Jean De Menasce: Le Troisieme Livre Du Denkart »

 

 

Full text of « Jean De Menasce Le Troisieme Livre Du Denkart« 

 

TRAVAUX DE L'INSTITUT 
D'ÉTUDES IRANIENNES 
DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS III 

5 

LE TROISIÈME LIVRE 
DU DENKART 

Traduit du pehlevi 
par 

J. de M EN ASC E O.P. 

Directeur d'Études à l'École Pratique des Hautes Études 



Ouvrage publié avec le concours 
du Centre national de la Recherche scientifique 



PARIS 

LIBRAIRIE C. KLINCKSIECK 



BIBLIOTHEQUE \\ y> 
DES ŒUVRES CLASSIQUES 
PERSANES 

4 



BIBLIOTHÈQUE DES ŒUVRES CLASSIQUES PERSANES 
dirigée par EHSAN YAR-SHATER 

; • I S" 
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I. GERSHEVITCH (Université de Cambridge) 

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COLLECTION UNESCO D'ŒUVRES REPRÉSENTATIVES 

SÉRIE PERSANE 



Ouvrages publiés sous les auspices de l'Institut Royal de Traduction 
et de Publication de l'Iran 

F A Z 

ISBN 2-252-01602-7 
© Jean de Menasce, 1 973. 



Marijan MO LÉ 
(1924-1963) 

André MARICQ 
(1925-1960) 



in memoriam 



INTRODUCTION 



L'auteur du Dénkart, Aturpât i Emëtân 1 , expose au 
dernier chapitre du livre III la nature de son ouvrage.^ Il y a 
systématisé une doctrine puisée à bonne source, c'est-à- 
dire dans des textes qui ont à plusieurs reprises subi pertes 
et catastrophes mais qui constituaient à l'origine un livre 
appelé Dënkart. Celui-ci est l'œuvre des Anciens Docteurs, 
des premiers disciples de Zartust. Est-ce ce que nous appe- 
lons l'Avesta, c'est-à-dire le vaste corpus résumé au livre 
VIII de notre ouvrage ? Il serait naturel de l'admettre : y 
auraient été compris des textes « originaux » comme les 
Gâthâ, des commentaires de ceux-ci (dont il nous est 
resté, en avestique, les kâ 19-21 du Yasna) à différents 
niveaux, des traités de morale et de droit, une vie de Zoro- 
astre, des poèmes mythologiques, en somme, toute la matière 
sacrée qui nourrissait la vie religieuse des docteurs et 
du peuple mazdéens. Ce corpus, nous le savons par le 
livre IV, s'est encore grossi d'apports étrangers introduits 
à l'époque sassanide et qui semblent avoir été princi- 
palement d'ordre scientifique 2 . Aturpât i Emëtân a tout 
utilisé et a donné à son livre le nom de « Dënkart des mille 
chapitres ». En énumérant ses sources, il range l'Ecrit 
de base, les dires des Anciens Docteurs (s'ils ne se 
confondent pas avec l'Ecrit, ce pouvaient être des traditions 
orales, des survivances fragmentaires), et « l'exposition 
de l'Avesta », par quoi il faut peut-être comprendre les 
commentaires textuels. Et ceci peut s'accorder avec ce qui 

1. Sur l'identité du personnage et sa datation, je renvoie aux données 
rassemblées dans mon livre Une encyclopédie mazdéenne, le Dënkart. Biblio- 
thèque de l'École Pratique des Hautes Études, Sciences religieuses, t. 69, 
Paris, 1958. 

2. C'est ce que nous dit le livre IV du Dënkart (M. 412) étudié par Zaenner. 
Zurvân, ch. I. Voir aussi JA 237. 1949, 1-6. 



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LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



était dit du Dënkart originel : dans celui-ci, on faisait très 
bien la distinction entre des textes de base (apistâk) et leur 
commentaire ou glose (zand) et telles autres additions. 
Ce que nous appelons, selon un critère purement linguis- 
tique, « l'Avesta » englobait donc, comme une de ses parties, 
ce que les mazdéens appelaient apistâk, tandis qu'ils don- 
naient au tout le nom de Dën ou de Dënkart. Il serait donc 
plus juste de réserver à notre compilation pehlevie le titre 
que lui avait donné Aturpât, de « Dënkart des mille cha- 
pitres ». 

Le livre III de ce Dënkart, dont nous présentons ici la 
traduction, renferme un peu moins de la moitié de cet 
ouvrage encyclopédique dont le volume dépasse celui de 
la totalité des autres livres de la littérature pehlevie qui 
nous sont parvenus ^encore faut-il compter avec le fait 
que l'un de ceux-ci, le Skand Gumânik Vicâr 3 , déclare suivre 
l'enseignement du Dënkart, et renferme même le texte 
intégral d'un chapitre dont l'original est perdu. Mais 
l'importance du Dënkart, et notamment des livres III et 
IV, lui vient non seulement de son volume, mais avant 
tout de ce qu'il représente une somme du « savoir mazdéen » 
qu'il s'agissait de préserver à l'usage du clergé et des fidèles 
d'une religion déjà fortement diminuée par l'impact de 
l'islam dominant en Iran, et qui ne devait pas tarder à 
déplacer son centre de gravité d'Iran en Inde : c'est là 
en effet qu'a été préservé l'unique manuscrit complet du 
Dënkart. Disons plus justement, le manuscrit le plus 
complet : il y manque en effet la totalité des deux premiers 
livres et le début du troisième, et nous n'avons aucun 
moyen d'évaluer la dimension de cette lacune ou le contenu, 
ne serait-ce que le genre littéraire, de ces livres. Cependant! 
à considérer le caractère formel des livres III à IX, une 
hypothèse pourrait se dégager. Le livre III est une suite 
assez peu ordonnée de chapitres brefs traitant de questions 

-1?' ^ éîérerices dans mon édition : Une apologétique mazdêenne du IX* siècle, 
shand-gumânik wcâr, la solution décisive des doutes. Collectanea Fribur- 
gensia, 30. Fribourg en Suisse, 1945. 



INTRODUCTION 



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dogmatiques ou morales de la foi mazdêenne, dans la pers- 
pective d'une exposition rationnelle, systématique, à l'appui 
d'une apologétique à la fois défensive et agressive visant 
les autres religions, notamment l'islam. Le livre IV se 
donne comme le compendium d'un ouvrage plus ancien 
également dogmatique. Le livre V offre d'abord un bret 
exposé du mazdéisme à l'usage d'un enquêteur de bonne 
volonté, puis la réponse faite aux objections d'un chrétien. 
Le livre VI est un vaste recueil de « conseils » traditionnels 
attribués explicitement aux « Anciens ». Le livre VII est 
une Vie de Zoroastre, ses antécédents et sa succession, 
fortement étayée de citations de textes avestiques donnes 
en pehlevi mais dont le style ne laisse pas de doute sur leur 
origine. Le livre VIII est un résumé suivi des Nask de 
l'Avesta tels qu'ils subsistaient, certains seulement en tra- 
duction pehlevie, à l'époque ; enfin le livre IX est une para- 
phrase glosée des trois Nask qui commentent, selon des 
perspectives très diverses, les seules Gâthâ. Cette rapide 
revue met en lumière que les livres du Dënkart progressent 
dans le sens de l'attachement aux textes anciens, les derniers 
n'étant pratiquement intelligibles que confrontés, à chaque 
pas, avec la lettre du texte commenté, les premiers au 
contraire redivisant et réordonnant la matière traitée selon 
un ordre logique et quasi didactique. Il était donc possible, 
mais ce n'est là qu'une hypothèse, que les deux premiers 
livres perdus aient été encore plus dégagés de la forme 
de la Dën. 

La longueur des chapitres du livre III va de quelques 
lignes à quelques pages, trois d'entre eux seulement dépas- 
sant la taille normale : celui sur la médecine (157), celui 
sur le xvëtôdas (80), et celui sur la cosmogenèse geti- 
kienne (123). Certains, qui répètent des chapitres anté- 
rieurs, représentent des « remords » du scribe qui s est 
aperçu après coup, des trop nombreuses fautes de sa pre- 
mière copie (ou de celle d'un collègue, car le manuscrit 
est l'œuvre de plusieurs mains) et qui recommence tout, 
sans d'ailleurs exponctuer ce qui devrait l'être. 



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LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



De leur ordre actuel ne se dégage aucun plan d'en- 
semble : si certains chapitres traitant de sujets analogues 
ou proches se suivent, d'autres sont séparés par de grands 
intervalles. L'ouvrage ne peut être utilisé qu'à l'aide de 
l'index analytique. Celui-ci permet, tout à la fois, d'alléger 
un commentaire qui aurait constamment recours à des 
confrontations de textes. Malgré ce désordre, l'analyse du 
livre est rendue possible par le fait que les thèmes sont 
peu nombreux et se laissent facilement ordonner entre 
eux. On peut dégager la fin et la méthode qui en font la 
véritable unité. Ce sont donc celles-ci que nous exposerons 
en premier. 

L' ouvrage s'adresse directement à des mazdéens vivant 
sous la domination musulmane, de moins en moins nom- 
breux, et de plus en plus contraints de consolider leur foi 
pour la défendre et ses pratiques contre la pression de l'islam. 
Ce n'était pas la première fois qu'ils se confrontaient à 
une religion « étrangère » : sous les Sassanides, le chris- 
tianisme avait fait de grands progrès dans l'Empire, même 
parmi les Iraniens, et même parmi l'élite sacerdotale 4 ; 
mais les mazdéens représentaient la majorité et surtout la 
puissance. La défense qu'ils déployaient utilisait ouverte- 
ment les ressources du pouvoir, et la persécution était plus 
fréquente que la controverse. Il en était tout autrement 
devant l'islam du IX e siècle, déjà installé en Iran et pour- 
suivant ses conquêtes en Asie Centrale, dogmatiquement 
structuré et fort, malgré les querelles d'école et la frag- 
mentation politique. Il ne pouvait plus être question pour 
eux d'une apologie trop ouverte de leur foi, moins encore 
d'une réfutation publique de la foi musulmane. Au mieux, 
comme sous Ma'mûn, pouvaient-ils se défendre des 
contradictions qu'on leur imputait. Et même lorsqu'ils 

4. Cf. A. Christensen, l'Iran sous les Sassanides, 2 . Copenhague, 1944 
p. 313. 

5. C'est le cas des mazdéens convoqués à la controverse rapportée dans 
Gujastak AbaliS (nous lisons ce nom x Yahballah). 



INTRODUCTION 



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dominaient encore localement, ce qui restait limité 6 , 
il semble que leur pouvoir se soit exercé sur les biens 
matériels, plutôt que sur les esprits. Leurs docteurs devaient 
ressentir d'autant plus la nécessité de former solidement 
l'élite des fidèles pour les empêcher de passer à l'islam, 
tentation que favorisait probablement le statut des mazdéens 
qui ne jouissaient pas des garanties des ahl al-kitâb quelle 
qu'ait été leur condition concrète, assez mal définie, et, 
à vrai dire, peu étudiée par les historiens. 

Cette œuvre de formation intellectuelle, qui était possible 
auprès des élites capables de lire, pouvait demeurer rela- 
tivement clandestine à l'abri des regards soupçonneux, 
grâce à la rareté des écrits en circulation, et cela d'autant 
mieux que les Iraniens islamisés oubliaient, avec le passage 
des générations, la connaissance de leur ancien système 
d'écriture 7 . Quelques précautions s'imposaient tout de 
même : i'islam, les musulmans n'étaient jamais mentionnés 
nommément : dans le Dënkart, on parle de « docteurs », 
kësdârân, et de « mauvaise dën » en général et ces appella- 
tions recouvriront aussi bien, mais bien moins souvent, 
la réalité chrétienne. On sera moins voilé pour désigner les 
manichéens ou les juifs; d'ailleurs les attaques ouvertes 
contre telles doctrines juives présentaient l'avantage de 
viser du même coup, et peut-être même en premier, mais 
sans en avoir l'air, l'islam qui les professait aussi. Et contre 
le manichéisme, zandakih, bête noire des théologiens musul- 
mans, les mazdéens pouvaient se déchaîner sans faux- 
semblant, trop heureux de démontrer que leur foi était 
bien éloignée de ce dualisme-là, anti-nature et pourtant 
matérialiste dans sa figuration du monde, négateur de la 
toute-puissance et de l'efficace sagesse de Dieu. 

De toute façon, l'exposé et la défense de la foi ne pou- 

6. On en connaît un cas raconté d'une façon fort circonstanciée dans la vie 
du seyx Abu Ishaq Kazerûnï, éd. Fritz Meier, Bibliotheca Islamica, 14. 
Leipzig, 1948. 

7. Il est pourtant connu et parfaitement décrit par al-Nadim dans son 
Fihrist, 1. 1, p. 26, dans la traduction de Bayard Dodge faite sur les meilleurs 
manuscrits, Columbia University Press, New York, 1970, 



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LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



vaient faire abstraction de la doctrine et des attaques de la 
religion dominante et conquérante : c'est là une coloration 
qui donne comme son unité au livre III du Dënkart, et il 
faut s'en souvenir pour comprendre la pointe de tel chapitre 
que le ton déclaratif, « objectif », réussit à masquer au 
lecteur non averti. 

Le livre se donne comme un déploiement, au cours de 
chacun des 420 chapitres, d'un enseignement qui se dit 
« extrait » de la Bonne Dën, ou « selon » elle, divisé et systé- 
matisé mais strictement conforme à l'Ecriture et aux opi- 
nions des Anciens (pôryôtkësân). Chacun d'eux porte, en 
effet, à la suite de son titre : « de l'enseignement de la Bonne 
Dën » (hac nikëz i Vêh Dën) e , à l'exception des chapitres 
qui Reproduisent les <c conseils » et les « contre-conseils » 
des uns et des autres, ou qui traitent de la Dën même, vue 
descriptivement. Et ceci, indépendamment des citations en 
avestique ou en traduction pehlevie, et des allusions plus 
directes à la lettre de la Révélation. Il s'agit non d'innover, 
mais de « digérer » la doctrine reçue, et, à cet égard, cet 
ouvrage tardif, polémique, est le fidèle témoin d'une tra- 
dition dont les plus anciens monuments, c'est-à-dire le 
corpus avestique, sont rares et mutilés. Molé 9 a pu à juste 
titre étayer les conclusions que lui livrait son analyse des 
plus anciennes traditions de la religion iranienne par de 
nombreux exposés dënkartiens qui les confirment à chaque 
pas. Un enseignement moins traditionnel est-il mis à profit, 
c'est pour expliciter une doctrine ancienne, et l'auteur 
récent est nommé comme pour écarter toute équivoque : 
c'est le cas des idées d'Aturfarnbag i Faruxzâtân sur les 
« contraires ». 

On remarquera tout de suite qu'en explicitant la doctrine 
de la Bonne Dën, on s'occupe peu ici du livre qui la contient. 

8. Dans notre traduction, nous omettons ces mots, mais nous indiquons 
ici les chapitres où ils ne se trouvent pas dans l'original : ce sont les cha- 
pitres 35, 52, 55, 65, 78, 161, 175, 190, 196-202, 299, 325, 372. 

9. Dans son grand livre auquel nous renvoyons si souvent, Culte, mythe 
et cosmologie dans l'Iran ancien, Annales du Musée Guimet, Bibliothèque 
d'études, t. 69. Paris, 1963. 



INTRODUCTION 



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Non seulement en est-il du mazdéisme comme de toutes 
les religions prophétiques où la révélation est une commu- 
nication divine faite directement à un « porteur » chargé 
de la transmettre aux hommes, mais encore ne semble-t-il 
pas que l'incorporation de ce message dans des livres sacrés 
ait été, même à époque tardive, objet d'une attention 
spéciale, voire d'un article de foi. On ne saurait même dire 
que la révérence particulière qui s'attache au texte des Gâthâ 
se soit étendue à tout le corpus avestique. Quand le Dënkart 
VIII passe en revue chacun des livres qui le composaient, 
il ne craint pas de dire que tel d'entre eux a disparu, lui 
ou son zand pehlevi, et, dans le livre III, on cite indiffé- 
remment un texte avestique ou sa traduction. Rien donc 
qui rappelle le dogme islamique de rinimitabilité du Coran 
ou l'interdiction — si longtemps appliquée — de le tra- 
duire. Il reste que la lettre dans laquelle est couché le message 
sacré est familière au bon mazdéen qui l'a mémorisée et 
lui sert de référence, voire de paradigme 10 , et qu'il en 
scrute les secrets dans des commentaires à plusieurs niveaux 
de profondeur (Dk IX). Il ne nous semble pas qu'il l'ait 
utilisée pour se donner aux yeux des musulmans comme 
rentrant dans la catégorie des ahl al-iktâb comme les juifs 
et les chrétiens. 

De cette situation secondaire du « livre » dans le mazdéisme 
iranien, la raison principale est sans doute à chercher dans 
la mémorisation comme moyen principal de la conser- 
vation du « texte ». Qu'il y ait eu réellement quelques exem- 
plaires de r« Avesta » préservés dans les archives royales, 
ou que ce soit là pure légende, il est au moins probable 
que les « livres » en aient été rares. Mais ce qu'ils contenaient 
était censé, pour l'essentiel, avoir été donné dans des révé- 
lations faites à Zarathustra dont la vie et la mission étaient 

10. D'où l'importance, pour la détermination du sens de bien des mots 
pehlevis, des termes avestiques dont ils sont la traduction « canonique «, et 
l'intérêt, pour l'étude de la théologie mazdéenne, du glossaire annexé par 
B. N. Dhabhar à son édition du Yasna et du Visprat pehlevis (Bombay, 
1949). 



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LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



racontées dans un de ces livres. La merveille de la révé- 
lation s'insérait dans tout un contexte de faits merveilleux 
qui en accréditait le message. La légende de Zoroastre était 
donc au centre de l'histoire de la révélation, et elle le reste 
même dans un ouvrage qui comporte une si grosse part 
d'apologétique « rationnelle » tel que le Dënkart, comme 
elle l'était déjà dans le livre de Zâtspram où elle se place 
entre des chapitres cosmologiques et des chapitres philo- 
sophiques. La dimension du livre III ne doit pas nous faire 
oublier la présence et la portée des livres V et VII, pas plus 
que son mode d'argumentation ne rejette, comme dépassée 
ou inutile, l'autorité qui appartient à la Dën en tant que 
révélation. Il y en a des preuves presque à chacun des cha- 
pitres du livre III, sans préjudice de sa prétention et de son 
effort pour démontrer par l'évidence, la raison, le caractère 
plausible, la « convenance » philosophique et théologique 
de l'enseignement de la Dën. Son caractère miraculeux, 
merveilleux, est constamment affirmé, mais c'est l'exercice 
de la raison qui le met en lumière. 

Cette attitude qui ressort de l'ensemble de la démarche 
intellectuelle du livre s'appuie en outre sur une doctrine 
spécifique : celle de la concordance de la Dën avec la 
sagenne innée, asn xrat. Notion qui se trouve déjà dans 
TAvesta — plus encore, semble-t-il, dans l'Avesta perdu — 
conjointe avec celle de la sagesse acquise par audition, 
gôs asrût-xrat. Tenant à la fois d'une capacité naturelle 
propre à l'esprit et d'une vertu, à laquelle s'oppose varan la 
concupiscence, vice de l'appétit qui entraîne une défor- 
mation dans l'ordre du connaître, la xrat est à la racine de 
tout connaissance comme au principe de toutes les vertus. 
Elle est donc « historiquement » antérieure à la venue de 
la Bonne Dën mais apte à la recevoir. L'homme dépend 
si peu de la Dën pour avoir un jugement droit que c'est, à 
l'inverse, l'exercice de celui-ci qui lui permet de juger des 
titres que la vraie Dën propose à son assentiment. Et 
comme la Dën est discours sur Dieu, il importe avant tout 
qu'elle présente de Dieu une image qui ne contredise pas 



INTRODUCTION 



13 



la raison. Ce sera là son premier titre et c'est, tout à la fois, 
le thème principal, très souvent répété en termes identiques, 
de la critique adressée à la théologie coranique 11 : elle 
ne respecte pas la notion de dieu, en prêtant au Créateur 
d'être l'auteur du mal comme du bien ; elle sous-entend 
que la révélation seule peut donner de Dieu une notion 
juste, dépassant la rationnalité, nullement mesurée par le 
gabarit d'une sagesse qui serait innée en l'homme, mais 
inaugurant la connaissance même de la vraie sagesse, 
d'ailleurs inconnaissable à l'homme, dont, en tout état 
de cause, il ne peut rien conclure quant à la convenance à 
Dieu de tel acte en particulier. La théologie mazdéenne 
considère, tout au contraire, que la Bonne Dën elle-même, 
c'est-à-dire la Révélation, est « ornée de toute sagesse » 
(113, 151, 191, 210), sagesse transcendante mais qui ne fait 
pas taire l'humaine, laquelle reste indiscutée. L'éventail 
des sens du mot dën « explique » l'étroite correspondance 
entre la révélation et son organe récepteur (230) car le mot 
signifie aussi une capacité de connaissance religieuse et une 
réplique intérieure qui, après la mort, selon une figuration 
qui est déjà dans l'Avesta, en projection aura l'aspect, 
selon les cas, d'une belle jeune fille ou d'une horrible mégère. 
Dën avait encore, dès le zand, une connotation cultuelle : 
dën âmôxt « instruit en dën » était glosé en Y. 19,17 par 
yast kart ëstët « (par qui) le yast avait été fait ». Ce n'est 
donc pas une doctrine échafaudée à des fins de controverse. 
Elle est bien traditionnelle et se prête au déploiement 
qu'elle reçoit ici. Si la Révélation se donne pour parée de 
sagesse, la sagesse peut l'expliciter et la défendre. La 
« méthode » théologique découle directement d'une doctrine 
particulière — centrale il est vrai — de cette théologie. 

Ceci ne veut pas dire que les nécessités de la controverse 
n'aient pas joué un rôle important dans la mise en valeur 
des éléments métaphysiques de la sagesse mazdéenne. C'est 
l'effet propre de tout affrontement entre religions que de 



11. Se reporter au mot kësdarân à l'Index analytique. 



14 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÈNKART 



dégager de celles-ci les données qui, pour être comparées, 
soient comparables et sur lesquelles la discussion soit pos- 
sible. Les données premières de la foi étant hors de question, 
le travail de l'intelligence va être d'affiner les concepts 
dont îa foi est bien obligée de se servir, et par là de rendre 
la foi plus « crédible », ce qui est le meilleur moyen de la 
défendre. A ce travail de « dégagement » le mazdéisme avait 
sans doute déjà eu à s'exercer sous les Sassanides à l'époque 
de la floraison conquérante du christianisme dans les pro- 
vinces occidentales de l'Empire : les persécutions qui s'en 
prenaient au clergé chrétien visaient en lui non seulement 
les tenants de la chasteté monastique, mais aussi et peut-être 
plus encore des apôtres qui ne craignaient pas d'attaquer 
de front le dualisme des mazdéens. Ceux-ci n'en usaient 
pas moins d'armes intellectuelles, et les historiens contem- 
porains nous informent très clairement sur cet aspect du 
conflit 12 . 

On en vient à se demander si la nécessité de défendre le 
mazdéisme confronté, entraînant l'élaboration rationnelle 
de la thèse centrale sur la sagesse divine, n'a pas préparé 
le terrain à certaines positions qui devaient plus tard être 
tenues en islam. Il y aurait ainsi une continuité « historique » 
sous-tendant l'affinité intellectuelle entre l'épistémologie 
théologique du mazdéisme dënkartien et le présupposé 
fondamental du mo c tazélisme. Le point d'accord de tous 
les mo c tazélistes, si différenciés qu'ils soient entre eux, 
est la «justice » de Dieu, accessible à l'intelligence humaine 
au moins au point que celle-ci est en droit de postuler que 
le sens réel de l'Écriture écarte toute attribution du mal à 
Dieu. Pour eux c'est trop peu de dire, comme le fait par 
exemple la wasïyat Abï Hanïfa, art. 7, que les actes pecca- 
mineux de l'homme ne sont pas selon le commandement de 
Dieu, tout en étant selon sa volonté ; il faut franchement 
dénier à la causalité de Dieu tout influx sur tous les actes 

12, Il s'agit des historiens arméniens Elisée et Lazare dont le témoignage 
au sujet de l'édit de Mihr-Narseh, même s'il soulève des difficultés, n'en est 
pas moins clair. 



INTRODUCTION 



15 



libres de l'homme, sur les mauvais, pour ne pas faire de 
Dieu la cause du mal, et sur les bons pour qu'ils soient 
libres et, partant, méritoires. La revendication du libre 
arbitre comme garantie de la moralité est également le fait 
du mazdéisme, mais il le juge compatible avec la causalité 
divine universelle et ne se laisse pas enfermer dans le 
dilemme du mo c tazélisme. Sur ces deux points cardinaux, 
« innocence » de Dieu et liberté de l'homme se base une 
conception de l'intelligence en théologie et d'une inter- 
prétation large des textes sacrés, dont on doit bien admettre 
qu'elle est foncièrement la même en mo c tazélisme et en 
mazdéisme. C'est surtout à propos de la doctrine du libre 
arbitre, du pouvoir réel de l'homme sur son action, que les 
musulmans anti-mo c tazélites ont été frappés de cette 
parenté 13 . Ils s'en autorisaient pour taxer de te mages 
de cette communauté » les quadarites précurseurs des mo c - 
tazélites qui sont souvent désignés sous leur nom. 

Les rencontres du mazdéisme dënkartien avec la pensée 
des mo c tazélites ne se limitent pas à la grande thèse ^ des 
ahl al c adl. Certains mo c tazila défendaient la notion d'une 
volonté en Dieu logiquement antérieure à son acte, ce qui 
est la position du Dk, tandis que d'autres pensaient que 
dire de Dieu qu'il veut une chose revient simplement à 
dire qu'il la fait. Tous soutenaient que l'affirmation de 
l'existence de Dieu est une conclusion de raison, sanctionnée 
par un précepte divin ; or, dit le Dënkart, Dieu voulant que 
l'homme le connaisse (109) lui a donné une intelligence 
innée droite qui n'est entravée que par un vice intellectuel 
contraire, lequel ne peut venir de Dieu (conclusion que les 
mo c tazila n'admettront pas). Très proche aussi de la thèse 
mo c tazélite qui veut que les souffrances infligées par Dieu 
aux damnés ne soient pas un mal, celle du mazdéen s'eftor- 

13. Dans le hadith, sont désignés comme les « mages de ma communauté » 
ceux qui nient le qadar : ainsi les textes d'Ibn Hanbal cités dans la Concor- 
dance de la tradition musulmane de Wensinck s.v. c omm. ; mais il s'agit là du 
qadar exclusif de Dieu. Les mo c tazélites admettent, au contraire, le qadar de 
l'homme sur ses actes, ce qui leur vaudra, plus tard, d'être taxés de qadariyya. 



16 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



çant de démontrer que les châtiments des méchants ne leur 
font pas « violence » 14 . On se gardera d'affirmer dans quel 
sens s'est fait l'emprunt, pour autant qu'il y en ait un, 
car à sonder les mêmes problèmes, il est normal que Ton 
se rencontre sur des solutions semblables élaborées indé- 
pendamment. 

A partir de sa prémisse à la fois doctrinale et épistémo- 
logique, et admise l'existence du mal tant physique que 
moral, le dualisme se déduit sans difficulté et presque 
rigoureusement. Le mal ne peut avoir de cause semblable 
à lui qu'en dehors du domaine du Créateur. Impossible 
donc de rendre compte de la création telle qu'elle existe, 
c'est-à-dire incontestablement souillée, à partir d'un prin- 
cipe unique. Comme le bien, le mal a un principe propre 
qui ne saurait être le même que celui du bien ou être une 
créature originairement bonne, car on est toujours tenu de 
remonter au principe premier et de lui attribuer l'entière 
responsabilité de toute sa lignée. Dans l'état du Mélange, 
qui est le nôtre, des êtres pervers spécifiques parasitent 
certains êtres bons : c'est le cas des planètes à l'égard des 
astres (système qui n'est qu'esquissé ici, mais qui est tout 
à fait explicite dans le Skand Gumânïk Vicâr et dans le 
Bundahisn) ; c'est le cas des propriétés simples que sont 
le froid et le sec à l'égard du chaud et de l'humide ; c'est 
dans l'ordre moral, le cas des vices à l'égard des vertus qu'ils 
attaquent soit de front, soit en prenant l'apparence d'une 
vertu de même « orientation » qu'eux. Antagonisme et 
corruption composent le déroulement du combat cosmique 
et affectent ce monde blessé. 

Sans avoir à en rapporter l'origine, le Dënkart III adopte le 
cadre « historique » qui rend compte de l'état du Mélange : 
le mot dont il use constamment est celui d'Assaut, ëbgat 

14. Toutes ces thèses sont commodément exposées d'après les hérésïo- 
logues musulmans par A. N. Nader, Le système philosophique des muHazila 
(Recherches publiées sous la direction de l'Institut de Lettres Orientales de 
Beyrouth, 3), Beyrouth, 1956 ; mais on peut désormais utiliser une source 
directe, le Moghni du motazélite Abd al-Jabbâr, en cours de parution au 
Caire. 



INTRODUCTION 



17 



qui désigne l'immixtion du Mauvais Esprit, Gannâk Më- 
nôg, dans l'univers d'Ohrmazd, et le commencement 
d'une période de Temps orientée pour être une longue 
préparation à la récupération et à l'épuration finale. Ce 
sera alors la Fraskart, la transfiguration, la cessation de 
toute opposition actuelle ou redoutée, la restauration à 
l'immortalité d'êtres qui n'avaient pas été créés pour la 
mort. 

Dans le Bundahisn et les Sélections de Zâtspram, l'alter- 
cation originelle est longuement décrite. Le rejet du Gannâk 
Mënôg n'entraîne pas immédiatement sa défaite totale : 
permission lui est donnée de co-exister dans le monde des 
créatures, comme si Ohrmazd voulait associer celles-ci 
à sa victoire finale en les faisant œuvrer à l'« usure » de la 
druj. Le ferment de cette activité rédemptrice est la Révé- 
lation, offerte dès l'origine à Gayomart, le premier homme, 
puis confiée pleinement à Zartust et à sa descendance pos- 
thume, chacun des descendants marquant une étape et le 
dernier, qui est le sauveur par excellence, consommant 
la victoire de l'œuvre de création. Tout ceci est supposé, 
et maints détails en sont rappelés dans le III e livre ; mais 
le propos de l'auteur n'est pas tant d'évoquer le mythe 
des origines que l'annonce de l'avenir tel qu'il est prédé- 
terminé dans le dessein d'un Créateur sage et tout- 
puissant. 

Ainsi les étapes de la création telles qu'elles sont rappor- 
tées par le Bundahim, où chaque « règne « de la nature, 
du ciel à l'homme, est décrit en détail dans un visible effort 
pour faire concorder les données avestiques avec les con- 
naissances courantes d'astronomie, de géographie, de bota- 
nique, de zoologie, font place ici à la restitution d'une » pro- 
cession » métaphysique qui part de la toute première « pro- 
duction », apurisn, de l'être pour aboutir à la constitution 
des êtres concrets, stï, avec leurs actes individuels. Quelques 
indices nous portent à croire qu'il ne s'agit pas là d'une 
spéculation récente, mais que c'est plutôt un élément d'une 
métaphysique ancienne dont il ne nous reste que peu de 



18 



LE TROISIÈME LIVRE DU D EN KART 



chose. Ce sont là des chapitres 15 d'un très grand intérêt, 
et qui nous font regretter la perte de traités qui ont certaine- 
ment dû exister et auxquels la tradition des copistes, visant 
le fidèle moyen, a préféré les écrits plus imagés et moins 
rigoureux. Cette spéculation cosmogénétique s'exprime ici 
en des chapitres qui, pour être multiples, ne reflètent guère 
d'approfondissement de la doctrine, exposée à plusieurs 
reprises plutôt que poursuivie. On pourrait croire un instant 
qu'elle va se ramifier pour éclairer les sciences de la nature. 
Il n'en est rien : dans ces domaines, le III e livre, chaque fois 
qu'il touche à des points où l'Avesta a parlé, que ce soit la 
théorie des vents ou la médecine des corps, ne donne pas 
l'impression que les mazdéens participent au mouvement 
général de la science « arabe », héritant de la science grecque 
et la faisant progresser. A vrai dire, il serait plus juste de par- 
ler de «science des musulmans», car ce n'était ni une question 
d'ethnie, ni une question de langue: il s'agissait plutôt d'une 
libération de l'esprit scientifique de la population islamisée de 
l'Iran par rapport à la « science mythologique » liée au maz- 
déisme. Le processus avait dû commencer beaucoup plus tôt : 
le Dënkart lui-même nous atteste que l'Iran s'était ouvert 
dès les premiers Sassanides, à la science grecque comme à la 
science indienne, et nous savons que savants et philosophes 
grecs avaient été, au cours de la dynastie, accueillis en 
Iran 16 . Peut-être la conquête musulmane a-t-elle freiné 
ce mouvement d'ouverture, les mazdéens se repliant sur 
eux-mêmes en cherchant à préserver leurs traditions 
mythiques comme partie intégrante de leur patrimoine 
religieux menacé. En fait, le seul chapitre de la science 
cultivée par les mazdéens qui ait été transmis avec profit 
aux successeurs musulmans semble avoir été la partie astro- 
nomique de l'astrologie, fortement imprégnée de science 

15. J'avais déjà traduit, et commenté par les chapitres parallèles, le chapitre 
principal, 123 dans Pratiaanam... Studies présentai to F.B.J. Kuiper, la Haye, 
1969, 193-200. 

16. Voir entre autres J. F. Duneau. Quelques aspects de la pénétration 
de l'hellénisme dans l'Empire perse sassanide, dans Mélanges offerts à René 
Crozet, Poitiers, 1966. 



INTRODUCTION 



19 



grecque et indienne. Mais ce que nous disons là reste du 
domaine de l'hypothèse, car il ne faut jamais oublier qu'il 
serait déraisonnable de reconstruire le passé culturel 
mazdéen avec les bribes de documentation écrite dont nous 
disposons aujourd'hui. 

L'insistance du Dënkart III sur le caractère rationnel de la 
Bonne Dën n'exclut évidemment pas qu'il en invoque la lettre. 
Un texte gâthique est suscité de temps en temps pour 
soutenir une position que l'on vient d'exposer. Le texte 
même de la prière du Nam Stâyisn fournit la liste des 
attributs d'Ohrmazd (81). Les épithètes scripturaires de 
l'amahraspand Saerevar sont le point de départ d'une 
« théorie « de la force au service de la royauté (134). Le nom 
« religieux » de telle réalité cosmologique vient couronner 
sa description (174, 263, 289, 290, 365, 409). Dans les cha- 
pitres qui traitent directement de données empruntées à la 
tradition mythique, les mots ou expressions consacrés appa- 
raissent tout naturellement : c'est ce qu'on attend d'un 
auteur instruit avant tout par la mémorisation des textes, 
et c'est ce qui rend si précieux pour la reconstitution de 
l'Avesta perdu l'étude de textes même tardifs mais tout 
imprégnés de l'inspiration originelle. A ce contenu « scnp- 
turaire » vient s'ajouter l'apport de la tradition, celle des 
Anciens Docteurs (pôryôtkësân), le terme étant lui-même 
un mot savant emprunté à l'avestique), ce qui peut aussi 
bien désigner un maître relativement récent comme Aturpât 
i Zartustan ou Tôsar (137, 420) que l'on entend s'exprimer 
sur des sujets divers. Il se peut qu'ils aient compté les 
autorités si souvent citées dans les traductions et commen- 
taires de l'Avesta, ou des juristes comme ceux dont le 
Mâtigàn i hazâr dâtistân nous fournit les noms. C'est une 
classe sur laquelle nous voudrions en savoir davantage, car 
il est certain que, sans doute prêtres, môbed, pour la plu- 
part, ils ont joué un rôle considérable dans l'histoire de la 
religion iranienne. 

Fort remarquable par son caractère à la fois traditionnel 
et systématique est l'éthique des vertus et des vices dont 



20 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



nous avons vu comment elle s'insérait dans le schéma 
dualiste. Nous sommes assurés de l'antiquité de cette 
réflexion éthique par le résumé que nous donne le Dënkart 
VIII du Brîh (ou Baris) Nask de l'Avesta 17 , qui fait 
partie des nask hâtak-mânQrik, et où se retrouvent les 
notions-clefs, y compris la répartition des vertus et des vices 
selon leurs affinités et leurs contrefaçons. Les chapitres 
du livre III sont de la même veine que le livre VI du Dënkart 
et que les Handarz. 

Les deux piliers de la doctrine morale exposée ici sont, 
d'une part, la Mesure, caractéristique de la sagesse innée, 
du comportement iranien, et de la Bonne Dën, d'autre part, 
le xvarrah, charisme spécifique d'une fonction, d'un rang 
et notamment de la royauté iranienne. L'éloge de la Mesure 
n'est pas ici sans emprunter un tour polémique : on entend 
faire pièce à une idée courante dans l'islam ancien 18 se pré- 
sentant comme la religion du juste milieu en contraste 
avec le judaïsme « légaliste » comme avec le christianisme 
« ascétique ». La notion des xvarrah est autrement riche : 
proche de ses origines mythologiques avec lesquelles elle 
ne saurait rompre, elle exprime avant tout, mais en la 
diversifiant, une idéologie royale, ou tout au moins dynas- 
tique, appelée encore à un bel avenir dans sa transposition 
mystique en islam iranien. Outre la large enquête linguis- 
tique de Sir Harold Bailey, elle a fait l'objet d'une belle 
étude, précisément à propos de nos textes, dans la thèse 
de Marijan Molé qui a fort bien montré comment elle 
s'épanouit en un système historique. 

Or, l'historiosophie du Dënkart III, pour conforme 
qu'elle soit au schéma traditionnel, nous paraît aussi orien- 
tée par le souci polémique du livre. C'est d'abord que l'éloge 
si fréquent de la parfaite royauté iranienne, inspirée par 
la Bonne Dën et soutenant celle-ci, dotée de toutes les 
supériorités, rayonnant [sur les pays voisins, exprime la 

17. Dans la traduction de West, VIII ix (Madan, 685-687) ; traduit dans 
mon Encyclopédie mazdéenne..., 38-39. 

18. Mis en valeur dans une étude célèbre de Goldziher. 



INTRODUCTION 



21 



nostalgie d'un régime révolu, tout comme les désordres 
que l'on prête au « mauvais roi » évoquent, sous leur descrip- 
tion schématique et conventionnelle, l'époque « actuelle », 
sous le régime de la mauvaise Dën et du bouleversement 
du pouvoir, en clair : de l'islam et de l'émiettement éta- 
tique, des dominations étrangères, arabes ou turques, de la 
perte de toute continuité dynastique. Et dès lors les perspec- 
tives prophétiques prennent couleur de consolantes pro- 
messes : iranienne dès Manuscihr, la royauté si long- 
temps illustre, redeviendra iranienne et jouera son rôle 
dans la préparation et l'approche des temps eschatolo- 
giques. Quant à la mauvaise lignée, elle part de Dahâk, 
se transmet à Abraham, père des juifs et de Moïse leur 
législateur, mais aussi nous dit au moins une des versions 
de cette généalogie, à Tâj, l'ancêtre des Arabes (Tâjïk), 
c'est-à-dire des usurpateurs. Nous voilà dans l'histoire 
constatable et déplorable, articulée aussi habilement et 
naturellement que possible avec l'histoire mythique. La 
même « parenté » permet en polémiquant contre les juifs 
d' atteindre les musulmans lorsque les doctrines critiquées 
leur sont communes. 

Ces attaques latérales contre les conquérants viennent à 
l'appui de l'offensive principale menée à la fois contre le 
monothéisme et contre l'éternité de l'enfer qui, pour les 
mazdéens contredit directement la sagesse du gouverne- 
ment divin. Si l'existence du mal postule un premier prin- 
cipe du mal, et donc le dualisme, la pérennité de la peine 
dûe au pécheur ne saurait répondre au plan total dont la 
réalisation doit être l'effet et le signe de la toute-puissance, 
de la providence et du triomphe du Créateur. Dualiste, 
le mazdéisme l'est en ce qu'il admet un mal « substantiel » 
ne tenant en rien sa consistance du bien, mais cette consis- 
tance étant conçue univoquement à l'instar de celle du bien, 
le mal n'étant pas que le parasite de l'être, mais être de 
plein droit. Monothéiste, le mazdéisme l'est, en tant qu'Ohr- 
mazd est seul à organiser et à mener à sa fin, c'est-à-dire 
à l'immortalité et à la transfiguration de la Fraskart, ce 



22 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



monde du bien qu'il est seul à avoir créé ; bien plus, il est 
seul à pouvoir tenir compte de l'existence de « l'autre », 
à connaître son projet et ses moyens, à le tolérer pour un 
temps comme pour faire de ses créatures à lui, Ohrmazd, 
des agents et des collaborateurs dans l'œuvre qui doit 
s'achever par la victoire du bien et l'éviction du mal. « Indé- 
pendant » de lui, le mal lui est néanmoins inférieur — sinon 
subordonné — : il est, si l'on peut dire, « sans avenir ». 
Ohrmazd, seul principe des êtres et leur seule fin, est donc 
seul Dieu. Le principe du mal et des êtres mauvais n'étant 
qu'un dëv, et la sagesse étant le propre de Dieu, le terme, 
la fin des êtres de sa création ne peut pas ne pas comporter 
leur séparation définitive d'avec le mal sous toutes ses 
formes : l'enfer et ses peines cesseront, la mort cessera, 
et même le gëtï, issu de mënôg pour mener le combat, 
se résorbera, tout bon qu'il soit, dans le mënôg originel. 
C'est bien l'éternité de l'enfer, et non l'enfer comme tel, 
que rejette le mazdéisme. 

On peut se demander pourquoi, sur le point précis de 
l'éternité de l'enfer, l'auteur mazdéen n'attaque pas le 
christianisme plutôt que l'islam, se servant de lui comme 
de masque pour la religion dominante principalement visée, 
selon un procédé qui nous avait paru patent dans la polé- 
mique contre le judaïsme. La même question sera posée 
par le chapitre XV du SGV où l'enfer ne figure pas parmi 
les dogmes chrétiens soumis à la critique, alors qu'il fait 
partie du dossier antimusulman. Il faut avouer qu'une 
réponse ne se présente pas. Dans le Dënkart III la seule 
attaque spécifique contre le christianisme est dirigée contre 
le dogme de la Trinité (40). 

Si nous avons particulièrement insisté ici sur les aspects 
polémiques du livre, c'est sans doute parce que c'en est 
le trait le plus original, mais aussi parce que c'est lui qui 
met le plus d'unité entre ces 420 chapitres tous consacrés, 
de près ou de loin, à la défense et à la glorification de la 
Dën Mazdéenne. Défendue contre ses détracteurs, elle 
est glorifiée aux yeux de ses adeptes et sympathisants par 



INTRODUCTION 



23 



la mise en valeur de traits qui expriment sa « rationnalité » et, 
en un certain sens, son « universalité ». A l'heure même de 
son crépuscule 19 , la Bonne Religion se découvrait comme 
la vocation d'illuminer au-delà des frontières spirituelles 
de l'Iran. 

* # 

Le Dënkart fut édité pour la première fois à Bombay 
par le dastour Peshotan Bahramji Sanjana, aidé un peu 
plus tard, puis remplacé, par son fils, le dastour Dârâb, 
qui fit paraître les neuf volumes contenant le livre III, 
de 1874 à 1900 ; la philologie pehlevie était alors dans l'en- 
fance et il n'est guère surprenant que les traductions 
anglaises et gujerat qui accompagnaient le texte ne soient 
pas d'un grand secours pour prendre quelque intelligence 
de ce livre particulièrement difficile. Des chapitres détachés 
devaient être traduits au cours des années qui suivirent : 
premier en date, L. C. Casartelli en donna quelques-uns 
dans sa thèse sur la Philosophie religieuse du Mazdéisme 
sous les Sassanides, Paris 1881 (trad. angl. The Philosophy 
of the Mazdayasian Religion under the Sassanids ; tr. F. J. 
Jamasp Asa, Bombay) et dans la revue Le Muséon. West, 
qui avait traduit en anglais les livres VIII et IX, puis le 
livre VII, n'avait retenu du livre III que quelques chapitres 
sur la Dën (dont le chapitre 420) et le grand chapitre sur 
le xvëtôdat qui est au centre du dossier qu'il avait constitué 
sur la question. James Darmesteter s'était peu occupé 
du livre III, et A. J. W. Jackson traduisit le chapitre 200 
dans ses Researches on Manicfaeism, 1935. C'est dans la géné- 
ration suivante, la première à bénéficier du bond qu'avait 
fait faire à l'étude du pehlevi la découverte du moyen- 
perse manichéen des documents de Turfan, que commence 
ie travail solide sur le livre III. Curieusement, le maître 
des études pehlevies modernes, H. S. Nyberg, dont le Hilfs- 

19. Cf. le titre de l'ouvrage de R. C. Zaehner, Ihe Dawn and Twilight 
of Zoroastrianism, Londres, 1961. 



24 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



buch des Pehlevi fut longtemps le maître livre d'initiation, 
et qui en donna en 1964 une deuxième édition considéra- 
blement augmentée de textes de tous ordres, n'a guère 
publié sur le livre III auquel le prédisposait pourtant ses 
travaux d'arabisant sur le mo c tazélisme. 

W. H. Bailey en étudia quelques chapitres, surtout comme 
linguiste, dans ses Iranian Studies et dans ses Zoroastrian 
Problems in the Ninth-Century Books, Oxford 1943, où 
figurent en appendice des transcriptions dont nous avons 
tenu compte ici. Ce fut son élève R. C. Zaehner qui aborda 
l'étude des textes doctrinaux, d'abord dans une série d'ar- 
ticles, puis dans son grand livre Zurvan, a Zoroastrian 
Dilemna, Oxford 1955 ; son objet étant l'étude du temps 
dans le dualisme mazdéen, le domaine que couvrent les 
textes qu'il a choisi d'éditer et de traduire est à la fois 
restreint et difficile. Ses traductions exigeaient à la fois 
hardiesse et sûreté, et il n'a pas hésité à s'y prendre à plu- 
sieurs fois. Elles nous ont été fort utiles, lors même que 
nous avons jugé devoir nous en écarter sur bien des points. 
C'est aussi le cas des transcriptions et traductions de Marijan 
Molé, beaucoup plus nombreuses et diverses, souvent fort 
pénétrantes, presque toujours en progrès sur celles de Zaeh- 
ner, et d'autant plus sûres qu'il grandissait en expérience, 
mais qui souffrent des imperfections dûes au travail trop 
précipité de ce jeune savant très polyvalent, mort dans la 
quarantaine, laissant une œuvre déjà considérable. L'inter- 
prétation doctrinale qui accompagne ses traductions est 
de grande valeur et n'est pas diminuée par ces imperfec- 
tions. Signalons qu'elles sont inégalement réparties entre 
les lectures et les traductions : celles-ci étant parfois en 
progrès sur celles-là, celles-là n'ayant pas été corrigées en 
conséquence. L'absence d'un glossaire pehlevi complet du 
Dënkart III explique aussi que tel passage est mal traduit 
parce qu'il n'a pu profiter de la traduction correcte de tel 
passage parallèle. Pour les traductions de Molé comme 
pour celles de Zaehner, nous n'avons pas cru devoir signaler 
expressément nos corrections ou divergences, mais nous 



INTRODUCTION 



25 



avons toujours donné l'indication précise des travaux de 
nos prédécesseurs pour permettre au lecteur de juger. Que 
les lignes qui précèdent expriment une fois pour toutes 
l'admiration qu'ils méritent et la reconnaissance pour ce 
que nous leur devons. 

