être soi au côté de tout autre, peut ne pas impliquer l’incomplétude de
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l’individuation, tout en étant la condition indispensable du relationnel. L’altérité advient d’évidence comme la complémentaire ensembliste finie à indéfiniment transfinie, dès lors qu’on forme un ensemble d’éléments discrets. Dans le concept d’altérité à soi-même, nous tenons implicitement l’équation : le tout est égal à soi-même uni à tout autre que soi, en sorte que cette holicité disjointe de soi représente l’altérité existentielle. Autrement dit “soi” est égal au Tout, moins l’altérité (ce qui est autre que soi). Le contenu de la complémentaire ensembliste finie à indéfiniment transfinie existe de fait lorsqu’on forme un ensemble discret d’éléments. Pour dispo-sition conséquente, c’est la séparation qui se constate, pas forcément l’inidentité (être autre) au contenu de l’altérité. Mais depuis l’équation posant l’unicité existentielle dans un rapport à l’indivi-duation séparée de la totalité du multiple, l’altérité est disjointe en sorte qu’il s’agit, entre l’Un et le multiple, de considérer les deux facettes du même. D’où l’alter ego — un autre moi-même — à représenter cette altérité-là, non pas comme ce qui est d’une autre nature, mais comme ce qui est autre que soi-même pour cause de séparation individuée. En sorte qu’avec l’alter ego, on considère ce qui est séparé de soi à être également insécable, quand avec l’alté-rité depuis des spécies, on considère ce qui est distribué et sécable : cela dont on partage la nature avec d’autres individuations.
Amboperfection
Terme désignant le statut de complétude surdéterminant les deux sens de la dynamique du perfectible (centripète /centrifuge, entre exocosme et endocosme) opérant entre perfectionnements et imperfectionnements.
Ambosémantique
Voir: aphanisémie
Ambothétie
En sémiotique, désigne un sens ressortant de la réunion de la thèse à son antithèse. Avec le latin ambi, on a l’idée de double nature dans la même qualité, ou le sens réunissant les deux formes opposées du même qui antécède ou surdétermine la séparation antagoniste. Exemple : ambisexué, désignant le fait de posséder à la fois l’un et l’autre sexe. La préfixation ambo- rend compte de la notion
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surdéterminatrice d’une double nature finalement fusionnée. De manière générale, le signifié dans l’ambothèse surajoute aux significations tenues séparément depuis l’opposition de la thèse et son antithèse. Ce qui distingue, bien évidemment, ce sens mixte, de l’ambigüité consistant à réunir la thèse et l’antithèse dans un même énoncé.
Âme
Est animique le rapport à l’âme. Au sens classique restreint, l’animique est ce qui fait que l’organisation somatique possède la vie, étant seulement depuis cette disposition distincte de la matière dite inanimée. On peut penser que c’est un embryon d’âme qui anime tout organisme biologique. La raison en est qu’en fonction du niveau d’organisation du vivant, cette animation progresse dans une concernation à l’environnement. Ce sera par exemple, la nutri-tion pour le végétatif, l’apprentissage de l’environnement pour l’animalité (origine des mentalités déductives), et le début d’une réflexion introspective allant avec des aperceptions du domaine des valeurs d’action chez le penseur humain. D’où est qu’on admet qu’elle entre chez l’humain en fonction à l’âge par lequel il devient possible de prendre des décisions morales. Cependant, tout comme le muscle s’atrophie en absence d’exercice physique, ou que la fonction intellectuelle est débilitée sans travail d’intellection, de même l’âme humaine s’anémie par manque de déterminations morales. Une définition de l’âme plus récente apparait en établir la réalité comme élément dans une chaine expérientielle-existentielle, susceptible d’opérer entre la nature naturée et la nature naturante. D’ordre ni matérielle, ni spirituelle, cette réalité mixte participant des deux sortes est susceptible d’assurer la survie individuée sur un plan de réalité intermédiaire entre le matériel et le spirituel. On retrouve dans les doctrines chrétiennes la constitution néoplatonicienne évoquant une métamorphose par-delà les transits passant par un corps psychosomatique, une âme psychospirituelle, puis un esprit spirituel, ainsi que la distinction de l’animus — l’âme collective des bêtes (dont l’expérientiel n’apparait pas perdu, sans pour autant se poursuivre en tant qu’entité individuée) —, d’avec l’anima : ce qui est susceptible de survie individuée avec l’âme. Remarquons que les métaphores du terme avec “âme du canon”, “âme d’une asso-ciation, d’un complot…” rendent compte on ne peut mieux comme d’une connaissance implicite, non dite, de ce qu’il est essentiel de
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retenir au sujet de la vie. C’est depuis cette disposition que l’emp-sychose représente la soumission du somatique à l’animique. Ni a-t-il pas paradoxe de déclarer la vie tangible en raison des seuls affects physiques, alors qu’on ne peut scientifiquement que cons-tater qu’entre un organisme vivant et le même déclaré mort, il n’y a pas la moindre différence quantitative de matière, ni la plus petite détérioration qualitative en organisation, du moins dans les heures qui suivent la séparation de l’animique? Donc, jusqu’à preuve contredisant la rationalité de ce jugement, convenons de ce que, de par sa composition médiane, l’âme est substance hyperphysique et hypospirituelle perdurant à la mort biologique.1 On peut encore voir dans l’âme une hypostase des individuations multiples d’être en ce qui en transcende la nature jusqu’à l’Unifié finalitaire, quand leurs facultés individuées ont pour source les suites théophaniques de la Trinité déifiée depuis l’Un originel (PLOTIN). Notons à ce propos que l’âtman représente, dans la philosophie hindoue, l’âme individuée, reliée à l’âme universelle (celle de l’Être Suprême). L’archée (PARACELSE) désigne le principe vital, comme puissance formative du vivant, qui diffère de l’âme en ce que cette puissance arrive avec le mixte formé du somatique et du psychologique, en permettant à la psyché d’agir sur la matière. On peut dire que depuis l’anima, c’est très naturellement que tout vivant répond dans la biosphère planétaire à l’injonction «croissez et multipliez», ainsi qu’à la détermination individuelle tenant à l’injonction implicite complémentaire de progresser. Le perfectionnement soutenu par le processus de complexification progressive en organisation concerne la transformation performative du perfectible visant le complémen-tairement parfait par constitution originelle. C’est traditionnellement dans ce processus que l’âme est le réceptacle des éléments d’une survie individuelle pouvant commencer dans la noosphère terrestre. Psychognosie : connaissance de l’âme ; psychopannychie : sommeil des âmes jusqu’à résurrection ; psychostasie : pesée de l’âme avant résurrection (symbolique égyptienne à l’origine).
Amissible
Voir: inamissible.
1. Elle est de cela finalité intermédiaire du psychosomatique épuisant sa puissance de vie (ARISTOTE, De anima, II, 412, a27).
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Amorphie
Voir: métamorphie
Amorphique
Statut de ce qui est étant privé du principe de forme, ou cela dont le principe de forme n’est pas indispensable au fait d’être. Terme qu’on distinguera de l’isomorphique — étymologiquement : résultat de la mesure d’une même forme entre au moins deux choses, bien que le terme désigne par l’usage tout contenu privé de forme — et de l’anamorphique : nouvelle conformation, changement de forme. Cf. métamorphie.
Anachorèse
Voir: empyrée
Anaction
Voir: activilogie
Anactivité
Voir: activilogie
Analogique
Voir: doxa /épistème
Analogon
Voir: communication
Analyser
Voir: synthétiser
Anamorphose
Voir: métamorphie
Anexistence
À chaque continuum correspond une intersection privative propre. L’anexistence (privation en existence) et l’inexistence (l’existence-non-existante, ou l’existence privée d’être qui s’oppose au tout être
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de l’existence-existante) sont analogiquement distinguées par l’orthodoxe Serge BOULGAKOV qui en conçoit les sens à l’aide des négations du grec classique. À savoir, le néant mèonal distinguant, depuis la négation relative “”, ce qui n’est pas encore ici ou là (pas encore actualisable), de la négation inconditionnelle “” : le néant oukonal qui représente, non seulement la privation d’être depuis toujours, mais encore une privation pour toujours. Il s’agit là du statut privatif s’opposant à l’existence in extenso, inconditionnellement partout et pour toujours. On conçoit plus aisément ce sens inconditionnellement privatif d’anexistence par rapport à celui, conditionnel, d’inexistence, donné en tant qu’existence-non-existante, depuis l’exemple que voici. Ce qui fait la différence peut en effet mieux être aperçu par analogie entre l’état de conscience vigile, qu’on pose en tant que conscience-consciente, et l’inconscience du dormeur, en tant qu’état de conscience-non-consciente. Cela montre qu’une chose ne cesse pas d’exister quel que soit son pouvoir d’advenir allant avec sa variation d’état performatif d’être actualisée (cette variation est en rapport direct aux états manifestatifs d’être), et par voie conséquence allant avec le prolongement du même, aussi quel qu’il puisse advenir de son statut finalitaire comme être, ou comme non-être, par épuisement de ses potentialités de devenir.
Angélologie
Branche de la théologie traitant de la médiation des anges. Ne pas confondre — mea culpa, cela m’est personnellement arrivé —, l’angélologue étudiant cette médiation, avec l’angiologue qui étudie en physiologie la circulation (coeur, artères, veines…) et dont la discipline représente l’angiologie.
Animique
Qui a rapport à l’âme, l’anima, ou l’animus,  âme.
Anomique
L’anomie, du grec anomos (irrégulier), caractérise le produit de l’activité réactive entreprise à entropie non nulle et non infinie. C’est-à-dire faite des seules réactions, en l’absence de lois actantielles réglées par des valeurs actorielles, contractuelles entre les parties individuées d’un même milieu, et en ce que ces absences
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dans l’action privent les dites parties individuées d’une résultante commune. Sans vecteur d’ensemble, le produit incoordonné de tels actants anomiques s’effectue sans réalisation conséquente, la potentialité de devenir et d’acquérir ensemble restant inchangée.
Antactant
Ce qui est antérieur à la première action du premier actant et sa suite. Cf. activilogie
Antécédent
Voir: antériorité
Antéperfection
Voir: aperfection
Antériorité /postériorité
Opposition qui différencie, dans une considération chronologique concrètement réalisée ou réalisable, ce qui est avant de ce qui est après ; qu’on distingue du couple antécédent /conséquent visant plus particulièrement l’inférence logique.
Antésistence
Continuum intemporel et non spatial, source et fin de l’union ensembliste de l’existence-existante et de l’existence-non-existante, vu en tant que couple de constitution antérieure et postérieure au continuum spatiotemporalisé de l’expérience de l’existence. On discriminera le statut d’antésistence en le fondant sur la rencontre in extenso, infinie et absolue, de sa contrepartie privative, l’anexistence, dans un rapport analogique à la conscience-inconsciente du dormeur, par rapport à la conscience-consciente de l’état de veille.
Antéthèse
État antérieur à la discrimination sémantique, c’est-à-dire ni la thèse et ni son antithèse, en tant qu’état significativement présémantique dans le processus établissant la phanicité des sens.
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Anthropie
Voir: entropie
Anthropocentrisme
L’anthropocentricité peut se définir comme la projection de la nature humaine sise au centre des choses et comme fin de la réalité la plus complexe.
À l’encontre, une investigation désanthropocentrée du cosmos part de l’hypothèse que l’événement humain n’est pas l’épicentre des réalités, bien que sa propre nature, partielle en tant que partie incluse dans l’Univers, participe de la nature du cosmos. Dès lors que l’anthropocentrisme préjuge d’une perception du monde en cours de développement, nous supposons que l’épistémologie contemporaine, en reportant ses critères véridictifs sur les seuls moyens que sont l’observation et l’expérimentation, mais tout en faisant que la nature humaine soit abstraite du monde pour l’observateur du monde, est encore immature et conséquemment assortie à l’âge scientifique d’insuffisances. Cela dit en ce que l’âge suivant permettra certainement d’inclure la nature humaine comme faisant intégralement partie du processus de fonctionnement de la nature, et donc à n’être plus abstraite des concepts rendant compte de la réalité cosmique. D’où le présupposé d’un fonctionnement du monde basé sur l’interconnexion entre trois aspects fondamentaux irréductibles entre eux, que représentent les domaines physique (propriétés), psychique (qualifications) et spirituel (valeurs). Pareil appréhendement apparait un juste milieu entre l’anthropomorphisme par lequel on projette conceptuel-lement le morphisme humain sur le monde, et l’extrémisme opposé consistant en l’abstraction de la phénoménie humaine dans la représentation de l’ensemble, depuis des oeillères à faire comme si la genèse de l’anthropos relevait d’une nature étrangère à celle de l’Univers lui-même. Cependant, les étapes de la progression épistémique contemporaine apparaissant inévitables (si l’on conjecture qu’elles apparaissent historiquement pour l’humanité à l’image de ce qu’elles sont dans le développement psychique individuel allant de la naissance à l’âge d’une maturité psychologique), ce sont là des évolutions normales de nos systèmes paradigmatiques de représentation, chaque étape semblant nécessaire en réalisation, comme occasion de pouvoir poursuivre
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plus avant. Cela étant du “savoir l’état du monde” allant avec le “savoir-faire au monde”, c’est spirituellement dans un même sens que l’égocentricité socialement anthropocentrique du “pour nous”, dans une gestion à l’environnement opérant en vue de la seule humanité (pendante à la phase enfantine d’un “pour moi”), devrait vraisemblablement se poursuivre au cours des âges en direction d’une maturité participative de l’humanité adulte, chacun pouvant devenir bienveillant à son altérité jusqu’à embrasser tout l’Univers en dépassant les frontières communautaires.
Antinomie
Voir: antithétie
Antithétie
L’antithèse et son contraire, la thèse, reposent sur le processus analytique depuis la fonction dualisatrice de représentation mentale. Le sémioticien déclare le principe de variabilité sémiotique du constat de ce que les prédicaments, spécifiques des attributions aux choses interfaçant le statut d’être au statut de non-être, répondent aux modalités du devenir qui est, en référence à l’instance performative de réalisation de l’Univers, “paraitre être” et “non paraitre être”. Dès lors, il devient possible de fonder l’existence des variations sémantiques constituant l’univers des attributions indéfi-niment diversifiables, sur la disposition complémentaire d’un “signifiant” unicitaire existant par absolu pour être autre que relati-vable. Disposition possible depuis le principe et la progression des significations multi-ordinales (multi-ordinalité). Le thétique et l’antithétique, sortes qui relèvent des règles de la sémanalyse, représentent ensemble le cursus mentalement précurseur duquel peuvent surgir les significations sémasynthétiques. L’antithétie, en référence de l’opposition terminologique des signifiés, se discrimine de l’antinomie qui représente, de façon particulière, le moment du discours dans lequel on avance une proposition et simultanément son contraire, ou de façon générale, deux conceptions s’opposant. À distinguer de l’antonymie. En sémiotique, sont antonymiques deux signifiés dont l’un étant présent, l’autre qui est absent représente sa négation. Cependant qu’il est essentiel d’apercevoir que la déclaration de négation ne se pose pas dans le sens privatif, mais dans celui de complémentarité scalaire, polarisante,
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contradictoire, contraire, réciproque, dès lors que la relation n’est pas neutre. Pour exemple de la sorte scalaire {droite gauche, haut bas, froid chaud}; polaire {mâle femelle, positif négatif, yin yang}; contradictoire {marié célibataire}; contraire {monter descendre}; réciproque {acheter et vendre, bon et méchant}. En tant que face et pile du même, ces paires représentent en effet des complémentarités réciproques indissociables, dans le sens où un aspect ne saurait avoir une existence séparée.
Antitypie
Loi de l’impénétrabilité des choses qui, tout en étant singulièrement manifestées, sont substratées par ce qui est de même nature. D’où l’impossibilité d’avoir une deixis commune pour au moins deux organisations individuées depuis des substrats identiques. À l’encontre, l’individuation basée sur des organismes formés depuis des substrats qui différent en nature peuvent occuper un même site, c’est-à-dire être ici et maintenant, dans au moins un rapport à ce qui est ailleurs ou à des moments différents d’une même localisation dans l’espace. Deux galaxies fusionnant perdent leurs propres individualités. Par contre, un corps matériel (domaine des réalités physiques), une organisation mentale (domaine des réalités psychiques) et un esprit (domaine des réalités spirituelles) peuvent avoir une même deixis sans cesser d’être individuellement, que de telles entités soient fonctionnellement interconnectées, ou qu’elles soient dissociées.
Antonymie
Voir: antithétie
Aperception
Quoique désignant toujours une connaissance plus intériorisée, ou plus élevée que celle qui résulte de la perception sensible, le terme a reçu des sens différents provenant pour l’essentiel de l’évolution des paradigmes. Cela va du sens de la surimposition de la réflexion et du mémorisé au perçu (KANT, HERBART), jusqu’au sens en référence au moi se reconnaissant dans l’effort (MAINE DE BIRAN). Rendant compte en métaphysique scientifiée de réalités endo et exocosmiques, on y utilise le terme de la façon logique que voici : si le champ conscientiel dépend des perceptions pour l’expérience
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exocosmique — la physique du monde —, alors il dépend semblablement d’aperceptions pour la conscience de réalités endocosmiques. Sous-jacent à cette disposition, il ne s’agit pas d’un rapport à soi-même (affects mésocosmiques), mais de la conscience affectée par des réalités endocosmiques. En pratique, les représentations aperceptives se fondent sur la puissance d’un imaginaire appliqué à rendre signifiante toute communication échappant au phénoménologiquement perceptible, mais pouvant être intuitivement aperçues et saisies par le travail mental depuis des modes d’évocation, dont sont les relations analogisantes et paraboliques. L’aperception dans le travail de la pensée peut être encore donnée à pallier l’insuffisance d’expérience directe par le moyen d’une clairvoyance intérieure. Notons que le terme d’aper-ception consacré par l’usage est inapproprié depuis l’évocation du préfixe privatif, puisque pour être sémantiquement rigoureux, il s’agit en réalité d’imperceptions, en ce que le signifiant s’oppose aux perceptions exocosmiquement corporelles dans un appréhen-dement de réalités endocosmiques, dont on ne saurait avoir l’expé-rience par le même moyen : l’organisation somatique. Pour résultat le plus immédiat de toute activité aperceptive, la représentation d’une unicitaire source du diversifié à l’exocosme qui arrive par l’endocosme diffère de l’activité intellective synthétisatrice et peut conséquemment interférer dans ce nouvel appréhendement endo-cosmique. N’oublions pas, en considération de cette disposition, que notre intellection ne peut s’affranchir du principe des catégories qui se posent comme des règles empiriques ordonnant selon la raison l’entendement humain.
C’est parce qu’il nous est donné une conscience exocosmique des possibilités d’être, d’avoir et de faire diversement, qu’une surconscience endocosmique identifie complémentairement l’existence de l’Un s’en trouvant être nécessairement la source, quand c’est le lien en interface qui constitue l’entendement du statut régnant nécessairement en amont de la sécabilité de l’Un au multiple.
Aperfection
Statut privatif de perfection, tel qu’en une interface active de ces terminaisons extrêmes, des potentialités de perfectionnement allant avec le prédicat d’imperfection de l’imparfait, conjointent le
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perfectible et le non-perfectible. L’aperfection se pose complémentairement au parfait par constitution propre en raison d’une inconditionnelle perfection (une perfection existentiellement en soi, et non pas acquise), c’est-à-dire que l’aperfection se trouve posée seulement parce que l’absolument parfait existe de façon aséitique. Ce qui est réputé imparfait est susceptible, depuis des potentialités, de perfectibilité et d’imperfectibilité selon le vecteur considéré. Est aperfectif, non seulement ce qui ne relève pas du genre — le perfectible —, mais encore de celui du parfait par constitution originelle et du perfectionné par épuisement des potentialités de perfectionnement. Toute progression est censée diminuer d’autant la distance qui sépare l’imperfectionné des deux domaines invariables que sont le parfait et l’aperfection privative, sans que cette distance puisse cependant devenir nulle, puisque le perfectionné représente une catégorie différente du parfait par constitution propre ne passant pas par une instance performative de réalisation. Ceci étant des catégories fondamentales dans le genre, on établit sept classes déprimées depuis le caractère de perfectu-dité in extenso du parfait. Elles sont à permettre l’indéfinité des mixages intermédiaires. Ces sept classes, irréductibles dans la théorie des ensembles, peuvent être données ainsi : 1) l’amboper-fection de ce qui se situe comme constitution in extenso au-delà le critère de séparation entre perfection et aperfection ; 2) l’antéper-fection, de constitution mixte formée de la réunion de l’amboper-fection à l’aperfection, que l’on considère dans un domaine suscep-tible de trouver sa signification hors temporalités ; 3) le parfait par constitution originelle ex-sistée, pouvant s’unir au perfectionné ; 4) le perfectionné assortissant en une unité indépassable les signifi-cations résultant de la réunion des trois fondamentales, comme expérience pleinement accomplie de l’existence ; 5) le perfectible, ou l’imperfection perfectible, constituant le champ de variation depuis des vecteurs entre progression et régression ; 6) le non-perfectionné substratant l’encours du perfectible ; 7) l’aperfectible, en tant qu’état inactif, neutre, vide ou étranger au propos.
Aphanisémie
La phanicité définit le fait d’apparaitre, n’étant pas présent auparavant en référence au circonstanciel actualisé, sans pour autant que cette situation implique de ne pouvoir exister n’étant pas manifesté à l’environnement. Un sème désigne en sémiotique le
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trait pertinent, ou l’unité minimale susceptible de signification. L’aphanisémique désigne dès lors ce qui, bien qu’existant, ne peut pas devenir signifiant en référence à telle actualisation. En référence au processus mental d’apparition du sens, on considère un état de phanicité à l’origine de chaque instance processuelle générant de nouvelles significations, et un terme au-delà duquel n’est plus généré le moindre surcroit de sens. Pour concrétiser cette disposition, les références définies ci-dessous représentent, à titre de structure générale, une tentative pour mettre en relation des classes catégorisant la métamorphie des sujets de la progression du domaine des mentalités : 1) le domaine ambosémantique caractérisant le lieu d’une isotopie typologique des sémanticités marquant le moment par lequel rien n’est mentalement discriminé et, par conséquent, où rien n’est associable en raison d’un statut unaire (les deux à la fois, le thétique et l’antithétique inséparés). Ce qui pose, par hypothèse, le puits des références mentales susceptible de potentialiser la discrimination sémiotique. 2) à l’opposé, le domaine endosémantique qui est à représenter l’ensemblement finalitairement plénier de l’articulation des signifi-cations, en tant que suite clairvoyante des surdéterminants séman-tiques depuis la sémasynthèse. Il est possible que le formalisme de ce domaine puisse être abordé par le moyen des multi-ordinalités. 3) le domaine de l’interface mésosémantique, posé en tant que présentation à la conscience du conçu depuis l’expérience de com-biner, lier, réunir, amalgamer des significations, ou bien encore depuis l’expérience de faire coopérer entre elles des notions adve-nant du travail intellectuel, c’est-à-dire la formation signifiante de l’eidos spécifique du re-présenté. 4) le domaine ectosémantique, en tant que représentation conscientielle du senti, tenant à l’expé-rience de nommer ce qui ressort de l’information sur un contenu environnemental — l’assortiment des perceptions —, c’est-à-dire l’eidos spécifique de la représentation différenciant des contenus environnementaux. 5) enfin, un domaine asémantique allant avec le concept de la classe vide de sémanticité, sans toutefois l’être, aussi, d’existats présumables hors le principe de sémantisation. Par ailleurs il semble possible de distinguer séquentiellement la production des significations depuis les phases d’évolution phénoménique du travail mental. En première approche de telles paliers du processus de sémiotisation, sont à distinguer : 1) une phase phanisémique caractérisant le moment de l’apparition d’un
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sens nouveau avec, pour contrepartie, une disparition, posée en tant que ce qui apparait du sens nouveau remplace un contenu paradigmatique et mythique, vraisemblablement non nul ; 2) une phase de laquelle résulte la “fécondité” du significativement déjà concrétisé, qu’on caractérisera comme sporosémie, et son temps d’incubation, relativement au sémiotiquement sporulé évoqué comme matrisémie. Phase caractérisée en ce que le nouveau advient d’abord depuis le “levier” analogique, avant qu’il soit possible de le substrater concrètement depuis des constructions idéelles appropriées à la représentation. Ce sont ces constructions idéelles qui sont produites en conformité aux paradigmes de chaque époque ; 3) enfin une phase d’obsolescence des formes précédem-ment construites et diffusées entre interlocuteurs ainsi que des idées reçues. Phase à permettre l’évolution des idées en vue de meilleures formalisations, comme déconstruction critique, jusqu’à réduction à l’état de matériaux idéel. C’est avec eux la possibilité retrouvée de traiter différemment ce qui se prête à sémiotisation.
Aphénoménie
Est de nature aphénoménique ce qui est privé des moyens de relation impliquant des phénomènes. Par extension, aussi ce qui est dépourvu des potentialités d’apparaitre selon des phénomènes.
Apodictique
Voir: doxa /épistème, axiologique
Apodose
Voir: doxa /épistème, axiologique
Apophantique
Voir: doxa /épistème, axiologique
Apophasie
L’apophatique représente la méthode d’intellection consistant à approcher l’inconnu en lui appliquant la négation attributive des significations convenant au connu : alors que par la cataphase, au contraire, on affirme les éléments attributifs susceptibles de caractériser ce qu’on cherche à connaitre.
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Apriorité /apostériorité
Mots formés sur les expressions latines a priori et a posteriori, posées en référence au champ de l’expérience. Les idées formées a priori le sont sans preuve d’expérience, ou sont introspectivement formées en dépit du manque de preuve d’expérience. À l’encontre, les idées formées a posteriori arrivent sur la preuve d’expérience, ou découlent et s’appuient sur de telles preuves. Il est important de remarquer qu’il ne s’agit nullement d’implications chronologiques, mais de complémentation dans les aspects du même à servir l’intellection. Cependant que le constat de cela qui arrive stochastiquement de cause à effet participe d’un savoir établi sur l’état du déjà réalisé depuis une origine supposée et statuant le principe de transformation. Disposition qui entraine pour contrepartie des preuves téléologiques et téléonomiques reposant sur l’aperception complémentaire d’une finalité arrivant suite à des effets attendus depuis ce qui reste à réaliser pour épuiser le potentialisé au monde.
Apsychoblepsie
On nomma acyanoblepsie l’aberration de la vision faisant que l’absence de la vue du bleu entraine celle du violet et du vert. Le rouge prenant dès lors la place du bleu et du violet, de sorte que le mélange du bleu au jaune, au lieu du vert, communique la vue de l’orangé. Dans ce monde-là, le ciel est rose et la végétation verte prend des teintes automnales allant du jaune au rouge. Il est évident que cette vue du monde est aussi cohérente que celle qui correspond au standard, en raison qu’il s’agit physiologiquement d’une transposition appropriée différente des phénomènes physiques réels dans la frange du domaine visible des radiations électromagnétiques. De même avec une apsychoblepsie, on fait référence à la “vision” mentale correspondant aux déviations du regard qu’on porte sur la nature par suite d’aberrations psychologi-ques. En ce sens, la vision matérialiste, considérée comme norme contemporaine standardisant le regardé, autorise bien une repré-sentation du contenu cosmique en elle-même tout à fait cohérente, mais aberrante en ce que basée sur des concepts réducteurs pour qui ne rejette rien des aspects spirituels et psychiques complémentaires. D’où une transposition, à propos des représentations contemporaines adaptatives, dans l’adaptation apparentable à l’acyanoblepsie.
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Archétypéité
Voir: archétypologie
Archétypologie
Étude du domaine de l’archétypal, comme caractère de l’archétypéité : cela qui se prête à modélisation des archétypes. Par archétypons on entend ce qui sert de moule (pattern) pour l’encours réalisateur passant par des instances métamorphiques performatives. Si les types, dans l’enchainement des choses advenant à la suite les unes des autres durant l’encours métamor-phique de l’instance performative du monde, marquent la progres-sion effectuée en direction de la coïncidence d’état entre la chose de la transformation et son projet, alors l’archétype se distingue du type en ce que seul le type passe par une instance de réalisation spatiotemporelle, quand l’archétype dépend d’un processus réputé indépendant du principe de localisation, en ce que ce processus antécède l’instance performative de réalisation. À l’encontre, il semble qu’un type, même parvenu à son acmé, est toujours tenu à localisation dans le temps et l’espace. L’ectypal désigne le résultat intermédiaire actualisé, dans le sens qu’en donne BERKELEY, d’acti-vité réflective, réflexive, et réfléchie, du processus de formation métamorphique des archétypons. La réminiscence de ce processus cosmique se retrouve dans la nature humaine avec la faculté, animée de volition, de projeter et d’imaginer l’instance de réalisa-tion avec effet attendu, avant de passer à l’acte. On conçoit ainsi les niveaux cocréatifs des êtres au travers des moyens de réalisation selon des occasions qui dépendent des lois naturelles physiques, psychiques, spirituelles, comme de multiples atténuations proces-suelles conditionnées d’une inconditionnelle créativité divine (la création divine subabsolue consistant en la constitution des arché-types et la potentialisation de l’Univers). Durant l’instance de réalisation performative de l’Univers, on considère que l’état de réalisation des corps, des mentalités et des esprits manque en proportion de ce qui reste potentialisé jusqu’à coïncidence à des archétypes intemporellement prédéfinis. C’est de cette disposition qu’on peut donner l’architectonique comme la discipline du discours sur ce qui “est” d’inlocalisable en deçà l’origine de toute instance transformatrice orientée par quoi dérive le devenir du monde. La notion archétypale peut être rendue avec l’imago Dei
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(image de Dieu) en chaque être, qui fut développée par Philon le juif. On a ici l’évocation d’une relation créative archétypale (l’agent de la potentialisation), aux transformations métamorphiques (l’en-cours réalisateur du potentialisé depuis tout agent de la modalisa-tion qualificative).2 Pour saisir l’incidence de cette disposition, notons que l’inconscient collectif contient aussi des archaïsmes maintenus en l’état comme autant de réalisations provisoires, ou avortées, que les formulations mentales retrouvent sous forme de symboliques. Ces archaïsmes paraissent représenter des archétypes psychiques en cours de re-présentation, à permettre des réalisations préalablement potentialisées. Dans Le gène égoïste, R. DAWKINS fait à ce propos le parallèle entre l’information codée dans les gènes au niveau du somatique et les informations codifiées en tant que mimèmes dans l’inconscient collectif des états métamorphiques individuellement mentalisés. Tout comme les gènes se propagent depuis un pool génétique, ces mimèmes pourraient se transmettre d’une mentalité à l’autre par les échanges culturels qui sont à mimer les archaïsmes spécifiques de l’espèce. Il pourrait y avoir là un semblable processus génératif conduisant, entre le somatique et le psychologique, deux courants circulant en sens contraire. Ce qui vient de l’avers à rencontrer l’envers, et de l’obvers, ce qui arrive au-devant la face du même. Tout cela est à discriminer entre le niveau des transformations du donné à malléabilité métamorphique, le substraté en substance depuis le pôle impersonnalisé et imper-sonnalisable, d’une part, et le niveau génératif par dissémination d’étants depuis les ex-sistés — le personnalisé et du personnalisa-ble —, d’autre part pôle de la créativité, en tant que production de l’esprit depuis des essences, comme pouvoir de réalisation passant par l’action sur des substances, le produit matérialisé.
Archétypon
Voir: archétypologie
2. Discriminons bien ici la créativité archétypale du monde depuis le continuum subabsolu, vue comme instance du travail d’auteur, alors que la pièce ainsi préalablement écrite concerne une représentation sur les chapiteaux du théâtre de l’Univers, le continuum des réalisations, cela qui est événementiellement spatio-temporalisé et qui varie entre des limites relationnelles.
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Architectonique
Voir: archétypologie
Aséité
Du latin aseitas, (par soi) : caractère d’être par soi, indépendam-ment de la moindre cause, donc de toute éternité et sans origine (l’inconditionnement de ce qui ne peut pas ne pas être, en opposi-tion à cela qui a possibilité conditionnée de devenir en se trouvant accidentellement causé, ou encore déterminé étant voulu relative-ment à une durée de réalisation performative). Autrement dit, à l’encontre du perséitique et de l’abaléitique, le continuum de ce qui existe d’aséitique n’a pas et ne peut avoir de localisation spatio-temporelle. Cf. ontologie.
Asémantique
Voir: aphanisémie
Asorité
Dans la logique formelle, le sorite sert de marqueur au raisonnement, justement pour ne pas recourir systématiquement à l’enchainement pouvant être sans fin dans le mode du syllogisme. Le terme vient du grec sôrités, mis en morceaux, et sôros, tas (de morceaux). Le sorite rappelle qu’un tas fait de grains reste un tas de grains pour autant qu’on en retire des éléments (ou qu’on en ajoute, fût-ce indéfiniment, c’est-à-dire à le maintenir contenant), alors que c’est seulement une ultime opération qui montre qu’un seul grain ne représente pas un tas. Transposé au niveau de la conclusion dans le raisonnement syllogistique opérant sur des choses limitées, la conclusion conserve aussi son caractère provisoire, même à se trouver indéfiniment opérable. En sorte qu’à l’exemple du dernier grain à n’être pas de la nature du tas, on commet une erreur de raisonnement. C’est par exemple celle qui advient en considérant que l’infini se situe au terme de l’accroissement du fini. Constatons déjà pour relativiser les déductions que le moindre raisonnement a pour conclusion des éléments eidétiques qui se fondent sur des prémisses appartenant à une nature semblable, ou apparentable. C’est-à-dire que ces prémisses sont censées avoir été antérieurement l’objet, aussi, d’arrêts transitoires du jugement. Cependant qu’avec le sorite, on considère que le principe de fragmentation de ce qui se
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prête à composition est disjoint du continu qui est à l’encontre complémentairement unicitaire. Le concept faisant référence au sophisme hellénique sur le tas de grains de blé, a une portée considérable en métaphysique. Expliquons-nous. Le fait que la prédiction événementielle basée sur la reconduction des événements causalement chainés ne peut rendre compte rationnellement de nouvelles réalités cosmiques, a pour incidence majeure de ne pas distinguer ce en quoi la contingence de devenir associe la condition d’être aux conditions de non-être dans les apparences d’être, quand celle d’acquérir associe semblablement avoir et non-avoir dans les apparences d’avoir, cela depuis les relativités de faire. Or les langues naturelles ne discriminent pas les attributions faites aux devenirs et aux acquisitions, qui pourtant devraient se concevoir dans une catégorie différente de celles qu’on peut accorder au statut du réalisé dans la compétence d’être et d’avoir. Il est aisé de comprendre que c’est par manque de rigueur sémantique que l’on déclare sur le chantier, ou bien à l’atelier : «ceci est un bateau, cela est une voiture». Comme pour toute activité participant de l’instance performative de réalisation de l’Univers selon des occasions, il s’agit en effet d’une insuffisance du langage, puisqu’on désigne sous les aspects de ce qui est ici manifesté aux sens, les caractères afférents aux fins depuis l’état de ceux qui sont propres aux moyens. En l’occurrence, des objets transformés depuis des activités de meulage, de découpage, de soudage, etc., toutes opérations faites sur des carcasses, quand les fins concernent des attributs de locomotion, discriminables, pour l’exemple en référence, entre les fonctionnements du bateau et ceux de la voiture. On comprendra qu’en réalité, l’activité du chantier ne reflète pas celle de la réalisation, mais l’activité contractuelle d’un faire-être et d’un faire-avoir. Transposant l’exemple sur l’instance de réalisation de l’Univers, la pensée close sur l’enchainement indéfini des causes est comme atteinte de cécité vis-à-vis du devenir qui a fonction de faire-être de manière contractuelle à des attributions performatives. Il est pourtant évident que, sémanalytiquement, ce qui devient, puisque possédant des caractères se prêtant à variation performative, est délimité entre une origine, précisée ou ignorée, et une fin concevable au moins en tant qu’elle est à rendre compte du passage de la catégorie des performances à celle des compétences par épuisement des potentialités de perfectionnement. Pour l’essentiel, donc, les événements qui assurent le passage du
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devenant à l’étant sont d’une autre nature que ceux qu’on applique aux états d’être en devenir. Et c’est ici qu’intervient la force de vérité du raisonnement asorite, à l’encontre des déductions basées sur l’abduction du raisonnement ne retenant dans son champ que les chaines réactives particulières à l’encours des événements performatifs de l’Univers.
Assertion, asserter
Voir: assurectif
Assertorique
Voir: doxa /épistème, axiologique
Assurectif
Déclaratif d’assurance en tant que certitude, soit dans la modalité assertorique, soit dans celle de l’affirmation. On distingue en effet la disposition qui consiste à asserter, de celle consistant à affirmer, en ce que l’assertion (énoncé d’un jugement posé comme vérité de fait) peut être donnée pour plus ou moins vraie, si l’affirmation postule le préjugement d’opinion donné uniquement comme proposition s’opposant à la négation. Cette distinction se pose afin de discriminer entre le jugement assertorique invoquant de facto des raisons, et jugement affirmatif qui invoque des raisons de jure. Voir apodictique (jugement de droit).
Ataraxie
Voir: adiaphorie
Ataxie
Du grec ataxia (désordre). Hors cet aspect privatif d’ordre par rapport aux individuations diversifiées et ordonnées, sont contradictoires — à titre d’exemple non limitatif —, la taxie, la syntaxie, l’eutaxie, la taxiarchie, qui représentent des dispositions variées d’arrangements ordonnés dans chacun des domaines que différencient significativement les préfixations correspondantes.
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Athéopsie
On désigne depuis ce terme la maladie de l’âme touchant plus particulièrement les matérialistes, en ce qu’ils sont privés de la capacité d’apercevoir le divin par-delà ou en amont la physique du monde. Le jeu n’étant pas exclu de l’âge adulte, et dans l’attente d’une médecine de l’esprit, il ne s’agit que d’un trait d’humour à ne pouvoir qu’en établir le constat. Le terme étant de nouveau formé dans une équivalence à l’acyanopsie, qui représente une infirmité de la vue caractérisée par l’impuissance de distinguer la couleur bleue parmi d’autres couleurs ; kuanos : bleu, opsis : vue). Théopsie : voir Dieu, ou plutôt le voir au travers ce qu’on aperçoit de sa divinité.
Âtman
Voir: âme
Attribut
L’attribution forme un contenu de tout ce qu’on peut nier ou affirmer de la multiplicité quasi indéfinie des variations indivi-duelles appréciées comme objets, sujets, choses et êtres. De façon la plus générale, elle représente l’appropriation nouménale repré-sentative des états de réalisation entre celui qui pense et cela qui se prête à intellection. Ce qui s’affirme ou se nie d’une individuation est ainsi abstrait étant en partage avec son altérité et se traite par appréciation depuis la mesure analogique relative à d’autres. L’es-timation quantitative depuis des nombres3 ne diffère pas de l’appré-ciation propriative, qualitative ou valorielle formant attribution à n’être pas en soi dans l’individuation qu’on examine, mais en rapport de présupposition dans la séparation d’avec son altérité. Pour présupposé, rien de relatif, de variable et de limité n’est intrinsè-quement par soi ceci ou cela, de cette grandeur ou en telle taille, puisque, pour être et avoir dans le moindre attribut et la capacité minimale, il faut un rapport implicatif à l’environnement, une relation de l’individué à son altérité passant par le perçu à l’exo-cosme, ou l’apercevable à l’endocosme. Dans cette disposition, le
3. Il s’agit d’estimer un rapport de grandeurs du préalablement identifié comme caractère attributif commun. La mesure s’effectuant entre deux événements qui manifestent une différence de grandeur d’un même caractère quand l’un est l’étalon arbitrairement avancé.
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caractère, la caractérisation, consistent en toutes marques, traits, signes distinctifs, ou manières d’être à permettre de distinguer le sujet ou la chose examinée depuis des particularités relevant de compositions spécifiques ; donc analyser ce qui est également en partage avec d’autres, au travers la synthèse constitutive sous-jacente de telle individuation en particulier. Un ensemble composite des signes distinctifs représente comme une formulation particulière, distincte de la distribution atomique du possédé en commun avec d’autres. C’est depuis cette disposition que les catégories représen-tent les classes les plus généralisatrices en relation avec ce qui forme l’appréhendement conceptualisé du monde. Ce sont les catégories qui permettent la classification des êtres et des choses en genres, espèces, collections, ordres, embranchements…, que subsument des caractères particuliers. Elles sont au nombre de 10 avec Aristote, de 12 chez Kant. Comme expression de systèmes, les catégories reconnues peuvent être plus ou moins abondantes. Aussi retiendrons-nous ici les trois catégories irréductibles de Port-Royal représentées par : 1) volence : l’organisation des substances sustentant le voulu depuis le pouvoir dans le temps, spécificité du continuum spirituel ; 2) mens : l’organisation de la substance du pensé (le savoir-faire spatiotemporellement devenir et acquérir propre au contenu du continuum psychique) ; 3) materia : l’organisation des substances sustentant le réalisé depuis les puissances spatiales du continuum physique. Avec l’élément, on considère toute chose qui, étant combinée avec une autre, a pour conséquence de constituer un nouvel assemblage surdéterminant ceux de la composition et du rapprochement dans un rapport à d’autres qui leur sont apparen-tables. De cette disposition, et au contraire de l’individuation, la séparation d’un élément ne se considère pas en soi : elle est consécutive des relations de l’élément à d’autres dans l’ensemble. Avec l’espèce, on fait normalement référence au biotope pour désigner l’ensemble des individus qui répondent à des spécies héritables étant féconds entre eux (species naturalis), et qui occupent une niche écologique particulière de la biosphère. Le genre subsume l’espèce en reliant des caractères communs, sans qu’il y ait interfécondité. Les variétés et les races sont des ramifications répondant à des caractères spécifiques, dont le tronc commun est une espèce. Notons que, par extension, on use aussi des termes pour désigner les éléments d’une classification d’objets depuis des particularités. Car dans un sens plus général des
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species artificialis, l’espèce et le genre logique représentent la classification hiérarchisée des spécies qui relient rationnellement les particularités de l’individué depuis des artifices. Par classe, on entend ce qui fait référence au classement et à la classification raisonnée de la répartition des différentes caractéristiques, par exemple avec les embranchements divisant les formes de vies, ou encore des catégories sociales.
Authentification
Voir: véricité
Autoesthésie
Sensibilité à soi-même par laquelle se construit une ouverture conscientielle sur sa propre nature d’être, indépendamment de la perception de son altérité d’être. Cf. affects + esthésie.
Axiologique et axiogénie
Sont deux termes qui concernent la théorie des valeurs, donc afférentes aux déterminants du vouloir, et, avec A. ALBERINI (1919), la branche supérieure de la psychologie qui traite de la genèse des valeurs. On connait plus communément en logique le sens spécial de son appropriation scientifique par lequel on fit de l’axiomatique le recueil, formalisé sous formes d’axiomes, des vérités évidentes et indémontrables, qui ne sont donc plus à viser le principe de valeur, mais la seule efficacité des qualifications. C’est toutefois en commun aux deux contextes qui précèdent, qu’avec l’axiomatico-déductivité, on convient que chaque terme signifiant d’un discours est apprécié selon des définitions précisées, et tel que toutes les propositions afférentes se construisent suivant des règles préalablement fixées depuis des critères véridictifs de valorité. Le formalisme en est dit complet (nécessaire et suffisant) ou consistant (cohérent ou incontradictoire). À l’encontre, un axiome reste dans ce système une proposition de vérité indémontrable — qu’elle soit à viser des valeurs d’action ou des espérances qualificatives —, admise pour vraie en raison de ce qu’elle apparait évidente à la raison. 4 Exemple d’axiome : «le tout
4. En fait, hors des dispositions personnelles à faire confiance, c’est-à-dire à exclure le principe de placer sa foi dans une procédure, il semble bien que c’est
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ne peut que contenir plus que la partie», ou «quelque chose ne peut provenir de rien, donc advient à l’encontre de la contradiction au néantaire : une plénitude in extenso dans l’infini et l’absolu». En commun à l’axiologique et à l’axiomatique, différentes sortes de propositions sont distinguées. Pour l’essentiel, ce sont : 1) les apophantiques qui ont pour but de “faire voir” mentalement et consistant en des moyens de procurer l’intellection du sens. Le résultat peut en être affirmatif, négatif, possible, contingent. Ce sera par exemple la proposition prenant la forme affirmative : “l’Univers est immense” ; 2) les assertoriques, avec les propositions données pour vraies depuis des faits d’expérience ; 3) les apodictiques, qui sont les seules propositions avancées comme étant vraies par évidence de la raison depuis le recours au travail d’induction et de déduction primant sur la preuve d’expérience. C’est le cas d’une loi générale formulée à propos des triangles rectangles, ou sur la suite indéfinie des nombres finis, puisque dans les deux cas, la preuve spéculative reste seule valide, dans l’impossibilité d’en avancer la preuve d’expérience. La preuve d’expérience est impossible à réaliser pour raison de l’impossibilité exhaustive d’actualiser le démontré (tous les nombres en mathématique, ou tous les triangles rectangles en géométrie). Mais c’est également le même cas et pour de mêmes raisons qu’une surnature se pose en prolongement de la nature, et le divin en prolongement des êtres. Pour conclure, si de jure la vérité en science est déléguée au protocole de preuve d’expérience, de facto, rien ne s’y fait sans énoncés apodictiques. Se trouvent consécutivement cognoscibles autant ce qui relève de la physique, que de la métaphysique, les deux domaines pouvant être spéculativement connus. Déléguer à l’expérience sensible le critère de vérité ne vise en pratique que du savoir-faire, domaine des seules technosciences. Cf. doxa versus épistème.
Axiomatico-déductivité
Voir: axiologique
un même statut de vérité relative qui échoit à la proposition démontrée, en ce qu’elle contient inévitablement dans les prémices de sa démonstration des indémontrés (pour cause d’une indéfinité de récurrences possibles, même avec la réduction progressive des indémontrés), voire des indémontrables.
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Axiome
Voir: doxa versus épistème
Azaléité
Voir: temps
Bijectivité
Caractère des rapports bijectifs qui consistent, dans la théorie des ensembles, à associer chaque élément d’un ensemble de départ à chaque élément d’un ensemble qui lui succède.
Biunivocité
Désigner plusieurs objets distincts, mais de même genre, ou d’un même sens.
Caractère
Voir: attribut
Catachorèse
Voir: empyrée
Cataphase
Voir: apophasie
Catégorie
Voir: attribut
Causalité
À lire les épistémologues de la technoscience, rien n’a plus ralenti le “progrès” que la fausse doctrine sur le déterminisme qui régna d’ARISTOTE à BACON. Au regard des technoscientifiques, la Science est heureusement émancipée de spiritualisme, ne prenant en compte dans son concept du déterminisme que la causalité stochastiquement réactive, sans quid proprium. Mais voilà — il faut bien vivre — aussi même le plus savant d’entre eux, une fois sorti de son laboratoire, abandonne pour son usage quotidien cette logique si bien doctrinalement dégraissée. Poursuivant une
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distanciation diachronique entre savoirs de la technoscience et ce qu’on a en vue avec une connaissance métascientifique, tentons une représentation moins restrictive, ou susceptible d’entrainer une moindre schizophrénie. En pratique, le constat de causalité dérive de la représentation qu’on se fait de l’activité dépendante de forces, d’efforts et de luttes, qui ne vont pas sans des agents répondant spécifiquement à des conditions d’être et d’avoir, en ce que ce sont ces agents qui sont les détenteurs du pouvoir et des puissances de devenir et d’acquérir dans l’aléthique de possibilité, de la logique modale. Aussi, pour n’être pas équivoque dans ce propos, discriminons différentes catégories de causes au sens d’une solidarité contractuelle de faisabilité agent-patient, en remontant à la surface, à défaut de mieux, le vieux concept aristotélicien de causalité. D’accord ! La plus évidente en raison de preuves d’expérience sont les causes matérielles qui s’enchainent en produisant des effets physiques par réaction. Déterminées stochastiquement au hasard des circonstances environnementales, elles sont non orientées. Mais dans une logique moins restrictive que celle qu’on pratique dans les technosciences, cette disposition ne pouvant se considérer autrement que comme cas d’espèce, exige la participation d’une autre sorte de causation sans laquelle s’étendraient sans origine la régression indéfinie des causes antécédentes et indéfiniment des effets conséquents advenant sans raison aucune et sans but. Autrement dit, les causes matérielles, considérées seules, ne peuvent s’énoncer que dans un continuum perpétuel : pas d’origine possible sans déroger à la condition énonciative que rien n’arrive sans cause, et pas de finalité puisque celle-ci reste inconcevable depuis le jeu des agitations thermiques livrées au seul hasard. Sauf obédience doctrinale, la responsabilité d’une série temporellement illimitée d’agitations aléatoires ne peut être qu’étrangère au constat des événements spécifiques de la transformation métamorphique du contenu de l’Univers dans le sens d’une progression réalisatrice. Aussi, même à ne pouvoir les matérialiser, nous avons besoin, d’évidence, pour rendre compte des causes matérielles, de causes finalisatrices responsables d’effets attendus susceptibles d’expliquer le processus de progression, lui, constaté d’expérience. Donc pendantes aux réactions aléatoires augmentant l’entropie au hasard des collisions,
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aussi l’action de causes orientées dont les effets contre-entropiques opposés arrivent selon des occasions.5 Causalité orientée et causalité non orientée sont alors deux aspects du même. Manque des conditions initiales. Par causation on vise l’action depuis laquelle une cause détermine un effet. La condition d’un effet conditionné à une cause entraine que sa cause le soit également. Il nous faut donc au moins un concept éclairant également ce qui permit la potentialité du monde à l’origine de son instance performative de réalisation. Mais le terme de potentialité relevant d’un concept général qui ne discrimine pas usuellement entre puissance (causalité non orientée), et pouvoir (son complément en tant que causalité orientée), c’est en référence aux deux sortes qu’on l’introduit ici. Reste que c’est dans l’épuisement des potentialités, que nous considérons l’état d’achèvement par lequel l’organisé, ou l’intégré, atteint sa compétence indépassable d’être, d’avoir et de faire, depuis le processus réalisateur s’appuyant sur le moyen d’une complexification progressive allant, pour le mieux connu, de l’électromagnétisme aux particules, atomes, molécules, cellules, jusqu’aux présents organismes substratant le vivant. Ces causes orientées et non orientées restant spécifiques d’une instance per-formative de réalisation fondée sur des transformations métamor-phiques d’un contenu cosmique donné préalablement en existence, nous avons à considérer ce qui, existant hors cette instance, existe inconditionnellement en soi, en tant que surnature naturante, afin d’assurer la génération de la nature naturée, celle dont on discute les conditions dans le principe de transformation. À considérer certains des efforts qui furent entrepris au cours des âges à la suite d’ARISTOTE, la typologie des causes est loin d’être achevée. Dans le défaut d’une théorie consistante, c’est finalement depuis l’analogon rapporté à l’avènement d’une statue pour cause du sculpteur, à la fois son auteur et son agent de réalisation, qu’il nous est le plus aisé de nous représenter ce que sous-tend le concept de réalisation avec quid proprium. On distingue alors mieux la cause efficiente de la statue qui est ordonnée au fait de l’existence du sculpteur. On n’a jamais vu une statue s’ériger d’elle-même, sans que soit son quid proprium à la faire être. Aussi, si la cause matérielle de la statue
5. En toute rigueur logique, ne pas coordonner causalité orientée et causalité non orientée pour rendre compte des causes avec effets attendus, exigerait qu’on ne fasse pas référence à une quelconque instance performative pour rendre compte en science de certains processus.