Entre temps, nous avons publié notre traduction du 
Skand Gumânïk Vicâr en incorporant à notre commentaire 
de nombreux passages du livre III. Aussi bien ce livre se 
donne-t-il comme inspiré par le Dënkart dont il poursuit 
l'œuvre polémique. Depuis, nous est apparu toujours davan- 
tage le besoin d'une traduction intégrale de l'ouvrage. Or, 
les quelques chapitres du livre III (sans compter ceux des 
autres livres) qui figurent aussi dans des manuscrits autres 
que B 20 , l'unique manuscrit « complet » de l'ouvrage, 
nous montrent à quel point celui-ci est défectueux. C'est 
une mauvaise copie qu'il nous faut corriger presque à 
chaque ligne, et pas seulement par la suppression ou l'addi- 
tion d'un izafat ou d'une conjonction, par l'omission d'une 
répétition, parfois longue, par la restitution d'une omission : 
certains mots sont grossièrement déformés, d'autres acci- 
dents défient toute reconstruction. Seule une longue habi- 
tude du texte peut inspirer à son traducteur la hardiesse 
de r« établir » de façon plausible. Il reconnaît n'y avoir pas 
toujours réussi : des mots, des phrases même, sont restés 
intraduits. Les lectures adoptées figurent entre parenthèses 
à la suite de la traduction, précédées du signe x et suivies 
parfois d'un point d'interrogation quand elles sont incer- 
taines. Pour ces transcriptions du pehlevi, je me suis tenu 
en gros au système de M. Nyberg, fidèle à la graphie 
archaïque plus qu'à la phonétique réelle qu'elle masque et 
qui nous est connue avec une certaine probabilité par les 
manuscrits de Turfan. Le récent Concise Pahlavi Die- 
tionary de M. D. N. MacKenzie ouvre une voie nouvelle 

20. Le K 43 de Copenhague, reproduit dans le t. 5 des Codices Avestici 
et Pahlavici Bibliothecae Universitatis Hafniensis, 1936 et du Codex DH du 
Cama Athornan Institute de Bombay publié en fac-similé par le Bonyad-e 
farhang-e Erân, tome 89 de sa collection. 



26 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



dans l'application d'un système de transcription purement 
phonétique. Si je ne l'ai pas empruntée ici, c'est qu'il y 
avait avantage, dans un déchiffrement parfois douteux 
comme celui-ci, à donner au lecteur l'image « écrite » des 
mots interprétés. Faute de fournir ici une transcription 
complète du texte que nous lisons, nous avons souvent 
donné à la suite d'un mot français le mot pehlevi qui sous- 
tend cette traduction : mais parfois un nom est traduit par 
un verbe ou inversement, selon que l'exige la différence 
des deux syntaxes et des deux styles. L'original n'ayant 
aucune prétention d'élégance, on a jugé que la traduction 
devait viser à la précision, fût-ce au prix d'une certaine 
lourdeur. 

Ceci explique le parti que nous avons pris de laisser 
certains mots techniques intraduits. Précisons ici leur signi- 
fication. Mënôg et gëti désignent deux sphères de la réalité, 
Tune toute spirituelle, l'autre tombant sous le sens, dont 
les rapports exacts ne sont pas ceux d'un noumène et de 
son phénomène, certains mënôg n'ayant pas de gëti. L'étude 
détaillée de ce couple de notions reste à faire 1 . Le voca- 
bulaire psychologique offre des difficultés particulières ; 
tan en opposition a ruvân est traduit par « corps », tandis 
qu'isolé il a simplement la valeur de « personne » ; ruvân 
est donc « âme », mais ses composantes, jàn, parfois claire- 
ment « vie », bôd « conscience », « Bewusstsein » et surtout 
axv et fravahr auraient perdu à être exprimées dans la 
langue de systèmes philosophiques dont les articulations 
sont différentes et où elles n'ont pas d'équivalents. 

Le vocabulaire religieux du mazdéisme ne gagnait rien 
à être adapté : nous avons gardé druvand plutôt que de le 
remplacer par « impie », ce qui ne couvre pas son sens 

1. Mais voir maintenant les articles de S. Shaked : 

— 'Some notes on Ahreman, the Evil Spirit and hïs création' dans Studies 
in Mysticism and Religion, Jerus. 1967, p. 227-234. — 'Eschatology and the 
goal of the religious life in sasanian Zoroastrianism", dans Types of Rédemp- 
tion (ed. Dr Z. Werblowsky et J. Bleeker), Leiden 1970, p. 223-230. — 'The 
notions mënôg and gètig in the Pahlavi tests and their relations to eschato- 
logy', à paraître dans Acta Orientalia de Copenhague). 



INTRODUCTION 



27 



eschatologique, ou « réprouvé », ce qui suggère la notion 
de « prédestination à l'enfer » totalement étrangère au 
mazdéisme. Les mêmes inconvénients ne se présentaient 
pas pour l'antonyme ahrav que nous traduisons par a Juste », 
la majuscule rappelant qu'il s'agit d'un mot technique. 
Le même procédé a été appliqué à la traduction de dusâkâsih 
dont la valeur « morale » aurait disparu dans « mauvaise 
connaissance » : « Ignorance » exprime donc le rejet de la 
saine et sainte doctrine. Les kêk et les karap sont les kavi 
et les karapan de l'Avesta, êtres pervers et ennemis des 
zoroastriens, comme le sont aussi les mar. A l'événement 
final que Molé désigne assez justement par « Rénovation », 
nous avons jugé préférable de laisser son nom pehlevi de 
Fraskart y tandis que tan i pasën est rendu par « Corps 
: eschatologique » ; xrat est traduit par « sagesse », mais 
nous avons gardé le même mot pour traduire dânâkih, 
pour lequel « science » eut été trop exclusivement noétique. 

Les chapitres relatifs à la cosmogenèse usent d'un voca- 
bulaire constant et précis dont nous n'avons pas voulu 
trop préciser la connotation métaphysique : rendant dahisn 
par « création », nous avons pour âpurisn évité «émanation», 
trop chargé de sens ématiste, et traduit par « production ». 
Comme en français, un même mot pehlevi désigne souvent 
aussi bien le processus que le terme de l'opération. C'est 
le cas de dahisn et des mots du même ensemble : bavisn 
« genèse » et « ce qui vient à l'être », kambavisn « compo- 
sition » l'acte et son résultat, handâcisn, « destination » 
l'acte de destiner et son effet dans l'être destiné. Nous avons 
gardé le mot pehlevi là où sa traduction n'aurait pas apporté 
de la clarté : à plus forte raison pour les expressions bavisn- 
ravisnih et bavisn-astisnih « progrès de la genèse » et « stade 
terminal de la genèse », tandis que stî est assez commo- 
dément rendu par « être concret » ou « être individuel ». 

Pour l'étude des acceptions d'un mot technique, l'index 
est appelé à rendre des services en attendant le glossaire 
pehlevi complet que M. Tafazzoli a entrepris pour la collec- 
tion du Bonyâd-e Farhang-e Eràn. Renvoyant aux cha- 



28 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



pitres et non aux pages, l'index permet de grouper des 
paires d'antagonistes qui se retrouvent presque toujours 
ensemble et d'alléger ainsi les notes explicatives qui 
accompagnent la traduction. Celles-ci n'en sont pas un 
commentaire, qui aurait plus que doublé le volume de l'ou- 
vrage ; les remarques linguistiques ne servent qu'à rendre 
compte de la traduction, au besoin de relever l'usage d'un 
mot rare, attesté ailleurs. Pour ce qui est de ce dernier 
point, je suis tout particulièrement redevable à M. Ta- 
fazzoli qui a assumé le gros travail d'un examen minutieux 
de ma traduction, me signalant des inadvertances ou des 
erreurs, soulevant des problèmes que nous nous sommes 
efforcés de résoudre ensemble, suggérant de nombreuses 
améliorations dans l'annotation linguistique. 

Ma gratitude va, de ce fait, à l'Université de Téhéran 
qui a consenti à le décharger de ses cours pendant un an, 
à la demande du Professeur Khanlari, directeur du Bonyâd-e 
Farhang-e Erân. 

J'adresse ici mes remerciements à l'Institut Royal de 
Traduction et de Publications qui, en la personne du Pro- 
fesseur Yarshater, m'a invité à publier, dans sa collection 
qui paraît sous le patronage de l'UNESCO, cette traduction 
qu'il savait être sur le chantier et qui paraît à la fois dans 
les Travaux de notre Institut d'Études Iraniennes. Le 
Centre National de la Recherche Scientifique a également 
apporté son concours à cette publication et nous lui en 
exprimons nos remerciements. 

Je désire enfin exprimer ma reconnaissance à tous ceux 
qui, d'une façon ou d'une autre, m'ont assisté dans la longue 
exécution de ce travail, et notamment au Professeur Mary 
Boyce qui a bien voulu traduire et annoter les deux chapitres 
consacrés à l'astronomie et au calendrier, matières où sa 
compétence s'était signalée, et à tous mes élèves de la V e Sec- 
tion de l'École Pratique des Hautes Études qui, au cours 
de mes vingt années d'enseignement, ont pris une part 
active au déchiffrement et à l'élucidation de ce grand texte. 



ABRÉVIATIONS ET INDICATIONS BIBLIOGRAPHIQUES 



AW C. Bartholomae, Altiranisches Wôrterbuch. 

Strasbourg, 1904. 

g Dënkart, a Paklavi Text, facsimile Edition of 

the Manuscript B of the K. R. Cama Oriental 
Institute Bombay. Edited by M. J. Dresden. 
Wiesbaden, 1966. 

Bailey, Zor. Prob. H. W. Bailey, Zoroastrian Problems in the 
ninth-century Books. Oxford, 1943. 

Darmesteter ZA J. Darmesteter, Le Zend-Avesta. Paris, 1892- 
1893. 



Ghilain 
GdBd 

Madan 
MHD 



Molé Légende 



CMC 



RHR 



A. Ghilain. Essai sur la langue parthe. Lou- 
vain, 1939. 

Bundahisn ; cité d'après les divisions de l' édi- 
tion avec traduction anglaise de B. N. Ankle- 
saria, Zand-Akàsih, Iranian or greater Bun- 
dahisn. Bombay, 1956. 

D. M. Madan, The complète Text of tke Pah- 
lavi Dinkart. Bombay, 1911. 

Mâtigân i hazàr dâtistân ed. J. J. Modi et 
T. D. Anklesaria, Bombay, 1901 et 1912; 
cité d'après les divisions de l'édition avec 
traduction anglaise de S. J. Bulsara, Tke Lazvs 
of the Ancient Persians, Bombay, 1937. 

M. Molé, La légende de Zoroastre selon les 
textes pehlevis (Travaux de l'Institut d'Études 
Iraniennes de l'Université de Paris, 3), Paris 
1967. 

Culte, mythe et cosmologie dans l'Iran Ancien 
(Annales du Musée Guimet, Bibliothèque 
d'Études, t. 69). Paris, 1963. 

Revue de l'histoire des religions. 



30 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



SGV Skand-gumânïk vicâr, cité d'après mon édition 

traduite et commentée, Fribourg en Suisse, 
1945. 

West PT E. W. West, Pahlavi Texts 1-5 {Sacred Books 

of the East, vol. 5, 18, 24, 37, 47). Oxford, 
1880-1897. 

Y. Ph. B. N. Dhaehar, Pahlavi Yasna and Visperad. 

Bombay, 1949. 

Zaehner Zurvân. R. C. Zaehner, Zurvân, a Zoroasirian Dilemma> 
Oxford, 1955. 

Teachings The Teachings of the Magi. London, 1956. 



Les chapitres sont numérotés selon l'édition Sanjana. A la suite du titre, 
sont indiquées la page du manuscrit B (selon l'édition Dresden) et celle de 
l'édition M (adan). B supp. indique, d'après l'éd. Dresden, la pagination 
des feuillets qui manquaient au manuscrit B mais qui ont été retrouvés plus 
tard. Ces indications figurent aussi à la table des matières. 

Les chiffres en marge indiquent les pages et les lignes (de trois en trois) 
de l'édition Dresden, exception faite des pages B. Supp. 

Les numéros distinguant les éléments d'une énumération ont été ajoutés 
par le traducteur, ainsi que les mots français placés entre parenthèses. 

< . . . > mots manquant dans le manuscrit mais exigés par le contexte, 
(om.) indique une omission opérée par le traducteur en raison du contexte. 
x lecture corrigée avec plus ou moins de certitude par le traducteur. 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 
TRADUCTION 



Les trois premiers feuillets du manuscrit B étant très endom- 
magés, le texte actuel n'en permet pas une traduction continue 
et nous nous bornons à en résumer ce que nous croyons comprendre. 

Q Le premier feuillet conservé contient la fin de la réponse 
à la deuxième question d'un hérétique ; il y est fait mention 
des quatre classes sociales, de la cérémonie du dovazdaho- 
mast, et Tauteur s'intitule êrpat. 

J La troisième question est d'un hérétique nommé Akvân. 

2 Quatrième question : peut-être s'agit-il de la raison d'être 
de prescriptions rituelles concernant la préservation de la 
pureté de l'atmosphère contre ce qui sort du nez et de la 
bouche. 



3 Cinquième question : problème de pureté rituelle à l'égard 
des ordures. 



4 Sixième question : sur la pureté des feux. 



5 Septième question : objection d'un hérétique (mazdakite) 
qui représente la pratique de la communauté des femmes et 
des biens comme le remède aux passions (liste habituelle 
des vices) « selon l'enseignement qui nous a été transmis 
de Zartust ». La réponse semblerait distinguer entre ce Zar- 
tust, originaire de Fasâ, et le prophète du mazdéisme, mais 
Molé a sans doute raison de suggérer que les mazdakites se 
réclamaient bien de celui-ci, tout en interprétant son ensei- 
gnement autrement que la religion officielle. 



32 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



6 Huitième question. (B. 6 ; M. 7.) 

Un autre hérétique demanda : « Etant donné que < le précepte 
suprême de la Bonne Dën > est de ne pas pécher (avinâsïh), 
pourquoi faites-vous batailles de rois et de juges avec < les Non- 
Iraniens et autres de cette espèce > / et nombreux actes qu'on 
ne peut faire sans pécher, pas, en ne péchant < > 
contradictoire ? » 

Réponse : Les batailles < de rois et de > juges avec les Non- 
Iraniens et autres de cette / < espèce > se font sous l'autorité 
de la Dën Mazdéenne que nous maintenons dans l'action. La 
clémence (masdàtistànih) < > est le précepte suprême 

de la Bonne Dën. La mesure (sâmân) de la clémence < 
le progrès > de l'avantage et le retardement du désavantage que 
dans l'état du Mélange < > progrès du <; désavantage > 

et retardement de l'avantage. Comme l'avantage général 
< > désavantage pour l'armée de la Dën (? dën hénîk?}) 

et retardement de l'avantage ; / progrès de cet avantage général 
dans le monde, progrès et établissement de la réunion des créatures 
à la Fraskart, ce qui est la bonne loi des Anciens Sages, et stérilité 
(armësîih) et non-pfogrès des créatures, séparation('uis(2«x'i»J delà 
Fraskart, ce qui est la mauvaise loi hérétique. / Et celui qui accom- 
plit l'acte de clémence avec seulement en lui progrès de désavan- 
tage et retardement d'avantage, c'est comme s'il y avait en lui 
le souffle d'un vent rapide dans la protection générale et échappée 
à la puanteur qui est dans le souffle et qui atteint à rencontre 
(hanbasân). Celui qui blesse (bësîtâr) il arrive qu'il est sanspéché, 
comme est sans péché le Créateur qui / , pour l'avantage de toute 
la création et par clémence, a créé les créatures pour combattre 
avec la drûj, quand bien même elles auraient en combattant à subir 
souffrances, blessures, mort et mainte druvandïh. 

Le tempérament des hérétiques (cultive) ces 2 ( principes) : 
1) par un faible progrès du désavantage et un faible retardement 
de l'avantage chez celui dont l'opération est de grand avantage, 
tromper (apàrôn nimûtàrïhâ) ceux qui ne savent pas (om.)/et 
rendre inopérant celui dont l'action est de grand avantage ; 2) par 
un petit progrès de l'avantage et un petit retardement 'du désa- 
vantage chez celui dont l'action est de grand désavantage, égarer 
ceux qui ne savent pas, et (favoriser) le progrès de celui dont 
l'action est de grand désavantage. 



chapitres 6 a 7 



33 



7 Neuvième question. (B. 7 ; M. 9.) 

Un autre hérétique demanda : / « Etant donné que les mèn- 
eras sont tantôt dans les discours de < >, tantôt dans 
les discours de Frasotr et de Jâmasp, tantôt dans les discours 
de Hvôv et de S en, tantôt dans les discours de ceux qui étaient 
antérieurs à Zartust et postérieurs à Sën, ainsi qu'il est manifeste 
de tout ce qui a été dit par Ohrmazd à Zartust, nous considérons 
comme dit par Ohrmazd à Zartust / seulement les Gâthâ (gâsâmk), 
et le reste comme constitués (brihënit) par Zartust et ses disciples 
à partir (des éléments) du monde, et comme des mots qui sont 
(*kë) désordonnés (avërastï'ï) et corrompus (vastakih). 

Réponse : Les autres mânSras en dehors des Gâthâ, s'ils sont 
constitués à partir (des éléments) des Gathas et de VYria ahu 
■varyô, ces mêmes mânOras qui sont autres que/ le témoin supé- 
rieur, portent le témoignage (*gukâyih) d' Ohrmazd lui-même 
constitué par la puissance de son omniscience, et ne viennent 
pas de la connaissance humaine, qui n'aurait pu atteindre même 
à une portion de cela. Dans tous les discours et paroles (*ëvac) 
des mân6ras, tout n'est pas ce qu'Ohrmazd a dit à Zartust par 
ces paroles, mais discours divers dont il est manifeste que les 
paroles dites seraient d'Ohrmazd. Ces mân8ras, comme /les 
discours de Zartust et d'autres hommes de bien, ou de méchants 
aussi, et jusqu'au Gannâk Mênôg, sont manifestés parce 
qu'Ohrmazd les dit. Ces discours, et aussi ceux du Gannâk Menog, 
et des dëv, les mân6ras du VidêvdâV (dât i yudt-dëv) que les dev 
auraient dit /et les mânôras d'Ohrmazd à Zartust, en nom- 
breuses paroles, tout ce qui est certifié par Ohrmazd à Zartust 
n'est en rien contradictoire, comme les Gàthâs que vous (tenez) 
pour tout ce qu'Ohrmazd a dit à Zartust, soit dans les paroles 
de Zartust, soit dans les paroles d'Amahraspand, soit dans les 
paroles de Gôsurun, soit dans les paroles des autres Dieux, rien 
de tout cela ne contredit tout ce qu'Ohrmazd a dit à Zartust. 

Du fait du tempérament de l'hérétique, l'observation (mkirt- 
târih) concupiscente (qu'il porte) sur les siens (devient) obser- 
vation akomanienne (qu'il porte sur les discours des (ahûpan??). 



34 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



S Dixième question. (B. 8; M. 10.) 

/ L'hérétique demanda : « Pourquoi dites-vous que c'est un 
péché de brûler du bois ( ësmak) humide sur (om.) le feu, alors 
que ce n'en est pas un ? » 

Réponse : Nous disons que c'est un péché de porter du bois 
humide sur ( x apar) le feu, qu'il est contraire à la loi de se donner 
de la peine pour sécher /le bois qui vient sur le feu, parce que, 
par cette humidité, on éteint (nifrikisn) le feu. Du fait de leur 
tempérament, les hérétiques computent un prix (vahâk) sans 
valeur ( x apësût). 



9 Onzième question. (B. 8 ; M. 10.) 

L'hérétique demande : « Pourquoi (la Dën) dit-elle que c'est 
un péché de boire du vin sans modération ( apatmàn) , / et qu'il 
ne faut pas boire du vin même avec modération ? » 

Réponse : Nous disons que c'est un péché de boire du vin sans 
modération et que l'on peut <en boire modérément > , comme 
dit la Dën : « Buvez du moût (hûr) tempéré (partoxt}}), il est 
permis de manger un repas (sût) tempéré » et c'est ce que montre 
( x nimâyênit) cette/ gâthâ en ne louant pas (asrâyisnïh) et en 
inculpant ( x astâr ënitan) . Du fait de leur tempérament (xôk) 
les hérétiques transforment malhabilement ( x duskërôkihâ) les 
paroles d'un chacun et y cherchent un défaut (àhôk). 



10 Douzième question. (B. 8 M. 11.) 

On demande : toute cette nombreuse récitation de x mândTas 
qui est vôtre, (si) les mândras et discours étaient d'Ohrmazd, 
pourquoi, par la récitation de paroles retarder l'accès / au devoir ? 
Pour le salut ( x bôcisnïkik) de l'âme, la longueur des mânQras 
gâthiques est suffisante (bavandak). 



chapitres 8 a 11 



35 



Réponse : toute notre récitation de mânQras est loi d'Ohrmazd, 

3 discours / mesuré selon le salut mënôgien de l'âme, ordonnance 
gëtikienne de l'éducation (frakang), moyen de reconnaître le 
Créateur et d'accomplir sa volonté, de connaître les Dieux et 
les dêv mënôgiens, de rendre culte et satisfaction aux Dieux, 

6 non-culte et injure aux dëv, et le don des lois dâtîk, kâtak / mansrik, 
gâsânîk, et l'action dans ces lois dâtîk, hâtak-mânsrîk et gâsânik 
porte le temps à l'opération supérieure, et en le connaissant on 
organise par là le temps de la royauté, de la primauté (sardârih)^ 
de la magistrature (dâtvarïh), on unit la création, on vainc la druj 

9 et on l'élimine de la créature, on soigne (biciskîk),! gouverne et 
délivre (*vâyisn dakisn?) les créatures, grand nombre d'hommes 
du monde sont éduqués (frahaxt bût) et acquièrent le savoir. 
Et cela poour que, quand les hérétiques arrivent pour combattre 
la Dën, il y ait des remèdes pour éduquer la création, et des moyens 
par lesquels rejeter de nouveau tout enseignement condamné et 

m brisé, et préserver de la ruine / la Dën et la royauté et le monde. 



Seize questions posées par un disciple : 



\\ Première question. (B. 9; M. 12.) 

Alors qu'il est révélé qu'un homme qui a chanté des Gâthâ, 
à cause des actes méritoires, en vient à conserver par la puissance 
des actes méritoires la force mënogienne, et parvient à (l'obtention) 

15 du don / de l'existence suprême, pourquoi dit-on que, par suite 
d'un reniement (apàc stâyitan) de la Bonne Den ou d'un autre 
péché margarzân, est rendu invalide (acârih) l'acte méritoire 
parvenu à cette puissance à ce lieu ? 

Réponse : je ne sache pas (në dânam) que l'acte méritoire, 
accompli et fait pour (atteindre à) une telle puissance, soit rien ; 

18 l'annulation de l'acte méritoire / en raison d'un reniement de la 
Bonne Dën ou d'un autre péché margarzân, est la conséquence 
(pasîk) de ce que l'on a rejeté la récompense de l'acte méritoire 
jusqu'au Corps Eschatologique, ce n'est pas que la non-existence 
de la (louange de la) Bonne Dën transforme (*vastan?) l'existence 
de' l'acte méritoire accompli ; ainsi l'occurrence d'une invalidité 



36 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



(acâr) au cours d'un culte (yazisn) n'est pas la non-existence de 
ce culte ( x yast) mais la conséquence de ce qui est survenu / aupa- 
ravant. 



12 Deuxième question. (B. 9; M. 12.) 

Etant donné qu'il est révélé qu'il y eut parole et ordre (nimûtan) 
d'Ohrmazd à Masya et Masyânï, / pourquoi dit-on que <Yim> 
fut le premier à être à l'entretien, après Masya et Masyânï à la 
suite d'une longue succession ? 

Réponse : que l'entretien avec Yim ait été le premier, cela 
est révélé / ; parmi les descendants de Masya, qui dans la langue 
du pays sont les hommes, après Masya et Masyânï qui se dres- 
sèrent en opposition aux paroles et ordres d'Ohrmazd — de lui à 
Masya et Masyânï, non pas <de> Masya et Masyânï, mais 
de lui <à> Masya et Masyânï. De Masya et Masyânï descendait 
aussi Yim. /Et voici la raison : étant donné qu'un entretien 
en paroles et réponses est au moins entre deux personnes, telle 
parole et tel ordre d'Ohrmazd à Masya et Masyânï n'était pas 
un entretien en paroles et réponses (guftïk ut pasaxvïk), comme 
il nous est révélé que Yim fut le premier à en avoir. 



13 / Troisième question. (B. 10; M. 13.) 

On demande : ce qui a été dit, à savoir que, quand on consacre 
un x gôsôdâk, il est permis de manger de toute nourriture ; d'autre 
part, ce qu'il est permis de manger qu'on le consacre et qu'on 
consacre l'eau ; pourquoi est-il permis de boire l'eau ? 

Réponse : dans / le x gôsôdâk il n'y a pas de plantes et d'eau ; 
quand je consacre un x gôsôdSk, il y a consécration (yastakik) de 
plantes et d'eau, et, en outre, (hac kân bë) dignité du consécrateur 
pas toute comestion et ingestion du drôn qu'il consacre. Le carac- 
tère végétal du drôn lui vient de sa confection (sàxtàkïh) ; 
par le fait qu'il est drôn (pat drônih), il est chef (ratih) sur toute / 



chapitres 11 a 14 



37 



confection végétale. A cause de l'eau qui est dans la plante, on 
consacre (à la fois) la plante, le produit végétal et aussi l'eau, 
et outre cela, il y a la dignité du consécrateur à toute comestion 
de plante ou de produit végétal et ingestion d'eau. Quand il 
consacre non un drôn mais quelqu'autre dérivé d'une plante, 
ï* quand il y a de la plante / et de l'eau dans la consécration, il y a 
en outre la dignité du consécrateur dans le fait de manger des 
plantes et de boire de l'eau ; quand il consacre de l'eau, il y a 
seulement consécration d'eau, et il n'y a pas de dignité de consé- 
crateur, du fait qu'il boit seulement de l'eau. 



14 Quatrième question (B. 10 ; M. 14.) 

Pour quelle raison a-t'on dit que : « de celui qui a fait le patët, 
à l'enfer il n'y a pas de voie ? » 

*• 11 Réponse : La voie / qui mène à l'enfer passe par la souillure 
de l'âme. La libération du péché et la purification (rituelle) qui 
sont le remède contre le péché se trouvent dans la « récitation » 
( ôsmûrisn) de la Bonne Dën. Le savoir du médecin de l'âme qu'est 

3 le dastûr est plus spirituel ( vaxsiktar) que les remèdes ( x dârûk) / de 
toutes les autres maladies dans la classe de la médecine de l'âme 
( x ruvân) et le savoir du médecin du corps. Cette âme souillée 
par le péché, lorsqu'elle est repentante (pasimânih) en pensée, 
et pénitente ( apaxsïk) en paroles, faisant patët du péché, en acte, 
selon la règle de la Bonne Dën, et l'ordre du médecin de l'âme 

6 qu'est le dastûr de la Bonne Dën, / lorsqu'elle est libérée (vicârt 
bavët), l'âme étant purifiée de la souillure et de l'impureté du 
péché, la voie qui vient de l'enfer est coupée de telle sorte que, 
le corps étant malade (vimâr tan)> et la maladie du corps étant 
découverte (âhuft) au médecin et au thérapeute (drustpat) en lui 

5 découvrant (*nimâyisn) le remède et en lui en donnant, / le corps 
est guéri de la maladie et revient à la santé, 



38 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÈNKART 



15 Cinquième question. (B. 11 ; M. 14.) 

Des activités de l'homme, quelle / est la plus profitable pour 
le monde, celle qui offre le plus de satisfaction aux Dieux, celle 
qui nuit le plus aux dev, et celle qui est la plus haute de toutes ? 

Réponse : des activités de l'homme, la plus profitable pour le 
monde est le comportement iranien ( ërïh) dans la loi des rois et des 
souverains, c'est le fondement (frakân) du commandement et 
l'établissement du monde ; celle qui offre le plus de satisfaction 
aux Dieux, c'est la confession (astuvânïh) de la Dën Mazdéenne, 

acte méritoire qui maintient les créatures ; < > et 

la plus haute de toutes est la dispensation généreuse de la sagesse 
(xrat) à ceux qui sont dignes de la sagesse, ce qui est le progéniteur 
(zahâk) de toute Justice. 



16 Sixième question. (B. 11 ; M. 15.) 

15 I On demande : un mazdéen qui n'a pas admis chacune des 

opinions ("câstdk) des anciens dastûr de la Dën, dans son accomplis- 
sement des actes vertueux (kâr ut dâtistân) quant aux points sur 
lesquels les anciens dastûr de la Bonne Dën ne sont pas d'accord, 

18 l'opinion de quel dastûr doit-il écouter, admettre et / mettre à 
l'exécution. 

Ce mazdéen doit écouter, admettre et agir selon la règle et celui 
qui, à l'époque, est le Préposé (pësôpây) de la Bonne Dën ; il lui 
est permis (de suivre) d'autres fidèles de la Bonne Dën de cette 
même souche ; et, quand il ne trouve pas ( anayâf) cette règle, 
et qu'il écoute, admet et met à exécution, avec une parfaite inten- 
tion (de conformité) à la Bonne Dën, une des opinions de ceux 
qui ont été d'anciens docteur et dastûr de la Dën, sans mépriser 
*■ 12 (atarmënïtârïh) / d'autres opinions d'autres (?) docteurs et dastûr 
de la Dën, et qu'il la tient avec fermeté (^ôstîkânîk x mndart) 
— c'est bien. 



CHAPITRES 15 A 19 



39 



17 Septième question. (B. 12 ; M. 16.) 

3 En quoi le fidèle / de la Dën l'emporte- t*il sur la Dën, le roi sur 

la royauté, le sage sur la sagesse ? 

Réponse : Le fidèle de la Dën l'emporte sur la Dën unique- 
ment en ce qu'il met la Dën en pratique par la sagesse ( dânakih) ; 

et le roi l'emporte sur la royauté uniquement en ce que < > 

et le sage l'emporte sur la sagesse <uniquement> en ce qu'il 

6 établit la sagesse ; car la sagesse est / comme tout principe d'ori- 
gination (hacisïh) qu'il faut tenir ferme (vindartan) dans son 
identité (pat xvatïh), à cause de l'utilité de la connaissance pour 
chacun des avantages destinés à ce qui lui est apparenté ( xvësavand) . 



18 Huitième question. (B. 12; M. 16.) 

On demande : pour quelle raison le commandement de la Dën 
révèle-t'il que c'est de la main gauche que (*kë) l'on prend le 
barsom ? Qu'est-ce que les hommes / tiennent de la main gauche ? 

Réponse : depuis la montée ( ûl vaxsisnïh) du soleil, depuis le 
levant (xôrâsàn) <...> au midi (nëmrôc). De la même façon, 
l'homme se compare au soleil : son visage étant (tourné) vers le cou- 
chant, sa droite est vers / le nord, sa gauche sera plutôt vers le midi ; 
il faut savoir que la main gauche avec laquelle il tient le barsom 
de la Bonne Dën lui prescrit de s'en servir pour sacrifier aux 
Dieux, et il est dit que c'est aussi (du côté que) les hommes tiennent 
à la main, ainsi que tous les autres membres du même côté, en 
accomplissant leur devoir à l'égard d'Ohrmazd, / qu'ils atteignent 
au triomphe. 



19 Neuvième question. (B. 12; M. 17.) 

Quelle est la raison de ce qui est révélé au sujet du soleil qui 
à son lever ( ûl vaxsisnîk) comme à son coucher (frâsm) éclaire 
trois kisvar et demi ? 



40 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



Réponse : la terre et tout ce qui est autour est comprise dans 
JS (fravastakïh) I'AIburz. La rondeur est /le caractère de la terre, 
selon la révélation du Dênkart. Trois kisvar et demi sont la moitié 
de sept kisvar de la terre. En raison de la rondeur de la terre, 
le soleil en progressant ( x ravâkïk) éclaire toujours la moitié de 
la terre par ses rayons, son éclat et sa radiance. 



20 Dixième question. (B. 12; M. 17.) 

On demande : quand, au sommet d'un arbre au pied duquel 
se trouve quelque chose de consacré (pàtyabih), on aperçoit de 

p- 13 la charogne (nasâ) d'homme ou d'animal, comment (mesurer) / la 
distance (patmânak) de cette charogne à la chose consacrée sans 
grimper à l'arbre, de peur d'une souillure et d'encourir le péché 
de margarzân en remuant cette charogne. 

3 Réponse : / quand on a bien vu ( x hu-vënïhït) cela, le moyen 

de reconnaître ( x snâxtan) la distance de ? (huaparïh?) visible 
et à l'air libre ( andarvëyïk) , est de se servir de ses yeux et d'une 
baguette (cûpïzak) que l'on brandit ( x NSHWNtk). 



21 Onzième question. (B. 13; M. 17.) 

Par quoi l'homme, dans son activité, appartient-il à Ohrmazd 
6 (Ohrmazd xvës) ? / Et par quoi appartient-il à Ohrmazd en propre 
(vaspuhrakân) ? Et par quoi est-il l'égal <des dieux > ? Et par quoi 
est-il en dehors de l'appartenance d'Ohrmazd ? Et par quoi l'est-il 
plus encore (bëtar) ? Et par quoi est-il l'égal des dëv ? 

Réponse : L'homme appartient à Ohrmazd par son choix de 
sagesse (xrat vicin) et la confession de la Bonne Dën. Il appartient 
9 à Ohrmazd en propre / en étant plus intime à la Bonne Dën (pat 
VehBën andar tarik). Il est l'égal des dieux en étant suprêmement 
intime (pat Vëh Dën andartômih) à la Bonne Dën (om. rép.). Il 
est hors de l'appartenance d'Ohrmazd en ne confessant pas la 



chapitres 19 a 22 



41 



Bonne Dën. Il l'est plus encore en confessant une mauvaise den. 
Il est l'égal des dëv en étant suprêmement intime à une mauvaise 
dën. 



22 Douzième question. (B. 13 ; M. 18.) 

12 On demande : / puisque l'âme de l'homme est un être (sti) 

lumineux et puisqu'il est impossible à un être lumineux de se 
changer en être ténébreux, comment FAvesta peut-il dire que 
les dëv mënôgiens se portent (frac bûtan) incubes et succubes 
sur les âmes des hérétiques et se glissent dans cette terre en y 
courant sous forme de jeh insidieuse (sëfâk) ? 

is Réponse : / dire que les dëv se portent sur les sodomites passifs 
et actifs n'est pas dire que leurs âmes se transforment (vihënsn)^ 
en dëv, mais qu'ils se rapprochent d'eux par une opération qui 
incline (vers eux, attirent) les dëv vers les âmes, tout comme les 
âmes des Justes les Dieux sont portés vers eux et les dëv écartes 

;* d'eux ; / et que les dëv sont portés vers les âmes des druvand, 
tandis 'que les Dieux s'en écartent. Dans l'enfer, à cause de la 
grande proximité des dëv, les âmes des druvand apparaissent 
sous forme tantôt de serpents, tantôt de lézards, tantôt de scor- 
pions, tantôt de Çndt'y), tantôt de chats, tantôt de 

*■ u jeh. / Et les âmes de sodomites passifs ou actifs, à cause de la 
proximité plus grande des dëv, ont l'apparence des dëv les plus 
laids. Les âmes des hérétiques trompeurs ont en enfer l'apparence 
la plus vile et y courent sous forme de jeh. Mais ni la grande 
approche (frâctômik) des dëv vers l'âme des sodomites actifs ou 

3 passifs, ni la forme de jeh que prend l'âme des hérétiques / trom- 
peurs n'est changement de la substance de leur âme. 



42 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



23 Treizième question. (B. 14; M. 19.) 

On demande : alors que l'activité et le salut de Gayômart 
d'après ce que dit l'Avesta : « par cette parole bien dite ( arsvaxt) 
Gayômart s'éleva jusqu'à l'existence des Amahraspand » est 
plausible (cimikïh), j il y eut Rôsan qui dit : «le Garotman même 
avait été créé », ce qui apparaît plausible et acceptable en matière 
d'opinion (om.) ? 

Réponse : la création de. Gayômart au gêtï s'est faite dans 
l'état de pureté du gëtî (mais) susceptible de recevoir l'Assaut 
(andar ëbgatik apëcakîh i gëti) ; alors que le Garôtman existait 
aussi, (Gayômart) n'avait pas ( x në) été créé garotmanien / -c'est 
là le dire de Gayômart admis par ce dastûr ; il ne contredit pas 
ce qui avait été dit : « l'activité et le salut de Gayômart étaient 
(pendant) l'état de l'Assaut ». Admettre et enseigner comme vrai 
l'un et l'autre, est bon. 



24 Quatorzième question. (B. 14 ; M. 20.) 

On demande : au sujet de Gayômart, il y a les sentences de 
2 dastûr ; l'une / dit qu'il vécut 30 ans pendant l'état d'Assaut ; 
l'autre dit qu'à la venue de l'Assaut ; il mourut sur le champ. 
L'une contredit l'autre, c'est évident. Comment admettre et ensei- 
gner toutes deux ? 

Réponse : Ces sentences sont au degré de connaissance qui 
s'adresse aux hommes et viennent de l'Avesta, (om. rep) (martom 
rônihâ âkâsîh). / Chacune d'elles, à ce qu'il paraît ( apar-sakisnïk) , 
tombe sous l'aspect du possible (andar mânâkih i andar sâyët) ; 
chacune d'elles, ayant la même extension (vimand) aboutit à la 
même assertion (om.). Ce ne sont pas des discours contradictoires, 
et elles tombent sous le même degré et la même extension (om.). 
Dire, admettre et enseigner leur extension / est aussi raisonnable 
que pour toutes les autres connaissances de foi au sujet de ce qui 
a été dit sur l'autorité de la Bonne Dên. 



CHAPITRES 23 A 26 



43 



25 Quinzième question. (B. 14; M. 20.) 

Semblable et plus semblable, dit-on dans l'Avesta au sujet de 
la Dën qui est d'une seule pièce avec le YaQa ahu varyo du fait 
de la proximité de leurs discours. 

p. is Réponse : / (om.) « Semblable » (om.) se dit dans l'Avesta 
au sujet de la Dën qui est d'une seule pièce avec la YaQa Ahu 
varyo ; « plus semblable » dit que l'on peut arracher *(NSHtn) 

s la Dën de la YaQa Ahu varyo comme on peut arracher / un cheveu 
de la tête d'un homme. Les deux épithètes ne sont pas contra- 
dictoires. 



26 Seizième question. (B. 15 ; M. 21.) 

L'éloignement (prescrit légalement) d'une charogne d'homme 
ou de chien par rapport à quelque chose de consacré est de 30 pas, 
et d'une femme qui a ses règles, de 15 pas : c'est donc que la saleté 
d'une charogne d'homme ou de chien est supérieure à celle d'une 
femme qui a ses règles ; mais du fait qu'une distance de plus de 
30 pas (est prescrite) quant au voir et au /frapper d'une femme 
qui a ses règles par rapport à quelque chose de consacré qui est 
présent, il appert que la saleté d'une femme qui a ses règles est 
supérieure à celle d'une charogne d'homme ou de chien. Quelle 
en est la raison ? 

Réponse : Il est évident que la saleté d'une charogne d homme 
ou de chien est supérieure à celle d'une femme qui a ses règles. 
La raison pour laquelle il faut plus de 30 pas pour ce qui est du 
voir et du frapper / d'une femme qui a ses règles par rapporta 
quelque chose de consacré est que, en vie et en nature, la nasus 
accourt sur la femme qui a ses règles ; le regard de cette femme, 
imprégné de nasûs, atteint la matière consacrée, et. son œil (ditar) 
rend la matière consacrée inopérante. C'est comme une créature 
au devant du vent : la légère puanteur d'une matière atteint plus 
fortement / le nez qu'un vent face au derrière dont la puanteur 
est plus terrible. 



44 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÉNKART 



27 Sur la couleur du temps, et sur ce qu'est la couleur, 
et qui, a teint (le temps) de couleur, et pourquoi (dm). 
(B. 15 ; M. 21.) 

Couleurs du temps : le bien et le mal. Le bien est du Spanâk 
Mënôg et est inhérent à la substance (xvat-gôhrihà) . j Le mal 
vient du Gannâk Mënôg ( x mënôgïk) survenant dans la substance 
du dehors. Et les composantes (osmûrisn) des couleurs ( x rang x kë) 
desquelles est teint le temps sont au nombre de 8 : la bienfaisante 
(spannâkik), la <malfaisante > (gannàkïk), et, à partir d'elles, 
la glorieuse (vâyik) et la concupiscente (varanik) la distribuante 
(bagîk) et la dérobante (gadôkik), la bien située (hu nihâtïk) et la 
mal située. 

1) La composante bienfaisante comporte principalement <le 
sacerdoce > , la sagesse religieuse, / l'esprit aryen ( êrîh), la véracité, 
la clémence, dont les congénères sont la générosité, le gouver- 
nement portant sur ( x apar) la véracité ( x râstîh) de la Bonne Dën. 

2) La composante malfaisante comporte principalement la 
tyrannie, qui est à l'opposé du sacerdoce, la mauvaise religion, 
l'esprit non-aryen, celui des Këk et des Karap, le mensonge, 
l'ingratitude dont les congénères entraînent la destruction. 

3) La composante glorieuse comporte principalement la classe 
des guerriers /, soutien du sacerdoce, la promptitude (takîkîh), 
la vaillance (arvandîh), la souveraineté, le droit, dont les congé- 
nères sont les vertus et le gouvernement portant sur la souve- 
raineté. 

4) La composante du concupiscent comporte principalement 
l'égoïsme (om.), l'hérésie, faux-frère / du sacerdoce ( x asrônïh) 
et le soutien de la tyrannie, la sagesse pervertie, la mauvaise reli- 
gion, dont les congénères sont les vices par lesquels se fait le 
bouleversement. 

5) La composante du distribuant comporte le paysannat, qui 
cultive le monde, dont la congénère est la générosité qui respecte la 
mesure, qui amasse et qui donne avec discernement, ce qui / fait 
croître le sacerdoce et fournit un soutien aux guerriers. 

6) La composante du dérobant ( x gatôk£k) comporte le vol et 
la violence, adversaires des cultivateurs du monde, le développe- 
ment de l'avarice (panënïtarïh ; om. pat panïk) une conduite 
sotte et prodigue (vanëgarik), adversaires de la prospérité du 
monde ; par l'avarice ( x panïh) est détruite l'abondance (patëxvih) 
et les créatures sont corrompues, car /sa congénère ... est qui 
est l'adversaire du paysannat. 



CHAPITRE 27 



45 



7) La composante du bien-posé, c'est l'artisanat, soutien des 
trois (autres) classes ; par l'artisanat, il y a bonne pensée, bonne 
parole, bonne action et Justice de l'âme. 

8) La composante du mal-posé comporte le mauvais travail, 
et, par mauvaise pensée, mauvaise parole, mauvaise action, 
l'impiété de l'âme qui est l'adversaire / des trois (autres) classes. 

Ces composantes, provenant chacune de son principe, vont du 
supérieur à l'inférieur ; quant au bien : du bienfaisant au militant 
(vâyîk), du militant au distribuant, du distribuant au bien-posé ; 
quant au mal : du malfaisant au concupiscent, <du concupis- 
cent > au dérobant, du dérobant au mal-posé. Ainsi chacun 
possède sa propre vaillance ( x cêrîh), aryenne et bonne, / ou sa 
violence mauvaise ( x vatarîk), et la vaillance et la violence sont 
généralement répandues dans le monde, et la vaillance bonne qui 
est dans toutes les personnes, vient de la bonté, et la violence mau- 
vaise ( x vatarïk) du mal qui se manifeste dans les temps et les 
hommes. Ainsi la puissance inférieure est reliée à la supérieure, 
/ comme, par l'action de l'homme, on est relié par le bon culte 
(huyâzakïh) à la puissance des dieux et par le mauvais culte 
(dusyàzakih) à celle des dëv. C'est ce que révèle la Dën. 

Ohrmazd le Créateur teignit le temps de la couleur du bien, 
parce que (dm) l'accroissement substantiel des créatures pro- 
vient du bien, et par là on triomphe du mal qui provient de l'Assaut 
dû au principe pervers ; de la couleur du mal, parce que le mal 
qui est de l'Assaut vient aux créatures / de l'extérieur pour les 
détruire, depuis l'inertie (apatûkïh) de la puissance uniforme où 
se trouvaient les créatures, au cours des temps de la création 
primordiale jusqu'à la Fraskart. Et ces puissances étant brisées 
(viskît-nërôkïhâ), il y a remise en balance (tarâzënisnîh) et mise 
en branle (sârisnîkïh) à l'intérieur de l'énergie (patûkïh), et par 
( x kac) la force du Bien qui est au cours des temps /il y a dispa- 
rition du mal. Et < quand > le temps contient plus de la couleur 
du mal, le mal est prédominant (frahist) par rapport au bien qu'il 
y a en ce même temps. Au cours de sa durée ( x drang), il y a ( x hast) 
victoire totale. / Au moment de la Fraskart par la force du bien 
et sa victoire totale sur le mal au cours des âges et des temps, 
le temps de la Fraskart comportera pureté permanente ( ap ëcak 
astisnîk) de la Dën, et par là destruction du Gannâk Mënôg, dona- 
tion du triomphe (vâyisn dâmih) aux créatures, le corps 
eschatologîque, l'immortalité et la béatitude (Hïtây) / de toutes 
les bonnes créatures ; et cela se fera grâce au sage projet du Créa- 
teur, à sa volonté et à sa puissance. 



46 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



2g Sur les couleurs, propre et adventice, de l'Erânsahr. 
(B. 17 ; M. 24.) 

La couleur propre (xvëHk) de l'Erânsahr est la loi (dàt) et la 
coutume (advên) de la Dên mazdéenne ; / ses couleurs adventices 
(anûtakïk) sont les habitudes (hôk), les doctrines (kesan) les 
coutumes non-iraniennes (*anërân) contraires à la coutume de 
la Dën mazdéenne de l'Iran. Chaque fois que l'Erânsahr possède 
sa propre couleur, à savoir la loi iranienne et la coutume de la Den 
mazdéenne, le bon mënôg habite en lui et le mauvais / est chasse 
au dehors : il <devient> rectifié, arrangé, orné, pur, beau, 
parfumé, plein de bonheur, de même que la santé du corps est 
réglée avec mesure par les aliments (pikanàn) mêmes. Et chaque fois 
qu'il possède des couleurs adventices, à savoir : habitudes, doc- 
trines ( x kësân), coutumes non-iraniennes de toute espèce, le 
mauvais mënôg / habite en lui et le bon est chassé au dehors : 
il devient maudit (îvijastakï), bouleversé, misérable, impur, 
puant, laid et plein de malheur, de même que la maladie du corps 
provient des terribles excès ou défauts des aliments mêmes. 



70 Sur la couleur qui convient aux régions extérieures a 
l'Erânsahr. (B. 17 ; M. 24.) 

p- m Pour les régions, membres dont la tête est l'Erânsahr, la loi 
et la dën convenables sont principalement (apërtar) la loi et la dën 

3 même des Iraniens qui sont leur tête. Et par l'arrivée / de ces 
mêmes lois et dên, s'accruentr (om.) biens et avantages. Ainsi, 
par la loi des Iraniens — qu'ils fussent rois des 7 kisvar ou de 
Xvaniras, les Iraniens depuis Hôsang, Tahmurët, et Freton 

6 et les autres Iraniens — /leur force, à laquelle était venue la royauté, 
reçut abondance de délivrance, d'élargissement, de fondations 
d'établissement (frakân) de gouvernement, dont le succès (sut) 
leur était dû. Ou que ce fussent encore d'autres rois iraniens, 
chaque fois qu'elles accueillaient la justice (*dâtistàn) et avaient 
9 un souverain droit et qui n'était / ni déceveur de leur espérance, 
dans la violence ou dans la lutte (kôS) frappeur, tueur, pilleur 
(raftâr) — on ne les attaquait pas, et la loi parfaite qu'ils avaient 
en recevait de l'accroissement. 



chapitres 28 a 30 



47 



Ainsi de la dën : ce qui se propageait se trouvait ici soulevé 
(bë barîkit) par la force; le caractère miraculeux (varc) et le xvarrah 
12 de la Dën Mazdéenne, du fait que / pour eux l'Assaut était corrigé 
et que se manifestait pour elles profit et bonheur. Le renversement 
de celles qui ( x kë) avaient succombé à une doctrine et y avaient 
chancelé est visible (âîtârîk) : ainsi la vigueur et la prédominance 
qu'avait autrefois la doctrine de Jésus a été retirée de « Rome », 
celle de Moïse du pays des Xazars, celle de Mânï du Turkestan / et 
(ces régions) ont été livrées à la malice et à la bassesse au milieu 
des Himyarites (om. rép.) et en outre, celle de Manï a été aussi / 
repoussée par la philosophie de « Rome ». 



30 Sur les espèces de supériorités <et d'infériorités > 
SELON LA participation (B. 18 ; M. 25) 

Voici en général les espèces de supériorité (frâcïh) et d'infériorité 
(apâcih) selon la participation (pat bahr dâïn). D'abord l'adulte 
(mêdàttar) vertueux (hunarâvand) et inférieur à lui, en second 
lieu, le jeune homme vertueux. L'adulte vertueux est supérieur 
au (em. apar) jeune homme vertueux, en général / en ce que 
l'adulte vertueux, outre sa qualité de vertueux a fait l'expérience 
de sa vertu et s'y est montré très constant, et par elle, il a vaincu 
le mal (vatarîk), tandis que le jeune homme, malgré sa qualité 
vertueuse, n'est pas encore parvenu à la perfection à laquelle se 
trouve le vertueux en raison de sa maturité (dât-masih). Au dessous 
de lui, en troisième lieu, le jeune homme sans vertu. Au dessous 
de lui, enfin, le vieillard sans vertu. Et la supériorité du jeune 
homme sans vertu sur le vieillard sans vertu vient le plus souvent 
de ce que le jeune homme sans vertu a l'espoir ( x ômétvâr£k) 
d'atteindre à la qualité vertueuse en arrivant au terme (hanjaftakih) 
de sa force apprise. 



48 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



31 Sur ceux qui s'efforcent vers le bien et sont satisfaits, 
/ ceux qui s'efforcent vers le mal et sont insatisfaits. 
(B. 19 ; M. 26.) 

Celui qui, selon la loi, fait effort, son effort portant sur les 
choses indispensables ( avicirisnik) , qu'il les obtienne ou ne les 
obtienne pas, se livre à l'action de grâce et à la joie ; celui qui 
s'efforce au bien est satisfait. 

Celui /dont l'effort porte sur les choses non indispensables, 
qu'il les obtienne ou ne les obtienne pas, il se livre aux récrimi- 
nations et au malheur : celui qui s'efforce au mal est insatisfait. 

Est indispensable la mesure du maintien du corps et du maintien 
de l'âme armée (zënâvand) par le bien ; est non indispensable 
ce qui est au-delà de cela / et qui vient du mal. 

Est salut de l'âme, tout ce qui est acte vertueux. Est non indis- 
pensable tout ce qui est acte peccamineux. 



32 Sur la protection (pânakïh) et la cessation de la pro- 
tection (hilend hac pânakïh). (B. 19 ; M. 27.) 

Entre les protections générales (*amarkànik) et spéciales des 
dieux, celle qui protège du péché et promeut les actes vertueux / est 
propre aux dieux, en tant que le bien (protège) le bien. La cessation 
de la protection, c'est ce qui fait que, en commettant le péché et 
en péchant sans faire pénitence (apatët) et en détestant la vertu, 
on s'écarte (rànitl) de l'appartenance aux dieux. 

Actuellement, il est donc normal ( cimik) que les bons demeurent 
dans l'espérance et les méchants dans la crainte, si bien que, 
dans l'état du Mélange, à cause de la tolérance ( mas-dâtistânih) 
de l'espérance chez toutes les créatures / , dans le gëti les méchants 
jouissent parfois de la protection (^pânakïh) et les bons souffrent 
parfois de la cessation de la protection, tandis que dans le mënôg 
les bons auront, en raison de leur salut et de leur exaltation, une 
heureuse fin, et les méchants, en raison de leur déviation (skra- 
vënisn) et de leur abaissement (nikûnik), une fin malheureuse. 

<Que le véridique, à moins de> savoir qu'il en adviendra 
sérieux dommage et malheur aux justes/, dise : « pour toujours! » 



chapitres 31 a 34 



49 



et que le menteur, à moins de savoir qu'il en adviendra aux justes 
p. 20 grand salut et profit /, ne dise pas encore : « pour toujours ! » tel est 
le précepte de la Bonne Dën. Le véridique, lorsqu'en disant le 
vrai il contribuerait sans le savoir ( x andar anâkâsik) mais cons- 
3 ciemment à nuire aux justes /, on ne le lui imputerait pas et sa 
véracité serait louable. Le menteur, quand même il aurait, en disant 
le mensonge, sans le savoir mais sciemment, atteint à l'avantage 
des justes, ne mériterait pas reconnaissance, et, à cause de son 
mensonge, serait blâmable. 



6 33 Sur celui qui se détourne du péché et se tourne vers 
la vertu, et celui qui sedétourne dela vertu et se tourne 
vers le péché. (B. 20 ; M. 27.) 

Celui dans l'axv duquel habite Vohuman, chez qui l'axv est 
9 maître sur son vouloir; la paix, la maison et /le siège (nisëm) de 

son intention (mënisn) ; le mënog de la vérité, la demeure ( mânak) 

de son parler; la sagesse, le dastour de son action : celui-là se 

détourne du péché et se tourne vers la vertu. 

Celui chez qui Akoman est à l'intérieur de son axv (et de son 

intention), la tristesse (pazm) et la concupiscence sont maîtres de 

son vouloir, la colère est la maison et le siège de son intention, 
12 le menog du mensonge est le chef (apar framàtar) de son parler/ 

Tégoïsme est le dastour de son action, celui-là se détourne de la 

vertu et se tourne vers le péché. 



34 Sur la coutume (advën) de la Bonne Dën qui est 
la volonté des Dieux, et celle de la Mauvaise dën 
qui est la volonté des Dëv. (B. 20 ; M. 28.) 

/ La coutume de la Bonne Dën, c'est de conformer le pasand 
au droit, qui est, de soi, beau ; et quand par une altération ( vistâ- 
nak ) on le rend laid, ce qui est beau de soi, bien que par une alté- 
ration on l'ait rendu laid, est un acte vertueux, et l'acte vertueux 
est volonté des Dieux. 



50 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



Et la coutume de la Mauvaise Dën, c'est/ de conformer le 
droit au pasand, et conformer le droit au pasand est, de soi laid ; 
quand par une manœuvre on le rend beau, ce qui de soi est laid, 
bien que par une altération on l'ait rendu beau, (om. rep.) est 
un acte mauvais, et l'acte mauvais est volonté des Dëv. 



21 35 SUR LE PREMIER PORTEUR DE LA BONNE DËN. (B. 20; M. 28.) 

p- 21 I Comme la certitude (avicirisnikïh) vient aux créatures de la 
Dën, et du Créateur la prospérité qui en dérive, pendant les âges 
et les temps du Mélange, le besoin d'un renouveau se manifeste 

3 toujours. / Le premier qui ait reçu la Dën du Créateur fut Gayo- 
mart, principe de l'humanité — ce fut le premier Gil-sâh — qui 
pratiqua la Dën, pour l'organisation, l'ornement, et le progrès 
des créatures. Le dernier à porter la Dën venant du Créateur sera 

6 Sôsâns, dernier chef et souverain / de l'humanité, lui qui, selon 
la volonté et l'action merveilleuse (varz) du Créateur, dans l'obéis- 
sance à la Dën qu'il avait déjà dans l'action de Gayomart, mènera 
le monde à sa perfection, sera pur, immortel, et à qui sera conforme 
l'activité de tous les Envoyés pour l'organisation des créatures; 

9 c'est lui qu'on appelle / à bon droit ( cimïk) le sceau des porteurs, 
envoyés, messagers et prophètes de la Bonne Dën, celui après 
lequel, le monde n'aura plus besoin que lui soit envoyé un messager 
de la Dën. 

Et les docteurs dont la doctrine est que c'est dans le temps le 
12 plus souillé, à l'époque/ où l'activité est la plus pourrie ( K putak- 
tom ) , le commun des hommes dans toutes les régions au plus 
pervers, où les hommes sont les plus proches ( x nabânazdts- 
tomïh) des ténèbres, les plus en doute quant à (l'existence) de Dieu 
et des réalités ménog, où les hommes de ce monde ont le plus besoin 
de l'avènement de celui qui dissiperait les ténèbres et d'un savoir 
15 supérieur / ( apartarîk ; ou ^apartakïk = sans voile) qui éclairerait 
le monde, (que c'est dans ce temps où) le monde n'aurait aucune 
espérance dans le savoir que lui apporterait leur « sceau des pro- 
phètes » — celui qu'ils tiennent pour prophète — c'est qu'ils 
n'ont rien appris ( anamôcend) au sujet de la raison pour laquelle 
Dieu envoie ( x fristiïn) les prophètes, mais laissent cela hors de 
considération, et affirment qu'à cette époque le monde ne sera 
pas sauvé. 



CHAPITRES 34 A 37 



51 



36 Sur la préservation des mazdéens, contre le caractère 
des adorateurs des dëv, non-iraniens, trompeurs, héré- 
TIQUES. (B. 21 ; M. 29.) 

2i Selon l'enseignement de la Dën, leur caractère (xëm) impur 
est dans leur âme. Tant que le corps est en vie, il est précipité en 

p- 22 enfer avec le corps / ; le corps étant mort, il l'est avec l'âme. C'est 
pourquoi les mazdéens craignent l'irruption contagieuse (pat- 
visak) qui provient d'eux. Cette souillure et le caractère perverti 

3 (vist-xëmîh) qui s'en suit,/ par le contact (hamik) que l'on aurait 
avec eux, le corps étant en vie, il faut s'en préserver plus encore 
que lorsque le corps est mort et n'est plus qu'un cadavre puant. 
Il est en outre révélé qu'à cause de leur société (kamhàkih) et de la 
proximité de leur souffle (damisn), la Justice est réduite, le carac- 

6 tère / est pollué, le tempérament est perverti et le xvarrah dimi- 
nué. Et du fait d'avoir en commun coupes ( x kamtaZtïh) et bols 
(hampatixvarih) , proviennent discordes et maladies contagieuses, 
et enfin la guerre. Il est donc nécessaire de se tenir loin de leur 

9 souffle /, et en outre, lorsqu'il arrive que l'on prenne leurs coupes 
et leurs bols, il faut les laver trois fois avec de l'eau chaude. C'est 
ainsi que se prémunira le mazdéen qui s'en sert pour manger et 
pour boire. 



37 Sur le roi ( x xvatây) qui est très (mas) parfait, celui 
qui l'est modérément (hâvand) et celui qui l'est de façon 
réduite (kas). (B. 22; M. 37.) 

/ Le roi qui est très parfait est celui qui (om. kas) est parfait 
de par ses propres constituants (màtigàn) et de soi, et principale- 
ment par la synthèse ( x kangartïkîh) de son éclat (ray), de son 
xvarrah, de sa sagesse (xrat) et sa vertu, étant lui-même le gou- 
verneur de ses instruments (afzârih). 

Celui qui est modérément parfait est celui qui dispose le parfait 
et est avec égalité (kâvandïhâ) disposé par lui, / étant lui-même 
celui qui gouverne et celui qui est gouverné par là. 

Celui qui est moins que parfait, c'est celui chez qui la dispo- 
sition des constituants vient d'un (autre) qui est parfait quant à la 
sagesse et la vertu, étant disposé uniquement comme un instru- 
ment (pat x afzârîk). 



52 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



38 / Sur la raison du bonheur du bonheur, du malheur 
du malheur, du malheur du bonheur et du bonheur du 
malheur. (B. 22 ; M. 31.) 

Le bonheur du bonheur, c'est le bonheur stable ; de même pour 
le malheur (du malheur). Le malheur du bonheur c'est celui du 
gëtï qui passe rapidement. Le bonheur / qui passe touche au mal- 
heur ; le malheur qui passe touche au bonheur. 



p. 23 2$ = 53 / Sur la voie sur laquelle les hommes se sau- 
vent et celle SUR LAQUELLE ILS SONT CONDAMNÉS. (B. 23; 

M. 31. = B. 33 ; M. 45.) 

La voie (pond) sur laquelle l'homme, en agissant, se sauve, 
3 c'est le rattachement (àhang) j à la volonté d'Ohrmazd, en cher- 
chant et en interrogeant la Bonne Dên qui est la volonté d'Ohr- 
mazd, ou, dans la Bonne Dên, les hommes instruits de ce qu'il 
faut faire ou éviter et du mal qui découle de ce qu'on fait ou qu'on 
évite. Et s'il est avec la volonté d'Ohrmazd comme s'il était ren- 
6 seigné / par son propre ahu, et que la sagesse était son dastur, 
en veillant (kad apar-pât) à atteindre ce moyen de connaissance 
(âkâszk), îl veillerait aussi à ce d'où vient la condamnation, et, 
en évitant la colère (pat a- x xësmih?) dans la sagesse et le conten- 
tement, il se sauverait (bôcïhît), tandis que si la colère est son dastur 
et la concupiscence (varan) son ahu, il fait chose égoïste. 



9 40 / S UR L'EXISTENCE DE L'EXISTANT ET LA MANIFESTATION DU 
MANIFESTE. (B. 23 ; M. 31.) 

L'existence même de l'existant, la manifestation même du 
manifeste à la puissance de connaissance même, est antérieure à 
12 l'opération (kâr). Ainsi au Spanâk Mënôg même, / sa propre 
existence a toujours été manifeste. La manifestation au sujet de 
l'existence et qui s'adresse à un autre homme que soi est, de soi, 



CHAPITRES 38 A 41 



53 



postérieure (à cette existence). Ainsi la manifestation dans l'être 
d'Ohrmazd à Vohuman est postérieure à l'acte par lequel il pro- 

15 duisit Vohuman. Avec / la production de Vohuman par le Créateur, 
il y eut la première création, et avec la connaissance de cette créa- 
tion l'enseignement ( x âmôxtâkîk) de la Dên et de son caractère 
merveilleux (aèdïh), l'établissement (pasâcâkih) de Vohuman 
comme fils du Créateur et du Créateur comme père de Vohuman. 
Voilà ce qu'enseigne la Dën. Quant à ce qui était manifeste / au 
Créateur avant la création de Vohuman, Vohuman en a autant 
de science que le Créateur le lui fait connaître. Le degré auquel 
atteint sa faculté d'obtenir cette connaissance est mesuré par la 
participation que le Créateur lui accorde de son omniscience, 

21 de sa toute-puissance et de sa / souveraineté universelle : éminent 
par sa capacité de connaissance, ce n'est pas par cette faculté 

p- 24 de connaissance / qu'il est parvenu à cette éminence. 

3 Les docteurs qui enseignent que le Créateur un ( x êvak) est / Père 

et Fils, sans que le Père soit antérieur au Fils ou le Fils postérieur 
au Père, tous deux étant des principes premiers éternels, leur 

6 doctrine est absurde ( vahàr) j parce que c'est là quelque chose d'im- 
possible. Ils posent (àfràst) que l'un qui est bien l'un ( ëvak xvat 
kad xvat ëvak ) , puis ils prennent deux, un antérieur pas antérieur 
et un <postérieur> pas postérieur, l'un par rapport à l'autre. 
Mais parler de non- antériorité et de non-postériorité quand il 

9 s'agit de père et de fils vaut bien / de la paternité et de la filiation 
envisagées du côté de la raison séminale des choses (eu rôn), 
non du père dans la nature, lequel est antérieur au fils et de qui 
procède le fils, comme le fils dans la nature est postérieur au père 
et procède de lui. 



41 Sur la donation par le donateur de ce qui lui appar- 
tient, ET CEUX QUI REÇOIVENT LA DONATION SANS QUE LE 

donateur reprenne son don. (B. 24 ; M. 33.) 

/ La donation (dàHnik) convenable de ce qui appartient aux dona- 
teurs (dâtârân xvës) (à) ceux qui reçoivent la donation se fait par 
la donation de la propriété des donateurs du don (dâsn) qu'ils 
donnent. /En raison de la dignité (arzânâkih) des donataires à 
(recevoir) ce don, ce don revient en propriété au donataire qui en 
est digne. Bien que (kam ku) le donateur ait bien l'intention (pat 



54 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



mënisn) d'accorder généreusement (râtënêt) ce qui lui appartient 
à celui qui est digne de ce don, la sécurité ( apêbimïk) du donataire 
25 quant au fait que le donateur ne lui reprendra pas ce don / légi- 
time (pàtixSây), pour autant que cette propriété n'est pas réduite 
à néant (acâr) par des pécheurs, est indubitable ( apëgûmànïh) 
en tant (qu'elle s'appuie) sur la fermeté de ce donateur en fait 
de sagesse (dânâkîh), de générosité et de justice (datisîân). 

3 Les docteurs / dont la doctrine est que le don qu'a donné le 

donateur n'est pas réduit à néant par les pécheurs, et qu'il est 
légitime de le reprendre sans raison ( apè vihànak) , dénient au 
Donateur la sagesse, la générosité et la justice, et lui attribuent 

6 < non-sagesse > avarice ( x panth) et injustice./ 



42 Sur la grandeur du sacerdoce et sa supériorité sur les 
guerriers et le pays an at. (b. 25 ; m. 34.) 

9 l La grandeur du sacerdoce et sa supériorité sur les guerriers 

et le paysannat sont manifestées par un grand nombre de raisons. 

1) Les guerriers en frappant sacerdotalement (asrônïk) la druj 
12 menôgienne, le paysannat et le culte sacerdotal des Dieux, / ont 

tous deux quelque chose qui leur est essentiel (CWRHik) dans les 
affaires du sacerdoce, mais l'enseignement de leur activité leur vient 
du sacerdoce. 

2) Le savoir et l'agir qui sont obligatoires pour tout homme, 
15 comme de connaître le Créateur et tous les actes méritoires / et 

les péchés, viennent du sacerdoce, et c'est là quelque chose de 
premier et de fondamental en regard de toutes ses activités à l'in- 
térieur des limites (vimand) (de sa classe). 

3) La primauté du sacerdoce dans rémunération même indique 
ÎS aussi sa grandeur : sacerdoce, guerriers, / paysannat. 

4) L'analogie prise du corps de l'homme : grandeur de la tête, 
qui est le sacerdoce, par rapport à la main, qui est la classe des 
guerriers, et au ventre, qui est le paysannat, signifie la grandeur 
et la primauté du sacerdoce (om.) représenté par la tête, sur les 
guerriers, représentés par la main, et sur le paysannat, repré- 

p- 26 senté / par le ventre. 



CHAPITRES 41 A 44 



55 



5) La proximité du sacerdoce à l'âme qu'il régit puisque (kë 
3 kad) le nom même/ de sacerdoce (asrônïh) indique animation 
sans fin (asar ruvanîh). La Bonne Dën en révélant que le sacer- 
doce occupe le très noble Heu d'Ohrmazd, est un témoignage 
assuré ( vâvar) de la grandeur du sacerdoce par rapport aux guerriers 
et au paysanat. 



43 Sur l'homme qui, en se conformant aux commandements 
de la Bonne Dën, s'acquiert le bien des deux existences. 
(B. 26 ; M. 35.) 

Celui qui, enseigné (nikëzik) par la Bonne Dën, est capable 
en fait de savoir (dânisnik âtâv), est capable en fait de biens 

s (matériels). Celui qui est peu capable / en fait de savoir, par le 
savoir et les biens matériels est capable d'(acquérir ?) du savoir. 
Et celui qui est peu capable en fait de biens matériels, est, en 
matière de biens matériels, ardent ( taftik) et généreux. 

Et celui qui est en (<pat>) puissance capable, et participe 
(bahrvar) de tous deux convenablement, est en puissance le par- 

12 fait protecteur des deux. Ces hommes / s'approprient toujours 
(hambâstak) et parfaitement les biens des deux existences, et ainsi 
le monde est paré, rectifié et orné, les bonnes créatures augmentent, 
les hommes sont sauvés et exaltés. 



44 Sur l'ardeur opportune (hangâmik *àyozunikîh) des 
dieux a vaincre l'antagoniste et a repousser des ( x hac) 
créatures / toute adversité. (B. 26; M. 35.) 

Sur l'ordre du Créateur afin de vaincre et d'éliminer l'Adver- 
saire de tous et de chacun, les dieux, quand le moment est venu 
d'éliminer cet Adversaire, le font avec le moins de dommage pour 
les créatures. Comme / un sage médecin élimine la maladie du 
corps tout en réparant les forces de la nature, et le laboureur 
réfléchi arrache (pëxtan) la maladie du grain sans favoriser (ana- 



56 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



pâyisnîh) la force de la maladie du grain, ainsi, quand, par ordre 
du Créateur, le moment est venu, (les dieux) arrivent rapidement 
afin de bien expulser : ils abattent vivement l'Adversaire sans 
espoir de retoux ( anapâc-xëzisnth) avec beaucoup ( x vuzurg) d'avan- 
p- 27 tage, pour le monde / de bien-être, de propagation, de longévité 
pour la Dën : les créatures deviennent heureuses, sans plus craindre 
l'Antagoniste ( x kamëstâr), et il y a stabilité dans la joie du monde. 



3 45 / Sur la dépravation de l'homme, quant a son ame, 
son corps, ses biens et sa conduite (râyënisn). (B. 27, 
M. 36.) 

Selon l'enseignement de la Dën, la perfection qu'a mise le 
Créateur dans la création, pour tout homme, quant à l'âme, au 
corps, aux biens et à la conduite, est sans dépravation, sans. . . 

6 ('syt?) et sans défaut. Les déficiences proviennent / quant à l'âme, 
de la réduction de la connaissance, de la dépravation de l'âme, 
cause ( x vihân) de l'impiété (druvandih) ; quant au corps, de la 
détérioration des humeurs (amëcisnîkân) , cause de la maladie 
et de la mort ; quant aux biens, de la pauvreté qui ruine le xvarrah ; 
quant à la conduite, de la démesure par excès, qui bouleverse l'ordre 
et le vide (la vanité) par défaut. 

s La réduction et la dépravation / de la création parfaite du Créateur 

viennent en conséquence des ennemis de cette création du Pro- 
ducteur et Créateur, posés chez les hommes dans la connaissance 
de l'âme, la santé du corps, la prospérité des biens, la Mesure 
de conduite, et qui empêchent l'effet (frac né hïlend) de la protection 
du Créateur et de sa prédominance ( aparôzïh) laquelle est dans la 
force du Producteur, que le Producteur a / entièrement pour pro- 
duire en l'homme, son utilité et le bien des siens, protéger le bien 
de l'inutilité et du mal (anàkîh) qui y serait mis (ën i nikat?), 
éviter ce qui viendrait du Destructeur de ce qui est selon le carac- 
tère du Producteur. 

Les docteurs dont la doctrine est que le Créateur lui-même 
retire ce don, ils attribuent au Créateur et Producteur péché, 
impiété (druvandih), « vanité », malice, inadaptation ( x asacâkïh) 
de la volonté de la créature au Créateur, et lui dénient la divinité. 



chapitres 44 a 46 



57 



45 Sur le devoir des souverains qui est d'oter aux hommes 
autant que possible, misère, besoin, / angoisse, maladie, 
infirmité. (B. 27 ; M. 37.) 

Selon l'enseignement de la Dën, de même que le devoir des 
souverains est de repousser loin de leur pays les souverains non- 
aryens, ennemis et impies (gujastak), de même il consiste à expulser 
et à chasser loin des hommes qui sont dans leur royaume misère, 
angoisse, besoin, maladie et infirmité et, autant que faire se peut, 
de fortifier... dans le monde et de chercher et d'appliquer les 
remèdes. Entre / les souverains, le plus exalté est celui qui aura 
ainsi dans la mesure de ses moyens, ôté la pauvreté et la maladie 
d'entre les hommes du pays, et, dans son royaume, ôté à la pau- 
vreté la souffrance et la maladie. Quant à l'expulsion ( x spôz) des 
désobéissants (aburt framân) /, il n'est pas de conduite en cette 
affaire, sinon dans l'enseignement et les préceptes ( andarz) de 
la Dën : rendre satisfaits (fraxvënïtan) dans l'action (kartïk) 
et la prospérité (zâyisnik) ceux que l'on libère de la paresse et qui 
sont sensuels (vaianik) à cause de leur mécontentement au sujet 
de devoir, et par là les rendre plus énergiques en les appliquant 
(àyuxtan) au devoir. Celui qui est pauvre (atûvânik?) en fait 
de moyens de faire son devoir / , la pauvreté qu'il en éprouve n'est 
pas comme (celle) du bœuf laboureur ou d'un autre instrument 
de labour ou d'un autre instrument subsidiaire (pëskàr), dont 
l'action est une action pour laquelle l'entrepreneur (râyënitàr) 
donne l'instrument par lequel on agit sans faute. En raison de l'âge 
(pirih) ou de l'insuffisance (armëstïk), toutes/ les femmes ou les 
enfants., (vëftak) en contact (aparkarz) avec le besoin sont empê- 
chés de ce fait. Le riche ne se manifeste pas par son action comme 
celle d'éliminer la misère. L'homme éclatant (rôsnîh), conforme 
à la Dën, est celui qui gouverne ( apar râyënït), maintient la marche 
des choses (ravâk dâst), ordonne que rien ne manque à une vie 
sans souffrance, et que, pour la/ recherche de remèdes à l'infirmité, 
il y ait dans les villages du pays des hôpitaux ( mmaristàn) impec- 
cables, avec des médecins spirituels (rûvàn-dôst) et savants, des 
remèdes et des drogues sûres et autres actions à faire sans faute ; 
toujours se tenir dans l'enquête (pursisn), le choix ( ' x vicikisn), \ le 
soin ( x vëràyi$n), et notamment répandre la justice dans les pays, 
par quoi (son) pays devient messager (patyâk) de prospérité. 
Tous les hommes seront nettoyés (màlunih) de la sécheresse, 
de la misère et du besoin, grâce aux parfums (hubôd) placés sur 
le feu, l'eau et la terre, et à la préservation de l'atmosphère d'où 
proviennent corruption et pourriture, afin qu'elles ne deviennent 



58 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



pas cause ( x vikàn) de la maladie et de la détérioration des hommes, 
ce qui ne se peut faire que par la préservation de l'eau et de la 
terre. Telles sont les directives données aux Mazdéens par ordre 
des princes agissant avec constance dans le monde. 



47 Comme quoi il est convenable d'entretenir de la haine 
(ken apâk dàstan). (B. 28 ; M. 38.) 

p- 29 /Selon l'enseignement de la Bonne Dën, il est convenable 
d'entretenir de la haine à l'égard de celui qui'l faut combattre. 
Il faut combattre contre ceux qui appartiennent aux adversaires 

3 des hommes et / à ceux qui leur causent du tort. Le don d'un secours 
à l'âme de l'homme est inchangeable. Ceux qui sont des dëv et 
avec eux les méchants qui apportent du secours aux hommes, il 
n'y a aucun secours à attendre d'eux pour les hommes : il est 
évident que celui qui est l'adversaire de qui est un secours pour les 
hommes, est un secours pour les dëv. Voici un conseil (pond) 

6 pour les hommes de bien : / il y a moyen ( car) de changer cette 
malice en bonté : ne pas combattre la connaissance, mais la malice, 
et la changer ( x vartitan) avec la bienveillance ( dôsarm), et en faire 
de la bonté; changer le méchant en bon ( x vëh) par la connaissance, 
c'est ce qu'approuve (pasanâ) et recommande (dastur) la Bonne 
Dën. 



4g / Sur les diverses espèces d'antagonistes des créatures 
d'Ohrmazd, (la façon de les) vaincre, et leur puissance. 
(B. 29 ; M. 39.) 

Il y a, en résumé, trois espèces d'antagonistes aux créatures 
d'Ohrmazd : 1) les adversaires <quiles envahissent> (dvârisnik) 
<par> le mënôg ; 2) ceux qui les envahissent par la nature 
(cihr) ; 3) ceux qui les envahissent par le corps. 

1) Les adversaires qui les envahissent par le mënôg, / ce sont 
les dëv et les druj mënogiens. On les vainc par les nïrang de la 
Bonne Dën, les sacrifices, l'accomplissement des autres actes de 



chapitres 46 a 49 



59 



bonne coutume. Leur puissance vient des mauvaises dën, du culte 
des dëv, et des autres actes de mauvaise coutume. 

2) Les adversaires qui les envahissent par la nature, ce sont 
la convoitise et l'envie et les autres natures / qui s'opposent par 
là à la vertu. On les vainc par I'asn-xrat, surtout par l'adminis- 
tration de somnifères (xvâbdârân?) et de médicaments. Leur 
puissance vient de la prédominance (cêrîh) de la concupiscence 
et des autres druj dans la nature. 

3) Les adversaires qui les envahissent par le corps, ce sont les 
mtzr, adorateurs des dëv, corrupteurs du monde, les loups et les 
monstres. On les vainc surtout par l'autorité des hommes avisés 
(dahm) et Justes, porteurs / de massue et de frappe-serpent ( x mâr- 
gan ; om. rep.) Leur puissance provient des défenseurs (yâtak- 
gôv) des loups et des monstres, des adorateurs des dëv et des 
nombreux hérétiques qui sont de par le monde. 



49 Sur la réalisation du bonheur pour les purs dieux mênô- 
giens <quand> ils voient les blessures et les sévices 
que subissent leurs congénères ( x hamgôhrân) dans le 
combat du Mélange. (B. 29 ; M. 40.) 

/ La manière de réaliser le bonheur des purs dieux mënogiens 
quand ils voient les blessures et sévices que subissent leurs congé- 
nères ( x kamgôkrân) dans le combat du Mélange,/ c'est dans le 
fait de voir la fin triomphante de leur combat, la victoire finale 
des créatures d'Ohrmazd qui sont de même nature que les dieux, 
sur les dëv ténébreux et l'armée ( x spâk)des druj, l'abolition 
de l'Assaut à l'encontre des créatures, l'éternel établissement 
de ceux qui sont de la nature des dieux dans toute espèce de biens, 
et la fixation (âhanjisn) de leur intention (mënisn) sur la joie qui 
ne passe pas. 

Et les docteurs pour qui la fin du gëtï / conduit la plupart des 
hommes à la druvandïh, à l'éternelle impossibilité pour eux de 
s'en sauver, et à toute la misère de l'enfer, c'est dire que, pour 
la doctrine, l'action et la sagesse du Créateur ont une fin mauvaise, 
et que la joie des purs dieux mënôgiens qui connaissent la fin 
porte dès maintenant sur la fin de / chacun de ceux pour qui, 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



60 



selon leur doctrine, ce sera le paradis, mais qui sont continuité et 
de la même facture ( x patûkih ut x hamkarîakîh) avec leurs congé- 
nères dont, selon leur doctrine, la fin sera un tel malheur. 



12 50 S UR LE MEILLEUR DE LEUR MEILLEUR ET LE PIRE DE LEUR / PIRE. 

B. 30; M. 41.) 

La même bonté (xvat kad xvat vëhih) dans le bien (nëvakih) 

15 des supérieurs ( x aparîkân), des riches et des puissants, / à cause 
de son grand développement devient meilleure, de degré en degré 
jusqu'au plus haut, <étant donné que>, chez celui qui est au- 
dessus, le bien et l'avantage qui en découlent sont supérieurs à ce 
qu'ils sont chez celui qui est au-dessous. Ainsi ceux qui sont dans 
l'âme (jàn) procurent plus d'avantage ( x sûtkartârtar) que lors- 
qu'ils sont dans le corps, et cette âme, selon qu'elle est dans le 
maître de maison (om. xvatây) ou les gens de maison, dans le 
chef du village ou dans les villageois, dans le seigneur de la ville 

18 ou dans les citadins, / dans la dën ou dans le souverain par lesquels 
subsistent tous les citoyens du monde. Ainsi, de la bonté du Créa- 
teur omnipotent et suprême, toute la création reçoit bonne orga- 
nisation (vënartakth) et bien général (pâtram), et c'est pourquoi 
le meilleur de leur meilleur est la bonté du Créateur. 

La même malice chez les supérieurs, les riches et les plus forts 

p- 31 (mëhzôrân) /, à cause de leur souffle puissant (vës damisnih) 
et du malheur qui en découle, est plus nocive pour le monde, et 
pire, de degré en degré jusqu'au plus haut, étant donné que le 
malheur et le dommage qui en découlent sont supérieurs à ce qu'ils 
sont chez celui qui est dessous. Ainsi ceux qui sont dans l'âme 

3 sont plus nocifs que lorsqu'ils sont dans le corps, / et cette âme, 
selon qu'elle est dans le maître de maison ou les gens de la maison, 
dans le chef du village ou dans les villageois, dans le seigneur de 
la ville ou dans les citadinSj dans le souverain ou la dën par lesquels 
tous subsistent, sont d'un plus grave dommage ( x frayziyàntârtar) 
et d'un souffle plus violent et plus nuisible aux hommes de ce 
6 monde. C'est pourquoi, que ce soit par sa volonté, / ou par empê- 
chement, ou par le renforcement ( ôz dâsn) qui en découle, la malice 
quelle qu'elle soit est dite être en rapport avec le Créateur suprême, 
principe de tous ses membres (hanâm), comme le font les docteurs 



CHAPITRES 49 A 51 



61 



dont la doctrine sur le Créateur est qu'il est à la fois le principe 
du mal et du bien, et qui parlent de diminution et de détérioration 
(vastan) du bien, souffle plus grave et dommage plus sérieux 
que toute malice, et c'est dire que le plus mauvais que /tout 
mal, c'est celui en qui est le mal (kë vatïh patis). 



51 Sur les espèces d'êtres. (B. 31 ; M. 42.) 

Voici les 3 espèces d'êtres Çkastân) : <ceux qui, quant à leur 
essence, (pat xvatih) sont immortels, et dont le revêtement est 
inséparable (asanisnïh) > ; ceux qui, quant à leur essence sont 
immortels et dont le revêtement (patmocan) est séparable ( visâ- 
nisnih) ; ceux qui, quant à leur essence, sont mortels et dont le 
revêtement est inséparable. 

<Ceux qui, quant à leur essence, sont immortels et dont le 
revêtement est inséparable> ; parmi les êtres invisibles (avë- 
nisnïk) il y a les Amarhaspand dont l'essence est immortelle et 
le revêtement inséparable ( x asânisnïh) : l'immortalité ( x amargîh) 
de leur essence appert de leur définition qui est « immortel saint » 
(afzônik), et l'inséparabilité de leur/ revêtement appert de ce que 
Ohrmazd et Vohuman (om. Mânsraspand) sont l'âme noble ( asnô- 
tak) et le protecteur du corps est Mânsraspand ; et ainsi pour 
les autres Amahraspand, en tant que leur essence est immortelle 
et leur revêtement inséparable; la règle (dâtistàn) est celle de 
l'Amahraspand Vohuman : en tant que leur essence est unie à 
leur revêtement, ils s'appellent / « Amahraspand » ; ils maintiennent 
les créatures, distribuent au monde l'éclat et le xvarrah. Et il en 
est ainsi des autres dieux mênôgiens. 

Parmi les êtres visibles, il y a le soleil, dont l'essence de l'être 
est immortelle, son revêtement étant inséparable, qui est son aspect 
lumineux ; et ainsi dans les mêmes limites, de la lune et des autres 
étoiles en tant que leur essence est immortelle et leur revêtement 
inséparable ( x asânisnîh) ; la règle est celle du soleil : en tant que/ 
leur essence est unie à leur revêtement, ils s'appellent « soleil, 
lune et étoiles » ; ils éclairent le monde, confortent les natures, 
font croître les créatures. 

Ceux dont l'essence est immortelle et le revêtement / séparable, 
ce sont universellement les hommes : en tant que leur essence 



62 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÉNKART 



est l'âme, ils sont immortels, leur revêtement étant le corps qui, 
dans l'état du Mélange, est séparable : par suite de l'union des 
deux ensemble, ils s'appellent « hommes », qui sont les plus 
éminentes créatures du gëtï, et parmi les êtres du gëtï, à cause 
de l'immortalité de leur essence et la séparabilité / de leur revête- 
ment, selon < l'enseignement de> la Dën, tous les animaux 
aussi. La règle est celle de l'homme (*'NSWT) et des autres 
créatures du gëti : par leur mënôg, ce sont des Amahraspand, 
dont l'essence est immortelle; par leur forme (dësak) ils sont 
séparables (msànisnômand) . De ce fait, il est plausible (cimïk) 
que la règle soit cell des hommes et aussi des animaux. 

Ainsi ce dont / le revêtement est les créatures, lui-même est 
comme Vobuman l'âme noble qui est protectrice du corps et tout 
Mânsraspand sont les revêtements d'Ohrmazd, Vohuman lui- 
même qui est l'âme noble étant l'essence de l'homme, dispensant 
aux créatures éclat et brillance. 

Ceux dont l'essence est mortelle / et le revêtement inséparable, 
ce sont les dev, les loups et les monstres: par la force de la Bonne 
Dën, lors de sa première profération par Zartust à la sainte Fra- 
vahr, l'« armature » (kalpôt) des dev fut brisée : par celle d'Osëtar, 
l'armature des loups, par celle d' x Osëtarmâh celle des monstres : 
et leur / essence, par la puissante ( afzâr) Fraskart et la venue du 
Triomphant Bienfaisant, sera totalement annihilée. Grâce à leur 
totale annihilation, le revêtement corporel de l'âme immortelle, 
essence de l'homme, et celui de tous les animaux, qui n'est pas- 
(immortel) ne seront plus séparés ( *visânïhit) . D'essence immor- 
telle, l'âme sera pleine de béatitude et rétablie pour toujours 
dans /un monde pur et sans opposition ( x apityârak) ; elle sera 
refaite à nouveau de par le don du Créateur, et établie insépara- 
blement. C'est la Révélation. 



52 Sur le gouvernement du jugement (dàtistân) par la dën. 
(B. 32; M. 44.) 

Le jugement étant le rejeton d'âsn-xrat est solidaire et fraternel 
de la Bonne Dën ; et par lui, il y a certification, réception et pro- 
pagation. Par le jugement, l'âsn-xrat est dans tous les hommes 
et ce par quoi tous les hommes sont spécifiés (vaspûhrakanîh) . 



CHAPITRES 51 A 55 



63 



Quant aux (hommes de) mauvaise religion, en la fondant [frakânïh), 
la dissimulant (nihumbih) et en la propageant, ils portent la malice 

s (ziyànakîh) de la mauvaise religion, tout comme un fabricant 
de fioles (fiâikar) en mêlant l'or au plomb propage le plomb sous 
le nom d'or. Pour la même raison, quand, selon l'estimation des 
savants (snâsakàn) et grâce à la balance ( tarâzûk) du bon jugement, 
le désordre (apêristakïh) de la mauvaise religion se trouvera 

6 vaincu, et l'ordre ( x nstakik) selon l'estimation de la bonne Dën, 
se manifestera au jugement qui est son co-rejeton, étant ensemble 
rejetons de l'âsn-xrat (qui provient) d'Ohrmazd. 



53 = 39 



54 Sur la destination de l'homme. (B. 33 ; M. 45.) 

28 / La destination (handàcibi) de tout homme le mène au salut 
de son âme : les rois, surtout en organisant, disposant, agrémentant 
la bonne marche du royaume par le monde ; chacun des fidèles 
(dën buTtâràn), surtout par la propagation, la certification et la 
droite tradition (patvandisnïh) de la Dën Mazdéenne ; et les 
34 hommes du commun (pâtram), surtout par l'énergie de chacun / à 
faire son devoir. 



55 Sur les 7 questions (vâcak-xvâyïsn) posées par un dis- 
ciple a son Erpat. (B. 34 ; M. 45.) 

1) De qui vient la richesse (hangatîh) en fait de choses (maté- 
rielles) ? 2) De qui la paix de l'âme ? 3) De qui / la préservation 
du péché ? 4) De qui l'abondance de sagesse ? 5) De qui l'accroisse- 
ment du xvarrah ? 6) De qui l'amitié de tous les hommes ? 7) 
De qui la rectification du corps et le salut de l'âme ? 



64 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



56 Réponses de l'Erpat selon l'enseignement de la Bonne 

Dën. (B. 34 ; M. 46.) 
/I) Travaille volontiers et dirige ton pied et tu deviendras riche 
en choses (matérielles). 2) Considère ce qui est (hast) dans ce qui 
n'est pas, sois en paix, et tu seras joyeux avec le Créateur et avec 
ton âme. 3) Demeure (màn) dans le Créateur tout-puissant et tu 
éviteras le péché. 4) Considère ( andês) beaucoup de science 
comme une aurore (hôsbâm) et tu auras abondance de sagesse. 

5) Observe les créatures avec bienveillance, et / ton (om.) 
xvarrah apparaîtra croissant (vaxsisnik mânisn) parmi les hommes. 

6) Rends droit l'amitié des hommes, et les hommes deviendront 
au plus haut point tes amis. 7) Ote la concupiscence de ta per- 
sonne (tan) et ton corps (tan) sera rectifié, ton âme sauvée. 



57 Sur ce que la sagesse (dânâkih) x delà Dën Mazdéenne/ 

VIENT TOUT ENTIÈRE DE L'EXISTENCE MÊME (hastîh) DE LA 

Dën Mazdéenne. (B. 34; M. 46.) 

L'existence de la sagesse de la Dên Mazdéenne appert : et de 
ce que ses adversaires sont l'excès et le défaut, elle-même étant 
la Mesure, qui est l' être-même (xvatïh) de la Dën — l'antagoniste 
par excès de la sagesse étant son faux-frère, tandis que l'antagoniste 
par défaut est son contraire; et de ce que les princes, les vrais 
sages, les familiers ( vaspûhrakân, hudânâkân, mahnântarân) de 
la Bonne Dën ont pour croyance (viravisnïh) principale en la 
Bonne Dën que toute sagesse vient de l'existence de la Dën 
Mazdéenne : et de ce que la sagesse en réflexion ( andësisnik), en pa- 
role et en acte de celui qui est venu à la Dën Mazdéenne, et même 
de celui qui n'est pas (encore) venu à ses articles (ôsmurisn), tout 
cela vient de l'existence et de la révélation de la Dën Mazdéenne. 



chapitres 56 a 59 



65 



58 Sur la royauté et la Dën. (B. 34 ; M. 47.) 

Essentiellement ( mâtiyân) la royauté est dën, et la dën royauté. 
Sur ce fait, exprimé par l'enseignement de la Bonne Dên sont 
d'accord même ceux d'une doctrine (këï) opposée et qui disent 

p-3 5 que leur royauté est établie (vénârtakih) / sur la dën et la dën 
sur leur royauté. Ainsi, le fondement (frakàn) de la dên des 
mazdéens (Vëhân) est la déclaration première (bun vâcak), confes- 
sion portant sur la soumission à Ohrmazd (Ohrmazd bandakîh) 
et l'exaltation de la Dën. L'une n'est pas séparable ( x avisânisn) 

3 de l'autre : l'exaltation de la royauté iranienne / , de la Dën ; ou 
la soumission à Ohrmazd, le mazdéisme (mazdëstïh) de la Dën, 
de la royauté. Et leur plus haut rayonnement (bràzisn) et avan- 
tage, c'est leur grande propagation parmi les créatures : par l'union 
de la royauté avec la Bonne Dën, la royauté est juste (ràst), 
et par son union avec la Bonne Dën, la juste royauté devient 
unanime ( hamvàc ) avec la Bonne D ên. Ainsi, la royauté 

6 étant essentiellement / dën et la dën royauté, il s'ensuit aussi que 
l'anarchie est mauvaise dën, et la mauvaise dën anarchie. 



59 Sur le bon, le meilleur et le superlativement bon, le 
mauvais, le pire et le superlativement mauvais d'entre 
les hommes. (B. 35 ; M. 47.) 