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est le marbre, cette cause ne peut être plus. La cause efficiente se pose conséquemment comme le moteur à permettre des mouve-ments réalisateurs. Sensément, l’être de notre continuum des plura-lités variatives, relatives et limitées de faire possède la faculté plus ou moins déprimée de faire-être et faire-avoir depuis l’Un (unicité absolue, infinie et immanente du continu dans le continuum com-plémentaire). Les êtres de l’Univers, échelonnés en référence à la systémique, au moins potentiellement entre l’Être suprême n’ayant aucun superstrat au macrocosme, et la moindre des catégories dans le genre au microcosme à se trouver insécable pour absence de composition substrative, apparaissent de cela engagés dans la réalisation du contenu finalisable de l’Univers depuis ce qui s’y trouve potentialisé, pour chacun, dans le fonds endocosmique de leur être en devenir. Ensuite vient la cause instrumentale qui concerne le travail réalisateur. Il s’agit du burin et le marteau qui, dans les mains de la personnalité du sculpteur, livrent ainsi sa créativité contenue d’auteur à réalisation. En pratique, dans l’immensité cosmique, ce sont les forces physiques, efforts psychiques et luttes spirituelles qui, passant par d’innombrables agents, font la phénoménologie de l’instance performative réalisant l’Univers. Au substrat de la statue n’est assimilée que la cause matérielle. Sans substantialisation, aucune forme ne saurait être donnée à la statue. Les matériaux étant métamorphiques, ils se prêtent à recevoir forme (structure et organisation). C’est la cause formelle. On la conçoit avec son effet tenant à la malléabilité du substrat : cela qui se prête à la possibilité d’une indéfinité de formations. Mais ce qui est malléable n’est pas cause de sa formation. Or, sans forme, pas de statue, en ce sens que si la possibilité métamorphique de la statue s’applique à la substance, sa forme vient pour cause d’archétypes : elle advient conséquemment de la rencontre d’une essence à la faire être, surajoutée aux possibilités de la transformation métamorphique du substantialisé. Tandis que la cause finale est reliée à l’intention originelle d’un dessein hors instance d’accomplissement, tenant à l’épuisement des potentialités de réalisation dans le réalisé par des archétypes, les patterns, comme effet attendu. Car peut-on concevoir un effet attendu sans intention ? Dans la négative, il faut encore des valeurs qui, par motivation, sustente la dynamique réalisatrice depuis des raisons, ou la promesse d’un usage. Ce pourra être, en référence à la statue, de satisfaire à une esthétique particulière. Disposition
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covalente de celle qui prévoit pour l’Univers une raison post-finalitaire. Est-ce tout ? Sans doute pas si l’on examine l’incidence de ce que voici. De manière générale, les dispositions précédentes intègrent les trois fonctions contractuelles de réalisation depuis un processus transformatif dans la même individuation, celle du sculpteur. La logique de la théorie des ensembles éclaire encore l’insuffisance de l’agent transformateur en ce que le manque en éléments communs à deux ensembles séparés entraine l’impossibilité des relations correspondantes en interface. Comme exemple de ce trait, ce peut être vis-à-vis des possibilités communicatives, la barrière des langues entre deux communautés de penseurs. Aussi introduit-on encore en logique depuis le Moyen-âge la cause privative pour désigner les limites aux possibilités d’échange entre chaines de causalités évoluant parallèlement sans relation entre elles. Elle est assurément tout à fait patente, et rend compte, par exemple, de ce que l’esprit, pour se trouver concrètement dans la deixis commune à l’individuation formée du mixte psychosomatique, n’implique pas d’emblée en soi la possibilité d’une relation organique à fonction somatopsychospirituelle. La cause privative tient à la clôture de l’individué sur les restrictions de sa propre nature, et en tant que degré de fermeture au différent. On en exploite du reste un exemple en biologie, pour expliquer en quoi un agent pathogène est d’autant limité dans son expansion qu’il est spécialisé à proliférer dans la spécificité de son hôte (donc autre chose que la barrière entre espèces, en référence à l’interfécondité se limitant aux individus de l’espèce). Les habitudes et constitutions biologiques qui protègent de l’infection, s’expliquent ici non pas comme structure biologique de protection dans les défenses immunitaires de l’agressé, mais par la spécificité de l’agent lui-même, dont la prolifération se trouve limitée par son haut degré de spécialisation à ne pouvoir s’étendre. Pour en finir avec le vaste sujet du déterminisme, remarquons que ce qui dépend d’occasions dans le moyen de réalisation fondé sur la complexification progressive, diffère de la cause privative, en sorte que cette dernière ne peut se substituer à une cause occasionnelle. C’est elle qui fait dire qu’une condition ne se trouve en situation de s’accom-plir qu’en raison d’un concours de circonstances faisant que certaines choses doivent être préalablement réalisées, et que l’étant, elles doivent être de plus localement in situ pour que certaines autres, encore potentialisées, puissent se réaliser. La question reste de
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savoir si causes privatives et causes occasionnelles sont sans agent, dans une complémentation oppositive aux responsabilités d’agents, durant l’instance de réalisation cosmique passant par des métamorphies intermédiaires. Toujours est-il que cette disposition d’un ensemble homogène de causes diverses et contractuelles entre elles est uniquement susceptible de rendre compte des transforma-tions métamorphiques d’être, d’avoir et de faire conditionnellement de cause à effet. Avec le concept de causalité, nous tenons la caractéristique première du continuum des relativités limitées et variatives d’être, d’avoir et de faire, à la fois dépendantes de poten-tialités dans l’individué et de ses conditions relationnelles à l’altérité. Le concept de causalité est alors particulier au continuum des suites discrètes d’individuation dans le principe de pluralisation, coordonné aux moyens relationnels de complexification assurant l’encours performatif de réalisation. Aussi, distinguer le processus du conditionnement de cause à effet pouvant s’élaborer au cours des âges à venir, fait qu’il n’en subsistera pas moins un aspect du problème mettant en cause, non pas la transformation du contenu cosmique depuis une origine chaotique, mais l’existence de ce contenu. Pour rendre valide ce qui régit conditionnellement le principe de transformation, reste à le coordonner au contexte fondamental de l’inconditionnalité ontologique (condition et incondition, les aspects pile et face inséparables du même). Pour l’essentiel, en voici le procès. Complémentaire du domaine des possibilités discrètes d’être, d’avoir et de faire, le continuum absolu d’existence unicitaire se pose nécessairement en toute indépen-dance du principe conditionnant le causé. Mais alors comment pouvons-nous concevoir ce continuum absolu auquel sont com-plémentairement sous-jacentes les inconditionnalités ontologiques nécessaires d’existence en soi,6 étant tout à la fois hors instance spatiotemporelle de réalisation performative et source potentiali-satrice du continuum des relativités d’être, d’avoir et de faire ? Car se pose à l’origine d’une suite de conditions (fut-elle indéfiniment poursuivable), et en tant que ce qui antécède la première cause distincte de sa succession conditionnée, la responsabilité non conditionnée qui n’affère plus au prédicat performatif, mais bien à celui des compétences. Il semble qu’on puisse en avancer la propo-sition apodictique, dans le respect des significations en usage pas-
6. Dans la discrimination du principe de transformation et celui de génération.
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sées par la loi de commutativité entre termes thétiques et antithéti-ques.7 Par elle, émanation et flux, procession et dissémination, concernent l’écoulement ex-sisté à l’Univers depuis le continuum de l’Un. Pour l’apercevoir, il ne s’agit plus de faire intervenir causes et conditions. Le non conditionnement complémentaire de sa suite conditionnée de cause à effet ne peut se développer, semble-t-il, que sur base de la logique multi-ordinale, en ce que par elle on introduit la causation du monde comme résultat d’une incausation du non-causé. Conclusion, si toute transformation est soumise à des conditions, alors pour corolaire, c’est qu’un nécessaire antécédent génératif inconditionnalisable dispose, indirectement hors instance de réalisation, du donné à transformation.
Cause des causes (causa causarum)
Le causant originel de la suite ininterrompue de cause à effet, donc se tenant à l’opposé de la cause finale.
Cause efficiente (causa efficiens)
Désigne la chose ou l’être générateur de qui ou de quoi procède la transformation métamorphique résultant d’un enchainement d’occasions performatives.
Cause finale
Elle est spéciale à l’enchainement de causes avec effet attendu, en coïncidence avec une intention première tenue hors instance de réalisation.
Causes qui causent (causa causam)
Tout effet actuel résulte d’une multitude d’antécédents qui le causent indirectement. Même à rester implicite, une réunion inexhaustive de ces antécédents causaux éloignés (causa remota) est nécessaire pour le produire. D’où la condition de reconnaitre inévitablement la même responsabilité à chaque fait, cependant qu’on ne considère en pratique dans l’examen de l’actualisé, que la cause directe survenant la dernière, ou causa proxima. Dans cette disposition, un même principe régit ce qui arrive par accident à
7. Afin de minimiser les répétitions sur l’incidence des significations en logique multi-ordinale  multi-ordinalité.
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l’environnement dans l’enchainement des circonstances, que ce qui arrive comme effet attendu. Comme exemple d’antécédents causaux, il est clair que la découverte de tel chercheur participe de circonstances indirectes pouvant relever d’une multitude d’améliorations techniques préalablement effectuées, la qualité de ses études et donc l’éducation reçue, autant que le climat social et les moyens de l’entreprise d’accueil.
Cénesthésie
Sensibilité d’ensemble considérée en tant qu’impression générale. Le plus souvent au sens d’impression interne non spécifique et diffuse dont peut résulter une sensation d’aise, comme de malaise.
Centro-complexité
Au sens teilhardien, mesure le degré de centréité auquel coïncide un niveau de complexité, réalisée à l’exocosme, en direction d’un investissement endocosmique. La centrogénèse procède de convergences complexificatrices depuis le diversement individué. À l’opposé de la monadologie visant la connaissance de la diversification métamorphiquement individualisatrice depuis des caractères particuliers, la centrologie étudie les relations synergiques et synthétisatrices à permettre la finalisation constitutive de l’Univers vu ainsi qu’un tout insécable, unitaire, et non comme le contenant d’une totalité de parties mises en relation.
Choses versus êtres
Définissons les choses comme représentant la transposition dans l’interface idéitive des individuations dites inanimées que sont les objets matériels, les sujets mentaux et les subjects de l’esprit. Les choses se distinguent en tant que représentant des produits qui n’ont pas de réalité autonome, à l’encontre des êtres qui sont les agents de telles productions. L’être, comme terme par lequel on transpose dans la même interface mentale, les individuations dites animées pour la raison qu’elles ont, ou bien acquièrent, une certaine autonomie dans les trois continuums contractuels des matérialisations (répondant au prédicat propriatifs de pouvoir faire), des mentalisations (prédicat de savoir faire depuis des qualifications) et de spiritualisation (prédicat de vouloir faire depuis des vertus d’agir). La chose advient du fait d’un avoir
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passant par la substantialisation individuée depuis des substrats, concomitante et interdépendante8 au fait qu’être passe par une essentialisation dépendante d’un superstrat. Le terme de chose peut être avantageusement pris au sens grec de ce sur quoi portent les actions des êtres, en sorte qu’on infère la notion de substrat chosifié de ce qui prend forme et structure pour cause de se prêter aux déterminations artificielles des êtres (savoir-faire) ou au constat des déterminations naturelles (savoir ce qui se fait).9 Les choses et les êtres se complètent entre l’impersonnel et le personnalisé. En effet, comme terme général, la chose inanimée et qu’on anime de l’extérieur, s’oppose à l’être qui anime depuis l’intérieur ce qui est à l’extérieur. Autrement dit, la chose en tant que réalité impersonnelle «qui n’est sujet d’aucun droit…» s’oppose à l’être personnel, personnalisé, ou personnalisable, qui n’est pas moyen, mais fin, en ce que l’être échappe de jure à la suite des conditionnements pour joindre une fin de soi contractuellement aux moyens de ce qui seulement est, au sens phénoménologique. La chose se fonde sur le préformé dans l’idée à propos du réel, ou comme représentation de ce qui est susceptible de réalisation métamorphique dans les domaines du matériel, du mental et de l’esprit. Une chose se discrimine par là des objets formés à partir des substances spécifiques à chacun de ces domaines. La chose, simplement dite sans contexte, peut désigner un pur ceci d’indéfini donné aux activités d’être. En dernière analyse, sans au moins un être, aucune chose n’est possible, alors qu’un objet semble pouvoir advenir depuis les réactions de cause à effet d’un milieu hétérogène réactivement dynamique, eu égard aux lois des probabilités. En tant que les choses sont oeuvres d’étants ou de devenants, elles ne reçoivent leur objet que par degrés extensifs de substantialisation en direction exocosmique de l’Infinité, dans un même sens que l’essence arrive aux êtres par degrés intensifs en direction endocosmique de l’Absolu. Depuis son étymologie pragmata, la chosification est bien représentative des rapports rencontrés en interface des préoccupations de l’esprit à celles de l’intellect. Notons que pour la perception du très jeune enfant n’ayant encore acquis qu’une vague
8. Concomitance et interdépendance dans le sens où la chose ne peut advenir sans au moins un être, comme l’être ne peut acquérir que par des choses.
9. Dans les langues anciennes, la substantivation neutre servait d’indétermination qualitative à rendre le sens de chose, en désignant par là ce qui est individué à ne pas confondre, par exemple, le beau d’avec une chose belle.
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compréhension de son altérité, l’autre n’est d’abord à ses yeux qu’un objet se chosifiant progressivement jusqu’à aboutir au concept de l’autre en tant qu’être. Or, on sait que cette phase de réalisation psychologique peut rester en suspens et constitue dès lors chez l’adulte la perversion psychologique de sa capacité volitive restée au stade infantile des conditionnements à réagir. Ce qui entraîne que cet adulte, pour avoir incomplètement réalisé cette phase d’acquisition psychologique, regarde encore en tant qu’objet l’autre être, que celui-ci soit animal, enfant, femme, ou homme…
Choses
Voir: attribut
Classe
Voir: attribut
Cognoscibilité
Voir: axiologique
Cognotopsie
Toujours pour imager plaisamment le parallélisme entre le vu par les yeux et les “vues de l’esprit”. La cognition concernant le processus de conscientialisation d’une réalité complexe, ce néologisme démarque la déficience, voire la carence intellective (sourire), d’où résulte la difficulté cognitive pour certains intellectuels à se représenter les aspects contractuellement complé-mentaires qui sont nécessaires à la formation de la réalité, c’est-à-dire les trois fondamentales contractuelles, avec les domaines du physique pour les propriétés du réalisé, du psychique pour les qualifications réalisatrices et du spirituel : vertus d’être et valeurs actancielles de réalisation.
Cogrédience
Dans le vocabulaire de WHITEHEAD, la “cogrédience” représente ce qui arrive par composition d’un nexus (ensemble d’événements abstraits de la chaine événementale formant et caractérisant métamorphiquement chaque individuation), relié par l’“ingrédience” (succession causale conciliant accidents et occasions
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réalisatrices du potentialisé, dans la dynamique actualisatrice). Le résultat se trouve conséquent des conditions synthétisatrices pour la multitude individuellement caractérisée et déjà réalisée d’inclure la nature de l’Un, avec la “concrescence”.
Colligation
Opération mentale consistant à réunir des éléments séparés en un concept. Se distingue de l’induction.
Commensurable
Est mensurable ce qui se prête à la mesure depuis la comparaison du semblable, ou depuis une unité de mesure convenue à servir d’étalon.10 Par extension, la commensurabilité désigne la possibilité qu’ont des choses d’être comparables entre elles et conséquemment mensurables.
Communication
En tant qu’échange informant, la communication reste inséparable des productions de sens. Même à passer par le canal physique d’une connexion psychosomatique (voix, mimique, écrit…), elle est essentiellement intersubjective et n’intéresse donc directement que ce qui relève fonctionnellement de la psychologie, à la différence de ses extensions instrumentales. Son niveau est limité autant par les défauts de performance du discours (le référent) et les protocoles d’échange langagier dans la reconnaissance du contenu des signes (expression), que par le niveau des signifi-cations acquises aux actants de la communication (représentation). Le degré performatif du communiqué tient de cela une certaine compétence discursive dans la faculté d’énoncer. Passer, par la pensée d’une chose à une autre en vue d’apercevoir des consé-quences, diffère de l’intuition par laquelle on aperçoit semblable-ment des conséquences sans le support de la réflexion. La compétence discursive semble dépendre autant d’une capacité dans la pratique intersémiotique des signes (contextualité), que de l’imagination servant l’interprétation du communiqué depuis tout
10. Rappelons que, dans cette disposition, la mesure est dite aliquote lorsque la grandeur d’une partie représente exactement un certain nombre de fois celle d’une autre.
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moyen approprié. Dans le cas d’une intercommunication au niveau mental, de tels moyens peuvent consister en des exemples à illustrer le cas particulier, ou des analogies par le moyen de significations connexes. Analogon : signifié sur lequel on s’appuie pour exprimer le sens nouveau en raison de l’éclairage ressortant d’une ressem-blance à cela qui est évoqué. Par différence à ce moyen de compréhension épistémique, lorsque la communication vise à évoquer des valeurs actorielles faisant intervenir l’esprit au niveau intellectif de la qualification mentale, on use d’allégories, ou de paraboles. Pour cadre de cette intercommunication des valeurs qui représentent des facteurs de volition et non plus des significations vectrices de qualification, c’est d’une racine hébraïque figurant dans Isaïe, que les juifs médiévaux désignèrent, avec le terme de dimyonie (dimyon, dimyonité), la capacité d’apercevoir des messages prophétologiques (l’essentiel de tous les prophètes). La communication intersubjective peut de ces dispositions concerner les diversifications sémantiques différenciatrices des propriétés d’objet, autant que discriminatrices de significations opérant entre les qualifications couvrant qualitativement des sujets mentaux, ou encore le discernement via l’esprit des vertus aperçues en référence à des valeurs d’agir en vue de résultats attendus. En sorte que dans un rapport à l’esprit, s’ajoute ou se coordonne de plus au savoir apostériorique, le début d’une clairvoyance de fins destinées à subsumer les moyens qualificatifs d’obtention. Ce qu’on aperçoit tient dès lors à la liberté d’obvier à des desseins qui ne nous concernent qu’indirectement depuis des loyautés à participer pour chacun de son altérité. Ce qui est en effet chose de la communi-cation ne se limite pas à l’intelligence appréciative des réalités objectives, subjectives et suggestives : elle est inévitablement cela, mais en vue de l’appréciation du rôle personnel dans une participation personnalisée à des ensembles d’actions qui sont au mieux corrélées au tout. L’ensemble du jugement depuis la raison, qu’il soit pratique, logique ou surlogique en ce qui est des valeurs actorielles, trouve en effet son investissement dans les choix individuels décidant des déterminations personnelles dans le libre-arbitre en visant l’exercice de talents personnalisés participant de l’altérité de soi en tant qu’acteur du monde. Consistance cognitive de ce qu’on sait, congruence intersubjective et sage choix du juste équilibre des rapports de soi à d’autres (non équilibre = en porte-à-faux), représentent le champ communicationnel dans la
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consonance11 entre les différentes dispositions personnelles retenues, qui ont ainsi à voir directement, à divers niveaux, avec des protocoles de communication. Aussi avons-nous à les considérer depuis une interface fonctionnelle reliant la perspicacité mentale du communiqué, le discernement à hauteur d’âme des meilleures conduites de soi, et la clairvoyance des valeurs qui, depuis l’esprit, sont sous-jacentes aux métabolismes ontologiques : elles visent les essences par lesquelles on devient par soi (perséité) depuis les “métabolisations” personnalisées de soi, mais en raison d’autres (abaléité). Ces participations du communiqué intervenant depuis plusieurs niveaux corrélés de la communication sont habituelle-ment oblitérées de l’enseignement universitaire, lorsqu’elles ne sont pas explicitement tenues pour étrangères au propos sur la communication. Il apparait pourtant évident qu’on ne comprend ce qui est étranger à soi-même qu’au prorata des participations de soi à son altérité d’être et d’avoir.
Complétude
Caractère de ce qui est complet, soit par suite de l’épuisement des potentialités de réalisation, soit par constitution existentiellement originelle. En référence à l’instance performative de réalisation, la déplétion concerne l’acte de désemplir, qui est remplir négativement par diminution d’un contenu réalisé préalablement ni nul et ni infini, comme actualisation des états entropiques d’être, d’avoir et de faire équilibrant le potentialisé au réalisé. Alors que le contraire, l’acte de compléter un manque représente une réplétion. Dans le présupposé que rien n’émerge de rien, on considère invariable dans l’Univers la quotité formée du réalisé et du potentialisé ; en sorte que le caractère de complétude n’intéresse pas le principe de génération, mais uniquement celui de transformation. Principe par lequel le potentialisé se convertit en réalisation, avec réciprocité du processus au travers toutes altérations, déliquescences, corruptions, mort ou destruction agissant dans le sens déréalisateur.
Compossible
Une chose qui peut être en même temps qu’une autre.
11. Consonance = ensemble des accords obtenus dans l’orchestration environnementale, dissonance = perte d’harmonie à son altérité.
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Concrescence
Par définition, représente la soudure organique de ce qui a crû ensemble, étant de nature semblable, bien que différenciée.
Concrétiser
Voir: abstraire
Condition
Pour présupposé, cela qui se produit sous condition (sub condicione) participe d’une chaine de conditions (l’ensemble de même sorte). Il s’agit de cela de potentialisé qui se produira inévitablement, bien que ce soit au terme des réalisations intermé-diaires du conditionné par lesquelles les événements ont une échéance incertaine soumise à des occasions durant l’instance de réalisation performative. Le réalisé dépendant de conditions survient ainsi du choix des occasions réalisatrices. Les conditions sont alors suspensives : il est nécessaire de les actualiser pour que se réalise quelque chose de potentialisé et à terme l’ensemble complet de cela qui est conditionné. Depuis cette exigence résolutoire, c’est la réalisation qui anéantit comme rétroactivement l’obligation des conditions suspensives. Cette disposition est à comprendre ainsi : dans l’épuisement local du potentialisé sanctionnant la suite compétente avec la fin de l’instance performative de réalisation, et par extension au terme de l’instance de réalisation du présent Univers depuis des transformations métamorphiques conditionnées, on ne conçoit plus aucun conditionnement. Conséquemment, le pouvoir d’agir se trouve émancipé des puissances dépensées en force, effort et lutte. La réalisation selon des conditions implique de discriminer les occasions casuelles qui dépendent du hasard des circonstances réactives, donc de la puissance des choses en des causes ex natura, d’une part, et les occasions du voulu procédant de la volonté, dites ex voluntate, qui dépendent par ailleurs du pouvoir déterminatif des êtres pour la réalisation (ceux-ci peuvent faire obstacle ou au contraire favoriser l’échéance de ce qui est potentiellement réalisable sous des conditions), d’autre part. Étant entendu que la forme des occasions mixtes, tout à la fois casuelles et voulues, s’établissent entre choses et êtres, étant indivisiblement dépendantes de circonstances matérielles et de la volonté de tiers contractants. Pour être intemporellement déterminé hors instance de
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réalisation performative, il parait important de tenir (sans pouvoir en établir ici la démonstration), que ce qui résulte de conditions, a une échéance d’effectuation certaine : l’époque et la localisation à laquelle survient cette échéance, autrement dit son inférence déixique, étant seule indéterminée.
Confluer
En référence aux événements, le terme infère aux circonstances faisant se joindre en un même cours, comme deux rivières en un fleuve, plusieurs choses qui tendent vers une seule destination, ou un unique but — que ce soit par cause motive, ou par effet attractif.
Congruence
Situation d’égalité (nombres et grandeurs), d’identité (sèmes et significations), ou encore possibilité de remplaçabilité sans incidence pour le résultat (valeurs d’action et vertus), en référence aux particularités de ce que l’on compare dans le séparé.
Congruité
Tendre vers l’exactitude ou le convenu depuis des conditions voulues. Le terme prend également le sens de ce qui arrive à proportion de l’acte pour accomplir, ou du rapport pour décider de ce qu’on désigne comme la partie congrue.
Connotation
Voir: doxa /épistème
Conscience
Sans doute rien n’est encore objectivement moins aisément définissable que cette faculté psychique, siège actif des sentiments, des impressions, des appréciations et du jugement, fonctionnel-lement reliée à l’animation du vivant. Le latin conscientia, distinguait d’abord dans l’antique creuset de l’élaboration des significations, la solidarité entre plusieurs du seul fait d’être dans la confidence de certains faits (ce qui met l’accent sur le partage, en prolongement de l’inconscient collectif, de quelque cordon ombilical organique avec “la voix intérieure” d’une conscience cosmique), avant que la locution ne fasse référence, comme moyen, à la
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personne conscientisant en prenant connaissance de son altérité d’être, d’avoir et de faire. Pour présupposé, un objet n’a pas cons-cience de son activité à l’environnement (sinon dans le sens qu’en donne Jean ChARON). Aussi, dans l’attente de meilleures défini-tions, abordons la conscience par cela qui s’établit dans l’instance de la prise de connaissance d’être, d’avoir et de faire au monde pour animer le vivant, c’est-à-dire englobant affects et effects : ce que l’individu retient de ce qu’il subit du monde et de son action au monde pour le guider dans son libre mouvement. Comme siège actif des sentiments, des impressions, des appréciations et du jugement sur fonds du perçu et du conçu, de l’aperçu et de l’inté-rieurement entendu, la conscience a donc essentiellement un effet vectoriel dans l’animation du vivant. Cette disposition a l’avantage de tenir compte de ce qu’une autoconscience, et par suite l’autocon-naissance, sont une impossibilité logique. On ne peut se connaitre qu’indirectement, c’est-à-dire à passer par le semblable depuis un parcours transitif, ou une relation réflexive. À l’évoquer, nous disons que l’épée ne peut se couper, ni savoir qu’elle coupe que par ce qu’elle coupe, tout comme l’oeil ne peut se voir, ni savoir qu’il voit que par le vu. La différence entre les démarches scientifique et métascientifique est que pour parvenir à cette dernière, il faut passer (transiter), de la conscience d’un état de chose, à la cons-cience qui a conscience d’un état de chose. Dès lors, la conscience de soi peut résulter d’un niveau surconscientiel, dans un appréhen-dement autre que s’il advenait du retour sur soi de l’impression qu’on se fait sur d’autres. Cette disposition est à nous permettre de discriminer la pénétration introceptive surconscientielle, qui n’est plus autoconnaissance, en cela qu’on entre ici dans le domaine de second niveau, dit intensif, par lequel on pose la surconscience allant avec le procès de qui surpense, depuis une position plus intérieure, le penseur en train de penser. C’est surconscientielle-ment, par le cheminement multi-ordinal du signifié introceptif investi comme moyen d’instrumentaliser le parcours, qu’on peut avoir la clairvoyance d’une unicité existentielle endocosmique, avant même d’en pouvoir faire l’expérience aperceptive, pour peu qu’on tienne celle-ci pour être réalisable dans une disposition apparentable à la connaissance du contenu de l’exocosme suite à ce qu’on en perçoit. Le principe d’information sous-jacent au processus de connaissance exige dans notre continuum la dualité “sujet penseur /altérité donnée à penser”, depuis l’interface “pensé
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/impensé”. Ce n’est qu’en référence au continuum absolu, ou encore subabsolu, que, pour cause d’ubiquité spatiale et temporelle, on peut tenir en une même deixis “à la fois le tireur, la cible, et la flèche”. Peut-on alors à ce niveau évoquer une conscience similaire à la nôtre ? De façon succincte, la conscience concerne des états de conscience s’échelonnant pour l’humain entre l’inconscience qui est conscience-non-consciente, et la conscience vigile qui est conscience-consciente (Cf. hypostase). Comme cette conscience vigile croît, mais reste limitée à se trouver relative, l’attention dépend de l’angle de concentration. Plus cet angle est fermé, plus l’attention est grande, mais à réduire son champ, et l’inverse. C’est dans ce sens que l’inconscience représente, depuis une attention nulle (cas recherché avec l’hypnose), l’angle le plus ouvert sur le contenu environnemental, et consécutivement la réminiscence possible d’un bien plus grand nombre d’événements qu’avec la conscience vigile.
Conséquent
Voir: antériorité
Continu versus discret
Notion d’abord issue de réflexions sur l’échelle des nombres en rapport aux grandeurs et aux quantités dans la mesure du contenu cosmique. Une suite de plusieurs nombres entiers forment une suite discrète d’entités séparées. Mais entre deux nombres qui se suivent, s’intercale indéfiniment un nombre illimité de termes dits rationnels, fractionnaires et commensurables, tandis que le limité en nombre et en grandeur dans chaque actualisation à une possibilité d’extension indéfinie. D’où l’idée d’une continuité incommensurable existentielle, puisque nombres et grandeurs représentent une application au contenu cosmique. Nous avons la notion du discontinu par l’expérience de ce qui est, a et fait de façon individuée, atomisée en tant que des constitutions séparées, distinctes mais substrativement semblables, ou apparentables. C’est l’ensemble réputé par constitution indéfini à indéfiniment agrandissable en possibilité de telles séparations relatives entre elles d’être, d’avoir et de faire, qui a pour complémentaire une nécessaire continuité en existence, puisque dès lors que l’on considère le bornable, c’est par
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abstraction de ce dont le complément est imbornable, en tant que les deux aspects constituent les caractères opposés du même.
Continuum
Du terme latin désignant le continu, dans l’idée de ce qui constitue une seule pièce dont les aspects sont indivisibles entre eux. Dans son acception contemporaine, un continuum représente le milieu continu constituant le facteur relationnel définissant les possibilités du rapport de discontinuité entre les parties contenues, hétérogènes entre elles, mais formant ensemble unité homogène dans l’interdépendance des quotités individuatrices. Depuis cette idée, on peut apercevoir l’étendue étant consubstantielle de son contenu atomique. Ainsi l’espace est de la même nature physique que son contenu matériel, quand l’esprit, de nature spirituelle, apparait consubstantiel du temps, alors qu’on peut montrer semblable dépendance entre la nature toute psychique du mixte spatio-temporel et le mentalisé. En théorie, donc, autant de continuums12 dont la continuité est liée à la discontinuité du contenu individué de façon discrète. De manière générale, nous pouvons avancer un continuum pour chaque niveau contractuel de subsistence discrète, puisque, par définition, il s’agit, dans la théorie des ensembles, de la continuité covalente aux discontinuités contenues. On use aujour-d’hui dans ce sens du terme pas seulement pour rendre compte de continuités concrètes telle que peut l’être par exemple le continuum espace-temps, mais de plus pour des vues théoriques : le continuum des méthodes inductives, celui des logiques non classiques… Ce qui domine dans cette acception est qu’on ne peut considérer une partie en soi — elle ne peut être ce qu’elle est qu’en raison de ce qui est autre à l’intérieur d’un tout —, en sorte que chaque ensemble formé des discontinuités discrètes, nécessite sa complémentaire inconditionnelle contenant en contrepartie l’unicitairement continu du même fondant la potentialité de la possibilité d’extension indéfinie du discontinu.
12. Dans la préédition des Cahiers, je m’étais conformé au pluriel en “a” (des continua) comme exception en français des puristes du latin. C’est une forme perdant son usage. Aussi j’use maintenant du pluriel en “s” comme cela commence de se pratiquer (Cf. Encyclopédie Universalis).
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Contractualité
Spécificité du pouvoir dans l’action avec effet attendu reliant depuis tout contrat, pouvant être tacite ou implicite, des parties douées de volonté s’exprimant dans un dessein commun, donc à l’opposé de dépenses arrivant de façon stochastique, sous forme de puissances réactives. Lorsque l’on considère le relationnel entre agents dont les actions sont coordonnées en vue d’effets attendus, l’instance contractuelle marque l’investissement rapprochant ces contractants visant ensemble un but commun. On conçoit par conséquent la suite instaurée entre : 1) l’instance contradictive faite d’objections, de contradictions, en tant que moyens individuali-sateurs depuis des caractérisations ; 2) l’instance impliquant l’ensemble des contradicteurs, des contradictoires et des contraires, établissant à un moment donné le potentialisé à atteindre entre contractants, de récurrence en récurrence au travers des faits contractuels. Disposition qui sustente le processus d’organisation fonctionnelle depuis la concordance des moyens mis en oeuvre. En sorte que l’on puisse poser, par logique, les deux sens du mouvement de la pensée : si condition d’éloignement, d’opposi-tion, d’analyse, alors potentialité de rapprochement et de synergie. Pour illustrer cette disposition, montrons ce que voici : le processus du mouvement sémanalytique des variables sémiotiques, rend possible la sémasynthèse dès lors que la contradistinction marque la relation d’opposition de laquelle ressort la thèse par rapport à son antithétie formée de tout autre. Et ce sont ces différences établies qui permettent des dispositions contractuelles, comme mouvement sémasynthétique complémentaire visant la synthèse qui est à surdéterminer le précédemment différencié depuis des singularisa-tions. Le concept de contractualisation fait toute la différence d’avec la position philodoxique par laquelle on se suffit d’une opinion prise dans l’alternative des aspects antithétiques qu’on a de notre expérience à la réalité, sans souci de ce qui relie les opposi-tions, de généralisation en généralisation, et de subsumption en subsumption. De façon la plus générale qui puisse être, sera dit contratfactuel ce qui est de l’ordre du fait sous contrat rendant dépendantes les parties à l’obtention d’un tout.
Contradistinction
Voir: contractualité
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Contratfactualité
Voir: contractualité
Contre-entropie
Voir: entropie
Contuition
Conception ou représentation d’une chose obtenue indirectement depuis ce qui est connu d’une autre chose.
Corrélationnisme
O. HAMELIN (Essai sur les éléments principaux de la représentation), avait abordé une façon de considérer le fond de la réalité, non pas en se basant sur le jeu des substances, mais sur ce qui est tout à la fois contenu et formes soumis ensemble au principe de relation. Toutefois c’est à Amor RUIBAL ANGEL (Los problemas fundamentales de la filosofia y del dogma), qu’on doit l’idée du corrélationnisme. Après avoir montré que les philosophies et les sciences fondent la réalité de l’Univers sur les substances, chacun décrivant dès lors des contenus se trouvant entre eux en contradiction catégorielle, lui vint l’idée de rendre compte de la formation des réalités depuis la primauté des relations sur les substances. À partir de ce retournement à propos du réel, il fonde la réalisation du contenu de l’Univers sur l’interrelation dynamique de l’individué dont la réalité tient aux relations d’un substrat organisé, les produits de sa propre activité participant de réalités super-stratives, contractuelles par l’intermédiaire des relations aux choses de son altérité. Et c’est cet ensemble de relations entre individuations d’être et d’avoir, contractuelles au superstrat, qui constitue la constante tension cosmique formant médiation entre l’existence personnalisée dans l’Absolu, indéfinie source d’être en des strates déprimant l’originel, et l’existence impersonnalisable dans l’Infinité sans attribution, source d’avoir augmentant par complexification de strate en strate. Autrement dit, ce qui est ainsi formé découle de la conjonction relationnelle dans les différences d’être et d’avoir à l’altérité depuis substances et essences données en partage. L’essence et la substance de la goutte d’eau individuée par circonstance environnementale restent inchangées en se trouvant inindividuées dans l’océan. En conséquence, la goutte d’eau peut être ou n’être
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pas, et ainsi avoir ou ne pas avoir ce par quoi elle a et est en telle actualisation de l’écoulement temporel et dans telle étendue, quand l’eau ne cesse d’exister, qu’elle se trouve dans la goutte ou dans l’océan. Il n’empêche que ce qui arrive depuis le mode d’accident à l’environnement, et ce qui se réalise de façon voulue, sont également individués en tant qu’occasions dans un rapport de différence à ce qui est autre par relation de l’individué entre un substrat semblable et un superstrat apparentable. Ces choses acquièrent leur être des particularités relationnelles : ce par quoi elles sont. Doit-on nier la réalité de la charpente d’une maison n’existant pas pour l’insecte qui s’en nourrit et ne considérer objectivement que sa forme en bois ? Pour finir, nous avons encore à tenir pour complémentaire l’être qui est par soi et qui est sans nécessité d’avoir pour être. Cela dans une présupposition oppositive à ce qui a en soi sans nécessité d’être. C’est à cette condition que, ontologiquement parlant, l’abaléité a bien pour autre face l’aséité.
Cosmogonie
Pour l’essentiel, la cosmogonie concerne la représentation construite qu’on se fait de la réalité en reliant des connaissances physiques du domaine de l’expérience, à des connaissances métaphysiques du domaine de l’existence. Ces deux domaines sont reliés de telle sorte que l’on considère les objets physiques réagissant entre eux en puissance, de façon sous-jacente à des pouvoirs d’action distribués au travers la pyramide des êtres, que surdétermine la proactivité d’une surnature divine. Aussi, quoique la cosmogonie s’appuie sur la science, elle n’est pas fondée sur elle : elle l’est sur une évidente existence première de l’être sur son fait. À l’encontre des cosmologies physicalistes, une cosmogonie n’est conséquem-ment exclusive ni de la physique du monde, ni de sa métaphysique. La métaphysique fait qu’au domaine de l’être, l’existence est première — une intemporelle existence, fondement des essences d’êtres en devenir, ainsi que des générations d’étants par scissiparité. La physique fait qu’au domaine de l’avoir (les choses), le formé en substance auquel tient la notion de lieu et d’étendue (espace) est indéfiniment malléable depuis des transformations métamorphiques produites réactivement sans nécessité de quid proprium. Afin de bien comprendre ce qui différencie la cosmologie de la cosmogonie, il importe de ne pas faire l’amalgame et ainsi manquer de distinguer les présupposés respectifs entre le principe de transformation et
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celui de génération. Notons à ce propos que PLOTIN (Ennéades II, IV, 6) pose le principe de conservation du transformé avant la lettre. Pour lui, le principe de transformation implique que ce qu’on considère dans l’antérieur soit différent de ce qu’on aperçoit avec l’ultérieur, tel que le transformé ne saurait être anéanti, pas plus que provenir du néant. Toute transformation ne s’opérant que d’un état en un autre, ne peut concerner que cela. D’où le principe de conservation du donné à transformation, sur lequel il ne faut pas greffer aussi la possibilité génératrice. Implicitement, le passage du néant au non-néantaire, ne peut se faire en référence au principe de transformation. Aussi, depuis le principe de transformation, nous ne saurions rendre compte que du passage du non être et du non avoir, à ce qui a et est, et son corolaire allant avec l’annihilation de ce qui déjà était et avait. Si l’on considère le corruptible comme la décomposition s’appliquant au préalablement composé, c’est à définir l’engendrement comme tenant à l’individuation advenant depuis des essences et pour cause de moyens allant avec sa substratisation procédant des transformations métamorphiques. Le temps imparti à l’instance transformative de l’individué est variable quant aux possibilités de se manifester (être et avoir dans un rapport à l’altérité), tout en conservant inchangée et en soi son identité propre. Dans ce rapport des idées à l’entendement, la méthodologie synthétique permet de renouer avec l’antique recher-che des concepts depuis l’entendement spéculatif. Nous retrouvons alors de nouveau la signification, un temps occultée, des rapports entre : 1) ousia  essentia = ce qui est individué par essence ; 2) ousiôsis  subsistentia = ce qui n’est en aucun sujet ; 3) hypostasis  substantia = l’acquis individué pour cause des substantialisations, en tant que les substances de la stratification individuelle sont également substratives pour l’alter ego. On distingue ainsi ce qui arrive premier dans ce qui se trouve être individué, relativement à une altérité d’être, par rapport à ce qui est second, au sens d’être, comme pour d’autres, dans l’individué. Bien que les langues naturelles se prêtent peu au propos, nous pouvons malgré tout dire que la course n’est pas courir, ni le courant, course, et qu’il y a semblablement à distinguer en métaphysique le fait d’être soi, le fait d’être quelque chose, et le fait d’être ici ou là, à ce moment ou à cet autre. Par la subsistance, le métamorphiquement formé subsiste ou perdure sans changement seulement en l’absence d’interaction
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environnementale. À l’encontre, avec la subsistence, le devenant du fait d’un relationnel rendu possible par le moyen d’une substantiali-sation particulière, demeure permanent dans le changement métamorphique (Cf. corrélationnisme).
Cosmos
Voir: Univers
Dahréité
Voir: temps
De facto
Implique que la situation visée dans la phrase ou en pensée l’est de fait. Si elle relève d’un droit, on dit qu’elle est de jure.
De jure
Implique que la situation visée dans la phrase ou le pensé l’est en droit. Si elle relève d’un fait, on dit qu’elle est de facto.
Déictique et deixis
Par déixique, on entend ce qui délimite l’étendue et la durée de toute individuation (le fait d’occuper tel moment du temps tempo-ralisé, en telle étendue d’un espace de relation). Spécifiquement à l’instance performative du monde, la déixique a pour statut privatif l’adéixique, et pour absence de lieu d’actualisation performative l’indéixique (elle pose la potentialité relationnelle, donc la possibi-lité d’actualisation). Cette disposition telle que l’ensemblement de l’indéixique au déixique reste subsumable par le statut unicitaire tenant à la notion d’existence inlocalisable pour cause d’étendue non bornable (ce qui existe hors instance spatiotemporelle de relation, donc ubiquitairement de toute éternité dans l’infinité). Le monde a un commencement dans le temps et une limite dans l’espace. Ce qui est complémentaire en tant que source du monde n’a pas de commencement dans le temps, ni de limite dans l’espace. La potentialisation d’être, d’avoir et de faire en des agrégats indéfiniment agrandissables de choses bornables réelles (réelles en tant que passant par une instance de réalisation), participe d’une infinie et absolue existence non bornable. Comme l’état de ce qui
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est dans le temps temporalisé est précédé d’un moment antérieur où cela n’était intemporellement pas encore, une chose, et par suite la multiplicité quasi indéfinie des choses possibles, ont une naissance, une origine et conséquemment aussi une mort, une finalité; aspects prenant leur source dans ce qui existe d’inconditionnellement unicitaire et de façon nécessairement éternelle, à n’avoir ni commencement et ni fin. Donc, il peut bien se faire que les choses potentialisées au monde se réalisant, adviennent et disparaissent si c’est selon des occasions à l’environnement. Mais il est inévitable qu’elles soient depuis une existence sous-jacente sans commen-cement ni fin dès lors qu’elles ne peuvent advenir du néant. C’est le même raisonnement qu’on tient vis-à-vis de l’espace de relation des choses (le rapport spatial des choses entre elles, et leur rapport à l’espace). Avec l’Infini, on ne se représente pas une mesure de grandeur. Par suite, son concept doit être étranger au maxima-lisable. C’est en rapport à l’indéfinité qu’une chose de grandeur finie peut être virtuellement indéfiniment agrandie et que plusieurs sont pour toujours complétables en nombre. Espace et temporalité ne peuvent précéder la première chose au monde. Il s’agit alors de déterminations allant avec la nature relationnellement interdé-pendante des choses elles-mêmes, telles que durées et grandeurs (ou distance dans l’espace et éloignement dans le temps du rapport d’au moins deux choses ou êtres). Entre le continuum de la multiplicité des choses sensibles et celui d’une unicité existentielle intelligible, nous concevons des rapports de complémentarité. En sorte que l’on doive encore concevoir le statut unicitaire co-existentiel aux deux qui sont le reflet de l’un à l’autre. On distin-guera la déixique de la déictique, ce dernier terme servant à dési-gner les formants susceptibles de significativement montrer la singularité d’une chose advenant comme élément de sa deixis. On discriminera également ces termes de la diénectique, terme formé sur la racine “dienec” et qui exprime, dans le langage savant, ce qui est continu, ou continuel, dans une opposition au discret, ou au discontinu.
Déiesthésie
Mot formé sur base de l’esthésie qui représente le domaine de la sensibilité. L’opposé est consacré par l’usage avec anesthésie, depuis un préfixe inapproprié puisque le terme fait référence à une privation, quand il s’agit seulement d’une opposition aux
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perceptions d’un environnement phénoménologique, en tant qu’état d’insensibilité. Le terme déiesthésie sert à désigner la “sensibilité” au domaine parallèlement aphénoménique, comme sensibilité particulière à l’aperception d’une nature naturante, aperçue par l’intermédiaire des essences dans l’être qui surdéterminent la nature naturée perçue, elle, par l’intermédiaire des substances au travers des propriétés d’objet. C’est dans ce sens que la déiesthésie se définit comme sensibilité au divin.
Déitique
Caractère faisant référence à la transcendante surnature du déifié ou bien à celle des déités elles-mêmes. Mais en tant que c’est en raison des déités que se pose le déifié, la surnature du déitique relève d’une supra-sistence intemporellement originelle aux réalités divines qui sont ex-sistées aux mondes réalisés depuis un statut de perfection par constitution propre, en opposition de complémentation contractuelle de ceux qui sont perfectionnés par épuisement des potentialités de perfectionnement.
Deixis
Voir: déictique
Déliquescence
Voir: phanicité
Dénotation
Voir: doxa /épistème
Déplétion, déplétif
Voir: complétude
Déréliction
Latin derelictio, action de délaisser, se dit en référence au sentiment d’abandon et de solitude de l’être jeté dans le monde étant séparé (HEIDEGGER) ou délaissé par les dieux. Les néolo-gismes réliction et rélictance peuvent exprimer l’attitude consistant à se sentir à l’encontre accompagné, dans l’amitié du monde et du divin, quand le rélicteur désigne l’agent ou celui qui aide à relier,
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dans le souci de l’encore séparé, tout le temps nécessaire aux transformations par lesquelles le monde ne devient qu’au travers des relations reliant l’individué à son altérité en raison du divin. Car, bien que cette disposition lexicale va à l’encontre du latin relictio, action de laisser (et non plus de délaisser) et relictor, désignant celui qui laisse, qui n’aide pas, qui n’a d’égard pour rien, les termes ainsi formés paraissent plus proches de l’idée de relier, par différence à l’idée de lier (attacher). Rapprochons la déréliction de l’acédie. Du grec classique a-kèdia, il s’agit d’une atonie de l’âme, dont le vague à l’âme et l’abattement sont les prémices. Cette torpeur spirituelle allant avec une perte du sens de la vie, ou une lassitude éprouvée à la suite d’adversités, fait que la personne qui en est spirituellement frappée devient dès lors négligente de tout par suite de son sentiment de n’être plus aimée et de ne servir à rien.
Determinum
Mot formé covalent d’une part au preferendum (le preferendum en tant qu’investissement du vouloir), et d’autre part au referendum (le referendum comme investissement modal de la fonction qualificative du savoir en vue d’un savoir-faire). Le determinum représente l’investissement du pouvoir agir dans la suite : [déterminants  modalités déterminatrices (les déterminations)  déterminés], comme produit ressortant de tout agent coordonnant des organisations spirituelle, mentale et corporelle, depuis la fonction assortissant un [vouloir • savoir • pouvoir] particulier (individué). Dans cette disposition, le preferendum est fondé sur une organisation tangible, l’esprit, en tant que sensible à des suggests valoriels, comme le referendum l’est de manière semblablement tangible sur la sensibilité des mentalités à des concepts quali-ficationnels, quand le determinum l’est semblablement sur une organisation somatique sensible aux percepts propriatifs. Processus par lequel les affects valoriels des suggests d’esprit, investis dans le discernement des valeurs à permettre le travail du classement préférentiel comme formation des choix personnels, aboutissent à la structure d’un preferendum assurant le rôle vectorialisateur du travail mental qualifié visant contractuellement des conceptions propres à assurer la formation d’un referendum — ce referendum étant source de qualification en vue du determinum, cela par quoi le travail de détermination somatisé des propriétés du milieu sont à
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servir la participation réalisatrice personnelle au monde des per-sonnes. Dans cette disposition, les suggests représentent les affects de l’esprit sur le mental, rôle tenu par les percepts vis-à-vis des affects corporels en raison du mental, quand les concepts tiennent un rôle semblable en ce qui est de l’intellection, en raison de son interface entre corps et esprit.
Dichotomie
Voir: doxa /épistème
Dictamen
Du latin signifiant dicter, le terme désigne l’impulsion endogène responsable d’un pouvoir exogène. De façon générale, on infère par là une motilité due à quelque pouvoir interne, dont le conditionnement ne doit rien aux puissances sollicitant des réactions vues en tant que réponse à la dynamique hétérogène du milieu extérieur.
Diénectique
La racine “dienec” exprime dans le langage savant ce qui est continu, ou continuel, par opposition à ce qui est discret ou discontinu. Ainsi est le continuum d’infinité et d’absoluité existen-tielle, par rapport à celui des individuations relatives et discontinues s’étendant en temps et en espace.