9 Bons en général /sont tous ceux qui confessent ( x astuvânan) 

la Dën d'Ohrmazd, à cause de (patisâ) leur proximité à Ohrmazd 
le Créateur. Et le meilleur et le superlativement bon d'entre eux 
sont ceux qui sont le plus intimes (andartarân) et le plus super- 
lativement ( andartomân) intimes à la Dën d'Ohrmazd, et, en 
conséquence, ont une proximité supérieure et superlative (nazdik- 
tâTÎhy nazdiktomih) au principe de toute bonté qui est Ohrmazd 
le Créateur. 

f 2 Mauvais en général sont / tous ceux qui confessent une mauvaise 
dën à cause de leur proximité au Gannâk Mënog. Et les pires et 
les superlativement mauvais d'entre <eux sont ceux qui sont 
le plus intimes et le plus> superlativement intimes à la mauvaise 
dën, et ont une proximité supérieure et superlative au principe 
de tout mal, le Gannâk Mënôg. 



66 LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 

Les docteurs dont la doctrine est que le principe du mal, comme 
celui de la bonté est Dieu, disent que la mauvaise doctrine, tout 
comme la Bonne Dên remonte à Dieu, et que le mal et les méchants 
sont proches de Dieu tout comme le bien et les bons. 



50 Sur la souveraineté de l'homme et comment il se gou- 
verne. (B. 35 ; M. 48.) 

« / En vertu de la production et de la création du Créateur, la 

psyché (jân) de tout homme est souveraine sur son propre corps. 
Pour lui venir en aide, à l'intérieur du corps a été créé la bôd 
et avec elle la puissance de l'intelligence ( vît) qui cherche et qui 
obtient la connaissance, et la force de la mémoire qui la possède 
21 et la conserve /et la faculté de la sagesse qui examine, choisit 
p- m et met en pratique. Et la pureté / et le dégagement ( visatih) de 
la voie qui va de l'axv à la pensée (mënisn), dans sa suprême 
proximité aux dieux, atteignent à la vision menogienne. A l'exté- 
rieur du corps sont produits 7 interprètes ( targumân) diversement 
3 spécialisés (yudt vaspuhrâkan) dont 5 /qu'un appelle les sens 
(sôhïsnân), à savoir la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat et le toucher, 
disposés à l'extérieur en guise de fenêtres (rôzan) qui font passer 
dans la maison la lumière nécessaire au maître de la maison, 
et un interprète ( x targumân) qui est principal (mâtigàn), la langue, 
* par laquelle le maître de la maison/ transmet son information 
de l'intérieur à l'extérieur, manifestant sa volonté et sa pensée. 
De cette façon, tout homme est constitué (om.) souverain sur 
son corps et sa volonté peut s'extérioriser (visâtîh) par là. 
? Ainsi ces ouverain du monde, par sa domination / sur le monde, 

par ses agents (kamkârân) qui s'y appliquent, par le fait qu'il y 
apporte de bons moyens et qu'il dirige sagement sa royauté sur 
son corps est appelé « bon souverain », et cette souveraineté 
rejoint la béatitude suprême qui ne passe pas. Et le gouverneur 
qui sera dans les existences mënogiennes sera un roi sublime et 
u exalté. / Et quand il apporte de mauvais moyens et qu'il est Igno- 
rant, il y a décomposition (*visistakih) de cette royauté qui est 
d'un seul coup ( ëvtâk) précipitée dans l'enfer de toute misère, 
et le roi devient misérable et méprisé (*nikôhitak) . 



chapitres 59 a 61 



67 



Car (cê) les membres (hannàm) mêmes (xvatik?) d'Ohrmazd 
le Créateur sont parmi les créatures du gëtï : par Vahuman il 
habite l'axv, Spendarmat/ a pour siège le vârôm, et la pensée 
est le réceptacle de Srôs. Le souverain complet, miséricordieux, 
parfait, conforme à la loi (dâtïk), au bon commandement (hufra- 
mân), c'est l'homme Juste, celui dont les membres sont doués 
d'organes corporels et psychiques. Et voici les membres de ce 
Juste : par la mémoire (om. pat) quand par l'information (ayà- 
fakïh) il embrasse les créations et les créatures, à la manière du 
ciel; par l'intelligence quand c'est par /une juste saisie ( x âyâf- 
takïh) des connaissances à la manière d'un feu rapide (*tëjihâ) ; 
par la sagesse, quand par les connaissances, les actes et les indi- 
vidus (cimn), l'information au sujet de la Bonne Dën est pleine- 
ment interrogée (pursikït), elle qui est en même temps choix: 
par la « sainteté » (afzônikik) et l'intention parfaite, il est guidé 
en matière de paroles et d'action ; par le cœur, quand, par une 
vaillance supérieure, il est intrépide (amavand) à l'égard de tout 
ce qui voit (??vënâk) et sans crainte ( x atars) à l'égard de tout 
ce qui se voit; par les yeux, quand, par le /regard bienveillant 
<il ressemble au> soleil ; par les oreilles quand il écoute bien 
(kunigôsih) Sros ; par la langue, quand par la parole véridique 
( x râst) il s'égale à Rasn ; par les mains, quand par le bon ouvrage 
(kuvarst) et le travail ; et par les pieds quand, avec rectitude 
(ahrâyih) j on avance ; quand avec tout cela il y a un constant 
effort, et à proportion pour les autres organes psychiques et cor- 
porels. 



61 Sur l'identité visible (^vënàfdâk) et les membres du 
Gannak Menog. (B. 37 ; M. 50.) 

L'identité (xvatih) visible (vênâfdâk) de Gannak Menôg 
(s'opère) / par Alôman dans l'axv coloré (rastak) par la pensée 
par Taromat à travers le vârôm (om.) et Esm dans la pensée, 
et conjoint ( x patvastak) au tyran, Mar druvand, injuste, impi- 
toyable (duïapar), au commandement mauvais (*dus framân) 
cruel (sakmën om. dâmàn), doué d'organes corporels et psy- 
chiques. Les membres de ce druvand sont : par l'intelligence/ 
quand (tëj vâcâr??); par la mémoire, quand on n'oublie pas la 
vengeance (aframôs kën) ; par la réflexion bonne qui devient une 



68 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



constante (om. rép.) misère (ànâkihcih??) ; par la volonté quand 
pour un chacun on désire le malheur ; par la convoitise (âz) quand 
l'appétit (âhang) est d'avaler le monde en une seule bouchée 
( ?âsumbisn) ; par la concupiscence,/ quand, par doctrine (âfràsîk) 
de la mauvaise religion, est embrasé (hamkôs y w t y m sn y h') 
par Taromat et x Parimat, quand on est emmêlé (hampatvast) 
dans le sensible (sôhetiïtàk) ; et par l'hérésie, quand le cœur est à la 
manière kilâsayïk. Le Gannâk Mënôg est voyant ( x dïtâr) par l'œil 
( âS) quand, à l'instar de Frâsyâb il est envieux de toute / bonne 
créature par (g 1 k) et Dahâk un ornement (àsâk-ë) la beauté de 
la Bonne Dën ; par la main (gav) quand par l'œuvre du mauvais- 
agir, par la jambe (azbâr) quand il court, impitoyable, à l'instar 
d'un brigand (duz) ou d'un loup ( x gurg), ( quand par tout cela) 
il est le destructeur du monde. 



62 Sur la manière dont x l'axv accède a la connaissance 
et a la joie (râmisn). j (B. 37; M. 5i.) 

La connaissance (dânisn) et la joie sont toutes deux produites 
(kunihît) par des forces : la connaissance, par une puissance de 
l'âme (jan)„ la joie, par la force du désir ( âpâyisn). La connaissance 
atteint le mënisn par la voie (vitàr) de l'axv, la joie par la voie de 
la volonté (kâmak). C'est par une prompte (tëz) arrivée au mënisn 
que se fait la connaissance ; / quand la voie qui mène de l'axv au 
mënisn est parfaite et pure, il y a vision mënôgienne, et la joie 
aussi est/quelque peu (andak) stimulée (angïzîhït). 



(£3 Sur la puissance des hommes a recevoir la joie dans le 
getï plein de périls. (B. 38 ; M- 51.) 

Il y a 2 espèces de joie; 1) béatifiante (urvâzisnik) j venant 
de la force ( ôz) de l'âme, et, à la manière de l'asn-xrat, sortant 
de l'intérieur vers l'extérieur ; 2) survenant à F âme à la manière 
de l'intellect acquis par audition et traversant (vitârânïk) de 



chapitres 61 a 64 



69 



l'extérieur à l'intérieur. Et il y a 2 espèces de crainte : 1) celle qui 
surgit de l'intérieur, comme le besoin qui vient de l'insatisfaction ; 
2) celle qui survient de l'extérieur vers l'intérieur, comme la 
pauvreté (skôhih) / qui vient de ce que l'on est ruiné (zat xërih). 

Vohuman est la cause ( x vakân) de la joie et de l'asn-xrat, et 
Akoman est cause de la concupiscence qui augmente la crainte. 
Vohuman, qui est du Spanâk Mënôg — survient à l'homme et 
Akoman qui est du Gannâk Mënôg se précipite sur lui. En l'homme 
Vohuman et Akoman sont à demeure, et celui qui est à demeure 
occupe un heu (gâs girisnîh) ; celui qui traverse, /« survient » 
(apar rasimih) . Le degré ( candih) qu'atteint Vohuman en l'homme, 
est suprême, moyen ou inférieur : la joie qui vient de la seigneurie 
(akûih) de Vohuman et la bonne intention (nêvak mënisn) qui 
vient de l'asn-xrat a des degrés. Le degré qu'atteint en lui Ako- 
man, et la crainte qui provient de la mauvaise intention d' Akoman 
du fait que l'homme est privé de son asn-xrat, ont des degrés /diffé- 
rents selon chaque personne. 

Quant à la force de la joie et de la crainte dans l'homme ( x mar- 
tom) : plus la prospérité et la désirable royauté (kâmak xvatâyik), 
venant de l'intellect acquis par audition à l'asn-xrat, sont unies à 
Vohuman, plus la joie l'emporte sur la crainte ; et plus l'Ignorance, 
la pauvreté et la royauté non-désirable (akâmak) sont unies à 
Akoman, plus / la crainte l'emporte sur la joie. 

Comme dans le gëtï il ne se trouve pas d'homme intelligent 
(kosyâr), de pure sagesse vohumanienne qui soit indemne de 
toute Ignorance akomanienne — ni d'homme purement akomanien 
dépourvu (anûtak) de sagesse vohumanienne — ainsi il n'est 
personne qui soit tout joie et sagesse sans crainte ou Ignorance, 
ni personne qui soit tout crainte et Ignorance sans joie ou sagesse^ 
et même celui qui est le plus élevé dans la joie et la sagesse n'est 
pas sans crainte ou plein de connaissance, et celui qui a atteint le 
plus haut degré de la mauvaise crainte et de l'Ignorance n'est pas 
sans joie ou sans connaissance. 

Dans la mesure où l'union de la connaissance / avec la joie 
diminue, de débordement qui est le faux-frère de la joie triomphe 
de la joie, reprend la place de la joie (om. rép.) et, du fait que la 
joie va au-delà de la mesure de sa réponse, elle devient son faux- 
frère : / on se livrera à la plaisanterie (*gôfrisnîk) à la musique 
(navâk andâz), à l'art du chant (srût âray), et à l'excès de vên 
(? frây andak-vën). Lorsqu'il y a grand affaiblissement de la 
connaissance, il y a grand triomphe du débordement, et beaucoup 
de... (apâcgriftakih) : on devient grand chanteur (srày *NKSWNtn 
et railleur (afsôsgar). Et lorsqu'il y a totale disparition de la con- 



72 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÈNKART 



gëtïkiens reçoivent / bien plus de la prospérité qui leur vient des 
dieux, de par l'accroissement de la victoire des dieux, et l'époque 
devient supérieure (apërtar) par la bonne royauté, la bonne 
religion/ la sagesse, l'organisation du droit, la vie désirable de 
tous les hommes et leur salut. Et ceci continue jusqu'à ce qu'il 
y ait une petite ( x hucârak) intervention des dëv par une nouvelle 
perversion (*ahôkën [tan) de l'époque / et par l'iniquité due à la 
tromperie qui avance dans le péché. 

Et quand de se détourner de la vertu et de s'adonner au péché 
se généralise ( amarkânihit) dans le monde, les dëv accourent 
d'avantage, et la voie qui, venant des dieux, amène la prospérité 
aux êtres du gëtï, est d'avantage fermée. Et l'époque, en raison 
de la tyrannie, de l'hérésie, des mœurs de këk et de karap, / de 
la mauvaise dën, de l'Ignorance, de l'illégalité, devient beaucoup 
plus dévastée et bouleversée, les hommes éprouvant l'angoisse, 
la condamnation (^ërangik) et la difficulté. Quand, au milieu 
de ce mouvement général qui se détourne de la vertu et 
avance vers le péché, il y a un individu ( ëvâcik kas) qui se détourne 
du péché et avance dans la vertu, les dëv/(om. rép.) accourent 
alors que, en général, on avance vers le péché et qu'on se détourne 
de la vertu, le passage est fermé, et par le fait même (hoc ham dm) 
il n'y a pas de voie par laquelle peut survenir la prospérité des 
dieux : mais même alors n'est pas empêchée la venue de leur 
protection et de leur bien / à cet individu. Et la venue de ce bien 
<à> cet individu qui seul se détourne du péché et avance vers 
la vertu, tend vers la victoire finale et à tous les biens divins de 
l'ensemble des hommes. 

Quand, au milieu du mouvement général qui se détourne du péché 
et avance vers la vertu, il y a un individu qui se détourne de la 
vertu et s'avance dans le péché, il y a bien plus sujet de crainte / 
(vës bïmîar) : quand c'est au milieu d'un mouvement général 
où l'on se détourne de la vertu et où l'on se tourne vers le bien, 
l'individu est sous l'autorité des dëv en tant qu'il tourmente leur 
xvarrah ; quand cet individu est seul à se détourner de la vertu 
et à avancer vers le péché, il y a danger que l'iniquité et le boule- 
versement en vienne à tous les autres (hommes), de même qu'une 
petite (kucâTak) maladie du corps d'un homme donne lieu de 
craindre / la maladie du corps tout entier, et même la mort, surtout 
quand la médication (darmànïh) vient à faillir (môHhit). 



CHAPITRES 66 A 68 



73 



67 Sur le discernement de l'intention, qui se fait surtout 

PAR L'EXPRESSION DE L'INTENTION, ET L'ACTION, PRINCI- 
PALEMENT PAR LES ACTES. (B. 41 ; M. 56.) 

La primauté et la nécessité de l'intention (mënisn) sont propres 

2i (xvës) I à toute bonne action (kâr ut dâtùtân) ; mais, en rigueur 
de termes (drustakihâ mâtakvar) le discernement de l'intention 

P . 42 est dans la profession/ de la Dën et dans la confession (pat et) 
des péchés. Celui qui n'aurait pas l'intention en confessant la 
Dën, même s'il parlait beaucoup et faisait beaucoup de démons- 
trations, n'atteindrait pas à la Dën. Et (de même) le pateten 

3 paroles / et en actes portant sur le plus petit péché, lorsqu il n est 
pas accompagné d'un repentir d'intention (apaxhh). Mais la 
qualité de fidèle (burtâr) n'est pas déclarée par le jugement cou- 
rant des magistrats sur les affaires de ce monde (datistaniha *i 
gëhàn) . Car la valeur (drustik) du jugement du Magopatân Magopat 

6 se prend du motif (dm) et la manifestation du motif/ se fait 
surtout par la parole et l'action (kunim) qui s'accompagne de 
l'acquisition d'un mérite (kirpak) comporte un certain don (hoc 
dam ds) : car un don octroyé (râtênit) avec intention, une annonce 
(nivëàënit) en paroles pour celui qui en est digne, lorsqu on ne 

9 s'y consacre pas activement, l'acquisition de la récompense meno- 
gienne/ne l'accompagnera pas. 



5g Sur les modes de la conduite du temps. (B. 42; M. 57.) 

Les modes de la conduite du temps se font surtout par la conduite 
de la vertu de sagesse (xrat), et c'est l'affaire du sage (frazanak) 
quand il emmagasine (hanbârtak) ses vertus de « progrès » ou 
de « retrait » (frac âhangîk apàc-ahangik) / avec mesure, venues 
de la production du Créateur dans sa nature. La sagesse est le chei 
et préposé (pësôpây) des vertus. Par la sagesse on reconnaît les 
temps Et le temps dont la conduite est « dans l'ascendant » (afraz) 
se (manifeste) généralement (^amarkànîhâ) par les vertus de 
« progrès », et seulement temporairement et particulièrement par 
les vertus « en retrait »; celui dont la conduite est/ en déclin 
(nisëb), généralement par les vertus « de retrait », et temporaire- 
ment et particulièrement par les vertus « en progrès >.. En main- 
tenant bien les 2 espèces de vertus dans les deux espèces de temps, 



74 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



celui qui amène les vertus à l'acte, réalise le succès (sût) des actes, 
procure le bon gouvernement ( *rây ënîtâr) du temps, détermine 
(handâxtâr) j son renom, le bien de son âme et son salut. 

Et de telle façon que celui qui conduit le temps ascendant, avec 
la sagesse pour chef, le fait principalement par le besoin (apâyisn) 
<pur> de convoitise (âz), par la vaillance exempte (takikih 
apëcàr) de fureur, par le mouvement (jumbisn) pur d'agitation 
(jôsakîk), par l'énergie pure de concupiscence, par laqualité 
d'homme libre (âzât martih) pure de la manière de karap, 
par la joie pure de débordement / (rêtih), par la noblesse (âzàtih) 
pure de (p'kyh?) non-iranienne, par la générosité pure 

de prodigalité (vanëgarïh), par la disposition à porter secours 
( x ayaravandîh) pure de dureté (sturgik), par l'intrépidité ( x atar- 
sih) ;pure d'hébétude, par la légalité (dâtïkïh) pure de / sévérité 
(saftàrïh), par la grandeur d'âme (vuzurg mënisnïh) pure de 
hauteur ( apar mënisnïh), par un regard sain pur de mauvais 
œil, par la recherche du (bon) usage pur de ( ? ), 

par l'adresse (càpukîh) pur de rapacité (cënakih), par la force pure 
de vilaine intention, et par les autres vertus pures de leurs faux- 
frères, tendant vers /leur direction traditionnelle (aparmând) et 
conformément à leur nature opérant des actes vertueux fkâr ut 
kirpak) grands, renommés au loin (dur nâmik) et qui demeurent 
( ? patay ?) . 

Celui dont la sagesse comme préposé gouverne un temps en 
déclin, c'est surtout par l'observation (nikiritârîh) pure de rejet 
(spokârih), par l'endurance (burtïh) pure de routine ( fadvënïh?), 
par le silence pur de / dissimulation (tustmënisnih), par le contente- 
ment pur de paresse, par la pauvreté (drigôsik) pure de misère 
(skôhïh), par (om.) le bon usage (brahmakih) pur de malpro- 
preté, l'épargne (?cënakîh) et la demande pures de 
l'agriculture pure d'avarice, la pudeur pure de couardise (tarsôkih), 
l'action précautionneuse ( pahr ëc-kârih) pure de fuite devant l'acte 
méritoire, la miséricorde pure de vaine gloire (bôsih), l'humilité 
pure de bassesse ( ôpastakih), le bon œil pur de l'œil de convoitise, 
la patience pure de l'emmagasinement (hanbàrih) de vengeance, 
pur de la conciliation ( apar-pasand) / pure 

de complicité (vinàs hâmïh), et autres vertus ( x humaràn) pures 
de leurs faux-frères, tendant dans leur direction grâce à un directeur 
bien doté de sagesse et qui s'abstient (même) du plus petit péché. 



CHAPITRES 68 A 69 



75 



6Q Sur les différentes activités, majeure, moyenne et mi- 
neure. (B. 43 ; M. 59.) 

/ A l'intérieur de la Bonne Dën, toutes les activités relèvent 
des actes méritoires, ceux-ci sont les actes des hommes doctes 
(en matière religieuse), et ces hommes sont ceux qui font grandir 
(y-afzàyênitârîk) la création. L'activité majeure est celle qui 
triomphe le plus des drûj et qui promeut au maximum le monde 
de la Justice ; et ceci a sa place au sein des 4 conditions de la Dën 
Mazdéenne. Dans le sacerdoce qui est la plus haute des conditions /, 
c'est le culte des dieux, l'enseignement (càsisn) et la récitation 
(osmurisn) de la Dën, le fait de trancher (vicirih) et d'appliquer 
le droit (dàtvarih) et autres / activités sacerdotales. Dans la condi- 
tion des guerriers, la cavalerie, l'infanterie, et autres activités 
militaires. Dans le paysannat, (om.) l'élevage et autres activités 
paysannes. Dans l'artisanat (om.), la cuisson (pàk-ZKV) du pain/ 
et les... (xvâhlîk karih) et autres activités artisanales. Et au-dessous 
de l'activité du sacerdoce, jusqu'aux dernières activités inférieures 
des trois autres classes, toutes les activités sont moyennes. La 
dernière et la plus basse des activités est le commerce ( vacaraka- 
nïk) qui est la dernière des activités du paysannat. Quant à ses 
frontières, / la supérieure touche au domaine des choses religieuses 
(dahmih), l'inférieure au règne de la diminution (kastàrih) . ^ Fron- 
tière supérieure : de là où il demeure plus de choses qu'il n'en est 
nécessaire au bien-être et à l'entretien des hommes et des bêtes, 
(om.) on achète, on prélève et on transporte ce qui est nécessaire / 
au bien-être et à l'entretien des hommes et des bêtes là où les maga- 
sins (hambâr) et les récoltes qui y sont contenues demeurent infé- 
rieurs à ce qui est nécessaire au bien-être et à l'entretien des 
hommes et des bêtes ; là où l'on achète, on achète au juste prix 
(râst) ; là où l'on vend, on vend au juste prix. Et parce que par 
là on / accroit l'assistance aux hommes et aux bêtes et l'on accroît 
le monde en joignant les unes aux autres les opérations de leur 
action, ce métier se range à l'intérieur des frontières de la «Reli- 
gion (dahmïh) pour autant qu'il est impossible de trouver l'acti- 
vité d'une condition plus profitable au monde pour gagner son pain 
et une vie convenable, que la Bonne Dën autorise comme un 
moyen / légitime de se nourrir. C'est cependant la dernière et la 
plus basse des activités, même quand, se situant à l'intérieur^ des 
frontières de la a religion », elle est licite dans l'impossibilité de 
gagner son pain et une vie convenable en exerçant une des autres 
activités, du paysannat, du sacerdoce, de la condition guerrière/ 
ou de l'artisanat. 



76 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



La frontière qui jouxte « l'irréligion « ( adahmïh) : dans un même 
pays où il y a la prospérité de l'entretien des hommes et des bêtes, 
<on achète > plus cher et avec plus grand péché, du blé et qu'il 
en résulte (uzît hacis) besoin et pénurie pour l'ensemble et, en 
conséquence, maladie et famine pour tous les hommes et bêtes, 
p- 4$ et par là on renforce les non-Iraniens en frappant les Iraniens / : 
et c'est parce que la pénurie du monde et la ruine et le dommage 
qui en résultent pour les Iraniens sont en dehors de la « religion », 
qu'ils touchent au domaine de la diminution, si bien que la Bonne 
Dën les déclare (vicàr) les plus graves des péchés. 



3 7Q Sur le mérite qu'un Mazdéen reçoit et prend d'un akdën. 
(B. 45 ; M. 61.) 

Chanter les Gâthâ sur l'âme de celui qui est mort druvand, afin 
que les autres bonnes actions (kirpak) qui seraient venues de cet 
akdën reçoivent leur récompense, est chose bonne. Quand, dans 

6 une intention bonne / on a mentionné surtout les autres pensées 
droites, paroles droites, actions droites de cet akdën qui y seraient 
mêlées, l'ensemble du chant des Gâthâ est un acte méritoire qui 
réjouit le mënôg. 

Que cette action puisse être licite lorsqu'il s'agit de l'âme d'un 
akdën qui est encore en vie, et être un acte méritoire, a pour 

9 raison / l'espoir que l'on a, par cet acte méritoire, de sauver de 
l'enfer l'âme de l'akdën. Car, pour le mazdéen, supplier et deman- 
der n'est pas peccamineux, tout de même qu'il est méritoire de 
donner un remède à une personne (tan) malade dans l'espoir 
de la guérir. 

12 Pour celui qui meurt et tombe en enfer avec son âme dans / le 

dénuement qui vient de ce qu'aucun acte méritoire ne peut le 
sauver de l'enfer — faire pour lui des sacrifices en chantant les 
Gâthâ est « culte des dëv », de même que verser un remède sur un 
corps une fois qu'il est mort ne lui profite pas : c'est gaspiller le 
remède et commettre un acte peccamineux. 



CHAPITRES 69 A 72 



77 



35 71 /Sur le discernement (vicin) porté sur les bons, les 

MEILLEURS <ET LES SUPERLATIVEMENT BONS > D'ENTRE LES 
HOMMES, AINSI QUE SUR LES MAUVAIS, LES PIRES ET LES SUPER- 
LATIVEMENT mauvais. (B. 45 ; M. 62.) 

Entre les hommes on juge superlativement bons ceux qui, dans 

is la promotion (fray-dahisn) / du monde et dans le don de l'immor- 
talité au monde, sont, par leurs dispositions (xëm) et activités 
(kàr), le plus proche des dispositions et des activités de Sôsans. 
On juge meilleur ceux dont les dispositions et les activités viennent 
à l'appui des dispositions et des activités de cet Homme. On juge 
bons ceux dont les dispositions et les activités ne s'opposent pas 
aux dispositions et aux activités de cet Homme. 

21 j Entre les mar, on juge superlativement mauvais ceux qui, 

dans le rétrécissement (kastârîk) du monde, sont par leurs dispo- 
sitions et leurs activités les plus proches des dispositions et des 

p- 46 activités de Dahâk, / dans le fait de porter la mort au monde, les 
plus proches des dispositions et des activités de Malkos. On juge 
pires ceux dont les dispositions et les activités viennent à l'appui 

s des dispositions et des activités de ce Mar. On juge mauvais / ceux 
dont les dispositions et les activités <ne> s'opposent <pas> 
aux dispositions et aux activités de ce Mar. 



72 Sur les jeunes femmes (zanên) parmi lesquelles on peut 

CHOISIR ET SUR CELLES DONT IL FAUT s' ABSTENIR. (B. 46 ; 
M. 62.) 

Sous le même chapitre, la doctrine de la Bonne Dën nous fournit 
un résumé qui nous renseigne sur les espèces / de jeunes femmes, 
celles parmi lesquelles il faut choisir et celles dont il faut s'abstenir. 
Il y a 4 espèces de femmes : 1) belle (nëvak) et silencieuse (tust) ; 
2) belle et pas silencieuse ; 3) pas belle mais silencieuse ; 4) m 
belle ni silencieuse. On choisit entre elles : pour son activité dans 
la maison, l'agrément et la joie qu'elle apporte/ au maître de la 
maison, celle qui est belle mais pas silencieuse ; pour sa non- 
nocivité, ceUe qui est belle et silencieuse. En l'absence (amndisnih) 
des deux espèces énumérées plus haut, il faut se tenir loin de celle 
qui n'est pas belle mais qui est silencieuse, et de celle qui n'est 
ni belle ni silencieuse. 



78 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



12 73 ®UR LE GOUVERNEMENT DES CRÉATURES GETI PAR ÛHRMAZD. 

le Créateur (B. 46 ; M. 63.) 

Le gouvernement des créatures gêtî par Ohrmazd le Créateur 
dans l'état du Mélange, se fait en somme par l'agencement de deux 
forces : l'une est la nature qui est sans choix (œoicin), l'autre la 

15 volonté qui choisit. / Selon le gouvernement de la nature qui ne 
choisit pas, les éléments (zahakân) en puissance (nërôkik) se 
composent avec les ristakân et avec les corps (tanân); la créature 
en progressant (pat ravâkïh) l'emporte par là-même sur l'Assaut 
et atteint la Fraskart. 

Selon le gouvernement de la volonté de choix, par la force des 

38 Amahraspand portant sur la pensée, la parole et l'action, l'homme / 
est rectifié par bonne-pensée, bonne-parole, bonne-action, la 
Justice est accrue, la drûj diminuée, l'Assaut vaincu, la créature 
avantagée. 

De par ( x hac) la sage destination du Créateur, quand, par la 
force du gouvernement sans choix de la nature, qui est du Ras 

21 (rasik) la créature, en progressant, aboutit à la Fraskart/, par la 
force du gouvernement de la volonté de choix, qui est des Amahras- 

p- 47 pand, à la créature par la puissance du progrès et du gouvernement /, 
la bonne Dën et la bonne royauté viennent principalement ( màtiyàn) 
du fait des bonnes pensées, bonnes paroles et bonnes actions 
de tous les êtres qui agissent volontairement alors, il y a pleine 
croissance de la Justice, totale diminution de la druj, victoire sur 

3 l'Assaut qui sera battu ; / la créature sera instruite (abdist) par le 
Bien (vëhîk), purifiée par toute bonté (nëvakïh) et rectifiée. 

Et les docteurs dont la doctrine est que le terme (frazàm) du 
gouvernement naturel et volontaire est la destruction de toutes les 
créatures, la plupart des hommes allant à la druvandïh et à l'enfer 

6 sans rémission, ceux-là attribuent / à Dieu un mauvais gouver- 
nement et lui dénient la sagesse. 



74 Sur ce qui est a l'intérieur du ciel. (B. 47 ; M. 64.) 

De l'enseignement de la Bonne Dën, il appert que le ciel est 
la première créature (dâm) d'entre les êtres individuels du gëtï 
(gëtihîk stïhâ) et que toutes les autres créatures ont été créées 



chapitres 73 a 74 



79 



à l'intérieur du ciel ; comme l'oiseau (a été créé) à l'intérieur de 
l'œuf ; et le ciel est autour d'elles toutes, comme l'œuf est autour 
de l'oiseau. / A l'intérieur du ciel, il y a des lieux de trois espèces : 
1) lumière non mêlée de ténèbres (tam), bonté non mêlée de mal, 
joie non mêlée de souffrance : c'est le lieu supérieur dont / le nom 
est Garôtman, Paradis (vahih) supérieur dont le degré est celui 
de la bonté d'Ohrmazd le Créateur, et les degrés des Amahraspand 
et des autres dieux, des Fravahr des non-nés, et des luminaires 
visibles (vënisnïk), indemnes de l'Assaut, 2) ténèbres non mêlées de 
lumière, mal non mêlé de bien, souffrance / non mêlée de joie, 
où fuit (xvirëcët) le Gannâk Mënôg, et les degrés des dêv Maza- 
nîens et des autres/ antagonistes... 



[107] (B- 74 ; M. 101.) 

... et le combat / des dêv et des druj dans l'âme des druvands, 
retardée par la souillure du péché ; et son nom est « enfer ». 

2) Lumière mêlée de ténèbres, bonté mêlée de mal, bonheur 
mêlé de souffrance; lieu intermédiaire entre les deux autres, et 
dont le nom est « gëtï », lieu du combat avec ce qui est le plus 
participant de l'Assaut et avec le mal et la souffrance / qui sont 
entrés dans le monde. 

L'homme est le suprême lutteur de la création gëtïkienne, le 
chef de bataille (razmpat) des autres créatures du monde qui sont 
les instruments de l'homme, puisque, selon la détermination 
sage du Créateur, avec la puissance supérieure des dieux mënô- 
giens, l'homme (exerce) son rôle de bon ahu et de bon souverain 
et sa supériorité sur / les créatures gëtïkïennes, par la force de sa 
lumière en « usant » les ténèbres, par la vigueur de sa bonté en 
ôtant la malice, et par la puissance du bonheur en repoussant la 
souffrance. 

C'est là le lieu intermédiaire qui est le gëtï, où l'on tend vers 
toute lumière, bonté et joie lieu / suprême, avec le paradis, le 
garôtmân, toute lumière, toute bonté, toute béatitude, et qui est 
fortifié par le xvarrah même. Et du plus bas du ciel, ïe Gannâk 
Mënog, avec la souillure qui provient de lui sera expulsé, et dans 
le ciel il y aura toute-lumière, de bonne odeur et pure, tout-bon- 
heur et toute la béatitude qui convient au plus haut point à la 
sagesse et à la souveraineté du Créateur. 

Et les docteurs pour qui / l'enfer est en toute justice, le châti- 
ment éternel des hommes et pour qui les dêv vivent perpétuelle- 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



80 



ment, leur doctrine revient à dire qu'en raison de l'ignoble injus- 
tice de ce terrible Malin, la maison de Dieu dans le ciel n'atteint 
pas à la perfection et à la pureté, mais demeure souillée. 



15 75 / Sur la virtualité (nêrôkikih) antérieure et postérieure 

A L'ACTE MÉRITOIRE ET AU PÉCHÉ DE L'HOMME, SA DISPOSITION 

(vënartih) et la réception DE son image (nikârak) . (B. 
48 ; M. 66.) 

Avant d'être accompli, l'acte méritoire est d'abord en puissance 
de l'auteur originel (bun) de l'acte bon (kirpakgar), le Spanâk 

« Mënôg/, et le péché (bacàk) est d'abord en puissance de l'auteur 
originel du péché qui est le Gannâk Mënôg. Chacun des deux 
mënôg vient pour l'action volontaire : l'acte méritoire vient de 
la création originelle (bundahûn) de l'acte méritoire à l'axv de 
l'homme qu'il atteint et, par là, le dispose ; l'acte peccamineux 
vient de l'homme ( ?) principe de l'acte peccamineux pour s'écouler 
(rixtan) dans l'homme par la perversité (àk) provenant de l'Assaut 

p- 49 qui est disposée dans l'homme. / Et <à cause de> la venue 
(des deux) pour l'action volontaire de l'homme, les deux images 
doivent rejoindre (rasiin) les récepteurs des puissances mëno- 
giennes. L'acte méritoire (atteignant) celui qui reçoit ( *patiruftâr) 
la puissance de l'acte méritoire, qui est le bon mënôg, et cela a 
pour image (nikàrt) la forme (karp) d'une belle jeune fille (*kaniz) ; 
on l'appelle kainô, c'est-à-dire, (vicârt) qu'elle vient au-devant 

3 (ôpaîirak) de l'âme qui a trépassé, et avec l'auteur /des actes 
méritoires (kirpak varz), vient, âme juste, en raison de la pré- 
dominance des actes méritoires sur les peccamineux. La puissance 
qu'elle a au passage du Pont Cinvat (es vitarg) l'élève au lieu 
suprême des éternelles demandes et largesses (xvâhisn ut dâtârih). 

Par la présence des actes peccamineux à celui qui reçoit la 
puissance des actes peccamineux, le mënôg est mauvais, et en 

* conséquence l'image se fait (nikârïhast) j d'une affreuse (xduS 
cihr) mégère (carâtik karp) qu'on appelle pour cela ityo, âme 
viciée (vinâst), qui, à la mort du corps, vient au-devant de l'auteur 
de ces péchés, en raison de la prédominance des actes peccamineux 
sur les méritoires de l'âme druvand qui vient, ainsi munie ( x ârâst ?) 



chapitres 74 a 76 81 

au Pont Cinvat et s'abîme dans l'existence ténébreuse ( tant axvân) 
9 jusqu'au moment de la Fraskart ; et elle n'est ni séparée, / ( vicârt), 
ni retournée (gartënît), ni empirée ( ? vësënit). C'est là la doctrine 
de la Bonne Dën. 



76 Sur les instruments de l'intellect inné et de la sen- 
sualité. (B. 49 ; M. 67.) 

Toutes les vertus sont des instruments (afzârân) de l'intellect 
& inné et principalement ces 3 vertus conjuguées (hamyuxt) : / 1) 
l'intention parfaite pure d'intention routinière (advën ménisnih) 
qui en est le faux-frère, et, connexe, la vaillance (takîkik) pure de 
colère qui en est le faux-frère. 2) L'énergie pure de convoitise 
(âzvarïh) qui en est le faux-frère, et, connexe, le contentement 
(de son sort) pur de paresse qui en est le faux-frère /. 3) L'amour 
de la sagesse pure d'égoïsme ( x xvatdôsakîk) sensuel qui en est 
le faux -frère, et, connexe, la connaissance qui consulte sans cesse 
(apàc puTsitàr) pure (xZKX Dky') de sotte (halàk) recherche qui 
en est le faux-frère. Celui dont l'intellect inné est parvenu à être 
accompagné de l'instrument que constituent ces 3 vertus en con- 
1S nexion / est le plus haut porteur d'intellect inné, et par là il est 
bénéficiaire de salut et d'honneur plus que tous les hommes. 

Tous les vices sont des instruments de la sensualité, et les plus 
grands (mazantar) d'entre eux sont ces trois vices conjugués : 
1) l'intention routinière éloignée de l'intention parfaite qui en est 
le faux-frère, et, connexe, la colère (*xësmîh) éloignée de la vaillance 
; <qui en est> le faux-frère. 2) La convoitise éloignée de l'énergie 
*" 50 <qui en est> le faux-frère, et, connexe, la paresse / éloignée 
du contentement qui en est le faux-frère. 3) L'égoïsme sensuel 
éloigné de l'amour de la sagesse, et, connexe, la sotte recherche 
- éloignée de la connaissance qui consulte sans cesse / qui en est 
le faux-frère. Celui chez qui la sensualité s'accompagne de ces trois 
vices conjugués est le plus terrible porteur de sensualité dévoyée 
(aras) et par là il est le plus condamnable et le plus méprisable 
d'entre les hommes. 

Les docteurs dont la doctrine est que c'est Dieu qui a fait la 
peine (ranj), la condamnation ( ërang-^ààrisn) et le malheur des 



82 LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 

6 hommes / attribuent à Dieu tous les maux et malheurs de l'homme 
qui procèdent de la sensualité dévoyée, ainsi que l'opposition 
à la sagesse et l'inimitié à l'égard des hommes, et lui dénient la 
divinité. 



77 Sur celui qui connaît Dieu selon son comment (pat 
* cëgônih). j (B. 50; M. 68.) 

Selon l'enseignement de la Bonne Dën, les hommes connaissent 
Dieu avec leur puissance et persévérance, dans leur lutte contre 
la druj et en sauvant d'elle leurs âmes et leurs corps, et par leur 
pouvoir de gouverner les autres créatures du gëtï selon le projet 
(handacisn) du Créateur/ qui a donné aux hommes de les gou- 
verner et les a dotés de force. La concupiscence a un autre (an) 
principe, est le contraire de l'intellect inné, conjoint les hommes 
au péché et les jette aux dëv. La souffrance venant de ce qui est 
d'un autre principe échoie aux hommes qui subissent l'Assaut... 
" L'intellect inné est immédiatement (pat gâs) / le messager (astak) 
le plus grand et le plus sûr du Créateur à la créature du gëtï. 
C'est par lui que les hommes connaissent le Créateur, voient Dieu 
comme Dieu (yazai pat yazatih), les dëv comme dëv, le juste 
comme juste, le mensonge comme mensonge, l'avantage comme 
avantage, le dommage comme dommage, et trouvent la Bonne 
18 Dën, s'abstiennent / du péché, se joignent aux actes méritoires, 
gouvernent le monde, maintiennent le corps, sauvent l'âme. 

La concupiscence, en raison du mal, est le plus terrible et le 
plus invariable adversaire qui soit venu de l'Assaut en bouleversant 
les créatures. A cause d'elle, les hommes sont empêchés (anô- 
21 takîhend) de connaître le Créateur, et dans leur égarement, / ils 
voient Dieu comme dëv (pat dëvih), les dëv comme dieu, le men- 
51 songe comme vrai / le vrai comme mensonge, l'acte peccamineux 
comme méritoire, le méritoire comme peccamineux, l'avantage 
comme dommage, le dommage comme <avantage> ; ils avancent 
dans la mauvaise dën, reculent devant les actions méritoires et se 
3 joignent aux peccamineuses, corrompent le monde, inculpent 
(êrangënd) /le libre vouloir (kâmak mënisn) des hommes. 



CHAPITRES 76 A 78 



83 



Par la présence prédominante (apar-ôz) de l'intellect inné, 
on s'abstient du mal et l'on tend vers le bien. Par la présence pré- 
dominante de la concupiscence, on se détourne du bien. 

/ Et les docteurs qui soutiennent que l'intellect inné aussi bien 
que la concupiscence tiennent tous deux leur être de la création 
de Dieu, en viennent à dire que Dieu s'est repenti d'avoir créé l'in- 
tellect inné, et, qu'en faisant la concupiscence il est la cause pre- 
mière du péché, qu'il est vain ( acàr) pour les hommes de le servir 
(acâr spâs) et qu'en péchant, on lui obéit également (ham x nikô- 
sisn). 



7g Sur l'ordonnance miséricordieuse de la loi (dat) de la 
Dën Mazdéenne. (B. 51 ; M. 69.) 

De même que la belle lumière est comme une indication de la 
grande lumière, et la cause / de la sagesse (dânakïk) et de la véri- 
dicité l'est de la sagesse et de la véridicité, ainsi, l'ordonnance 
miséricordieuse de la loi de la Dën Mazdéenne est l'archétype 
( x ham-nimûnak) de ces trois paroles de loi de la Bonne Dën : 

1) la loi qui prévaut maintenant, dans l'état corporel, dans le gëtï ; 

2) la loi qui prévaudra après l'état corporel, dans le mënôg ; 3) 
enfin la loi qui prévaudra lors de la Fraskart. / 

1) La loi qui prévaut maintenant dans le gëtï, c'est d'éviter 
mort et blessures pour qui que ce soit, d'accomplir la loi sans 
blessures ni sévices tout autant (hâvand) que l'on évite blessures 
et sévices pour soi-même ; donner tout (om. âkâsth) agrément 
( âsânïk ) et satisfaction à un chacun, car celui qui donne agrément 
et satisfaction / à celui qui est digne de satisfaction et d'agrément 
(*âsânïh) agit en considérant digne de recevoir justice (dâtis- 
tànômandik) , le Juste (même) mêlé de druvandïh, et ne rompt pas 
son contrat avec qui que ce soit. 

2) La loi qui prévaut après l'état corporel, dans le mënôg, c'est 
le Compte (âmâr) relatif au vouloir, à la connaissance et au pou- 
voir de chaque âme qui s'est trouvée / dans l'état corporel, l'achat 
de sa mesure d'actes méritoires en étant déchiré (pat darrënitan?) 
par la médication du péché. 

3) La loi qui prévaut en dernier, au moment de la Fraskart, 
ce sera le sage projet (kandâcisn) du Créateur dont la bonne sagesse 



84 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



est adaptée à la bonne fin de toutes les créatures : par le moyen 
des créatures, le péché et l'impiété provenant de l'Assaut seront 

p- 52 vaincus et éliminés ; les âmes des autres impies / seront délivrées 
de l'enfer, complètement purifiées et vidées du péché, rectifiées 
avec toutes les âmes des justes, disposées dans un état corporel 

3 éternellement immortel et plein de liesse. Aucune / de ses créatures 
n'étant plus abandonnée ni perdue (hacit)... Et du gêti, même 
celui qui, sans que blessures et sévices soient sa loi et sa pratique, 
aurait (en fait) fait sa loi et sa pratique des blessures et sévices, 
serait désormais injuste et non-aryen. 

Et les docteurs qui admettent bien (advën) que dans le mênôg 

6 et lors de la Fraskart, il y aura un salut, mais pour qui tous / les 
autres péchés de la volonté, de la connaissance et du pouvoir et 
autres qui se trouveraient, n auraient pas de motif d'être sujets 
de salut, et dont la doctrine est que la plupart des hommes sont 
livrés sans possibilité de salut à l'enfer éternel, disent du Créa- 
teur qu'il comporte injustice, manque de pitié, et de sagesse, 
? et / action à finalité mauvaise, et qu'à l'égard de ses propres créa- 
tures il n'a même pas autant d'amour et de compassion ( x apoxsis- 
nih) qu'une louve à l'égaid de ses petits. 



79 Sur ce sur quoi portera le Compte de l'ame. (B. 52 ; 
M. 71.) 

/Le Compte (âmàr) de l'âme portera sur la volonté (kâm), 
la connaissance (dânisn) et le pouvoir (tûvàn). Les hommes se 
répartissent en 5 espèces. 

1) Ceux dont la volonté tend (âhang) vers le Créateur et sa Dën, 
leur connaissance à connaître (snâxtan), leur pouvoir à chercher 
(xvâhiïn) et à demander (pursisn) ; ainsi celui qui, avec énergie, 
cherche/ et demande, trouvera la Bonne Dën et la confessera, 
sous l'autorité de la Bonne Dën accomplira des actes méritoires 
et s'abstiendra du péché, celui-là deviendra Juste au sens strict 
(tâstik). Et quand, par le pouvoir, l'énergie, la recherche et la 
demande, il n'atteint pas à la récitation de la Bonne Dën, par la 
force de la justice (dâdistân), grâce au mérite /du pouvoir de 
tendre vers le Créateur, de l'énergie à chercher et à demander, il 
a un fort espoir de se sauver de l'enfer. 



CHAPITRES 78 A 80 



85 



2) Ceux dont la volonté tend vers le Créateur et sa Dën, et 
la connaissance s'applique à connaître, mais qui n'a pas le pouvoir 
de chercher et d'interroger la Bonne Dën : celui-là, quoiqu'il soit 
pourvu de beaucoup de connaissance et [s'abstienne du péché, 

p. 53 C e qu'il sait/, à savoir que l'acte méritoire est... (w r k ânitâr) 
par la puissance de cette même action et abstention, et la tendance 
de sa volonté vers le Créateur, et sa Dën, il a espoir de se sauver. 

3) Ceux dont la volonté tend vers le Créateur et sa Dën et qui 
3 a bien le pouvoir / de chercher et de demander, mais qui n'ont pas 

la connaissance (requise) pour connaître la Bonne Dën ; celui-là, 
par la connaissance qu'il n'est pas sans pouvoir saisir de son 
propre..., par le pouvoir de sa tendance vers le Créateur, sa con- 
naissance et sa Dën, peut se sauver. 

6 4) Ceux dont la volonté tend vers le Créateur et sa Dën, / mais 

chez qui il n'existe pas de connaissance et de pouvoir de chercher, 
interroger et trouver la Bonne Dën ; celui-là ne peut tenir ( agrif- 
târ) la connaissance et le pouvoir qu'il n'a pas, mais par sa tendance 
vers le Créateur et sa D ën, a une voie vers le salut. 

5) Ceux dont la volonté ne tend pas vers le Créateur et sa Dën ; 

9 celui-là, / sa volonté étant séparée (brïtakîh) de sa tendance, son 
propre péché lui ouvre la voie (qui s'écarte) du salut. 



gO Sur l' / altercation (drâyisn) d'un Juif avec un Erpat 
qu'il interroge sur la cause ( x vikânak) et la raison (dm) 
de la pratique du xvëtôdas ; avec la réponse de l'Erpat. 
(B. 53 ; M. 73.) 