Dieu
Peut être regardé comme l’ultime aboutissement des interrogations personnelles commençant empiriquement par QUOI (du monde), se poursuivant sur les questions de savoir physiquement COMMENT et métaphysiquement POURQUOI (le monde), pour finir sur la reconnaissance de QUI est responsable de son existence. En ce sens, l’examen physique du monde sensible n’a qu’une fin : l’interrogation métaphysique complémentaire permettant l’épa-nouissement de la personne au monde des personnes (on distingue avec le concept de personne autre chose que ce qui définit l’individu) s’échelonnant de façon hiérarchisée jusqu’à la première : Dieu. Par rapport à Dieu qui est en relation suprapersonnelle au monde, la Déité est certainement transcendante à l’effectuation cosmique, autant qu’au principe de personnalisation, en tant qu’elle existe non
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seulement en soi ainsi que Dieu, mais de plus sans relation au monde (le monde formé d’une multiplicité séparative d’individuations associables, quand ce qui est divin est unicitaire, même à pouvoir apparaitre sous une infinité d’aspects consubstantiels). Juger de la surnature du divin depuis l’examen de la nature du monde peut être digne de confiance seulement en référence de la relativité intermédiaire du propos, c’est-à-dire depuis les aberrations du perspectivisme induites pour cause d’inférences locales qu’il s’agit d’étendre à partout et pour toujours. Á l’encontre de la science du monde, l’expérience indirecte du divin depuis des affects spirituels, étant personnelle et endocosmique (aperceptive) est quasi indicible, au moins dans l’état des langues actuelles. Cela dit à ne pas passer pour l’idiot du village des scientifiques dès lors qu’on entreprend une investigation métempirique. Car, puisqu’elle s’effectue à l’opposé du senti environnemental, elle est conséquemment complémentaire des investigations empiriques, et sa véridiction métalogique ne peut que rester distincte de la logique instrumentale servant à exploiter l’exocosme. Plus encore inaccessible à l’intellection est le domaine de la Déité existant, non seulement par-delà l’ensemble des destinées individuelles, mais de plus à surdéterminer celles de l’ensemblement des collectivités synergiques formant l’Univers des univers. Quoiqu’il puisse y avoir autant de spéculations à propos de Dieu qu’il y a de personnes, nous pouvons en définir la charge sémantique depuis des éléments conceptuels les plus consensuels. Par exemple, que Dieu est à l’origine du monde et, depuis cette origine, le soutien de ses états performatifs, ainsi que la destination du devenir personnalisé de tout être passant par l’expérience de l’existence. Comme il y a dignité de traiter la personne en tant que fin et non comme moyen, le concept de relation supérieure de l’être personnel à Dieu ne se suffit pas de la subordination de l’univers des personnes aux fins d’une suprême réalité superstratique donnée comme évolutive avec l’Être Suprême. Tout au cours des temps de l’instance performative de l’Univers, probablement rien ne restera plus secret, plus endocosmique, qu’une relation d’être au divin. C’est encore un consensus de reconnaitre indirectement la présence du divin dans l’Univers par un effet, celui de rapprocher, d’unir, d’allier, d’associer et donc de progresser dans la réalisation du potentialisé, puisque rien ne se réalise sans complexification relationnelle du sein de chaque état advenu. Effet divin consistant à relier tout séparé, bien éloigné de l’activisme prosélyte des autorités
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religieuses qui sont institutionnalisées depuis des dogmes (qu’est-ce qu’un dogme, sinon une doctrine présentée d’autorité), ainsi que des esprits de chapelle visant l’enfermement des consciences à propos du divin. Errements du fait religieux ? Possible, tant, d’évidence, son effet reste de diviser. Notons que le monde divinisé concerne un plan des réalités mixtes suprapersonnelles reliant l’unicité de Dieu et l’univers des multiples séparations entre les êtres, les choses et les actions. Ce qu’on déclare voie spirituelle conduisant depuis notre présente strate de réalité au perfectionné par épuisement des potentialités de progresser, peut s’appliquer à la liberté cocréative de la personne depuis son libre-arbitre actoriel investi en vue d’indépassables productions esthétiques, éthiques et aléthiques. Mais comme pour toute mixité, il y a relativité des appréhendements localisés dans les coordonnées du beau, du bien et du vrai. Des décentrements opérés en pensée, chaque fois incomplets, sont dès lors à poursuivre, en rapport avec des degrés d’objectivation, de subjectivation et de suggestivation, tant nos appréhendements intellectifs rendant compte des positions relatives que nous tenons au sein des réalités ne peuvent qu’être infiniment éloignés des raisons de l’Univers. C’est ainsi que dans l’Antiquité l’humain pouvait être vu comme le médium à manifester les émanations d’esprits divins ; qu’au Moyen Âge, c’est par grâce que la créature de Dieu était élevée à la dignité d’être divinisée et non en raison de ses d’oeuvres ; et que, pour des contemporains, c’est seulement l’ouvrage collectif qui est perçu comme susceptible de participer du finalisé. Mais l’ensemblement de toutes les raisons possibles, fut-il poursuivi indéfiniment, ne représentera jamais ce qui surdétermine, dans l’absoluité divine, la raison de l’Univers à ne pouvoir passer que par des significations. Par analogie, c’est exactement comme le fait d’ajouter indéfiniment au nombré ne peut faire qu’on touche à l’Infini, puisque cette infinité-là est, sauf corruption logique des sémanticités, ce auquel y ajoutant ou retirant, et cela quelque puisse être l’immensité finie (bornée) de ce qu’on ajoute ou qu’on retire, ne change pas le contenu.
Différance
Voir: différence
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Différence
Constat du mesuré, résultat d’une opération, etc., différenciant le même du non même, dans le sens par lequel une différence peut être d’espèce quantitative, propriative, qualitative, ou valorielle. Une différentiation vise plus particulièrement les caractères, ou traits singuliers, qui sont à servir le processus d’individuation par le principe duquel s’opère le passage de l’homogène à l’hétérogène. Depuis les aspects différentiels dans le champ de la varia, une différence ontologique sépare l’être de son espèce d’étants et ses genres, quand l’individu tient son origine constitutive du phylum commun à l’espèce, mais pas ce qui le différencie. Ce qui l’identifie comme être est sa place individuée dans une hiérarchie des essences et les limites de son acquisition en des traits individualisateurs, son vécu. La différance (J. DERRIDA) marque l’action de produire une dissemblance, un écart, une particularité. Le mot conjoint les deux sens du latin differe (remettre à plus tard), et avoir des différences, qui ne sont pas nécessairement la source de différends (conflits et désaccords). Dans cette économie de soi depuis des moyens qu’on a à soi, il faudrait encore distinguer la différentiation de l’acte de différer une telle production de traits individualisateurs dans la soumission à des occasions. En analogie de l’inné et de l’acquis, on peut dire que la dissimilarité est, pour le généré, la source de différenciation depuis des singularisations d’être fondées sur des essences. Elle est pendante aux acquisitions par la substance des particularités différenciatrices tenant au prin-cipe de transformation. On aperçoit cette discrimination de sens chez PLOTIN tenant, ainsi que dans un miroir, les progressions métamorphiques du cosmos pour cause de concrétion en substance, symétriquement à la dissémination progressive des essences d’être dans le multiple depuis l’Un originel. Autour cette disposition, voir encore : solipsité.
Différends
Voir: différence
Dilemmique
Avec la forme du syllogisme disjonctif, en l’absence d’une troisième hypothèse, on trouve un cas qui diffère de celui du procès de la raison menant à une conclusion, en sorte que l’alternative de
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ce qui ne peut être départagé ait pour conséquence logique de rompre la possibilité de choisir en connaissance de cause.
Dimyonie
Voir: communication
Discursif
Voir: communication
Dissémination
Voir: distributivité
Dissimilarité
Voir: différence
Distributivité
Concerne la répartition opérée dans les parties de ce qui appartient au tout. Ce qui est au tout, on le retrouve, depuis des relations distributives et répartitives, dans les parties individuées de l’ensemble des strates stratifiant l’organisation réalisatrice de la nature : attributs, caractères, biens, énergies, pouvoirs d’être et puissances des choses. En sorte que la dissémination depuis l’Un des essences d’être dans la substance du monde, fait qu’à l’origine de l’instance de réalisation métamorphique de l’Univers, rien n’est réalisé et tout potentialisé, quant au terme de l’épuisement des potentialités finalisant la réalisation, rien ne se trouve plus à l’état de potentialisation, tout est distribué.
Divino-humanité ou théandrie
Concept reposant sur ce que voici. Comme être en devenir dans la possibilité de n’être pas moyen mais fin, la personne humaine hérite par sa substance d’inférences conditionnatrices, base de son incarnation, fondées sur l’effectué, et par son essence, d’un crédit au présent de son investissement sur l’avenir. Ce complément transcrivant au futur la symétrie de l’hérité du passé, s’aperçoit ainsi qu’un pré-inconditionnement reposant sur l’inconditionnalité divine, depuis la faculté de libre-arbitre. La personne est en cela médiatrice. Elle l’est au travers d’une liberté se surimposant à la
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nature naturée naturante des êtres susceptibles de décider, au niveau de leurs libres mouvements dans le choix des modalités qualificatives de la détermination des choses. Ce qui suppose qu’à côté des aspects inconditionnels de son actorialité au monde et ceux conditionnant le cours du monde lui-même, la personne est détentrice, de droit et de fait, d’une volonté souveraine pour décider de sa propre détermination. Il s’agit là d’autre chose que le rôle d’interpréter au mieux de sa personnalisation, dans les coordonnées du bien, du vrai et du beau, la pièce préalablement écrite pour l’instance de ce qui se joue sur les chapiteaux du théâtre de l’Univers, et qui se surimpose au travail réalisateur advenant des dépenses fonctionnellement reliées d’un corps, d’un mental et d’un esprit. Cf. Vladimir SOLOVIEV.
Divisibilité
Caractère propre au substrat et à son abstraction mathématique, quand l’individué, depuis toute formation substrative composée de ce qui sustente l’individuation, n’est à l’encontre pas divisible, sinon à aliéner sa réalité individuée. On distingue la divisibilité mathématique (grandeurs et quantités) qui est sans limites, de la divisibilité du réalisé entre omicron (la dernière strate d’organisation actualisée au microcosme n’ayant pas de substrat composé) et omégon (l’ultime stratification actualisée n’ayant aucun superstrat au macrocosme). En référence à la logique des classes dans la théorie des ensembles, les individuations métamorphiques peuvent être également distribuées (“divisées”) entre genres, espèces, familles, etc., et cela indéfiniment, depuis des différences constatées, ou bien conçues, mais à la condition qu’un même individu ne soit pas classé comme appartenant à la fois à plusieurs catégories (Cf. omégon, omicron).
Doute
Voir: doxa versus épistème
Doxa versus épistème
La doxa forme l’ensemble des opinions (indifféremment celles qui sont accréditées par le raisonnement personnel, et celles qui recourent à l’adoption des jugements collectifs faisant autorité). Ces opinions sont tenues comme autant d’évidences propres à une
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culture particulière. La doxographie représente l’assemblage raisonné des croyances et des savoirs engendrant l’opinion. Est en effet de l’ordre de la doxique toute opinion considérée dans le sens pragmatique des incidences de la volonté, par rapport au domaine épistémique assortissant un ensemble de concepts ressortant de l’expérience du perçu extraceptif et de l’aperçu introceptif. On distingue par là entre doxa et épistème, ou entre l’épistémologie comme discipline traitant du savoir depuis le principe de véridiction (vérité, authenticité, véracité), et la doxologie en traitant depuis le principe d’opinion. À l’obtention de l’opinion, le doute peut être sceptique (suspension du jugement au profit du dogme, c’est-à-dire par adoption de l’attitude zététique qui consiste au renoncement à chercher par soi-même) ; il peut être modéré, ou humien (garantie du savoir fondée sur la certitude des inférences de la raison, n’acceptant plus l’autorité des institutions religieuses se fondant sur des mythes et des constructions scolastiques) ; il peut encore être méthodique (en subordonnant les opinions à la recherche poursuivie de la vérité, les tenant pour provisoires tout au long de l’aventure consistant à apprendre depuis la formation progressive d’une consistance intellectuelle à propos de la nature du monde). À ce schéma peut encore être ajouté le doute freudien particulier à la psychologie. Il concerne en psychanalyse l’aspect obsessionnel des incertitudes à propos de soi, de la vie et de la survie, entrainant la peur d’entreprendre par soi-même. On explique ce défaut d’autonomie individuelle, comme étant induit par le rapport au père psychologiquement mal vécu, succédant à une séparation affective déficiente d’avec la mère. D’une manière générale, l’opinion use de règles et de principes. Principe d’exclusion répondant à la règle du tiers exclu ; principe de complémentation répondant aux règles de la sémasynthèse soumises au tiers inclus ; principe d’analogie, de la procédure algorithmique des différents cas aspectés ; principe d’échelonnage depuis des règles d’importance (classement hiérarchique des événements, des choses et des êtres); et encore le principe de pertinence, ainsi que celui d’opportunité. Par ailleurs, on use de différentes sortes de propositions : l’apophantique, du grec apophantikos, désignant cela qui fait apparaitre, et qui distingue les formes affirmative ou négative, nécessaire et contingente (exemple : la déclaration «l’Univers est immense» est apophantique en faisant apparaitre l’image d’une immensité au contenu de
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l’Univers) ; l’assertorique (latin assertio : action d’affirmer) est une proposition communiquant de fait une conclusion d’expérience et pouvant être plus ou moins possible ou contingente ; l’apodictique (grec apodeiktikos : qui prouve) est la proposition avancée pour être nécessairement vraie par logique. On en use depuis l’induction ou la déduction dans la démonstration, mais pas comme preuve d’expérience. Ces propositions conduisent à plusieurs formes dans l’expression. Il peut s’agir de l’axiome (grec axiôma : ce qui parait valoriellement juste) : proposition indémontrée tenue pour vraie par évidence du travail de la seule raison. Exemple : le tout est plus contenant que la partie. Où du postulat (latin postulare : demander) : proposition intermédiaire dans le raisonnement qu’on demande d’admettre sans démonstration à permettre la suite du communiqué. Et encore de théorèmes : (pas de singulier) ce qui découle d’un axiome ou d’un postulat. Les prémisses au sujet traité depuis la suite : prémisses [majeure * mineure] suivies de la conclusion, ou la conséquence. La théorie : assemblage mental abstrait s’appliquant à l’examen de l’expérience du monde (champ de l’apostériorique), ainsi que la théorétie: assemblage mental, également abstrait, mais concernant ce qui ne peut être par nature fondé sur l’expérience, ou qui antécède cette possibilité ultérieure (champ de l’apriorique). Le projet : construction mentale en tant qu’assemblage des éléments d’action susceptibles de conduire à une réalisation. La dénotation : concept, en référence objective, attaché à la totalité des éléments inclus dans le mentalement assemblé. Pour exemple, ce peut être un caractère appliqué à cela dont on parle. La connotation : concept, en référence subjective, attaché à des éléments particuliers participant de l’extériorité. Exemple : chaque humain partage avec les animaux son organisation somatique, et avec le divin, son libre arbitre relevant de sa personnalité. L’univoque : à nommer qu’une seule chose de manière déterminée est à l’opposé de ce qui est équivoque (ambigüité) : plusieurs sens pouvant convenir dans le contexte du dit. L’analogique : comme si…, pour évoquer un cas d’espèce apparentable. Toutes ces dispositions ont évidemment une importante conséquence pour le raisonnement. Elle est que dans la disposition épistémique établie selon des conditions, on articule une relation temporelle, ou spatiale depuis la forme : si [… (protase) …], alors [… (apodose) …]. Or on doit tenir une telle disposition pour incomplète étant prise en elle-même (Cf. asorité). En sorte qu’il faut, en situation, la considérer liée à sa complémentaire
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ensembliste contenant ce qui existe d’inactualisable, c’est-à-dire ce qui existe tout autant, mais en étant intemporalisable et non spatialisable. En pratique, il s’agit du formalisme inversant comme dans un miroir celui de la proposition. Syllogisme : discours dans lequel certaines choses étant posées, quelque chose d’autre apparait à la raison. Dans sa forme didactique, il s’agit de trois termes posés entre eux dans un rapport tel que le mineur soit contenu dans le moyen et le moyen contenu dans le majeur. Exemple : si l’oiseau n’est pas mammifère (B\C), et si le rossignol est un oiseau (AB), alors le rossignol n’est pas un mammifère (CA\C). Dichotomie : opération mentale consistant à discriminer les contradictoires contenues dans un concept, donc découvrir et faire apparaitre ce qui appartient au tiers exclu. Plus particulièrement, il s’agit de faire référence à l’argument de Zénon disant que le vide ne pouvant exister, toute individuation est séparée d’une autre par une indéfinité potentielle dans le genre. Appliquée aux idées abstraites, une classification, ou division, est dite dichotomique dès lors que tout caractère distingué dans l’une des deux parties est absent de l’autre, et tel que la division, ou classification, ne laisse aucun résidu à l’extérieur. Cf. axiologique et axiogénie.
Dualisme
Voir: dyade et dualisme
Dyade et dualisme
Est dyadique l’aspect binaire consistant en l’ensemblement de deux sens complémentairement inséparables (fini /infini, relatif /absolu, droite /gauche, masculin /féminin, bien /mal). La particularité du domaine d’application logique est que la déclaration en existence d’un aspect implique celle de l’aspect complémentaire. Dans un rapport répondant à l’aléthique du nécessaire (relatif /absolu), il est évident que la considération est étrangère au processus d’actualisation et que les deux aspects du même ne sont pas alternatifs. Par contre, dès lors que les deux termes sont soumis à l’aléthique de possibilité, nous pouvons considérer que quelque chose s’actualise dans l’un ou l’autre des aspects complémentaires et en opposition, en raison de deixis particulières susceptibles de rapports environnementaux (exemple : droite /gauche). Il faut comprendre ici que les deux cas sont également existentiels, mais
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que l’un étant actualisé, l’autre ne peut l’être dans la même deixis. Ce distinguo est ignoré du monisme, en tant que depuis cette doctrine répondant à des concepts réducteurs, on fait l’amalgame entre l’existence indépendante du principe d’actualisation et ce qui est actualisable depuis des manifestations (être, avoir et faire). En sorte que son adhésion s’oppose à la théorie, dite dualiste, d’une diversification contractuelle, potentiellement indéfinie, des fon-dements de la réalité. C’est ainsi que pour le monisme physicaliste, la tangibilité du monde se réduit aux propriétés physiques. Les effets qualificateurs du domaine de la psyché, ainsi que vertuels du domaine de la spiritualité tombent dès lors sous le sens des aspects épiphénoméniques de la matérialité du monde. Le physicalisme est ainsi la doctrine de la réduction du tangible au substrat physique depuis des présupposés qui sont, dans son explication pour rendre compte du monde, tout à la fois autogénérateurs et autotransforma-tifs (la transposition moderne de l’antique concept de génération spontanée). Il s’agit d’une attitude épistémique analogiquement géocentrique. Car, même si cette doctrine ne réduit pas le principe d’évolution du réalisé, selon le physicalisme, on n’en refuse pas moins le droit à une réalité tangible — la réalité en tant qu’effectuée — à ce qui dépasse le simple usage des matériaux environnementaux servant la strate des réalités tenant à la nature humaine. L’impasse est ainsi faite sur ce qui fonde le concept de superstrat d’une manière pourtant inséparable de la substratisation complexificatrice du monde avérée d’expérience. Avec la confiance doctrinale dans la phénoménologie pour rendre compte du réel, c’est à peu près comme vouloir affirmer que seul le côté face d’une pièce de monnaie existe si c’est cette face là qui se présente aux sens. D’où l’échappatoire d’une logique sclérosée tentant d’expli-quer les progressions constantes de la nature sans quid-proprium, d’une manière aveugle et indépendamment de tout but, depuis la possibilité statistique de faire émerger le nouveau sur base des agitations d’un milieu hétérogène, tout en maintenant le concept de dégradation entropique irréversible. À noter que le monisme des mystiques conduit à une semblable exclusion depuis la doctrine rendant compte de la réalité du monde tenant à la seule volonté divine. Depuis cette disposition, rien du monde ne peut se concevoir comme relevant du fortuit, ni même advenir comme détermination interne au monde tenant l’effet produit à sa cause réalisatrice entre le voulu et l’attendu. En sorte qu’on regarde ici la
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nature comme étant créée de toutes pièces, exactement dans une abstraction à l’opposé du monisme physicaliste, sans tenir compte qu’il est toujours possible d’introduire volontairement des moyens stochastiques de réalisation. Au reste, sans ceux-ci, pas de réalisations progressives tenant à des occasions.
Dyarchique
Double gouvernement. En référence à l’image que «tout du monde comporte deux anses», en entend par ce terme depuis l’Antiquité que le gouvernement de quelque chose comme de quelqu’un n’est jamais unilatéral, absolu. S’il participe toujours d’un aspect visible, palpable, aussi d’un égal aspect à l’encontre invisible, c’est-à-dire relevant d’un agent tout aussi réel, mais caché aux sens, occulte. De cela on conçoit que, spécifiquement à notre continuum des relativités, tout gouvernement comporte une face visible et une autre cachée, en sorte que les choses sont régies en partie depuis leur exocosme, et en contrepartie depuis leur endocosme.
Dynamogénie
En cosmogonie, la dynamogénèse rend compte de la naissance, de la formation et des productions spécifiques de l’instance de réalisation performative dans le cosmos depuis une énergie primordialement ternaire, en tant que passage de l’état latent, ou potentiel, en un état intermédiaire métamorphiquement actualisé, suivi d’un processus épuisant les potentialités de devenir, d’acquérir et de faire, en sorte que toute chose potentialisée se réalise. Dans le principe de conservation généralisé appliqué au concept de ternalité à la base des constitutions métamorphiques dans la formation du contenu de l’Univers, l’énergie physique est réversible, depuis des conditions, avec les constitutions matérielles en répondant aux lois de l’entropie, tandis que l’énergie psychique l’est conditionnellement avec les mentalités qui sont mortelles, et l’énergie spirituelle, de même avec les esprits, qui sont alors comme s’ils n’avaient jamais existé (en référence à l’ex-sisté dans le monde depuis la source absolue d’existence unicitaire). Particulièrement à ces trois domaines contractuels, l’énergie s’exprime encore au travers ce qui tend à modifier les différents états réalisés des constitutions métamorphiques. C’est à concevoir qu’en raison du principe de conservation il n’y a pas génération de forces matérielles, d’efforts
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intellectuels et de luttes spirituelles. On appelle effort toute cause capable de modifier l’état de repos psychique relatif, la motilité d’une mentalité. De même des luttes inertielles et oppositives dans le domaine spirituel des esprits ne doivent pas plus être considérées advenir par génération spontanée, que les forces modifiant des rapports physiques entre les corps matériels. Autrement dit, pour présupposé, pas de qualification sans effort mental au travers un travail considérant la dépense en énergie psychique et pas de vertu sans lutte spirituelle exprimée dans un rapport semblable. Des expressions langagières montrent qu’on a déjà l’intuition d’une énergie mentale sous-jacente aux efforts d’intellection et au pouvoir d’agir sur la nature malléable des choses, ainsi que la prescience d’une énergie de l’esprit constituant l’élément original de notre volonté accompagnant des délibérations allant avec l’investissement du voulu dans notre activité qualificative. Forces, efforts et luttes représentent des capacités de modifier les états de détermination des agents spécifiques des trois domaines contractuels de réalisation progressive depuis des occasions. Leurs compositions peuvent s’annuler, autant que s’additionner dans les effets, mais ne peuvent être considérées indépendamment d’agents porteurs d’énergies potentielles et inertielles spécifiques des domaines de la transformation métamorphique sur les plans contractuels physique, psychique et spirituel de réalisation. Pour conclure, la dynamique instaure la puissance d’un travail proportionnellement à la quantité d’énergie qu’on y trouve convertie. Pour un agent quelconque vu comme système conservatif et transformateur, la somme des travaux possibles résulte de son énergie potentielle (facteur interne de pouvoir), cumulée à l’actualisation de son énergie cinétique (facteur externe de puissance).
Dysphorie
Caractère de ce qui trouble et angoisse ; sens opposé à celui d’euphorie. Euphorie et dysphorie peuvent être à l’animique ce que sont au somatique la douleur et le plaisir, c’est-à-dire ainsi qu’une fonction adjuvante.
Eccéité
Du latin ecceitas (voici, voilà) : terme qui désigne ce qui fait qu’un être se distingue de tout autre comme présence particulière,
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relativement à un moment et en un certain lieu. Par conséquent, marque le rapport d’être à sa deixis. Tandis que l’haeccéité distin-gue, plus particulièrement, la faculté d’exister étant individué selon des caractères propres. Relativement à ces dispositions, voir aussi aséité, héraclitéisme et ontologie.
Éclectisme
Le terme, en venant du mot grec faisant référence à la liberté de choisir, désigne en philosophie la libre composition synergique des représentations mentales appuyant des conceptions novatrices sur des formants qui consistent à concilier le meilleur des différents systèmes d’opinion qui sont en eux-mêmes sclérosés, trop étroits et exclusifs pour s’ouvrir à ce qui en diffère de figé, pour cause de clôture doctrinale tenant aux idées reçues.
Ectosémantique
Voir: aphanisémie
Ectypal
Dans le sens qu’en donne BERKELEY, représente le résultat des activités réflective, réflexive, et réfléchie, convertissant des existants archétypaux en des types spécifiques de la transformation métamorphique dans l’encours performatif de l’univers. Donc les choses individuées caractérisées par l’impermanence d’une instance contingente du devenir, associant la condition d’être aux conditions de non-être, et d’acquérir entre avoir et non-avoir, dans la relativisa-tion du faire. Cette activité réflective, réflexive et réfléchie trouve sa réminiscence chez l’humain avec la faculté, accompagnée de volition, de projeter et d’imaginer. Tandis que son produit repré-sente le contenu métamorphique de l’encours réalisateur qui antécède l’accompli. Voir aussi archétypal et asorite.
Éduction
Du latin signifiant l’action de conduire hors. En logique, inférence immédiate. En science, référence au concept péripatéticien de cause efficiente, vu en opposition ou à compléter celui tenant à la cause physiquement identifiée.
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Effects
Voir: affects
Efférent /afférent
Pour l’afférent, action centripète de transmission (de l’extérieur vers l’intérieur) et plus particulièrement ce qui fait référence au propos soulevé dans le texte par l’expression évoquant ce qui conduit à cela que l’on considère en pensée. Action centrifuge pour l’efférent (du centre vers la périphérie), ou ce qui porte hors le considéré dans l’idée.
Égomisme
Désigne l’égoïsme collectif. En pratique, il s’agit de la sublimation de l’égocentricité du moi sous forme d’un altruisme limité à la prospérité d’une communauté d’appartenance, au détriment de l’épanouissement collatéral ou apparenté à d’autres groupements. Cela va de soi, il s’agit de l’artifice par lequel on déplace des pulsions narcissiques irrésolues sur les collectivités auxquelles on s’identifie depuis des stéréotypes : la supériorité d’être américain, catholique, de droite ou de gauche, d’appartenir à tel milieu social… Depuis semblable identification du moi projetée sur une collectivité mobilisée autour d’une idéologie particulière, l’individu peut aller jusqu’au sacrifice, dans une solidarité des membres autour d’une idée et la volonté de nuire à ce qui, croissant de façon parallèle étant différent, ne profite pas au groupe d’appartenance.
Eidétique
Du grec : (forme, essence). À l’origine de l’usage du terme, une disposition à voir dans l’imaginaire en projetant l’imaginé sans nécessité de s’appuyer sur le réel. De manière dérivée, aussi, avec E. HUSSERL, ce qui concerne l’essence des choses, en opposition à leur représentation depuis l’expérience. Son objet est l’eidos : l’ensemblement des représentations mentales. Comme discipline, l’eidétique concerne l’étude de la faculté de représentation du réel en raison de deux moyens complémentaires. D’une part des abstractions sémanalytiques qui sont à rendre compte de l’épisté-miquement formé depuis l’analyse faite en considération de la substantialisation de l’individué au monde et arrivant de la com-plexification des substrats. Ce sera par exemple la représentation du
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cheval et consécutivement celle des chevaux depuis l’expérience. D’autre part, depuis une sémasynthèse se fondant sur des essences. En l’occurrence, il s’agira d’une représentation de la cabaléité, distincte de celle du cheval. Pour une meilleure compréhension de cette disposition visant à se représenter différemment la réalité par l’essence et par la substance, invoquons le rapport analogique du concept des archétypes dans leur rapport aux types. Un exemple pour éclairer immédiatement le propos : le concept géométrique de triangle parait advenir du rapprochement entre, d’une part, des déductions qui proviennent de la sensibilité confrontée à des corps (des types) nous renseignant sur des formes substantialisées, et, d’autre part, des inductions intuitives à propos de l’essentialité d’un morphisme particulier aux triangles (leur archétypalité), inductions qui seules sont à permettre le travail d’intellection dans le sens des subsumptions. En cette disposition advenant au niveau du mésocosme entre exocosme et endocosme, rappelons que le cartésianisme distingue trois sortes parmi les représentations mentales : les adventices résultant directement du senti, les factices qui sont artificielles et mentalement “fabriquées” indirectement à propos du perçu, et les représentations mentales innées qui sont à ne pouvoir provenir ni directement, ni indirectement du senti et pouvant, certes, se trouver héritées d’un inconscient collectif latent, mais aussi en rapport aux aperceptions endocosmiques.
Élément  attribut
Elenchus (), ignoratio elenchi : paralogisme par lequel on argumente, raisonne et réfute dans l’erreur, mais qui prouve autre chose que ce qu’on vise. Par exemple, croire qu’on réfute le déter-minisme, alors qu’on réfute le fatalisme.
Émergence
Dans les conceptions sur l’Univers ne faisant pas l’amalgame entre processus de transformation et celui de génération, conjoint au fait que l’existence de quelque chose ne saurait sans falsification des sémanticités dont on use provenir d’une antériorité néantaire, on présuppose que ce qui advient dans le continuum des pluralisations quasi indéfinies d’être, d’avoir et de faire émane existentiellement du continuum complémentairement unicitaire d’existence de l’Un. Dans cette disposition, on distingue bien le processus d’émergence
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d’une chose ou d’un être par son semblable,13 tel que la première à apparaitre puisse être génératrice de la seconde, d’une façon qui ne doit rien au processus de transformation de cause à effet, mais qui se surimpose à lui. Ce concept phanicitaire métaphysique arrive en prolongement du constat du nouveau dans un phylum. En application du principe des complémentaires dans la théorie des ensembles, toute possibilité d’existence discrète (relative, limitée et variant depuis des conditions) ne peut qu’émaner de la continuité d’une nécessaire existence absolue. Cette disposition est émise en logique dans un sens disant que si de rien, rien ne peut advenir, alors c’est à l’encontre du contraire de rien, l’in extenso, que, quelque puisse être la grandeur qu’on retire ou qu’on ajoute à ce qui, à l’opposé de rien, est infini, n’en peut diminuer ou augmenter le contenu qui reste en soi absolu. Adhère à ce concept celui des éons.
Empirie
Élément du domaine de l’expérience du réel, dite empirique, se faisant avec le soutien conceptuel depuis la théorisation qu’on en peut faire en assortissant le raisonnement rationnel à la systématique ordonnant les concepts aux données des sens, mais dans la prérogative du perçu sur le conçu. C’est le cas de la crois-sance du savoir scientifique entre conjectures et réfutations. Le travail métascientifique s’appuyant sur la pensée spéculative est alors complémentaire.
Empsychose
Union de l’âme et du corps.
Empyrée
Dans l’antique culture grecque, représente le monde supra-matériel des êtres. Il se caractérise en ce qu’on y échappe aux accidents du temps, mais simultanément à la possibilité des métamorphoses internes. Il est possible d’en devenir citoyen depuis le passage sur Terre par la catachorèse — ce temps performatif fait du labeur dans les nécessités de la vie poursuivie entre ascendants
13. Par exemple la dissémination de l’existence in extenso en des existants limités et non pas depuis l’anexistence.
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et descendants, ainsi que les obligations sociales consistant, pour une sorte, au remboursement tenant au crédit reçu en coïncidence au degré de civilisation rencontré — et des anachorèses : ces moments et périodes de la vie par lesquels on se remet en cause, pouvant advenir spontanément, mais le plus souvent du fait de vicissitudes, et qui aiguillent l’âme à se nourrir également spirituellement, c’est-à-dire pas seulement de l’expérience du vécu, jusqu’à entrainer des métamorphies intérieures résultant de la fréquentation endocosmique du divin.
Énantiomorphe
Du grec enantios (contraire), et morphê (forme). On use du terme pour désigner ce qui est constitué de parties identiques mais inversées par rapport à un axe, ou un plan de symétrie formé ainsi que dans un miroir.
Encratique
(egkratês, maitre de soi) désigne l’émancipation advenant par soi dans la maitrise et l’agencement des éléments de sa propre intériorité. Elle devrait être au mieux parallèle à celle qu’on acquiert dans la maitrise du monde extérieur en vue d’une émancipation par rapport au milieu.  empyrée.
Endocosme
En science, on considère uniquement le domaine des réalités exocosmiques, pour cause d’inférences intellectuelles restreintes aux seules extraceptions d’une interface biologique au monde extérieur. Elle n’autorise que les conceptions à propos des événements environnementaux depuis des propriétés matérielles. La métascience advient de ce qu’on relie ce que l’on considère en science, à un domaine complémentaire de réalité se posant étant également tangible depuis des effets spécifiques. Depuis le processus introceptif passant pareillement par une interface, celle qui est suprabiologique et spécialisée dans l’aperception des valeurs d’action, il s’agit de découvrir un environnement intérieur. On rend compte de cette façon que des effets valoriels sont tout autant réels que des effets propriatifs, et que sont conséquemment également tangibles les aperceptions depuis une interface surconscientielle à l’esprit. L’exocosme représente le domaine des objectivations.
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L’objectivé en tant que position prise dans un rapport apostériorique aux objets du questionnement “QUOI”, quand l’endocosme, représente le domaine des suggestivations posées aprioriquement à propos des potentialités de réalisation, depuis les réponses données pour transcender le “QUI” du sujet qui interroge. Car du contact au semblable, nous ne faisons référence qu’à l’alter ego du milieu mésocosmique reposant sur des subjections, en tant que ce domaine concerne la position prise par relation synergique du sujet actualisateur auprès d’autres agents qualificationnels, en rapport au questionnement médian “COMMENT /POURQUOI”. En ce que la relation d’être, en advenant entre exocosme et endocosme, diffère de celle qui se fonde sur l’acquis (prédicat d’avoir) — le réalisé entre le substraté au microcosme et sa superstratification concomitante au macrocosme —, la logique multi-ordinale est à nous renseigner sur la disposition topologique particulière aux domaines d’être entre endocosme et exocosme, dans le sens où il ne faut pas considérer l’endocosme comme une intériorité relevant de l’espace à trois dimensions spécifique de l’exocosme.
Endo-exocosmique
Comme axe d’inférence implicative entre un endocosme spirituel et un exocosme matériel.
Endogène
Qui prend naissance à l’intérieur de l’organisé, ou qui reçoit sa détermination depuis au moins une cause interne ne devant rien au manifesté à l’extérieur. Par le moyen des déterminations internes, l’endophanicité marque l’apparition phénoménique intérieure du nouveau.
Endosémantique
Voir: aphanisémie
Énergétique
Le concept d’énergie rend compte d’une capacité dynamique dont le produit est l’activité pure, en tant qu’il ni a pas lieu d’y conférer un résultat propriatif, qualificatif et vertuel autrement que nul. De cela, la dynamique est en soi cause d’effets s’exprimant en forces physiques, efforts psychiques et luttes spirituelles, mais sans
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conversion matérielle, mentale et d’esprit, bien qu’on en considère les lois depuis l’expérience qu’on acquiert au travers des transformations qui, elles, sont susceptibles d’attributions. Elles sont susceptibles d’attributions en ce que le travail résultant peut correspondre aux investissements de quantités d’énergies en des transformations métamorphiques. Avec la dynamique, on considère l’interface active entre une statique et une cinématique : la cinématique étant essentiellement constituée des travaux libres de résistances, d’inerties, de gravités et de répulsions. La dynamique est corrélativement spécifique des êtres et des choses de l’instance performative, en ce que l’être finalitaire est susceptible d’avoir la compétence d’animer et faire se mouvoir les choses sans entrave (cinématique pure). Quand par l’énergie on fait référence à l’entropie dans une ergétique générale, s’impose à la raison l’aspect complémentaire contre-entropique, comme contrepartie du travail dont résulte une augmentation d’ordre. VIRGILE (Énéide VI, 727) écrivit que c’est une pensée cosmique qui meut les métamorphies de la matière. La pensée humaine est de cette disposition, dans un mode déprimé, également acteur cognitif, mais non pas de choses nouvelles. Elle l’est à pouvoir renouveler de nouvelles expressions du même. Cette disposition entend que l’esprit, lui, a la faculté de former des réalités surimposant même à l’énergie. Cf. entéléchie.
Ennéades
Voir: hénades
Énoncement
Encours de l’acte d’énoncer par lequel on exprime le sens de ce qu’on a à communiquer et dont le résultat représente l’énoncé.
Ensemblement
Qui a trait à la théorie des ensembles, comme résultat de l’action de réunir des parties apparentables.
Entéléchie
Du grec entelekheia, énergie proactive spécifique de l’esprit, qu’on distingue de l’énergie réactive propre aux formations matérielles. L’entéléchie a pour effet de tirer les individuations métamor-phiques vers leur état d’achèvement et de complétude marquant
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l’épuisement en elles du potentialisé. C’est en fait l’aspect à compléter la dynamique qu’on pose d’une façon autonome depuis le concept des choses résultant fortuitement de cause à effet depuis le hasard des collisions. L’entéléchie se justifie de ce que le regard physicaliste occulte le fait que les dépenses d’énergie physiques en des travaux entre individuations matérielles intéressent strictement la seule motricité. Les changements dont les vecteurs sont suscep-tibles d’organisation apparaissant autres que ce qui advient des seules impulsions réactives. L’expérience montre que la structure d’un tel milieu livré à lui-même n’a pas la capacité de changer son niveau d’organisation. Déjà pour ARISTOTE, l’acte réalisateur est à produire de l’être dans le non-être. L’état de non-être existant comme réceptacle de l’action, ne peut agir par lui-même, aussi importante que soit son énergie interne, en référence au seul mou-vement. Cette disposition est à considérer que l’activité de tout agent actualise le potentialisé pour cause de ce que l’antactant, hors l’instance performative, est tout à la fois source d’acte et le pouvoir d’agir sur un état en puissance. Ceci étant avancé dans le même sens que l’actorialité de l’acteur, en actualisant un rôle, sous-entend un auteur dont la preuve d’existence est faite indépendam-ment de la manifestation actorielle des acteurs. Bien que cela ne soit pas réalisé, il devrait être possible de poser rationnellement la relation définissant la progression vers son achèvement depuis le rapport entre le pouvoir entéléchique à l’endocosme du potentialisé et la puissance à l’exocosme tenant à l’état métamorphique du réalisé.
Entendement
Tout comme une énergie cinétique peut être acquise à un corps matériel depuis sa transmission d’un autre, par définition, l’entendement communique aux mentalités des connaissances déjà acquises à d’autres. L’entendement du communiqué dans le domaine intellectif, qu’il soit introceptif ou extraceptif, participe d’une économie. Depuis le raisonnement, un surcroit de savoir découle d’un certain travail intellectuel dépensé (conversion d’une quantité d’énergie psychique dans le mentalisé, que minore un coefficient d’efficacité du raisonnement). Un surcroit de connaissance commu-niqué par entendement n’implique pas ce travail, mais une tension, ou intensivité conscientielle à la permettre. Il faut donc bien considérer avec le principe de transmission un rapport distinct du parcours réalisateur depuis l’investissement d’une quantité d’énergie
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psychique, dès lors qu’il ne s’agit pas de science infuse, ou sa génération spontanée. Des cas d’observation valident ce concept. Si les découvertes simultanées peuvent s’expliquer par un état des connaissances à les permettre, à l’encontre, la connaissance des plantes médicinales par les aborigènes apparait comme innée, ne reposant sur aucune expérimentation entreprise au sens scientifique du terme, ni sur un quelconque travail d’intellection.
Enthymie
Voir: thymique
Entité
Voir: individuation
Entropie
Dans un sens plus universel qu’en physique, on désigne avec ce terme un mouvement de contrariété propre à la maintenance des choses passant par des instances individualisatrices de réalisation. L’aspect phanicitaire de quelque chose est supposé advenir d’activités caractérisatrices distinguant la chose considérée de son altérité. Cela suppose un processus d’opposition aux caractères contradictoires qui appartiennent à l’altérité de la chose en cours de singularisation. Avec le mouvement contratfactuel, com-plémentaire du premier, on suppose que ce qui accompagne la synergie entre un certain nombre d’individuations exprime un surcroit de réalité manifestable dans la strate qui suit directement au macrocosme. Dans cette disposition, on considère un effet contre-entropique (ou encore néguentropique, selon l’origine anglaise du terme). L’effet entropique, étant assimilé aux dégradations d’états préalablement organisés, advient depuis des mouvements contra-dictoires. D’où l’on conçoit l’effet néguentropique depuis la dispo-sition complémentaire d’intégration. Cet effet coïncide à l’acquisi-tion d’un surcroit de réalité advenant au plan macrocosmique de la strate dans laquelle l’individué agit synergiquement à d’autres. Notons qu’on invoque parfois la double négation des termes de néguentropie et de contre-entropie, en ce sens que la tropie (tourner ensemble) se pose en référence au mouvement d’ensemble ordonné de l’élémentarisé. Telle qu’elle nous apparait depuis son inventeur, BRANDON CARTER, l’idée d’un principe anthropique se
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réfère à la compatibilité entre ce que nous apprenons de l’Univers et le fait que nous sommes nous-mêmes actualisés en lui. De cette disposition, une théorie scientifiquement formulée sans tenir compte de la nature humaine incluse dans le fonctionnement de l’Univers tient avec elle la présomption d’incohérence. Entropie et contre-entropie étant spécifiques de l’instance performative du monde, la phoronomie se distingue comme discipline traitant des lois de l’équilibre de l’individué à son environnement dans le statut complémentaire de compétence et les motilités sous-jacentes. Donc en des milieux libres d’inerties et d’oppositions de forces, à entropie nulle (tout milieu ayant payé son dû à l’instance de transformation performative entre substrat et superstrat).
Éons  émergence  étant, être
Éphémérité
Voir: temps
Épigenèse
En métaphysique, l’épigenèse concerne le concept de génération de l’individu, devant logiquement se surimposer au principe de transformation à l’intérieur des espèces depuis l’héritage génétique à permettre l’organisation somatique. L’épigenèse se pose ici en référence à la naissance de l’individu depuis l’esprit, en tant que préexistant en germe comme étant unique pour son générateur spirituel : le substrat biologique ne faisant que sustenter métamorphiquement sa vie, c’est le divin habitant dans l’endocosme qui dispose des archétypes intemporels et non spatialisables du devenant. L’épigenèse fait encore référence au sens étymologique de faire naitre, mais dans la matrice du monde, formatrice depuis l’expérience d’exister à son altérité. Cet environnement individué permettant à terme l’être issu du devenir depuis sa formation en essence est alors semblable au liquide amniotique dans lequel baigne le foetus pour sa formation en substance. En référence à la strate métamorphique de réalisation biologique du vivant, il semble qu’on ne puisse prévoir que quatre vecteurs : naissance, croissance, sclérose et corruption, puis mort ou destruction. Par exemple, certains des éléments de la nature humaine répondent au processus de sénescence, en raison qu’ils reposent sur l’agencement de subs-
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trats pris dans l’environnement. Mais il peut apparaitre tout aussi évident que, de la naissance à la mort, une expérience personnali-sée, biologiquement intransmissible, à la manière des traits hérédi-taires, est progressivement formée. Or, sans la continuité d’une survie, cette personnalité le serait en pure perte. C’est précisément ce que peut discriminer l’épigenèse de l’épigénèse. L’épigénétique fait alors référence à ce que le développement embryonnaire consiste en une prolifération organisée de cellules reproduisant, de manière accélérée, l’ensemble des séquences marquant l’évolution morphologique vécue dans l’espèce depuis une succession ininter-rompue de géniteurs. Il s’agit donc ici, en référence à l’hérité par l’individu, de son moyen de devenir par expérience à son altérité, quand son existence personnelle est fin et passe, elle, par le processus des métempsychoses. Depuis l’épigénèse, l’individu reprend à son compte, en phase embryonnaire, la longue suite des développements somatiques réalisés dans la lignée parentale, quand l’épigenèse concerne la formation subséquente de la psyché passant par un acquis personnel d’expérience. À ce concept d’épi-genèse adhère celui d’épigone qu’on pose en référence à la descen-dance des héros grecs vengeant leurs parents, dans le sens que les descendants agissent au futur en lieu et place des parents (voir à ce propos la signification de l’empyrée). Épigonismes : aspects de l’individuellement acquis du fait d’une expérience propre qui, sous forme d’ébauches, forment des traits préfigurant de futurs dévelop-pements dans l’espèce. Si l’on remarque que, durant son instance performative, l’individu hérite du somatique, notion renvoyant à un acquis apostériorique, quand son domaine spirituel concerne un complément apriorique en cours d’obtention, alors des épigonies sont la marque anticipant une filiation s’instaurant dans le sens d’une ascendance spirituelle énantiomorphe (voir dissimilarité). Cette ascendance spirituelle via l’esprit advient conséquemment de manière complémentaire à la descendance somatique, dans un rapport au concept d’épiholité.
Épigone
Voir: épigenèse
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Épiholité
Désigne la production d’effets organisateurs dont la cause directe repose sur le principe d’activité individuée inclinant l’actualisation des états métamorphiques en direction d’une finalité organisée du monde. En faisant référence aux strates d’organisation entre les choses depuis des mouvements contre-entropiques soumis à des influences entéléchiques qui sont à conduire les états intermédiaires vers leur achèvement, on sous-entend leur coordination aux contractualités entre les êtres vers un même but. En sorte que l’activité épiholitique rend compte des relations de systémation, qu’on se représente symétriquement entre: 1) le processus générateur de dissémination depuis l’unicité d’être un seul par absolu et advenant entre exocosme et endocosme; 2) les multiples individuations relatives d’être et d’avoir se stratifiant hiérarchiquement entre microcosme et macrocosme depuis les caractères particuliers de l’individué à son altérité.
Épiphanie
Voir: phanicité
Épiphénomène
Psychologiquement, l’activité peut être consciente, inconsciente, ainsi que concerner toute proportion du mixage entre ces deux extrêmes. Pouvant même mentalement agir et réagir sans en prendre conscience, la conscience de soi en rapport à son altérité est alors un épiphénomène ajoutant au phénoménologiquement réalisé. Tout comme les activités du cerveau sont inconscientes à permettre en son sein les fonctions mentales, l’activité mentale l’est elle-même à permettre le niveau endocosmique susceptible de fonctions morontielles préfigurant l’émergence de proactivités spirituelles plus intérieures (une intériorité dans le sens relationnel topologiquement non spatial). L’épiphénomènie, fait conséquem-ment référence aux phénomènes formateurs d’émergence depuis les activités concertées dans l’un quelconque des niveaux sous-jacents préalablement réalisés.
Épistème
Désigne l’ensemble des présuppositions formant l’état des connaissances à propos du monde, en ce qu’un tel état gère la
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qualification des acteurs d’une époque et indirectement les motiva-tions spécifiques de l’époque. Ce qu’on avance en tant que connais-sances d’un âge donné des instances civilisatrices, présente le résultat cumulé des phases d’intellection ayant antérieurement formé les mentalités. Pour présupposé, les congruités relatives d’un contenu savant évoluent en correspondance aux progressions du domaine épistémique entre des conséquences apostérioriques et les détermi-nations téléonomiques du phylum conduisant les particularités d’une collectivité donnée. Par définition, l’épistémologue prend pour objet d’étude l’activité du penseur pensant en interface au non-pensé. Mais l’épistémologie ne peut tout viser en établissant son objet dans ces limites circonscrivant les lois relevant de l’expérience progressive, en ce que l’existence aphénoménologique ne peut être le sujet que d’une connaissance dite métempirique. (Cf. noématique, psychons et métempirique). L’épistématique désigna, au début des recherches en épistémologie, plus particulièrement l’aspect idéal du purement rationnel et déductif, qu’on oppose à la pratique épistémologique induite par l’expérience — encore dite épagogique, en ce que cette expérience est soumise au jugement des arguments scientifiques (arguments réglés sur les phénomènes de la nature), ou formels (jugement aristotélicien consistant à parcourir toutes les propositions particulières avant d’adhérer au déduit).
Épistémique
Voir: doxa /épistème
Épithymêtikon
Voir: thymique
Époque
En considération du sens non temporel de sa racine grecque, le terme évoque les circonstances par lesquelles le penseur arrête son jugement, sa pensée se retrouvant dès lors laissée en suspens un certain temps étant détachée entre une succession d’épopées passées et l’attente de sa continuité au futur. L’encours de soi et des autres dans l’époque n’est de cela pas vu en référence abstractive de l’activité extérieure, mais de celle qui la donne comme arrêtée sur elle-même, dans la contemplation de l’acquis, ou l’état du devenu (le seul actualisé). C’est dans ce sens que, par extension aux
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collectivités de penseurs, l’époque se caractérise par un ensemble paradigmatique cohérent servant de repère pour évaluer la motilité interindividuelle particulière d’un âge de l’humanité au travers la progression des cultures.