/ De même que, quand le plaignant, ayant subi blessures, dom- 
mages et sévices, s'élève contre le défenseur et conteste légalement 
contre lui, la plaidoirie revêtue de justice de cet homme innocent 
a pour nom, en bref, le droit (dât), — de même la transmission 
(patvandisn ) de sa propre force aux siens ( xv ësân) , créatures comme 
lui, en les protégeant (srâyisn) / et en les sauvant, ce secours de 
l'homme revêtu de prospérité (àpàiih) a pour nom, en bref, 
xvëtôdas. Il y a xvëtôdas quand on « donne du sien », ce qui repré- 
sente (gàs) la transmission de sa propre puissance aux siens, 
créatures comme soi, en les protégeant et en les sauvant, et lorsque 
ceci a lieu entre ceux des hommes qui sont particulièrement 



86 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



(mâtigàn) siens / que l'on organise pour leur faire rejoindre la 
Fraskart, les hommes et les femmes s'unissant. Et pour que cette 
jonction conduise à des résultats plus sains, les hommes ont une 
union plus intime (nazdpatvandtar) , étant de même race (hams- 
Tâtakân) avec ceux du même clan (nabânazàutan) , et étant du 
même clan que ceux qui leur sont plus proches parents. Les trois 
espèces de parenté (hampatvandih) : celle du père et de la fille, 
du fils et de la mère (burtàr), du frère et de la sœur, seront celles 
que /je considère avant tout. 

Sur ce sujet, voici ce que je dis d'après le discours démontratif 
(nimûtàrïk) sur l'enseignement de la Bonne Dën par un savant 
dastur de la Dën. 

Parmi les créatures, Dieu produisit (àfrit) soit (hast-i om. rép.) / 
le mâle, soit la femelle, le mâle étant le fils qui est conjoint (hamyuxt) 
à la femelle qui est la fille. Lui est le père de Spendarmat — la terre 
— par la création : elle est femme. Et il créa le mâle Gayômart, dont 
le nom se traduit par « homme primordial » et nommément en tant 
qu'on dit de Gayômart / qu'il est vivant, parlant et mortel. C'est 
sa définition, qui consiste en ces trois notions de vivant, parlant 
et mortel, dont deux, à savoir vivant et parlant, proviennent 
de sa production par son père et créateur, tandis que la troisième, 
à savoir mortel, lui est ajoutée du fait de l'Assaut. C'est la même 
définition / que celle de tous les hommes qui sont joints à cet 
homme avant de rejoindre la Fraskart. 

Maintenant, s'il arrive qu'un père produise un fils de sa fille, 
cela s'appelle l'accomplissement du xvëtôdas de père et fille. 
Nous savons par l'enseignement de la Dën que, lorsque Gayômart 
mourut, son sperme (susr), c'est-à-dire sa semence (tôxm) / tomba 
sur Spendarmat, — la terre — qui était sa mère, et de là se déve- 
loppèrent (hambyàst?) ensemble Masya et Masyâni, fils et fille 
de Gayômart et de Spendarmat : cela s'appelle le xvëtôdas de fils et 
mère. Masya et Masyâni s'unirent comme homme et femme dans 
le désir / d'avoir un fils : cela s'appelle le xvëtôdas de frère et sœur. 
Ils engendrèrent beaucoup de couples, et ces couples sont maris 
et femmes. Tous les hommes qui ont été et seront proviennent 
de la semence première du xvëtôdas : c'est là une raison de nature 
(cîhrîk) j dans la production qui a été faite par Dieu, le. projet 
(handàcisn) visant l'accroissement de l'humanité de tous les kis- 
vars. 

Je dis que les dëv sont les ennemis des hommes et que leur désir 
de néant ( anahast-kàmak) est d'une particulière énergie quand 
on opère le xvëtôdas, car alors le souvenir leur revient du projet 
de l'opération première de laquelle proviennent toutes les légions 



CHAPITRE 80 



87 



d'hommes / dont ils sont les adversaires : ils sont pris alors d'une 
grave crainte, de maux et de douleurs, leur puissance diminue et 
ils ne pensent plus guère à la raison de combattre et de détruire 
les hommes. Il est certain que c'est un acte méritoire que de rendre 
les dëv sujets aux maux / et aux douleurs et de les tromper, et 
pour ceux qui agissent ainsi, c'est la manière d'obtenir récompense 
et rétribution. 

Et je dis que la bonté de l'aspect (cihrak), du corps (karp) 
et de la vie (jân), la puissance et la bonté de la sagesse, du 
caractère, de la pudeur, de l'amitié (mihr), de la vertu, etc./ 
les enfants reçoivent d'autant plus sainement et clairement 
( } x sakîktar) qu'ils sont plus proches du germe primordial de leur 
progéniteur. 

On en voit un exemple dans l'enfant d'une femme délicate 
(*visandak), versée (varmak) en matière de foi mènôgienne, 
petite de corps, de peu de force, compatissante et craintive (tarsâk) 
et d'un homme qui est un guerrier, bouclier (spar) de la religion 
gëtïkienne, grand, au corps puissant, au cœur vaillant, / secou- 
rable (âyâr), et cet enfant n'est accompli ni en matières de batailles 
ou de défense, ni en fait de réserve (pahrëcik) ou d'amour de l'âme. 
De même (du) chien et du loup est produit (une bête) qui ne chasse 
pas tous les animaux (në visp gôspand rûpây) comme le loup et 
qui n'a pas la force du loup, et qui est comme le chien sans avoir 
ni un corps sain, ni celui du chien. / Ou encore l'animal qui nait 
d'un cheval arabe (tâcïk) et d'un persan (sahrik) n'est ni rapide 
(tacàk) comme l'arabe (om. rép.) ni endurant (patâyïk) comme 
le persan, et n'a pas la même forme franche (kamdësak i durust). 
Ou encore le mulet qui provient du cheval et de l'âne ne ressemble 
à aucun des deux, / la sémence est arrêté en lui il n'aura après lui 
aucune progéniture. 

Et voici l'avantage qu'apporte la préservation de la race dans sa 
pureté (*apëcak?). Je dis que la sœur et le frère auront à l'égard 
de celui qui nait d'eux un amour (dôstih) pour ainsi dire de 8 
mesures (8 nûy advënak dostih) : 1) du fait que c'est l'enfant 
de frère et « frère », 2) / du fait que cet enfant pourra avoir 
d'eux pour « frère » une sœur(?)3) du fait que c'est l'enfant de la 
sœur, 4) enfant dont les frères sont venus d'eux. Pour la même 
raison, il y aura 4 mesures d'amour, de bonne volonté (kamak) 
et d'énergie dans le soin (parvart) de l'enfant, 4 mesures d'espoir 
en lui, et en regard pour les progéniteurs, et c'est là la voie de 
l'amour « saint » (afzôn) des enfants / quand on les élève bien avec 
beaucoup d'espoir. 

Et iî en est de même du fils engendré par le père et sa fille. 



88 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



La lumière jaillit (jast) et s'embiase et l'on voit au cours des 
temps qu'on est très heureux et dans la joie d'avoir /un enfant 
d'un enfant, même si c'est par quelqu'un qui est d'une autre race 
et d'un autre pays : d'autant plus (cand vëh) convient-il que cette 
douceur et cette joie vienne du fils d'un homme qui l'a engendre 
de sa propre fille, l'enfant étant le frère même de sa mère. 

Et celui qui a été engendré d'un fils et de sa mère/ est aussi 
le frère de son propre père : c'est la voie vers beaucoup de joie 
et de louange (nyàyisn) et jamais le dommage ne dépasse 1 avan- 
tage, ni le défaut (*ahôk) ne dépasse la beauté (^hucihrih). 

Et si l'on dit que c'est laid, qu'on considère bien (*vëh) ce cas : 
un homme dont la mère, la sœur / ou la fille aurait une plaie aux 
organes (pat afzâr) ; un homme qui est médecin ne saurait faire 
autrement que d'y apposer un pansement (pâlit) et le père, le fais 
ou le frère viennent aider à la médication; est-il plus laid que ce 
soient eux qui palpent (pahrmàyend) l'endroit en y posant le 
pansement, / ou que ce soit un étranger ? 

Et quand il leur est nécessaire de réaliser leur union, qu'est-ce 
qui est moins choquant (uzvâyiktar) en fait de laideur : de les umr 
en secret (pat râz) 7 leur contrat de mari et de femme étant garanti 
par des témoins /ou quand des restaurateurs (sût van) syriens 
(sùrâyïk) annoncent à tout le pays que tels hommes sont devenus 
riches, que tel « Romain » va accomplir telle action avec la fille 
la sœur ou la mère de tel Persan. C'est pourquoi il y a peu de/ 
laideur, mais beauté, dans cette action en commun. 

Ensuite qu'on voie bien (ë vënikit) le grand profit qu'il y a 
à se conduire quotidiennement en cachant son impudence (nang- 
pôsih) dans un même désir, avec communs avantages et desavan- 
tages, contents de tout ce qui arrive, en s'aidant mutuellement 
tendresse de cœur (tanôk-dilih?) avec le mari, et pauvreté > (ïatma- 
nïh) et énergie dans le service / de l'époux et innocence (avmasih) 
et patience (bâristânih) devant la sévérité de leur mari ; en quoi 
elles l'emportent (apar gïrend) sur bien des femmes étrangères. 
De cette façon, on se souvient (apar kunët) de bien d'autres femmes 
étrangères qui sont très heureuses (*vuzurg konsand) par le fait 
qu'elles thésaurisent (nikuft) des ornements (xpërâyik), se revêtent 
/ de linge (*vistarak) fin, ont des servantes, des couleurs des 
parfums, de vastes demeures (sarây) et beaucoup d'autres choses 
qui relèvent de la maîtresse de maison. Quand elles ne peuvent 
pas recevoir ce qu'elles avaient désiré, ni en recevoir une part 
UbaziSn. om. rép.J / elles éclatent en calomnies malpropres (gond 
KduSnâm) et en paroles vilaines, brandissent la force de leur richesse 



CHAPITRE 80 



89 



(xxvâstak), révèlent les secrets, jour et nuit tiennent caché ( avënâk) 
un mauvais projet (?vat pacén), rapportent (?kunend) du mal à la 
maison de leur père et mère, traînent leur mari devant les juges 
et soulèvent la ville à son propos, disant peut-être (mâ hagar) / « on 
brisera mon mariage » et bien d'autres espèces de maux, dommages, 
misères, laideurs et péchés qui y sont attachés (patvast). 

Il faut donc donner (bë *dahisn) des femmes de ces 3 espèces, 
afin qu'elles ne fassent aucune de ces choses, et par là, grâce à la 
réussite ( x sûtômandih), à la vie bonne, à (kam dkïh??)jh. la 
dignité (âbrang), à l'innocence (^avinàsïh) se manifestera la grande 
force de l'œuvre commune (ham varzisn). 

Et si l'on dit que, malgré tout ce que l'on a exposé, il y a un 
groupe (grôh) de gens qui disent que c'est là chose laide à penser, 
qu'on considère que le laid et le joli (nêvakôkih) ne résident pas, 
pour la plupart, dans la chose elle-même, mais dans la façon de 
/saisir (griftan), d'estimer (sakisn) et de croire d'un chacun. 
Il y a beaucoup d'enfants laids qui dans la pensée ( mëmsn) de leurs 
parents sont très (vësîk) beaux ; et il y en a beaucoup qui ont de 
très beaux corps et qui dans la pensée de ceux d'un autre lignage 
(an nafâk) sont très laids. Ainsi, chez nos ennemis, quand quel- 
qu'un court tout nu à travers le pays, nous tenons fom. dârêt) 
cela pour laid, tandis que les gens du pays où les os sont nus 
appellent beaux ceux qui laissent tomber leurs vêtements qu'ils 
estiment laids. Et nous qui trouvons laid un nez parfaitement égal 
au visage (apàk rôy hamôn), ceux qui trouvent laid un grand nez 
disent : « une cloison (*dëvâr-ë) entre les deux yeux est belle 
pour un goût déréglé (âhit vicinik) » /. Laideur et beauté ne sont 
pas dans les choses elles-mêmes, mais dans la façon de les saisir, 
estimer et croire, et en outre, cela change selon les temps et les 
lieux : ainsi, les anciens qui posaient que se raser la tête était laid 
et n'était prescrit par la loi que comme signe d'un péché / mar- 
garzân, si bien qu'ils n'ordonnaient pas selon la coutume du pays 
qu'un homme eut la tête rasée, tandis qu'aujourd'hui le sage 
considère cela beau et vertueux. Par où l'on voit (kë x ra) que ce 
qui est laid de l'avis d'un groupe de gens ne l'est pas en soi, mais 
parce que leur façon propre de le saisir leur fait estimer / que 
c'est laid. 

Or, il y a pour nous une chose connue (dânisnik), que ce qui a 
été constitué (brtkënikast) par le Créateur comme méritoire et 
objet de rétribution préserve (pâspân) la semence et est ce qu'il y a 
de plus sain pour la race, de même que c'est libre (apëcâr) et que 
cela saisit l'amour (miQr-apar), que c'est le profit de l'enfant, le 
secours de la descendance, l'espoir de la race, ce qui apporte la 



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LE TROISIEME LIVRE DU D ENE ART 



joie, semant la douceur/, récolte (HDSR îâr) le bonheur (urvàhm), 
présente peu de dommage, beaucoup d'avantage, peu de vices et 
beaucoup de vertus, et de beaux descendants (nâfân), recueille 
(andôz) ce qui aide au salut, comme aussi ce qui repousse la 
nuisance... peut de crainte et rayonnant (bàmïk) par soi (om. 
rép.). Or, abandonner un motif (dm) de soi (om. rép.) éclatant et 
constant, le demeure de tous les parents et ancêtres / dont on aime 
justement la coopération, demeure que l'on considère comme sa 
maison, et considérer l'humanité comme telle, la sagesse témoigne 
que cela ne se peut faire convenablement, sinon (par l'évidence) 
d'un salut clair et d'un motif ferme et significatif (nimûtârïk) . 

Et si l'on dit que Dieu aurait dit après cela : « Ne le faites plus : » 
tous ceux qui ont / maintenu en progrès l'exécution de ce comman- 
dement en connaissance de cause, et nous, sans le connaître, n'en 
ont eu aucune part (acâr), qu'on regarde en détail (bârôkïkâ) 
et avec une juste observation pour voir que toute connaissance chez 
l'homme est connue à partir d'un xvëtôdas. Car la connaissance 
nait de l'union de Vasn-xrat et de l'intelligence acquise par l'audi- 
tion, / Vasn-xrat étant féminine, l'intellect acquis par audition 
masculin, et, du fait qu'ils sont tous deux de la production du Créa- 
teur, ils sont sœur et frère. Dans le gêtï, toute venue à l'être 
(bavisn), toute maturation (pazâmisn), toute disposition (venâ- 
risn) vient de l'union mesurée d'eau, qui est féminine, et de feu 
qui est masculin; produits ensemble (pat hamdahisnih) , ils sont 
considérés comme sceur et frère; de même qu'en dissolvant le 
xvëtôdas est bouleversé le germe même qui est né de lui, de la bonne 
pondération (ham patmâmkih) de l'eau et du feu vient au cer- 
veau puissance, car, si l'eau domine, il pourrit, et si c'est le feu, il 
brûle. 



§2 / Sur ce qui est dit dans la louange quotidienne d'Ohr- 
mazd le Créateur. (B. 59 ; M. 80.) 

Le mazdéen (hudën) qui a accompli le yast au temps assigné 
quotidiennement, il est évident (qu'il a fait) individuellement 
la louange (nyayisn) d'Ohrmazd le Créateur en (s'adressant) 
au soleil en langue avestique. / Le mazdéen ordinaire (hambâstak), 



CHAPITRES 80 A 81 



91 



soit qu'il ait accompli le yast, soit qu'il ne l'ait pas accompli, et 
jusqu'à ce que vienne pour lui le temps de l'accomplir, dans la 
louange d'Ohrmazd le Créateur que chacun adresse au soleil, doit 
réciter les paroles écrites ci-dessous. Celui qui, en connaissance 
de cause et avec intention (mënîtârîhâ) , dit trois fois à la fin de 
l'action les paroles de l'Asem Vohu (ahrâyih stâyisnih), et à la fin 
de chaque vers (ristak) fait une profonde inclination, c'est une 
offrande mënôgienne (mênôg dâsn), c'est-à-dire, qu'il dit rituelle- 
ment (dastur guftan) la Bonne Dën. 

(1) Louange au nom de celui qui a toujours été, est et sera tou- 
jours, Dieu Spannâk Mênôg, mënôg entre les mënôg, et son être 
(xvatïh. var. : xvatàyih) est un, et non som est Ohrmazd, / le 
Seigneur suprême, <puissant (îuvângar)> sage, créateur, qui 
nourrit et protège, miséricordieux (huapar), vertueux (kirpakgar) 
qui pardonne, pur, bon, équitable et omnipotent. 

(2) Actions de grâces à ce grand Fidèle ( ôstikân) qui a créé 
<ce grand monde (buland gëtï) > par sa force sans rivale (aham- 
bûtik) et sa sagesse les six suprêmes Amahraspand, les dieux 
merveilleux (abd) et grands, et les lumineux / paradis, garôtman 
et orbe (girt) du ciel, et le soleil qui chauffe (tapâk), la lune bril- 
lante (bâmîk), et les astres de divers germes, le vent, l'atmosphère 
(andarvay), le feu, l'eau, la terre, les plantes, le bétail, le métal, 
l'homme. 

(3) Adoration (yaziln) et louange à ce Seigneur vertueux qu'a 
fait l'homme plus grand que toutes les créatures du gëtï, / avec 
la parole (gôvakih) et l'art (kërôkih), domination des temps 
(sahriyàrîh i ôvâm) et gouvernement des créatures, avec agressi- 
vité batailleuse (razmik âyôzisn) contre les dëv. 

(4) Hommage à l'omniscient miséricordieux qui envoya Zartust 
le Spitamide à la vénérable fravahr, en messager (*astakïk) avec 
connaissance de la religion, foi, intelligence ( snâsâkih) comprenant 
intellect inné et intellect acquis par l'ouïe, et gouvernement de 
tous ceux qui sont, ont été/ (om. rép.) et seront, et la discipline 
des disciplines (frahangânfrahang) <Mahraspand> afin que l'âme 
se sauve, au Pont (Cinvat) de l'enfer, et passe vers l'existence 
suprême des Justes, lumineuse, parfumée et pleine d'agrément. 

/ (5) Par ton ordre, ô Miséricordieux, je reçois, je pense, je dis 
et j'opère la pure Dën, je demeure ferme (astuvan am) 
dans tous les actes méritoires, et je me repens ( x apaxs hom) 
de tous les péchés ; je tiens pour pures et l'existence et l'action 
noble (*asnôtak) et l'abstention, les six pures /forces qui sont la 



92 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÈNKART 



vie (jan), l'action, la parole, la pensée, l'intellect (vît), la mémoire 
(ol) et la sagesse (xrat). 

(6) Par la volonté, ô Vertueux, j'accomplirai ( x kunam) ton 
service dans la mesure de mon pouvoir ( tuvân-sahmànïhâ) en 
bonne pensée, bonne parole, bonne action, afin que je m'ouvre 
la voie lumineuse et que ne m'atteigne / la grande souffrance de 
l'enfer, que je passe par le Pont Cinvat, que j'atteigne la demeure 
du Paradis, pleine de parfum, toute tressée, pleine d'agrément. 

(7) Louange au Seigneur compatissant qui rétribue le vouloir 
et l'acte méritoire de ceux qui exécutent ses ordres, et qui, à la 
fin, / sauve les impies de l'enfer et dispose toutes ses créatures 
avec pureté. 



82 Sur les espèces de causes. (B. 60 ; M. 82.) 

Les causes sont de deux espèces : mënôgiennes et gëtïkïennes. 
Causes mënôgiennes : la cause de la santé et de l'épanouissement 

15 (fraxvîh) /, lesquels proviennent de la volonté des Dieux, de la 
force des Bag, de la Bénédiction des Pieux (dàkmân âfrîn), du 
x nërang des promoteurs de l'être ( "ïvitëxvân) et du bon œil des 
hommes de bien ; la cause de la maladie et du rétrécissement 
(tangih), lesquels proviennent de la violence des dëv, de l'activité 
des gatôk, de la malédiction de ceux qui réduisent l'être (kastârân) 
(* y t ?) des sorciers et du mauvais œil des mauvais. 

18 Causes gëtîkiennes : ainsi la santé / vient de ce que l'on pratique 

une bonne abstinence, et l'épanouissement vient de l'énergie, 
et la maladie vient du manque de précautions et le rétrécissement 
de la paresse. 

Quand les causes sont mënôgiennes, tant la santé et l'épanouis- 
sement que la maladie et le rétrécissement ont des adjuvants et 
des adversaires gëtïkiens. Quand elles sont gétikiennes, les adju- 
p- 61 vants ou les adversaires sont menôgiens. / 

Quant on ajoute (àyozend) du gëtïkien, la santé et l'épanouisse- 
ment prennent de l'accroissement, la maladie et le rétrécissement 
de la gravité (grây). Ainsi aux causes mënôgiennes (s'ajoutent), 
quand il s'agit de la santé, en adjuvant gëtïkien l'appétit ( arzdkïh) 



CHAPITRES 81 A 83 



93 



de la Mesure et l'exercice (t Huxsisn) de la capacité (Huvân) ; 
et quand il s'agit de l'épanouissement, l'adjuvant/ gëtïkien est 
l'énergie ; et quand il s'agit de la maladie, l'adversaire gëtïkien 
est la gloutonnerie et l'erreur (zùrih ; om. rép.), et quand il s'agit 
du rétrécissement, l'adversaire gëtïkien est la paresse. Et aux causes 
gëtîkiennes (s'ajoutent), quand il s'agit de la santé, en adjuvant 
mënôgien, le bonheur spirituel ( ûrvakm) et le rôle de maître 
(? ahûih) ; et quand il s'agit de l'épanouissement, / l'adjuvant 
mënôgien est la bonne émission des actions (kârân nudahisnih) ; 
et quand c'est la maladie, l'adversaire mënôgien est la pensée nui- 
sible (bës-mênisnih) ; et quand il s'agit du rétrécissement, l'adver- 
saire mënôgien est la mauvaise émission des actions. 

Le sage et bon médecin reconnaît les causes mënôgiennes et 
gëtîkiennes, visibles (vënakik?) et extrinsèques (? yudtarïk). 
Et quand il s'agit d'une cause visible, il s'y applique avec énergie, 
en disposant les choses avec constance, et quand / il s'agit d'une 
cause extrinsèque, en y apportant un remède ; mënôgienne, en 
offrant sacrifice et satisfaction aux Dieux et aux Bag, en ne sacri- 
fiant pas, mais en nuisant aux dëv et aux gatôk ; gëtïkienne, par 
l'abstinence, les remèdes, l'effort louable, le contentement (de son 
sort). /Pour les deux espèces (de causes), la première activité 
porte sur la cause, la seconde sur ce qui se passe habituellement 
(advënïk) . 

Et les docteurs chez qui cette manière d'agir (râyënisn) n'appar- 
tient pas à la considération ( ûskâl) de la doctrine, leur doctrine est 
dénuée de connaissance théologique (yazatik âkâsih) et dépourvue 
de savoir humain (pat x martomîk dànisn hilendek). 



83 / Sur le gouvernement universel et particulier des 
créatures gëtï. (b. 61 ; m. 83.) 

Par la destination voulue par le Créateur, dans l'état de Mélange 
causé par l'Assaut, des créatures gëtîkiennes, le gouvernement de 
la nature est général, afin que (ku), par la constance (ôstîkânih) 
des choses dans leur nature /, et l'immutabilité ( avartisnikih) 
des êtres naturés (cëhrënitakân) par rapport à ce pour quoi ils 
ont été natures, et la constitution ( x kartakih) générale en nature 
de la puissance d'espérance et de crainte de toute chose, toutes les 
créatures soient dirigées vers la Fraskart. 



94 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



Et le gouvernement de la volonté, à l'intérieur du gouvernement 
de la nature, est particulier, afin que le gouvernement de la nature 
ne soit pas retardé (ma pâtëranïhât) ni la marche des créatures ne 
62 soit liée, mais que par / le gouvernement de la volonté, la sagesse 
et le caractère soient rectifiés et perfectionnés et que d'entre les 
êtres gouvernés par la nature, l'homme soit gouverné surtout par 
la sagesse de la Dën (dën dânàkïk) et par la royauté à faire et à 
3 s'abstenir et autres actes gouvernés par la volonté, / et que par la 
puissance de la volonté et le gouvernement de la nature, l'Assaut 
soit complètement vaincu et la création amenée à atteindre le 
moment décisif (brin) de la Fraskart. 



84 Sur le gouvernement du Spanâk Mënôg (B. 62 ; M. 84.) 

/ Le gouvernement du Spanâk Mênôg sur le Gannâk Mënôg 
est ^attesté par leurs noms mêmes, celui de Spanâk Mënôg 
ayant pour traduction « sagesse sainte «(afzônïk), et celui de Gan- 
nâk Mënôg ayant pour traduction « Ignorance très grande » 
(mazantar dus-àkâsïk) ; en sorte que plus la sagesse est forte, plus 
le bon gouvernement est saint, et plus l'Ignorance / est en excès, 
plus il est besoin d'être gouverné ; et c'est aussi ce qui est général 
parmi les hommes, les sages gouvernant les ignorants. Que l'igno- 
rant soit gouverné par le sage ressort de l'enseignement de la Bonne 
Dën sur l'essence même du mënôg : rien n'échappe (apargût) 
j au rattachement au gouvernement du Spanâk Mënôg. Et le 
signe (daxsak) en est que tout ce qui a pour origine le Gannâk 
Mënôg est ramené sous le gouvernement du Spanâk Mënôg. 
Et l'un des traits de Gannâk Mënôg est la puissance de « réduction » 
(kastnërôkïh) de l'essence du Gannâk Mënôg qui exerce nuisance 
et dommage sur les créatures ( x dâmân) / du Spanâk Mënôg. 
La dissolution de l'être (om.) même du Gannâk Mënôg deviendra 
plus manifeste lors de la Fraskart, quand on sera complètement 
instruit (àbdist) du gouvernement (exercé sur) l'être même du 
Gannâk Mënôg. 



chapitres 83 a 86 



95 



g5 Sur les espèces d'amitiés ( x dôstik) envers la Dën, et le 

JUGEMENT QUE L'ON PORTE SUR CHACUNE D'ELLES. (B. 62 ; 

M. 85.) 

/ Il y a deux espèces d'amitiés envers la Dën : 

1) celui qui aime la Bonne Dën en connaissance de cause (dânis- 
nïk) et le jugement que l'on porte sur lui est qu'il est Mazdéen 
(kudën) Juste, destiné au Paradis (vahistik) et au (garôtman); 
2) celui qui aime la Bonne Dën mais non en connaissance de cause, 
le jugement que l'on porte sur lui est que, tout en étant (kad) de 
mauvaise dën, il a l'espoir de parvenir à la Justice. 



85 Sur l'énergie et (tuxSàktk x ut) l'abstention des sages. 
(B. 62 ; M. 85.) 

/ L'énergie des sages quant à tel avantage, consiste avant tout, 
en s'efforçant vers ce but, à obtenir par là, sans qu'on en soit 
certain (anëvarihâ), un mérite (kirpak) ou la Justice (ahravih) 
de l'âme (^ruvân) ; et, en s'abstenant de tel/ dommage, consiste 
avant tout à s'abstenir avec certitude d'un péché et de la druvan- 
dïh de l'âme. En sorte que, quand il s'agit d'obtenir un avantage 
gëtïkien non mêlé (en se disant que) si peut-être ( ma hakar) on 
l'obtient, ce sera de peu de conséquence (tëj sacisn bavèt), on s'y 
efforce beaucoup; et quand il s'agit d'un dommage gëtïkien/ non 
mêlé, même si on l'écarté pour un temps (zamànïk), on n'y peut 
échapper plus tard (hacis rastannë sâyët) , en supprimant l'absten- 
tion et la crainte, on devient surtout refroidi à l'égard de la Justice, 
ce qui est manquer à la Sagesse. 



96 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



87 Sur la moindre, la moyenne et la suprême union avec 
la Dên Mazdéenne et l'avantage qui en découle. (B. 63 ; 
M. 86.) 

9 S La plus petite union par la Dën Mazdéenne est la confession 

d'intention (mënisnik astuvânïh) d'un seul homme avec la Dën, 
le fait de tenir l'autorité de son ahu, et l'avantage qui en découle 
est la puissance de la sainteté des dieux du fait de l'union de cette 

12 personne (tan), l'affaiblissement de la druj / du fait que cette 
personne se sépare d'elle. L'union moyenne par la Dën Maz- 
déenne est la confession d'intention d'un groupe (ram.ë) avec la 
Bonne Dën, de tenir unies les personnes dans leur intention à leur 
ahu, qui est notre zarathustrotom dans son autorité : et l'avantage 
qui en découle est une grande puissance des dieux du fait de l'union 

15 de ce groupe, / grand affaiblissement de la druj du fait qu'on en 
est séparé. 

Et l'union suprême par la Dên Mazdéenne, sera la confession 
d'intention des hommes de tous groupes avec la Bonne Dën, 
d'intention de tous les hommes du monde avec les dieux, noués 
qu'ils sont (hamyâst) sous l'autorité d'un même et unique rat 
18 qui est le zarathustrotom ; et /l'avantage qui en découle est la 
coopération (hàm zôrïh) des dieux avec l'union de tous les hom- 
mes constitués en armée, et la destruction des druj par un total 
affaiblissement dû à ce qu'elles ne sont pas constituées en armée 
(aspahih) ; ceci produit par la puissance des dieux constituant 
tous les hommes en armée. Lors de la Fraskart, unie à cette force, 
21 la puissance conjuguée de / tous les hommes, faisant armée 
p- 64 commune avec Sûtômand Përôzgar, il y aura pénitence des druj /, et 
production de la Fraskart de par la volonté du Créateur dans les 
existences. C'est l'enseignement de la Bonne Dën. 



88 = 156 



CHAPITRES 87 A 90 



97 



89 Comment on voit le progrès du contentement et de 
l'énergie. (B. 64 ; M. 87.) 

Si on prête attention (nikvrîhit) comment s'exalte le contente- 
ment du riche même au sujet de la moindre des choses, tandis 
9 que le contentement / du « pauvre » ( drigôs) ne s'exalte pas pour la 
plus insigne richesse, on voit le progrès du contentement quand 
on progresse avec énergie vers la béatitude éternelle ( x jâvîtânîk), 
la demeure (mân) de la récompense mënôgienne. 



90 Sur la raison d'être (cimikih) de la récompense et du 

CHATIMENT QUI VIENNENT AUX HOMMES DU CRÉATEUR. (B. 64 ; 

M. 87.) 

/ La récompense et le châtiment viennent du Créateur aux 
hommes. II a fait tous deux : s'abstenir du péché et avoir 
la capacité à son gré de commettre le péché et de s'abstenir des 
actes vertueux ( x kÏTpak), de son propre choix (vicin) prendre le 
chemin de l'agir vertueux et de l'abstention du péché c'est la 
qualité miséricordieuse (huaparîkïh) / de Sa création des activités 
(kuntënîk dahtsnih), correspondant à ce que le Créateur a fait aux 
hommes, dans son amour pour ses créatures, qui est principale- 
ment (le don) de la sagesse et de la Dën et de tant d'autres choses. 
L'acquisition de la récompense a pour cause ( vakân) la parfaite 
donation (bavandak dâtàrih) (de Dieu), en tant que c'est Lui qui 
a fait la puissance / de connaissance, cause des actes méritoires 
de l'homme, et il l'a montré parfaitement, et l'abstention du 
péché et l'exécution de l'acte vertueux, qu'apporte aux hommes 
un adjuvant parfait. Le châtiment est justice pour le pécheur. Il 
est compatissant et agit en médecin, Lui qui n'a pas fait en l'homme 
la cause de l'opération du péché, ni n'a rien créé qui soit cause 
menant l'homme sage (*dënâk) au péché ou retardant (pâtërânênâk) 
l'acte vertueux et qui illumine parfaitement, autant qu'il est pos- 
sible dans l'état de Mélange, la voie du discernement / des actes 
vertueux et peccamineux, la récompense des actes vertueux et le 
châtiment des actes peccamineux. 



98 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



91 Sur la louange ( K stâyisn) et l'action de grâces (spâs). 
(B. 65 ; M. 88.) 

/Toute louange et toute action de grâces se rattachent 
(patvand) au créateur de toute louange et de toute action 
de grâces, car celui qui n'est pas intermédiaire (amiyânak) est 
au-dessus de celui qui est susceptible de l'être (miyânakômand) . 
Est sans intermédiaire celui dont l'apanage unique {ëvâzïk xvëHh) 
est qu'il produit (âpuTàkih) et donne l'être (bavënàkih) aux créa- 
tures. Sont intermédiaires les Amahraspand et les autres dieux 
mênôgiens, le soleil et les autres / luminaires supérieurs, les rois, 
la générosité (râtïhj et toutes les autres prospérités ( apâtik) 
mënôgiennes et gëtïkiennes, et ceux qui les font. La louange et 
l'action de grâces qui se fait par l'intermédiaire de chacun de ceux 
qui font la prospérité, parmi lesquelles ÎI y en a de mënôgiennes 
et de gëtïkiennes, cette louange et cette action de grâces, à cause 
de leurs auteurs originels, se rattachent à ceux-ci. 



92 / Sur l'iniquité qui est dommageable. (B. 65 ; M. 89.) 

De même que, au sujet de l'iniquité dommageable ( ziyânômand 
ânâkïh), , tous ceux qui veulent l'éliminer (har ân i pat bë burtan 
andar) ont la coutume vicieuse (advënîk ahôkïk) de déblatérer 
contre (kandrâyijît) le roi du monde et d'agir en conséquence, 
ainsi déblatère-t-on plus encore contre le Créateur / en disant : 
il est évident qu'il ne peut l'empêcher tout entier ( ëvtâk), c'est donc 
ou bien, qu'il ne le veut pas, ou bien qu'il ne sait pas; ne pas 
pouvoir montrer la faiblesse de Dieu, ne pas vouloir sa méchanceté, 
ne pas savoir son ignorance. De toutes façons, cela ne convient pas 
à sa qualité de créateur (dâiârïh), c'est injurieux (vizâyisnïk) à 
l'égard de sa divinité, et c'est une grave impertinence à l'égard de 
sa seigneurie. 



chapitres 91 a 93 



99 



93 Sur le tremblement (vizajidak) de la terre. (B. 65 ; M. 89.) 

Sur terre, le vent est constamment en mouvement (pat ravisn), 
afin de disposer (vënâriSn) la terre /. Et de même que dans le 
corps de l'homme (om. rép.) il y a des voies de passage par où passe 
le vent, comme on sait, il en est ainsi aussi sur terre. De même, 
quand il arrive que le vent qui est dans le corps est tombé, de sa 
voie de passage vers le lieu d'un membre qui n'offre pas d'issue, 
le corps est une impasse ; il en est ainsi sur terre. Et de même que, 
dans le corps qui indemne (pargût), la druvandïh perverse des sor- 
ciers /cause du mal, ainsi, sur terre, il arrive que, par la druvandïh 
perverse des sorciers, le passage du vent soit fermé : le côté par 
où c'est fermé est secoué (vizandihit) par la pression qui s'exerce 
sur l'issue du vent. / C'est ce que fit, par sorcellerie, le sorcier 
Frâsyâb le Touranien : par des tremblements de terre, en dissi- 
pant et en frappant des hommes, il ruina bien des lieux. 

Pour celui qui est versé dans la Bonne Dën, cela est en rapport 
avec le fait que, lorsque le vent qui est dans la terre est écrasé 
(patïhït) par le feu et se met à trembler, / il se précipite d'en bas 
vers le passage fermé qui lui correspond (patisâ), et le vent qui a 
échappé au feu (hac âtas vihëz) endommage la terre et la fait 
trembler. 

Dans le corps de l'homme, on sait que de tous et de chacun des 
germes (tôxmak) se fait sa mesure (patmân) ; et se départir ( x arâ- 
sisn) de cette mesure entraîne / le bouleversement de ce germe. La 
Dën révèle que, maintenir la mesure des germes par la force du bon 
mënôg fait parvenir à l'accroissement (afzôn) et que l'absence 
de mesure vient de la force du mauvais mënôg. Or, le vent est 
l'âme (jân) du feu, et le feu est ce qui fait progresser ( ravâkënîtâr) 
le vent : quand la mesure se tient / dans ses limites, le feu reçoit du 
vent vie et croissance (vaxsisn), et le vent reçoit du feu la force 
qui le fait progresser, et les êtres qui sont disposés par eux ( -oënar- 
takân hacÙ), en reçoivent de la santé et du bien être. Et lorsqu'ils 
sont privés de mesure ( apatmânîhend) et qu'ils se tiennent en dehors 
de leurs propres limites, le feu est éteint ( azruft) par la violence 
du vent, et le vent est emporté par /la montée du feu, et les êtres 
disposés par eux, soit terre, soit eau, soit plantes, bestiaux et 
hommes, sont par eux bouleversés ( vizandihend). 



100 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



Q4 Sur l'enchaînement des certitudes des dires des Anciens 
Sages. (B. 66 ; M. 90.) 

18 II est certain que le Créateur ne veut rien qui soit mauvais : 
et il est certain que ce qui est mauvais existe ; et il est certain que ce 
que le Créateur ne veut pas, il ne le crée pas et que cela ne provient 
pas de lui ; et il est certain que le Créateur est sage ; et il est certain 
que le sage ne fait pas à son ami de grands dommages, et que 
ceux-ci ne proviennent pas de lui ; et il est certain que le Créateur 
p- 67 j est utile aux hommes d'une façon générale : et il est certain 
que ce qui, d'une façon générale, est destructeur de ce qui est 
utile aux hommes est destructeur de sa volonté <à lui> ( x xvës) ; 
et il est certain que le Créateur n'est pas le destructeur de sa propre 
3 /volonté : quand il lui arrive de faire se tourner (vartënët) une 
volonté vers ce qui est convenable ( sâcisnïk), il supprime la volonté 
( anàft-kâm) de ceux qui sont incapables de tourner ( avartisnikàn) 
leur volonté vers ce qui est convenable ; et il est certain que, de 
l'hostilité à l'homme des dëv, loups et monstres à la nature inchan- 
6 geable, provient aux hommes dommage / d'une façon générale. 

Et les docteurs dont la doctrine est que Dieu a fait l'inchan- 
geable capacité des dëv, loups et monstres à causer du dommage 
(ziyànômandih), d'une façon générale, aux hommes et à leurs ad- 
juvants gëtïkiens, disent de Dieu qu'il (est à la fois) ami et utile aux 
hommes et leur ennemi, et en contradiction ( apasacakiha) ^ avec 
9 l'activité des dëv, loups et monstres, / qu'il a pour usage (adven) de 
sauver, et qu'il est pécheur, et que par cette manière d'agir (kunen- 
dakïh) de destructeur de sa propre volonté, il est donc convenable 
(husacàkih) qu'on soit destructeur de sa propre volonté — ce qui 
est impossible — et qu'il n'est donc pas convenable de parler de sa 
création paternelle des créatures. Et ils lui dénient la divinité. 



95 / Sur ce qui dans la création d'Ohrmazd est caracté- 
ristique (daxsakômand) du gëti et du mènôg. (B. 67 ; 
M. 91.) 

D'entre les êtres mënôgiens purs, les meilleurs c'est à savoir 
les dieux ; et d'entre les êtres gëtïkiens, le plus mauvais, -c'est 
principalement l'Ignorance. / En se rapportant (bë burtarik) au 
Bien, principalement à la Sagesse (dânàkïh), on considère la créa- 



chapitres 94 a 96 



101 



tion comme nature : ainsi l'homme et ses auxiliaires, les espèces 
animales, sont-ils caractéristiques de la création par Ohrmazd. 
D'entre les êtres mënôgiens, les pires c'est à savoir les dëv, 

is et d'entre les êtres gëtïkiens, / c'est la Malice. En se rapportant au 
Bien, on ne considère pas leur création comme nature : ainsi les 
loups, auxiliaires des dëv et les variétés de loups et de monstres 
ne portent pas le signe d'avoir été créés par Ohrmazd, et on ne 

2i peut estimer qu'ils ont été produits et créés par le Créateur. / 



95 Sur les domaines de la <bonne> et de la mauvaise 
p. 68 royauté, leur temps, leur manifestation, / leur prin- 

cipe et leur fin. (b. 67 ; m. 92.) 

Le domaine ( ôstâm) de la royauté est la sagesse ( dânakïh), la véra- 
3 cité et la Bonté (vêhïh). Son temps est celui des dieux. / Sa mani- 
V festation est l'expansion ( visîartakih) de la Loi dans le monde, la 
prospérité, le bien-être, (xvârîh) qui en vient. La sagesse, la véra- 
cité et la bonté élèvent (afràz) les sages, les véridiques et les autres 
hommes de bien. Il y a grandeur pour ceux qui sont faits pour la 
grandeur, petitesse pour ceux qui sont faits pour la petitesse, et, 
;. fi pour la généralité des hommes, / la largeur, le bien-être et la Bonté 
de ce roi par la royauté duquel le monde du gëtï est instruit par 
:i le Spanâk MënÔg. Et son principe (bun) est une participation 
X (baxsisn) à la royauté d'Ohrmazd. Sa fin est dans la destruction 
totale de l'Assaut, et, par là, l'avènement / de la Fraskart dans le 
f^r : monde, et elle se mélange de nouveau au principe de la puissance 
î^î": dont elle était participée. 

Hiir Le domaine de la mauvaise royauté est l'Ignorance, le men- 

ZZa songe, et la malice. Son temps est celui des dëv. Sa manifestation 
est la souillure (âlûtàkïh) du monde par l'illégalité, la difficulté 
opposée au / bien-être, et la dévastatation (avërânîh) qui envient. 
3ifil L'ignorance, le mensonge et la malice élèvent les Ignorants, les 
QT- menteurs et les méchants. Il y a grandeur pour ceux qui sont faits 
:J.. pour la petitesse, <petitesse> pour ceux qui sont faits pour la 
||r grandeur, et, pour la généralité des hommes, le resserrement 
(tangïh) et la difficulté et la malice (corr. vëhih) de ce tyran /par 
^ la royauté duquel, portant sur des Ignorants, le monde du gëtï 
III est instruit (àbdist) par le Gannâk Mënôg. Son principe est une 



.'.9 



102 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



participation à la tyrannie du Gannâk Mënôg. Sa fin est la destruc- 
tion du principe, tout entier dont il est une participation et de son 
être même. Telle est Ja Révélation de la Bonne Dën. 

Les docteurs dont la doctrine / est que la mauvaise royauté est 
une participation de la royauté de Dieu, en parlant de la malice 
de la royauté de Dieu et en disant que Dieu est un mauvaisroi 
qui est l'adversaire de ses créatures, le privent (axvës) de sa divi- 
nité et lui attribuent la dëvité. 



97 Sur les diverses espèces d'hommes, sur celle qui est la 
PLUS haute et celle qui est la plus basse d'entre elles 
(B. 68; M. 93.) 

p- 69 j Entre les hommes, il y en a de 4 espèces : 1) ceux qui aiment leur 
âme et ont un bon dastour, 2) ceux qui aiment leur âme et ont un 
mauvais dastour, 3) ceux qui aiment leur corps et ont un mauvais 
dastour, 4) ceux qui aiment leur corps et ont un bon dastour. 

La plus haute espèce est celle des hommes qui aiment leur âme 
3 et ont un bon dastour, car / la voie vers le salut leur est ouverte 
et celle qui mène à la condamnation leur est fermée. 

La plus basse et la pire est celle des hommes qui aiment leur 
corps et ont un mauvais dastour, car la voie qui mène à la condam- 
nation leur est ouverte et celle qui mène au salut leur est fermée. 

Entre les deux il y a ceux qui aiment leur âme et ont un mauvais 
dastour, et ceux qui aiment leur corps (Hankâmak) et ont un bon 
6 dastour : car celui /qui aime son âme et a un mauvais dastour, 
peut à cause de cet amour de son âme, parvenir au salut, comme le 
peut celui qui aime son corps ( x tankâmakïk) et a un bon dastour, 
à cause de la bonté de ce dastour. 

Sur ce chapitre (darak) la vérité ( ëtônïh) est manifeste de ce que 
déclarait un dastour d'entre les Anciens Sages, à savoir que, dans 
9 toute loi, il y a des justes / qui sont tels parce qu'ils prennent, 
parmi les mauvais dastours de mauvaise religion, celui qui aime 
son âme, et cet amour de son âme peut les mener au salut qui est 
dans le mënôg : et parmi les bons dastours de bonne religion, il 
en est qui prennent un mauvais qui aime son corps, et cet amour 
de son corps ( x tan kâmakih) risque de les mener à la condamna- 
tion dans le mënog. 



chapitres 96 a 99 



103 



Ofi Sur les vertus (hunar), quand le souverain s'en empare 
(*bëkruft), par son eminence (frâctômik) entre les hommes, 
en sont ennoblis, (vaspuhrakànihit) l'ensemble des hommes, 
les nobles, et le souverain lui-même en acquiert plus 
d'avantage. (B. 69; M. 94.) 

îs il y a beaucoup de vertus, et même dans chacun des hommes 
de ce monde, leur présence est une chose éminente. Et il en est 
trois grandes ; pour la généralité des hommes la véracité ( ràsi- 
-gôviSnîh) en ce qui concerne la récompense du bien et le 

18 tourment dû au mal, par quoi la généralité se tourne vers / le bien 
et se détourne (apâc âhangih) du mal, et le monde est réveillé 
(vigTàyïkit) par la loi et les actes vertueux. 

Pour les nobles (vaspuhrakân) , le don judicieux (vicitâT-dakis- 
nîh) par lequel on trouve la part (bakr) et le rang (padak) ^conve- 
nables pour chacun des nobles, comme leur dignité (aTzanïkih), 
qui est de chercher (xvâyisnik) de bien organiser, de bien disposer 

i>- 70 (virâstan) est/... (advênak hôk?) l'avantage de la royauté. 

Pour lui-même s'emparer (hruftan) d'une grande et abondante 

5 et éternelle (kamë ravûnik) réputation (husrûvïh) / et béatitude 
(huruvânïh), grâce à la régulation de la Dën (dën dastvarih) et 
une énergie ardente ( iaftik) et tournée vers ( ...mënisnik) , 
avec la puissance de la royauté, établir la continuité de Flamme 
(brah?) depuis son propre caractère pur ( x asnôtakïk) jusqu'aux 
plus humbles ( ' ëT-mënisnîh) , rectifier leur agir et leur abstention, 
mener leur âme à la Justice (ahravënitan) par l'expansion de leur 
pensée, de leur parole et de leur action, élargir le Pont Cinvat 

6 pour sa propre âme et / l'âme de ceux qui dépendent de lui (i.s 
ham àkang). 



99 Sur l'homme riche en sagesse. (B. 70 ; M. 95.) 

/ Selon l'enseignement de la Dën, il faut tenir pour riche en 
sagesse (xrat) celui dont les actions vertueuses (kâr ut kirpak) 
se font selon des paroles de sagesse (saxvan dànàkihâ), qui, dans 
le don judicieux (vicitâr-dahisnih) recherche (xvâkân?) la géné- 
rosité, qui est attentif (vënâkïh) et zélé quand il s'agit de l'avan- 
tage des créatures d'Ohrmazd, qui est Juste en ce qui concerne 



104 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



le culte des dieux, qui connaît bien ceux qui récitent des man9ras 
en abondance, et qui se rattache avant tout / à l'activité de Vahu 
et du rat. 



100 S UR CE QU'IL FAUT CROIRE ET CE QU'IL NE FAUT PAS CROIRE. 

(B. 70 ; M. 95.) 

Ce qu'il faut croire se range dans ce qui est possible ; et parmi 
les possibles, il faut croire ce qui est convenable, par exemple, 
qu'Ohrmazd exerce sa causalité (vahân kârïh) / sur chaque acte 
vertueux et ne l'exerce sur aucun acte peccamineux, et autres choses 
qui conviennent à la toute-bonté d'Ohrmazd. 

Et ce qu'il ne faut pas croire parmi les choses possibles, c'est 
ce qui n'est pas convenable, par exemple, qu'Ohrmazd exerce sa cau- 
salité sur chaque acte peccamineux et ne l'exerce sur aucun acte 
vertueux, et autres choses qui ne conviennent pas à la toute- 
bonté d'Ohrmazd. 

Et parmi les choses impossibles / (il y a cette proposition) : il 
y a eu, il y aura, quelque chose qui x n'est pas, x n'a pas été et 
x ne sera l'objet d'aucune puissance de connaissance. 



101 $ UR LES VERTUS POUR LESQUELLES ÛHRMAZD LE CRÉATEUR A 
CHOISI ZARTUëT LE SPITAMIDE A LA VÉNÉRABLE FRAVAHR 

comme Prophète de la Dën Mazdéenne. (B. 70 ; M. 95.) 

21 (om.) / Les vertus pour lesquelles Ohrmazd le Créateur a choisi 

Zartust le Spitamide à la vénérable fravahr comme Prophète de la 

*• 71 Dén Mazdéenne / , entre tous les êtres doués d'os ( axv i astômand) 
et de préférence, sont nombreuses et se résument en celles-ci : 
l'intention parfaite, l'entière possession ( x dàstârïk) de la sagesse, 

3 et le suprême amour envers la Bonne Dën / , supériorité ( x apar- 
tomih) sur tous en fait de bonne pensée, bonne parole, bonne 
action en toutes choses, labeur (ranjvarik) puissant et énergique 



CHAPITRES 99 A 103 



105 



pour le malade (àyôb), le démuni et le besogneux, octroi de bonne 
défense judiciaire (yatakgôvih), précaution et protection, constant 
empressement à porter secours aux pauvres / et à ^délivrer les 
créatures de l'Assaut. 



102 Sur l'avantage procuré a la création entière par la 
propagation de la Dën Mazdéenne, tel qu'il est révélé 
pour le passé, le présent et l'avenir. (B. 71 ; M. 96.) 

La révélation de la Dën Mazdéenne fut à l'avantage de la créa- 
tion entière, lorsque pour la première fois / le Prophète Zartust 
le Spitamide à la vénérable fravahr la reçut et la chanta (srâyisn) : 
il brisa les figures (kâlput) des dëv, la création entière en fut mise 
à l'aise et en eut avantage ; et jusqu'à maintenant, l'avantage de 
la création toute entière en découle, avantage général établi qui 
se continue : purification des bonnes eaux, protection du feu d'Ohr- 
mazd, / culte des dieux mënôgiens. Et plus tard l'avantage de la 
création toute entière en découlera : lorsqu'elle rejoindra x Osëtar 
le Spitamide, qui brisera les figures de l'espèce des loups, et éli- 
minera d'alors (hac hànzamân?) l'excès et le défaut ; lorsqu'elle 
rejoindra Osëtarmâh le Spitamide qui brisera les figures de l'espèce 
/ des animaux qui piquent (gazân) et éliminera d'alors la faim 
et la soif ; lorsqu'elle rejoindra Sôsyâns le Spitamide, qui brisera 
les figures de l'espèce des hérétiques, éliminera d'alors ( <hac> 
hànzamân ) la vieillesse et la mort et opérera la Fraskart, la résurrec- 
tion des morts (ristaxêz) et le corps eschatologique. / C'est la 
révélation de la Dën. 



103 ^ UR LE PLUS ÉLEVÉ ET LE PLUS BAS DES DÉSIRS DE L* HO MME. 

(B. 71 ; M. 97.) 

L'homme au plus haut désir, c'est celui qui, dans le gëtï, est 
aussi peu rassasié (a-sér) de Justice que dans le mënôg et qui a 
autant de désir d'amasser les choses du gëtî qu'il est nécessaire 



106 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÉNKART 



pour faire progresser et rendre présente la Justice. Et l'homme au 
p- 72 désir le plus bas / est celui qui a le besoin d'amasser les choses 
du gëtï. 



104 Sur les maladies de l'âme (jân) dans son développement 
(afzônïkïh) en matière d'éducation (frakang) de la con- 
naissance, ET sur le remède DE CES maladies. (B. 72 ; M. 97.) 

Les maladies de l'âme / du fait de non- développement en matière 
de connaissance et de vertu, proviennent de deux facteurs dru- 
jiens : l'excès et le défaut. L'exaltation (aparmënisnïh) qui vient 
de l'excès, fait que l'on pense : « Je ( X L) sais que je suis supérieur 
et au-dessus. » La dépression (tarmënisnïh) qui vient du défaut, 
fait que l'on pense : « L'autre ne sait pas <que je suis> en deçà 
et en dessous. » Et celui dont l'âme est viciée par ces deux facteurs 
drujiens, sa constante maladie / est de se mesurer lui-même avec 
quelqu'un qui lui est supérieur en connaissance et en vertu et de 
penser : « Je sais et lui ne sait pas, je suis supérieur et au-dessus, 
lui est inférieur et au-dessous de moi. » Ces deux maladies de l'âme, 
l'exaltation de soi et la dépression, empêchent celui qui en souffre 
/d'avoir l'humilité (adarîh) d'apprendre de qui que ce soit et de 
recevoir de qui que ce soit accroissement de connaissance et de 
vertu. Et la maison (katak) de la connaissance se dessèche comme 
un arbre se dessèche par manque d'eau. 

Et le remède à cet excès et à ce défaut, ces deux maladies de l'âme, 
est l'intention parfaite (bavandak-mënisnih) d'où naît l'intention 
bien mesurée, qui / voit soi-même et les autres d'un regard ins- 
piré par l'intention parfaite, qui considère la connaissance et la 
vertu, même si elle se trouve chez un homme qui est inférieur 
(nidtar) et pas, ou peu; chez soi-même; et chez cet homme infé- 
rieur autant de connaissance et de vertu qu'il en a, alors qu'on 
n'en a pas ou peu; et cet inférieur, quand même il le serait, si on le 
tient pour bien supérieur à soi et, soi-même pour inférieur à lui. 
/ Et la voie de l'humilité sera d'apprendre de l'inférieur qui ne sait 
pas, alors qu'on sait, ce que l'on ne sait pas : l'âme est sauvée des 
maladies de la dépression et de l'exaltation et reçoit accroissement 
en connaissance et en vertu. 



chapitres 103 a 105 



107 



is |05 / Qu'il y a un hommage (spàs) a rendre au mënôg lumi- 
neux ET POINT D'HOMMAGE A RENDRE AU MËNÔG TÉNÉBREUX. 

(B. 72; M. 98.) 

La création mënôg est une venue à l'être (dahisn) sans rivale 
(ahambùt) et totalement immédiate ( ëvtâk) dont le propre (vas- 
puhrakânïh) est d'être (om. rép.) invisible et intangible. Par la 
création du Créateur, la créature (dâm) était d'abord une venue 
à l'être mënôgienne, sans rivale, invisible et intangible. Par la 
composition dans l'être des êtres en devenir (pat hambavënitàrih 
i bavisnîkàn) , elle passe (vist) à l'état gëtî qui est visible et tangible, 
p. ™ j La preuve en est que lorsqu'une chose gëtïkienne qui est visible 
et tangible est dégagée (visàyîhit) du gëtï visible et tangible, elle 
retourne à son état d'être d'origine de mënôg invisible et intan- 
3 gible, qui est son principe. Le mënôg lumineux, / peut, par la 
nature vivante et la puissance du chaud-humide, passer de la condi- 
tion d'être de mënôg sans rival, à l'état d'être composé (ham- 
bavisn) de ce gëtï. Actuellement encore tous les êtres gëtï sont 
organisés dans l'état gëtï par cette même puissance. 

Quant au mënôg ténébreux, en raison de sa druvandïh, froid- 
sec, substance de mort, il ne lui est pas possible de passer lui 
aussi à l'état de gëtï qui est composé. Ce qui est parvenu à l'état 
6 /apparent de gëtï n'est pas sa propre substance (gôhr) mais un 
revêtement ( x patmôkih) d'une autre substance. Ainsi celui qui 
est dedans, à savoir ( x nâmcist) le dëv qui y a son repaire (gristik) 
a pris le caractère d'une « figure « (kâlputômandîh) , et ceux qui se 
.tiennent vêtus en loups et en monstres, ce n'est pas en raison de 
leur propre substance — comme les formes (dêsakân) lumineuses 
du gëtî qui continuent jusqu'à la Fraskart — mais ce seront les 
figures /des dëv qui, au millénaire de Zartust, seront brisées et 
annihilées. Au début du millénaire de x Osïtàr, ce seront les figures 
de loups, et au début du millénaire de Osïtârmâh les figures de 
crapauds (*vazag) qui seront brisées. Et toutes les autres drûj 
qui courent au milieux des germes lumineux, corps (karp) avant 
corporéité (tanômandàn) , seront détruites au milieux des drûj, par 
la dissociation de chacune des / figures et la séparation du corps 
et ce l'âme, alors que leur gëtï se mêlera de nouveau au gëtï et 
leur mënôg au mënôg. 

Et à la fin du millénaire de Osïtârmâh, ce sera la venue de Sût- 
mând / le Triomphant ; (om. rép.) d'un seul coup les figures seront 
dépouillées des êtres (d'apparence) corporelle, comme au principe 
(?? apàk bun) et la drûj sera brisée (skïhït) et détruite. C'est là 
ce que révèle la Bonne Dën. 



108 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



18 106 / LES DEGR ^ S SUPÉRIEUR ET MOYEN ET SUR LE PLUS BAS 

DEGRÉ DU COMPORTEMENT (râyënisn) DES HOMMES. (B. 73 ; 

M. 100.) 

Le suprême comportement des hommes est, pour autant que 
cela est possible dans l'état du Mélange, la vision parfaite (spûr 
vënïh) qui est celle de l'asn xrat. Le pire comportement des 
hommes est la druvandïh. Les degrés intermédiaires entre ces deux 
comportements sont, dit-on, au nombre de trois : 1) l'intellect 
acquis par audition ; 2) dans l'action et l'abstention aimer toujours 
celui qui enseigne ( x hamesak x amûxtâr dôst) ; 3) le chef (sardâr) 
qui a autorité pour prévenir le péché ; 4) une vie écourtée (gasnak 
zevisnih). 

En conséquence (pasârik) on dit des hommes que leur première 
p- 74 supériorité (pakromih) / est l'asn xrat; pour celui qui est démuni 
(anûtak) d'asn xrat, la deuxième supériorité est l'intellect 
acquis par audition ; pour celui qui est étranger même à 
l'intellect acquis par audition, la troisième supériorité est celle 
de l'ami de qui on apprend sans cesse l'agir et l'abstention ; et 
3 pour celui qui est pauvre même de cela, la quatrième / supé- 
riorité est de pouvoir empêcher le péché. Et pour celui qui n'a 
même pas cela, une vie écourtée est ce qu'il y a de plus haut, 
en sorte qu'il ne pèche pas dans une vie trop longue (vës) étant 
démuni de supériorité, et n'atteigne pas au plus bas des compor- 
tements, à savoir la druvandïh. 



6 107 /^ UR LA VOIE QUI RAPPROCHE LE PLUS DE DlEU. 

A. (B. 74; M. 101.) 

La voie qui rapproche le plus de Dieu passe avant tout 1) par le 
savoir (dânisn) et 2) par la foi (viravisn). Leur voie à toutes deux 
est mépris (xvârdârîh) du bien gëtikïen en tant qu'il est retranché 
(britak) du bien mënôgien... 

[74] B. (B. 47 ; M. 64.) 

... le temps de la louange... Et leurs organes sont au nombre de 3 : 
le contentement, la magnanimité (bâlistànîh) et l'énergie, en sorte 
que la proximité de Dieu se réalise par la connaissance (snâsîk) 
de Dieu, et la connaissance de Dieu se réalise par le savoir ( dânisn) 



CHAPITRES 106 A 108 



109 



îs et/ par la foi, l'âme (jân) voyant par elle-même (xvatïkâ), du fait 
qu'il n'y a pas de voiles (apartakik), et cette vision étant de même 
substance (ham mâtag)> est une connaissance analogique (namû- 
nak?). La vision par les sens corporels maintient le voile devant 
la vision de l'âme par la sensualité, la convoitise, l'envie, la haine, 
la méchanceté et les autres dxuj qui bouleversent, détruisent et 
2i enlèvent / (le savoir) en privant la personne ( tan) du savoir ; en la 
mettant dans le bien du gêtî retranché du bien du (om. gëtî) 
p- * s mênôg / (ces druj) agissent en brigands. Mépriser ce bien du getï 
(om. rép.) par un effort qui s'oppose aux temps pervers ( x vatik) 
3 comme par la sagesse opposée à la sensualité, / par le contentement 
opposé à la concupiscence, par la maîtrise de soi (srôsikïh) opposé 
à la colère, par la légalité opposée à l'envie, par la magnanimité 
(huaparih) opposée à la haine, ce sera possible surtout grâce aux 
trois organes du savoir que sont le contentement, la longanimité 
et l'énergie, tout le temps (hac huzamân? ?) que demeureront 
6 I ces druj /. Et il y aura mépris pour le bien du gêtî retranché du 
bien du menôg, la paresse drujienne qui est dans le corps de 
l'homme sera renversée, il y aura maintien et permanence ( ? ? hua- 
par-dârisnih ut huapar ëstisnïh) de miséricorde ; la druj qui est 
dans le corps sera cachée ; l'œil de l'âme sera libéré (om.) pour la 
plus haute vision et connaissance / des dieux, (les hommes) devien- 
dront amis de Dieu et deviendront ses proches. 

Et les docteurs pour qui c'est Dieu qui a fait les voiles qui em- 
pêchent les yeux de l'âme chez les hommes, leur doctrine revient 
à dire que / Dieu ne veut pas que les hommes connaissent Dieu, 
que la connaissance de Dieu enjointe aux hommes est un ordre 
explicite en contradiction avec sa volonté : ils disent donc que 
Dieu trompe l'homme et se moque de lui, et ils lui dénient la 
divinité. 



108 Sur l'être et la manière d'être (cëgônik) des dieux et 
des dëv. (B. 75 ; M. 102.) 

Les dieux ont même définition (ham vimand) que l'âme humaine 
en elle-même et quant à sa substance (xvatik pat gôhr). Et leur 
manière d'être est celle de xvarrah sans mélange, de sagesse (dânâ- 
kik) non mêlée d'Ignorance, de bonté non mêlée / de malice, de 
mouvement mënôgien à la manière de la force sans faiblesse de 
Srôs (mënôg vâzisnih i srôsîk Ôz i anizâr). Par leur xvarrah sans 



110 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



mélange aucun, ils sont les plus beaux quant à leurs mains (?), 
comme le soleil à son lever avec la beauté de son corps et de ses 
yeux, comme un roi des hommes qui rend le monde prospère et qui 
est généreux, dans la mesure ou en l'état de mélange, il est possible 
à un corps d'être constant (ôstïh ?). Par/ leur sagesse non mêlée de 
malice, ils voient les choses parfaitement par une vision mënô- 
gienne propre (vënisnîk xvatïhâ), comme l'homme, une fois 
dégagée la voie qui mène de l'axv à la pensée (mënisn), parvient 
à la vision ( x vënisn) mênôgienne, pour autant que cela est possible 
dans l'état de mélange. Par leur mouvement mënôgien à la manière 
de Srôs, ils se meuvent, afin que leur... (ô ku kâm hâmakîh j h 
y m'm??) pour la distribution ( x baxtârïh) de xvarrah au monde, 
comme la pensée rapide (? tëzcegônïh ?) des hommes sur les choses. 
Par leur bonté non mêlée de malice, ils distribuent, <par> leur 
force sans faiblesse, éclat ( ray) et xvarrah aux créatures, comme le 
souverain qui est un bon roi, plein de sagesse (xrat), de race par- 
faitement noble (âzât)y fait grandir le monde/ par la loi qui met 
en action la noblesse. Et il arrive ainsi que l'âme du Juste quand 
elle parvient hors du corps, ayant la même définition et la même 
manière d'être que les autres dieux jusque dans son état corporel 
en tant qu'elle est vertueuse et s'abstient (pakrëxtak) du péché, 
aura sa pleine ressemblance ( x spûr-humânâkïk) avec les dieux. 

Semblable aux dëv, / la nature des loups et des monstres dont 
la manière d'être est ténèbres non mêlées de lumière, Ignorance 
non mêlée de sagesse, malice non mêlée de bonté, course mênô- 
gienne vers le passage maléfique de la Fureur (mënôg dvârisnïk 
i xësmïk vitarg aparônih). Par les ténèbres non mêlées de lumière, 
ils sont laids de nature ( x duscih.Tomand) comme les monstres qui 
ont au plus haut l'habitude de l'iniquité (bazak ayëntom) et le 
maximum de souillure. Par leur Ignorance non mêlée de sagesse, 
/ils enseignent en trompant ( mitôxtîk vicëkend) comme le corrup- 
teur le plus subtil (zirtar) enseignant un chacun. Par leur course 
mênôgienne ils courent furieux comme un violent voleur. Par leur 
malice non mêlée de bonté / , ils corrompent par leur force perverse 
la Justice du monde comme le corrupteur de la création, le 
( zynd ?) sorcier, le mauvais druvand adversaire du monde, les 
hérétiques, les tyrans, les loups et les monstres. Ainsi l'âme du 
druvand, quand le corps a crevé (frôt murt tan) dans son revête- 
ment ( x pâtmôk) de dëv et de drûj provenant de son activité 
/ pécheresse, et de même figure (ham karpïh) que les dëv dans son 
état corporel est par son état peccamineux éloigné de la vertu 
très semblable aux dëv et aux drûj. 



CHAPITRES 108 A 109 



111 



109 Sur ce qui est le plus profitable aux bonnes créatures 
du mënôg et du gëtï ; sur ce qui préserve le mieux l'homme 
du dommage, le sauve de la druvandïh, l'exalte dans la 
Justice, / et ramène au mieux de leur égarement les 
hommes et toutes les autres créatures bonnes. (b. 76 ; 
M. 103.) 

Ce qui est le plus profitable à la bonne création du mënôg et 
du gëtï, ce qui les préserve le mieux du dommage, sauve l'homme 
de l'impiété et l'exalte dans la Justice, c'est la Sagesse (dânâkîh), 
la Sagesse étant l'essence (xvatih) de la Bonne Dën est la cause 
(vihân) du travail (vaTzîk),jde la générosité, de la véridicité, 
de la reconnaissance, de l'humilité, de la pudeur, du contentement, 
de la miséricorde, de (l'observance de) la loi et des autres vertus 
qui organisent (vërâyisn) le monde, de l'action vertueuse (kir- 
pakîh) et de la Justice de l'homme. Et la royauté qui protège 
et entretient (parvartâr) les créatures, ainsi que l'organisation et le 
fonctionnement (kârikïk) découlent de la Sagesse. 

/ Et ce qui est le plus dommageable aux bonnes créatures du 
mënôg et du gëtï, le plus pernicieux (ànâktom), en tant que retar- 
dant ( x pâtëràn) l'avantage, ce qui empêche le plus l'activité 
vertueuse et la Justice de l'homme, ce qui insinue le plus (Skra- 
vënâktom) le péché et l'impiété, c'est l'Ignorance, l'Ignorance 
étant l'essence ( x xvatîh) de la mauvaise dën est la cause / de 
<la paresse> , de l'avarice, du mensonge, de l'ingratitude, du 
mécontentement, du manque d'humilité, de la violence, de l'in- 
humanité, de la tyrannie, de l'hérésie, des mœurs de këk et de 
karap, de la non observance de la loi et des autres vices qui bou- 
leversent le monde (om. rép.), des péchés et de l'impiété des 
hommes ; / la manifestation de la puissance de la violence dé- 
coule de l'Ignorance. 

Le principe de la Sagesse est l'intellect inné / ; le principe de 
l'Ignorance, la concupiscence dévoyée ( aras). Le principe de l'intel- 
lect inné et des vertus est Ohrmazd le Créateur. 

Celui qui saisirait (dâstâr) Dieu dans ce qu'il a de propre (pat 
xvës vispuhràkànih) , c'est-à-dire (i hast) en tant qu'il n'a pas de 
principe (abûnih), qu'il a un regard bienveillant ( x hucasmïh) , 
qu'il est mënôg des mënôg, omniscient / tout puissant, créateur 
de toute bonté, connaîtrait sans aucun doute ( x agûmân) qu'il 
faut ordonner le « comment » (cëgônîh) de Dieu comme un être 
individuel (pat sti). De tout invisible ( avënUnik), celui qui connaît 
l'existence ( x hastîk snàs) connaît d'abord le « comment », et qu'il 
faut ordonner le comment comme un être individuel ( x pat stï). / De 



112 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



tout invisible, est connu d'abord le « comment » et ensuite l'exis- 
tence ( A kastîh), et son existence à partir de son comment. Car 
celui qui affirme qu'il connaît Dieu alors qu'il ne sait pas son 
« comment », ou bien prend pour Dieu ce qui est à l'inverse de ce 
qui s'applique à Dieu, et alors il est loin de connaître Dieu, ou bien 
ne le connaît pas. / Car il ne connaît pas un être invisible, à partir 
du « comment », celui dont la vision ne peut atteindre à l'exis- 
tence de la chose qu'il saisit ; car celui pour qui le comment d'un 
être (hast.?) est inversé par rapport à cet être, sa vision n'atteint 
pas à l'existence ( x hastik), (mais) est autre (an) que le comment 
que l'on saisit. 

Ainsi, dans un pays où il n'y a point de chevaux / si quelqu'un 
disait : « je connais le cheval « tout en disant que le comment du 
cheval n'est pas d'être sombre (sôkômand) et de manger du four- 
rage ( vâstar-zôyân) mais ( x bë) d'avoir sept ou cinq pieds, il serait 
bien éloigné de connaître l'être du cheval. 

Les docteurs qui disent qu'ils connaissent Dieu, mais dont la 
doctrine / sur le « comment » de Dieu est qu'il est le fondement 
du mal, l'auteur tout ensemble ( îëvkar) du péché et le corrupteur 
des autres créatures au gêtî ; et sur l'enfer, qu'il vient de l'homme 
qui est la cause du péché, qui a été trompé quand il s'est agi de le 
faire, et qu'il court lui-même vers le châtiment ( x pukl) de l'enfer 
lequel n'est épargné à aucun homme et qui en est menacé (patest- 
vâr ?) — ce qu'ils connaissent n'est pas le principe du bien, l'agent 
du bien vertueux, celui qui maintient les créatures et sauve toute 
créature et création, les conduisant (zàmënîtâr) au bonheur pur 
et qui ne passe pas, et qui est Dieu ; mais c'est Ahriman, plein 
de péché, tout malice et corrupteur de la créature / ; et tout cela 
est aussi éloigné de l'idée de Dieu que serait loin de l'idée du 
cheval celui qui dirait que le comment du cheval / est à l'inverse 
(de la réalité) et en donnerait pour signe sa conception du cheval. 



110 S Ufi LA RECHERCHE ET L'OBTENTION DU MÉRITE, SUR L'EXÉ- 
CUTION DU PÉCHÉ, LEURS ESPÈCES ET LE JUGEMENT QUE L*ON 

porte sur chacune d'elles. (B. 78 ; M. 105.) 

/ Il y a quatre espèces de recherches et d'obtentions, de non- 
recherche et de non-obtention du mérite (kirpak) : 1) celui qui 
cherche et obtient, 2) celui qui cherche et n'obtient pas, 3) celui 



CHAPITRES 109 A 110 



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qui ne cherche pas et obtient, 4) celui qui ne cherche ni n'obtient. 
Et le jugement sur eux est le suivant : 

1) Celui qui cherche et qui obtient est sauvé et exalté (burzisnik) , 
comme celui qui cherche de l'or et qui l'obtient ; / il est sauvé 
par le fait d'avoir cherché, et exalté par le fait d'avoir obtenu. 

2) Celui qui cherche et n'obtient pas est sauvé mais non exalté : 
comme celui qui cherche de l'or et ne l'obtient pas ; il est sauvé 
par le fait d'avoir cherché, non-exalté du fait de n'avoir pas obtenu. 

3) Celui qui ne cherche pas et obtient/ n'a nul besoin d'être 
exalté, mais il est sauvé. 

4) Celui qui ne cherche ni n'obtient n'est ni sauvé ni exalté. 
Quant à l'exécution du péché, on en énumère ( ôsmÛTtsnik) 

quatre espèces : 

1) En exécutant le péché,/ on encourt condamnation ( x ërang) 
mais on est sauvé. 

2) En exécutant le péché <on encourt condamnation > et on 
n'est pas sauvé. 

3) En exécutant le péché, on est sans condamnation et on est 
sauvé. 

4) En exécutant le péché, on est sans condamnation et on n'est 
pas sauvé. 

1) Ceux qui, en exécutant le péché, encourent condamnation 
mais sont sauvés, sont les hommes sujets à l'Assaut ; ils encourent 
condamnation parce qu'ils pèchent volontairement, mais ils 
seront sauvés lors du Corps Eschatologique, du fait que leurs 
péchés ont été commis à l'intérieur de / la pression ( ôsiâp) venant 
de la rudesse ( x druxtïkik) de l'Assaut, dans la souillure du violent 
adversaire qui est dans l'attrait ( âhang) du péché ; et il est évident 
que même l'homme grossier (dahik) chargé d'un lourd péché 
atteint à la fin à l'attirance ( x àkang) du salut. 

2) Ceux qui, ayant commis le péché encourent condamnation 
et ne se sauvent pas/ sont les dëv : ils encourent condamnation 
en vertu de leur nature même, et ils ne sont pas sauvés parce qu'ils 
sont incapables de changer ( x va.Ttënitan) leur nature ténébreuse 
pour la nature lumineuse, et il est évident que l'humanité ( mar- 
tômîh) de Frâsyàb le dev n'est pas venue pour sauver du châti- 
ment du péché. 

3) Ceux qui n'encourent pas condamnation et sont sauvés 
sont les mineurs âgés de moins de huit ans et qui n'ont pas de cons- 
cience (abôd) : ils n'encourent pas condamnation comme mineurs, 



/ 

i 



114 



LE TROISIÈME LIVRE DU D EN KART 



leur « demeure » (katakj n'ayant pas atteint / à sa mesure, et comme 
n'ayant pas de conscience, leur mémoire ( ûs) étant inactive. Et 
leur salut vient de ce que leur âme parvient dans la zone du soleil. 

4) Sans condamnation et sans salut, il ne s'en trouve pas (në 
x vindi$nik) parmi les hommes, mais ce sont les purs dieux mënô- 
giens qui n'encourent pas condamnation et n'ont pas besoin de 
salut. 



111 Sue les espèces de création des hommes. (B. 79 ; M. 107.) 

Telle est la création qu'il y a quatre espèces d'hommes : / 1) ceux 
qui sont venus <à> la bataille (artïk) et qui ont été sauvés ; 

2) ceux qui sont venus à la bataille et qui ont trébuché (shravist) ; 

3) ceux qui ne sont pas venus à la bataille et qui pour un temps sont 
en état de pureté ; 4) ceux qui sont venus à la bataille et qui sont 
dans un état incertain (pat varômandïh) . 

Ceux qui sont venus à la bataille et qui ont été sauvas, ce sont 
ceux qui sont nés et qui sont morts / Justes. Ceux qui sont venus 
à la bataille et qui ont trébuché, ce sont ceux qui sont nés et qui 
sont morts druvand. Ceux qui ne sont pas venus à la bataille et qui 
pour un temps sont en état de pureté, ce sont ceux qui sont prêts 
à naître (ô zâyisn patràstak) mais qui ne sont pas encore nés 
( azâtak). Ceux qui sont venus à la bataille et qui sont dans un état 
incertain, ce sont ceux qui sont nés dans l'état du Mélange, dans 
l'espoir de devenir des Justes et dans la crainte de devenir des 
druvand. 



chapitres 110 a 112 



115 



112 Sur la pluie, sa raison d'être, sa cause, son réservoir 
originel, sa venue, son commandant, ( x framâtâr), ses 
agents, le chef de ses agents, son essence, ses instru- 
ments, ce qui repousse ses adversaires, son avantage 
et son dommage ; SUR / la raison des gouttes d'eau, petites 

ET GRANDES, DE LA NEIGE ET DE LA GRÊLE (om. Tep.) ; SUR CE 

qui augmente la pluie, la diminue ET lui fait dommage. 
(B. 79 ; M. 107.) 

La pluie provient du Créateur ; sa raison d'être est le besoin 
qu'a le monde à chaque fois qu'il lui vient de la sécheresse / d'être 
guéri par l'humidité qui est accrue. Sa x (u.s) cause est que, par la 
puissance de la chaleur et la force du vent elle est soulevée d'en 
bas contrairement à la nature de l'eau (pat bë-cihr i àp) et revient 
vers le bas par sa propre nature, ceci par la pesée (tarâzisn) et la 
distribution des dieux (*yazdân?) qui la gouvernent. Son réservoix 
originel (bun anbâr) est essentiellement la Mer x Vorukas : elle 
parvient jusqu'à la zone des nuages, vient à la terre et retourne à 
la / mer qui est son réservoir originel. 

Son commandant est Ohrmazd le Créateur, et les agents de son 
gouvernement, par ordre du Créateur, sont les étoiles Tistar et 
Satvës, les dieux Vohuman et x Ardvisûr, Hôm, Dën, Burz et les 
fravahr / des Justes ; le principal chef de ces agents est Tistar, 
et par sa seigneurie sur ces agents, avec l'étoile Satvës, il soulève 
les mers, les neuves, les sources, les rivières ( y jôyàn) par le moyen 
du vent, distille (mizvakënet) l'eau, transforme la rosée (mizvah) 
en nuage porteur d'eau, / et le fait s'élever. Vohuman y collabore 
(hamkàTÎhâ) par le moyen du vent en ^procurant ( ? ?) avantage 
au nuage. La conjonction (âyôzisn) de Dën le souverain, Ardvisûr 
Anâhït Vay et le Feu collabore avec la pluie pour combattre 
ses adversaires, les dëv, les sorciers, les péris, dont les « têtes » 
(kamârikàn) / sont le dëv Apaôs et la drûj Spenjagr et repousser 
les adversaires de la pluie. Burj, le roi des femelles, Apâm Napât 
et les Fravahr des Justes collaborent pour dispenser (la pluie) 
aux kisvar, districts (rûstakàn) et lieux irrigués (âpômand) et l'y 
déposent selon la mesure. 

L'essence de la pluie (om. rép.) / est l'eau, et les instruments de 
la pluie sont le vent, la rosée, le nuage, les gouttes petites et 
fortes, la grêle, venant de ce que le vent reçoit diversement la nature 
des éléments. Quand le vent a de la chaleur, ce sont de petites 
gouttes, quand il a de l'humidité, ce sont de fortes gouttes ; (om.) 
/quand il a du froid, c'est la neige ; quand il a le sec, c'est la grêle 
et il ne pleut pas. 



116 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



Les adversaires de la pluie, avec Apaôs, Spenjagr, nombre 
d'autres dév, sorciers et péris, Mar avares ou prodigues et juges 
menteurs en observant les nuages. Ceux qui augmentent la pluie 

18 I avec les Dieux cités plus haut, c'est le mênôg du Feu Vahrân 
et les autres Dieux, la générosité, le don avec discernement ( vicï- 
târ dahisn) de l'homme de bien au regard bienveillant, la femme 
Juste, le juge qui déclare le vrai en observant les nuages. 

L'avantage qui provient de la fin (frazàm) de la pluie est général 
et vient de la création du Créateur, le dommage étant particulier 
et venant de l'Assaut qui y est mêlé. Celui qui augmente l'avantage 

* 81 universel provenant de la pluie / , et en affaiblit le dommage parti- 
culier, c'est l'homme souverain, surtout par le bon commande- 
ment et la force de la loi. Celui qui augmente le dommage parti- 
culier venant de la pluie et en réduit l'avantage général, c'est le 

3 Mar tyran, par le mauvais commandement et / beaucoup d'illégalité. 

Les faiseurs de pluie sont les souverains qui augmentent la 
puissance de faire de la pluie profitable, et réduisent l'adversaire 
de la pluie, la puissance des dëv à l'œuvre dans l'opposition à la 
pluie, ceci par le culte (yastârîh) de la Bonne Dën, la louange des 
Dieux, et l'exécration (bësisn) des dëv, surtout du culte des dëv 

6 et des dën étrangères (dënïk ûzdëhîk dëvizâkîk). 

L'ivresse et la violence des dëv antagonistes de la pluie augmen- 
tent par le fait de leur antagonisme à la pluie, de l'injure (bës) 
faite aux Dieux faiseurs de pluie et du silence ( tustïh) fait sur 
leur production de la profitable pluie. 



113 / S UR LA RAISON DE BEAUCOUP D'EXERCICE DE VISION OU 
DE NON VISION DE LA DËN ORNÉE DE SAGESSE, POUR CEUX 

qui LA contemplent ( nikîritâràn) . (B. 81 ; M. 110.) 

En contemplant dans l'âme la Justice de la Dën avec amour 
(xdosarmihà), dans la Bonne Dën, ce qui atteint /surtout à la 
vision, c'est l'exercice de la connaissance spirituelle (jânïk dâ- 
nisn). En contemplant avec cupidité (àzvarïhà) dans le gëtï la 
noblesse (âzâtîh), l'autorité et la recherche du renom, on disperse 
(fraganët) beaucoup de la vision et de la connaissance qu'on aurait 
dans la Bonne Dën. Celui qui contemple la Bonne Dën pour 
l'amour de son âme, celui-là obtient aussi en plénitude ( andar 



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bavandak) le savoir et la connaissance qui sont dans la recherche 
15 du gëtï, de l'autorité et de ce qui est utile au renom. / Celui qui 
contemple le gëtï (om. ëvap) sans cupidité, celui-là voit aussi 
en petit (andar kam) le savoir et la connaissance qui, dans la 
recherche du gëtï, sont des moyens utiles. Et sur ce chapitre 
js ( x dar. om. début du ch. suivant) / les Anciens Sages enseignaient 
(câsët) qu'il faut d'abord rectifier son tempérament (xëm) et 
ensuite interroger le xrat. 



H4 Sur le salut qui aura lieu au moment de la Fraskart 

QUAND LE GANNÂK MËNÔG SERA JETÉ A BAS, AINSI QUE CELA 
EST RÉVÉLÉ PAR LES GâTHÂ. (B. 81 ; M. 110.) 

f- 82 j Frapper et mortifier une substance n'est pas l'annihilation de 
la substance, ce qui est impossible, mais c'est la séparation (yudta- 
kih) de telle chose d'avec telle chose, leur activité découlant de 
5 leur union. / La privation d'activité par cette dissociation, c'est 
cela qui fait que, lorsque l'on frappe, on rend inopérant. Ainsi 
le corps, de par sa dissociation d'avec l'âme, n'est pas annihilé 
mais rendu inopérant ; de même seront détruits, au moment de la 
Fraskart, toutes les œuvres et instruments du Gannâk Mënôg, 
„* et lui-même / contre son gré, ne trouvant rien à la fin qu'il puisse 
emporter comme sa part, d'entre les êtres parmi lesquels il s'est 
agité, sera frappé; le cercle (girt) de solitude (anayàrïh) et d'in- 
conscience (anabyàsïh) se complétera en revenant sur lui, il sera 
îf rejeté dans le repaire d'où il s'était glissé vers les créatures / et 
abattu. C'est ce que révèle la Dën : « En toutes choses, Ohrmazd, 
;? ;2 par ta royauté, Gannâk Mënôg est précipité vers le bas / à cause 

de son activité nocive ». (Y. 34, 10). 
X Le zandïk dit absurdement que les ténèbres d'Ahriman seront, 
à la fin, rejetées et réduites ( x ôpastak) dans une nouvelle prison 
faite de lumière, les ténèbres ayant été amenées, de la lumière 
Z avec laquelle elles avaient une frontière commune (ham sàmânihâ) 
4 d'un seul côté, au sein même de la lumière où c'est de deux côtés, 
a 5 et feront souffrir la lumière / dix mille fois plus: en rendant infini 
( x âkanârak) tout ce qui est autour, ce qui est encerclé est comme 
| un homme qui gît en prison ; c'est enseigner l'infinité des ténèbres 
tout en parlant de sa limitation de tous les côtés. L2 ,„ . . .ï ère 



118 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



proposition sur l'infinité / corporelle est réfutée parce qu'elle est 
contradictoire ; la deuxième proposition, à savoir qu'une prison 
finie embrasse une créature infinie, ne saurait être établie puisqu'il 
s'agit d'une impossibilité. 



115 Sur la manière (Sun) d'avancer (apar apurtan) ses actes 
pour les faire aboutir a leub fin (hûp-frazàmïhâ) . (B. 82 ; 
M. 112.) 

83 I La manière d'avancer ses actes pour les faire aboutir à leur 
fin, surtout quand il s'agit des actes des rois, comporte deux 
aspects : 

veiller au secret de la forteresse des actes afin que soit cachée 
3 au dehors la plus petite (hucârak) chose / qui soit un indice du 
secret (comme si on se disait :) que la connaissance d'un indice 
de l'acte ne parvienne pas, en conséquence, à celui qui pourra 
détruire ( vizûtâr) cet acte et que ne s'en suive le moyen de retarder 
et de bouleverser tous ces actes; 

le moment venu, agir vite (comme si on se disait :) que le 
6 moment d'agir ne se passe pas dans le non-agir, / mais que demeure 
non-agis l'action insensée (halak) et le destin (handâcisn) impie 
qui 3 7 est attaché. 



116 Sur la protection ( x pânakîh) de la mémoire (ûs) et de 
la sagesse (xrat). (B. 83 ; M. 116.) 

De la mémoire et de la sagesse, le protecteur (pàîàr) au mënôg 
est Vohuman ; selon la nature, c'est la perception ( x bôd) et au 
gëtî, le contentement (konsandik) des biens de la terre ( x zamîk 
xvàstàk ) . 

j Celui chez qui le fondement de la mémoire et de la sagesse 
est puissant (nërôkômand), et qui a la protection ( x pâtârïh) de 
Vohuman, la perception et le contentement des biens de la terre 



chapitres 114 a 117 



119 



existant avec un parfait fonctionnement la mémoire et de la sagesse, 
sera loué et honoré dans les deux existences. 

Et celui chez qui la mémoire et la sagesse abandonnent la pro- 
tection / de l'un de ces trois (protecteurs) : si c'est Vohuman il 
s'en suit que Akôman et la Fureur (xësm) sont rendus dominants 
en lui, la sagesse étant refroidie par Akôman et la mémoire boule- 
versée par la Fureur. Et si c'est bôd, les dëv sont rendus dominants 
sur la mémoire et la sagesse et en triomphent, et la personne 
(kân tan) devient folle ( x dëvànak). Et si c'est le contentement 
des biens de la terre, la misère (Skôhîh) et la mauvaise race y 
demeurent, tandis que la mémoire (om. rép.) et la sagesse sont 
supprimées. 



117 Sur le mot qui exprime notre venue a l'état de non- 
péché. (B. 83 ; M. 113.) 

/ Les mots qui expriment notre venue à l'état de non-péché 
(avinàsïh) sont deux : le désir (kâmih) le plus poussé (frâctôm) 
d'être pur du péché, et l'approbation (pasand) qui porte sur ce dé- 
sir. Dès la que la pureté à l'endroit de péché ne peut venir aux 
hommes en dehors de ( <hac>) l'accord (hamdàtistânïh) de leur 
ahu le plus intime (andartom) au sujet de l'état de non-péché et 
de l'approbation qui porte sur celui-ci, celui-là est le plus ferme 
84 ( ôstïktar) qui (s'appuie) sur / Vaku suprême et omniscient qui est 
Ohrmazd le Créateur, lequel sait ce qu'est l'état de non-péché. 
Ainsi la pureté et l'approbation qui porte sur celle-ci sont néces- 
saires, et l'homme en a besoin ; pour en venir à les vouloir ( 5 kâm) 
lie seul chemin est le témoignage (ô gukâyîh ; om. répj de son 
ahu (attestant) qu'il est sans péché. C'est comme ce que disait le 
saint Erpat Baxtâfrït : requérir la pureté de soi-même, et l'appro- 
bation des dieux. 



120 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



118 S UR LA MANIÈRE (suit) D'OBTENIR LA ROYAUTÉ / DE L'HOMME 
QUI CHERCHE LA ROYAUTÉ. (B. 84 ; M. 113.) 

La manière qu'a l'homme qui cherche la royauté de trouver 
la royauté, c'est aussi la manière de faire se rassembler la troupe 
de ses hommes auprès de ses dieux, et la venue / des dieux à cet 
homme. Du fait que ( x hac ; ce qui suit est répété ensuite jusqu'à 
vis avec trois mots omis la première foisj viennent grandement 
appuyer (apar-astisnïh) la royauté en y joignant l'espérance qu'ils 
mettent en cet homme, il devient plus apte à les préserver du mal 
et à leur faire du bien. Et voici le texte avestique : nôit zî/ di yâ 
pasu vïra xsaOrâ ahmât asauno mazistya dïsatôis manayât kasis- 
tem uza / yàOramaya : sur ceux qui cherchent la royauté « pasu 
vïra « pour celui qui les fait demeurer ( mânënét) dans le plus grand 
bien-être (âsànik), sans la moindre transgression ( ûl ûzisnïh), 
à savoir : il ne leur fait aucun mal, mais leur fait beaucoup de bien. 



18 119 / DÉMONSTRATION DE LA DUALITÉ DES PRINCIPES, FONDE- 
MENT DE LA CROISSANCE DES CHOSES DU MONDE. (B. 84 ; 

M. 114.) 

Qu'il y ait 2 principes premiers aux choses du monde est démon- 
tré par leurs transformations (vihërisnîkïh) en choses de nature 
différente. L'eau se change tantôt en nature d'air ( vât) tantôt 

p- ss (kast kad) en nature de terre ; l'air/, tantôt en nature d'eau, tantôt 
en nature de feu ; le feu tantôt en nature <d'air>, tantôt en 

3 <nature> de terre; la terre, tantôt en nature /de feu, tantôt 
en nature d'eau. Et par leur changement de nature se manifeste 
l'existence d'un principe, et par leur différence de nature, le fait 
que ce qui les nature diversement est un principe, et, par leur 
convenance mutuelle dans l'être, (qui manifeste) l'origine (hacisih) 

6 des formes (dësakân) et leur non- convenance / à d'autres formes, 
que la cause de la création ne dérive pas d'un unique principe sage, 
ses naturants ( x cikrënâkàn) étant adaptés (apâk sâcënâkih) pour 
un devenir (bavisn) profitable, ce qui n'est pas adapté ( x asâcênâkîh) 
étant pour une création dommageable. Tout cela manifeste qu'il 

9 n'est pas impossible / qu'il y ait plus d'un principe. De même qu'est 
manifeste l'antériorité de la « faction » des éléments (zahakàn) 
par rapport aux formes qui en proviennent, la faction de ce 



CHAPITRES 118 A 120 



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qui est fait des éléments ( x zakakân) est plus manifeste encore, et 
leur « faction « implique un Auteur. De l'adaptation ( apàk-sâxtà- 
12 TÎh) I du monde, provient l'avantage ; et leur action destructrice 
est dommage : soit par nature, comme le loup vis-à-vis du mouton, 
soit par vouloir, comme l'homme vis-à-vis de l'homme. Outre la 
diversité des hommes, il y a contrariété entre les formes, leur 
15 convenance tendancielle {âhang-sâxtârïh) entre elles s'opposant 
à leur non-convenance l'une vis-à-vis de l'autre. Et parmi les 
tendances des hommes, la loi qui s'oppose à la non-loi qu'on ne 
rejette pas. Et parmi les formes, la non-convenance nuisible cause 
18 de destruction, contre la convenance / profitable, cause efficiente 
de l'aide. En sorte que la conformité à la loi, chez les hommes, 
qui fait que leurs actes deviennent actions méritoires, et qu'ils 
se sanctifient en conséquence, est contraire à la non-justice qui 
rend leurs actions peccamineuses et eux-mêmes druvand. (De 
ces contradictions) il résulte clairement qu'il y a plus d'un seul 
p. $6 principe. Que le ciel, la terre, le soleil, la lune / et les étoiles aient 
été faits, manifeste le Principe, parce qu'il y a eu « faction » et que 
la « faction » est postérieure à l'argent. Le ciel est pour la défense 
de la terre, et la zone des étoiles est faite pour / servir de champ de 
bataille aux lutteurs, et les lutteurs vont du plus intime du corps 
jusqu'à la zone des étoiles. On voit par là qu'il ne suit pas du tout 
de là que les luminaires supérieurs qui entourent le corps (pat tan 
x ô rôn) aient une action destructrice et que le Créateur lui-même 
détruise sa propre création / en versant ( x rëcïtân) la lutte parmi 
les siens et en faisant se combattre entre elles ses créatures : il 
s'ensuit plutôt qu'il y a plus d'un principe. 