Équilibre
Dans la dynamique des différents aspects contractuels de la réalisation performative du réalisable, l’équilibre marque toute résultante nulle agissant sur l’individué dans son environnement : forces sur les corps matériels, ou leurs systèmes (métamorphies physiques), efforts agissant sur une mentalité, ou sur des collectivités de celles-ci (métamorphies psychologiques), et luttes en ce qui concerne les esprits (métamorphoses spirituelles). La statique traite des conditions d’équilibre par lesquelles le métamorphique-ment individué se retrouve immobile, dans le milieu ambiant, quand la thermodynamique traite du libre mouvement individuel distribuant, au travers des phénomènes d’échanges physiques, psychiques et spirituels, les énergies libres correspondantes. Par la thermodynamique, on postule que tout milieu métamorphiquement individué tend à revenir à l’état d’équilibre depuis des échanges et des compensations conservatoires, que ces constitutions soient physique, physiologique, psychologique, ou de composition mixte. L’état de repos de ce qui se trouve dans le milieu extérieur se distingue ainsi de ce qui relève des animations et des activités internes. Dans ce contexte, examinons ce qu’on entend par équilibre mental. Par cette expression, il arrive qu’on fasse référence aux considérations d’une “pensée unique” issue de pouvoirs extérieu-rement dominateurs se posant comme artéfact du critère de rationalité. En toute logique, l’équilibre mental devrait désigner l’état par lequel le penseur dispose de lui-même pour diriger ses opérations intellectives, c’est-à-dire d’une façon libre d’idées reçues. Ce qui ne peut advenir à se suffire, pour cause de laxisme, de prêt-à-porter intellectuel. Ces dispositions entrainent que le sentiment d’équilibre de l’individu dit sain en référence aux standards sociaux, s’applique dogmatiquement comme si la société d’appartenance était exempte de psychoses collectives. Autrement dit, à n’être pas le reflet d’un état général ressortant des individus la composant. De même du libre-arbitre : on ne peut concevoir la liberté intérieure que lorsque la volonté ne se trouve pas sollicitée par des contraintes extérieures à la conditionner. Le libre-arbitre n’arrive
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dès lors que si le choix personnel doit tout aux déterminations intérieures, même à se trouver en relation avec ce qui ressort de l’équilibre valoriel en des tiraillements extérieurs allant avec des luttes sociales. Notons que dans l’intermédiaire portant au jugement du sens commun le rapport des objets du dehors aux choses du dedans, on considère deux mouvement : celui qui est dit impresse (impressions sensibles vers l’intellect patient), et le recours de l’intellect-agent à des spécies expresses (elles sont à l’exprimer au monde). Ces dernières sont alors comme des primo-manifestations de la communication anticipant sur les possibilités du langage.
Équivoque
Voir: doxa /épistème
Eschatologie
Réflexion spéculative qui traite de l’épuisement du potentialisé dans les êtres et les choses, en vue d’une destinée postfinalitaire répondant à des desseins antérieurs aux instances de réalisation. Est eschatologique la réflexion sur les destinées du monde, des êtres et de tout un chacun, en considérant comme étant achevée l’instance performative de l’Univers.
Espèce
Voir: attribut
Espèces
Voir: attribut
Esprit
Avec ce terme, j’entends désigner l’organisation opérée sur des substrats spirituels dont le produit, en tant que structuration des valeurs personnelles, a pour effet d’orienter la volonté dans le libre-arbitre. Conséquemment, des valeurs d’action sont progressivement pour la personne le vecteur de ses activités qualificatives dont son organisation mentale est l’agent, au fur et à mesure que ces valeurs remplacent des conditionnements psychologiques innés (hérités), ou acquis (habitudes). Disposition qui place à terme l’autonomie de la personne humaine entre une animation spirituelle
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et son activité qualifiante au niveau des réalisations propriativées. Dans la considération d’une réalisation progressive de la réalité depuis des aspects contractuels de la nature, le domaine des réalités spirituelles s’oppose complémentairement à celui des réalités physiques. Tout comme les corps matériels fondés sur des substan-ces et des énergies physiques sont spatialement étendus et séparés, la réalité des esprits se fonde sur des substances et des énergies spirituelles ne pouvant s’interpénétrer depuis leurs étendues tempo-relles. L’incorporation matérielle permet la vie, et donc ce qui sent et ressent. Le somatique, au fur et à mesure du physiologiquement abouti, permet la mentalisation et donc ce qui pense. À la suite de quoi le mental, devenant psychologiquement réalisé, représente la circonstance permettant à la substance spirituelle de se former. Sur ce qui dans l’être sent, puis pense, arrive par là ce qui veut. Par pur esprit, on entend ce qui, bien que reposant sur un substrat organisé de nature spirituelle, n’est pas assujetti ni lié pour son individuation au temps d’incarnation reposant sur les seuls processus physico-chimiques. Par analogie à une réflexion ayant donné le jour à l’alchimie, l’esprit prend un sens plus général de quintessence, ou substantifique de principe essentiel. On peut dire qu’il advient de la distillation de substances immatérielles dans le temps depuis des transmutations passant par l’image de l’esprit de vin à l’esprit du bois, puis celui des animaux… La notion d’esprit s’appuie par là sur la marque d’impondérabilité : ce qui, à l’encontre du matérialisé, ne peut être pesé ni mesuré, et dont l’action, bien que déterminante, ne saurait s’apprécier ni se prévoir directement depuis l’actualisé de cause à effet. Par ailleurs, pneuma : l’air et le souffle, signifiant évoquant un élément impalpable, éthérique, est le terme par lequel les stoïciens firent référence à un principe de nature spirituelle, dont est l’esprit, qu’on distingue de la psyché par laquelle advient la conscience mentale.
Essence
Essences et substances sont données pour existentielles dans une connectique catégorielle afférente aux complexifications méta-morphiques issues d’assemblages qui sont donnés, eux, pour potentiellement indéfinis en devenir, en acquisition et en possibilités dans les formes d’être, d’avoir et de faire. Bien qu’unies et sous-jacentes aux transformations métamorphiques, substances et essences permettent ensemble l’expérience de l’existence, précisé-
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ment depuis des états et des statuts d’être, d’avoir et de faire. À l’encontre des êtres et des choses, essences et substances sont intemporelles, absolues et infinies, en sorte que leurs compositions métamorphiques sont indéfiniment actualisables en tant que com-plexions finies et relatives. L’essence se concrétise par là dans l’être, parallèlement à la concrétisation substantielle dans la chose. L’essence apparait comme le déterminant ontologique fondamental des êtres ; ce qui entraine que la vérité d’être arrive en toute indé-pendance des manifestations en des apparences extériorisées : l’apparence depuis le manifesté ne concerne que l’état distributif entre tous les êtres des attributions d’être. En raison de quoi cette proposition ? On peut montrer que si les attributs d’être sont en commun à tous les genres d’être, l’essence communiquée à un être en particulier arrive dans la mesure où il progresse en coïncidence existentielle à sa prédestination archétypale. Par analogie, ce pensé duquel le penseur prend indirectement conscience d’être penseur se forme depuis son essence propre de penseur, qui est alors surimpo-sée à la substance du pensé depuis cela qu’il manifeste. En dernier ressort, l’essence dans l’être transcende les changements dans les apparences d’être depuis des manifestations variables. Ou encore, l’essence tenant à l’être est endocosmiquement immanente, quand sa manifestation reposant sur ces essentialisations, en tant que produit métamorphiquement substantialisé, passe par le crible des accidents, des coordinations, des rencontres et des relations à l’altérité. Dans une conception du monde discriminant le processus de génération de celui de transformation des êtres et des choses depuis des aspects contractuels de la nature, force nous est faite, en effet, de nous désolidariser du concept contemporain et de tenir les constitutions métamorphiques en des essences et des substances également soumises à accident. Le concept existentialiste de l’existence n’est pas étranger à cette divergence, puisqu’il semble qu’on ne puisse entendre par son moyen la permanence sous-jacente aux diversités manifestatives d’être, d’avoir et de faire. Or, tel homme, dans chacune de ses actualisations, n’est manifestement que changement, contingente transition, alors que cela n’affecte en rien ce qui constitue l’identité qui le fait être constamment lui-même et nul autre. Notons à justifier cette position que le terme d’existence, datant des écrits du Moyen-âge pour traduire le grec , désigna l’être en ce qu’il est individualisé en essence, avant
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de rendre compte de ce qui le substantialise en tant que cela qui le fait être ce qu’il est.
Esthésie
Aptitude des organes sensoriels de donner indirectement à ressentir. Par extension sémantique, aussi le sentiment esthétique depuis l’ensemblement du senti.
Esthésistique
Discipline qui traite de la sensibilité. Esthésie : sensation ; anesthésie : insensibilité ; esthésiologie : discours sur la sensibilité ; esthésicratie : sensibilité au pouvoir ; protesthésie : première sensation ; panesthésie, polyesthésie…
Esthétique
L’esthéticité est l’une des trois composantes du mouvement valoriel dans l’expression du libre-arbitre. Si le sens du beau est marqué dans la juxtaposition harmonieuse du contraste entre, par exemple, magnificence et rusticité, clair-obscur (opposition en poésie), la laideur s’apprécie comme disparité (mélange de mauvais gout) des mêmes aspects. Ce sont en effet les mêmes cas qui peuvent être ressentis étant harmonieux, ou disharmonieux. Mais l’instant appréciatif est à recevoir plusieurs sens. Au sens de KANT, l’attirance pour l’objet de l’oeuvre transpose souvent l’admiration qu’on reporte sur l’artiste. Elle est à constituer l’envoutement tenant du magique et passant indirectement par le sentiment de ferveur envers l’auteur de la pièce qui se joue, ou directement, dans le cas du chanteur qui est adulé pour donner en spectacle son personnage. Cette façon est à mêler la valeur esthétique aux effets de la senti-mentalité. On la peut cependant distinguer, tout comme elle peut l’être du fonctionnel et de l’utilitaire, en ce que son appréciation tient également à la notion d’effet attendu, mais à promouvoir directement la motilité dans le libre-arbitre actoriel de la personne. En pratique, l’appréciation esthétique s’opère depuis un éloignement. Cette prise d’une distance entre l’oeuvre et la jouissance du sujet appréciateur se pose alors ainsi qu’un moyen terme tenant à la faculté de juger du beau. La distance à permettre d’embrasser d’un regard (tableau), la persistance de l’entendu (musique), montre bien que le beau ressort d’une harmonie dans l’ensemblement, que ne
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possèdent pas les détails. Il n’y a pas interrogation, mais attente ; pas dialogue, mais communication unilatérale, et un effet : la catharsis. La catharsis représente la marque de la purification des passions (ARISTOTE). Une purification effaçant l’empreinte du vécu inharmonieux au quotidien auquel on a pu répondre sur le moment, et qui remotive conséquemment la participation de la personne au monde des personnes. Mais le beau est-il en cela séparable du bien et du vrai ? Non, sans doute, puisque depuis l’Antiquité, le sage tient le beau comme l’une des trois coordonnées du rapport de soi à autrui, à compléter les déterminations du meilleur et du plus véritable ?
Étant, être
À suivre HEIDEGGER, maitre incontournable pour aborder ce propos, on peut montrer tout d’abord la clairvoyance du vocabulaire grec par lequel l’étant distingue l’état d’être, de l’être lui-même. Depuis d’autres langues, dont le français, c’est le parti-cipe de l’infinitif du verbe qui autorise de ne pas réduire ces deux catégories qui, s’ajoutant à la déclaration d’existence en soi, doit antécéder logiquement la manifestation de soi. On discrimine ici l’avoir dans l’étant, de l’être posé par jugement prédicatif : l’être-là en tant que distinct de tout autre. La perdominance de ce qui s’épanouit depuis ce qui est physiquement relationnel est pour HEIDEGGER le processus observable dans l’étant et tenant à la substance manifestant l’essence dans l’être. L’être même, grâce auquel l’étant est mis au jour, apparait de cela hors le latent. Notons que dans la pensée grecque  contient l’idée de commencement dans l’antécédence, que n’a pas le sens inconditionnel d’origine, donné aux événements physiques dans le langage contemporain. C’est en raison de cela qu’il échappe si aisément au penseur contemporain que c’est par-delà la physique de l’étant qu’on aperçoit l’être métaphysique, et que cette disposition est à toucher le mixte constitutif de l’étoffe de l’Univers entre essences potentialisatrices d’être et substances potentialisatrices d’avoir. Disposition renvoyant à la patence représentant les états manifestés d’être ouverts sur sa propre latence, le latent qui est donc lumière sur l’estance, dès lors que l’étant est ce qui fait l’être-là depuis ses étances qui sont à discriminer l’entia de l’esse. Quand on parle de l’être de la chose, c’est à considérer l’étant de la chose privée d’être, dans la complémentaire réciprocité de l’étant de l’être sans les choses. Bien sûr, ce langage hérité est
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encore hermétique de nos jours à pouvoir plus clairement exprimer ce dont on parle. Un exemple à pouvoir mieux saisir ce sujet. L’être-là peut être diversement perçu, puis conçu, selon qu’on est météorologue, médecin, physicien, philosophe, de conviction athée ou bien religieuse, en ce que chaque cas rapporte certains aspects qui correspondent à l’être-là de l’être en soi, par ailleurs insaisissable en référence à son unicité surdéterminant, au travers le manifesté, autant sa composition manifestée, sa consomption, que son éviction et l’interprétation qu’on en peut avoir. C’est que s’il est participatif depuis la substance l’actualisant, l’être est par présence de son essence. Depuis sa position participée, l’être est relatif, limité, variant. Mais il est également par soi et donc complémentairement invariant, non limité et par absolu (absence de critères autorisant la comparaison), d’une façon apparentée à ce que peuvent être les aspects pile et face qui sont inséparables à rendre compte d’une simple pièce de monnaie. Autre ce par quoi l’étant est, autre ce par quoi l’être existe car, pouvant être dans quelque chose, ou par quelque chose, ou être quelque chose, la déclaration d’existence dans l’être précède toute condition d’être. On peut montrer cela par le biais faisant qu’un être ne cesse pas d’exister en cessant d’être au monde, à l’exemple de l’individu conscient qui ne dépend pas de ses états de conscience pour être, car même en l’état non vigil du dormeur, il ne cesse pas d’être un être conscient par nature. Et voilà bien une preuve de son essence d’être. Si l’être ne cesse pas d’être en ne se manifestant pas dans ce en quoi il peut être, c’est qu’alors la preuve spéculative qu’il est indépendamment de ses faits d’être. Avec l’ex-sistentialité, néologisme formé sur le terme latin sistere (comparaitre et se tenir ici ou là) on montre ce qui se trouve ex-sisté depuis le continuum d’une absolue continuité, dans celui, spatiotemporel, des séparations discontinues de la subsistence d’être, d’avoir et de faire, sans passer par le processus de progression, donc complémentaire de l’existant perfectionné, en tant que parfait par constitution acquise, et conséquemment complémentaire aussi de son parcours en tant que devenant passant par son instance performative réalisatrice. Depuis la logique multi-ordinale, l’existant d’ex-sistence est alors supposé dans l’absolu sans origine existentielle, tout en ayant une origine dans le continuum des relations spatiotemporelles. Éons : sub-êtres et sub-choses ex-sistentialisés depuis le subabsolu en essence et en substance, et dont les épiphanies, ces apparitions, ou manifestations divines non
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phénoméniques, font pour la Déité ce en quoi elle se révèle et s’effuse aux mondes en devenir. Dans la littérature classique, les éons sont des individuations portant l’énergie spirituelle. Comme centre endocosmique éternel d’existence ex-sistée dans l’espace et le temps de l’Univers, l’éon est un dedans inobservable du dehors.
Étantité
Voir: étants, être
Étendue
Comme champ indéfini du délimité. L’étendue est intelligible comme caractère du limité, dans le rapport en temps et en espace, à la possibilité d’extension indéfinie sans jamais atteindre à la plénitude in extenso de l’infini et de l’éternité, inséparable de la possibilité concomitante de diminuer, rétrécir ou indéfiniment contracter, sans jamais atteindre la dimension nulle en tant que point ou instant. L’espace n’est certainement pas la marque de l’infini, en ce sens que l’infini, tout comme le point, n’ont pas de dimension possible. Un seul point, comme une indéfinité de points qui lui sont ajoutés, restent nuls en étendue. L’étendue du temps ne représente pas plus le fait de l’éternité, que celui de l’instant, qui n’a également aucune étendue. Mais un élément quelconque actuel, potentiel ou virtuel, pour être limité, donc ni nul et ni infini, alors sa dimension est relation extensive en temps et en espace à d’autres éléments, et la mesure de son étendue relative reste possible. Restant impossible sans relation, cette dimension limitante n’est cependant pas sans dimension, à l’encontre de l’infini et le point, l’instant ou l’éternité. En sorte que l’étendue existe peut-être en elle-même, mais du moins elle n’est pas mesurable, sinon dans les écarts du séparé en état de limitation: la distance en raison de différences. Mais l’expérience même de la mesure du limité, cela qui est ni nul et ni infini, fait prendre conscience de la réalité de l’étendue. Ce qui entraine peut-être que la conscience de l’étendue est inséparable de son expérience: si l’étendue du monde en raison des limites de son contenu, alors la conscience qu’on tire de l’expérience de sa réalité.
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Éthique
Dès lors qu’on traite de l’institution des lois et des règles de bonne conduite humaine, le discours s’offre à propos des vertus dans l’acte, bien que ce réquisitoire-là n’en vise pas la substance en ce que celle-ci dépend de l’éthique. L’éthique n’est qu’indirectement en rapport avec des conditionnements individuels selon des morales sociales, aussi achevées qu’elles puissent être ; même si, par facilité, souvent, les clercs des institutions conduisant les destinées sociales occultent la différence, pour se suffire des effets depuis le carcan moral moulant le libre mouvement collectif sur le bienpensant du moment à faire aisément illusion. C’est que lorsque la morale ne vise que des moyens extérieurement contraignants, l’éthique, elle, agit en ressortant de libres dispositions personnelles dans l’examen d’âme et de conscience visant une participation de soi contractuelle aux fins. Comme cette libre participation opère dans les seules limites des valeurs dont on a la clairvoyance introceptive, sa condition se pose en référence à l’anneau ayant la faculté de rendre invisible Gygès, roi de Lydie. Le cas est révélateur de la différence entre ce qui est dans la “vérité” secrète de soi et le fait de paraitre comme “mensonge” à nous manifester. Platon montra par cet intermédiaire qu’il n’y a pas plus de vertu à ne pas commettre le mal par crainte du châtiment, qu’il y en a à s’y adonner en des circonstances nous mettant à l’abri d’éventuelles sanctions. L’organisation psychospirituelle progressant sur ce substrat, il convient d’entendre que ce ne sont pas sur des artéfacts moraux de l’éthique que progresse un système de valeurs. Ces artéfacts suffisent à mouvoir artificiellement l’individu dans une direction attendue, en l’absence de dispositions matériellement contraignantes. Qu’en cesse la pression sociale, et cesse ce comportement souhaité. Aucune contrainte du monde extérieur ne semble directement cause de vrais progrès spirituels. Pour conclure, l’éthique traite de la théorie du bien faire, si la morale concerne les règles par lesquelles on agit en accord avec le consensus collectif, même si les deux sortes sont à servir une self-maitrise, distincte de la maitrise des choses du monde. Parénèse : partie de la morale exhortant à la pratique du bien.
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Euthénie
Amélioration d’une descendance depuis des modifications du milieu de vie. Eugénisme : amélioration par sélection génétique.
Exertion
Caractère de produire un effort pendant un certain temps.
Exocosme
Voir: endocosme
Expression
Voir: communication
Ex-sistentialité
Voir: étants, être
Extemporanéité
Caractère de ce qui arrive spontanément par absence de délai. Terme qu’on applique par exemple à l’absence de délai du voulu, qui diffère avec le délai jamais nul de la réalisation manufacturière. Dans l’exactitude des présupposés tenant à l’encours performatif du monde, tout se réalise avec un délai non-nul, puisque arrivant depuis des moyens limités. Le concept d’extemporanéité se réfère le plus souvent au fait que dans les mouvements de la pensée examinant des possibilités depuis une certaine durée jamais nulle, la décision apparait quant à elle instantanée. Lorsqu’il s’agit de réalisations sans délai réalisateur, on sous-entend un intervenant occulte disposant d’une puissance et d’un pouvoir tel que l’effectuation est magique, quasi miraculeuse. L’instanciation à le sens d’un rapport, non pas à l’instant, mais à l’instance. Plus particulièrement au déroulement de la pensée, l’instanciation désigne en psychologie le fait de prendre du recul, comme une distance par rapport aux choses que l’on considère.
Extensivité
Propriété appliquée à ce qui produit l’extension (action d’étendre ou de s’étendre, de porter plus loin, de reculer des limitations).
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Extéroception
On distingue ici l’instance de perception extraceptive associant des propriétés informantes sur des événements environnementaux depuis des référents sensoriels formés dans l’expérience de comparer le mémorisé des perceptions antérieures au maintenant perçu. Dans ce contexte, on oppose les intéroceptions en référence aux représentions conscientialisées d’un rapport endocosmique apparentable. Le concept d’introception à effets qualifiants pose le rapport complémentaire des effets propriatifs de l’extraception. Le monisme de la représentation physicaliste du monde se suffit de cette dernière disposition. Mais depuis un concept moins restrictif et en référence au principe de multi-ordinalité appliqué aux relations d’une organisation septuple de la nature humaine depuis les trois fondamentales contractuelles d’une réalisation de la réalité (physique, psychique, spirituelle), on considère la résultante entre l’introception valorielle venant d’une interface suggestive à des événements endocosmiques, les mésoceptions qualificatives entre agents d’une communication médiane aux domaines introceptifs et extraceptifs, et les extraceptions informant sur les états du réalisé. Il semble que les événements de la conscience à l’intersection d’un endocosme, d’un mésocosme et d’un exocosme, ont des temps respectifs qui sont spécifiques de ces continuums. Nous n’évoquerons uniquement que les mieux reconnus avec l’appréhendement des événements exocosmiques depuis : 1) ce qui est présenté aux sens en tant qu’affects purement physiques ; 2) ce qui est représenté comme mise en forme neurophysiologique et qui informe la conscience vigile sur les faits de l’environnement ; 3) le re-présenté à la conscience depuis le travail mental de sémiotisation à rendre signifiantes les informations. Cela dit, c’est avec la gestalt, qui désigne le processus d’entendement par lequel les parties et les développements partiels dépendent d’une primo vision du tout vu comme unité insécable, que la psychologie aborde l’aspect séquentiel de la contrepartie intéroceptive. Depuis ces dispositions, il semble qu’on puisse soutenir qu’une subconscience apparait réagir passivement, si la conscience est moteur de ce par lequel on agit. Comme tel, le subconscient reçoit beaucoup plus d’informations, mais à ne pas faire l’objet du donné à juger depuis l’étroit faisceau de la conscience vigile.
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Extraception
Voir: extéroception
Extranéité
Marque la condition de ce qui est étranger, dans le sens qui désigne celui qui est hors son pays, ou cela qui est porté ou vu hors son contexte.
Extratensif
L’opposé de l’introtensif. On considèrera dans ce rapport l’opposition tensorielle entre intensions et extensions sur l’axe des extensivités en expansion extraceptive à l’exocosme, en rapport aux concrétions organisatrices et intégratives dans l’endocosme depuis l’aspect intensif opposé. C’est en psychologie ce qui distingue les écarts entre introvertis et extravertis.
Factice (idée)
Voir: eidétique
Factitivité
L’une des modalités du prédicat d’action se définissant comme un faire-faire (être et avoir), qui est donc l’expression du faire indirect. De cette disposition, les prédicats sont identiques entre le faire direct et le faire indirect, mais les sujets dans l’application sont différents (l’un des sujets fait en sorte que l’autre réalise ce qui est considéré dans l’acte). Cf. activilogie.
Faculté
En deux mots, la faculté (pouvoir) et la capacité (puissance) décident de l’aptitude (disposition).
Finalisme
Il s’agit du perfectionnement indépassable des parties dans le tout, comme condition nécessaire de ne pas pouvoir ne pas se réaliser ici ou là dans l’espace, à ce moment ou à cet autre sur l’axe temporel d’actualisation. Selon cette disposition requérant une suite ininterrompue de conditions intermédiaires s’instaurant comme l’ensemble des possibilités circonstancielles, le conditionnement
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appliqué au processus de réalisation de l’Univers dépend d’un continuum intemporel depuis lequel la finalisation du monde se pose étant inconditionnellement existante (modalité aléthique de nécessité : ne pas pouvoir ne pas exister).
Fluence
De fluer, se définit par la déformation fluide de tous les matériaux, inévitable en considération du facteur temps, dès lors que les structures sont soumises à des tensions. Le substrat n’a pas nécessité d’être mou. Les ingénieurs connaissent bien le fluage arrivant même pour le verre et l’acier depuis des contraintes minimes prolongées dans le temps. En psychologie, on évoque le rapport d’une loi semblable des déformations depuis des contraintes extérieures, en ce que la structuration des mentalités apparait semblablement malléable à des conditionnements, proportionnel-lement aux durées et intensités des pressions doctrinales. L’influence est différente en ce que, par opposition, et même à être temporalisée en regard du processus de transformation progressive, elle agit quasi instantanément.
Fortuité
Caractère de ce qui arrive du fait de rencontres selon le simple hasard. Cette formulation est certainement à mettre tout le monde d’accord du fait de la possibilité qu’on a chacun de faire des rencontres répondant à notre volonté. Par contre, dès lors que le débat de la responsabilité du hasard porte sur les événements du monde, il est évident que selon qu’on a une configuration mentale “géocentrique”, “héliocentrique”, ou théocentrique, les opinions vont diverger, des oeillères spécifiques de l’ainsi regardé débouchant sur d’incontournables vérités propres à chacun. En raison de quoi cette disposition? Parce qu’il apparait évident que nos représentations sont pragmatiquement axées sur des préoccupations inscrites dans les limites de nos participations du monde. Aussi, désirant accorder un égal droit d’existence au vu dans les limites du regardé depuis ces oeillères, occupons-nous d’en diminuer les “aberrations” (elles sont dues aux positions relatives de tels observateurs), et tentons d’aborder d’une façon non exclusive le résultat de la fortuité en tant qu’accident, en la considérant, comme pour nous-mêmes, dans son rapport à ce qui advient étant voulu, donc en prenant en compte
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aussi une surnature advenant depuis le quid proprium de l’avènement cosmique. En référence à l’instance de réalisation performative de l’Univers, convenons de prendre en compte autant ce qui résulte de l’accident à l’environnement, ou qui arrive dans le devenir et les acquisitions comme effet non attendu, que l’effet attendu ayant pour cause le voulu. Disposition prise dans le respect des règles de la logique en usage, en ce qu’on reconnait que ce qu’entreprend le sujet humain n’est pas toujours dû au seul hasard des circonstances le conditionnant. Par exemple, le produit résultant d’une expérience provoquée en laboratoire du fait de l’homme pour cause de curiosité, ne saurait démontrer l’oeuvre du hasard. Or, étant entendu que ce n’est que dogmatiquement qu’il est possible d’abstraire la nature humaine de celle de l’Univers, la conséquence en est que la réalisation performative de son contenu métamorphique implique le concept de finalité. S’il y a un préjugé durable, c’est bien celui de la responsabilité du hasard dans la formation du contenu cosmique. Certes, le hasard apparait bien impliqué dans le processus, mais vis-à-vis des erreurs, des fautes, des mutations accidentelles et stériles, et non pas pour ce qui est de sa progression. Par exemple, non pas dans la duplication de l’ADN, mais à l’encontre, dans les erreurs, les accidents à celle-ci (non des moindres parmi les biologistes ont l’honnêteté intellectuelle de le reconnaitre, bien que ce soit comme francs-tireurs). Mais le concept revendiqué par tout technoscientifique pensant dans l’orthodoxie utilitariste des institutions desquelles il tire ses subsides dans une concurrence idéologique avec le domaine du religieux grevé de superstitions tenant au présupposé contraire est précisément de croire que la progression de la réalité, processus positif, est l’effet de l’indéfinie continuité d’erreur de copie en erreur de copie. C’est ni plus ni moins l’adaptation orientée du principe de dégradation entropique — les réactions non orientées de cause à effet selon le hasard —, dans le but d’ignorer sa contrepartie : une progression voulue du monde en raison d’occasions. Depuis le principe d’entropie, on ne peut prévoir qu’une perte en organisation, pas un gain. Ou du moins un gain en organisation dû au seul hasard reste en théorie possible depuis le calcul des probabilités, mais à la condition d’être indéfiniment reconduit dans sa possibilité d’actualisation.14 C’est que, arrivant de cause à effet, le temps qu’il
14. Voir l’équation de BOLTZMANN sur l’entropie qui prévoit le phénomène de
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faut attendre entre deux violations successives de la loi sur l’entropie rend son observation impossible. On se trouve donc devant un cas par lequel la conception d’un événement est possible tout en étant expérimentalement indéfiniment improbable. Peut-on fonder le concept d’évolution sur une telle axiologie ne retenant qu’un sens — la dégradation irréversible de l’état du préalablement formé —, du fait que l’expérience montre que le réel se fonde sur le processus de complexification progressive ? D’évidence, un seul aspect du manifesté aux sens ne peut être abstrait : il faut les deux à bien concevoir le propos. Rappelons qu’historiquement PLATON distingua jadis ce qui est causé au monde depuis l’action indirecte de la pensée, de ce qui l’est par accident en raison du hasard des circonstances, et ARISTOTE aménagea pour la même raison des discriminants entre la cause matérielle et la cause efficiente. Ce n’est historiquement qu’en vue de faciliter l’avènement scientifique depuis son émancipation des autorités religieuses, on évacua ces discriminants actantiels, jusqu’à ignorer la factitivité, pour ne plus considérer que l’activité réactive. Pour ignorer la cause efficiente dans l’observation réduite aux propriétés du monde, HUME écrivit : «Comme observateur, nous voyons bien des successions de cause à effet, mais jamais de causation». Bien évidemment ce n’est qu’en ne faisant pas abstraction de la nature de l’observateur que, par relation réflexive à nous-mêmes, ou transitive, par rapport à d’autres que nous, il devient logique d’introduire en cosmogonie l’activité qualificative susceptible de fonder le processus du monde d’une façon qui soit reliée au concept de sa finalité. Il semble que, sauf obédience doctrinale, la seule responsabilité d’une série temporelle-ment illimitée d’agitations arbitraires ne peut être qu’étrangère
réversibilité thermodynamique (il fut critiqué à cause de cet aspect paradoxal étant assorti à la croyance moderne de l’autogénération du monde de cause à effet). En référence à la théorie, rappelons de nouveau les termes du débat. On imagine d’introduire dans un demi-volume confiné une quantité de gaz en équilibre pour une certaine température et une certaine pression. On libère ensuite le passage donnant accès à l’autre moitié du volume de confinement. Il est bien connu que le gaz occupe dès lors tout le volume à disposition, de manière spontanément irréversible. Or POINCARÉ montra sur la base de la réversibilité mécanique, et BOLTZMANN le démontra sur la base de la thermodynamique, que le gaz devait retrouver son état initial au terme d’un délai perpétuellement reconduit. Ce qui entraine que le laps de temps nécessaire pour cela reste incommensurablement plus important que l’âge qu’on attribue à la formation de l’Univers.
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aux événements spécifiques de la transformation métamorphique du contenu de l’Univers.
Genre
Voir: attribut
Géocentrisme épistémique
Si l’anthropocentrisme consista jadis dans la projection de notre propre image sur la représentation des dieux, ensuite sur le cosmos vu ainsi qu’un corps immense, le géocentrisme épistémique contemporain en diffère, puisqu’on l’institue en science depuis le subterfuge consistant à regarder la nature humaine ainsi qu’une exception remarquable, jusqu’à la considérer isolée : cela autour duquel tourne toute réalité cosmiquement subalterne. Depuis cette locution de géocentrisme épistémique, on évoque la conformation intellectuelle vraiment apparentable à ce qui fit en astronomie le débat sur le géocentrisme. Nous recentrons de nos jours la réalité du contenu environnemental sur ce qui substrate matériellement la vie, réduisant par là le cosmos à son contenu matériel, afin de préserver l’image de la nature humaine arrivée au sommet de la vie sur Terre ainsi qu’une inexplicable exception, le nombril de la réalité. Notons que ce qui caractérise en cela le vécu paradigmatique de chaque époque est d’assortir des croyances comme étant représentatives de vérités incontournables. Avec l’avènement des sciences, ce n’est ainsi plus l’Univers qui tourne autour de la Terre, mais ce n’en est pas moins encore sa réalité qui se trouve réduite aux seules propriétés physiques qui substratent la nature humaine — toute qualification psychique et toute vertu spirituelle se trouvent occultées du fonctionnement cosmique. L’idée d’objectivité contemporaine, de rationalité, de positivisme, ne fait que confiner l’épistème scientifique dans la logique du politiquement correct, spécifique de notre époque, depuis des oeillères qui consistent à se suffire de reconnaitre l’existence des seules réalités susceptibles de servir de matériaux aux ambitions humaines. En l’état actuel, la question que nous pouvons nous poser est celle-ci : l’acception institutionnelle d’un “héliocentrisme épistémique”, est-elle possible sans passer par l’adoption d’une
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attitude intermédiaire.15 C’est que, de façon imagée, elle pourrait consister dans la transposition épistémique de la configuration astronomique adoptée par le plus célèbre des astronomes de la branche des Brahé. En effet, TYCHO BRAHÉ résolut les contra-dictions du 16e siècle en faisant bien tourner les planètes autour du Soleil, mais le Soleil lui-même restant à tourner autour de la Terre… tant l’inconvenance était grande encore à cette époque de la déchoir d’une place royale au centre de l’Univers. Cf. perspectivisme + anthropocentrisme.
Gestalt
Voir: extéroception
Gignose
Voir: gnose.
Gnose
Ensemble des concepts logico-spéculatifs sur l’Univers qui sont induits par le jugement au sens de cohérence globale. Il s’agit d’une forme de connaissance synthétisatrice, venant conséquemment à la suite ou en complément du savoir analytique reposant sur l’expé-rience. L’ensemble formant une structure délimitable est distincte de la notion de complémentaire ensembliste, en ce qu’on le sépare par là, même à généraliser, de tout aspect holistique. Aussi la gignose désigne le champ du connaissable depuis ce moyen. Souvenons-nous des distinctions d’ARISTOTE avec aisthèsis (le senti), mnémé (le mémorisé), empeiria (l’expérimenté), l’épistèmè (les méthodes, théories et théoréties de l’intellection), enfin l’éidé (le travail des idées). Si agnosia représente dans ce contexte cette absence de vue intérieure, la gnosis désigne l’ensemble des connaissances fondées sur des apriorités, dans un rapport parallèle à l’épistème vu comme ensemble du savoir se construisant sur des apostériorités : le champ de l’expérimentable. À tout moment du processus, l’état des connaissances acquises résulte du rapport entre le savoir apostériorique, et l’entendement des apriorités gnostiques. On fait traditionnellement de la gnoséologie l’étude critique des
15. C’est-à-dire autrement que venant de “francs-tireurs” susceptibles de penser par eux-mêmes.
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connaissances aprioriques. Plus récemment, cette discipline désigna l’évolution des théories de l’interprétation tenant à la prise de conscience de la relativité des meilleures conceptions à propos du monde (perspectivisme généralisé) ; l’étymologie grecque du terme faisant référence à l’acte d’expliquer, d’amener à la compréhension, de traduire. Aux côtés de l’épistémologie et de la gnoséologie, comme études critiques des savoirs apostérioriques et des apriorités gnostiques, il faut encore distinguer l’herméneutique, en tant que l’art d’interpréter les textes révélés, d’origine sacrée ou profane. En dernier ressort, la gnoséologie peut se distinguer de l’épistémologie si elle consiste dans son moyen en des énoncés recouvrant les significations telles que nature, propriétés, valeurs, limites et autres données spécifiques de l’instance de réalisation relative du statut de connaissant, dans l’expérience tenant à sa faculté d’apprendre. Ces moyens embrassent donc aussi, mais indirectement, ceux de la communication des connaissances (langues, logique, sémiotique…).
Gnoséologie
Voir: gnose
Haeccéité
Voir: ontologie
Harmonie
Ce terme n’est-il pas déplacé à en traiter ici ? Je ne le crois pas en ce qu’il s’agit de la plus belle manière, depuis l’actorialité de la personne, de faire adhérer entre elles des parties séparées qui s’opposent; en ce sens que, par analogie à la gravité entre les choses, l’harmonie se conçoit comme le substitut de la gravité entre les êtres se mouvant par différence dans les coordonnées du plus beau, du plus vrai et du meilleur. En cela, l’harmonie ne repose pas sur un processus d’égalisation des différences individuées, mais à l’encontre sur la mise en relation des différences, jusqu’à satisfaire toute sensibilité d’être. Apparait conséquemment disharmonieux, non pas le désordre structurel, mais le relationnel disparate. L’appréhendement de l’harmonie semble recourir aux sentiments, dans le même sens faisant que la raison investit la logique. Depuis l’harmonisation, les ouvriers du plus beau, du meilleur et du plus vraisemblable, s’initient solidairement, dans le but de réaliser, par
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le moyen de l’interprétation personnelle, des réponses adéquates au libre-arbitre individuel. En tout état de cause, l’harmonie surajoute par là aux critères du bien, du vrai et du beau. Comment mieux différencier l’harmonie des rapports ordonnables selon des critères esthétiques véridictifs et éthiques ? Le beau, le bien et le vrai ont leurs agents spécifiques, physiques, psychiques et spirituels, à n’être pas nécessairement en harmonie. Ce qui suppose que l’harmonie représente le fait de la personne, comme une gravité progressant par le temps de ce qui s’effectue dans l’espace depuis de tels agents. Montrer que la personnalité est au centre de cette “influence à distance dans le temps” est sans doute exotique, mais l’harmonie peut-elle avoir aussi ses ouvriers ? Si les toniques de l’amour, de l’amitié et de la sympathie relient pour les êtres chaque moment présent de l’encours réalisant le monde à son dessein dans l’éternité, la réponse est sans doute que non. Le contrôle gravitationnel spécifique de l’espace peut agir sur des structures corporelles, l’émotion peut satisfaire aux rapports entre des mentalités agissant sur la matière en raison du plus beau, et les critères véridictifs peuvent établir des relations entre l’esprit dans son rapport aux mentalités. Mais l’harmonie s’ajoutant à cela ? C’est en continuité du savoir en QUOI et COMMENT se réalise le monde que, comme cocréativité à l’auteur des desseins répondant aux interrogations visant à connaitre POURQUOI cette réalisation, la personne surajoute son interprétation actorielle dans les coordonnées du meilleur, du plus vraisemblable et du plus beau. On le sait : spécifiquement à l’indéfinité des pluralisations d’être, d’avoir et de faire, le processus de réalisation repose sur la complexification organique des substrats depuis les contractualités de moyens entre les agents des domaines du physique, du psychique et du spirituel, avec son expansion relationnelle arrivant entre l’esprit, la psyché et le somatique. Mais sur la scène du théâtre de l’Univers sur laquelle se joue au fil du temps la pièce de l’auteur du monde, la personnalité surajoute sa propre tonique événementielle. Dès lors, son actorialité se veut expression inspirée, euphonique et oblative à son Auteur, sans doute via la divine présence au noyau des êtres. En passant par le coeur, lien entre agents qualificatifs et valoriels, l’harmonie représente depuis la personnalité comme un faire indirect (la factitivité) aussi concret que la gravité physique pour les corps matériels. Il s’agit d’une hypothèse, bien sûr. Ainsi que pour la gravité physique, les
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effets de l’harmonie dans la motilité psychique et spirituelle est évidente, mais pareillement à ne pouvoir se toucher du doigt.
Hénades
Pour assurer les fondements métaphysiques rigoureux d’une théologie systémique non religieuse, PROCLUS composa des propositions fondamentales, formant axiomatique, reposant sur un enchainement processuel à la manière de la systématique d’EUCLIDE. Les degrés de la hiérarchie divine qui en découlent, dégagent la rationalisation des attributs théologiques et leur proces-sion en neuf degrés : l’Un, le Premier dieu ; les hénades ; les dieux intelligibles ; les dieux intelligibles-intellectifs ; les dieux intellectifs ; les dieux hypercosmiques ; les dieux encosmiques ; les âmes universelles ; les anges, enfin les démons et héros. S’ensuivit l’im-portante contribution de l’école de DAMASCIUS remontant de plus, par-delà l’Un, à l’indicible. La troisième classe des processions théologiques formée des hénades constitue le continuum des déités absolues, coexistantes des évolutions spécifiques du temps qui passe. Pour ce qui est de l’origine du terme (que nous donnons à titre indicatif dénué d’autorité), on peut penser à la réunion de hen (signifiant être d’un an, de l’an, du mois ou du jour précédent) et ade (fils d’untel, ou dérivé de…). À ne pas confondre avec ennéades, terme qui désigne la réunion ou la composition servant chez PORPHYRE pour désigner les 9 livres de PLOTIN.
Hénologie
Doctrine de l’Un transcendant la multiplicité quasi indéfinie des uns et des autres, en ce que l’Un communique sa propre unicité par sa dissémination d’une façon déplétive au travers le processus d’individuation allant avec la stratification réalisatrice de l’Univers : chaque individuation d’être, d’avoir et de faire étant unique, relativement à son altérité. Dans la lignée des penseurs de l’hénologie, notons que l’iranien Abû Mo’in Nâsir-e Khosran écrivit sur une hénologie négative représentant la contrepartie processuelle allant du multiple à l’Un. Une avancée sans aucun doute importante en métaphysique.
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Héraclitéisme
Fait référence à la continuelle variation des choses, à leur impermanence. L’héraclitéité concerne le prédicat de variabilité déduit du senti en référence à l’expression : «nul ne se baigne deux fois dans la même eau du fleuve». Cf. ontologie.
Herméneutique
Voir: gnose
Hétérogénie
Génération spontanée des variations du vivant depuis l’apparition de caractères nouveaux au travers des générations successives. Abiogenèse : apparition de la vie depuis un substrat matériel sans quid proprium. Deux concepts prolongeant la représentation autogénérée du monde depuis le néant, dans l’amalgame du principe de génération (dissémination et filiation) avec le principe de transformation (la possibilité de variation métamorphique d’être, d’avoir et de faire de ce qui préexiste nécessairement par logique).
Hiléité
Voir: ontologie
Holistique
L’holicité peut avantageusement distinguer l’unité du tout de la totalité du multiple. C’est depuis une telle disposition que le fondement des discontinuités discrètes du monde formant ensemble une totalité de différences individualisatrices, avant de devenir un tout uni passant par le processus d’organisation, puis d’intégration, ne peut advenir que d’une existence continue complémentaire dite holistique : elle est de la nature de l’Un. Chaque individuation, pour n’être pas sécable en elle-même (ce qui peut l’être n’est que son substrat), reçoit ce caractère d’indivisibilité comme signe holiste. Les mathématiciens sont en cela premiers à avoir fondé la discontinuité des grandeurs finies sur un infini continu. Le fait d’asserter de façon qui se veut cohérente et incontradictoire la réalité des individuations manifestées dans la séparation d’une altérité plurale, implique le formalisme complémentaire, apparemment nécessaire
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et suffisant, qui pose le concept d’existence unicitaire. Par holicité, on désigne en pratique l’ensemble formé de la partition de toutes les individuations discrètes (bornées dans les prédicats d’être, d’avoir et de faire, mais d’extension indélimitable), et de la continuité complémentaire unicitaire d’existence absolue, infinie et immanente. Notons que le plérôme représente cette holicité là, mais dont le contenu est de plus réalisé dans la plénitude expérientielle de l’existence. L’in extenso est la locution latine faisant référence au concept d’ensemblement holistique, c’est-à-dire l’ensemblement visant à dépasser l’examen de la totalité du contenu fini, bornable, à son extension pouvant être immense à infiniment agrandissable. En ce sens que, la quantité discrète trouve son champ d’extension indéfini dans le domaine du transfini, en interface à ce qui existe d’une manière complémentairement infinie, c’est-à-dire de façon invariative, ou immanente et absolue, susceptible de générer le contenu de catégorie bornable (le variable, le limité et le relatif). Rappelons qu’on en rend compte mathématiquement à la suite de l’axiome disant qu’il existe un élément noté “0” (zéro), tel que pour tout “x”, x ± 0 = x. Cet élément nul est le seul jouissant de la propriété d’invariance. En sorte que si l’on ajoute ou que l’on retire cet élément nul à ce qui est individué étant borné (c’est la transposition du nombre au domaine du nombrable), cela n’en change pas le résultat. Mais cet axiome ne considère qu’une extrémité du nombrable et se complète, pour définir l’autre extrémité, avec : il existe un unique élément in extenso noté “” tel que l’on peut écrire : ± x = , signifiant que toute quantité bornable “x”, et ce, quelle que puisse être sa taille, ajoutée ou retirée à l’ensemble in extenso “”, n’en change pas le terme.
homomorphisme
Dans l’encours transformatif du contenu de l’Univers, et en référence au concept d’épigénie, on considère ici la morphologie achevée, ou parfaite (par épuisement des potentialités de perfectionnement dans le tout), et donc morphologiquement devenue invariative, comme ultime formation devant succéder aux formes transitoires de la suite des variations formatrices tenant à l’encours performateur de l’univers. homomorphisme : sont homomorphes de mêmes formes dans la comparaison d’au moins deux formes entre elles.
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Hominisé
Avec la théorie sur l’évolution des espèces, l’hominisation distingue les attributs spécifiques au passage du primate à l’humain, mais en ne considérant que des causes apostérioriques agissant par l’exocosme sur le vivant. Cela pourra se faire par exemple depuis les raisons avancées avec le néodarwinisme. On en complètera la signification avec l’examen de ce qui se révèle en sens inverse et qui descend du divin à l’humain, comme action humanisatrice tenant au processus intensif de progression, cette fois mu de l’endocosme. Par exemple en considération du teilhardisme. Pour bien en comprendre la signification, il importe d’en saisir la disposition dans son inclusion comme maillon du phylum plus vaste enchainant : proto-matière  matière (matérialisation des énergies physiques) ; matière  pré-vie (vitalisation de la matière) ; pré-vie  vie (organisation biologique du vitalisé) ; vie  pré-spiritualité (avec l’humain : hominisation de l’animalité) ; survie  métamorphies animiques (spiritualisation de l’hominisé)… On a ainsi l’intuition du fonctionnement de la réalisation de la réalité ainsi qu’une suite ininterrompue des transformations progressives du contenu cosmique, dans le sens d’une évolution épuisant les potentialités de complexification relationnelle selon des occasions allant avec l’état du métamorphiquement réalisé. Ce qui est déjà sensément réalisé ailleurs dans l’Univers et le sera inévitablement sur Terre, sauf accident, peut s’apercevoir en extension des paliers de l’évolution prévisible en direction de l’épuisement des potentia-lités de perfectionnement, passant par des ascendances suprahu-maines. Pour nous représenter la suite des lignées à investir, nous avons à prolonger l’enchainement des paliers d’une stratification ontologique par lesquels la dernière acquisition surajoute aux acquis antérieurs, depuis une gestation permanente travaillant à l’échelle de l’Univers, distincte de l’épiphénomènie des transforma-tions encloses sur elles-mêmes (le nouvellement formé s’obtenant au détriment de la corruption de l’ancien).
Homologie
Cela qui est homologue : mêmes propriétés, fonctions, etc., bien que de constitution différente, ou appartenant à des classes disjointes. Sont encore homologues des éléments, choses et objets
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qui, dans leurs individuations différentes, correspondent à des mêmes rapports de figuration.
Hylé
En grec classique, désigna originellement un arbre avec ses ramifications. Puis le terme servit à désigner le bois de charpente, celui des constructions et des assemblages. D’où le sens sous-jacent visant cela qui surajoute à ce qui reçoit forme, faisant que le nouvellement devenu, l’actuellement réalisé, peut lui-même servir de matériaux métamorphiques pour des expressions appartenant encore au futur. C’est donc la “matière” de ce qui est susceptible d’être ouvragé : objet, poème, sujet dont on traite, en tant que fonds auquel on communique une forme particulière. Sa nature est tout à la fois d’avoir de la substance et d’être malléable. Aussi cette “matière” peut être physique et, dans ce cas, le fonds du formé concerne le corporel au travers des objets formés à l’exocosme. Mais cette “matière” là peut être également psychique. Dans ce cas le formé et son fonds concernent des matériaux mésocosmiques d’une nature mentale. Et elle peut encore intéresser l’esprit formé sur fonds de nature spirituelle depuis l’endocosmique (Cf. ontologie).
Hylémorphique
Voir: ontologie
Hylotropie
Organisation fonctionnelle des substrats fondée sur le principe de substantialisation.
Hylozoïque
Substances contrôlées par la vie et comme vitalité se surajoutant aux énergies et gravités physiques ne pouvant contrôler, elles, que les structures matérielles. On peut penser semblablement l’Univers des êtres pensant, voulant et pouvant (faire être et avoir) comme une extension du même vu ainsi qu’une ultime organisation en voie de réalisation via l’esprit. Constituée à l’échelle cosmique depuis l’incommensurable quantité d’êtres participant en diverses strates d’organisation, cette ultime organisation serait ainsi organiquement contrôlée, via le continuum spirituel, par et en vue de l’Être suprême.
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Hypostase
Se pose en tant que cela en l’affirmation de quoi on appréhende ce qui fonde en raison l’expérience, fait qu’on reconnait l’existence de quelque chose de nouveau émergeant au travers la réalité d’autre chose. S’il peut y avoir un concept particulier à la métaphysique, c’est bien celui d’hypostase. Une hypostase, c’est par exemple reconnaitre l’existence des incorporels depuis l’expérience du corporalisé, ou bien celle d’étendue en rapport à la finité des discontinuités d’être, d’avoir et de faire (l’existence du temps dans la mesure où elle est sous-jacente des événements d’être, et l’existence de l’espace en raison du rapport entre les choses). Dans son acception évoquant ce qui supporte et fonde intangiblement une chose tangible comme les deux faces du même, l’hypostase représente ce qui unit en un même et seul sujet le sous-jacent (intériorité), au donné à percevoir, à concevoir, comme à apercevoir, pour cause d’extériorisation et d’effectuation; en ce sens que la possibilité en des aspects exotériques d’être exige complémentairement la nécessité qu’existe son aspect ésotérique. Examinons quelques conséquences de cette disposition. Dans l’antique vision cosmogonique, on rattacha sans intermédiaire la création de l’Univers au démiurge. Ce n’est qu’après que le schème de personne émergea de celui adhérant à l’individu qui se suffisait d’être la créature passive face à l’omnipotence de son divin créateur, qu’on put considérer l’actorialité des acteurs du monde en réponse à son divin auteur. On s’avisa consécutivement que sans une indéfinité potentielle d’interprètes qui sont et ont d’une façon limitée et relative, la superpersonnalité trinitairement absolue dans son infinité de Dieu ne pouvait représenter que le “dialogue” de soi à soi. Sans cette hypostase seconde communiquant un visage à l’Univers lui-même, pas d’actorialité: l’activité, soumise aux lois de la dynamique, subsistant seule à soutenir l’effectuation du monde, une réalisation dès lors privée de raison d’advenir. Mais depuis ce degré de compréhension, le logos démiurgique, issu du divin auteur du monde, passe par un niveau intermédiaire, depuis lequel, analogiquement, le procédé narratif ajoute le rôle actoriel aux êtres qui ont capacité de {savoir*vouloir*pouvoir} faire être et avoir, communiquant par là une expression personnalisée au processus de réalisation, jusqu’à, finalement… ne plus faire qu’un de deux. Finalité ne devant manquer d’arriver après que, par la personnalité engendrée aux personnes depuis l’inengendré suprapersonnel, l’unité
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actorielle ancrera le monde des personnes. En sorte que la suprapersonnalité unissant consubstantiellement16 dans l’absolu les trois visages du trithéisme Père, Fils, Esprit en un seul auteur, comme première hypostase théophanique sous-jacente au logos immanent (de toute éternité) et qui est vie dans le prédicat d’aséité, d’une part, et sa dissémination indéfinie allant avec la vie des acteurs du monde instaurant en une même deixis, le corporel, le psychique et le spirituel (moyens contractuels de faire être et avoir depuis un {savoir*vouloir*pouvoir} personnalisé), d’autre part, constitue les deux faces du même. Constatons pour finir que c’est en ne faisant aucun cas de telles dépendances sous-jacentes au processus d’effectuation, qu’on use parfois du verbe hypostasier pour rendre l’incompatibilité avec la réalité, voire l’irréalisme, qu’il y a de penser les produits que sont l’art sans besoin d’aucun l’artiste, et la science comme existant en soi sans scientifiques.
Hystérésis
Par différence à la rémanence, terme désignant le fait de phénoménologiquement persister après la disparition du stimulus, l’hystérésis marque le retard de l’effet sur la cause. Comme effet retard par lequel l’induction actualisée dépend d’antériorités éloi-gnées des enchainements de cause à effet directs, on rend compte en métaphysique de la perpétuelle différence de contenu du continuum des indéfinies incomplétudes dans les discontinuités individuées d’être, d’avoir et de faire (le bornable, le relatif et le variant), par rapport au contenu de la continuité de plénitudité in extenso en existence : le continuum absolu, infini et invariant (ce auquel, quel que soit ce qu’on en retire ou qu’on y ajoute, ne change en rien le contenu).
Iddité
Désigne la permanence sous-jacente aux diversités manifestatives. Par exemple : un homme, dans chacune de ses actualisations, n’est que changement, contingente transition. Or, nous constatons par
16. Au sujet de cette consubstantialité, notons qu’à la signification de ne faire qu’un par la substance, on peut avantageusement rapprocher le terme grec homo-ousion, établissant l’identité foncière primordiale depuis homos, le même en tant que ce qui est commun à plusieurs, et ousia, considérant l’indivision primordiale entre l’essence d’être et la substance d’avoir.
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expérience que cela qui change alentour et en même temps dans notre substance, n’affecte en rien ce qui constitue pour chacun la source d’être soi-même et nul autre (Cf. quiddité).
Idéisme, idéalisme
Si l’idée fait référence au processus d’apparition des formants sémiotiques, l’idéisme se pose en référence à la doctrine selon laquelle on tient les modalités déterminatrices d’une fonction qualificatrice du savoir pour prééminentes dans la formation de la réalité en cours de réalisation. C’est de manière covalente que l’idéalisme se pose comme l’affirmation de la prééminence valorielle du potentialisé sur l’effectué, quand les idéaux représen-tent les formant des systèmes de valeur assurant les vecteurs du processus de détermination qualificatrice. En sorte que la personne humaine, afin de coordonner les raisons de son savoir-faire à des critères de droiture et de loyauté, a nécessité du formalisme reliant une science des propriétés exocosmiques à l’entendement endocos-mique des valeurs d’action, également tangible en vertu d’effets spécifiques. Droiture et loyauté ne pouvant advenir en réaction à des violences extérieures conditionnatrices, mais uniquement depuis de libres dispositions jugées en son âme et en conscience, sont alors seules réputées causes motrices d’une autonomie des personnes qui sont à édifier leur sophia par l’intermédiaire de la philosophie. On distingue par là le philodoxe dont la vérité du raisonnement se suffit d’opinions prises dans l’alternative qualificatrice des oppositions antithétiques, du philosophe dont le champ d’appréhendement se situe au delà ce qui relie les contraires et les opposés. C’est dans ce contexte que nous nous contenterons de définir improprement le terme d’idéisme, le posant en tant que représentativité du principe des formants sémiotiques, et non pas en référence à la doctrine selon laquelle on tient in situ les modalités déterminatrices de la fonction de savoir comme étant prééminentes dans les déterminations de la réalité en cours de réalisation. Cette liberté étant prise d’une manière qui reste covalente de l’idéalisme, qu’habituellement on pose indifféremment comme l’affirmation doctrinale de la prééminence valorielle du potentialisé sur le déterminé, ou comme formant des systèmes de valeur.17 En référence à son degré d’autonomie mesuré
17. Ainsi que l’idéalisme est discriminable du spiritualisme, pareillement l’idéisme peut se discriminer de l’intellectualisme. Cependant que ces
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depuis l’étendue de son libre mouvement entre des causes extérieures et des raisons intérieures, l’humain a besoin afin de coordonner les raisons de son action au monde à des critères de libre participation, d’une gnose susceptible de relier les réalités exocosmiques à des déterminants endocosmiques qui sont, encore une fois, tout aussi tangibles par leurs effets valoriels, que le sont les propriétés d’un environnement exocosmique.
Idéogone
Énoncé qui engendre une signification nouvelle.
Immanence
Présence intérieure, endocosmique, aphénoménique de ce qui permet la manifestation métamorphique du cosmos. Ce qui existe par immanence intérieure complémentaire de l’extérieurement manifesté est absolu, intemporel (dans une opposition de sens au transitoire). C’est par cette immanence que la surnature divine, sans se confondre avec la substance du monde, s’y trouve unicitairement sous-jacente d’une manière inlocalisable. Énergies, forces, efforts, luttes, intensifications et expansions, transitent de l’une à l’autre des multitudes individuées à l’Univers et s’y trouvent distribués dans les limites indéfinies de l’expérience de l’existence, mais sans jamais atteindre ce continuum d’immanence existentielle.
Immarcescible
Ce qui ne peut se flétrir ni passer pour raison de n’être pas d’une nature soumise au cycle des générations et corruptions.
discriminants-là ne peuvent encore pallier l’insuffisance du vocabulaire à créditer l’usage de tels signifiés dans les formes suffixales distinguant la position doctrinale sclérosant le propos sur l’objet isolé du discours sur la réalité relationnelle à viser des améliorations. En tant que le penseur est inséparable du pensé, pour cause de faire partie intégrante de la réalité, on peut poser aujourd’hui la production des idées dans le logos sur le devenir cosmique, d’une façon avanta-geusement non séparable des idéaux dans la sophia (la sagesse de participer du devenir cosmique depuis son libre-arbitre). Cela dit dans le sens où la science, après avoir été considérée comme la panacée pour résoudre tous les problèmes de l’humanité au 19e siècle, ressort à présent comme insuffisante à vouloir doctrinale-ment la maintenir refermée sur elle-même.
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Imperfectibilité
Caractère de ce qui ne se prête pas à perfectionnement, soit pour être de la classe des aperfections, soit de celles des perfections par constitution originelle, ou des perfections par épuisement des potentialités de perfectionnement.
Impermanence
Ce qui ne dure pas toujours, et qu’on pose comme instance entre une origine et une fin.
In extenso
Locution latine faisant référence au concept d’ensemblement holistique. C’est-à-dire l’ensemblement visant, non pas seulement le contenu expérientiel fini et bornable qui peut être immense à indéfiniment agrandissable en ce qu’il caractérise seulement le domaine du limité, du variable et du relatif, mais cet ensemble-là auquel s’ajoute encore le contenu existentiel complémentairement infini, invariant ou immanent et absolu, dont la catégorie du bornable ne représente en chaque moment du temporalisé qu’une manifestation partielle.
In novo
In novo (dans l’oeuf et sans suite). Cette expression marque l’idée de ce qui est voué à n’être pas réalisé. Le caractère caduque de l’envisagé à dessein rend son entreprise inopérante ou nulle, vouant à déchéance son fait, tel que le résultat advient comme si ce dessein n’avait jamais existé.
In specie
Ce que l’on considère in specie ne se fait pas en référence à son appartenance en genre, classe, catégorie et autres subsumptions, mais dans l’identification de son insécable et irréductible individua-tion, soit dans la considération d’une chose, soit dans celle d’un être.
Inaction
Voir: activilogie
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Inamissible
Qualité d’inaliénabilité de l’être passant par son devenir. À l’encontre, l’amissible marque, passant par une instance d’acquisition, la possibilité de perte des acquis.
Incausation, incausé, incausé-causateur
Voir: causalité
Inchoatif
Du latin inchoativus (commencer), le caractère d’inchoativité désigne l’action commençante à l’opposé de l’indépassable réalisation avec le finalisé. À déclarer l’action commençante du monde depuis le constat renouvelable en chaque actualisation entre passé et futur de la progression intermédiaire réalisant le réalisable par incorporation dans le principe d’ingression, c’est-à-dire visant une fin d’intégrer, fait que l’entendement d’une finalité par épuisement des potentialités de progression se pose étant inévitable par logique. L’inchoativité, suivie de progression dans la transfor-mation en vue d’un morphisme finalisable dans la notion d’ordre indépassable au Cosmos (le terme de cosmos est précisément par son étymologie en rapport à l’idée d’ordre), s’appuie donc sur un précédent existentiel: le chaos.
Individuation
Concerne l’aspect de toute unité séparée de son altérité, c’est-à-dire en rapport au constat d’être séparé, sans même que soit nécessaire l’appréciation d’une combinaison de caractères individualisateurs à différencier l’individué. Condition qui semble entrainer que chaque individuation est unique depuis son existence, avant même de pouvoir le devenir depuis son fait d’advenir à son altérité depuis une constitution particulière et des traits à la singulariser, ne serait-ce que depuis une deixis impartageable. L’intussusception marque le fait d’au moins deux individuations en un même existat. Cette possibilité arrive de ce qu’elles sont non confondables pour cause de caractères différents fondés sur des substrats dissemblables, et donc en raison de manifestations séparées. Elle rend compte d’une disposition posant une deixis commune, en tant que l’interpénétration d’un site spatiotemporel relevant de deux indivi-duations par ailleurs discriminables depuis des substrats différents.
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On peut y voir le principe complémentaire au caractère d’impéné-trabilité du concept d’antitypie dû à Leibniz. L’antitypie considère l’impossibilité pour deux individuations semblables d’occuper le même lieu au même moment. Entité: du substantif latin entitas exprimant la propriété d’être, l’entité représente quelque chose dépourvu de détermination individuée en essence et en substance, qui n’est donc pas donné par le perçu, mais l’est par abstraction de la pensée examinant une solidarité marquant nos classifications : fleuve, montagne, homme, atome… Se distingue donc de tel être individué par essence, comme de telle chose formée par organisation d’un substrat et ne reposant que sur le principe de substance.
Ingression
Voir: inchoatif.
Inscient-scient
Constitue le caractère mixte de l’activité de savoir, indéfiniment poursuivable entre les deux bornes invariables que constituent l’omniconnaissance et sa face privative opposée. Cf. science.
Insémanticité
L’asémanticité représentant le statut privatif d’existence sémantique comme des potentialités réalisatrices de sémantisation, ce qui est insémantisé représente l’état privé de réalisation sémantique, mais non pas aussi des potentialités de sémantisation, eu égard à l’écoulement temporel.
Intégration
Afin de pouvoir distinguer entre intégration et organisation, il y a dans l’organisme des fonctions différentes visant, depuis une synergie d’activités différenciées, l’individuation issue ou manifestée par son organisation substrative. Ce qui s’organise repose sur l’accordement des différences dans un même substrat. Ce substrat se prêtant à organisation depuis des différences individuées sera physique pour le somatique et il sera psychique pour le mentalisé, ou spirituel pour l’esprit. Tandis que l’intégration opère semblablement, mais entre des organisations différentes en nature et contractuelles entre elles de desseins surdéterminant l’individuation (on considère ici le rapport surdéterminant la séparation entre des chaines de
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causalités). C’est ainsi que l’on comprend que l’être en devenir pense, aime, veut et agit en tant qu’unité physicopsychospirituelle insécable. Tout ce qui peut s’acquérir depuis le concours de substrats différents en nature, à savoir le somatiquement organisé par rapport au mentalement organisé et au spirituellement organisé, participe du devenir de l’être comme moyen, donc non pas en tant que c’est l’être, mais en tant que c’est ce qui le fait être. D’une manière pragmatique, l’intégration répond au critère d’intussusception, quand l’organisation répond à celui d’antitypie.
Intensément
État intensif (opposé à l’extensif) de l’acte prémédité, volontaire, et qu’on distingue, bien que trop évasivement, d’intensivement, posé en tant que réponse tensorielle à ce qu’on subit.
Intention libérale
Dans la recherche de ce qui motive une intention procédant de la personne, on distingue ce qui suscite l’acte gratuit, le fait par intention libérale (donationis causa), par rapport à l’intention arrivant en rapport à ce qui gratifie son promoteur. D’un point de vue cosmique, on peut penser que toute gratification personnelle entraine créance. L’intention peut être suivie d’un passage à l’acte ou pas, et dans le premier cas avoir ou ne pas avoir d’effet réalisateur. Si elle n’est pas matérialisée par l’effectuation correspondante en tant que dommages ou bénéfices acquis, il reste qu’elle subsiste à n’être pas neutre en tant que réalisation effective au plan spirituel, comme ce qui a eu lieu dans le domaine des intentions en tant que chaines de causes formant l’esprit. Ces conditions sur la responsabilité du spirituellement formé sont à distinguer de ce qui arrive sans intention du fait de la personne, et ce qui arrive de son fait à n’être pas consenti par suite de la faillibilité de son pouvoir personnel, et encore ce auquel elle participe de bonne foi (ex bona fide).
Intention
Mouvement de la pensée de tendre vers un moyen de réalisation. L’intention définit l’acte comme étant réfléchi et volontaire, donc dont dépend un effet attendu. Dans le parcours, l’intention est la cause décidant d’un effet attendu: l’intellection produisant
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seulement le travail devant qualifier l’acte en vue d’atteindre au but visé dans l’intention; l’acte lui-même assurant l’instance propriative de réalisation pouvant être modalement direct ou bien factitif (faire-faire en sorte que…). Entre l’action entreprise sans escompter le moindre résultat, et la foi donnant le but attendu comme inévitable, toute disposition intermédiaire est espoir et croyance plus ou moins grands. Notons pour éclairer cette disposition que dans la névrose de l’échec, au contraire, on agit restant en attente de ne pas réussir, quand la boulimie, elle, inhibe la volonté dans l’acte, allant jusqu’à viser l’opposé de ce qui s’inscrit dans la dynamique personnelle. Examinons ce sujet dans son contexte. Les intentions mentales et les attentions conscientielles représentent, dans la conscience mentale, le niveau intermédiaire entre l’intensivité par l’esprit (l’esprit vu ainsi que moteur spirituel productif du vecteur de l’activité dépensée au niveau de la volonté qualificatrice), et le niveau des tensions entre corps. Nous avons distingué entre l’état intensif de l’intensément opposé à l’extensif, comme acte prémédité, volontaire, par rapport à l’intensivement posé en tant que réponse tensorielle à ce qu’on subit. L’intension est mobilisatrice dans le genre animé d’énergies synergiques, au même titre que les tensions décident des individuations dans le genre inanimé. Les valeurs d’action sont de cela cause, et non effet, de la volonté participative médiane, à induire la volition comme faculté. Car le prédicat de volonté est tension des intentions dans le projet de se mouvoir et de mouvoir ou faire se mouvoir depuis une capacité qualificatrice. Le dessein de faire tient à des idées-forces qui représentent les vecteurs des agents qualificateurs, d’une façon distinguant de l’intérêt pour leur altérité, autant que ce qui est à les nourrir (trophologie de la psyché). La psyché ayant pouvoir d’agir sur les réalités extensives (tenant à l’étendue), tout en étant soumises à des réalités intensives (elles sont libres du principe d’étendue spatiale, mais pas de celui de durée), la dimension du vouloir faire être et avoir, suivie de l’intention de réaliser, forme l’ambigüité polysémique de ce que le mouvement volontaire recouvre dans le discours, le concept, l’idée, la notion et le signifiant du propos.
Interface
Une interface définit la limite commune entre deux ensemble-ments dont les contenus sont en relation de réciprocité. Mais une interface peut être vide si aucun des éléments qui appartiennent aux
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deux ensemblements distingués ne s’y trouve. Il sera contenant dans le cas contraire et, dans ce cas-là, le contenu associera les caractères spécifiques des extrêmes au travers de nouvelles réalités composites susceptibles de significations mixtes.
Intéroception et introception
L’intéroception représente le fait des informations propriatives renseignant sur le soma et provenant d’intérocepteurs depuis des stimuli internes tels que ceux qui arrivent depuis des mouvements musculaires, l’activité des viscères, ou l’inertie du labyrinthe de l’oreille interne. On distingue ce qui vient d’être précisé d’avec le processus d’information introceptive renseignant, via l’esprit, sur des événements endocosmiques, à partir des introcepteurs de l’âme confrontée aux stimuli valoriels (et non plus propriatifs ainsi qu’avec l’intéroception). Le fait de poser l’extraception implique de poser aussi l’introception dans le principe de l’appréhendement de la réalité du monde. En référence au principe de multi-ordinalité et en relation avec l’organisation septuple de la nature humaine réagissant spécifiquement aux fondamentales tripartites de la réalité, on pose le rapport de l’extraception aux événements de l’exocosme depuis l’interface perceptive de la personne à son extériorité, tandis qu’on pose le rapport de l’introception aux événements endocosmiques depuis une interface suggestive de la personne à son intériorité. Et de même une interface conceptive aux événements de son mésocosme depuis des mésoceptions, comme spécificité des affects médians aux domaines introceptifs et extraceptifs. Cf. extéroception.
Intuition
Voir: communication
Intussusception
Représente le fait de deux existants, non confondables, en un même existat. Donc, correspond à l’interpénétration spatiotemporelle entre deux agents par ailleurs discriminables. On peut y voir le principe d’opposition contractuellement complémentaire au caractère d’impénétrabilité du concept d’antitypie dû à Leibniz (Cf. individuation et antitypie).
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Ipséité, ipséitique
le fait de ce que l’être se manifeste suivant ce qui le caractérise vraiment, et non selon des apparences trompeuses (Cf. ontologie).
Irréduction
Doctrine de l’irréduction: Le plus petit commun dénominateur qui soit cause de la formation performative du cosmos n’est pas réductible au domaine de la physique, sauf dogme physicaliste. On conçoit à l’origine trois fondamentales contractuellement complé-mentaires, dont les continuums irréductibles peuvent comporter une indéfinité d’interfaces mixtes. Les trois fondamentales irréduc-tibles et contractuelles, parce que réalisatrices ensemble de la formation performative du cosmos sont : le domaine physique pour les propriétés ; le domaine psychique pour les qualifications réali-satrices ; et le domaine spirituel pour les valeurs déterminatrices.
Irremplaçabilité
L’être personnalisé étant fin et non moyen, il est donné pour irremplaçable dans l’Être suprême, à l’encontre de ses moyens que sont un corps, un mental et un esprit fonctionnellement reliés.
Isomorphie
Caractère de l’état dont on ne peut distinguer des formes en particulier (Cf. métamorphie).
Isostrat
Sont isostratiques les choses qui appartiennent à une même strate de systémicité. En sorte que l’isostrat représente le milieu, et ses conditions, que partagent les choses d’une même strate de systémicité pouvant être quelconque entre omicron et omégon.
Ithos
Voir: pathos
Jugement cognitif
Pour n’être pas factice, puisqu’elle tient à la personne, la chose jugée doit l’être indépendamment de l’autorité doctorale, même à trouver une aide dans la présomption de compétence d’autres que
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soi. L’autorité de la chose consensuellement jugée peut être sans doute rendue collective à bon escient dès lors qu’elle ne résulte pas d’un abus de pouvoir. En agissant de son propre chef, la personne met en action un droit qui lui est propre, sans lequel le principe de responsabilité serait inapplicable. Mais si la chose jugée ne saurait se déléguer pour la personne au profit comme aux bons soins d’une d’autorité extérieure, il n’en reste pas moins qu’un processus de coréflexion (il participe probablement d’un inconscient collectif) accompagne le travail communicationnel et conspire à réaliser une communion intersuggestive de la chose jugée.
Justice
Tenant aux relations imparfaites entre les êtres, la justice des sociétés, diversement distributive, attributive et répartitive depuis honneurs, biens et avantages, tend à corriger équitablement, mais depuis l’application de lois contraignantes, des inégalités tant naturelles qu’artificielles. Compte tenu de cette disposition, la justice ne représente vraisemblablement, sur l’axe des progressions perfor-matives entre une origine imparfaite et une fin perfectionnée, que le moment singulier agissant au travers d’une autorité sociale palliant le manque de maturité et le défaut des déterminations de soi tenant au libre engagement des personnes au monde des personnes.
Kénose
Représente le vide attributif de l’existence-non-existante (l’infinité inconditionnée). Se pose par rapport au plérôme (voir ce terme) qui désigne l’état de plénitude existentielle-expérientielle de l’existence-existante, réputée achevée en réalisation à la fin des temps de l’encours performatif de l’Univers des univers. La kénose figure logiquement le complément privatif du plérôme, si le plérôme se définit comme l’ensemble de toute existence à toute expérience.
Libre-arbitre
Le domaine à en traiter est complexe. D’abord reconnu comme privilège royal, il représentait l’arbitraire du bon plaisir ne dépendant d’aucune contingence, d’aucun ordre établi et pas plus de raisons normatives. Cette origine historique représente bien ce dont on parle aujourd’hui avec le libre-arbitre maintenant démocratisé jusqu’à devenir le souverain privilège de toute personne à disposer
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d’elle-même pour ne plus reconnaitre que le libre gouvernement de soi. Que ce soit au nom du don par dame nature, ou celui de Dieu, remarquons que la souveraineté s’octroie de jure. Sur fond de self-arbitre (LUTHER), on s’accorde sur le fait que, pour être indépendante, la volonté humaine doit être libre de domination d’un quelconque semblable (en l’occurrence, libre de toute autorité temporelle), même si elle dépend d’une surnature pour son existence et sa légitimation. C’est qu’une telle liberté n’est pas ontologiquement appropriable. Elle est don gratuit (grâce) de Dieu-Père à ses enfants par l’esprit, lorsqu’on la pose en raison du divin, et reçue sans raison par accident lorsqu’on la pose comme résultant de la nature. Dans les deux cas, qu’on déclare la légitimité de la souveraineté de la personne au nom de Dieu, ou bien qu’on la déclare au nom de la religion laïque portant l’humanité à régner sur la nature, il ne s’agit en pratique que d’une liberté vis-à-vis des seuls moyens, en ce que le pouvoir d’opter entre différents choix se limite à des moyens de réalisation. En raison de quoi nous posons cette limite ? Depuis un appréhendement matérialiste ne regardant l’avenir qu’en continuité causative du passé, la fin n’est même pas nommable, autrement que comme fiction. Tandis que dans le cas théiste, la prédestination du monde échappe à son instance d’effectuation allant avec l’épuisement des potentialités de perfectionnement. Même si, avec ce dernier cas, c’est par le biais des moyens que de plein grès la personne accepte ou refuse de se déterminer à cette conquête intérieure devant l’affranchir — restrictivement au cadre de sa finité — à l’égal du divin, jusqu’à trouver sa pleine autonomie avec sa finalité d’être. Au reste, finalité d’être, non pas en raison de soi, ni même pour cause d’autres que soi, mais tout à la fois les deux, puisque la fin se doit d’échapper aux contradictions, donc aux oppositions formelles spécifiques des moyens. Pour ce qui est du matérialiste choisissant d’établir un protocole d’expérience au motif de savoir si l’humain a la possibilité d’agir dans le libre-arbitre, il montre ce faisant déjà un degré de liberté non nul entre le règne de l’inanimé (caillou, astre, atome) et le règne statuant un début d’autonomie dans l’animation du vivant. Car un individu dont aucune cause extérieure ne vient modifier le vecteur et l’intensité de sa motilité devrait ne jamais varier, si sa nature propre n’ajoutait pas à la nature de l’inanimé, puisque pour un caillou, seulement une cause extérieure peut modifier l’état de son contenu, comme changer son mouvement (direction et vitesse relative). Pour le vivant, s’ajoute aux causes
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extérieures, des causes intérieures faites de conditionnements, de préférences, satisfactions et insatisfactions. Aussi on enseigne dans les sciences humaines le total conditionnement de l’humain entre des causes extérieures et des causes intérieures. Entendons toutefois qu’un degré de liberté de mouvement dans cette disposition reste le moyen diversificateur des comportements. L’argument est qu’une diversité de possibilités de conduites débouche sur des différences individuelles. Sans liberté de mouvement, aucune possibilité de différentiation. Ce qui entraine la meilleure présomption de trouver la responsabilité du processus de différentiation avec ce degré de liberté. Car invoquer le déterminisme depuis le hasard des rencontres dans la dynamique du milieu de vie, ne peut différencier entre l’ordinateur même pas libre d’effectuer les opérations de son choix et l’agent humain libre du choix des moyens. Il convient de ne pas éluder, au nom d’une idéologie fondée sur la logique du tiers exclu, des causes intérieures s’ajoutant aux causes extérieures pour ce qui est du vivant. Une manière originale de considérer le libre-arbitre est de l’envisager en prolongement processuel du degré de liberté de mouvement et dans son champ. Cela dit en ce que cette liberté de mouvement à permettre la différentiation individuelle n’est pas encore le libre-arbitre. Il ne l’est pas en ce que si des causes intérieures peuvent supplanter, dans les effets, des causes extérieures, le degré d’autonomie mesuré depuis le critère d’étendue du libre mouvement de soi est à considérer à l’interface entre des contraintes par affects extérieurs et des contraintes par affects intérieurs. Bien que le degré d’autonomie résultant puisse baliser ce par quoi peut passer le libre-arbitre, nous n’assimilerons pas libre-arbitre et liberté de mouvement. L’impossibilité de déroger aux lois de la nature pour les choses, aux lois divines, pour les êtres, représente toujours une même sorte: le contrôle du libre mouvement de l’individué à son altérité, que l’individué soit une chose, ou qu’il soit un être. Le libre-arbitre est à l’encontre dénué de contraintes, bien qu’à ne pouvoir s’exercer qu’à l’intérieur du degré d’autonomie, au mieux comme apprentissage du libre choix de participer du devenir cosmique, ou tout le moins comme libre disposition de soi qui puisse se juger en son âme et en conscience. Le libre-arbitre n’étant pas un rapport d’accroissement d’autonomie, on peut cependant envisager que son exercice intervient dans la potentialité d’autonomie à conquérir entre des causes extérieures et des raisons intérieures. Contrôlant nos actions, nous avons la
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liberté de choisir. À l’encontre, le plus puissant des ordinateurs (chose de l’inanimé répondant au seul déterminisme causalement extérieur) fut-il par programme randomisé, a bien la possibilité de choix, mais pas librement: il s’agit d’un choix programmé. Au reste, dès lors qu’on nie ou qu’on regarde comme fictive cette surérogation accordée à la nature humaine, il faut en toute logique aussi tenir pour fictive la responsabilité juridique individuelle. Il y a en effet ambigüité à poser la responsabilité de l’individu, tout en mécon-naissant simultanément la souveraine liberté du gouvernement de soi dans les limites du degré de mouvement accordé par les lois de la nature et celles de la société. En dernier ressort et du seul point de vue métaphysique assortissant la libre motilité de l’agent d’une activité qualifiée à sa cocréativité envers le potentialisé, si l’on considère, depuis un point de vue déterministe, que le contenu du futur advient en continuité du réalisé au passé, il faut aussi par logique donner un égal droit d’existence à son contexte oppositive-ment complémentaire: l’indéterminisme. Pouvons-nous douter que ne tinssent pas aussi de la nature du réel la possibilité de réaliser au futur plus que ce qui est à dépendre de l’effectué par le passé ? Condition d’opposition complémentaire produite à ne pouvoir être dépassée depuis la logique du tiers inclus que par le significative-ment multi-ordinal unissant, dans un nouveau signifié supramental, l’indéterminé et le déterminé, en ce qu’ils se posent ainsi que les deux faces du même.
Liminaire, liminairement
La liminarité fait référence à ce qui est posé au seuil, au commen-cement ou à la limite de ce que l’on considère dans l’énoncé. Liminal : seuil de perception ou de conscience. Subliminal : inférieur au seuil de perception, ou du conscientialisable.
Macroprosope
Le corps cosmique du Dieu coexistant à l’évolution de l’Univers, en tant que son visage, ou le réceptacle de son expression démiurgique suprapersonnelle.
Maïeutique
Terme connotatif du grec signifiant “sagefemme”, pour représenter la méthode d’enseignement chère à Socrate : l’art d’aider à
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l’accouchement des significations : faire émerger des idées au grand jour, comme faire prendre conscience par le moyen du questionnement dirigé sous forme de dialogues assurant : 1) l’éva-cuation des opinions sclérosées; 2) la réévaluation provenant des efforts d’une pensée personnelle.
Manence
Le fait d’exister ou d’agir dans un continuum spatiotemporel de façon impermanente, transitive. Acception provenant de la racine man des langues indo-européennes. Est à l’encontre immanente l’existence dans l’absolu. Par extension, l’immanente causation qui antécède intemporellement la suite causatrice du contenu cosmique ne fait pas partie de cette suite dont la particularité est d’agir entre dehors et dedans. Pour le mieux comprendre, il suffit, à l’aide des règles sémiotiques de multi-ordinalité de considérer que c’est une intemporelle non cause du non causé qui est, par immanence, temporellement causatrice de ce qui répond au principe d’impermanence.
Materia matrix
Voir: tropicité
Matière
Dans l’idée teilhardienne, la matière originellement pure (l’hylé grecque, dans le sens du questionnement : y a-t-il matière à quelque chose ?) représente la potentialité indéfinie d’individuation depuis l’Un. Pour le Livre d’Urantia, le Père Absolu, est l’éternelle Source-centre première de l’existence physique de l’Univers. En ce sens que l’Univers représente la tension différentielle entre l’Infinité inconditionnée sans qualification, d’où sont issues au monde les réalités impersonnelles, quand les réalités personnalisées procèdent de l’Absolu de la Déité. En pratique et par extension du sens premier, la matière désigne des substrats de la réalisation propria-tive qui sont sous-jacentes aux strates biologiques — matrice des réalités psychiques —, quand celles-ci, une fois accomplies dans le principe de récurrence phénoménologique, deviennent à leur tour l’investissement de réalités spirituelles depuis des superstratifications commençant avec l’âme. La matérialisation est à saisir ce sens d’étoffe du cosmos qui produit l’ensemble des propriétés manifes-
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tatives, en sorte que dans la doctrine du réductionnisme scientifique, seule la physique du monde est réelle. Avec la métaphysique, on considère, depuis le principe de conversion corrélationnelle et contractuelle, une transformation métamorphique continue, donnant la matière comme un aspect propriativement réalisé dans le potentiellement réalisable selon des occasions.
Matrisémie
Voir: aphanisémie
Médiastrat
Référence au milieu, entre le substrat et le superstrat, d’une relation dans la stratification systémique du cosmos. Aussi mésostrat pour désigner un quelconque niveau de stratification entre l’infime et l’unité du tout qui est à n’avoir aucune extériorité.
Mêmeté
L’autre en genre n’est autre que comme séparation individuée et non pas comme métamorphiquement autre.
Méréologie
Actuel terme pour désigner la théorie des ensembles.
Mésoception
Voir: extéroception, introception
Mésocosme
Voir: endocosme
Mésosémantique
Voir: aphanisémie
Métamorphie
Par transformation métamorphique, on entend l’évolution ectypale du monde en direction de sa coïncidence archétypale. Ce par lequel le contenu de l’Univers, en chaque moment de son instance performative, représente la meilleure réalisation
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actualisée en direction d’une finalisation épuisant progressivement les potentialités de perfectionnement. Chacun de ces moments intermédiaires est alors seulement surdéterminable par ceux qui suivent sur l’axe des progressions. En fait, cette finalisation ne se peut que localement, en ce que l’ainsi réalisé a pour extension ce qui se propage entre le continuum d’existence absolue et le continuum de l’infinité inconditionnée, en conservant consé-quemment indéfiniment une frange de potentialités périphériques de réalisations expansives, au fur et à mesure des réalisations intensives. Ceci dans le sens de ce que cette expansion du mani-festé ne s’accompagne pas pour autant d’une diminution des poten-tialités en extension métamorphique, en raison de ce que le conti-nuum des relativités et des limitations cosmiques arrive comme interface active entre un absolu conditionnateur et l’infinité inconditionnée, source illimitée de ce qui est susceptible de forma-tion. Aussi, lorsqu’on invoque le statut d’une finalité épuisant les potentialités de perfectionnement, ce ne peut être qu’en rapport à un contenu métamorphique spatiotemporellement délimité. Mais de façon telle qu’il reste possible de considérer la finalisation de l’instance des transformations métamorphiques de l’Univers des univers, comme la rencontre du temporalisé et de l’intemporel, et du spatialisé au non spatialisable. Notons à ce propos la réfutation du monisme matérialiste par la démonstration du mathématicien CAUCHY (1832) montrant que puisque le nombre  est inactualisa-ble, il est d’un autre continuum que celui de notre monde fini, limité et variable. L’instance des transformations métamorphiques propres à l’encours des réalisations performatives a pour origine un milieu auquel on concède une isomorphie amorphique. Mais l’isomorphie distingue aussi ce qui est hors la localisation des formes du formé. Amorphe : substrat sans structure possible, ou ne pouvant communiquer la potentialité de la moindre forme ; isomorphe : même forme entre au moins deux formations distinctes, d’où découle également l’aspect sémantiquement négatif qui permet de considérer l’absence de forme en référence au comparé dans l’abstraction de cela qui est pensé. Anamorphose, nouvelle conformation s’effectuant sur une précédente transformation.
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Métaphysique
Si la physique du monde progresse de la preuve d’expérience dans l’analyse du manifesté, la métaphysique progresse essentiellement par déduction et induction spéculatives dans un sens complémentaire de l’analyse du perçu; donc depuis l’aperçu formant synthèse et visant une logique d’ensemble surdéterminant la totalité des parties vues comme étant indépendantes les unes des autres. Par le biais du questionnement visant un but : «quelle est la raison qu’a cet être-là d’agir sur cette chose-ci ?» nous touchons le domaine métaphysique dont on ne saurait, même à l’état embryon-naire de concrétisation, faire l’économie sans incidence. On y tente de répondre en visant une construction rationnelle de l’entendement des raisons du monde. Conséquemment, le discours métaphysique est censé établir la vérité de nos investissements dans la pérennité du transcendant. Mais l’entendement d’un domaine de réalités métaphysiques, en continuité de l’expérience physique du monde, c’est encore de plus dans la pratique l’embrassement d’une existence aphénoménique, celle du domaine complémentaire de la phénoménologie d’être, d’avoir et de faire du domaine physique de la réalité, donc à reconnaitre et construire une ontologie.
Métaphyte
Considération de ce qui transcende le fait de croitre, de grandir, de progresser.
Métaxie
Du grec  : intervalle, considéré dans son aspect transitif. En cosmogonie, le terme de métaxie concerne toute chose intermé-diaire variant comme moyen terme entre des extrêmes invariables. On aperçoit par cela qu’une indéfinité de réalités intermédiaires, relatives entre elles, participent des extrêmes opposées en tant que constitutions mixtes. Exemple : apprendre est métaxie entre l’ignorance et le savoir. Les néoplatoniciens formèrent depuis le concept de métaxie la possibilité d’une multiplicité de strates intermédiaires en tant que liaisons d’une continuité organisatrice hiérarchisée entre l’Être Suprême, auquel est sous-jacente l’intégration à terme de tous les êtres, depuis une origine de non-être. Méthexie (grec  : participation). Le terme désigne l’intermédiarité des êtres et des choses participées. Proclus
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en développe le thème comme participation des hénades entre elles. Cette disposition entend que durant l’instance performative, on ne peut être et avoir qu’en raison de rapports d’apparences passant par toute forme de paraitre être et toute forme de paraitre avoir à son altérité. En conséquence de quoi rien ne peut s’y trouver isolé, ou y exister de façon aséitique. Ce qui sous-entend que l’ensemble des chaines de causalités sont progressivement intégrées en un tronc commun, pour accéder à une réalité finale dans le prédicat de compétence d’être et d’avoir.
Métempirique
Ce qui est au-delà le domaine de l’empiriquement expérimentable. L’existence étant par nature aphénoménologique, elle ne peut être que le sujet d’une expérience dite métempirique. En faisant référence à la situation de l’existence au-delà le champ de l’expérimentation de l’existence — l’existence comme espèce aphénoménologique de ce qui ne peut être objet d’expérience n’étant pas, n’ayant pas et ne faisant, mais qui est sous-jacent de ce qui peut être, avoir et faire —, l’existence en soi ne peut être recon-nue du positivisme.
Méthexie
Voir: métaxie
Microprosope
Voir: nature naturante.
Modèles et concepts
Dans la motilité humaine. L’apprentissage du monde consistant, en situation diacritique, à connaitre son contenu en vue de l’investir depuis une activité qualifiée, représente inévitablement la situation par laquelle la personne communique l’expression d’une volonté de participer du monde. Dans cette disposition, le concept est interne (il particularise chaque entité mentale), tandis que le modèle est externe, formant le moyen de communication sur base de substrats linguistiques, entre agents concepteurs, en vue d’une action commune sur base de cognition collectivement distribuée. En situation, c’est depuis l’homomorphie proposée pour lier l’analogie du déjà conçu au modélisé appréhendé en vue de possibles
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participations, que le percipient d’une modélisation sociétale cherche justement à saisir l’hétérogénie du modélisé dans une comparaison à ce qu’il conçoit déjà. Bien que l’aperception des modélisations communes se fasse de façon inhomogène en considération des différences individuelles, le savoir résultant est, dans la motilité de l’être humain, inséparable de son investissement intentionnel. Or dans ce contexte du modèle inséparable de l’intentionnalité, nous pouvons avoir une égalité morphologique entre deux entités mentales par ailleurs structurellement inidentiques, ou reposant sur des substrats sémiotiquement diffé-rents. Mais aussi pour corolaire, rien n’empêche que de mêmes substrats sémiotiques identiquement structurés en des formes conceptualisatrices différentes aient des propriétés hétérogènes en nature, comme en performance. Pour résultat épistémique, il nous faut bien admettre que de mêmes raisons exprimant transversale-ment des volontés individuellement variables, comme celles qui s’expriment au travers des systèmes paradigmatiques collective-ment diversifiés, peuvent produire des effets divergents, voire opposés entre eux, autant que des effets identiques peuvent advenir depuis des raisons différentes. Pour conclure, il apparait que ce ne sont pas les concepts et les modèles qui servent l’animation humaine circonscrite dans le prédicat de qualification. Ce qui décide vectoriellement du mouvement humain dépend du principe de volonté. Le résultat qualificationnel des conceptions et des modélisations affère seulement à l’étendue de son pouvoir d’agir.
Monade
Voir: omégon
Monde
Voir: Univers
Monde objectif
Ce que nous déclarons objectif du monde se réduit de fait à l’expérience de ce que nous percevons de phénoménologique. Il nous est pourtant impossible d’écarter que le caractère manifestatif qui en découle diffère foncièrement du prédicat d’existence. Par ailleurs, est-il logique d’opérer la transposition donnant la manifestation elle-même comme source d’existence, en
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prolongement de l’établissement doctrinal de la preuve d’existence sur le manifesté? N’identifions-nous pas les phénomènes environ-nementaux en coïncidence à l’habitude de classer des sensations par différence du senti? Et dans ce cas, la dynamique des agrégats en différentes strates de complexification, sur base du rayonnement ondulatoire au niveau atomique, peut-elle être signifiante en elle-même, ou l’est-elle en raison de ce que nous formons en conscience à ce propos? Répondant honnêtement à ces questions, il semble bien que ce sont les images mentales qu’on se fait du monde qui font qu’il est pour nous, en ce que, en toute “objectivité”, même les atomes substratant très lacunairement le formé dans notre conti-nuum, sont eux-mêmes impondérables s’ils se fondent sur un processus vibratoire du seul espace physique. Comme objet insépa-rable des états intensifs de représentation conscientielle en rapport à l’extensivement projeté, il faut bien considérer, avec le monde et ce qu’on forme à son propos, les deux faces du même. Le senti reliant la conscience du projeté en étendue, trouve dans le miroir le projeté de l’aperçu intensivement constitué, en sorte que les deux participent de la réflexion (réverbération et écho incident) du double sens enchainant, comme présence, la puissance de l’acte, au pouvoir d’être, d’avoir et de faire. Vient alors l’idée que la phéno-ménologie représente un niveau de dialogue du perçu à l’aperçu, sous-jacent et de même nature que la communication verbale ajoutant du signifiant aux propriétés du premier niveau. Le verbe démiurgique n’est pas loin. Évoquons pour conclure cette ébauche, la modélisation de WHITEHEAD. Pour l’étendue en extensivité, le processus de concrétion de l’objet et ses cogrédiences. L’autre face en centration intensive, les ingrédiences du sujet. En interface, la jonction opérée entre projection et perception, ou la bifurcation dichotomique depuis l’alternative allant de attention à l’intention.
Monimon
Dans le vocabulaire de la métaphysique grecque, chaque monimon est un élément stable et solitaire en référence à la totalité, qui se trouve dans l’attente d’être au tout en passant par des valeurs converses tenant à des propriétés processives. La cause de conversion, venant à ouvrir la voie, considère, certes, l’individua-tion comme fait d’être unité finie, relative et variable, dans l’illimi-tation du multiple, mais en interface à l’infinitude existentielle de l’Un. C’est à saisir une vaste amplitude des choses qui, arrivant par
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l’Univers, sont à se rejoindre progressivement dans l’expérience de l’Unifié, mais en tant que le distingué dans les multiples individua-tions ne se peut que par dissimilitude depuis la dissémination de l’Un. La totalité des pluralisations monadiques d’être, d’avoir et de faire de façon singulière reste par là sous-jacente à la raison d’une symphyse dans le tout de l’Unifié, pour cause de l’Un.
Morphème
Unité minimale du donné à signifier depuis l’enchainement phanicitaire dans le domaine noématique entre :
virtuème  potentème  noème  lexème  sème.
Motifène
Hors le prix qu’on accorde aux choses et les valeurs qui sont à nous faire agir en raison d’autrui, les motifènes, comme unités minimales de la motivation, représentent ce qui fait mouvoir l’intentionnalité, en tant que satisfactions d’entreprendre et de se déterminer soi-même dans le sens d’une destinalisation. Pour G. M. HOPKINS, une pression psychique s’exerce (par l’esprit) qui est à concrétiser le manifesté ontique d’une réalité ontologique. C’est cette réalité qui appréhende le sujet d’un être ainsi que des impressions statuant le devenir de tel être, et lui seul. Il nomme intress (intensivité d’impression) cette pression psychique, et inscape son contenu en motifènes intimes qui constituent les schèmes valoriels à mouvoir l’étant. Remarquons que la terminaison “phème” : voix, donne morphème (le signifié minimal), quand “phène” : apparition, donne acouphènes : illusions acoustiques ; morphènes : illusions visuelles. Le mot motifène pourrait venir de la contraction entre le latin motivus (motiver, motif, cause motive) et fenus (intérêt de l’argent, ou capital placé en vue d’un rapport). Distinguons encore de la cause motive, la motilité, comme faculté de se mouvoir, et la motion, qui représente l’action de mettre en mouvement.
Motion
Qui représente l’action de mettre en mouvement (Cf. motifène).
Motivité
Voir: motifène
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Multi-ordinalité
Il s’agit du concept sémiotique encore peu connu par le moyen duquel il devient possible de surdéterminer le niveau des positions référentielles du travail intellectif de conscientialisation et d’en établir la logique depuis la loi de commutativité entre termes thétiques en différents niveaux intensifs et extensifs du principe de multi-ordinalité. Sa découverte vient du fait que, depuis le travail de la pensée, il nous est possible de prendre pour objet différents niveaux concentriques de réalité, depuis des référentiels devenant tour à tour introceptifs et extraceptifs, selon la strate de référence audit travail de conscientialisation. Par exemple, si l’homme de science prend pour objet la manifestation extraceptive du monde, l’épistémologue prend quant à lui pour objet la manifestation du plan de réalité correspondant au “penseur qui prend pour objet la manifestation extraceptive du monde”. En d’autres termes, si nous prenons pour objet le degré extensif de relation à l’exocosme de notre conscience du monde, alors le premier niveau intensif de relation à l’endocosme concernera la conscience de notre propre conscience du monde. La loi de commutativité entre termes thétiques et antithétiques prend en compte le signe vectoriel du dignifié. Si “s” dans le domaine des inférences psychiques correspond par exemple à la signification du terme “apprendre”, il définit une progression [+s], c’est-à-dire l’expression désignant une dynamique de progression constante et positive dans le signifié consistant à apprendre ; tel que [Apprendre à apprendre] est alors semblable à [s•s], qu’on note [+s2]. L’expression désigne bien une accélération progressive dans le domaine mentalisé du sens auquel on fait référence depuis ce signifié, d’une façon apparentée au principe d’accélération propre au domaine de la physique. Il s’agit de deux mouvements entrainant également des transformations métamorphiques, quand l’un rend compte de variations dans le continuum physique, et l’autre se réfère à celles qui concernent le continuum psychique. Par extension, “désapprendre” s’assimile à l’expression [–s], désignant une vitesse de progression constante, mais cette fois négative, en tant que déterminant actantiel dans la même signification proposée pour l’exemple. En sorte que, [apprendre à désapprendre], tout comme [désapprendre à apprendre], modes actifs notés [–s2], considèrent dans les deux cas un égal résultat sémantique négatif ou antithétique consistant en la décélé-ration dans la dynamique sémantisatrice du terme qui est ici [dé-
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sapprendre]. On voit immédiatement après le résultat de la dernière modalité que la loi de commutativité s’applique de la même façon entre termes de la sémantique des sémies thétiques et antithétiques, qu’entre termes de la mathématique composés de la suite des nombres positifs et négatifs. Le rapport de deux termes multi-ordinaux de même signe a pour résultat un terme positif. Il est négatif dans le cas contraire. Les conditions des résultats ressortent des rapports [(–n)•(–n)], donnant, après réduction, [+n2], de façon telle que [antithèse•antithèse], après analyse, indique un produit identique à la thèse exprimée au second degré de sémiotisation, c’est-à-dire identique à [thèse•thèse], homologue à [+n2]. Comme [(–n)•(+n)] donne [–n2], les cas possibles se réduisent à : [t•t = t2], [•t = 2], [• = t2]. Du fait que l’exploration anticipée participe de la délibération en conscience échappant au défaut d’expérience grâce au travail congru de la raison, nous abordons ici le champ des transformations algébriques (le champ indéfini, sans limite, des transformations de l’actualisable dans les limites du possible) dans une application étendue à la distribution gouvernée par des lois, d’espèce autant quantitative, que qualitative et valorielle, couvrant conséquemment le domaine des nombres, celui des sèmes, et cet autre des fonctions. Extension venant du constat que ces lois paraissent applicables telles que à viser des relations d’inégalité, d’inidentité, ou de non interchangeabilité, dans l’édifice des états d’être, d’avoir et de faire procédant de relations (à l’encontre de ce qui existe en soi de manière immanente). L’attrait de ces questions, bien sûr, ne peut satisfaire que la contention du travail d’intellec-tion imaginant des instruments pour construire les concepts formés sur le présupposé de progression au travers la complexification relationnelle de l’élémentarisé, de l’individué et tout ce qui est, a et fait dans la séparation de son altérité. C’est ainsi que, plus particu-lièrement en rapport à la sémiotique, il reste à développer un certain nombre de considérations parallèles à celles qui furent découvertes depuis des applications algébriques aux nombres. Quelques exemples pour illustrer ce propos. Le fait que les “solutions” de l’équation de l’application aux nombres: x2–4=0, ont des racines de signes opposés +2 et –2 laissant dans l’indétermination la quantifi-cation, trouve son exacte application aux qualifications. Tout comme le fait que l’équation x2+1=0 implique les solutions x2= –1 et x= racine de –1. La construction de LEIBNIZ montrant que zéro peut être formalisé n’importe où entre l’indéfiniment agrandissable
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et diminuable depuis les signes + et –, comporte de même une incidence majeure dans sa transposition au domaine de la multi-ordinalité du signifié entre thèses et antithèses. Dans la corrélation du fini et de l’infini, d’autres concepts réifiant les schèmes de la pensée en rapport au relatif et l’absolu sont encore à exploiter depuis ce que EULER écrivit au sujet du principe des signes quan-titatifs, comme possibilité de définir un infini tangible au delà l’indéfiniment agrandissable qui est également indéfiniment dimi-nuable. En effet, en tant que x2 est toujours positif, que x soit de signe négatif ou positif, cela entraine que x2+1 est définitivement plus grand ou égal à 1, quel que puisse être la grandeur donnée à x. De même, quel que puisse être le niveau thématique dans son signe thétique ou antithétique, ce qu’on associe de signifiant prend un résultat multi-ordinal de sens ajoutant toujours, qui montre inci-demment l’absoluité sous-jacente en existence.