120 S UR LE CARACTÈRE MERVEILLEUX (abdîk) D'OHRMAZD LE CRÉA- 
TEUR tout-puissant ( ' x visp x tûvân) . (B. 86 ; M. 115.) 

/ Lorsque l'on considère la petite graine ( dânak) de laquelle est 
produit le grand arbre, la petite corde ( ? cupizak) qui lie la grande 
branche (batak), le petit œil qui grâce au grand éclat du soleil, 
considère d'un seul regard (hambun?) la terre, et la petite pensée 
(andësun) de l'âme qui / fait le tour ( x girtët) de toutes choses, et 
la force des brins de soie ( x parnikân) qui étant réunis sont telle- 
ment renforcés, et de même tous les cieux et la terre dont les 
parties sont si faibles et de si peu de force, mais, en conjonction, 



122 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



13 apparaissent d'une force si éclatante et si grande que / même un 
signe (nïsànx.ë) de leur caractère merveilleux ne peut atteindre 
la pensée, — alors apparaît le caractère merveilleux de la force. 
Et quand nous considérons cette merveille qu'est la soumission 
de la force au gouvernement (râyënisnikih) de la connaissance, 
et le gouvernement (ràyënitàrïh) de la connaissance sur la force, 

18 on voit que la connaissance est plus merveilleuse ( abdtarïh) / que 
la force. 

Et quand on considère la Dën Mazdéenne qui engendre toutes 
les connaissances, on voit que la Dën Mazdéenne est plus merveil- 
leuse. Et quand on considère la royauté et qu'elle fait progresser 
(ravâkënâk) la Dën, on voit que la royauté est plus merveilleuse. 
Et quand on considère Ohrmazd le Créateur, et qu'il est le prin- 
cipe, le producteur (àpûrâk) le fabricateur (kunàk), le gouverneur 
p- 37 de tous ceux-là (imsân) j à la fois, on voit le caractère suprêmement 
merveilleux du roi Oiirmazd Créateur tout-puissant, et c'est ici 
le terme ( astisn ) de la vision du caractère merveilleux du Créateur. 



121 / SUS LA DESTINATION DE LA VOLONTÉ D'OlïRMAZD. (B. 87 ; 

M. 116.) 

La destination qu'a Ohrmazd vise le choix ( vicïn) selon la sagesse 
omnisciente ; et le choix qui est selon la sagesse omnisciente vise 
la volonté d'établir et de continuer la créature en général/ dont 
l'action accomplie complètement (spûrkârih) réalisera la volonté 
d'Ohrmazd en faisant croître la Dën Mazdéenne et son empire 
jusqu'au faîte des actes, gagnant pour la création entière stabilité 
d'avantage (sût-asttsnik) ; et sa propagation sera complète : ce 
sera la Fraskart, la parfaite défaite de l'Assaut, / et le bonheur 
total de toute la création. 

Les docteurs dont la doctrine est que même le dommage de 
toute la création vient de la volonté de Dieu, qu'à la fin toutes 
les actions de la création doivent être renversées, que la plupart 
des hommes doivent aller dans l'enfer éternel, et que ceci vient de 
la destination de la volonté de Dieu, attribuent / à Dieu une volonté 
unique, la destination première des actions étant désordonnée 
( x apërastak) et leur fin étant également mauvaise, et lui dénient 
la divinité. 



CHAPITRES 120 A 122 



123 



122 S UR la Bonne Dën et la mauvaise, leur germe, mani- 
festation, PROPAGATION, / FRUIT, AVANTAGE ET DOMMAGE. 

(B. 87 ; M. 117.) 

La Bonne Dën est Yasn xrat : ses « corps » sont les vertus reje- 
tons de Yasn-xrat : l'asn-xrat et ses corps que sont les vertus sont 
les rejetons de Vohuman, le Spanâk Mënôg. La mauvaise x dën 
est la concupiscence, ses corps sont les vices, engeances de la sotte 
(mutak) concupiscence; et / la sotte concupiscence et ses corps 
que sont les vices sont l'engeance d'Akoman, le Gannâk Mënôg. 
(om. rép.) C'est pourquoi (kë rad) le germe originel de la Bonne 
Dën est le Spanâk Mënôg, et le germe de la mauvaise dën est le 
Gannâk Mënôg. 

Quant à leur manifestation ; celle de la Bonne Dën, par tout ce 
qui est de la sagesse (hac xratïkïh) ; opération (sâzïh) de sagesse, 
matière (mâtagîh) de sagesse, corps de sagesse, action (kâr) de 
sagesse, bonne motion (kuvazîh) de sagesse, lumière (om.) conforme 
à la sagesse, / et tous avantages des bonnes créatures, du fait qu'elle 
est un rejeton du Spanâk Mënog, Celle de la mauvaise dën, par 
tout ce qui est de la concupiscence : opération de concupiscence, 
matière de concupiscence, / corps de concupiscence, action de 
concupiscence, ténèbre conforme à la concupiscence, et tous les 
dommages de la bonne créature, du fait qu'elle est engeance du 
Gannâk Mënôg. 

Quant à leur propagation à toutes deux, dans l'état de pureté : 
pour la Bonne Dën dans la bonne stabilité de pureté / des Amahras- 
pand, là où Yasn-xrat a le pouvoir et où la sotte concupiscence 
naissante (sarômandîhà) est sans pouvoir; pour la mauvaise dën, 
chez les dëv,là où la sotte concupiscence a le pouvoir et Yasn-xrat 
en est le plus éloignée (dûrtom y -hacis) ; dans l'état de Mélange 
toutes deux sont / dans le monde où Yasn-xrat et la sotte concupis- 
cence sont en lutte pour le pouvoir. Dans l'état de Mélange, plus 
la force de Yasn-xrat domine, plus la Bonne Dën est accueillie, 
assurée et propagée, plus les Dieux dominent, plus les hommes 
de bien ( x vëhàn) sont en nombre et plus l'époque/ est heureuse. 
D'autre part, plus la force de la sotte concupiscence est grande 
( x vuzurgïhâ), plus la mauvaise dën est accueillie et propagée, 
plus les dëv sont violents, les méchants nombreux et plus l'époque 
est mauvaise. 

Le fruit (bar) de la propagation : celui de la Bonne Dën est 
l'avantage, celui (om.) de la mauvaise dën est le dommage des 
créatures. / L'avantage de la Bonne Dën, qui en est le fruit, quand 
il provient de sa propagation à l'état pur chez les Amahraspand, 



124 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



consiste en la protection de leurs créatures contre la destruction 
venant de l'Assaut, la conjonction de leur force de bonté avec la 
nature des hommes par la pure conservation de l'existence ( ?) du 
caractère (xëm) / l'établissement de l'humanité chez les hommes , 
par quoi ils peuvent se sauver et s'orner, l'augmentation de la 
croissance des vertus dans le monde, la disposition du monde dans 
le bien. Quand (cet avantage provient) de sa propagation dans l'état 
de Mélange parmi les hommes, il consiste en ce que sont fortifiées 
les vertus du bon caractère chez les hommes, en ce que la druj 
est défaite et vaincue et donc l'action devient acte méritoire, et par 
là l'âme est sauvée. / Et quand cette propagation est parfaite parmi 
les hommes, l'armée de la druj est aussi brisée, l'Assaut dispa- 
raîtra de la créature, et toutes les bonnes créatures seront immor- 
telles et auront plein pouvoir (vas ô x s a 0 r a). / 

Le dommage qui est le fruit de la mauvaise dën, quand il pro- 
vient ( x kac) de sa mauvaise propagation à l'état pur parmi les dëv, 
consiste en débordement (rëcisn) de leur hostilité contre le monde, 
en corruption et nuisance contre les créatures. Celui qui provient 
de sa propagation dans l'état de Mélange parmi les hommes consiste 
en ce que les vices sont fortifiés, les vertus affaiblies, / l'humanité 
des hommes se dissipe et naît en eux la dêvïté ; l'action deviendra 
faute (*bacakënitan) et l'âme druvand. Et la ruine et la désolation 
du monde du fait de l'illégalité, vient de ce que l'humanité est 
corrompue; de cette corruption et illégalité dëviques, / procède 
une force accrue des dëv, par la destruction du monde, et une 
libération (ârzakïh) du mal dont les liens sont défaits ( x visât- 
bandïha) et non mêlé de bien. Et dans cette destruction du monde, 
la créature ne peut subsister, les fautes étant libérées (visân x bacak) 
sans admixtion de bien / et tout le mal s'y mêlant ( x gumay) . 

Les docteurs dont la doctrine est qu'il y a seulement un prin- 
cipe unique en viennent à dire qu'il y a communauté de principe 
pour l'ensemble (hamôgën) de tous les êtres qui ont un principe, 
que de ce principe ( x bun) vient même la mauvaise dën, que ce 
principe commun procède de celui qu'ils tiennent pour dieu, 
qu'ils lui attribuent la qualité de Gannâk Mënôg / et lui dénient 
celle de Spanâk Mënôg, et que le principe de toutes les fautes, 
le chef (sâr) de tous les pécheurs, est le plus mauvais des mauvais. 



CHAPITRES 122 A 123 



125 



123 S UR LE S ëti ' CE Q U ' IL EST, A QUELLE FIN IL EST CRÉÉ, SON 
ACTE, SA DÉFINITION, SON GERME, SA FORME, SON ESPÈCE, 
18 SA FIGURE, LA FORCE / [DE SON bavisil, LA CAUSE DE SA CRÉATION, 

ET EN QUOI CONSISTE LE bavisn, EN QUOI LA CRÉATION; OU VONT 
LES ÊTRES QUI SONT DÉTRUITS ET S'ILS SE RÉCONSTITUENT 
OU NON ; ET S'ILS SE RÉ CONSTITUENT, EST-CE DANS LA NATURE 
TELLE QU'ELLE EST ACTUELLEMENT NATURÉE QU'ILS SE RÉCONS- 
TITUENT OU DANS UNE AUTRE. SUR L'EXISTENCE DU mënôg 
p. 90 DANS LE gëtî ET DE QUELLE UTILITÉ / LE mënôg EST-IL DANS 

LE gëtî? ET LA FRONTIÈRE DU mënôg, QUI EST LE gëtî, ET QUE 
LE mënôg EST DOUÉ DE FORCE SUR LA vaxS \ ET SUR L'UNION 
DE LA NATURE ET DU mënôg ET COMMENT ILS SE DISTINGUENT 
3 L'UN / DE L'AUTRE; ET SUR LE mënôg DES DIEUX ET DES dëv, 

ET, ALORS QUE TOUS DEUX SONT mënôg, EN QUOI ILS SE DIS- 
TINGUENT L'UN DE L'AUTRE ; ET. SUR LES CRÉATURES GËTÏ- 
KIENNES ET LA CRÉATION AVANT ET APRÈS ; ET QU'EN EST-IL 
DE LA CONSTITUTION TERMINALE (DES ÊTRES) ET DE LEUR 
DISPOSITION? ET SUR LA SUPRÊME D'ENTRE LES CRÉATURES 
GÉTIEIENNES ET / SUR LA SUBSTANCE DES CRÉATURES ET LEUR 
CORRUPTION ; QUE LE MONDE SERA PURIFIÉ DE LA CORRUPTION 
PAR UN PURIFICATEUR ; ET SUR LA PUISSANCE PAR LAQUELLE 
LE MONDE EST DISPOSÉ, ET SUR LE COMMENCEMENT ET LA FIN 

du monde. (B. 89 ; M. 119.) 

/Le gëtî est un être (stï) à l'état corporel, visible et tangible 
et sa création est en vue de la répression de l'agression combative 
— l'agresseur étant l'antagoniste de la création — et, du même 
coup, pour la béatitude éternelle. C'est à cette fin que / son acte 
lui a été donné. La preuve en est qu'aucun acte des créatures 
gëtïkiennes n'est démuni de la force de réprimer l'agression. La 
définition du gëtî est « visible et tangible », et tout ce qui est visible 
pour l'œil du corps et tangible pour la main est/ gëtî. Et le germe 
du gëtî est ce qui est amené à l'être (bûtak) par la production et 
la création du Créateur, par l'instrumentalité de la force de rah, 
et son nom religieux est bavisn, et l'on connaît notamment le chaud- 
humide, fondement des créatures gëtî et leur matière. Et la première 
forme (dësak) est ce qui a été amené à l'être par l'opération / mesu- 
rée du Créateur à partir du bavisn, et son nom religieux est bavisn- 
ravisnîh : ce sont notamment les quatre éléments (zâhàkân) qui 
sont air, feu, eau et terre, fondement des natures gëtî. Et la deuxième 
forme est ce qui a été amené à l'être par la sage opération du Créa- 
teur à partir de bavisn-ravisnîh et son nom (religieux) est bavisn- 
astisnïk : ce sont notamment les quatre ristakân, humeurs des 
/ vivants. La troisième forme, qui provient de l'activité excellente 



126 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



du Créateur, ce sont la fravahr et la ruvân, êtres qui réunissent ces 
mêmes ristakân, et notamment l'homme, le bétail et les autres 
vivants qui sont bons. Comme ce sont les dernières formes, / elles 
sont réparties en autant de corps individuels et en autant de forces 
indivises qu'il en existe, en causes de la diversité des êtres qui se 
trouvent être de même substance. Par la dualité se fait la misère 
des existants. En bref, la misère des existants est double : soit par 
l'accession d'un contraire (hambutîk) j procurant de la souffrance, 
soit par scission (bazisn) de la composition (hambavisn) de la forme 
( dësak) même, par le bouleversement total de tous les germes. 
Par parties, les formes (dësak) des corps (karp) deviennent le 
monde. Ce qui est détruit est résorbé dans le principe, les ristakân 
retournent aux éléments, les espèces et les corps séparément / au 
Créateur qui tient et maintient le principe, et ne vont pas au néant. 
De nouveau est restauré ce qui avait été détruit. Telle est la révé- 
lation de la Dën. Cela est possible de par la puissance du Créateur, 
de même que c'était possible aussi au commencement. Les corps 
qui sont reconstitués en étant naturés à partir du / principe pur 
sont autres que ceux qui sont naturés à partir du principe mêlé 
et sujet à l'Assaut, mais ces corps ont en commun d'avoir repris 
chacun de leurs ristakân grâce à l'omniscience et à la toute-puis- 
sance du Créateur. Grâce aux éléments qu'ils ont reçus, ils possè- 
dent / les ristakân, les espèces et les « figures «. Ce qui dans le 
g ëti est le plus mënôg, c'est la ruvân dans le corps, et la vie(jân) dans 
la ruvân est nécessaire pour maintenir et gouverner le gëtî. Le 
mënôg dans le gëtî est comme la vie qui vivifie le corps. Et la défi- 
nition du mënôg j dans le gëtî est à l'instar de la vie qui vivifie le 
corps et de la bôd qui le rend voyant ; ce qui n'est pas perçu par 
les organes des sens est vu par la vision de la vie ; et tout ce qui 
n'est pas perçu par les sens du corps et est vu par la vision de la 
vie est mënôg. Et l'organisation mënôgienne est comme les diverses 
puissances de la ruvân, telles que vïr, ûs et les puissances de la 
jân. j Ruvân, vaxs et cïhr sont une en tant que toutes trois sont 
mënôg, et ruvân et fravahr sont autres que vaxs en tant que ruvân 
et fravas sont des êtres (stï), tandis que vaxs est / dans un être 
(pat sti). Ruvân et fravahr se distinguent l'une et l'autre en tant 
que ruvân est douée de volonté et agit volontairement, tandis que 
fravahr est naturelle et agît selon sa nature. Et vaxs diffère de ruvân 
en tant que ruvân est le substrat de la vaxs, tandis que vaxs est la 
puissance qui est dans la ruvân. j Les deux diffèrent aussi par des 
modes d'activités différents, car l'activité de la vaxs est selon le 
discernement de xrat, tandis que celle de fravahr comporte une aide 
considérable à la nature et celle de ruvân est activité volontaire. 



CHAPITRE 123 



127 



Ruvân se distingue de fravahr, nature et vaxs : ruvân organise, 
fravahr et vaxs sont organisées / par ruvân. Elles sont une en ce 
que toutes trois, lorsqu'elles se conjoignent avec le souffle ustâ- 
nomand qui est lâjân, l'organisation de l'homme a lieu, ha fravahr 
par la nature du feu rend ustân le souffle, et par l'ustânisation 
du souffle, elle vivifie / le corps. La ruvân, à l'intérieur de la corpo- 
réité, grâce au concours de la bôd douée de vaxs, rend le corps 
capable de vue et de fonctionnement. Bôd et vaxs ont en commun 
l'organisation mënôgienne, c'est-à-dire qu'elles s'unissent ensemble 
dans l'organisation de l'homme. Et dans cette union / de fravahr 
et de bôd douée de vaxs, lorsque la personne trépasse, dans le cas 
d'une âme Juste, bôd et la fravahr se séparent de la ruvân ; 
lorsque la ruvân est devenue druvand, la bôd et la fravahr devien- 
nent druvand et se séparent. Quant à l'essence des dieux et des 
dëv, voici la révélation de la Religion : pour l'essence des dieux, / le 
meilleur vaxs est la xrai ; pour l'essence des dëv, la pire des vaxs 
est le varan. Dans le corps des hommes, c'en est le témoignage 
qui vient au-dessus de la Révélation. Ainsi, ils sont tous deux 
mënôg, et ils sont distincts l'un de l'autre par une distinction de 
définition. Car la définition des dieux est « mënôg, vivant, immortel 
et sage » et la définition / des dëv est « mënôg, vivant, doué de 
male-mort et de connaissance perverse ». Quant aux hommes à 
l'âme juste ou druvand, ceux qui ont l'âme juste ont la même 
définition que les dieux, car étant vivants, sages et immortels, 
lorsqu'ils deviennent justes, ils ont la même définition que les 
dieux /. Quant à ceux qui ont l'âme druvand, ils ont la même défi- 
nition que les dëv, car étant vivants, doués de male-mort et de 
connaissance perverse, lorsqu'ils deviennent druvand, ils ont la 
même définition que les dëv. Quant à l'existence de ces dieux, 
le témoin qui l'emporte sur tout témoignage, c'est que ressemble 
aux dieux le sage, et ressemble aux dëv et aux drûj l'ignorant, et 
de là (hacisân) suit (om.) que le principe de la sagesse (dânàkih) 
qui est dans les hommes est les dieux, et le principe de leur connais- 
sance perverse est les dëv. / (om.) 

La somme des créatures gëtî est la création du ciel, de l'eau, 
de la terre, des plantes, du bétail, de l'homme. Que le ciel ait été 
créé /, c'est révélé, puis l'eau pour contenir adéquatement la 
puissance du vent, car la substance du ciel est le mënôg de vây, 
puis la terre, puis les plantes, puis le bétail et enfin l'homme. Et 
tous ces cinq sont à l'intérieur du ciel qui est le plus extérieur à 
eux et qui manifestement entoure tout. / L'eau étanche la soif 
dans toute l'intervalle qui est sous la zone des étoiles. Tout ce 
qui est en-dessous et au-dessus et autour de la terre est sous 



128 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



l'emprise et le gouvernement de la puissance des eaux. La crois- 
sance des plantes est sur la terre ; les plantes fournissent assistance 
au bétail, et par le bétail, aux hommes. Et suprême entre les 
créatures gëtï est l'homme, et parmi les hommes /le souverain 
qui est un bon roi. L'être primordial réparti de par le monde, 
ce sont les lumières infinies (anagr rôsn), ce qu'il y a de plus proche 
du Créateur, et, au dehors (bërôn) de nombreuses étincelles 
se rattachent à ces lumières, et la flamme de ces étincelles et 
l'éclat (bàm) de cette flamme, jusqu'au ràs, et du ras, grâce à la 
production du Créateur, on atteint au bavisn /, au chaud-humide, 
fondement premier des créatures gëtï. Du bavisn chaud-humide 
vient le bavisn-ravisnïh, les quatre éléments (zahâkân) qui sont 
air, feu, eau et terre. De bavisn-ravisnih provient bavisn-astisnîk, 
les espèces mixtes, et, à partir des espèces des éléments (zahâkàn)^ 
répartis, les divers corps divisés en ultimes créatures du gêtï qui 
constituent l'ensemble des créatures du gëti. 

Le fait de la corruption /du monde ne provient pas de l'être 
même de la substance sans défaut du monde ou de l'acte sans dé- 
faut du Créateur Ohrmazd, mais bien de l'action corruptrice de 
l'Assaut plein de toute corruption/. Il est possible de purifier le 
monde de ces défauts en en éliminant cet Assaut corrupteur. Il est 
révélé que cette purification a pour principe le Créateur du monde 
et se fait par l'instru mentalité desjân profitables, et que l'immorta- 
lité est par le corps eschatologique. Les « docteurs » sont d'accord 
sur ce qu'il est possible au monde d'être sans défaut. Et la puissance 
par laquelle le monde est organisé, avec l'essence même de l'être 
(sti) et l'union des êtres de même substance, provient de /la volonté 
bonne du Créateur et de son activité habile (nëzumânik), et c'est 
par elles que les saintes Fravartis sont les moteurs du mouvement 
des luminaires, dont la force est dans le fait d'être instrument. Le 
commencement (x-nivinisn) et la destination du gëti est le décret 
du Créateur à son sujet dans sa réflexion sur le moyen d'abattre 
l'Assaut et de béatifier les créatures. Et la fin du gëti advient 

/ pour l'accomplissement de ce que le Créateur a commencé 
(nivist) par lui : victoire sur l'Assaut et bonheur de toutes les 

créatures, réalisés par l'activité. 



CHAPITRES 123 A 125 



129 



124 Sur le combat cosmique (gëhân razm), le lieu du combat, 

LES ARDENTS AU COMBAT (razm âyôz), LE CHEF (sardar) DU 
12 COMBAT, LE MAITRE DU COMBAT (razmpat) , / LE FAUTEUR DU 

combat frazmkar), celui qui repousse le combat, <celui 

QUI SE SAUVE DU COMBAT >, CELUI QUI EST CONDAMNÉ PAR LE 
COMBAT, CELUI QUI GOUVERNE LE COMBAT ET SUR LA FIN DU 

combat. (B. 94 ; M. 125.) 

Le combat cosmique, c'est la lutte des êtres de substances 
diverses. Le lieu du combat, c'est le lieu du Mélange, des lutteurs 
1 5 antagonistes / à la zone des étoiles. Les ardents au combat, ce sont 
les créatures du gêtï. Le chef du combat, c'est l'homme. Le maître 
<du combat > entre les hommes, c'est le bon roi, le souverain, 
le dastur de la Dën plein de sagesse. Le fauteur du combat, c'est 
l'Ignorant. Celui qui repousse le combat, c'est le sage mënôg. 
Celui qui se sauve du combat, c'est le Juste rat. Celui qui est 
condamné par le combat, c'est celui qui meurt druvand. / Celui 
qui gouverne le combat, c'est Ohrmazd le Créateur. La fin du 
combat, c'est la volonté sagement gouvernée de briser les instru- 
ments et l'art (kërok) des créatures viles (dahikân), de bouleverser 
leurs légions, de détruire leurs moyens, / et pour toutes les bonnes 
créatures, leur triomphe sur l'Assaut, la rétribution, l'immorta- 
lité (anôsakih) et la béatitude éternelle. 



? ' 95 125 / Q U ' 1L EST POSSIBLE DE DIRIGER (vënartan) PAR LA FORCE 

de la Bonne Dën même les êtres gëtï de mauvaise reli- 
gion; et comme quoi même une mauvaise religion peut 
être l'adversaire de ses propres adeptes (burtârân) et 
propagateurs. / (B. 95 ; M. 126.) 

Des nombreux dieux d'Ohrmazd le Créateur, les uns sont créés 
pour régir le ciel et la terre, faire souffler le vent, couler l'eau, 
pousser les plantes, venir à l'être et nourrir les bêtes et les hommes ; 
les autres pour protéger les êtres du gëtï / contre les dêv qui 
corrompent les créatures. Sont rendus manifestes par la force 
de la Bonne Dën, par les récitations ( ôsmurisn) et le cuite (izisn) 
des fidèles, le pouvoir de direction (vënâriârik) de Dieu sur les 
dëv toujours ardents (âyôz) par leur action d'opposition et de 
destruction au bouleversement du monde, à corrompre et faire 



130 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



9 mourir les créatures /, il y aura victoire de la propagation de la 
Bonne Dën, et des récitations et du culte de ses fidèles grâce à la 
grande propagation et aux récitations de la Bonne Dën, viendra 
la force puissante-et-sainte ( afzônik) de ces dieux. 

Et des créatures du gëti dont la mauvaise religion a une activité 
perverse dans le monde autant que (and) la grande force des dëv 

12 dans le gêtï, ces hommes / de mauvaise religion aussi sont corrom- 
pus par la pollution ( x palûtakth) des eaux, ces hommes de mauvaise 
religion aussi ont abondance de maladies et de mortalité. C'est 
pourquoi il est clair que même ceux de mauvaise religion dans le 
monde peuvent être dirigés par l'armée de la Bonne Dën et ses 
fidèles agissant en connaissance de cause (husnâsïhâ) . Leur méchan- 

15 ceté porte aussi sur les leurs, / et leur puissance d'hostilité (se 
montre) même quand ils corrompent (les leurs). Ce qui est leur 
facteur d'accroissement, c'est la mauvaise religion. 



126 DÉMONSTRATION RIGOUREUSE (DE L'EXISTENCE) D'UN NON- 
PRINCIPIÉ ET DE LA POSSIBILITÉ QU'IL Y EN AIT PLUS D'UN. 

(B. 95 ; M. 127.) 

La démonstration rigoureuse ( tâstik) (de l'existence) d'un non- 
principié (abun) unique et de la possibilité (sâyend) de l'existencs 

18 de <plus d' > / un non-principié se fait par la mesure du poids 
(pat handâcisn i apar sang). Selon qu'il est 1) sensible (sôhisnik) 
et visible au corps ; 2) visible par lui-même en tant qu'il est visible 
à l'âme (jan) sans une image ( apacën) ; 3) visible et objet de pensée 
(andësisnik) en tant que visible par une image; 4) connu par 
enseignement (^nimûtak dànisnïk) ; 5) parvenu à la connaissance 
sans contestation (apatkâr àkâsik) ; 6) visible selon une bonne 

p- 96 ressemblance (humânâk) ; j 7) visible selon une ressemblance 
perçue même par deux personnes ( ? mânâk pat. c dô) ; 8) dissem- 
blant ; 9) non possible. En tout neuf poids dont l'explication 
reprise (dôgân) va être indiquée chacun à son propre chapitre 
( darak). 

1) Sensible et visible au corps : à partir de l'observation de celui 
qui ( x kë) pour beaucoup d'hommes peut être semblable (mânâki- 
3 hast) /à Dieu ; est semblable à Dieu le bon roi qui est un homme 
Juste et qui, dans ( x andar) le gëtï, parle instruit par la forme 
(? *dêsak) d'Ohrmazd. 



CHAPITRES 125 A 126 



131 



2) Visible par lui-même en tant qu'il est visible à l'âme sans 
image : à partir de l'union ( patvandisn) de Yaxv accrue par Vohu- 
man (V. andar-vaxsït) à l'âme (jân) sans voiles (pat apartakih), 
et dans (les conditions) antérieures / à la venue à l'état corporel, 
par une vision qui est de plein pied (hâvand) avec le mënôg, et 
on voit ainsi l'émanateur ( âfrîtàr) du monde comme s'il était en 
l'état corporel, par la puissance de la pensée ( andësisn) et de la 
faculté de la parole (gôvâkïh). 

3) Visible et objet de pensée en tant que visible à l'âme par une 
image : à partir de la pensée de l'âme dans la puissance de la parole. 

4) / Connu par un enseignement nimûtak : à partir du monde en 
tant que fait, son auteur. 

5) Informé sans contestation : à partir de l'information reli- 
gieuse universelle (amarkânik). 

6) <Visible selon une> bonne ressemblance... 

7) <Visible selon une ressemblance perçue même par deux 
personnes >.. . le poids du ressemblant provient d'un 
autre témoin, qui est (?) la foi de la Dën. 

8) Dissemblant ( duîmânâk) . Le poids du dissemblable et de 
l'impossible : à partir de la manifestation (du fait que) l'Ignorance 
a raison de Principe (bunômand) et que / le péché ne présente pas 
de bonne ressemblance. 

9) Impossible : à partir de la Sagesse ( dànâkîh) et de la causalité 
( y vahânik) du principe de l'acte vertueux, qui lui est unie (pat- 
vand), la démonstration à partir de ce « plus qu'un « (? bë ëvak 
vës), démonstration et possibilité de plus d'un non-principié. 
L'énumération ( ôsmurisn) du poids du dissemblable et de l'impos- 
sible est aussi mise en évidence par le fait que la Bonne Dën 
montre que le poids du ressemblant et du bien-ressemblant est 
dans les limites / (vimand) du possible. 

Et le fait que l'espace (vây) et le temps ne puissent tenir à l'étroit 
(atangîh) ce qui a pour principe un non-principié ouvre la voie 
à la possibilité de plus d'un non-principié, qu'on le dise soit 
localisé (giyâkômand) soit non-localisé (agiyàk). 



132 



LE TROISIEME LIVRE DU D EN KART 



18 127 $ VR CE DONT TOUT A BESOIN / MAIS QUI N'A BESOIN DE RIEN, 
ET SUR CE EN QUI EST TOUTE CHOSE MAIS QUI N'EST EN AUCUNE, 
ET SUR CE QUI GOUVERNE TOUT MAIS N'EST GOUVERNÉ PAR 

rien d'extérieur. (B. 96 ; M. 128.) 

Ce qui est sans principe, ou ce qui a un Principe (bunômand) , 
a besoin du temps pour l'opération et l'existence de tout ; sans 
le temps, rien de ce qui est, a été, ou sera n'est capable de rien 
97 faire, tandis que le temps n'a besoin d'aucune de ces choses / pour 
quoi que ce soit. Et ce en qui est toute substance (gôkr), n'étant 
nulle part, c'est l'espace (giyâk). Et ce qui gouverne tout, n'étant 
gouverné par rien d'extérieur, c'est la sagesse ( dànàkïh) d'Ohrmazd. 



3 128 SuR LA direction (vënarisn) / de la vie de l'homme, (B. 97 ; 
M. 129.) 

La vie (zivandakïh) de l'homme (se maintient) par l'adjonction 
(patisih) de l'âme (jàn) ; et l'âme (se maintient) dans le corps 
par la présence ( apâkïh) de la nature ( cihr) ; et la nature, par l'espoir 
de se sauver ( x buxtisn) de l'invasion qui oppresse (ôstâp) ou de 
toute autre destruction due à l'Assaut (om. rép.) en parvenant à la 
6 Fraskart. Il est possible que vienne / une direction de puissance 
en raison de laquelle la vie de l'homme, en vertu de cette espérance 
naturelle, acquière la puissance de se sauver <du> malheur lors 
de la Fraskart. 

Si cette direction était selon ce que disent les docteurs au sujet 
de la druvandïh et de tout l'éternel malheur de l'enfer, et du 

9 châtiment qui attend la plupart des hommes / lors de la Fraskart, 
cette espérance des créatures soumises à l'Assaut serait brisée, 
la nature serait retranchée de (visist) l'âme, l'âme subirait des 
tourments (pazdihast) de la part du corps, l'homme serait réduit 
à la mort (margïhït), et la rétribution ( x pat-dâsn) serait ôtée 
(absist) de la vie de l'homme et de la masse (pûrih) des autres 

12 créatures : ce qui montre le caractère mensonger des dires / de 
ces docteurs sur ce même chapitre. 



r 



CHAPITRES 127 A 130 133 

129 S UB CE Q UE LE Gannâk Mënôg combat le plus terrible- 
ment. (B. 97 ; M. 129.) 

La chose que le Gannâk Mënôg combat de la façon la plus terrible, 
c'est que se rencontrent, avec la force la plus haute, en une même 
is personne, le xvarrah de la royauté et celui de la Bonne Dën/, parce 
que cette rencontre serait sa destruction. Car si chez x Yim le xvar- 
rah de la royauté au suprême degré s'était rencontré avec le xvarrah 
de la Bonne Dën au suprême degré ; ou si chez Zartust le 
xvarrah de la Bonne Dën au suprême degré s'était rencontré avec 
.18 le xvarrah de la royauté au suprême degré comme chez Yim, /le 
Gannâk Mënôg aurait vite été détruit, la créature sauvée de l'As- 
saut, et la Fraskart serait venue à loisir (pat kâmak) dans la création 
/ de l'existence (axvàn). 

Chaque fois que dans le monde la Bonne Dën et la Royauté se 
rencontrent dans le même bon roi mazdéen (hudtn), le vice faiblit, 
r;.- la vertu augmente, l'hostilité diminue, l'entraide grandit, la Jus- 
98 tîce s'accroît, / la druvandïh se réduit; pour les hommes il y a 
expansion et autorité des bons, étroitesse et non-autorité des 
méchants, béatitude du monde; le bonheur de la création tout 
i-j^ entière s'établit / et resplendit. Lors de la rencontre parfaite 
de ces deux xvarrah dans un même homme, l'Assaut sera complè- 
tement vaincu et la créature sauvée et purifiée : de là viendra la 
Fraskart. Ce sera sous Sôsâns lorsque ces deux xvarrah se ren- 
6 contreront en lui / selon la révélation de la Bonne Dën. Et d'autres 
:' v f. avantages du même chef se produiront ; lorsque auront passé 
t.. (rahît) les nombreuses luttes générales ; ainsi la prospérité venant 
- t . > aux généreux, l'autorité aux sages, la magistrature ( dàtvarih ) 
aux hommes véridiques et ce qui est de cette espèce. 



130 Sur celui qui est en tout (pat kar), sur tout (apar har) 
au-dessus de quoi que ce soit (apar hac hëc), au-dessous 
de rien (pat hëc në adar), en sorte que son gouvernement 
est sur tout, et que tout est soumis a son gouverne- 
ment (kacis rày ënisnîkômand har). (B. 98 ; M. 130.) 

Celui qui est en tout, sur tout, au-dessus de quoi que ce soit, 
au-dessous de rien, c'est Ohrmazd le Créateur, omniscient, / omni- 
potent, bon souverain de tout. C'est lui le souverain qui n'est pas 



134 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



serviteur, le père qui n'est pas enfant, maître ( ?pasâ?) qui n'est 
pas sujet, ahu qui n'est pas inférieur (adarmàn), rat qui n'est pas 
ratunag, propriétaire (pâtixsây) qui n'est pas indigent (axvastàk), 
protecteur qui n'est pas protégé, patron ( ? mândistak) qui n'est 

15 pas compagnon (vâlôn),j qui engendre le savoir <et n'a pas de 
savoir engendré >, qui est lui-même (xvat) et pas un instrument, 
organisateur (vënâr) qui n'est pas organisé, distributeur qui n'est 
pas distribué, qui rend heureux ( xvàrënïtâr) et qui n'est pas rendu 
joyeux, qui assemble (hamkaTtâr) et qui n'est pas action assemblée 
(hamik kàr), destinant (handâxtâr) qui n'est pas destiné, gouver- 
nant qui n'est pas gouverné. 

Au-dessous d'Ohrmazd le Créateur, tout ce qui est sur une 

18 chose, dans une chose, au-dessus d'une / chose, est au-dessous 
de quelque chose d'autre. Ainsi celui qui est roi sur l'un est servi- 
teur de l'autre, qui est père de l'un est enfant de l'autre, qui est 
maître de l'un est sujet de l'autre, qui est Yaku de l'un est l'infé- 
rieur de l'autre, qui est le rat de l'un est le ratunag de l'autre, qui 
est propriétaire pour l'un est indigent pour l'autre, qui est protec- 

*- 99 teur de l'un est le protégé de l'autre, qui est / patron de l'un est le 
compagnon de l'autre, qui est lui-même par rapport à l'un est 
instrument par rapport à l'autre, qui est l'organisateur de l'un est 
l'organisé de l'autre, qui engendre le savoir de l'un a son savoir 

3 engendré par l'autre, / qui est le distributeur de l'un est le distribué 
de l'autre, qui rend heureux l'un est rendu heureux par l'autre, 
qui est assembleur de l'un est assemblé par l'autre, qui est desti- 
nateur de l'un est destiné par l'autre, qui est gouverneur de l'un 
est gouverné par l'autre. En raison de l'essence même de sa 
sagesse omnisciente, Ohrmazd le Créateur est essentiellement 
celui qui gouverne tout et n'est gouverné par rien. En tout, 
à cause de la non-omniscience (hac nêst âkâs vispih?) tout ce qui 
est autre que lui est gouvernable (râyisnïkômand) par l'Omnis- 
cience et éminemment ce qui est selon sa volonté. 



9 131 Sur ce qui est nécessaire a la perfection ( x spûragamh) 
! (B. 99 ; M. 132.) 

A la perfection (? spûragànih) sont nécessaires 10 excellences 
(apartarih) ; 1) une vie douce et égale (hampatvand) ; 2) un bien 
rapportant largement ; 3) une joie qui demeure ; 4) une royauté 



chapitres 130 a 132 



135 



rayonnante (bâmïk) et désirable (kâmik) ; 5) un regard bienveillant 
et plein de douceur ; 6) un bon compagnonnage (hamhàkïh) de 

12 parfait bonheur ; / 7) un bon ami ; 8) un conseil sûr (pandïh i 
ôstvar) ; 9) un assistant bien éduqué (ayâr-ë i hufraxt) ; 10) une 
conduite ferme dans ce sens. 

1) La vie douce, c'est la santé du corps sans rien à craindre. 
2) Le bien qui rapporte largement, c'est principalement l'asn- 
xrat. 3) La joie qui demeure, c'est la révérence (tarsàkàyïk) qui 

is dure, 4) La royauté rayonnante, / c'est la sagesse (dânàkîh) noble 
(asnôtak). 6) Le bon compagnonnage de parfait bonheur, c'est la 
bonne réputation (husravîh) avec un grand renom désirable. 5) Le 
regard bienveillant plein de douceur, c'est le contentement au 
sujet de ce qui a pu arriver. 7) Le bon ami, c'est celui qui en secret 
vous reprend de vos défauts, le sage (frazànak) qui est un compa- 
gnon (hamkàk). 8) Le conseil sûr, c'est un caractère rectifié (xëm 
virâstâk) j. 9) L'assistant bien éduqué, c'est la langue bien dressée 
par la sagesse (xrat). 10) La conduite ferme dans ce sens, c'est ce 
qui est confessé tout le long de la vie (jân drahnâ) au sujet de la 
Dën des dieux. 

Celui qui bénéficie de toutes ces excellences est exalté en tant 
que guide ( x parvânak) de la perfection. 



132 Sur l'existence et la manifestation et la différence 
p. ioo entre l'existence et / la manifestation. (B. 99 ; M. 132.) 

Ainsi que l'on dit les Anciens Sages d'après l'enseignement de 
la Dën : sont éternels, Ohrmazd le Créateur; la sagesse de la Dën, 
qui est en puissance (pat nërôk) la Bonté ; l'espace, sur lequel sont 

3 les êtres individuels concrets (sti) / ; le temps qui est son éternité. 
Leur existence est manifestée : celle d'Ohrmazd le Créateur, à par- 
tir du fait que la création est faite (kartakih) ; celle de la sagesse de 
la Dën, <à partir de> la parole et de l'action volontaire et sage ; 
<celle du temps ( x zamân)> et de l'espace, <du fait que> la 
création a pu être créée avec le temps et dans l'espace. 

6 Et la différence / entre l'existence et la manifestation est la sui- 

vante : telle existence, non-manifestée à l'homme, existait en 
elle-même ; et il peut y en avoir beaucoup : principe sans-principe, 
ou ayant un principe, non-manifestés à l'homme. Mais il ne 
peut y avoir aucune manifestation sans une existence. 



136 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



133 Sur l'avantage supérieur qui vient de la vertu quand 
elle se trouve chez les rois. (b. 100 ; m. 133.) 

L'augmentation des actes méritoires vient de la vertu, et la vertu 
augmente d'autant plus les actes méritoires et l'avantage du 
monde qu'elle se trouve chez les rois. Ainsi une source d'eau 
située sur le faîte d'une montagne / arrose-t-elle la végétation des 
plaines, et le feu embrasé sur une hauteur jette-t-il au loin son 
éclat (padrôk). Parmi les vertus, il y en a x 21 qui, se trouvant chez 
un souverain (dehpat) répandent d'autant plus leur bien dans le 
commun (pàtram). 

1) La royauté même sur le xvarrah des souverains, car ( x cê) 
la royauté /même est la direction (vënârisn) des dieux sur ce 
xvarrah des souverains. 

2) La bonté du caractère (huxëmik), car par la force du bon 
(fràrôn) caractère des souverains, le caractère de tous (amarkânïk) 
se convertit au bien. 

3) La Bonne Dën, car par la Bonne Dën des souverains, l'en- 
semble (se tourne) vers la Bonne Dën. 

4) / La bonne sagesse (huxratik), car par la bonne sagesse des 
souverains se fait le bon gouvernement des sujets (bandakàn) 
gouvernés. 

5) La hu-axvîh, car la force ( amavandih) des souverains vient 
principalement de la hu-axvîh, et par la force des souverains, les 
ennemis sont diminués (kamïhënd?) et le monde est protégé. 

6) La clémence (huaparïh), car de la clémence des souverains 
à l'égard de leurs sujets provient l'amitié ( dôstïk) des sujets à l'égard 
des souverains, / la docilité ( ëvakânakih) des sujets à l'égard des 
ordres donnés par les souverains, la saine démarche (drûst raftan) 
des souverains quant au monde, et l'avantage qui en résulte pour 
les créatures. 

7) La bonne grâce (humihrih), car ( x cë) par la bonne grâce des 
rois /les ennemis pourront compter (*vistaxvihënd) sur la colère 
( x dëbhar) du chef, les inférieurs (azërik) sur sa pitié, le monde sera 
débarrassé du bouleversement, la royauté de l'ébranlement, les 
hommes de la peur. 

8) Une pensée large (fraxv mënisn), car ( y -cë) de la pensée large 
des souverains vient une action très profitable pour toutes les 
créatures qui sont et qui seront. 

9) / Etre cause ( x vahânîh) de bonheur, car <être cause> de 
bonheur chez les souverains est lié à la suprême médication 
(biziskïh) de l'époque. 



CHAPITRE 133 



137 



1 0) Le souvenir constant du caractère transitoire de la royauté, car, 
par le souvenir constant du caractère transitoire de la royauté 
chez les souverains, le sage souverain sera inébranlable ( amôsisnih) , 
l dans cette royauté transitoire, à s'aquérir pour son âme qui ne 
passe pas une large prospérité, et il pourra y avoir pour le monde 
de ce souverain une grande paix générale. 

11) Exalter ( x burzënïtan) les vertus, car / du fait que le souve- 
rain exalte les vertus, des vertus qui se trouvent chez les créatures 
les visibles grandissent, les invisibles se renforcent et deviennent 
visibles, et de là vient que le monde est réglé et orné. 

12) Dénoncer ( x xrôsi$n) les vices, car, du fait que le souverain 
dénonce les vices, / des vices qui se trouvent dans l'homme les 
visibles diminuent, les invisibles sont privés de force et entravés, 
et le monde est purifié de ces vices. 

13) La conformité à la volonté (hamkâmakïh) du <pays>, 
car (cë) du fait de sa conformité à la volonté du pays, le souverain 
cherche ce qu'on ne cherche pas et garde ce qu'on cherche,/ or- 
donne de grandes satisfactions (? snutnakân), fonde de nouvelles 
villes, fait la prospérité du monde entier, des actions qui sont à 
l'avantage du kisvar, et assiste les créatures instruites et dans 
l'attente de la Fraskart ; et, pour manifester son avance sur les 
autres rois des kisvar, il organise de grandes choses pour son 
kisvar et laisse libre cours (parëcët) à la générosité de toute créature. 

14) Le bon commandement, car la direction du monde /se fait 
par la loi, et la loi prend naissance dans le bon commandement 
du souverain. 

15) Tenir sa cour habituellement ouverte et garder sa résidence 
dans le kisvar, car quand le souverain tient sa cour habituellement 
ouverte et réside dans le kisvar, /on détourne (pafsârînîh) du péché 
ceux qui tendent vers le péché, on ferme la voie de l'intempérance 
( x stahmakih : om. ôgôn) à ceux qui tendent vers la liberté, on 
dissout la violence des violents, il y a espérance de prospérité 
pour les fonctionnaires qui en sont dignes (om. anôsak?) / bonne 
marche des armées (kârihâ), protection des pauvres, grand profit 
pour le monde de la royauté et pour celui des souverains. 

16) La générosité, car ( x cë) de même que l'eau fait pousser les 
plantes, de même ce qui fait croître toutes les créatures du gëtî 
c'est la générosité large des souverains. 

17) / Juguler la convoitise (bast-âzîh), car attendre (patûtan) 
les dieux en jugulant sa convoitise ( x âzïk) <chez le souverain > 
c'est empêcher le pouvoir de la convoitise de tous les loups du 
monde de corrompre le monde. 



138 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



18) Éloigner de ses sujets la crainte qu'ils ont de lui et celle qu'ils 
ont les uns vis-à-vis des autres /, car les créatures ne peuvent durer 
(patûtan) quand elles sont pleines de crainte. 

19) Libérer (? vâxtan), rapprocher ( x nazdënïtan) t faire avancer 
(fràcénitan) les hommes de bien, car ( x cë) du fait que le souverain 
fait avancer, et élève (âfrâzïh) les hommes de bien, les méchants 
reculent et diminuent, et tout ce qui est bon s'accroît et s'élève. 

20) / Former un bon ministre (kàr framàn) en le désignant 
(om. p. gumârtan), car en formant un bon ministre, on unit les 
hommes du peuple (g ëhânïkân) , et par là il y a une convenable 
répartition de la prospérité, du bonheur et des avantages qui 
viennent des souverains. 

21) / S'adonner avec sagesse au culte des dieux, car du fait de 
s'adonner avec sagesse au culte des dieux, les hommes du peuple 
serviront sans faute le souverain, et la puissance de la royauté, 
l'exécution des ordres, l'application de la loi (ravàk-dàtik) f qui 
sont le fait des souverains régnant sur le monde, seront pour le 
plus grand avantage des créatures. 



134 Exposition des moyens (afzâr) par lesquels/ la royauté 

DIRIGE ET LES CRÉATURES SONT DIRIGÉES. EXPLICATION A 
PARTIR DE SNUMAN DE L' AMAHRASPAND SA©REVAR. (B. 102 ; 

M. 136.) 

II y a six mots (mârik) qui désignent l'Amahraspand SaÔrevar. 
Ce sont : x s a 0 r a h e, c'est-à-dire « roî » ; v a r y e h e, c'est-à- 
dire la « Dën »; a y o x s u s t r a h e, c'est-à-dire / les « armes » 
(zën) ; marzdikâi, c'est-à-dire la « clémence » ; 0 r a y 5, 
c'est-à-dire l'appoint du trésor (ganz); d r g a v e, c'est-à-dire 
« armée » (gund). II est évident que lorsque la royauté est juste, 
ce sont là les moyens / de sa direction, en sorte que la direction de 
la royauté s'applique à ces six réalités, à savoir : 1) roi, 2) dën, 
3) clémence, 4) armes, 5) trésor, 6) armée, si bien que manifeste- 
ment lorsque l'une d'elles est absente ou n'exerce pas sa force de 
concert (avec les autres) la royauté est incertaine (anôst) et effé- 
minée (nayrîkànik) . 