Nature
La nature naturante (depuis une transcendance), nature naturée (choses, objets, outils et instruments), et nature naturante naturée (intermédiaire propre aux êtres), forment ensemble les trois fondamentales à rendre compte de la nature. On entend par nature tout ce qui varie, et sa maintenance, dans l’environnement humain, dès lors que cette variation et cette maintenance n’ont pas pour cause des déterminations humaines. Mais le fait que la nature se définisse comme les transformations dans l’environnement qui n’arrivent pas pour cause de l’humanité, n’implique pas que la nature s’autoréalise, ni qu’elle soit créée de rien et d’une façon entièrement déterministe. Le refus en métaphysique d’adhérer au dogme de l’autogénération des choses et des êtres du monde, pour cause de raisons suffisantes et de preuves d’expérience l’infirmant (dogme faisant l’amalgame entre génération et transformation), tout comme le refus d’adhérer à celui du créationnisme, fait que le concept de nature posé à concilier les écarts de tels extrémismes, peut s’assortir de prémisses différentes, tout en recueillant ce que les opposants sont à exclure. D’où le développement du concept d’une nature-naturante conjointe d’une nature-naturée, calqué sur l’expérience qu’on a soi-même de pouvoir être successivement actant et acté, procès singulièrement ignoré de qui conçoit la nature en référence, implicite ou explicite, du créationnisme, comme de l’autogénération et de l’autotransformation du monde. Afin d’éclairer
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ce propos, notons que le microprosope désigna le premier visage du monde créé en tant qu’aspect informel des choses à l’origine des transformations subséquentes, et en avant duquel se situe l’existence pure (pure en ce qu’elle existe nécessairement en soi, sans substance autant que sans substrat). Cette existence pure est bien discriminée chez Hayyim Vital, Averroes, Thomas d’Aquin, Maitre Eckhart, Spinoza, et sans doute d’autres. C’est alors l’introduction du mode proactif et factitif d’une surnature surdéterminant les états du conditionnement actantiel des strates d’organisation cosmique englobant le microcosme et le macro-cosme sur l’axe des complexifications entre substrats et superstrats. Elle peut être regardée comme depuis des aspects de subjection, ou bien des aspects de subordination et de fidéisme, selon le type des motifènes susceptibles d’animer les déterminations des acteurs d’une réalisation de la réalité au sein du processus de hiérarchisa-tion universelle progressant tout au long de la stratification systé-misée de la réalité. Mais le terme de surnature est plus particuliè-rement propre à s’appliquer (déjà par l’étymologie du terme, ensuite par inférence théologique) au statut déitique qui, dans un conti-nuum unicitaire d’infinité, d’absoluité, et d’immanence, est censé surdéterminer la condition de toute individuation finie, relative et variable de cela qui se prête à intégration. C’est dans un sens com-plémentaire que le surnaturel, réputé ni créé, ni généré, est existant en soi, sans assujettissement ni à l’espace, ni au temporel. La référence au transnaturel, pour désigner la relation du naturel à l’un des superstrats le conditionnant, apparait plus adéquate que la référence au surnaturel, au dire de plusieurs philosophes, dont est Maurice BLONDEL, eu égard aux présupposés de temps et d’espace de relation, impliqués dans le rapport. Ce qui fait que dans les textes les plus pertinents le préternaturel désigne l’activité suppo-sée déroger au cours naturel des lois de la nature, alors que le domaine du transnaturel se pose de manière concise comme résultat ensembliste des caractères naturels à des caractères assortis au domaine d’une surnature non concernée, de facto autant que de jure, par les lois de la nature. Dans cette disposition, la sempiter-nité est perpétuité répétitive du même. Pour Thomas D’Aquin, l’aevum (l’âge) désigne l’éternité créée participant d’une éternité incréée créative. Tenant au rapport d’effectuation au travers de l’instance temporelle, les dispositions qui précèdent font que nous avons : a) sur l’axe de l’expérience, un état préexpérientiel et un
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autre postexpérientiel ; b) sur l’axe des individuations en existence, les statuts du préexistentiel et du postexistentiel.
Néanticité, néantaire, néantité
Le néant, ne s’oppose pas à quelque chose. À certaines choses s’en opposent d’autres, et tel qu’en opposition à toutes, nous ne pouvons considérer qu’un ensemble fini, en ce que le prolongement du même ne peut être différent en nature. En vertu de ce que nombres et nombrés sont en relation de réciprocité, il parait évident que ce n’est que d’un continuum infini d’existence dans le caractère de complétude in extenso, que nous pouvons tirer un quelconque existat borné. Corrélativement, pour dire qu’un quelconque contenu borné en existence peut venir du néant, il faudrait prouver ou bien démontrer qu’on peut tirer quelque chose de rien. Ce n’est que depuis ce qui est, et par extension, depuis un continuum in extenso, qu’on peut rendre compte du principe de génération, discriminé du principe de transformation. On a mathématiquement les égalités :  et , respectant les conditions d’inclusion . Comme le néant ne peut être producteur sans contresens sémiotique, on ne peut faire l’économie intellectuelle de son contraire : le continuum de l’infinitude, de l’absolu et de l’immanence qui contient alors nécessairement dans un statut inconditionnel et unicitaire l’existence détenant la potentialité d’être, d’avoir et de faire de façon limitée, relative et variable selon la possibilité ou l’impossibilité tenant à des circonstances, quand la notion de néant s’insère comme aléthique marquant la contingence. Le néant se définit comme le lieu de rien. Aussi de rien, comment pourrions-nous tirer quelque chose sans adhérer au concept de génération spontanée ?
Négativistes
(Théologie négative). Logique par abstraction consistant à écarter ou retrancher la sémanticité du connu pour appréhender l’indicibilité d’une infinie et absolue existence immanente depuis une position relative dans le champ des relativités finies, variables et relatives d’être, d’avoir et de faire. C’est ainsi que, notamment pour PLOTIN et DAMASCIUS, le principe transcendant de l’Un, première hypostase, étant simple (ni ceci ou cela, ni pensée ni être), ne peut se concevoir depuis les signifiants spécifiques d’une
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quelconque position de la seconde hypostase allant avec la dualisation multiple d’être, d’avoir et de faire. D’où la métaphysique des négativistes que furent notamment Denys L’Aréopagite et Maitre Eckhart.
Néguentropie
Voir: entropie
Noématique
L’épistémologue considère la variation de la clôture du pensé et son élaboration structurée, dans un rapport à la quasi-inépuisabilité du non-pensé (la somme de l’impensé pensable et de l’impensé impensable) ; donc concerne l’effet du travail de conscientialisation (la noèse), dans son application au noème pris sur le noétique: ce champ de la pensée. Le penseur ne pouvant à la fois penser et que cette pensée soit vide (ne rien avoir à penser), on sait qu’il ne peut pas y avoir de noèse sans noème. D’autre part, le noème, cela auquel on pense, ne peut contenir plus que le domaine du noétique qui est l’ensemblement de l’impensé pensable à l’impensable. Noèse : l’acte même de penser ; noème : ce auquel on pense (phénoménologie de HUSSERL). Autrement dit, il ne saurait y avoir de noèse sans noème, en tant qu’on ne peut penser sans une seule pensée (l’idée de rien est déjà noème), pas plus qu’il ne peut y avoir de noème sans noèse, en tant que le noème est le produit d’une noèse.
Nolonté
Latin nolo (non volo), je ne veux pas. Acte de la volonté par lequel on s’oppose à donner son assentiment, ou se soumettre (vis-à-vis des contraintes du monde extérieur, autant que celles du monde intérieur, et encore le monde médian en interface avec les pulsions).
Noosphère
Terme qui considère la localisation concentrique des strates de la formation de l’entité terrestre depuis un noyau physique (lithosphère et hydrosphère), autour duquel se forme un épiderme de vie, la biosphère, elle-même enveloppée de la noosphère,
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comme formation en cours d’advenir et devant superposer le règne de l’esprit à la continuité qualificative du règne de la vie biologique.
Nouménalité
Le noumène est la transcription du grec “nooumena” (choses pensées) qui distingue la chose pensée de l’objet de la pensée. Le domaine du nouménal est intelligible sans pouvoir être, depuis le lieu conscientiel de l’égo cognitif, également sensible (en raison de ce que cette disposition correspondrait à une relation réflexive). Pour faire la preuve de la nouménalité, il faut poser indirectement le rapport depuis l’examen d’une relation symétrique à d’autres penseurs. C’est-à-dire l’égo cognitif se mirant dans son altérité depuis le reflet du pensé par l’autre. Alors seulement le noumène est posé comme sujet du conçu.
Objectivité
Fait référence au degré d’impartialité du sujet dans son processus d’interprétation de ce qui parait être. Non seulement le processus de conceptualisation, lorsqu’il repose sur l’expérience sensible, est grevé par ce qui parait être au travers de la phénoménologie18 et les insuffisances de ce qu’on en perçoit, mais de plus, cette objectivité ne peut être que relative, n’ayant pas sa cause en toute indépendance d’une attente concernant des effets attendus. On voudrait transposer par là au résultat psychosomatique la neutralité qui affère au seul plan des réalités physiques. Dans les faits, ceux qui revendiquent l’objectivité de leur appréhendement se satisfont le plus souvent des critères relevant de l’intersubjectivité entre penseurs mus par des mobiles communs ou apparentables. Aussi définit-on l’objectal comme la marque d’une représentation sub-jectivée de l’événement de l’objet, en ce qu’on surimpose aux effets propriatifs, des inférences valorielles jamais nulles. Par exemple, avec les relations mère /enfant, Dieu /religieux, qui représentent des rapports objectifs investis des raisons parmi toutes celles qu’on a d’être, d’avoir et de faire.
18. Une partie de ce qui est peut n’être pas d’espèce phanicitaire, ou bien n’être pas en état d’être manifesté.
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Objet
Voir: choses versus êtres
Omégon, omicron
La physique a clairement montré que la réalité du monde est substratée par un certain nombre de stratifications assurant le rôle de substantialisation de chaque strate de systémation dans la réalisation matérielle du cosmos. Sur l’axe du réalisé entre substrats et superstrats, omicron marque l’ultime degré de division réalisée dans la substantialisation de notre propre niveau de réalité. Il caractérise le statut de l’ultime niveau réalisé en direction du séca-ble: ce que cherche expérimentalement à atteindre le physicien. La démarche complémentaire du métaphysicien appréhende évi-demment un champ en direction opposée susceptible de compléter le premier, c’est-à-dire en direction de ce qui se réalise au travers les superstrats de la strate de systémation spécifique de la nature humaine. Omégon désigne alors la strate de systémation effective-ment réalisée de ce qui se prête à intégration. Donc le mouvement qui, dans la nature, est complémentaire de la désintégration du sécable. L’omicron est propre à représenter aujourd’hui dans la langue philosophique ce que fut l’atome au sens grec de la plus petite unité réalisée insécable. Le monadique pourrait être synonyme d’atomicité si, avec LEIBNIZ, nous n’appliquions le terme à ce qui est intrinsèquement sans partie constitutive (sans composition), en rapport avec la nature unicitaire de toute individuation. Donc, par rapport à ces sens, “omicron” sert à discriminer l’ultime degré de division effectivement réalisée (individuée), et sur lequel prennent appui la substantialisation de la stratification systémisée des choses du monde.
Omicron
Voir: omégon
Omniel
L’omnion désigne la réalité individuée la plus complète, la plus plénière, dont l’Univers composé est sous-jacent. L’acception est à prendre dans le sens où l’unité de chaque individuation représente la réflexion de l’Un dans le multiple. En rapport au caractère d’holicité distinguant l’unité du tout, de la totalité du multiple et,
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depuis cette disposition, que le fondement des discontinuités discrètes du monde ne peut advenir que d’une existence continue complémentaire dite holistique (de la nature de l’Un), l’omniel représente la capacité in extenso du continuum de la continuité existentiellement absolue et infinie, dans une opposition de réci-procité aux facultés limitées en capacités, spécifiques du conti-nuum des discontinuités relatives et variatives d’être, d’avoir et de faire. Le principe d’une totalité organisée finalitaire du continuum subabsolu pose dès lors une nature mixte entre l’incomplétude dans le particulier (choses et êtres) individuellement dissocié, et l’unicitaire complétude dans l’absolu. Considérant l’ensemblement contractuel de complémentation transposant le caractère atomique venant de la configuration dans l’individué de l’Un, un omnion représente corrélativement dans l’individué un tout indépassable. C’est depuis ces dispositions que l’Infinité se caractérise par son omnipuissance (forme intemporalisable de l’énergie prise dans le sens du continu à permettre les indéfinies discontinuités en puis-sances discrètes des individuations de l’inanimé dans le cosmos, ou ce qui est de nature naturée), alors que l’Absolu se représente par son omnipouvoir (la dissémination discrète et déprimée du pouvoir dans les êtres), quand, en interface, l’Univers constitue le lieu d’une omnipotentialité (omnipotentialité dans le sens que l’Univers n’épuisera jamais, au travers toutes les actualisations possibles d’être, d’avoir et de faire, l’expérience de l’existence), et que le subabsolu est omnifonctionnel. En sorte que le Plérôme unissant l’éternité au temporalisé représente en fin de compte une holi-expérience de l’omni-existence.
Ontologie
Branche de la métaphysique traitant de ce par quoi existe cela qui devient et ceci qui est. Il s’agit du Primo occupenti du discours métaphysique par lequel on distingue le principe de génération d’un donné à transformation, du principe de transformation lui-même. Est ontologique ce qui relève de la notion de l’être d’existence et est ontique ce qui relève du caractère existentiel d’un être en particulier. La parontologie désigne la nature ontique, ou existentielle, des essences, qu’on distingue alors de l’encours de ce qui s’essencifie dans l’être depuis des occasions de devenir à son altérité, parallèlement à sa substantialisation qui infère à son moyen d’apparaitre. L’abaléité est le terme ontologique à rendre le
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caractère (générique) de devenir, ou d’être, à cause d’un autre (dans le sens latin d’être ab alio). Son prédicat repose sur la cause première ou sans impulsion (continuum subabsolu), qui antécède la suite ininterrompue de ce qui advient de cause à effet, spécifique du continuum des performations. Conséquemment, apparait ici la réunion du conditionné à l’inconditionné dans l’être. Pour exemple, l’humain, depuis l’usage de son libre-arbitre et en tant que celui-ci prend sa source dans l’inconditionnelle capacité aséitique d’être, possède en effet la potentialité d’assumer son propre devenir lors-qu’il vise à faire être ce qui n’est pas encore. Cependant que la potentialité de cette capacité étant donnée, non seulement son devenir ne saurait se réaliser que dans le cadre d’un conditionne-ment au monde, mais encore sa volonté propre ne le peut conduire à être que comme participant actif d’une finalisation du monde. On pourrait en rendre compte depuis le principe par lequel seule l’existence aséitique, source des essences, est fondamentale à répondre au mode nécessaire, étant unicitaire et invariable, quand l’aléthique de possibilité coïncide à cela qui s’essencifie dans les êtres depuis des conditions. Disposition introduite dans le sens où des interfaces composent une indéfinité de variables en mélange qui, complémentairement aux extrêmes invariatives, sont soumises à des conditions. L’aséité représente le fait d’être par soi (a se), hors toute instance performative, et encore sans cause première, par absoluité (modalité de nécessité : ce qui ne peut pas ne pas être). Donc depuis toute éternité, sans origine possible au temporel; ce qui est autre que l’accidentellement causé, ou encore autre que le déterminé étant préalablement voulu et attendu, relativement à son actualisation dans le temporalisé depuis des occasions. L’eccéité marque le fait d’être présent relativement à un moment et en un certain lieu. Par conséquent, implique le rapport de l’être à l’altérité depuis une deixis particulière. L’eccéité peut désigner aussi (Duns SCOT) ce dont on parle (hæcce res), en référence au principe faisant que des essences sont individualisables; ce qui représente le caractère d’être-là, individualisé en des dispositions particulières, relativement à un temps et un espace de relation. Souvent syno-nyme, l’haeccéité (LEIBNIZ) peut avantageusement distinguer la faculté de l’étant, en ce qu’il est individualisé selon des caractères distincts. C’est le fait d’exister en soi et de manière non causée (aséité) qui permet la perséité particulière au principe d’être soi et en raison performative de soi, dans le parcours de son abaléité
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arrivant avec la subsistence et à laquelle est sous-jacente le mode d’être causé en subsistance. Entre une sous-nature progressivement naturée des choses du monde, que complète une divine surnature naturante, se pose ainsi l’interface de la nature naturée naturante des êtres. En pratique, l’être, qui est susceptible d’unir le condi-tionné à l’inconditionné (une puissance à un pouvoir) depuis toute expression de son libre-arbitre, dispose de sa propre potentialité d’être prenant sa source dans un aspect déprimé de l’incondition-nelle capacité de faire être, particulière à la divine présence inté-rieure, mais de façon réduite au cadre relationnel des conditionne-ments du monde (c’est ainsi qu’en ce qui est du devenir du monde, la volonté personnelle ne semble pouvoir concerner que des adhé-sions à participer de desseins préétablis). Notons encore que durant toute l’instance performative du monde, l’héraclitéisme fait référence à la continuelle variation des choses, leur impermanence, quand la déclaration d’ipséité (soi-même) montre que l’être est ce qu’il est vraiment (compétence), et non pas ses apparences suscep-tibles de tromper ou d’induire en erreur (le paraitre de perfor-mance), bien que cette compétence se limite au fait d’être soi, en tant que distingué de l’altérité, autant par essence, que depuis une distribution relative d’attributs (modalité de contingence). Prosister répond au terme de la langue allemande ent-stehen. Devenir signifiant venir à être, ce terme est à désigner, en référence au devenant, ce en quoi il devient, et non par son paraitre, en raison qu’il faut d’abord être en devenir à son altérité cela par quoi on participe ayant et faisant, depuis les apparences de ce qu’on mani-feste ; même si c’est entre être et paraitre que s’épanouit et se déploie, tout en restant en soi, l’étant. Quiddité (du latin quidditas, qu’est-ce ?) : référence à l’ensemble des essences individualisant un être en particulier et par quoi on reconnait, au travers les variations de ses apparences depuis les évolutions d’un substrat métamorphique, comme celles de son activité, un même individu tout au long de sa vie, ou de sa survie. Par rapport à la quiddité, l’hiléité marque le statut de ce qui est également, mais dans un aspect attributivement privatif. Le terme tiré de l’arabe “hilia” désigne en ontologie le pur ex-sisté sans être (forme originelle pour antérioriser le principe de rapport à l’altérité), mais par qui l’être arrive formé sur des essences à permettre de tels rapports. L’hylé primordiale, pur contenu amorphique malléable, et la composition hylémorphique subséquente, distinguent ce qui se prête à formation par substantia-
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lisation, que représentent les formations sous-jacentes aux prédicats d’avoir. Bien que le fait soit occulté avec l’existentialisme, notons qu’ARISTOTE distingue bien entre exister et être, lorsqu’il pose l’existant en soi, non prédicable, par rapport à l’être se manifestant depuis des attributions quantifiables et qualifiables. Depuis un trait d’union, certains auteurs discriminent plus aisément ce qui est onto-logique, de la discipline ontologique.
Organotype
Un organotype est un type fondé sur l’organisation systémique d’un substrat. C’est-à-dire ce qui, durant l’instance performative de l’univers, assure la maintenance des formes intermédiaires, dont les transformations, au travers des perfectionnements, achemine le réalisé en cours de réalisation vers une coïncidence avec son archétype. Organite : élément organisé assurant une fonction fondée sur sa différentiation sous-jacente.
Ouranos
Voir: Univers
Outre-mots
L’étude clinique de l’aphasie montre que le mental a un niveau de pensée indépendant du vocabulaire (le vocabulaire allant sensément avec la fonction cérébrale). Ce niveau de pensée hors vocabulaire qui peut même aller jusqu’au raisonnement complexe19 est encore endophasique comme la pensée commune, mais l’idée s’y trouve formée libre de la concrétisation allant avec le moyen d’une parole intérieure non proférée, dans le sens que cette dernière forme fait l’économie et antécède son articulation vocalisée pouvant être silencieuse, ou à haute voix avec qui pense tout en parlant.
Oxymores
Un oxymoron représente une figure du discours qui consiste à relier deux termes apparemment incompatibles, afin d’évoquer un sens nouveau de la seule coprésence de sens contraires. On dit qu’il
19. LAPLANE Dominique, La pensée d’outre-mots, la pensée sans langage et la relation pensée-langage, Institut Synthélabo pour le progrès des connaissances, Paris, 1997.
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y a contraction formelle, in adjecto. Exemple : «un silence éloquent ; le mort bouge encore ; l’obscure clarté ; ce qu’entendent les sourds».
Panesthésie
Terme par lequel on considère, dans son entièreté, le champ du sensoriel.
Pantophile
Un amour universel, ou le fait de s’accommoder de toutes sortes de sentiments en faveur de ce qui est autre que soi.
Parabole
Voir: communication
Paradigme
Étymologiquement, il s’agit de dénoter avec ce terme ce qu’on montre à autrui du regard qu’on porte sur le monde, en ce que c’est ce regard qui gère, de manière sous-jacente au communicable, notre modèle de représentation culturelle de la réalité. Ce sens néoplatonicien s’est conservé jusqu’à nos jours depuis l’antique apodictique voulant que le véritable monde des êtres n’est pas issu de ce qu’ils voient et touchent, mais des idées qu’ils acquièrent en prolongement déprimé du logos créateur par lequel les change-ments du monde arrivent de ce que pensent les divinités. Dans son incidence sociale, on considère avec le paradigme collectif se formant des intercommunications, un effet pragmatique visant et délimitant l’action collective spécifique d’une époque. Depuis ce sens, une pensée plus ouverte dans l’expectative de futures situations novatrices, ou dont l’attitude moins enclose considère sous de nouveaux angles le perçu et le conçu, ne peut que concerner des paradigmes possibles en vue des activités concertées des âges futurs.
Parathéties
Est parathétique le sens qu’on “épingle” dans une proximité synonymique à la thèse.
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Parénèse
Voir: éthique
Parontologie
Voir: ontologie
Parousie
Le mot grec parousia prit pour sens l’annonce d’un événement considérable tel que peut l’être l’arrivée d’un monarque, ou la manifestation d’une divinité dans un monde fait de quotidien. Son sens technique considère ce que voici : à la fin de la temporalisation du temps particulier à l’instance performative de réalisation dans la matrice cosmique, les potentialités de réalisation seront épuisées, mais pas la fin historique se tenant en continuité. En effet, les réalités de l’Univers, portées à leur paroxysme, deviendront dès lors cette présence attendue comme parousie, vue en tant que possibilité de la porter à plus d’ampleur avec l’Ultime, depuis une intemporelle instance devant éternellement parachever l’expérience de l’existence dans les plans, ou le dessein du divin Père — l’Un originel.
Partiellité
Caractère du mixte comme champ indéfini du possible s’insérant entre la nécessaire complétude in extenso de cela qui ne peut exister de façon incomplète (ce qui reste absolument inchangeable dans son infinité, quelque puisse être ce qu’on en retire ou qu’on y ajoute de partiel), et rien (sa contradiction néantaire contingente).
Patence
À l’origine, caractère d’ouverture sur le différent où sur les choses extérieures, le sens prit par la suite celui d’évidence. Le patent désigne cela d’universellement reconnu et qu’on ne peut remettre en cause : vérité patente.
Pathos
À n’être pas seul au monde, se pose à l’individu animant un pouvoir de soi et une volonté propre, une subjectivité participant de son affectivité endogène assortie d’affects, dont l’aspect exogène
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complémentaire correspond à ses effects : ce que le sujet fait subir aux autres. Dans la possibilité de chacun d’éprouver les événe-ments des acteurs du monde, le pathos désigne, pour l’essentiel, ce qu’on endure sans le vouloir du vécu d’autrui. En fait, la rencontre de sa propre altérité — cela qui est séparé et qui se distingue de notre être en dépendance gémellaire au vécu exocosmique —, consiste à apprendre du monde son propre savoir-faire au monde. En sorte que le pathos interfère avec l’ithos dans la formation des moeurs que représentent ces règles comportementales facilitant le côtoiement d’autrui dans la différence. L’ithos est l’aspect complé-mentaire du pathos. Il trouve son effet avec la réponse de soi aux affectations consécutives de l’acte d’autrui, dans l’entendement et depuis des aperceptions endocosmiques. Quelle est donc la part du pathos et quelle est celle de l’ithos ? On peut dire que le pathos s’arrête à l’épiderme de l’âme, en ce que sa commotion ne se transporte pas jusqu’à l’atteindre directement. Autre est d’émouvoir par résonance des sentiments arrivant entre belles âmes, autre cette charge émotionnelle dans l’impuissance “pathétique” d’agir sur le vécu non souhaitable d’autrui. Ne pouvant pénétrer plus avant notre intériorité, le trouble mental ressenti et donnant lieu souvent à des réponses passionnelles pouvant être ardentes ou impétueuses jusqu’à entrainer l’adoration ou le fanatisme, ne sont bien évidemment pas conditionnées par les événements du monde, mais par l’inadéqua-tion du gouvernement spirituel de soi. Aussi, l’effet du pathos, considéré pour lui-même lorsqu’il entraine souffrance et tourment, reçoit son investissement dans l’acquisition de la maitrise de soi, dont l’effet peut être représenté par l’équanimité des philosophes, cette sereine égalité d’âme d’où émerge l’ithos.
Percepts
Voir: determinum
Percipient
Le percipient (Réceptacle) l’agent du perçu, celui qui perçoit.
Perdominance
Voir: étant, être
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Performation
Performé, performateur, performantiel. Tout comme avec l’activité compétente, on entend aussi ce qu’on accomplit dans un but attendu en toute activité performante. La différence est que si l’activité compétente relève d’une aptitude déjà acquise et reconnue pour l’obtention du résultat visé, la performance se double dans cette disposition du dépassement des acquis : le résultat escompté représente conséquemment la tentative d’atteindre à ce qui n’est que possible en raisons d’occasions propices. Techniquement, le terme s’emploie en référence au processus dynamique de transformation orientée vers un résultat. En référence à la progression des réalisations toujours plus complexes de l’Univers, ces termes désignent toute l’activité de devenir dans les apparences d’être et d’acquérir, donc sans encore être et posséder véritablement. C’est l’instance par laquelle le potentialisé se réalise progressivement selon des occasions depuis des forces, efforts et luttes. En ce sens, l’activité performative représente le constant dépassement d’états réalisés qu’on optimise en vue d’atteindre à une compétence; son champ s’établissant entre l’incapacité d’un état d’imperfection originelle et la faculté indépassablement perfectionnée des fins. Le mot est anglais et servit d’abord aux parieurs sur les chevaux de course.
Péritemporalité
Voir: temps
Perséité
Voir: ontologie
Personnalité
Dans le cadre de la pièce qui se joue sur le théâtre de l’Univers, la divine présence situable à l’hypercentration de chacun doué de libre-arbitre “est” l’inépuisable source de personnalité permettant à l’individu, représentatif d’une personne depuis son personnage, le moyen de son actorialité. Pour faire court, le personnage se pose comme faculté de relier des dispositions intérieures, aux constructions représentatives qu’on a de soi, en rapport à l’image qu’on se fait des autres, et servant les mobiles de notre participation personnelle du monde. Mais ce rapport non pas en soi : il advient en
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raison de l’identité existentielle de la personne qui, par nature, est étrangère au procès de ce monde. On ne la représente pas moins en celui-ci en raison du personnage lui communiquant un visage par son actorialité en des apparences se surajoutant aux activités individualisatrices depuis l’agencement organisé de substrats physiques, psychiques et spirituels (corps, mental et esprit dans la même deixis individuelle).
Perspectivisme
Dans son concept critique d’un certain perspectivisme de la raison, NIETZSCHE dénonça les erreurs d’interprétation depuis les perspectives projetées dans l’essence des choses, de celui qui se situe au centre du sens et de la mesure du jugé. Le relativisme de la logique accompagne conséquemment autant les paradigmes opposant entre elles les époques, que les fractures confessionnelles entrainant une sorte de cécité intellectuelle consistant à cerner la réalité uniquement dans ses aspects susceptibles de servir des projets. Ce qui pose que moins importante est la participation de soi à son altérité d’être, d’avoir et de faire, et plus limité sera l’embrasement du regard sur la réalité, donc d’autant plus étroite les vues qu’on en peut avoir depuis cet effet de perspective. En concevant le réel dans les limites des participations de soi au monde, il est évident qu’on est à faire la part belle à ce dont on partage l’état et le statut. Dans la présupposition d’un déploiement indéfiniment complexe de la réalité, les oeillères dont on use à décrire et expliquer son fonctionnement, même dans l’objectivité scientifique, restent en corrélation avec des raisons d’agir. C’est en cela que la réponse est pragmatique : entre savoir et savoir-faire, on ne s’intéresse au réel que dans la mesure où sa connaissance a pour extension des qualifications à servir nos projets.
Phanicité
C’est le fait d’apparaitre par le moyen de la phénoménologie du monde. Donc aussi pour l’être le moyen de paraitre, ou de manifester — d’actualiser — des choses. En tant qu’opposé à la déliquescence de ce qui peut disparaitre et finir, le phanicitaire représente ce qui, pour être un temps actualisable, doit d’abord apparaitre. Il s’agit là de métamorphies, et non d’existence. Cela qui est donné de manifestable au monde reste annihilable. Alors que si
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l’existant cesse d’être présent au monde (cesse sa manence) c’est comme s’il n’avait jamais existé pour le monde. En ce sens que, dans son indépendance existentielle de substrats et des manifestations, il ne il peut s’agir du phanicitaire. Notons que l’épiphanie marque à ce propos plus particulièrement l’apparition du divin au travers de la phénoménologie du monde.
Phanisémique
Voir: aphanisémie
Phénoménie
Le manifesté est avant tout contraste. Pour être, avoir et faire ici ou là, à ce moment ou cet autre, la condition est un substrat séparé contrastant avec son altérité depuis l’activité et une deixis particulières. Par phénomène, on entendra les manifestations sous-jacentes des événements entrainant la conscience du séparé de notre altérité. Au motif de la concision, nous dirons que la phénoménie représente le fait des phénomènes, fait auquel se rapporte la phénoménique, dont la phénoménologie représente le discours en tant que science des phénomènes. Avec l’épiphéno-mène, on évoque une phénoménie connexe accompagnant l’essentiel du manifesté. Mais le seul fait de poser l’ensemblement de la nature actualisée depuis des phénomènes et les métamorphies sous-jacentes implique une contrepartie existentielle par laquelle le potentiellement phénoménalisable (en l’état inphénoménique), ne se distingue pas de l’aphénoménique (ce qui, existant non seulement en soi, est de plus privé de potentialité phénoménolo-gique, étant foncièrement autre par nature intrinsèque). Pour l’essentiel, les phénomènes semblent appartenir à trois classes irréductibles de relations prédicables susceptibles d’être mixées en d’innombrables formes. Elles tiennent toutes les trois dans la possibilité d’expression des personnes : celle du corps comme rapport de pouvoir aux choses (les propriétés), celle, qualificative, du mental (les significations), et enfin celle des dispositions déterminatrices par l’esprit (vertus d’agir).
Philarque
Le fait d’être attiré par le pouvoir de commander. Le terme vient de phylarque : le commandant d’un corps de cavalerie romaine.
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Philodoxe
Contraction de philosophie et orthodoxie, le terme désigne celui qui aborde les croyances depuis des inférences philosophiques, ou dans le caractère de son propre fait.
Phoronomie
Voir: entropie
Phylum
Ce qui conduit téléologiquement la dynamique des lignées biologiques. La phylétique en représente la discipline. Elle consiste en pratique dans l’étude de la phylétisation, ou orthogenèse, observée comme statistique orientée en cas et intervalles de durée, des spécies rendant compte de l’évolution des spéciations.
Physicalisme
Est la doctrine de la réduction du tangible au substrat physique depuis des présupposés autogénérateurs et autotransformatifs. Même si cette doctrine ne réduit pas le principe d’évolution au réalisé, selon le physicalisme on n’en refuse pas moins le droit de réalité — la réalité réduite à l’effectué —, à ce qui est susceptible de dépasser le niveau de la nature humaine. La nature humaine tient conséquemment lieu de superstrat dans l’explication du monde depuis l’abstraction de la nature de l’observateur du fonctionnement du cosmos. En sorte qu’on y tente d’expliquer les progressions constantes de la nature sans quid-proprium, de manière aveugle et indépendamment de tout but.
Plénipotentialité
De jure ou de facto, le fait d’avoir plein pouvoir est plénipotentiaire.
Plérôme
C’est l’ensemblement in extenso de toute existence à toute expérience, c’est-à-dire non seulement l’ensemble de l’existence-existante et de l’existence-non-existante, mais encore l’exhaustion des classes de relations possibles entre les multiples formes exis-tentialisées d’être, d’avoir et de faire. En pratique, le plérôme fait
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référence, hors temporalité (c’est-à-dire dans l’éternité), à la surna-ture de l’Un intégrant, dans le subabsolu, l’indéfinie pluralisation individuée des relations dans l’Univers. Par antithèse de l’ensemble de tout dans le plérôme, à la totalité des rapports dans le monde, la kénose désigne le vide attributif coïncidant au contenu de la partition [existence-non-existante] d’une Infinité Inconditionnée. En première évaluation, on peut dire que la pléromatique traite des partitions existentielles-expérientielles du plérôme. Dans le vocabulaire teilhardien, la pléromisation, au niveau de l’être participé, consiste à atteindre la plénitude à l’image de l’unicité de Dieu. Comme spéculation métaphysique non dicible, l’inconcevable union existentielle-expérientielle du multiple à l’Un est avancée ainsi que le mystère des mystères.
Polyesthésie
Une sensibilité à plusieurs niveaux. Ce pourra être le fait de, tout à la fois, sentir et éprouver. Mais de plus, sentir et éprouver au niveau psychospirituel et pas seulement au niveau psycho-somatique. D’où le fait qu’il nous faut considérer à ce propos le vécu en direction d’une complexification progressive des impressions.
Polymorphique
Ce qui prend plusieurs formes.
Postériorité
Voir: antériorité
Postulat
Voir: doxa /épistème
Potentiel
La potentialité se dit de ce qui est d’une capacité réalisatrice dans les prédicats d’être, d’avoir ou de faire. Par définition, le potentialisé ne peut pas ne pas se réaliser durant l’instance performative de réalisation de l’Univers, bien que cette réalisation soit conditionnée à des occasions réalisatrices et qu’elle réponde, quant aux formes, à des patterns, archétypes et autres modèles
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prédéterminés. Pour distinguer ce qui est en puissance et pouvoir, du potentialisé, le chêne est potentialisé dans le gland, mais c’est la puissance environnementale qui décide de sa réalisation selon des occasions, quand ce pouvoir de réalisation est endocosmique au potentialisé dans le gland. On peut dire que le domaine du possible appartient au potentialisé, quand le non potentialisé représente l’ensemble des impossibilités. C’est dans ce contexte que, virtualités et potentialités ayant une même manence, lorsque le potentialisé s’actualise, sa contradictoire virtuelle n’est ni fait, ni être, ni avoir. Par définition, donc, le virtuel est quelque chose qui, étant toute-fois existant par contingence, n’est pas réalisable, contractuelle-ment aux conditions d’actualisation du potentialisé depuis des occasions. Dans la philosophie de l’antique Grèce, on distinguait ce qui n’est pas, tout en restant possible à terme d’effectuation (), de ce qui ne sera jamais () pour cause d’être seulement virtuel, ou non potentialisé. L’aléthique de possibilité apparait intuitivement correspondre à la capacité d’être, d’avoir et de faire tenant à des occasions du préalablement potentialisé, quand l’opposé virtuel du non potentialisé est représentatif de l’ensemble des impossibilités ; et tel que les deux sortes se posent à l’intersection des codomaines que sont le certain et le contingent. À rendre compte du prédicat de possibilité, le potentialisé se pose alors en sorte que l’aspect actua-lisable trouve une réalité dès lors que les aspects contraires, qui ne sont que virtuels, ont complémentairement des deixis nulles de réalisation. En fait, cette évidente différence du virtuel par rapport au potentialisé relève de la notion de contradictoire, à savoir que ce qui “est quelque chose” (dans le sens de ce que l’on considère comme être quelque chose articule un devenir) comporte un anté-cédent qu’on ne peut assimiler à la notion de privation d’existence, si c’est l’étant, avec ce par quoi il est, qui surajoute l’expérience de l’existence à l’existant. Par définition, donc, le virtuel est quelque chose qui, étant toutefois contingentement existant, n’est pas réalisable, contractuellement aux conditions d’actualisation du potentialisé depuis des occasions. D’une manière toute relative, on peut encore dire que lorsqu’il y a investissement d’un aspect dans le réalisé, la contrepartie qui est simultanément irréalisée s’y retrouve à l’état virtuel. Mais cette disposition tient à la nature circonstan-ciellement actuée du composé mixte associant le thétique et l’antithétique dans le devenant ou l’acquérant, en ce qu’ils sont susceptibles de manifester alternativement un caractère dans l’une
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ou l’autre des formes antagonistes selon des apparences. Pour compléter le tableau sans chercher à le pousser jusqu’à l’exhaustion, il faudrait encore considérer le cas particulier de l’antéthèse (ni la thèse et ni l’antithèse du signifié avec le potentiel) et, par consé-quent marquer l’impossibilité d’une autre façon. À le tenter, on conçoit que c’est dans le domaine de l’impermanence que des oppositions se manifestent en des endroits divers et des moments différents de la continuité individuée, et tel que l’on puisse toujours en considérer la contradictoire. Par exemple, si le domaine d’individuation considéré concerne des réalités matérielles, le contenu de ce domaine n’a de réalité particulière qu’en tant qu’il est privé de ce qui trouve sa possibilité d’être, d’avoir et de faire, d’une façon existentiellement contradictoire au domaine du matériel. Cela est à dire qu’avec l’immatériel nous considérons des états d’être, d’avoir et de faire qui s’opposent complémentairement au matériellement réalisable, d’une façon distincte de la déclaration privative rendue avec l’amatérialité. En sorte qu’on puisse considérer qu’est quelque chose de réalisé ou de potentialisé en des réalités non matérielles, tout en ne l’étant pas relativement au domaine du matériel. L’ensemble de ces présupposés est fondé sur la considération de ce que, si l’un des caractères est présent par actualisation, ou bien par potentialisation, alors c’est que sa contrepartie virtuelle n’en existe pas moins étant absente. Encore une fois, cette non présence représente une notion que nous tenons pour différente de la privation d’existence. Cela de virtuel en particulier, existe, mais ne se trouve en aucune deixis. Autrement dit n’est présent en aucun moment antécédent, et peut-être en aucun des moments futurs de la suite continue des transformations métamorphiques intermédiaires sur l’axe des temporalisations. L’évidence de cette disposition reçoit son éclairage à distinguer entre l’existence et le fait d’être ; en tant que l’être se surajoute à l’existant depuis des déterminations actualisatrices. En sorte que la possibilité virtuelle qu’ont les parties de se mouvoir en des directions circonscrites au degré de liberté caractérisant la sphère d’activité spécifique d’une instance performative n’apparait aucune-ment contradictoire avec la certitude qu’on a de la réalisation du potentialisé en raison de l’existence. En effet, pour peu que l’existence soit intemporellement déclarable, alors ce qui est ex-sisté au monde relève d’une potentialisation, donc, est actualisable, ou bien elle est virtuellement contingente, comme elle peut encore
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être ni potentialisée et ni virtualisée, tout autant que les deux à la fois (le formalisme mixte), dans l’examen d’un ensemblement complet du genre.20
Praxiologie
Branche de l’épistémologie définissant, parmi ce qui motive l’activité qualificative chez les êtres, les principes pro-actoriels les plus élevés. Mais avec l’hégémonie du matérialisme dit rationnel, la praxiologie est loin d’être aussi florissante que le praxisme.21
Précellence
Genre d’excellence au-dessus toute comparaison, donc non relative, et qu’on octroie au finalitaire, en tant qu’aboutissement indépassable.
Prédicament
Formulation d’espèce sémiotique de laquelle il est possible de distinguer ce dont on parle, relativement à ce qu’on affirme ou nie d’une chose. Avec l’étude des modalités attributives, on distingue le prédicamenté du prédiqué, comme le prédicant (ministre du culte chez les protestants), et la prédictibilité… La prédicativité se conçoit en référence aux agents de la prédication, en sorte qu’on entend par son moyen ce qui est prédicable en attributions catégorielles, ou prédicaments, depuis tout système de références psychologiques. Au sein de l’application du principe de catégorisation, prédicamenter consiste à réfléchir sur des signifi-cations de plus en plus universelles, depuis la subsumption consis-tant à passer d’un genre dit esclave, à un genre maitre, depuis tout
20. Cette disposition est à montrer les insuffisances de la logique d’exclusion.
21. Partant du constat qu’il ne peut y avoir des valeurs que pour le sujet, que celles-ci sont précaires puisqu’elles peuvent être niées ou adoptées par d’autres, combattues ou défendues, le praxisme du matérialisme dialectique réduit à sa plus simple expression le concept d’activité avec effet attendu en le circonscrivant aux visées utilitaristes du matérialisme. On y considère conséquemment que deux cas dans l’agir : 1) l’action envisagée pour soi-même, 2) l’action opérée par soi sur d’autres. Nous pouvons nous étonner de cette pauvreté, mais assurément pas que cette pauvreté-là n’induisit que des politiques utilitaristes résultant de la simple idée de profit. En raison de ce que l’enfant de 3 ans ne reconnait, justement, pas autres aspects que ces 2 catégories du résultat actantiel, la praxie dialecticienne pourra être certainement épinglée par le collectionneur de philosophies primaires, avec d’autres luminaires à faire époque.
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présupposé considéré sur l’échelle des significations progressant au sein de l’application du principe de catégorisation sémiologique.
Pré-énergétique
Avant l’énergie, comme stade antécédent la dynamique allant avec l’instance performative de réalisation cosmique. Disposition qui requiert de concevoir un statut finalitaire post-énergétique (Cf. dynamogénie).
Prépotence
Du latin præpotentia (le pouvoir suprême), indique ce qui est en cours d’acquisition d’un pouvoir ou d’une puissance, donc avant d’être puissant ou de pouvoir effectivement par soi. Le sens du terme peut démarquer aussi l’abus de pouvoir de qui n’a justement pas de pouvoir personnel, mais auquel est déléguée une charge permettant de l’exprimer (Cf. activilogie).
Prérequis
Démontrer, expliquer, déclarer, voire convaincre, s’avance entre faits et droits des locuteurs à concerner ce qui devient ou est, dans une participation de ce qui a et acquiert, comme les deux aspects pile et face du même à ne pouvoir s’exclure mutuellement. Cela dit préalablement à ce qui suit et qui est sans doute valable autant pour ce qui est des concepts à propos du physiquement perçu, que des aperceptions métaphysiques, tenons dès à présent que ce qu’on mobilise ici entraine les requis d’une instance consistant précisément à requérir : c’est d’évidence ce qu’on demande, ou qu’on sollicite en vue d’une instance avec effets attendus. En tant que moyens d’obtenir des conditions avantageuses dans le processus d’acquisition des connaissances, les réquisits ainsi que des circonstances et des conditions, sont les ingrédients immédiatement présents au raisonnement produit en tant que vecteur du connaissable. On subordonne dès lors la validité du travail intellectuel à des effets épistémiques relatifs immédiats qui engagent l’incertitude au futur de l’actuel arrêt sur des raisons suffisantes. Dans cette disposition, un réquisit (ensemble d’expé-riences, de définitions, d’hypothèses…) désigne ce qui est demandé ou retenu préalablement à l’obtention d’un résultat attendu du raisonnement. Mais il n’advient pas seul. En ce qu’un réquisit ne
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peut en pratique s’émanciper d’un ensemble de conditions, celles-ci définissent l’état — à l’exemple de la condition physique d’un athlète — de la mise en forme ou de la situation psychique bonne ou mauvaise, favorable ou non au raisonnement. Parmi cet ensemble de conditions sont alors aussi les circonstances paradigmatiques d’époque influençant plus ou moins adéquatement les conclusions issues des équations formulées pour produire l’intellectuellement visé.
Préternaturel
Voir: nature
Prévarication
Trahison à des engagements, devoirs, intérêts (prévariquer, prévaricateur).
Principe d’analogie
Voir: doxa /épistème
Principe de complémentation
Voir: doxa /épistème
Principe d’échelonnage
Voir: doxa /épistème
Principe d’exclusion
Voir: doxa /épistème
Proaction
Le fait d’un agent spirituel par lequel se trouve visé, au travers l’imperfection de l’actualisé au présent, ce qui participe d’une perfection future (Cf. activilogie).
Proactivités
On considère ici l’un des trois temps de la détermination actale, opérée restrictivement au pouvoir d’agir dans le continuum spatio-temporel. Ces trois temps d’une activilogie prédicable dans le
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temporalisé se définissent avec : 1) le principe de réaction appartenant au domaine physique (l’ensemble des corporéités matérielles) ; 2) le principe d’action spécifique du domaine psychi-que (l’ensemble des eidos, comme individuations mentales, le formé par les idées, et donc les objets du mental) ; 3) le principe de proaction comme spécificité du domaine spirituel (en référence à l’esprit). Depuis cette disposition, l’instance proactive pose le produit de l’agent spirituel comme pouvoir de vectoriser les pro-gressions de la réalité. En d’autres termes, il s’agit du déterminant vectorialisateur de l’actant impliqué dans l’actualisation du poten-tialisé. Postulant sur l’irréduction des contenus respectifs de ces trois domaines, relativement aux aspects contractuels de l’avène-ment réalisant progressivement le réalisable depuis le potentialisé, il est évident qu’on peut encore faire ressortir d’autres classes d’activités, auxquelles sont susceptibles de correspondre d’autres catégories d’individuation, dès lors qu’on peut soumettre ces précé-dents aspects irréductibles à des mixages. C’est ainsi que le prin-cipe de rétroaction, qu’on pourrait définir comme l’action évoluant en tenant compte du résultat des réactions antérieures, s’explique dans son application au domaine du physiologique, comme la réunion du domaine physique (réactions) au domaine psychique (actions), dans un ensemblement intermédiaire dit psychosomatique. Domaine qui représente le caractère d’apprentissage par essais /erreurs et réussites du règne biologique. Avec les effets attendus du fonctionnement d’un microordinateur, système cybernétiquement rétroactif,22 on ne fait ni plus ni moins que transférer sur le fonctionnement d’un mécanisme artificiellement réalisé, le signifiant biologique. Nous devons en considérer la disposition comme résultant des artéfacts de nos propres performances qualificatives, transposées dans le domaine du matériel, en ce que le processus d’apprentissage par essais /erreurs et réussites, même s’il peut être artificialisé, reste biologiquement un acte élicite, en tant qu’il relève de l’acte volontaire dans le principe de motivation intérieure et non pas de celui des déterminations agissant de l’extérieur (du latin elicitus, même sens).
22. On s’accommode en cybernétique du même terme.
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Procès exécutoire
De façon concrète (in concreto), le procès exécutoire représente un engagement. À diligenter l’instance de réalisation intentionnellement projetée, la personne étant douée d’un pouvoir, d’un vouloir et d’un savoir, décide de son choix entre faire, différer, ou transférer. “Faire” consiste à accomplir le projeté sans attente. “Différer” est remettre ultérieurement, par exemple dans l’attente de circonstances plus favorables. À l’encontre, le choix de “transférer” peut suivre le constat de défaillance, ou prendre une forme délibérée à suivre le dicton : «ne fais pas aujourd’hui ce que tu peux faire faire par d’autres demain».
Prodition
Acte de trahir en livrant des secrets à l’ennemi. Le proditoire a caractère de trahison et s’oppose à la probité : droiture dans l’action (Cf. activilogie).
Prohairétique
Sont des déterminants prohairétiques les aspects axiologiques formant la logique des préférences (Von WRIGHT). On y considère ce qui forme le critérium participatif de la personne humaine entre un devoir-faire, par suite de causes endogènes, et sa capacité à pouvoir-faire, en tant qu’effets exogènes, au travers des corrélations du dispositif soumettant ces facteurs de liberté aux modalités : 1) aléthiques (possible, nécessaire, impossible, contingent) ; 2) épistémiques (vrai ou faux, vrai, faux, vrai et faux) ; 3) existentiels (la classe vide en contradiction de réciprocité avec celle de la plénitudité in extenso depuis les déclaratifs : il existe…, pour tout…, quel que soit…) ; 4) déontiques (permission, obligation, interdiction, conflictuel).
Proholisme
En direction d’un épuisement des potentialités d’accomplissement des transformations métamorphiques entre elles, le terme désigne la priorité de ce qui est à venir, sur l’actuel. D’un point de vue systémique, le proholisme marque la préséance de l’accomplisse-ment au niveau superstratique d’individuation, exactement comme la réalité individuée, dans une strate quelconque, à préséance sur le non formé vu comme résidu entropique du chaos originel. Il s’agit
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ni plus ni moins que ce qui relie des chaines d’événements séparées entre elles, ou de la contrepartie coordonnée au concept de causalité par lequel l’antécédent entraine le conséquent dans l’ignorance des autres réactions de cause à effet.
Projet  doxa /épistème
Proleptique
Du grec prolepsis (Cf. les stoïciens), désigne la connaissance apriorique obtenue par intuition, entendement, ou tous autres moyens qui anticipent sur l’expérience. Cf. abduction.
Propriatif, propriativé, propriativement
Les propriétés peuvent se définir comme des attributions caractéristiques des phénomènes de la dynamique au niveau des réactions physiques ou matérielles. Une même propriété appartient ainsi qu’une constante à toutes les individuations d’une espèce, si ce qu’on classe entre espèces répond à des catégories d’attributs spécifiques.
Proprioqualivalorité
Avec ce terme, on désigne le produit d’une nouvelle réalité advenant de l’organisation fonctionnelle entre le matériel (propriétés corporelles), le psychique (qualifications mentales depuis le qualifiable), le spirituel (les vertus dans l’acte, au travers des valeurs par l’esprit). Étant entendu que ces domaines sont tangibles depuis des effets spécifiques, le proprioqualivalorisé l’est aussi comme mixte surdéterminant les fonctions du séparé.
Prosister
Voir: ontologie
Prosopope, prosopon
Le principe de prosopopée, dont le terme est dérivé du grec prosopon (personne) et poieîn (faire), trouve son origine pour désigner le processus actoriel par lequel l’orateur prête sa voix à un autre acteur, ou lorsque l’écrivain écrit pour laisser parler des êtres absents, ou bien disparus. De sorte que l’évocation conduisit
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naturellement à rendre compte de la dissémination du divin auteur du monde dans la faculté actorielle la personne qui, comme raison d’être à son altérité, agit au nom de Dieu. Semblablement à la factitivité qui représente pour les êtres un faire indirect (faire-faire en sorte que…), le concept de prosopopée assimile la compréhen-sion de ce que Dieu, divin auteur de la pièce qui se joue sur les chapiteaux du théâtre de l’Univers, délègue aux acteurs du monde sa propre surperpersonnalité, nécessairement non événementielle, depuis la personnalisation des êtres. Moyen susceptible d’instaurer un face-à-face endocosmique entre le continuum de l’unicité divine et le continuum de l’indéfinie pluralité d’être. C’est à concevoir l’effusion de Dieu comme présence divine au noyau du fruit des êtres censés détenir ce qui découle de son unicité en d’innombrables aspects de personnalisation individuée. Le macroprosope, ou grand visage du cosmos, s’accomplit avec l’Être Suprême évoluant lui-même comme évolue l’ensemble des êtres.
Prospective
La prospective représente une façon propositionnelle dont l’objet vise des actions sociales pertinentes instaurées sous forme de scénarios projectifs et comme conséquence historique d’imaginer les cohérences du développement à venir de l’humanité. Si le scientifique peut être relativement neutre à formuler des prévisions (prédictives en ce qu’elles se basent sur l’analyse des conséquences causales d’un déterminisme physique), le pros-pectiviste, depuis l’examen de l’histoire passant par le filtre de ses propres déterminations psychologiques marquées par son époque, ne peut être bien évidemment considéré d’une façon aussi neutre.
Protase
Voir: doxa /épistème
Psychodynamique
Ce qui promeut le gout d’agir depuis l’anima et qui constitue, pour TEILHARD DE CHARDIN, le fait que le travail mental requérant une énergie psychique est chez l’humain de plus soumis à une énergétique spirituelle. Tout comme la thermodynamique s’occupe des échanges en énergie physique sous forme de “chaleur” et de “température”, la psychodynamique peut de même aborder
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l’évaluation quantifiée d’effets sociaux depuis l’estimation de la température et de la chaleur au travers des contenus mentalisés intensifiables et échangeables. Cela est dit dans le parallélisme entre la dynamique des atomes et des molécules se traduisant au macrocosme par des effets thermiques, et les effets macrosociaux des dynamiques individuelles sur l’ensemble de la société.
Psychons
Ils forment les individuations mentales de l’aperception qui, tout en étant dicibles, ne sont pas encore communicables.
Psychopannychie
La nuit de l’âme après la mort, comme période de sommeil avant de pouvoir animer un corps subtil, son nouveau véhicule hyperphysique.
Qualificationnel
Caractère de l’agent des qualifications, en ce que l’effet qualificationnel consiste à soumettre aux lois de la moindre action ce qui est performativement réalisé. Lorsqu’on différentie ce qui est d’espèce inanimée, par rapport à l’animé, depuis tout degré des fonctions qualificationnelles (les fonctions qualificatives allant en l’occurrence avec les progressions du vivant), c’est précisément depuis ce critère qualificatif faisant que se réalise quelque chose par les moyens les plus efficaces d’arriver au meilleur résultat depuis une économie de moyens (matière, dépenses d’énergie…). On sait qu’un résultat contre-entropique peut en théorie être obtenu depuis les agitations aléatoirement livrées à elles-mêmes d’un substrat dit inanimé. Mais c’est à la condition de prévoir une quan-tité innombrable de ces réactions dépendantes du seul hasard.
Quiddité
Répondant à la question quid ? (qu’est-ce ?), est quidditaire l’ensemble signifiant caractérisant telle individuation en particulier, qu’on peut par extension rattacher subsomptivement à d’autres individuations depuis le concept qu’on s’en fait. Autrement dit ce en quoi il se dit que telle individuation est et a au monde. On distingue ainsi ce qui demeure permanent dans l’être ou la chose, en raison d’une essence et d’une substance données comme pouvoir
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d’être et puissance d’avoir. Donc avant et après l’acte manifestant l’individuation dont on parle, et indépendamment des modifications accidentelles qu’entrainent des rapports entropiques à l’environ-nement. Pour exemple, sera quidditatif ce qui peut se dire pour le cheval de sa cabaléité. Disposition distinguant concrètement ce qui relève ontologiquement du principe de génération, et qui est nécessairement sous-jacent aux considérations pouvant aller avec le principe de transformation,  ontologie.
quid-proprium
Locution latine permettant de démarquer par qui arrive ou se transmet le donné générateur d’une chose voulue arrivant conditionnellement au monde. On part sur le raisonnement montrant que le propriétaire de cela qui se réalise factitivement ne se trouve pas sur le lieu et dans le moment par lequel on constate ce qui se fait. On en déduit de jure que l’implication conditionnant la possibilité de faire fait référence à ce qui se tient hors instance performative de réalisation dans le mode nécessaire (le mode complémentairement conditionnateur), de ce qui est fait depuis des conditions. Asserter que des choses répondant à des conditions de possibilité peuvent s’actualiser fortuitement, sous-entend déjà dans son présupposé que d’autres peuvent advenir étant subordonnées à des raisons. Relativement au continuum des transformations méta-morphiques soumises à des conditions de réalisation de la réalité, ce qui subsiste et qui est tour à tour causé et cause dans une chaine de causations, s’investit dans un procès que surdétermine l’existence de son promoteur, et comme moyen tenant à des conditions d’advenir en vue des fins coïncidant au reste potentialisé s’ajoutant à l’état de l’advenu. En conséquence de quoi, des changements peuvent arriver sans raison, et donc sans finalité, ou bien avec au moins une raison qui les promeuvent, et donc avec au moins un effet attendu. C’est cette disposition qui prévaut en référence au quid-proprium et qui pose l’existence du déterminateur des déter-minants donnés à détermination (modalité réalisatrice). Sa négation équivaut à l’absence pure et simple de toute raison d’advenir spécifique des choses qui sont attendues, complémentairement à celles qui arrivent de façon fortuite selon le hasard, ou par accident, dans un milieu à entropie non nulle.
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Race
Voir: attribut
Réattribution
La faculté réattributive dont on use vis-à-vis des réalités déjà découvertes par d’autres penseurs consiste à “réfléchir” mentalement les propriétés, qualités et valeurs déterminées en inférence et au prorata des événements de notre propre participation aux buts collectifs, ceux d’une commune appartenance. Une inégalité entre plusieurs attributions, par ailleurs identiquement identifiées par tous, est constatable déjà entre les gens issus d’une même culture. Si un technicien réalise un objet technique, ou qu’un artiste réalise un objet d’art, par exemple un poème, les informations sur ces réalisations-là faites par un observateur, recevront des ré-attributions proprioqualivalorielles qui comporteront des diffé-rences (des inidentités) avec les attributions octroyées par leurs réalisateurs, du seul fait que des dispositions de soi diffèrent. L’être qui projette et qui à la suite effectue les manipulations transformatives réalisant le projet, et l’être de la mesure de l’ainsi réalisé, octroieront des attributs différents à la même chose (sauf, évidemment, le hasard). L’importance des inidentités est alors à mesurer une différence entre le savoir-faire du réalisateur et le savoir-être-fait du témoin de la réalisation. En sorte que les diffé-rences en des caractères particuliers d’un même objet, relativement aux sphères de la perception (les propriétés), de la conception (les qualités) et de la suggestion (les vertus) propres à l’agent d’un savoir-faire et celles qui le sont à l’agent d’un savoir-être-fait, ne peuvent être posées nulles qu’en un état achevé de leurs relations. Cet achèvement sanctionne l’instance des réticulations du système de leurs relations. Considérant que l’effectuation du monde ne se fait pas toute seule, c’est-à-dire sans quid-proprium, donc qu’elle a aussi ses agents, notre appréhendement de la réalité apparait sembla-blement d’autant plus déviant, gauchi ou faux, que nous sommes éloignés de participer des buts de tels agents réalisateurs. En dernier ressort, en quoi se définit l’objectivité scientifique ? Le scientifique a, tout comme l’homme primitif, des informations tangibles face à un récepteur de radio, cependant qu’un aborigène qui n’aura jamais été confronté à un poste de radio en aura des idées qui ne sont pas conformes à notre présente culture, mais qui le seront à la sienne.
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Est-ce donc cette perception phénoménique, que nous considèrerons identique entre l’aborigène et ce que peut être celle de l’expérimen-tateur scientifique, qui, par extension, constitue la différence attributive en propriétés, qualifications et vertus conférées à l’Univers en tant qu’objet ? Sensément non! Pour cause d’un appréhendement dénué de toute participation au processus d’effectuation de l’Univers, le critère d’objectivité scientifique qu’on a du cosmos semble réduit analogiquement à ceci: l’insecte xylophage, confronté à des pièces ligneuses de la charpente d’une habitation humaine sera en droit d’énoncer très objectivement que les significations de l’événement concernant la réalité de cette charpente se limitent strictement à ses préoccupations nutritives. C’est depuis le principe de limitation de la réalité aux champs des préoccupations spécifiques de la nature humaine qu’on peut, depuis l’objectivation scientifique à propos des événements de l’Univers, déclarer que la réalité tangible du cosmos se limite à ce que l’humanité est capable d’en exploiter. Pour présupposé, durant toute l’instance performative des libres déterminations personnelles d’être et d’avoir, le niveau d’entropie psychique reste proportionnel au degré de participation synergique à l’ensemble des acteurs du monde.
Référent
Voir: communication
Réflexion et réflectivité
Comme moyen mental, et non son produit, la réflexion peut être donnée en tant que la faculté de transformer de l’information en conscience, ce qui diminue d’autant le niveau d’entropie psychique. Mais pour prendre la manifestation exocosmique comme objet, la pensée fait du penseur humain un sujet de réflexion particulier, comme mandataire intermédiaire de la strate s’inscrivant dans l’organisation cosmique entre le matériel et le mental. Cela dit dans l’intention de garder à l’esprit que la conscience peut avoir aussi ses continuums spécifiques. La signification de cette disposition ressort avantageusement du concept adhérant au phénomène de réflectivité23 dans l’Univers, comme activité de mentalisation du cosmos allant avec la faculté de qualification, parallèle à sa corpo-
23. Cf. Le livre d’Urantia.
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réisation matérielle (les propriétés du cosmos) et sa spiritualisation depuis la co-ingression des esprits (elle est à viser une fin d’inté-grer). Pour advenir de la Source troisième de la superpersonnalité trinitaire de la Déité absolue, la réflectivité dans l’Univers présup-pose l’omniconscience finalitairement hors temporalité dans l’Être suprême. En sorte que tout niveau intermédiaire de réalité mixte, étant à la fois conscient et non conscient, s’inscrive entre deux extrêmes inatteignables : une non conscience (présupposé d’entropie infinie du contenu psychique allant avec l’indépassablement chaotique) et une omniconscience (son entropie nulle dans le subabsolu).
Réfuter
Acte de pertinence expérimentale et (ou) intellectuelle consistant à prouver la fausseté d’une interprétation du réel par quelque moyen que ce soit.
Réliction
Voir: déréliction
Réminiscence
Dans la terminologie platonicienne, le terme se réfère à la croyance que la psyché, pour avoir tout d’abord vécu dans le monde des idées avant son incarnation dans celui des propriétés matérielles, conserve depuis les vagues souvenirs de ce passé une certaine clairvoyance qualitative directe de ce qui est vrai, sans besoin du témoignage des sens. Or, dès lors qu’on pose une nature-naturante depuis l’immanence de l’ex-sisté, symétrique à l’ascension de l’être d’expérience progressant d’une nature-naturée vers une nature naturante (cette apparence d’être dans l’expérience et qui va vers l’existence), le phénomène psychique de réminiscence peut aussi trouver son explication dans une suprarelation de l’existant endocosmique avec l’être devenant par son vécu au monde. Quelque chose de parallèle à l’intuitionné.
Représentation
Voir: communication
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Re-présenté
On distingue par là l’un des trois temps de la conscientialisation des événements extraceptifs dans la formation du savoir. 1) ce qui est présenté aux sens en tant qu’affects purement physiques, 2) ce qui est représenté, comme mise en forme neurophysiologique informant la conscience vigile sur les faits de l’environnement (traduction de l’allemand “vorstellung”), 3) le re-présenté à la conscience depuis le travail mental de sémiotisation, surajoutant des significations aux informations provenant du niveau précédent essentiellement informatif (traduisant la notion de “darstellung”).
Rétroactivité
Voir: activilogie
Safar
Voir: temps
Sarmad, sarmadéité
Voir: temps
Science
Entre une origine insciente qui représente le niveau vide et une fin sciente représentant la plénitude, une fois réalisée la potentialité du parcours dans le présupposé de l’acquisition du savoir, chaque instance intermédiaire représente un mixte inscient-scient, en tant qu’état de l’agent sachant certaines choses, tout en en ignorant d’autres, qu’on situe entre l’aspect privatif qui est ascient, et sa contradictoire de plénitudité in extenso. Ces considérations générales du processus d’acquisition épistémique sont le plus aisément consensualisable. Ce qui apparait moins évident dans le contexte du paradigme contemporain est d’apercevoir que l’acqui-sition du savoir scientifique, pour être uniquement apostériorique et de plus encore limité à la seule instance performative des trans-formations métamorphiques du monde, reste déficient étant sans principe de génération à soutenir le principe des transformations, et est de plus insuffisant pour ne pas inclure son parcours épistémique dans le processus allant de l’inscient au scient. En effet, la doctrine scientifique reposant sur un protocole déléguant le critère de
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véridiction au manifesté, consistant au mieux en la description du monde dans l’apparence du senti, n’est dès lors formateur que du savoir spécifique de la phénoménologie. Un scientisme rarement nul se pose donc en extension dogmatique, pour cause d’isoler plus ou moins l’activité scientifique de tout autre moyen de connaissance, du fait qu’on y soutient la croyance que la phénoménologie suffit à fonder la pertinence de nos représentations du monde. Si la science est bien la description du manifesté dans l’apparence du senti, donc informante comme savoir fondé sur la phénoménologie, alors le scientisme consiste en l’oubli de ce présupposé d’apparence mani-festative, pour croire que le senti est véricitairement substituable au réel. C’est en tout cas ce qu’on peut penser à l’examen des conclusions de ceux qui promeuvent le scientisme en ne considérant pas que l’instance de réalisation performative de l’Univers est, certes, formée pour chacune de ses actualisations d’une partie métamor-phiquement réalisée apostériori depuis une origine supposée, mais aussi d’une contrepartie omise: ce qui se réalise apriori jusqu’à épuisement du potentialisé. Par ailleurs, au sens de l’interprétation des événements du monde, l’erreur flagrante soulevée par la sémiotique est de confondre, depuis le seul usage des langues naturelles, les attributions au monde dans l’apparence de l’instance performative, avec celles de la compétence du tout (Cf. asorité).
Scissiparité
Ou fissiparité, se dit du processus de génération par scission. Le présupposé vient — en discriminant le principe de transformation, de celui de la génération du donné à transformation —, de ce que la potentialité quasi indéfinie d’individuation dans les prédicats d’être, d’avoir et de faire, pour ne pas pouvoir provenir du néant, provient à l’encontre de la séparation primordiale entre l’Un, d’existence absolue, et de l’Infinité, de contenu in extenso sans attribution. Ainsi chaque individuation bornée, relative et variative propage par génération son essence d’être, exactement comme, dans le respect du principe de conservation, elle restitue en substance ce qui affère à son moyen de transformation.
Scolastique
Enseignement d’école fixé (sclérosé) par la dogmatique des enseignants… en toute époque (et pas uniquement, ainsi qu’on
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aime à le dire, ou qu’on voudrait bien le laisser accroire, en référence au seul Moyen Âge).
Sème
Unité minimale du signifié, non pas en tant qu’atomicité autonome (morphème), mais dont l’être se pose uniquement par relation différentielle dans le champ ouvert du signifiable). Cf. aphanisémie.
Sémiosis
Fonction sémiotique instaurant une opération productrice de sens depuis les moyens formels de l’expression et son contenu sémiotique, ou entre le signifiant et le signifié, dans l’usage des signes. La sémiosis représente la connexion du réel jusqu’au sujet par la cognition du relationnel entre le signifiant, l’objet, et l’interprétant.
Sémiotique
Discipline qui traite de la théorie des significations elles-mêmes, dont la sémantique est une branche en tant qu’étude des significations réduite aux systèmes de signes spécifiques des langues. Le domaine sémantique concerne ainsi l’ensemble poten-tiel de la possibilité de former des taxèmes (classe paradigmatique minimale formée de sémèmes) et de les relier par des relations signifiantes. Sémanalyse : opération intellectuelle consistant à décomposer les signifiants en significations mieux caractérisées. Son but est de faire apparaitre les rapports sémantiques entre termes qui sont tenus, sans ce moyen, comme étant semblables, voire synonymes, par manque de discrimination. L’opération sémana-lytique consiste donc en une activité discriminatoire de sens. Elle est complétée par la sémasynthèse dont l’effet attendu est de conscientialiser de nouvelles significations depuis la synthèse opérant dans le sens subsomptif des signifiés ressortant de la sémanalyse des cas particuliers. Un sème est l’élément minimal du signifié correspondant au phème qui représente lui-même l’unité minimale du signifiant, spécifiquement à la strate de signifiance multi-ordinale considérée. Une sémie consiste en un système de signifiés tels que “droite /gauche” et “feu-rouge /feu-vert”.
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Sempiternité
Voir: nature
Séquer
Voir: sécabilité
Singleton
Ensemble formé d’un unique élément.
Solipsité
Du latin solus ipse (seul soi-même), marque le caractère d’être unique dans la multiplicité individuée des uns et des autres. Ce caractère adhère à l’insécabilité de l’être, par rapport à la divisibilité de son avoir. Aussi la solipsité est en chacun, non pas comme séparation pour raison topologique ou spatiale, mais semblable à l’Un unique qui, de même, est sans rapport topologique ou spatial à l’Univers des uns et des autres. C’est cette coïncidence identitaire entre l’Un unique et le fait d’être un seul entre tous les autres, qu’ont en commun l’Un primordial Dieu, puis les divinités, ensuite les êtres personnels, et pour finir, les choses inanimées, qu’on retrouve dans le principe de dissémination avec perte au travers de la hiérarchie des individuations dans la suite : Théios (Déités)  théion (divinités)  prosopon (êtres personnalisés)  chrèma (choses et objets impersonnels). Par construction progressive du cosmos en substance depuis le principe de transformation, il nous est possible de nous situer “dans”, aussi bien que “par”. Mais relativement aux essences distribuées d’être, la déclaration d’exis-tence à l’être précède toute condition d’être depuis ou en raison de ce qu’on porte de particulier en soi ou avec soi au monde. Solipsisme : principe d’après lequel les seules réalités considérées comme existantes par le sujet d’un savoir sont entièrement comprises dans l’état fixé de son système de représentation.
Sophia
À porter des fruits dans la condition d’un libre-arbitre déterminateur, la sagesse des conduites de soi progresse au mieux lorsqu’elle relie expressivement toute action qualifiée entreprise sur des matériaux de la nature naturée environnementale, à l’entende-
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ment valoriel d’une surnature naturante. Pourquoi cette disposition ? En raison de ce qu’une action d’espèce exclusivement qualificative sera seulement adéquate au résultat attendu localement ou de façon séparée du contexte universel ; c’est-à-dire modalement en référence à son agent ou la clôture de ses agents séparés d’une édification fonctionnelle à la réalisation du monde. Par différence, l’expression personnalisée conjoint la conduite actorielle au résultat qualificatif. Parallèlement à ce qu’on voit du monde et qui passe au mieux par l’analyse du moyen scientifique (elle est reproductible à établir une objectivation commune servant ce qu’on acquiert au monde), il y a le regard différent pour chacun porté sur la scène du monde. Ses événements là de la scène du monde, dispersés et plus ou moins séparés, sont à l’encontre reliés comme symphyse surmentale pour soutenir l’alchimie des progressions d’être soi-même au monde. D’évidence, ce regard sur l’effectué au monde ajoute le sentiment personnel au processus intellectif formé sur les seules sensations. Pour l’agnostique, la pièce cosmique qui se joue sur le théâtre de l’Univers advient d’elle-même. Pour nombre des acteurs du monde, elle se joue entre sa réalisation exocosmique et l’existence endocosmique (aphénoménique) de son divin auteur. Mais pour toute personne, l’expression actorielle personnalisée peut advenir comme sophia dans les coordonnées du bien, du vrai et du beau. Hypostase féminine, la sophia est fille de l’Esprit qui, pour n’être pas dépendant de l’espace, “communique” à l’infini par communion au travers de son extension dans le temps. La sophia se distingue de la religion en ce que cette dernière se fonde sur la grâce, indépen-damment de l’oeuvre, quand la première appréhende la libre partici-pation actorielle dans une interface qui, avec les êtres comme agents réalisateurs, constitue l’indispensable chainon entre l’encours du métamorphiquement réalisé et les archétypes divins allant avec le potentialisé à l’Univers. En dernier ressort, la sagesse peut avanta-geusement s’exposer comme la suite continue des expressions de la libre participation personnalisée des acteurs du monde dans les coordonnées du bien, du beau et du vrai, visant la réalisation finalisée du tout (le tout vu comme le surdéterminant du concept de totalité, en référence à la somme des parties séparées du fait de l’actuel état entropique). Expression toujours personnalisée, la sophia reste facultative pour chacun à l’école de la vie, même à pouvoir s’éduquer ; à l’encontre de l’instruction rendue obligatoire pour les qualifications de soi dans l’organe social. La personne humaine,
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soumise à détermination pour sa génération, mais possédant le pouvoir de réaliser qualificativement l’encore potentialisé, instaure par son moyen un art de vivre, comme interface actorielle tenant à l’instance performative de la réalisation cosmique entre une nature naturée (la malléabilité morphique du déterminé) et une nature naturante (le déterminant).
Spécies
Voir: attribut
Sporosémie
Voir: aphanisémie
Stochastique
Se dit des phénomènes aléatoires. Ils ne sont pas prévisibles selon des raisons d’advenir, mais l’on en peut conjecturer la fréquence d’apparition depuis l’examen de leur probabilisation.
Stockions
La stockiotique étudie l’ensemblement des parties les plus élémentaires assurant la première strate substantivée constituant, au microcosme, la substratisation métamorphique de l’Univers en cours de réalisation performative.
Subjection
La subjection indique l’état de dépendance attributive, ou prédicamentale, entre sujets ayant la capacité d’attribution. Condition qui tient dans sa prémisse le principe d’une interrelation des significations, c’est-à-dire pas seulement l’application des signifiés à des objets, mais encore le rapport des significations entre elles depuis des relations hiérarchisables (relations verticales) et des relations réticulaires (relations horizontales). Cette disposition est vis-à-vis d’un principe d’attraction subjective spécifique des sujets de la qualifications mentales, dans une analogie aux gravités suggestives satellisant dans le domaine des valeurs des caractères positifs d’allégeance et de fidélité, ou négatifs de subordination (prédicat de vassalité), en référence aux hiérarchisants vertuels du domaine spirituel. On concrétise donc par là un principe d’appar-
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tenance selon des critères sémiotiques, ni plus ni moins comme on en conçoit dans tout autre domaine régi par la notion d’ordre consé-cutive d’un degré d’organisation et son principe de maintenance tensorielle. Plus particulièrement, le subjectivé représente le résultat des efforts d’assujettissement du propriativement réalisé, aux mouvements de l’agent cognitif, qui légitimise par là sa participation du devenir du monde.
Subjectivisme
Propension à juger d’un point de vue non objectif. Alors que le subjectif marque ce qui se rapporte ou ce qui appartient au sujet cognitif, comme moyen d’appropriation qualifiée de l’objet.
Subjects
Voir: attribut
Subsidiarité
Fait référence au subsidiaire en tant que le tenu en réserve pour venir au secours ou à l’appui de ce qui est défectible par nature ou en raison des limitations en pouvoir représentatif dans un fonction-nement hiérarchisé. L’application la plus connue de subsidiarité se réfère à celle de l’État lorsqu’il arrive que l’administration des villes et des communes deviennent fonctionnellement déficientes. C’est aussi traditionnellement celle du divin habitant intérieur vis-à-vis de l’être humain faisant l’apprentissage de sa participation personnalisée dans la réalisation du potentialisé.
Subsistence
Voir: ontologie
Subsomptif
Aussi subsumption, voir: subsumer
Substance
Voir: essence
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Substrat et superstrat
On ne connait rien de réalisé au cosmos qui ne soit tenu à l’organisation d’un substrat distribué en différentes strates systémiques. Rien donc qui échappe au principe de stratification substrative pour pouvoir être individué à son l’altérité d’être, d’avoir et de faire. La subsumption qu’on fait de ce constat d’expérience permet de concevoir que l’ensemble de la réalité en cours de réalisation performative est de même espèce. En sorte que toute strate intermédiaire entre omicron (la réalité individuée la plus séquée) et omégon (la réalité individuée opposée ayant pour substrat la plus grande organisation), comporte à la fois un substrat composé en direction de l’infiniment diminuable et un superstrat également composé en direction opposée d’un infiniment agrandissable. Conséquemment, c’est symétriquement au substrat que le superstratum désigne l’organisation surdéterminatrice d’un quelconque médiastrat. Dans cette disposition, l’adstrat représente les éléments susceptibles de tendre ensemble vers une identité superstratique. Isostrat : sont isostratiques les choses qui appar-tiennent à une même strate de systémicité. C’est le milieu, et ses conditions, qu’ont en partage les individuations d’une même strate de systémicité.
Subsumer
Subsumer consiste à penser les caractères identificateurs de l’indi-vidué comme participant d’un ensemblement surdéterminateur. Au premier degré, c’est par exemple penser un animal dans l’espèce, puis dans un genre, etc. Pensant un objet ou une chose dans son contexte, c’est aussi par extension se représenter un attribut quelconque dans une catégorie, ou d’autres moyens de classification, jusqu’à le concevoir dans un rapport universel. La subsumption représente l’opération qui consiste à subsumer.
Suggests
Représente ce qui affecte l’esprit, au même titre que les percepts vis-à-vis des affects corporels et les concepts vis-à-vis des affects mentaux.
Sujets
Voir: attribut
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Super
Super, ce qui est au-dessus, porté à un degré plus élevé, et supra ce qui est au degré le plus élevé, le degré indépassable, marquent ce qui est surdéterminatif par présence, par effet catalytique, par influence, ou par action. Les termes associés précisent et éclairent la pensée sondant l’organisé au delà l’infime et en deçà l’immense. Pour exemples non limitatifs : surâme et superâme, supra-animique, surpersonnel, suprapersonnel, supercontrôleurs, superespace, superindividuel, superpersonnalisé, supra-activité, supra-attributions, supracosmique, supradéterminisme, suprafonctionnel, supra-humain, supra-matériel, supramental, suprapersonnalité, suprapsychique, suprasémantique, suprasémiotique, supra-sens, supraspirituel, suprathèse, surcompréhension, surconception.
Supraconscience
S’il y a une préconscience qui est antécédente des états de conscience dont nous faisons l’expérience, alors aussi une supra-conscience postérieure ou dépassant de tels états de conscience.
Surérogation
Littéralement, ce qu’on fait à dépasser les simples limites de ce qu’on doit ou ce dont on a l’obligation de faire. Référence à ce qu’on entreprend délibérément de bien, par détermination et effort personnel, d’une manière discriminée de ce qu’on réalise de bien pour cause de contraintes extérieures, que celles-ci soient effectives (devoir faire), ou fictives (croire devoir faire) : préceptes, lois, obligations religieuses… L’ouvrage surérogatoire représente peut-être un produit du socius, en tant que réponse à l’apprentissage de devenir membre actif du corps social pouvant s’étendre jusqu’à l’ultime strate d’individuation au macrocosme. Apprentissage, donc, qui commence avec le plus petit assemblage, la famille, et a pour champs une potentialité participative de toutes les organisations jusqu’aux confins de l’Univers. Pour relever du surérogatoire, il faut une disposition tenant à la raison d’être personnellement au monde des personnes depuis une libre participation advenant de la faculté de libre-arbitre. Étant entendu qu’on peut toujours faire plus que ce qui est dû, ou plus que ce qu’on a obligation de faire, depuis des conditionnements, et non pas comme disposition personnelle.
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Surnature
La nature-naturée et la nature-naturante peuvent être regardées comme des aspects de subjection, ou bien des aspects de subordination entrainant le fidéisme, selon la nature des motifènes de chacun. En cette disposition, des motifènes particuliers sont susceptibles d’orienter les déterminations singulières des acteurs d’une réalisation de la réalité, au sein du processus universel de hiérarchisation du pouvoir progressant tout au long de la stratifica-tion systémique de la réalisation du cosmos. Mais le sens d’une surnature s’applique, déjà par l’étymologie du terme et ensuite en référence à la théologie, au statut déitique qui, dans un continuum unicitaire d’infinité, d’absoluité et d’immanence, est censé surdé-terminer la condition de toute individuation finie, relative et variative se prêtant à organisation ; cette individuation fût-elle numériquement immense à mixer nature naturée et nature naturante. En ce sens le surnaturel est réputé ni créé, ni généré (condition nécessaire antécédente à ce qui est de l’ordre du possible). Elle se tient par conséquent hors toute instance temporelle conditionnatrice, en existant inconditionnellement de toute éternité. La surnature est en soi, de façon complémentairement intemporalisée et sans référence limitative à l’espace. Dès lors, nous avons à considérer des interfaces actives entre nature et surnature. À cet effet, on fait référence au transnaturel. Il s’agit ici de désigner la relation du naturel au transcendant, comme chainon assurant le rôle d’une surnature-naturante, et qui apparait, depuis ce terme, plus pertinente, au dire de plusieurs philosophes (lire notamment M. BLONDEL), que la référence au surnaturel, eu égard aux présupposés surtemporisateurs ainsi que surlocatifs avancés dans le signifié. Tandis que le préternaturel est propre à désigner l’activité supposée déroger au cours naturel des lois de la nature. Le domaine du transnaturel peut alors être posé de manière concise comme résultat ensembliste réunissant des caractères naturels à des caractères appartenant au domaine de la surnature. Cf. nature.
Sursumer
Mouvement de la pensée se posant complémentairement de celui consistant à subsumer. On sursume lorsque l’activité mentale consiste à penser l’individué comme fondé sur un certain composé plus ou moins complexe. Cette sursomption de quelque chose, qui
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s’établit en direction d’une indéfinité sécable, est à l’inverse du cheminement universalisateur de la pensée subsomptive.
Syllogique
Est syllogique la déduction médiate telle que du rapport entre deux propositions vraies (prémisses) on en tire une conséquence logique (la conclusion), si, dans le raisonnement, rien n’est sous-entendu et si, dans les arguments, rien n’est exprimé inutilement dans l’intention de tromper (Cf. doxa /épistème).
Symbole et symbolique
Passant outre la confusion courante de comprendre le symbole comme l’iconicité du signifiant, ou le signe de sa représentation, montrons comment la signification du terme peut avantageusement ressortir de ce qu’il désignait à son origine gréco-romaine, bien que ce soit d’une façon ésotérique. Il s’agissait avec ce terme de désigner, comme signe de reconnaissance, la manière dont les fidèles d’une croyance se reconnaissent entre eux. La circonstance a pour origine l’acte de sceller un pacte en confiant une brisure d’un vase à chacun des participants d’une délibération. Chaque tesson qu’il est possible de juxtaposer identifie dès lors les partenaires du pacte liant complémentairement les uns aux autres. Au fil du temps, le symbole devint aussi la graphie, tenue secrète vis-à-vis du profane, et susceptible de fonder des déterminations communes. Ainsi devint, par-delà le sens psychologique d’évoquer ce qui n’est pas significativement définissable depuis des associations d’idées, ce qu’on peut apercevoir de l’esprit d’une cause commune enfuie dans l’inconscient collectif. La symbolique ayant bien des acceptions connexes — pour cause d’apparaitre en elle-même indicible depuis le seul assemblage des signes identificateurs —, nous en resterons à son étymologie grecque et latine de “mettre ensemble”, puisque cette disposition évoque bien que si la transmission du symbolisé passe sous le formalisme des métaphores, d’allégories et de figures, ce qui est ainsi formé n’a qu’une raison : édifier l’intelligence des buts communs à rassembler des volontés dispersées. Ces formes sous-jacentes adhèrent à ce sens au travers des mythes fondateurs qui scellent les alliances basées sur la complémentarité des participants en vue des fins (mythes fondateurs auxquels se mêlent, éventuellement, les
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mystifications de meneurs dont le fait reste de rallier d’inauthenti-ques prosélytes, par là manipulés). Disposition posée tant il semble incontournable que chaque personne est semblablement un constituant unique et irremplaçable d’une réalité suprapersonnelle, si sa personnalité, fragment de Dieu Père, se considère à l’image du tesson dont la symbolique ne peut être lue qu’au terme d’un ultime rapprochement réussi de toutes autres ayant scellé le pacte des surpassements d’elles-mêmes librement consentis. À le dire d’une autre manière pour éclairer encore le propos, on peut dire que les symboles sont à l’esprit, siège du vouloir et des animations intérieures, ce que sont les significations dans le produit rationalisé entrainant la qualification des mentalités entre savoir et savoir-faire.
Sympathie
Marque d’attirance, certes, mais aussi le fait d’éprouver une communauté de sentiments. Il s’agit d’une capacité de subir de l’intérieur le rapprochement entre deux êtres. Ce rapprochement s’appuie, bien sûr, sur le manifesté, mais consiste en un non-dit. L’empathie est à l’encontre tout à la fois agir et pâtir (pathos et ithos), en ce que la personne porte à l’autre un sentiment reflétant une communauté d’impressions coïncidant avec sa capacité à pressentir ce qu’autrui ressent, s’identifiant à cet autre en puisant dans son propre vécu de manière semblable. On pourrait situer l’empathie dans un rapport des symboles à la sensibilité de l’esprit et la sympathie dans un rapport aux significations passant par la sensibilité mentale. Dès lors, c’est une impression mixte, tout à la fois symbole et signifiant, qui appartient à la sensibilité de l’âme et par laquelle celle-ci éprouve son engagement.
Symphysaire
De symphyse, désigne la cohésion de l’uni.
Synaitie
Depuis l’idée d’union ou de concomitance, marque l’effet du temps sur le contenu dispersé dans l’espace, sous-jacent au mouvement contre-entropique ordonnateur, et en tant que le moteur du processus d’organisation. Comme terme proche, on désigne aussi, avec la synanthie, la soudure accidentelle de deux organes, ou celle de parties organiques proches. La différence est que le principe de fonction reste attaché à l’effet synaitique, alors qu’il manque à la synanthie.
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Syncratisme
Est syncratique le gouvernement arrivant ou agissant par l’interface endocosmique sur l’encours réalisateur. Son régime est supposé transcender l’administration hiérarchisée agissant au niveau de l’organisation de l’Univers depuis l’interface exocosmique. Conséquemment, le syncratisme semble surdéterminer les effets de la progression exocosmique, depuis des effets attendus en vue d’un résultat situé hors l’encours performatif réalisant l’univers. À ne pas confondre, donc, avec le syncrétisme qui, par évocation de l’union des crétois contre l’ennemi, représente le pouvoir combinant des entités de même espèce (ce peuvent être des systèmes philosophiques, ou des doctrines religieuses) jusqu’à former un ensemble percevable globalement. Notons encore que la synarchie représente le gouvernement simultané et synergique de plusieurs détenteurs de pouvoirs particuliers.
Syndérèse
Terme de la scolastique marquant l’état d’attention, sise au niveau de la conscience morale, venant d’un retour sur la condition de soi vue comme résultat du volontairement vécu et entrainant souvent la contrition. La syndérèse représente plus particulière-ment l’instance du travail mental qui est à rapprocher des valeurs d’action dans la liberté d’agir, en vue de décider du choix des vecteurs de soi.
Synecdoque
Compréhension simultanée de plusieurs choses, ou figure de rhétorique donnant à saisir une chose par le moyen d’une autre : la partie pour le tout, le supérieur par l’inférieur, l’objet par sa substance…
Synéchisme
Du grec sunekheia signifiant la continuité, représente la doctrine impliquant le principe d’une continuité nécessairement existante, sous-jacente aux discontinuités d’être et d’avoir, spécifiques de l’expérience de l’existence. Elle est incluse dans la théorie cosmologique des catégories holistes classant les réalités dans le concept d’univers organique (PIERCE, Scientific Metaphysics,
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volume VI), et accompagne surtout l’induction métaphysique conduite dans un pragmatisme logique.
Synérèse
Rapprochement en pensée de plusieurs significations susceptibles de former un concept nouveau. C’est une opération relevant du processus de sémasynthèse.
Synergie
D’un point de vue phénoménologique, le principe de synergie caractérise le travail coordonné entre les choses ou entre les êtres, entrainant des fonctions au tout. Cela, en ce que l’effet synergique représente l’occasion réalisatrice du potentialisé en quelque chose d’individué au plan macrocosmique de la strate de systémation considérée, auquel sont octroyables des attributions qui n’appar-tiennent pas aux simples relations du même contenu inorganisé dans le substrat. Ce pouvoir d’action réalisé au superstrat, et dont profitent les parties dans le tout, est réputé ne pas changer la puissance d’action au niveau des éléments coopérant à l’obtention de ce pouvoir afférent au tout. On citera pour exemple la similitude d’effet entre la synergie [assimilation-digestion-dépense] pour l’individu et le rapport [industrie-administration-commerce] pour ce qui est du “corps social”. Dans ces rapports, il apparait évident que l’effet ne se situe pas au niveau des cellules constitutives des organes, comme il ne se situe pas non plus au niveau des individus constitutifs des organisations sociales, sinon indirectement. Il parait important de souligner que la somme des puissances individuelles ne varie pas entre l’organisé et l’inorganisé, seule la quantification du pouvoir distingue entre plusieurs degrés d’intégration organisatrice.
Synesthésalité
La synesthésie représente la sensibilité causée par la synergie entre plusieurs sensations, comme l’audition d’un son entrainant de plus chez certains sujets la sensation visuelle d’une couleur correspondant au timbre perçu. Distinguée de la synesthésie en ce qu’on désigne avec ce terme comme on vient de le voir la faculté de ressentir depuis la fusion en une seule sensation des perceptions parvenant par au moins deux organes sensoriels différents, la synesthésalité représente, vis-à-vis des conceptions, et non plus
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des perceptions, ce qui apparait à la conscience de la réunion sursignifiante résultant de la sémasynthèse (union entre au moins deux états du préalablement sémanalysé).
Synopsie
Vue panoramique dans l’examen du monde par la pensée.
Synthétiser
Opération intellectuelle depuis laquelle on assemble des informations disparates en une vue constituée d’ensemblements conceptuellement cohérents. Au contraire de la synthèse, avec l’analyse, on considère les choses au regard des éléments composant l’individué.
Syntonie
Rapport à la tonique des harmonies dans la division des tons. Va avec la diatonique et a pour extension un sens plus abstrait (Cf. adjuvant). La syntonie représente pour une personne, l’ambiance tout imprégnée d’unisson psychique et thymique avec son entourage : être sur la même longueur d’onde, être en accord.
Systémique récursive
Démonstration par récurrence de la stratification complexificatrice des réalités. L’induction érigeant en loi générale l’émergence progressive de nouvelles réalités au monde relève du constat de ce que les propriétés acquises au niveau des réalités d’une strate le sont pour les strates supérieures. On démontre par récurrence l’existence de superstrats du seul fait que la strate des réalités humaines repose sur un certain nombre de stratifications substratives, alors que, comportant encore des potentialités, les réalités de cette strate ne peuvent être les dernières. Elles ne peuvent l’être encore, attendu que leur fait contient des événements dont on ne peut rendre compte depuis ce niveau médian de réalité, ni comme éléments susceptibles d’advenir depuis le seul examen du substratif. Dans cette disposition afférente à l’instance de réalisa-tion progressive, la régression du réalisé ayant une fonction repo-tentialisante, s’oppose à la progression potentialisée des réalités allant avec la complexification des fonctions dépendant de l’orga-
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nisation substrative : particules  atomes  molécules  cellules  organes  organismes  superorganismes, ainsi que ce qui est attendu jusqu’à une ultime réalité réalisée devant coïncider à l’Univers lui-même vu dans son unicité et non pas depuis l’organisation indépassable considérant comme ultime composant un total de parties.
Systémique
Étymologiquement, le mot évoque assemblages et constructions composées de parties préalablement dispersées et différemment réalisées. Donc, tout d’abord une évidence : il n’y a pas de système possible entre choses individuées à l’identique. En sorte que, par cohérence, la systémique s’édifie comme discipline étudiant l’émergence du nouveau depuis la mise en rapport de choses différentes. Dans le présupposé stochastique, des résultats progressifs ne peuvent advenir d’eux-mêmes étant subordonnés aux seules réactions propriatives afférentes à la maintenance distribuée des parties. On ne peut d’expérience que constater qu’une progression générale ou poursuivie dans son effet contre-entropique d’ensemble, sans possibilité d’en observer in situ le moteur. La raison ne peut que rester insatisfaite de cet état de chose. Aussi devons-nous rendre compte des progressions ordonnant lesdites parties vers plus d’organisation depuis des raisons appartenant à un quid proprium se tenant hors instance de réalisation, ou pour le moins, dont l’existence n’est pas mani-festable en celle-ci. Dans son acception retenue en métascience, toute considération relative à un système, en tant qu’assemblement complexe d’éléments disparates, présuppose que les liaisons fonc-tionnelles des parties entre elles sont préalablement conçues et déterminées avec effets attendus par des agents spécifiques. Autre est ce qui peut résulter du hasard dans l’assemblage structuré au gré des réactions du milieu livré à lui-même et conséquemment sans fonction au tout. Étant donné que se trouve sous-jacente à ce réfé-rentiel la notion d’ensemble de parties interdépendantes depuis des activités conditionnelles, exercées en vue de l’obtention de résultats attendus, on entend mieux en systémique l’étude des fonctions soumises au principe de valeur. Dès lors, on étudie restrictivement avec la cybernétique les dispositifs communicants susceptibles d’assurer des régulations interactives qui représentent évidemment
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le fait attendu de leurs promoteurs. Par conséquent, le terme de cybernétique s’applique aux mécanismes régulateurs advenant dans les échanges internes aux systèmes, que ceux-ci soient naturels ou artificiels. La cybernétique vise de fait l’art de réaliser l’action efficace dans l’économie des moyens. On y choisit, relativement à chaque situation réalisatrice d’effets attendus, la meilleure suite d’actions assortissant 1) la finalité attendue, sinon la poursuite de buts prévus ; 2) les moyens : ce sont les ressources disponibles circonscrivant le déjà réalisé apte à servir le projet (c’est depuis semblable instance que le projet anticipe et prévoit toutes les conséquences actantielles de l’encours réalisateur). C’est dans cette disposition que nous considèrerons encore la faculté d’apprentissage et la capacité participante entre : 1) les effets : la suite de mesures comparatives entre l’attendu et l’effectué ; 2) le contrôle d’autorégulation par adaptation, opportunément aux circonstances exogènes et endogènes du systémisé. La théorie de la cybernétique générale conceptualise pour arriver à cette fin, non pas l’analyse du principe d’action, mais la synthèse en rapport aux structures d’activités propres aux systèmes. Au mieux, c’est de l’examen de ce par lequel nous arrivons ainsi nous-mêmes à nos fins, que nous pouvons concevoir la modélisation à même de rendre compte du processus de progression des réalisations métamorphiques du cosmos avec l’espoir d’une meilleure rationalité que celle sous-entendant le paradigme actuel d’autogénération du monde. Rappelons que la discipline systémique diffère de celle qui affère à la systématique, en ce sens qu’avec la systématique on étudie la classification des systèmes, ou leur taxinomie, depuis l’assortiment des choses apparentables. Encore une remarque, en aparté. Attention à la dérive sémantique maintenant que le puissant lobby des producteurs de pesticides agricoles qualifie de “systémique” sur les notices à l’usage des consommateurs et dans les rapports d’homologation auprès des administrations, non pas l’action conjuguée de plusieurs produits chimiques, mais des produits chimiques endo-actifs, en opposition à ceux qui se déposent en surface des plantes.
Taxèmes
Terme de sémiotique désignant le regroupement interdéfinissable de sémèmes entrant dans la représentation
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paradigmatique d’un signe (le sémème comme ensemble des sèmes identifiables dans un signe).
Tectologie
(A. BOGDANOV) étude expérimentale et spéculative portant sur la stratification de l’être humain sur trois niveaux complémentaires de réalité, en ce que sa vie est censée relier à terme l’organisation fonctionnelle entre le somatique, la psyché et l’esprit, par le biais d’organisations mixtes actuellement plus ou moins matures, voire encore à l’état embryonnaire, en sorte que l’intercommunication peut n’être que potentielle.
Téléologie
La téléologie est à la base du concept du processus de transformation dirigée à propos du présupposé de nature. Avec ce concept, nous tenons la possibilité d’une préconnaissance des buts, en tant que finalisations attendues pour cause d’intentions et qui sont susceptibles d’advenir au terme de transformations métamorphiques intermédiaires. Ce qui dans la nature peut être considéré comme téléologique est réputé arriver de manière voulue, sans pour autant exclure ce qui arrive étant stochastiquement transformé (cela qui complémentairement advient sans être voulu). On y fait référence à une théorie des finalités qui donne des raisons aux causes et à leurs effets rencontrés dans les événements transformateurs des états intermédiaires du monde. Prémisses inacceptables pour beaucoup de scientifiques contemporains se suffisant du seul savoir apostériori. Aussi, pour satisfaire cet appréhendement unilatéral, Ernest MAYER, puis Jacques MONOD développèrent-ils la notion de téléonomie significativement plus restreinte. Il s’agit de désigner la finalité en tant que résultat objectif des événements physiques n’impliquant aucune qualification du domaine des réalités psychiques, ni aucune notion de valeur au sens spirituel du recherché en vue d’un résultat intentionnel. L’idée est que si l’on ne peut décrire objectivement la motilité du vivant en occultant la notion d’action avec effet attendu, il reste toutefois possible d’en considérer l’instance réduite à sa simple causalité, c’est-à-dire sans la considérer dans son implication causale et intentionnelle. Il est amusant d’apercevoir que, paradoxalement, une telle idée se retrouve inévitablement formée en vue d’un effet attendu, celui de montrer
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que le concept d’effet attendu représente un mythe attaché au passé antérieur au positivisme salvateur. Autrement dit en occultant que cette idée n’advient elle-même pas sans intention.
Téléonomie
Voir: téléologie
Temps
LEIBNIZ, que l’on apprécie pour sa rigueur épistémologique, disait que l’espace ne peut être vide, la spatialité représentant un ordre de réalité spécifique des coexistences, en ce que celles-ci sont dépendantes des relations dans le prédicat de relativité, par lequel la durée ne représente que l’ordre des successions. La considération événementielle du cosmos s’établissant entre une origine des coexistences à entropie infinie (l’existence en état de division indépassable) et une finalité par laquelle une indépassable mise en ordre est consommée comme intégration en un unique existant, semble le seul concept ne violant pas le principe de raison suffi-sante susceptible d’établir la dichotomie entre contenu existentiel et contenant spatiotemporel d’être, d’avoir et de faire. Si le contenu donné en existence était annihilé, son conteneur spatiotemporel le serait aussi, alors que la réciproque n’est pas également vraie. Ce qui conforte la raison donnant l’existence première et ses conti-nuums seconds. Mais dans la notion contenu /conteneur du dit devant établir la prééminence de l’existence sur le temps et l’es-pace, la problématique se pose seulement à ne pas perdre de vue qu’il s’agit de considérer des états de l’ordre de la coexistence s’établissant entre continu et discontinu. L’existence relative qui est coexistence simultanée dans l’espace et successive dans le temps, tient intrinsèquement à la discontinuité, tel qu’étant continue et unaire, il n’y a pour l’existence complémentairement absolue ni simultanéité, ni succession. Donc aucune spatiotemporalité à fonction limitante. Remarquons que cette exigence spéculative impliquant de considérer la primauté du continuum absolu sur des continuums de relation (le relatif), n’est pas à remettre en question le processus scientifique subordonnant la théorie à la preuve d’ex-périence. Ces préliminaires étant posés à considérer la fonction temporelle, des philosophes de culture persane discriminent, depuis plusieurs siècles, quatre catégories de temporalisation que sont :
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zaman, dahr, sarmad et azal. L’azaléité, définie ainsi qu’une capa-cité illimitée d’antécédents et de successions de ce qui est et a en soi sans nécessité du principe de relation, représente le temps n’ayant ni commencement, ni terme, spécifique du continuum subabsolu ; la sarmadéité, avec un nombre illimité d’antécédents et limité de successions, est durée spécifique des ex-sistés au monde depuis le continuum subabsolu, donc sans origine dans le statut indépassable d’être ainsi que d’avoir au monde, mais dont on peut concevoir la fin ; la dahréité, antécédents limités et successions illimitées de ce qui, devenant, a bien une origine, mais dont on ne peut ni voir ni concevoir la fin, en ce que ce devenir atteint une finalité d’être par l’Univers ; enfin la zamanéité, qui considère des antécédences et des successions également limitées, donc en réfé-rence avec ce qui a un commencement et également une fin. Ces quatre classes de durée constituent l’exhaustion des catégories du temporalisé. Ce sont alors les quatre classes logiques de durée depuis le temps relatif au principe de successivité dans le caractère d’être fini (sans d’origine /avec une origine, pas de fin /une fin). Nous devons appréhender semblable disposition pour concevoir un temps rendant compte d’une négation du principe de successivité. Ce temps d’une ubiquitaire éternité, représentative de l’unicitaire existence absolue, se pose comme effet du statut aséitique d’être et se caractérise, en tant qu’image en rapport à notre continuum, par un délai nul entre le voulu et le réalisé. D’où le concept d’omnipré-sence par plénitude ubiquitaire d’exister en tout temps, ainsi que d’omnipotentialité depuis une façon immanente d’être spécifique de l’ultrasistence, par rapport à l’existence dans la succession indéfinie des moments présents successifs entrainant la temporalisation en subsistence et des potentialités limitées. Le temps transtemporel également sans origine et sans fin, dont la plénitude réalisatrice reste inatteignable depuis les considérations de finité spécifiques de notre continuum, est également illimité, mais pour se concevoir dans le mixte constitué de l’intemporel et du temporel. C’est celui que donne la tradition gnostique à l’univers postfinalitaire (le plérôme), en tant qu’union entre l’univers des évolutions temporali-sées et le continuum subabsolu des ex-sistés. En effet, c’est en ce continuum là que peut se trouver vécue une expérience mixte reliant les trois domaines représentés par l’existence dans l’éternité, l’existence dans le temporalisé, et également l’extemporanéité particulière au temps nul d’être. Enfin pour finir, sans doute le
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temps le plus abstrait, celui de l’ubiquité limitée d’être sans d’ori-gine, mais avec une fin, autorisant une durée nulle insérée entre le voulu et le réalisé selon des conditions. On le conçoit comme spécifique de la perfection d’être par constitution originelle, carac-térisant la présomption des ex-sistés depuis l’absolu qui, en tant qu’image symétriquement intemporelle des devenirs du cosmos, sont susceptibles de former le produit fusionnant l’identité archétypale du préformé hors instance de réalisation progressive, avec le formé résultant temporellement de l’épuisement des facteurs de perfectionnement. Par analogie, nous pouvons considérer qu’un projet intellectuel advient étant généré hors instance réalisatrice, mais qu’il trouve sa fin dans l’achèvement en réalisation. C’est que si le temps d’être par présence ubiquitaire est supposé spécifique de l’Univers perfectionné conçu comme l’investissement de la discontinuité amoindrie qui suit l’éphémérité, la capacité de com-pétence conjointe au pouvoir finalitaire d’être, coïncidant avec la puissance de faire réduisant à l’infime la distance temporelle limi-tante insérée entre le voulu et le réalisé. Et si pour contrepartie l’éphémérité des états d’être ne persiste pas suffisamment pour déterminer une existence au-delà des subsistences, avec ce qui s’insère entre le voulu et le réalisé comme durée réalisant l’avoir (elle peut être grande, mais reste limitée), alors il nous faut encore concevoir la péritemporalité caractérisée par un temps nul en devenir et en acquisition, par suite d’un état en substance d’avoir et en essence d’être sans potentialisation (cela qui est énergétiquement privé d’effet réalisateur). C’est la spécificité continuumique du chaos. Il s’agit d’un temps isomorphique, sans passé ni avenir, qui se pose comme la source du contenu donné à transformation métamorphi-que dans l’instance de réalisation du cosmos. Il y a bien mouve-ment en son milieu, mais à entropie théoriquement infinie, donc sans variation d’état et aucun des événements concomitants réali-sateurs. La péritemporalité s’instaure par suite entre l’éphémère et l’extemporanéité correspondant à l’ubiquité de n’être pas,24 auquel correspond le fait vide, sans origine et sans fin, distinct de l’instant s’insérant entre deux événements non vides. Coïncide à ce statut une durée infinie insérée entre une pseudo-cause et son effet vir-tuel, qui représente bien l’aspect contingent à l’éternité spécifique
24. C’est-à-dire, non pas le fait de n’être pas au sens néantaire, mais celui d’existence-non-existante.
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d’une absoluité inconditionnée. Par rapport au chaos qui contient ce qui n’est pas temporellement potentialisé, l’infinité inconditionnée, comme existence-non-existante, reste antithétique de l’éternité, postérieurement à sa phase d’intemporelle séparation d’avec l’exis-tence-existante, en ce sens que l’extemporanéité représente la négation de l’ubiquitaire éternité, et non pas sa privation. En effet, si l’infinité non contenante se pose par déclaration apophatique privative d’une absolue existence dans l’éternité, l’éternité peut être déclarée de manière cataphatique en considérant l’opposition de la kénose au plérôme, non seulement selon le principe du tiers exclu (la privation attributive au néant de l’un, simultanément à la pléni-tude sémiotisée de l’autre), mais de plus en considération d’un tiers inclus complémentaire et contingent, en référence au mixte tout à la fois ni niable et ni affirmable. Ceci est posé en sorte que l’infinité non contenante soit bien, à l’encontre, la privation propriative correspondant à l’inconditionnelle anexistence qu’on rapporte au néant intersectif entre l’absolue existence-existante et l’incondition-née existence-non-existante.
Ternalité
Nous connaissons la doctrine du monisme qui explique l’ordre des choses par lequel on rend compte de la formation du cosmos depuis ses seuls aspects physiques, ainsi que la doctrine dualiste combinant la responsabilité oppositive de principes premiers coéternels, matière et esprit. C’est donc une suite logique que de faire reposer la faisabilité du contenu cosmique sur le concept de ternalité par lequel on invoque la contractualité entre trois aspects irréductibles et fondamentaux de la nature. Nous y considérons la progression parallèle entre les domaines du physique, du psychique et du spirituel, comme étant irréductibles entre eux. Mais, par analogie aux possibilités indéfinies de coloration depuis les trois couleurs fondamentales, les domaines du physique, du psychique et du spirituel sont susceptibles de former une indéfinité de compositions individuées mixtes. Le concept est à la base de l’entendement du processus de transformation métamorphique passant par l’instance performative de réalisation cosmique depuis le préalablement ex-sisté au monde pour être, avoir et faire. Du seul point de vue cosmologique, il semble bien que c’est depuis le concept de ternalité que l’Univers des univers trouve son explica-tion possible en raison, et qu’une indéfinité potentielle rend toutes
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choses possibles en réalisation depuis des occasions d’être, d’avoir et de faire.
Théisme
Doctrine monothéiste montrant l’existence suprapersonnelle de Dieu depuis la dissémination dans l’Univers des êtres personnalisés. Diffère du déisme en ce que cette dernière doctrine se réfère à l’existence divine considérée en soi, indépendamment de l’événement Univers. Depuis cette disposition, la théodicée représente une section de la métaphysique traitant des attributs spécifiques de la transcendance divine, tandis que la théogonie est une branche traitant de la “filiation” divine, dans le principe de génération processuelle transcendante, c’est-à-dire parfaite par constitution originelle (en ce qu’elle n’est pas à passer par une instance de perfectionnement). Très succinctement, définissons la théologie comme le discours scolastique ou spéculatif traitant de nos humaines représentations à propos de Dieu et advenant sur base de révélations fondatrices, en réaction aux événements religieux vécus depuis l’âme humaine. On distinguera encore la théosophie qui représente la tentative connexe de connaitre intuitivement la surnature du divin par l’examen de notre propre milieu : la nature-naturée de notre exocosme.
Théorème
Voir: doxa /épistème
Théorétie
Du grec theôrétikos : le fait de contempler les événements du monde sans en pâtir, pour cause d’observer les choses d’une position plus intériorisée. Si en science la théorie concerne la production de théorèmes — ce qu’on donne à contempler par la pensée du champ de la phénoménologie du monde depuis un regard porté sur l’expérience directe qu’on en a —, est en métascience théorétique l’action de porter un regard sur cette pensée du sujet pensant le monde. En référence au principe de multi-ordinalité gérant des niveaux de conscience, la théorétie subsume le niveau épistémologique de théorisation. D’où l’activité spéculative exercée en des paliers de plus en plus intériorisés, ou en des positions chaque fois plus centrales par rapport aux sphères concentriques
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déjà reconnues dans leur processus d’individuation. Depuis cette disposition, l’appréhendement qu’on fait de l’inconnu plus intériorisé est à prendre appui sur la tangibilité du préalablement structuré en position immédiatement extérieure, mais depuis l’entendement, cet ancien ouïr de l’intérieurement conversé. La théorétie consiste à prendre en pratique dans son champ de conceptualisation, essen-tiellement le discours philosophique qui commence avec l’épisté-mologie et qui finit censément avec l’éthique, puisque c’est à l’ap-préhender qu’on se trouve à concevoir ce qui est censé transcender le niveau humain d’organisation réalisatrice du potentialisé. C’est-à-dire que si la théorie a pour objet l’activité extérieure du monde, la théorétie subsume cette théoricité en consistant à s’appuyer sur le constat du pensé depuis des signifiants multi-ordinaux, pour aborder les constituants du transcendant. Tout cela est dit à ne pas perdre de vue que la recherche théorétique, en visant ce qui se forme dans la considération de la partie au tout, est distincte de la théorie par laquelle on formalise le rapport de la partie à la totalité.
Théorie
Voir: doxa /épistème
Thymique
Du grec désignant le coeur, non dans le sens de l’organe cardiaque assurant la circulation sanguine, mais dans celui qui, au “coeur” de l’individu, commande son humeur par le biais de l’affectivité du vécu. Traitant dans ces pages de métaphysique, développons à plus de profondeur ce sens déjà retenu en psychologie. La racine grecque Thym servit dans l’Antiquité pour évoquer ce qui est central à l’esprit ainsi qu’à l’âme, et comme étant susceptible de relier la conscience tenant au biologique, à l’être qui, par transmu-tation, se forme dans le codomaine des réalités supraphysiques, ou complémentaires du physique. On trouve ainsi à l’évoquer thymel, autel des offrandes, et thymia, parfum. Le sens que l’on cerne là diffère bien évidemment de celui qui désigne en psychologie l’humeur résultant de dispositions affectives basiques. Cela dit en raison de ce que si le “coeur” somatopsychologique, qu’on surim-pose en psychologie au kardia physiologique, est le centre reconnu des sentiments et des passions, c’est à ne pas oublier que PLATON fit de thymos un “coeur” qui bat au niveau du mixte psychospirituel
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opposé. Comme contrepartie du coeur psychosomatique, siège de l’affectivité, le mixte psychospirituel irrigue, lui, l’anima depuis le courage et l’ardeur portant certains aux dépassements d’eux-mêmes par le biais consistant à viser un bien commun (à l’exemple des héros). Ce qui fait de thymos le siège des déterminations du “soi” au niveau des transmutations supraphysiques, comme effet de l’intention gouvernant la structuration du vouloir au contact des sentiments d’amour restant inexprimés au niveau psychospirituel, en surmontant des désirs affectifs ne touchant que le niveau psycho-somatique du “moi”.25 Disposition assortissant la surimposition des trois aspects contractuels de réalisation de la réalité, matériel à l’exocosme avec le cardiaque, mental au mésocosme avec le thymique des psychologues, et vers le spirituel à l’endocosme depuis l’aspect du thymos antiquement aperçu par PLATON. C’est dans une même acception relationnelle que le mental, qui a en lui le pouvoir de qualificativement gouverner les transformations métamorphiques du domaine matériel, est lui-même intérieurement sensible aux suggestions de l’esprit par le moyen d’une interface semblable au domaine psychosomatique, l’interface du domaine psychospirituel de l’âme humaine. L’épithymêtikon peut désigner dès lors la personnalisation sous-jacente à l’organisation physicopsychospirituelle de tout être doué d’un [vouloir • savoir • pouvoir] recevant sa motricité de la divine présence intemporelle au noyau de son être. En ce sens que c’est elle qui semble soumettre à quelque gravitation hyperphysique, hyperpsychique et hyperspirituelle, les aspirations et souhaits, élans de l’âme et dépassements des états de soi, en vue d’un dessein postfinalitaire. D’une telle organisation peut naitre au niveau surmental la sophia, en ce que la sagesse est à conjoindre en elle depuis des tempérances de la raison, les sentiments affectifs de l’interface psychosomatique et les hardiesses de l’interface psychospirituelle. Ces choses sont encore à entendre l’homakoeion de PYTHAGORE, en ce qu’il est fondé sur l’ensemblement de l’areté (vertu), le ponos (effort) et phylas (l’amitié). Dans un sens métaphysique plus général et à défaut de vocabulaire plus spécifique, le thymique peut de plus désigner la substantialisation finalitaire vue en tant que nature mixte issue de la fusion entre le physique, le psychique et le spiri-
25. Possibilité de concilier l’inévitable mensonge du paraître être depuis le moi, au secret d’être en soi.
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tuel, ayant, en rapport à une deixis locale,26 épuisé toute potentia-lité de réalisation performative. Ce mixte thymique sustente alors finalitairement la présence divine au centre des êtres. Les êtres qui, pour être, passent, eux, par des métamorphoses performatives transsubstantielles arrivant depuis le processus progressif de trans-formation depuis des occasions.
Tiers inclus, tiers exclu
La pensée consiste à élaborer du dicible en puisant le significatif dans l’état du discursif, le logique dans l’état du raisonnement, et ses convictions dans l’état de l’ontologique. Dès lors qu’on raisonne depuis la logique du tiers exclu, notre référentiel est local. Ce qui entraine que, dans le champ indéfini du pensable, nos conclusions du moment font référence au “point de vue” soumis à une déixique particulière. Aussi, c’est de ne pas apercevoir que ce qu’on trouve bon de croire vrai en chaque époque ne peut être séparé de ce qu’il est possible de savoir en d’autres, qu’il advient qu’on tienne nos conclusions suffisantes à coller au contexte de l’époque, de plus définitives pour toutes, alors qu’elles ne sont pertinentes qu’en relation à ce qu’on tient dans le moment. Devant ce constat chaque fois renouvelé, la logique du tiers inclus considère ce que voici. S’il y a de la dissimilation, comme processus de distinction de sens afférent aux signifiés et dont s’est emparée la logique du tiers exclu, aussi le processus complémentaire inverse. Dans le but de diminuer progressivement la localisation de nos déductions, la proposition allant avec le tiers inclus tient à ce que l’indexation des expressions significativement innovantes passe par l’induction de polysémies complexificatrices de sens. Notion faisant référence en sémiotique au concept de surdétermination des oppositions entre le thétique et l’antithétique, spécifique de l’instance contractuelle de l’un à l’autre des termes opposés, depuis des opérateurs appropriés. Mais tout comme le concept de relativité générale ne porte pas atteinte aux prédictions établies en physique dans le domaine de la relativité restreinte, le concept de tiers inclus ne réduit en rien les avantages du bon usage de la logique établie dans le cadre du tiers exclu. Pour être issu de considérations spéculatives, le concept de tiers inclus trouvera certainement dans l’avenir nombre
26. C’est-à-dire ici et maintenant, en raison de cette présente deixis individuelle.
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d’applications logiques dépassant son actuel rapport sémiotique de multi-ordinalité.
Topique
Qui concerne le lieu, se rapporte à un endroit, une situation relative, à cela dont on parle.
Topologique
Est topologique un espace de relation, d’ordre, et de position entre éléments, liant par des propriétés de voisinage qu’on saisit en référence au principe d’éloignement dans les intervalles qualitatifs, sans inférence, ou sans subordination au principe d’espace physique par lequel on quantifie l’éloignement.
Transactivité
Ce qui est sous-jacent à l’activité et qui conditionne des déterminations contractuelles pouvant sous-entendre le principe d’équité en ce qui est des valeurs actorielles, comme de coordination pour ce qui est des relations qualificatrices, ou encore d’équilibre avec des relations propriatives.
Transfini
Imaginons qu’une forme sans masse s’éloigne continument de l’Univers des univers selon une ligne droite. Du fait que la chose ainsi considérée s’éloigne sans subir la moindre gravité et progresse sans le moindre obstacle, elle deviendra d’autant plus distante que le temps s’écoulera. Et s’éloignant indéfiniment, pour autant que son temps d’être subsiste perpétuellement, sa distance à l’univers, essentiellement distincte de la notion de distance infinie, est indéfiniment finie, puisqu’à toute augmentation limitée d’éloigne-ment peut être indéfiniment ajoutée un élément quelconque de même espèce. Ainsi le transfini représente le champ indéfini du fini, mais on peut entendre cette transfinition en référence à l’espace quantifiable à x dimensions, comme à celui, topologique, de distanciation qualitative. Par exemple comme qualitativité relative du monde en référence à la nature qualificativement privative (unqualified) de l’Infinité (Cf. La cosmologie d’Urantia). Cela dit dans le sens que s’éloignant indéfiniment de l’absolu en remontant la temporalisation de son effectuation progressive, le relativement
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qualitativé au monde ne saurait se réduire à rien, quel qu’en puisse être l’amoindrissement en direction de l’Infinité sans qualification. D’une façon générale, on connait la transfinité comme interface advenant de la réunion des caractères qui appartiennent au domaine de l’infinité réelle, à ceux qui sont du domaine de la finité. En effet, si l’on forme un ensemble constitué de tout ce qui est bornable, alors la complémentaire contient, dans un ensemble infini, ce qui relève du transfini. La transfinitude peut se représenter comme le produit mixte de l’infinité réelle au fini, moins la finité qu’on a constitué depuis l’ensemblement du fini, mais à la condition de tenir que, tout comme l’infini, le transfini est adimensionnable (est translimitable). C’est la condition de pouvoir distinguer l’infinité réelle comme référent du continuum de ce qui reste inchangé quel que soit ce qu’on en retire, ou qu’on y ajoute de fini (le bornable), si ce qui est fini se distingue comme restant lui-même inchangé lorsqu’on lui ajoute ou qu’on en retire une grandeur nulle.
Transient
La distinction cantorienne entre la réalité immanente (qui est intrasubjective), domaine d’extension théorique de la réalité finie, et la réalité transiente (transsubjective), domaine de la réalité finie, semble avancée par CANTOR pour discerner entre les informations de l’expérience extraceptive et la connaissance tenant à l’expérience introceptive. Car, relativement à la réalité transitive, considérée dans le sens transien de ce qui passe au travers de la progressivité du dépassement des états actualisés de la réalisation de la réalité, on conçoit que la capacité d’agir est censée s’épuiser dans son effet ; quand on tient avec la réalité immanente le concept d’une capacité d’agir qui ne diminue évidemment pas avec une production quel-conque d’effets. Et dans cette disposition, il semble clair que c’est la réalité transiente qui est une partie stricte de la réalité imma-nente ; le caractère d’inépuisabilité de l’immanent surdéterminant le caractère d’épuisabilité du variant.
Transnaturel
Voir: nature
Transtemporel
Voir: temps
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Trophicité
Relève du trophique, et donc de la trophologie introduite comme science du processus général de nutrition par lequel tout organisme, au sens systémique du terme, prend sur le milieu extérieur substances et besoins métaboliques. Dans le contexte d’une pluralité de domaines contractuels allant avec la formation métamorphique de l’instance performative du monde, on distin-guera les trophies spécifiques des organisations physiques (méta-bolismes matériels), psychiques (métabolisations mentales), ainsi que spirituelles (métabolismes de l’esprit). En fait, à côté des “nutritions” spécifiques de ces trois fondamentales contractuelles sont encore à considérer les échanges métaboliques spécifiques des constitutions mixtes qui les interfacent à pouvoir les relier fonc-tionnellement ainsi qu’un tout organisé. Ceci étant de la trophicité, la tropicité représente l’aspect connexe des activités de dépense, relativement aux directions prises des métamorphies précédem-ment organisées depuis des métabolisations spécifiques. Il s’agit des mouvements physiques, bien sûr, par exemple avec les orbes planétaires, mais aussi maints aspects réels rendus signifiants depuis des figures de rhétorique, comme l’orientation d’un libre parcours du voulu sur le plus prégnant, ou la mise en orbite des mentalités sur le plus probant, ainsi que des centres d’attractions issus des sentiments. On peut dire que l’orientation de la volonté, des sentiments, relativement à la spécialisation des connaissances dans le connaissant et son usage en dépenses qualificatives, ou la détermination d’un choix de conduite actorielle formatrice de l’anima (l’anima en tant que matrice de l’âme) constitue aussi le trophotropisme qui, en définitive, participe du principe général d’évolution vectorialisée d’une chose autour de ce qui appartient à une autre chose. En fait, le principe apparait à la base de tous les mouvements de structuration qui précédent l’organisation, en ce sens que l’orientation vectorialisée de chaque chose autour d’autres plus attractives en règle progressivement le cours. Depuis ce dispositif, le processus de satellisation du moindre sur le plus important, constitue apparemment la dynamique d’une hiérarchisation progressive du systémisé. C’est dans ce cadre qu’avec la materia matrix on considère dans le teilhardisme la réalisation matérielle du cosmos comme la matrice de l’esprit cosmique, en tant que phase de réali-sation antérieurement nécessaire à une spiritualisation ultérieure ;
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en raison de ce que toute réalisation est sous-jacente des progressions soumises au principe de récurrence des acquisitions.
Tropicité
Voir: trophicité
Tychisme
Du grec tyché (hasard), désigne la doctrine expliquant les causes du monde depuis le hasard. À ne pas se suffire de cette explication, le hasard rend compte de l’aspect nécessaire qui adhère au principe d’indétermination pour rendre compte de la possibilité détermi-native. Non pas l’indétermination du fait de notre ignorance des événements de la nature, mais en tant que seul l’état primordial d’indétermination permet la détermination actuarielle d’advenir, si ne peut se prêter à détermination que ce qui n’est pas déterminé tout en ayant potentiellement la faculté déterminative.
Types
Voir: archétype
Ultimaton
Au delà la plus petite particule découverte, désigne la plus petite particule physique réelle (cf. Le livre d’Urantia).
Ultrasistence
Le statut d’existence qui est la source inconditionnée et première de tout autre statut existentiel.
Unaire
De la nature de l’un
Unicitaire
Si l’on forme un ensemble de tout ce qui répond au principe d’individuation tenant au prédicat de séparation de notre continuum des multiplicités discontinues quasi indéfinies d’être, d’avoir et de faire, alors il reste la continuité complémentaire d’existence unicitairement unaire. Depuis la logique des sémanticités dont on use ici, l’unicité ne représente pas la limite du processus
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d’organisation succédant au stade susceptible d’épuiser la ségrégation individuée (en tant que c’est l’intégration qui va au delà le processus d’organisation), mais la caractéristique du continuum de statut absolu, infini et immanent d’existence, par rapport à celle du conti-nuum des discontinuités d’être et d’avoir de ce qui est et a circons-tanciellement de façon limitée, relative et variable. L’ordre des choses dans l’encours organisateur du monde est réputé advenir des interrelations dans le caractère tenant aux pluralités d’être et d’avoir (il adhère au principe des ségrégations discrètes du processus d’individuation). Mais ce qui peut arriver ainsi a pour cause l’exis-tence de l’Un qu’il nous faut comprendre étant complémentairement unicitaire et en soi inindividualisable.
Univers, cosmos, monde, Ouranos…
Bien sûr, chacun sait ce qu’on donne communément de synonyme entre ces termes. Mais ce qui suit est à l’encontre proposé afin d’augmenter le niveau de signifiance depuis une discrimination de sens basée, pour l’essentiel, sur les étymologies respectives. L’étymologie est en effet d’un secours appréciable à nous permettre d’élever nos concepts du propos. Ainsi, depuis le latin universum, terme évoquant l’intégralité en tant que tout indivise (universus), l’Univers se distingue déjà d’une notion d’organisation s’accordant mieux au mot grec Cosmos, “ce qui tourne ensemble” et qui évoque un système bien ordonné des parties, depuis des lois régissant l’individuation sous-jacente à l’unicité du total des parties entre elles. Au reste, le fait d’universaliser reprend bien l’action d’intégrer tout ce qui est séparé, bien que souvent nous entendions cela dans l’acception du sens restreint considérant le fait de récupérer ce qui s’avère être étranger à ce dont on adhère en particulier. Dès lors, ce qui émerge du processus d’organisation cosmique, en partant d’un substrat originel métamorphiquement donné à composition depuis le chaos, est préliminaire comme ensemble des négociations de l’individuellement séparé. En sorte que l’adéquation signifiante du Cosmos correspond au lieu des réalisations progressivement acquises par suite à l’Univers. Pour incidence, l’Univers est intelligible, bien qu’il ne se prête pas à la mesure isotes logen, tandis que le contenu cosmique se prête à l’encontre à mensuration, mais tel que sa réalité ne peut jamais être entièrement connaissable en référence à une de ces quelconques actualisations, puisque son étendue dans le temps et dans l’espace
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reste le domaine et le milieu d’expérience par lequel les parties individuées (ce qui est, a et fait) s’ordonnent entre elles dans une expérience complexificatrice ajoutant continument de l’existence comme étant par ailleurs inhérente à l’Univers.27 Donc le Cosmos, en correspondance étymologique au lexème “ordre”, suit le chaos, auquel adhère le présupposé d’un indépassable désordre, quand l’Univers, cet ensemblement in extenso du donné en existence, s’oppose au néant (le néant considéré pour répondre au prédicat privatif d’anexistence qui se pose comme conjecture de la proposition subordonnée pour faire référence à ce qui est catégo-riellement autre que l’existence). Si l’on convient de ce que c’est depuis le processus d’une progressive organisation qu’arrive la complexification de laquelle émergent les réalités, alors le Cosmos peut nous apparaitre ainsi que la matrice par laquelle d’inépuisables possibilités transformatives fondées sur des substrats dotent l’Univers en essence de ce qui, finalement, a, est et fait. Et qu’en est-il du monde? Notons qu’à l’encontre des précédents termes, on use le plus souvent au pluriel du mot monde. C’est que, du latin mundus, et bien que correspondant au grec cosmos désignant ce qui, bien ordonné, tourne ensemble, le monde conjoint aux précédentes significations le sens de parure. Ce même radical que le sanscrit signifiant ornement connote on ne peut mieux depuis le prédicat d’ornementation l’habitat des êtres. En communiquant l’idée de monde dans un rapport à ce qui habille, le terme désigne plus particulièrement le milieu spécifiquement artificiel composant les artifices depuis lesquels les êtres participent du Cosmos. Un monde représente ce qui est vu ou bien voulu par l’être pour être : en tant qu’il résulte de son fait, c’est son oeuvre. Plus précisément, l’être se distinguant par son actorialité ajoutant à l’activité cosmique, le décorum de son propre théâtre s’inclut ou se surimpose ainsi qu’une construction artificielle dans la nature des choses du Cosmos. S’il n’y a objectivement qu’un seul Cosmos, dans le sens que celui-ci se trouve soumis aux lois homogènes de la nature, on parle d’une pluralité de mondes en coïncidence à diverses communautés d’êtres.
27. Au sens désignatif “l’univers des (x)” fait référence à l’ensemble du tenu pour diversifié dans le domaine “x”, et ses relations, quand par “Univers” on se réfère communément à l’objet tangible surdéterminant l’aspect fragmentaire du spatio-temporellement individué actualisant le Cosmos. C’est dans cette disposition que l’Univers des univers peut désigner l’indépassable unicité intégrant tous les univers possibles.
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Par logique, sans idée dans l’être : pas de monde; alors qu’il n’en est pas de même du Cosmos et de l’Univers qui peuvent prendre une connotation indépendante des êtres. Et si le métamorphiquement formé au Cosmos est gouverné par les lois de la nature afin que sa dynamique réponde à des archétypes divins préalablement créés, l’architecture des mondes satisfait semblablement les idéaux des êtres investis dans la dynamique de leurs propres projets. Par différence de la chose dans l’objet, l’être trouve ainsi sa parure au regard d’une surnature naturante. Topologiquement, nous pouvons situer le théâtre des acteurs du monde comme contenant l’Univers, quand la scène du réalisé à l’Univers a elle-même pour chapiteau le cosmos, en prolongement duquel on situe le chaos, lieu touchant à un Infini sans attribution. Depuis cette disposition et considérant de façon succincte ces termes aujourd’hui, le cosmos est d’abord physique et interactif ; l’Univers est le lieu accueillant l’ensemble relationnel du diversement individué ; et un monde sous-entend des acteurs, leur complexe événementiel que modalise par son contexte une époque particulière. Ce propos préfigure peut-être de futurs discriminants sémantiques entre des termes encore employés ainsi que des synonymes. Suscitons la représentation qu’on en peut avoir depuis leur instance de réalisation. Le Cosmos ajoute au contenu conservé d’un chaos originel, la notion d’interaction ordonnée depuis une suite de transformations physiques : énergies  matière atomique  systèmes planétaires, galaxies, et ainsi de suite par strates, jusqu’à réalisation du corps cosmique. L’Univers, bien qu’ensemble également limité, s’achemine vers une complétude en nature. Tout ce qui peut être depuis le potentialisé y réside progressivement. Dans ce contexte, des mondes sont plus particu-lièrement le produit d’une galaxie d’êtres voulant et agissant. Mais on ne peut situer la raison du monde dans le continuum de sa spatiotemporalisation essentiellement spécifique de son instance performative de réalisation. Il faut encore qu’adviennent des idées sur une transcendance de la nature. Autrement dit concevoir l’éternité et l’infinité comme plénitudes à permettre la temporalité et la spatialisation stigmatisant des limites d’être, d’avoir et de faire. Arrivés à cette croisée des chemins de notre parcours, posons-nous maintenant la question: Et dans l’être ? L’être est-il central, ou seulement le coeur des choses d’un monde, de l’Univers et du Cosmos ? Depuis une aperception “géocentrique”, cela est croyable, autant que dicible. Mais l’est-ce encore dans la considération d’une
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existence endocosmique ? Remarquons avant d’y répondre ce que voici. Avant les pythagoriciens et jusque dans le christianisme, pour n’évoquer que l’Occident, un ciel ésotérique (le Ciel des cieux) préfigure le “milieu” du devenir, dans le sens de ce qui oriente cela qui se meut vers toujours plus d’être. On peut dire que la gravité unifiante dans chaque être se trouvant en rapport à son altérité d’être, situe par là sa source et sa fin en l’Ouranos. L’être ne reposant pas sur des substances comme son avoir, mais sur des essences, décryptons ce présupposé en grattant quelque peu des-sous la mythologie grecque. Ce qu’on évoque avec Uranie, passe par l’image d’une tête couronnée d’étoiles, dans l’attribut de gou-verner, quand par l’évoqué avec Uranus, il s’agit de l’un des quatre principes premiers de la Déité inengendrée créant et procréant sans autre source qu’elle-même cela qui, hors temporalisation, s’agrège à son existence absolue. Comment ne pas apercevoir que c’est du Ciel des cieux, Ouranos, qu’émane la lumière intérieure des êtres: autre aspect ésotériquement différentiateur entre la lumière physique extérieure et la lumière intérieure aux propriétés spiritualisatrices? Si l’universel est d’essence spirituelle, si la substance du cosmos est matérielle, le lieu entre les deux, ou ce qui relie en interface ces deux continuums est, avec l’âme, l’animique, le produit qui concerne des mondes. Or, c’est au delà le cadre du cosmos, de l’univers et des mondes, que nous pouvons ajouter ce qui advient de l’Ouranos comme Ciel des cieux et lieu de destinée post-réalisatrice du plérome. Dans la métaphysique grecque, la dissémination de l’Un vers le multiple posant le périple de l’individualisation et la raison du fait de rester chacun unique depuis l’Un comme source, a pour conversion inverse et compensatrice l’illimitation des possibilités d’être, d’avoir et de faire allant avec l’expérience de s’unir germant en retour jusqu’à rencontrer l’absoluité unicitairement existentielle de l’Un. Le mentalement aperçu rejoint par cela la symphyse intellective venant susciter des devenirs particuliers en ce que, sans altérité, pas le distingué de plusieurs autres, et sans le même dans l’autre, pas d’union possible par-delà la totalité, donc pas d’unité finale réalisant le tout. C’est à saisir une vaste amplitude des choses qui, arrivant depuis la fonction de l’Univers, sont à se rejoindre progressivement dans l’expérience de l’Unifié, mais en tant que le distingué dans les multiples individuations ne se peut que par dissimilitude depuis la dissémination arborescente et déprimée de l’Un en ce qui est, ce qui a et ce qui fait. La nuit n’allant pas sans le
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jour, les deux sont ésotériquement aussi au ciel des cieux de l’Ouranos, ce second ordre des intelligibles de l’intellection (Cf. Cratyle). Depuis semblable disposition, nous avons le moyen de prendre conscience du statut d’expérience tenant à l’Être suprême — l’Unifié —, sa propre nature étant médiatrice entre l’Un, Être absolu, et la quasi inépuisable multiplicité des uns et des d’autres : les êtres relatifs entre eux, qui ne peuvent être chacun que par relation à leur altérité d’être (Cf. Parménide). Le tissu ainsi formé en raison de l’Un a pour chaine la totalité des pluralisations monadiques d’être et d’avoir singulièrement, et pour trame la sym-physe dans le tout de l’Unifié. C’est à rendre compte de ce que voici. À l’encontre des choses, les êtres ne se suffisent pas d’un ordre établi, de lois et de conditionnements, sinon comme moyens et non comme fin. Mais certains sont comblés de plier leur envi-ronnement aux besoins de leur état stationnaire, fixé, n’évoluant plus, quand d’autres préfèrent progresser en eux-mêmes (se changer soi-même) en vue de ce qui est devant, encore à venir en direction d’une finalité attendue, même à la situer hors de portée pour des âges encore. Impossible, donc, de cantonner la nature de ces êtres dans la clôture d’une époque à les maintenir dans l’inachèvement! De l’Antiquité à nos jours, nombre de penseurs se posèrent cette question : pourquoi de multiples difficultés peuvent anéantir des individus qui bougent localement et dont la motilité s’ordonne à faire du “sur place”, satellisés qu’ils sont autour ce qui les enchainent, alors qu’à l’encontre, pour ceux que l’infini et l’éternité attirent — quelque point d’Ouranos, leur apex dans le Ciel des cieux —, ces mêmes difficultés de la vie les galvanisent ?
Universaux
La métaphysique se fonde sur l’existence nécessairement en soi, en tant que son essence est une, insécable, quand la physique s’édifie sur les multiples possibilités relationnelles d’être, d’avoir et de faire, cadre des potentialités quasi indéfinies d’individuation. Dès lors, l’examen du principe de généralisation qui repose sur le déduit des cas particuliers (l’examen du composé), se complète de l’induction des singularités depuis le principe d’universaux (l’appréhendement de l’Un). Complémentairement, donc, les universaux conduisent à saisir ce qui soutient en existence singulière l’insécabilité de l’individué, dont la diversité manifestative repose sur la complexification substrative. Ainsi la totalité du séparé par
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l’espace, coordonnée au processus de complexification par le temps, tient son abaléité (caractère d’être ou de devenir à cause d’un autre) surdéterminée par son complément d’aséité (existence en soi hors toute instance performative, et donc sans cause première, ni effet attendu). Dans cette disposition, l’organisation de la totalité de l’individué se prêtant à généralisation pour ce qui est des lois phénoménologiques, sustente bien le réel, en considération des strates d’organisation qui constituent le tissu du Cosmos, mais c’est pour tenir aux universaux que son existence est complémentairement aphénoménologique. Par symétrie complétant l’acte scientifique, le chercheur métascientifique peut avantageusement progresser des universaux aux singularités dans l’être, guidé par une méthodologie inductiviste visant l’unicité existentielle transcendant, au delà le superstrat, l’ensemble des attributions déléguées au relationnel entre parties. Si nous remarquons qu’en science l’activité réfléchie consiste à ordonner des cas particuliers de l’expérience physique du monde, jusqu’à cerner des généralisations à son propos, c’est alors à une disposition inverse que s’applique la réflexion métascientifique depuis la tentative métaphysique par laquelle l’entendement d’uni-versaux permet la phanicité du sens singulier, rencontré ou composé, dans le pensé. Pour hypothèse, il s’agit du double courant traversant la conscience en associant significativement l’intelligence des choses en rapport à leurs substances et aux manifestations allant du particulier au général, d’une part, et d’autre part des attributions distribuées depuis l’universel à permettre le relationnel en des singularités d’être, d’avoir et de faire. Comment le montrer ? Bien que l’on puisse voir un vieillard, puis deux, puis trois, on ne voit jamais la vieillesse, et il n’y a pas plus de femme ni d’homme dans l’humain considéré en soi. Conclusion, ce qui renvoie attributive-ment à la constitution métamorphique de la nature — substances et manifestations —, n’est pas aussi de la nature. Pour avoir aperçu cette différence entre les particularités manifestatives et les singularités relationnelles, déjà ANTISTHÈNE remarqua dans Sathon qu’il percevait bien un cheval, mais n’apercevait pas la cabaléité depuis ce que le cheval manifestait. De fait, l’idée de cabaléité n’est pas donnée aux sens avec le substrativement manifesté par le cheval (les atomes, cellules, organes, en raison desquels les matérialistes déclarent la tangibilité du Cosmos). D’où l’induction de ce que la conscience mentale résulte pour chaque individuation reconnue, chose ou être, de la rencontre de ce qui est hors
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(l’exocosme relationnel), et de cela qui se trouve porté de l’endocosme au dehors. C’est le double flux allant de l’essentia à l’ousia pour montrer l’individué dans la rencontre du perçu de l’hypostasis depuis la substantia manifestant l’individué. Tel che-val, cas particulier individué depuis une organisation métamorphi-que, est perçu en substance en raison de la phénoménologie de ce qui substrate ses particularités d’être et d’avoir à son altérité, jus-qu’à permettre, par subsumption, d’en identifier le genre hippomor-phe, comme opération de généralisation. Mais si le principe de généralisation tient à la séparativité applicable à la totalité de l’élémentarisé en substance, le principe d’universalité, partant de l’unicité complémentaire posée en tant que tout ontologiquement insécable, s’instaure en contrepartie à permettre l’appréhendement d’une essence singulière donnant à relation l’individué en existence. Pour être concevable, le perçu extensif du manifesté par au moins un cheval se trouve confronté a la cabaléité intensivement aperçue comme essence complémentairement aphénoménique jusqu’à rendre la singularité de cette individuation-là. La “dispute” autour des universaux reste inachevée. Les vingt-trois siècles nous séparant aujourd’hui d’ANTISTHÈNE ne représentant quasiment rien devant la durée du développement naturel encore à venir des potentialités humaines, peu de personnes ont aujourd’hui comme hier l’intuition de la cabaléité, quand beaucoup d’autres en contredisent tout simplement l’existence au nom de l’objectivité moderne. Pourtant, à l’appui du réalisme de cette disposition, mettons en avant ce que voici : aujourd’hui, la majorité des individus de notre époque peuvent se représenter en pensée le genre cheval par généralisation depuis des subsumptions, quand même les individus les plus évolués parmi les autres espèces animales ne semblent pouvoir faire l’expérience que de tel ou tel cheval en particulier, sans possibilité subsomptive. D’évidence, donc, la cabaléité, comme singularité existentielle, prendra un jour une réalité conscientielle tout autre qu’à présent. L’ouverture intellectuelle au différent du contemporainement clôturé est en attendant, malgré le parcours inconfortable fait de tâtonnements et le risque de trébucher, pour se trouver mal assuré en notre époque transitoire, ne peut que favoriser l’avènement de ce moment attendu. L’apercevoir est à nous désinstaller d’une complaisance doctrinale au tout phénoménologique, et retourner à l’école — la vraie — pas celle du dépassement des autres, mais celle des dépassements de
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soi. Dès lors que le fait scientifique, au sommet de son influence sur les préoccupations contemporaines, appartient déjà au passé pour avoir tissé son cocon sur le dogme de la preuve d’expérience pour saisir le réel dans la logique du tiers exclu, son enfermement ne saurait qu’être temps d’incubation à renouveler les mentalités. Sur la chrysalide que ce temps recouvre s’articule, dès à présent, toute tentative de penser l’inachèvement des moyens humains. Grâce à la structure du grec classique, ARISTOTE concevait déjà de distinguer entre l’étant et l’existant lorsqu’il discriminait l’aséitique nature de l’existence (ce qui est en soi), de la nature abaléitique des êtres (en tant que le fait d’être se pose depuis des attributions de relation). Il s’agit là de considérations tout à fait distinctes, en ce que la totalisation des aspects particuliers dans l’individué vise le généralisable, quand les singularités multiformes du vécu sont, pour provenir avec les universaux d’une source universelle, à identifier l’unicité du tout dans chaque individuation (ne surtout pas faire l’amalgame de cette disposition avec le concept de non séparativité). Les universaux concernent certainement l’interface entre l’existence aséitique qui, pour exister, est indépendante de toute altérité, et l’expérience de ce qui à l’encontre pour être, avoir et faire de manière abaléitique, implique le relationnel dont les possibilités manifestatives sont sous-jacentes. Distincte du processus de subsumption conduisant au général, l’universel, comme source des singularisations du vécu, peut s’apercevoir en tenant l’insécabilité existentielle surdéterminant par son unicité le principe de différenciation (donc hors membres d’espèces, types, catégories conduisant à généralisation). Autrement dit, le rapport au particulier depuis des analogisants arrive d’universaux en raison de ce qu’il n’y a de particulier que par le senti, comme il n’y a d’universel que par le ressenti tenant à l’assentiment ; l’un des aspects étant le revers de l’autre sur un axe reliant l’intensivité introspective, à l’extensivité extraceptive. Cela en tant que le rôle de l’expérience du particulier dans le savoir capte intérieurement l’entendement de sens universel, tout comme la progressive clairvoyance introceptive des universaux trouve son effet en ce que se révèlent dans la conscience les singu-larités du vécu. De manière pouvant être encore explicite, on peut montrer que la sagacité du scientifique, dans son rapport au tissu de la réalité exocosmique en cours de formation, se fonde sur un travail déductif appliqué à l’identification des inférences extracep-tives, dans le but de conjecturer des lois générales visant, depuis
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des cas particuliers, l’enchainement causal des faits considérés en série. Mais sans de plus rien pouvoir apercevoir par son moyen des liaisons potentielles entre ces chaines-là. Tandis que le travail complémentaire du métaphysicien, usant d’inductions appliquées aux inférences introceptives dans le but de circonscrire les conjectures vise les singularités d’être, d’avoir et de faire depuis des universaux. Or, qu’apporte à notre conscience du monde cette pénétration endocosmique ? Déjà ceci : dans l’idée d’une unicité du tout surdéterminant la totalisation des parties, l’entendement surajoute la colligation mentale du relationnel potentialisé opérant entre les chaines de causalités vues d’expérience séparées (sans rapports) entre elles.
Univoque
Voir: doxa /épistème
Vacuité
Voir: viduité
Variété
Voir: attribut
Véricité
Le critère de véricité a trait à la problématique du modèle général de la véridiction. Quelques aspects de cette problématique concernent la vraisemblance introduite en tant que relativité dans l’appréhendement véricitaire. Est évidemment véridictif ce qui a trait à la vérité. Mais d’une manière générale, les modalités de la véridiction sont discriminables en fonction de conditions de subor-dination à des principes appliqués à ce qu’on examine en pensée. En tant que ce sont de tels principes qui sont représentatifs des implications ordonnatrices du donné à penser, il semble important de souligner que c’est le rapport aux référents d’ordre, de ce qu’on examine en pensée, qui est soumis à critère de vérité, et non pas le contenu examiné lui-même (qu’il soit fictif, ou réel). Compte tenu de cette disposition, on dira plus particulièrement que la véridiction propriative concerne l’authentification des rapports entre agents du domaine de la nature déterminée ; que la véridiction qualifica-tive concerne la véracité du rapport entre agents du domaine des
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modalités déterminatrices de réalisation ; tandis que la véridiction de la problématique vertuelle reste un rapport de vérité entre agents promouvant les déterminants depuis le potentialisé.28 Et comme conséquence de ces discriminés, vérité, aussi, la coïnci-dence, voire la simultanéité, entre l’acte par lequel une vérité est aperçue en esprit, établie par le travail mental lui communiquant sa faisabilité, puis réalisée comme pouvoir de faire être et avoir. En toute rigueur, nécessité (la certitude), possibilité, impossibilité et contingence ne devraient faire référence qu’à l’application logique des modalités aléthiques, et non à l’opinion qui est croyance. Toute opinion peut être vraie ou fausse, seulement en rapport à des consi-dérations strictement particulières.
Vérité
Lorsqu’on pense par procuration, le critère de vérité est considéré dans l’absolu. On sait que l’évitement du jugement rationnel va avec l’abandon pour des mentalités “satellisées” de faire valoir leur droit à l’autonomie intellectuelle. Notons que cette attitude s’adopte individuellement ou collectivement, pas seulement depuis la crainte de s’adonner à d’irrationnelles superstitions, ou de tomber dans l’erreur. Elle s’appuie encore souvent sur la conviction que, dans le présupposé implicite d’une loi des additions psychiques, pensant comme le plus grand nombre, on est d’autant dans le vrai. En fait, c’est assez logique quant au résultat individuel de l’attitude socialisatrice, mais pour une autre raison: celle qui fait que ne pensant pas par soi, comment pourrions-nous être sujet à l’erreur ? Passer de l’idée de vérité collant à l’adhésion du plus grand nombre, à la notion de ce que le vraisemblable peut accompagner le travail de la pensée elle-même, n’est à notre époque apparemment pas encore pleinement évident, si l’on en juge par le nombre de gens faisant leur crédo de cette conviction ancestrale. Comment expliquer une pensée se formant ainsi par procuration? Historiquement, le critère de vraisemblance se trouvait occulté du temps où la vérité découlait d’une autorité supérieure: Dieu, monarque ou pontife. Inertie oblige! Elle l’est encore maintenant sur un modèle apparentable à ne pas affranchir le penseur. Ce qui veut dire qu’entre ces deux époques, la forme seule change, pas la
28. En ce sens que les déterminations sont susceptibles d’un épuisement des potentialités de réalisation.
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nature de la disposition en soi. En effet, constatons qu’à notre époque s’appuyant au mieux sur des gouvernements démocratiques, la mesure du critère de vérité devient tacitement l’expression du plus grand nombre, quand on ne la délègue pas au spécialiste. Ce n’est alors plus le monarque ou le pontife qui décrète ce qu’il est bon de penser, mais la vérité n’en passe pas moins par le pouvoir de mandarins qui détiennent son formalisme. L’abandon des préro-gatives personnelles allant avec des efforts individuels d’intellection, entraine que le niveau de vraisemblance du conçu peut toujours se faire par l’artifice d’une autorité extérieure au ras des pâquerettes. L’évitement des efforts de penser par soi-même s’opère souvent au motif de la supériorité du spécialiste, dans la conviction de l’inca-pacité accompagnant l’amateurisme, synonyme de dilettantisme. Mais tout se tient: penser pas l’intermédiaire d’idées reçues va avec le fait de déléguer la conduite de soi à des pseudomorales qui nous meuvent depuis le «qu’en dira-t-on de moi?» réduisant le sens des valeurs dans l’autonomie personnelle à un épiphénomène, son apparence satisfaisant encore beaucoup d’entre nous à moindre frais. C’est ni plus ni moins que vivre par procuration. Reste que c’est pourtant le travail de la pensée qui fait être l’expérience du penseur, et non pas l’adoption d’idées reçues.
Viduité
Viduité = état privatif d’au moins un domaine de réalité et d’au plus tous ; vacuum = volume presque vide de matière, donc vide mesurable pour cause de vide relatif. Avec le prédicat de vacuité, le caractère vacuitaire s’oppose à la plénitudité in extenso. Entre ces deux extrêmes invariables, tout peut être relativement plein, comme relativement vide, mais strictement en référence aux lacu-nes de ce dont on parle, ou ce qu’on a dans l’idée, c’est-à-dire contenant de manière bornée, variable et relationnelle ce que l’on considère ainsi qu’une image mentale déduite ou abstraite de la complémentaire de plénitudité existentiellement in extenso.
Virtualité
Voir: potentialité
Zaman
Voir: temps
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Zamanéité
Voir: temps
Zététique
D’une manière générale, désigne le renoncement à chercher par soi-même, alors qu’il suffit d’adopter cela faisant épistémiquement autorité. D’une manière spéciale, le terme peut s’appliquer aujourd’hui aux recherches scientifiques, puisque, pour raison doctrinale, on délègue maintenant si souvent au perçu depuis l’observé ou l’expérimenté le critère de véridiction à propos du conçu, en plus de la valeur vérificative initialement communiquée au procédé. Revenu par là de facto au niveau historiquement antérieur à l’avènement émancipateur de juridiction épistémique, la décision à propos du jugé n’appartient plus de nouveau à celui qui juge, puisqu’on y revendique une pensée renonçant aux prérogatives de décidabilité du donné à juger (Cf. doxa versus épistème). Comment expliquer dès lors que l’élévation des sciences fondée sur l’observation et la preuve d’expérience dériva par doctrine jusqu’à assimiler la fonction vérificative, au critère de véridiction du donné à rationalisation? À lire ce qu’enseignent les doctorants et autres diplômés universitaires, aucun doute ne subsiste sur l’amalgame des deux acceptions. Ce qui est particulièrement déroutant provient de ce qu’on présente cette assimilation comme la supériorité de l’acte scientifique sur la pensée spéculative.
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L’un issu d’une enfance stable qui vous mène, par identification ou rejet, vers une carrière spécialisée requérant plutôt une pensée analytique. L’autre, issu d’une enfance bousculée qui oblige à se construire une famille et qui mène à une pensée plus synthétique […] Je sais que les orphelins sont souvent des inventeurs de mondes. Ou bien ils sont abimés, détruits par absence de famille, ou bien, s’ils arrivent à extraire de leur milieu suffisamment de nourriture psychique pour se développer, ils deviennent des adultes créateurs.
Boris CYRULNIK
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