1) Car, quand il n'y a pas le roi / la royauté n'a pas de nom 
( x apënàm) ni la dën de propagation, les armes sont sans effet, 



CHAPITRES 133 a 135 



139 



ia clémence ne se manifeste pas, le trésor ( x ganz) n'a personne 
qui le soutienne ( x abârak) ou le garde (apëpândk), l'armée 
s'effondre (viskitak). 

2) Quand il n'y a pas de dën, le roi ne peut distribuer ses ordres 
(xabazim-framân), les armes agissent en causant du mal (vizand 
kâr), la clémence s'adresse à ceux qui méritent d'être frappés 
12 dans leur raison ( ? zanûn x vârôm) : le trésor est en excès / ou en 
déficit, l'armée est sans valeur (a. vahâk) parce qu'elle refuse d'obéir. 

4) Quand il n'y a pas d'armes (zën afzâr), le roi est réduit à la 
crainte ( x tarsanïk) devant les non-Iraniens et... (avistak?) devant 
l'hérésie, la clémence devient relâchement ( x sûstik), qui en est 
le faux-frère, et désordre ( amrâyisnîh) , le trésor n'a pas de rempart 
(aparisp) et l'armée est nue. 

' 5 3) Quand il n'y a pas de clémence, / le roi a beaucoup d'ennemis, 
la dën est méprisée, les armes sont sans effet devant l'ennemi 
(dusman anafzâr), le trésor est réduit à rien ( avën) parce que pres- 
suré (pat zatârîh), et l'armée est mécontente (? dûsak?) de 
l'éloignement (yudtàkik) du roi. 

5) Quand il n'y a pas de trésor, le roi est privé de sa table (a- 
pihan) et se trouve dans le besoin, la force des armes est brisée, 

IS la clémence / des mauvais riches ( apârôn tuvânîkân) est sans e ffet, 
l'armée est pauvre ( drigôs) et sans force. 

6) Quand il n'y a pas d'armée, le roi est sans serviteurs (a- 
bandak), la dën sans fidèles ( <a> burtâr), les armes sont inutiles, 
la clémence est oubliée (anâm), le trésor ne profite pas (asût). 

Et quand les six collaborent (hamzôrih), la royauté se trouve 
sans défaut (apë-âhôkîhît) dans son gouvernement par I'ostention 
de ses moyens (hac paytâk x afzârïh). 



135 Sur la recherche du xvarrah et le fait d'hésiter devant 
*■ 104 (môsisn kacis)J leurs espèces suprêmes et dernières. 
(B. 103; M. 137.) 

Il y a seize manières de rechercher le xvarrah ou d'hésiter devant : 

3 1)/ Celui qui, dans la recherche est droitement énergique 

(tûxs), quand il le trouve est reconnaissant, quand il ne le trouve 
pas (avindibi) est (néanmoins) satisfait et n'en souffre pas (abëï). 



140 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



C'est là l'espèce la plus haute dans l'effort droit pour la recherche 
du xvarrah. 

2) Celui qui, dans la recherche est droitement énergique, quand 
il le trouve, / est reconnaissant, quand il ne le trouve pas satisfait, 
mais qui souffre. 

3) Celui qui, dans la recherche est droitement énergique, quand 
il le trouve n'est pas reconnaissant (anaspâs) y quand il ne le trouve 
pas est satisfait, et n'en souffre pas. 

4) Celui qui, dans la recherche du xvarrah est droit et énergique, 
quand il le trouve n'est pas reconnaissant, quand ii ne le trouve 
pas est / satisfait mais en souffre. 

Ces trois dernières espèces sont des mélanges qui se rangent 
dans l'énergie droite à la recherche du xvarrah. 

5) Celui qui, dans la recherche, est pervers (apâron) mais éner- 
gique, quand il le trouve n'est pas reconnaissant, quand il ne le 
trouve pas est satisfait mais souffre. C'est là / l'espèce la plus basse 
dans l'effort pervers à la recherche du xvarrah. 

6) Celui qui, dans la recherche, est pervers mais énergique, 
quand il le trouve n'est pas reconnaissant, quand il ne le trouve 
pas est satisfait et n'en souffre pas. 

7) Celui qui, dans la recherche, est pervers mais énergique, 
/ quand il le trouve est reconnaissant, quand il ne le trouve pas 
est satisfait mais en souffre. 

8) Celui qui, dans la recherche, est pervers mais énergique, 
quand il le trouve est reconnaissant, quand il ne le trouve pas 
est satisfait et n'en souffre pas. 

Ces quatre <espèces> sont des mélanges qui se rangent dans 
l'énergie perverse / à la recherche du xvarrah. Autres espèces : 

9) Celui, qui, dans la recherche du xvarrah est droit mais hési- 
tant, quand il le trouve est reconnaissant, quand il ne le trouve 
pas <est satisfait et> n'en souffre pas. C'est là l'espèce la plus 
haute dans le genre droit mais hésitant dans la recherche du 
xvarrah. 

10) Celui qui dans la recherche du xvarrah est droit mais hési- 
tant, quand il le trouve est reconnaissant, quand il ne le trouve 
pas / est satisfait mais en souffre. 

11) Celui qui, dans la recherche du xvarrah est droit mais hési- 
tant, quand il le trouve n'est pas reconnaissant, quand il ne le 
trouve pas est satisfait mais n'en souffre pas. 



CHAPITRES 135 A 136 141 



12) Celui qui, dans la recherche du xvarrah est droit mais hési- 
3 tant, quand il le trouve / n'est pas reconnaissant, quand il ne le 

trouve pas est satisfait mais en souffre. 

Ces trois espèces sont des mélanges dans l'hésitation de l'homme 
de bien à la recherche du xvarrah. 

13) Celui qui, dans la recherche du xvarrah, est pervers et hési- 
tant, quand il le trouve n'est pas reconnaissant, quand il ne le 

6 trouve pas / est satisfait mais en souffre. Et c'est là l'espèce la 
plus basse dans l'hésitation perverse à la recherche du xvarrah. 

14) Celui qui, dans la recherche du xvarrah, est pervers et hési- 
tant, quand il le trouve n'est pas reconnaissant, quand il ne le 
trouve pas est satisfait et n'en souffre pas. 

9 15) Celui qui, dans / la recherche du xvarrah est pervers et hési- 

tant, quand il le trouve est reconnaissant, quand il ne le trouve pas 
est satisfait et en souffre. 

16) Celui qui, dans la recherche du xvarrah est pervers et hési- 
tant, quand il le trouve est reconnaissant, quand il ne le trouve 
pas est satisfait et n'en souffre pas. 

12 Ces trois / espèces sont des mélanges dans l'hésitation perverse 

à la recherche du xvarrah. 



136 Sur l'homme capable ( âtâvik) et l'homme incapable 
(anàtâv) (B. 105 ; M. 139.) 

La définition (vimand) de la capacité (àtâvïkih) est : existence 
d'un pouvoir de choix pour l'agir et pour se retenir / d'agir. 

La définition de l'incapacité est : absence d'un pouvoir de choix 
pour l'agir et pour se retenir d'agir. Et ces définitions comprises 
dans les mots, renferment quatre espèces, et selon le jugement 
(vicîr) que l'on porte sur elles apparaît ce qu'est l'homme / capable 
et l'incapable. 

(Première espèce) : l'homme capable quant au mënôg et capable 
quant au gëtï ; le jugement que l'on porte sur lui est qu'il est 
intelligent (husyàr) et sain ( x drùst) quant à tous les membres de 
son organisme corporel (tan afzàr). 

(Deuxième espèce) : capable quant au mënôg et incapable quant 
au gëtï. <...>. 




142 



LE TROISIÈME LIVRE DU D EN KART 



(Troisième espèce) : incapable quant au mënôg et capable quant 
21 au gêtî ; le jugement que l'on porte sur lui est qu'il est impuissant 
( akâr-kôs) quant à l'intelligence et sain quant à tous les membres 
p. 106 son organisme corporel. Ceci est verbal (pat saxvan) / et non 
logique (pat vimand), car ( x ce) un incapable quant au mënôg 
est impuissant quant à l'intelligence, et un homme impuissant 
quant à l'intelligence n'est pas capable quant au gëtï. 

(Quatrième espèce) : incapable quant au mënôg et incapable 
J quant au gëtï ; / et le jugement que l'on porte sur lui est qu'il est 
est impuissant quant à l'intelligence et infirme (armëst) quant à 
tous les membres de son organisme corporel, (om. titre du ch. 137). 



137 Sun ce que le gëtï et le mënôg sont, dans l'état de 

GËTÏ, DISPOSÉS ENSEMBLE EN SYNERGIE (pat kamnërôkîk) 
6 / ET SUR LEUR DESTRUCTION DU FAIT QUE CES FORCES SE DISSO- 

CIENT (viskih). (B. 106; M. 140.) 

Dans l'état du Mélange, la disposition et l'activité (kârikik) 
des parties (bahrân) gëtï et mënôg se font par la conjonction et la 
liaison des puissances l'une avec l'autre. C'est ce qu'a montré 
9 l'Ancien Sage (pôryôtkës) , Rat en fait de / Justice, Aturpât i 
Zartuxstân, dans la Dën, par la réflexion discrète (tûst-mênisn) 
et sage, dans un exposé (ôsmûrisn) adressé à sa majesté Yazdkart, 
Roi des Rois, fils de Shàhpùhr, selon le tableau (nikârak) donné 
plus bas. 

La dissociation de ces forces entraîne leur destruction et leur 
12 incapacité. / Ainsi chez l'homme, qui est un résumé (hangar tikïh) 
du monde, cela est manifeste d'après la disposition ( x vënartakîk) 
de la vie (jàn) entre les six (éléments) conjoints gëtïkiens et mënô- 
giens. 

1. Première conjonction : le corps gëtï et l'âme mënôg. 

2. Les richesses gëtï et les actes vertueux mënôg. 

15 3. L'honneur (âzarm) j gëtï et l'effort vers le bien mënôg. 

4. L'autorité (pâtixsâyïh) gëtï et la Dën mënôg. 

5. La bienfaisance (hudâsnih) gëtï et la sagesse (dânâkïh) 
mënôg. 



CHAPITRES 136 A 137 



143 



Par la bonne autorité, l'âme digne d'honneur est celle qui s'efforce 
vers le bien ; les richesses et les actes vertueux sont au maximum 
îs (pahrom), le corps et l'âme sont de / bonne odeur. Ces facteurs 
étant conjoints les uns aux autres par synergie, les druj sont défaites 
(om.). L'affaiblissement d'une seule puissance ( x zôr) conduit à... 
leur relâchement. Chaque vie est en coordination (? âram) avec 
les autres ( ditân), et leur dissociation de l'union est dommageable 

j > :07 pour la vie. / En sorte que la dignité ( ârzânômandîk) du corps gëtï 
se fait par la Justice de l'âme mënôg, et la Justice de l'âme mënôg 
par le moyen du corps gëtï ; et l'exaltation des richesses gëtï se 

"/■i fait par / la présence ( âpàkîh) des actes vertueux du mënôg; l'obten- 
tion des actes vertueux du mënôg se fait principalement par les 
richesses du gëtï. La dignité de l'honneur gëtï s'obtient par l'effort 
vers le bien mënôg, et l'accroissement du bon effort vers le bien 

'\}À~ mënôg vient de l'ardeur (taftakih) vers l'honneur gëtï. / La dispo- 

|r : , sition de l'autorité gëtï se fait sur le fondement (frakân) de la dën 

■;Vi\ mënôg. La propagation (ravâkih) de la dën mënôg se fait surtout 
par l'union à son égard de l'autorité gëtï. L'exaltation de la bienfai- 

^ ~ sance gëtï se fait par son union avec la sagesse mënôg. Et l'efficacité 

if .. (kârikïh) de la sagesse mënôg augmente par la bienfaisance gëtï. 

-\ 9 - j La malice de l'âme mënôg est cause que le corps encourt 

l'état de tanapuhr gëtï. Et de la mortalité du corps gëtï découle 
l'isolement ( ëvtâkîh) de l'âme mënôg; de l'indigence (tûhïkïh) 
des richesses gëtï, le retardement ( x pâtërânïk) des actes pieux 

,.^f r mënôg; de l'affaiblissement des actes pieux mënôg, / l'indigne 
appropriation des richesses du gëtï ; de l'atteinte à l'honneur gëtï, 

■fff rupture ( x viskanih) du bon effort mënôg, non -appropriation de 
l'honneur gëtï; de la cessation (hanjaftakïh) de l'autorité gëtï, 
retardement de la propagation de la dën mënôg ; de la... (vâsta- 

|M kih?) de la dën mënôg... (nistakik?) j de l'autorité gëtï; de la 
perte (anaftakîk) de la bienfaisance gëtï, occultation de l'avantage 
de la sagesse mënôg ; de la... (avâyisnïkih?) de la sagesse <më- 

jÊË- n ôg > , non-louange de la bienfaisance gëtï. 

î ?ïlF Et voici le tableau : 









































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144 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



p: - m 138 Su» LE GERME ET l'extension DU <BIEN> ET DU MAL, ET 
SUR TOUS LES ACTES VERTUEUX ET VICIEUX AUXQUELS SE RAT- 
TACHE LE PRINCIPE GËTÏ. (B. 108; M. 138.) 

3 Le germe de toute / bonté, ce qui est antérieur à <toute> 

bonté et meilleur qu'elle, c'est le bienveillant Spanâk Mënôg, 
Ohrmazd le créateur. L'extension ( vimand) de la bonté est : ce 
qui est de soi (xvatih) avantageux pour tous les corps (personnes), 
pour chaque activité du gëtï et tout mënôg qui survient ( apar 
rasisnik), et le dommage est ce qui lui survient du dehors (hac bë). 

6 Le germe / de toute malice, ce qui est antérieur à tout mal et pire 
que lui, c'est le malveillant Ganâk Mënôg, Ahrîman le corrupteur. 
L'extension de la malice est : ce qui est de soi dommageable, 
survenant à toute personne, soit gëtï soit mënôg ; et l'avantageux 

9 lui vient / du dehors. Tout acte vertueux auquel se joint le principe 
gëtï, par la sagesse, le pouvoir (de le poser) est mu vers le bien 
(frârônënit), et avec énergie, le vouloir atteint le bon-agix. Et 
tout acte vicieux, auquel se joint le principe gëtï, par la concupis- 
cence, le pouvoir (de le poser) est mu vers le mal (apârônénit) 

12 et / avec énergie, le vouloir atteint le mal-agir. 

Et entre les docteurs, ceux dont la doctrine est que le mal pro- 
vient de la volonté et du commandement de Dieu, leur doctrine 
est (donc) que Dieu est plus mauvais <que> toute malice et est 
dommageable à ses propres créatures. Quant à ceux dont la doc- 
trine est que Dieu n'a pas de volonté, puisqu'il n'a pas de volonté, 

15 / il y a donc ignorance (adânisn) chez celui qu'ils tiennent pour 
Dieu, (mais) ils lui refusent l'imbécillité (sturtik) qui va avec 
l'absence de volonté. 



139 SUR LA DIRECTION DE LA FORCE DES RACES D'HOMMES (B. 108 ; 

M. 143.) 

18 I Les races d'hommes, dans l'état du mélange, comptent trois 

espèces : supérieure, moyenne et inférieure. La supérieure est 
au delà (apar. ..frac) de la moyenne et de l'inférieure ; la moyenne 
est au delà de l'inférieure, et l'inférieure est en deçà (hac-frâc) 
de la supérieure et de la moyenne. Et la direction (sây ; ou : sang 
« poids «?,) de leur force est avant tout selon que l'on confesse la 
109 bonne ou la mauvaise (hu dus) j Dën. Ainsi, par la confession de la 



CHAPITRES 138 A 141 



145 



Bonne Dën, les races inférieures quant à leur manière d'être 
(cêgônîk) sont en général élevées vers la manière d'être des races 
moyennes, le zôisik vers le zandik ; et les races moyennes quant 

3 à leur manière d'être sont élevées (frâcthend) j vers la manière d'être 
des races supérieures, le zandik vers le vaëcanik. Et les races 
supérieures sont semblables aux dieux de l'époque, les vaëcanik 
mêmes. Et pour celles qui tendent en général vers la Mauvaise 
Dën, les races supérieures quant à leur manière d'être sont ravalées 
(apâcihend) vers la manière d'être des races inférieures, le zandik 

6 vers / le zôisik. Et les races inférieures sont semblables aux dëv et 
aux drûj de l'époque, le zôisik même. 



14Q Sur l'union et la séparation. (B. 109 ; M. 143.) 

Nombreuses sont les espèces d'unions et de séparations. II y a 
entre autres : 1) parmi les hommes, union avec les Iraniens, en raison 
du caractère iranien, et séparation / d'avec les non-Iraniens du fait 
de leur caractère non-iranien. 2) Parmi les Iraniens, union avec 
les mazdéens (hudênân), en raison de leur loi mazdéenne, et sépa- 
ration d'avec les anti-mazdéens ( akdénàn) du fait de leur loi anti- 
mazdéenne. 3) Parmi les mazdéens, union avec les bons, en raison 
du don (dâsn) et du culte (izisn), et séparation (*yudtâkih) des 
méchants du fait qu'ils ne donnent pas et qu'on ne leur fait pas 
de culte./ 4) En tête de ces trois ( X TLT*), il y a l'union avec les 
dieux, du fait qu'on leur sacrifie et qu'ils donnent, et séparation 
avec les dëv, du fait qu'on ne leur sacrifie pas et qu'ils ne donnent 
pas. 



141 Sur les deux vertus supérieures qui se rangent sous la 
sagesse (xrat) et les deux plus mauvais vices qui se rangent 
sous la concupiscence (varan). (B. 109 ; M. 144.) 

/ D'après l'enseignement de la Bonne Dën, les deux vertus 
supérieures qui se rangent sous la sagesse sont la générosité 
(râtth) et la concorde (astîh), et chacune d'elle est, dans son 



146 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNK.ART 



essence (xvatih) rendue solide et saine (drudistihit) par l'autre : 
la générosité, par la concorde avec un individu Juste à qui l'on 
fait un don appropiié, et la concorde par le don généreux de l'amour 

« (dôstïh) I envers les bons, ce qui va avec le Paradis. 

Et les deux plus mauvais vices qui se rangent sous la concupis- 
cence sont l'avarice (panïh) et la discorde ( anastih) et chacun d'eux 
est, dans son essence, organisé (vënârïsn) par ce qu'il tient de 
l'autre : l'avarice naissant de la discorde qui nous sépare d'un 
Juste à qui l'on ne donne pas autant qu'on le pourrait, et la discorde 

p- nQ naissant de l'avarice touchant au don de la concorde qui est meilleur 
envers celui qui en est digne. 



p. no / Sur la luminosité (rôsnih) et l'obscurité (tarikïh). 

(B. 110 ; M. 144.) 

3 La luminosité et l'obscurité / ainsi que la chaleur et la froidure, 

l'humidité et la sécheresse (*huskih. om. sti) et leurs autres pro- 
ducteurs (zahâkih) distincts, sont semblablement (? hamcimik?) 
des natures principes d'origine (hacisik cëgônîh) du lumineux, 
de l'obscur, du chaud, du froid, de l'humide et du sec gëtikiens : 
la luminosité du lumineux, l'obscurité de l'obscur, la chaleur du 
* chaud, l'humidité de l'humide, la froidure du froid /et la séche- 
resse du sec gëtïkiens. Il est impossible que deux (qualités) mutuel- 
lement contraires (hambûtïk) appartiennent en nature (cîkrik) à 
un même être gêtîkien. Par contre, il est possible que beaucoup 
de (qualités) d'espèces différentes mais non-contraires appar- 
tiennent à un même être gëtïkien. Ainsi la chaleur, la luminosité 
et l'humidité d'un être gëtïkien lumineux ( x r6sn *gëtï) avec le 
9 parfum / la pureté, la beauté (hucïhrakik) et autres bonnes qualités 
élémentaires (huzahakih) et humectations ( ? kunaftagîk) ; et 
l'obscurité, la froideur, la sécheresse d'un être gëtïkien obscur 
avec toute puanteur, impureté, conduite peccamineuse (bacak 
advënîk) et autres mauvaises qualités élémentaires et humecta- 
tions (dusnaftagïh). 

Il y a deux (espèces de) contraires : les uns naturels, les autres 
« /accidentels ( apar-rasisnik) , beaucoup de forces ayant des prin- 
cipes différents mais non-contraires, dans le même être gëtïkien, 



CHAPITRES 141 A 142 



147 



luttant, s'unissant, se désagrégeant (visisnïk) dans l'homme et 
dans les autres être individuels ( x sti) du gëtï, comme on le voit 
dans l'état du Mélange. Ainsi il est évident qu'une seule et même 
espèce ne demeure/ que peu de temps (hucârak drangik patûtj 
retenue dans l'emprise d'un même petit (kôtak) corps. 

Ce qu'a écrit le bienheureux Aturfarnbag i Farruxzâtân, qui 
fut pësôpây des mazdéens (hudënân) d'après les discours reli- 
gieux (dën kartak gôbisn) des Anciens Sages dans le chapitre de 
doctrine (dar i âmôk) de l'Advën Nâmak, et qui a été apporté 
à ce livre / et l'a orné, concerne les propos des docteurs sur l'obs- 
curité qui serait l'inexistence de la luminosité. L'obscurité n'est 
pas l'inexistence de la luminosité, mais là où la luminosité s'embrase 
(âfrôz), l'obscurité est repoussée (anâftak), de même que là où 
l'obscurité / dévaste ( ? x vizây), la luminosité ne se trouve pas. Ce 
n'est pas le néant de l'un et de l'autre qui est saisissable (girôman- 
dïhâ), mais / bien l'existence de l'un et de l'autre qui est évidente. 
Si bien qu'il appert de l'ordonnance (râyënisn) des contraires que 
les deux ne sauraient se trouver dans un même lieu, mais que, 
d'une façon constante, l'un se trouve repoussé et chassé par l'autre, 
l'un n'est pas libéré de l'autre (né visâyisnik) j et l'un se lie à l'autre. 
Ainsi la chaleur et la froidure, l'humidité et la sécheresse. Ce n'est 
pas parce que l'un est repoussé et chassé par l'autre qu'il faut dire 
que la froidure est l'inexistence de la chaleur ou la chaleur l'inexis- 
tence de la froidure, l'humidité l'inexistence de la sécheresse / ou 
la sécheresse l'inexistence de l'humidité, si bien qu'en fin de compte 
aucun d'eux n'existerait et leur effet (kâr) n'apparaîtrait pas. Et 
comme parmi les choses du monde il y a répulsion de tous les 
contraires, il faudrait donc parler d'inexistence à propos de tout ; 
ainsi donc ce qui n'est pas n'est / pas premier à exister et à être 
défini. / La luminosité et l'obscurité sont toutes deux définies 
(vimandënïtàk) avec l'existence (vindisnïkïh) . 

Pour ce qui est de l'obscurité, elle existe quand elle n'est pas 
éliminée par la luminosité, et de même la froidure quand elle n'est 
pas éliminée par la chaleur, et ainsi de suite pour les autres 
contraires. / 

La définition de la luminosité est « ce qui ouvre la vision ( vënâ- 
kih) », la définition de l'obscurité est « ce qui empêche la vision ». 
Or, parler de l'opération (kâr) d'une inexistence est absurde, de 
même qu'il n'est pas possible de définir ce qui n'exista pas. Et 
si l'obscurité n'est pas, ils (confondent) leur gauche et leur droite 
en disant cette absurdité : il y a / l'inexistence de l'obscurité ; 
car ils maintiennent seulement qu'ils entendent faire un nom de 
ce « n'est pas », mais « n'est pas » ne saurait être nommé (nâmë- 



148 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKABT 



nïtan). La Dên Mazdéenne, elle, enseigne que luminosité et 
ténèbres sont toutes deux existantes (vindisnîk), définissables et 
proviennent de principes distincts. 



18 143 / SUR LE SOMMAIRE DE LA MESURE DE L'ACTION DE TOUS LES 
HOMMES DEPUIS L'ASSAUT LORS DE LA CRÉATION PRIMORDIALE 

jusqu'à la fin de l'Assaut. (B. 111 ; M. 147.) 

Le sommaire de la Mesure de l'action de tous les hommes depuis 
l'Assaut lors de la création primordiale jusqu'à la fin de l'Assaut, 
selon l'enseignement de la Dên, tient en ce seul mot ( x êvâc) de la 

p - 112 langue religieuse : « élever ( x jakënïian) l'âme / plus haut », et sa 
loi est d'éliminer la détresse par l'arme de la Justice. Le plus haut 
des actes des créatures soumises à l'Assaut primordial est le premier 

3 dire de Gayômart ; / et de cet unique « sommaire », qui contenait 
tout (afragut), proviennent toutes les pensées, paroles, actions 
que les hommes ont pensées, dites et faites jusqu'à ce jour et qu'ils 
penseront, diront et feront depuis aujourd'hui jusqu'à la Fraskart. 

6 Du fait que tous les hommes méditent, profèrent, font et / opèrent 
ce ce sommaire » et ses constituants (ôsmûriSnân), l'armée de la 
drûj sera défaite, l'Assaut sera vaincu et les créatures délivrées, 
la Fraskart sera donnée à volonté (pat kâmak) dans l'existence, les 
créatures du monde ne connaîtront plus la pression de l'Assaut, 
et toute bonne créature sera éternellement sans mort et sans 
péché ( x anâstàr). 



144 Sur la bonne sagesse et la mauvaise sagesse. (B. 112; 
M. 147.) 

La bonté ( x huïh) et la malice (dusih) en fait de sagesse ( dânâkïh) 
proviennent de l'activité (kar). Celui qui est sage (hudânâk) parce 
que son activité est bonne (frârôn), pour conduire par la bonté son 
savoir (dânisn) à l'activité, a une seule manière (brahmàk), / à 
savoir la Mesure. Et lorsque l'activité est mauvaise (apàrôn), 



chapitres 142 a 146 



149 



celui qui a mauvaise sagesse, pour conduire par la malice ( apârô- 
nih) son savoir à l'activité, a deux manières (advënak) : l'excès, 
qui est le faux-frère de bonne-sagesse — ainsi le vol furtif ( nîhân 
xgadakïh), en termes de droit, qui est de dérober (duzihâkasitan) 
is le bien d'autrui / pour soi-même ; le défaut, qui est l'opposé 
(kamëstàr) de la bonne sagesse — ainsi le vol à découvert et le 
brigandage, qui est d'emporter le bien d'autrui. 



245 Sur ce par quoi le monde est bien gouverné. (B. 112; 
M. 148.) 

18 j Le bon gouvernement du monde se fait par la bonté (kuïh) 
de ces deux (om.. kâm) : le dehpat et la volonté du dehpat. Par la 
bonté fom. kâm) du dehpat, les hommes sont protégés, et par la 
bonté de la volonté du dehpat, les âmes des hommes sont sauvées ; 
et ainsi se fait le bon gouvernement du monde. 

Par la malice de la volonté, quand c'est celle du dehpat, il y 
a diminution des personnes (tan kastakïh) ; quand c'est celle de 
l'âme du dehpat, les hommes s'affaiblissent et le monde en est 
tourmenté ( x tapâhïh). 



146 SUR LA PRUDENCE (frazânïkîh), LA PUISSANCE SPIRITUELLE 

(afzônikïh), la réflexion (snâsakîh), la science (dânâkih), 
l'opinion (sakisn), la croyance (vîravisn), l'intelligence 
(vir) i la mémoire (ûs), la sagesse (xrat), la pensée, la 
parole et l'action/. (B. 113; M. 148.) 

Selon l'enseignement de la Dên, la prudence connaît la fin des 
choses, la puissance spirituelle connaît beaucoup de choses à partir 
( x hac) d'une seule chose, la science connaît une chose par beaucoup 
de signes (marik?), la réflexion réfléchit bien sur les advantages 
et les inconvénients des choses, l'opinion / et la croyance consi- 
dérant les signes et les indices d'une chose qui font qu'une chose 
est ou n'est pas semblable ( x kumânâk) à telle façon d'être ; et 



150 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÉNKART 



l'intelligence, en cherchant trouve, et la sagesse en examinant 
choisit, et la mémoire / en possédant maintient et accumule ( x andô- 
cet) ses instruments, et la pensée, par la méditation et le choix 
gouverne ses instruments, et la parole, par la langue et l'écrit 
manifeste ses instruments, et l'action par le moyen des membres 
du corps est pour le soutien (burtan) de la connaissance (dânisn). 



147 Sur la concomitance (KHDHîk) de la connaissance 
(dânisn), de la volonté (kâm) et de la faculté logique 
(gôvâkîh). (B. 113 ; M. 149.) 

/ Du fait qu'est connaissant tout volontaire doué de faculté 
logique ( gôvâkîh nërôk), volontaire tout être doué de faculté logique 
et connaissant, doué de faculté logique tout connaissant et volon- 
taire, et du fait qu'il n'y a pas / de connaissance dénué de faculté 
logique et de volonté, pas de volontaire dénué de connaissance 
et de faculté logique, pas d'être doué de faculté logique dénué 
de volonté et de connaissance — il appert qu'il y a concomitance 
de la connaissance, de la volonté et de la faculté logique. Et ceux 
des docteurs qui /nient la volonté de Dieu, parlent de sa non- 
connaissance et de son absence de faculté logique ( x agôvâkïh) 
et lui dénient la divinité. Car il est évident que Dieu a une action : 
or, l'action implique mouvement (jumbisn) et il y a deux espèces 
de mouvement : volontaire, comme celui de l'homme, naturel 
comme celui du feu. Si la volonté n'existe pas en Dieu ( X HT 
114 yazat), le mouvement qui est dans son action est naturel / et non- 
finalisé ( anahandâcisn) , tant qu'il existe il est en mouvement, 
et son action n'est pas postérieure à sa substance (gohr) — il est 
impossible que l'action soit antérieure à la substance. Il s'ensui- 
que l'action est sans création/ non-finalisée (nê kandâxtak) non 
innovée (nivistak) et sans fin, et que le Créateur n'a sur la création 
ni honneur (spâs) ni royauté ni commandement. Et puisque toute 
nature est naturée (cïhrënïtak) par une action naturante, on parlera 
follement (avicurt?) de créateur du créateur, et l'on passera/ du 
caractère créé du créateur ( dâtâr dahisnïh) à la création de la créa- 
ture, ce qui est impossible. 

Si l'on interroge : « Comment est-ce, puisque la définition de la 
volonté est « ce qui n'est mu ( hang ëzïhît) que par le désir (apâyisn) 
de quelque chose », or, le désir n'existe que s'il y a un manque 



chapitres 146 a 148 



151 



9 (niyàz) / et le manque n'existe que s'il y a contrainte ( ôstâp) et la 
contrainte n'existe que par l'existence d'un antagoniste? 

On répond : comme Dieu a un sage désir de produire des ins- 

12 truments pour repousser l'adversaire loin des créatures, / en 
vainquant l'Assaut et en le supprimant par l'instrumentalité de la 
création, il déploie sa force ( aparôz ou afrôz ?) . L'acte de sa volonté, 
laquelle est mue par le désir et quand il a le besoin de repousser 
l'Assaut, ce n'est pas pénurie (kamïk), mais c'est par plus d'omnis- 

15 cience que le désir tend vers (la création d') un moyen / de vaincre 
l'adversaire des créatures, et sa toute-puissance, en vainquant et en 
supprimant l'Assaut, est dans le triomphe (pêrôzgarihâ) du fait 
de l'existence de l'adversaire. S'il n'apporte pas lui-même son aide, 
mais laisse la motion aux créatures, ce n'est pas le fait de sa pénurie, 

w /mais sa victoire est plus triomphante si un grand nombre de 
ses créatures sont vainqueurs de l'Assaut pervers où elles se 
trouvent, la volonté du destructeur étant affrontée (patîrak) 
à un triomphe en lutte : c'est révélé. 



14g Sur le vainqueur (van), le vainqueur suprême (vântom), 
la victoire (vânïh), l'action victorieuse (vânisn), le 
vaincu (vânîtak), le plus vaincu (vânîtaktom) . (B. 114; 
M. 150.) 

Le vainqueur, c'est celui qui a autorité (pâtixsây) / ; le vainqueur 
suprême, c'est celui qui a l'autorité suprême, le Spanâk Mënôg ; 
la victoire, c'est l'autorité du vainqueur ; l'action victorieuse, c'est 
de frapper et de repousser l'adversaire, ceci par la victoire du 
vainqueur. 

Le vaincu, c'est celui qui se trouve au-dessous du vainqueur 
suprême plein / de force, le Gannâk Mënôg. à la mauvaise puis- 
sance ( x dusôz ?) ; et le plus vaincu, c'est ce même Gannak Menog : 
car toute bonne créature, pour le vaincre, a été faite capable 
(tuvàn ) d'être vainqueur, et la moindre petite créature est vainqueur 
de cette drûj. 



152 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÉNKART 



149 Sur la x dën/ selon laquelle se mesure et se connaît 
la proportion (patmân) de bonté et de malice. (B. 115 ; 
M. 151.) 

Entre les dën selon lesquelles l'homme mesure et connaît la 
proportion de bonté et de malice, il y a l'unique dën principale 
(màtigantar) , dont il y a trois espèces : dên selon le caractère 
(xëmik ) , dën selon le tempérament (hôkïk) j et dën selon la connais- 
sance (danimik). Et ainsi qu'on en a montré l'explication plus haut 
dans un chapitre propre, le nombre de ces espèces et le nombre 
des changements de ces trois espèces selon la bonté ( x kûïh) et 
la malice se montent à huit espèces. 

1) Celui qui est de bonne religion selon tous les trois aspects, 
caractère, tempérament, connaissance. 

2) /Celui qui est de bonne religion quant au caractère et au tempé- 
rament, mais quant au semblant de savoir, de mauvaise religion. 

3) Celui qui est de bonne religion quant au caractère et à la 
connaissance, mais, quant au tempérament, de mauvaise religion. 

4) Celui qui est de bonne religion quant au tempérament et à 
la connaissance, mais, quant au caractère, de mauvaise religion. 

5) Celui qui est de mauvaise religion quant au caractère et au 
tempérament, et, quant à la connaissance, de bonne religion. 

6) / Celui qui est de mauvaise religion quant au caractère et 
au semblant de savoir (dànisn mânâk), et quant au tempérament, 
de bonne religion. 

7) Celui qui est de mauvaise religion quant au tempérament 
et au semblant de savoir, et quant au (om. xvês) caractère, de bonne 
religion. 

8) Celui qui est de mauvaise religion quant aux trois, caractère, 
tempérament et semblant de savoir. 

Et un seul examen / de ces huit espèces (montre que) celui-là 
seul est sage et connaîtra la mesure de bonté et de malice qui 
s'applique aux hommes, qui l'examine ainsi. 



CHAPITRES 149 A 151 



153 



150 Bit EVE RÉFUTATION DE LA DOCTRINE DU JUDAÏSME SELON 
LAQUELLE IL EST IMPOSSIBLE QU'lL Y AIT PLUS D'UN NON- 
PRINCIPIÉ ; DE L'OPINION MANICHÉENNE SELON LAQUELLE 
IL Y EN AURAIT DEUX, TOUS DEUX DANS LE CIEL CORPOREL ; 
p. 116 D u STUPIDE PROPOS DES / SOPHISTES POUR QUI NI CHOSES, NI 

ACTIONS, NI INDIVIDUS N'ONT DE PRINCIPE. (B. 115 ; M. 152.) 

A la doctrine du judaïsme selon laquelle il est impossible qu'il 
y ait deux non-principiés (àbun) qui soient éloignés l'un de l'autre, 
on rétorque : si tu dis qu'il est absurde de parler de deux non- 
3 principiés de natures antagonistes / qui soient éloignés l'un de 
l'autre, comment peux-tu parler de la nature de deux antagonistes 
qui seraient éternellement (abrïn zamânïhà) dans un même geti 
et également non-innovés (? apënevât?) ?. 

A l'opinion manichéenne selon laquelle il y aurait deux non- 
principiés, tous deux dans le ciel corporel, on rétorque : / puisqu'il 
est impossible qu'il y en ait même un seul dans le ciel corporel, 
comme le montre l'existence d'autres corps que lui, comment 
pourrait-il y en avoir deux qui soient tous deux dans le ciel corporel ? 

( om -) - • u 

Au <stupide> propos des sophistes pour qui m choses, ni 
actions, ni individus n'ont de principe, on rétorque : puisque tu 
9 tiens pour propos stupide même qu'un seul / soit éternellement en- 
deux lieux, comment peux-tu dire que chacun, dans un temps 
infini, est ensemble, en beaucoup de lieux ? 



12 



ÎS 



151 Sur la prédominance (cërih) d'une des deux activités 
(varzisn) bonne ou mauvaise dans les (diverses) époques. 
(B. 116 ; M. 152.) 

L'activité ( x varzisn) des hommes / est surtout liée à leur carac- 
tère (xëm), leur caractère à leur dën, et elle se tourne vers elle. 
Et le corps (karp) de la dën est teint ( x rast estët) de trois teintures, 
selon que le Créateur fait le bien et ne fait pas le mal, selon qu'il 
fait le bien et aussi le mal, selon qu'il fait le mal / et ne fait pas 
le bien. 

Pour la dën dont la couleur est que le Créateur fait le mal et ne 
fait pas le bien, selon le cours général (amarkânik) des choses dans 



154 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÈNKART 



le monde; par la force du Créateur, le bien est empêché ( apâc 
dâstak) parmi les hommes, et individuellement ( ëvazik) quelqu'un 
qui en est teint, s'en dégage (patis skravënit??) plus meurtri 
(tapâhtar) dans son caractère ; et les hommes sont des plus vils, 
/ le plus proche des dëv et ceux qui le plus font décliner le monde 
(kastârtar i gëhân). Et le nom en est « sorcellerie » (yâtûkih). 

Pour le dèn dont la couleur est que le Créateur fait et le bien et le 
mal, à cause du culte qu'un grand nombre lui adresse et de sa 
forte propagation dans le monde, elle détourne le caractère des 
hommes vers une malice mêlée / et leur agir vers une activité 
mêlée de bonnes et de mauvaises actions (huvarst ut dusvarst), 
et de ce fait il y a prédominance / de toutes sortes de défauts et 
d'injustices, et de là proviennent lourde ruine ( avërànih) du monde, 
terrible diminution des créatures, et le plus souvent, usure (dran- 
jakïh ) des hommes, corruption et impiété de leurs âmes / nom- 
breuses cruautés et condamnation (? êrangîh), guerres menées 
(xJiênîh dàtârih) aux dieux qui distribuent le xvarrah, impureté 
et souillure de l'époque, vision de misères de toute sorte — ainsi 
qu'il est révélé. Et le nom en est : « qui enseigne mal l'avantage » 
( ? dusâmôz sûtih). 

Et le dën dont la couleur est que le Créateur fait le bien et ne 
fait pas le mal, par sa propagation généralisée / dans le monde, 
le caractère des hommes tourne vers le bien et la sagesse ( dânâkih), 
et par la sagesse et la bonté de leurs caractères, leur pensée, parole et 
action (devient) bonne pensée, bonne parole, bonne action ; elle 
fait grandir le monde par la vertu et la Justice et sauve l'âme des 
hommes. Et par sa propagation particularisée il y a grand / profit 
venant du Créateur du monde pour les âmes et les corps des 
hommes ; par sa propagation particulière, il y a grand avantage 
venant du Créateur du monde pour l'âme et le corps des hommes. 
Et par sa propagation totale (hamâk) dans le monde, prédomi- 
nance ( apar-astisnîh) de tous les hommes purs et bons. Et le 
monde sera sans adversaire et en toute bonté — c'est révélé. 
Et son nom est « pure et bonne Den Mazdéenne / orné de toute 
sagesse ». 



CHAPITRES 151 A 153 



155 



152 S UR CELUI QUI EST LUI-MÊME (xvat XV Ot) ET CELUI QUI N'EST 

pas lui-même (xvat në xvat). (B. 117 ; M. 154.) 

Celui qui est lui-même est celui dont la pensée, la parole, l'action 
sont unies (patvast)k son. propre ahu, et, par la même union procurée 
par la Bonne Dën, à l'ahu suprême qui est Ohrmazd le Créateur 
is j et qui, avançant par une voie droite, parvient à son lieu propre, 
lieu tout de bonheur et plein de béatitude. 

Et celui qui n'est pas lui-même est celui dont la pensée, la parole 
et l'action sont coupées (brîtak) de son propre caractère ( x xëm) et 
unies à la concupiscence (varan) qui n'est pas sienne (axvës), et 
par son union avec / la pire dën à la concupiscence dévoyée (aras), 
au Gannâk Menôg et à la drûj est attiré vers eux, et trébuche 
(skravët) vers un lieu qui n'est pas le sien (axvës), lieu de toute 
misère et plein de souffrance. 



153 Sur la venue de l'homme au sommet (sot) de l'opération 
large ( x fraxv kâr) dans sa condition (pësak). (B. 117; 
M. 154.) 

.'V L'homme parvient au sommet de l'opération large ( x fraxv 

kâr) dans sa condition, selon la nature (clkr), et surtout quand 
p- "* l'y poussent (ka. s apàyist) /intention (mëniïn), pensée (andësisn) 

et projet (handâk) sur cette <opération> large de sa condition, 
■ - qui est au-dessus de toute chose, et vers quoi il y a une tendance 
"^t 3 urgente (ahand i nidfar). De même que le désir / de nature (cîhr 

arzûk) va vers la chose qui est, par nature, la plus délectable 
^-"4: ( ûrvâziar), ainsi, ce qui est constamment dans la personne (tan). 
; En vertu de la marque (daxsakïh) puissante qu'elle laisse dans la 

'\Z. mémoire (ûs) et de la pensée active qui va vers elle (patis), cette 
"r intention parvient à <Vo> human sans qu'elle ne soit soumise 
4«ïk (apaspârit) à un terrible resserrement (tangih) ou que ne soit 

bouleversée (âsôfit) la plus grande largeur. 



156 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



CHAPITRES 154 A 156 



157 



6 154 / Sur l'espoir ( x ômëtih) des bons a la longue vie (dër 
x zivindakih) de remonter ( x afrâz) vite dans- leur pou- 
voir (tëz x tuvànîhà) et sur ce que la domination 

( x pâtix$âyîh) DES MÉCHANTS NE SE REDRESSE PAS. (B. 118; 

M. 155.) 

L'établissement (vënârisn) de la domination (pâtixsàyïh) des 

9 bons / se fait sur la pure loi de la Mesure. Même un peu (handak.c) 
d'excès et de défaut de la pure loi de la Mesure ébranle ( candênêt) 
ce qu'il y a parmi les hommes et dans le monde. C'est comme un 
point d'eau douce ( ? nâzûk ?) et de bonne odeur à laquelle survient 

12 ne serait-ce qu'un peu de sécheresse en excès : lorsque l'on y /puise 
( ûl gîrimïh) de l'eau douce, l'eau corrompue ( x vinast) survient, 
et on en meurt (framurtïh). 

Et leur espoir qui se redresse (dit apâc afrâz ômëtîk), c'est le 
souvenir ( x abyâsakik) des Dieux mënôgiens et des hommes gëtï- 

15 kiens, qui survient à leur / domination, du fait qu'ils louent leur 
excellence et se conforment à la loi (dâtikih), avec les moyens 
et l'énergie appropriés. 

18 La domination des méchants, / c'est l'excès et le défaut, et d'elle 

vient la destruction par la force de la loi de la Mesure qui régit 
l'homme sage et conforme à la loi, homme ( x mart) qui se trouve 
( x vindi$n) dans le monde. Tant que cet homme se trouve (vin- 
dihet) dans le monde, il est diminué d'autant pas ses propres 
excès et défauts et se dessèche (kôsït) si bien que lorsque cet 
homme se trouve et se manifeste dans les mondes, cette domination 
est proche de la mort à son propre éclat (ray), et est facilement 
119 détruite par la main / de cet homme. Et ils ne se redressent pas, en 
se souvenant des Dieux mënôgiens et des hommes gëtïkiens, à 
cause de leurs abondantes peines, dommages et maux venus de 

3 leur mauvaise domination. / 



155 S UR LES MARQUES DU PEUPLE AU XVARRAH ASCENDANT ET QUI 
S'AGRANDIT JUSQU'AU PLUS HAUT, ET DU PEUPLE AU XVARRAH 
DESCENDANT QUI S' ABAISSE JUSQU'AU PLUS BAS. (B. 1 19 ; M. 156.) 

Parmi les marques ( daxsak) du peuple (ram) au x xvarrah 
ascendant et qui s'agrandit jusqu'au plus haut, il en est trois : 

6- 1) ( x ëvak) j Quand il est grand, leur Primat (pësôpây) est la 

sagesse de la Dën et ses commandements et l'obéissance qu'on 
lui porte ; < quand il est> petit, l'interrogation de la Dën et son 
audition bonne (hunigôsïh) sont ses sectateurs (pasôpày). 

2) <Le haut> sur le bas chez eux, c'est l'intention parfaite 
et un fardeau léger (sapûk bar), et pour le bas sur qui est le haut 
(frôt ûl apar) c'est agréable (xval). 

3) Quand chez eux le haut est sur le bas, il y a tendance (âhang) 
9 vers une élévation ( ûlïh) légitime (dâtik) /, et le bas qui est dans 

le haut est dans l'intention de bassesse qui convient à un Iranien 
(ërik frôtïh mënisn). 

Et les marques du peuple au xvarrah descendant qui s'abaisse 
jusqu'au plus bas (xvarrah nisëb ô nikônïk nirfsïsnïk) sont le ren- 
versement de ces trois marques que nous avons énumérées plus 
haut : 

1) Quand il est grand en sagesse de la Dën et ses commande- 
ments, l'obéissance est leur Primat, et petit... 

12 2) Le haut sur/ le bas chez eux, c'est V arrogance ( x tarmënisn) 
et un lourd fardeau, et pour le bas sur qui est le haut, c'est 
désagréable. 

3) Quand chez eux le haut est dans le bas, il y a fermef ? y ôsti- 
kihâ) intention de bassesse, et le bas qui est sur le haut a une 
tendance vers le haut qui ne convient pas à un Iranien. 



156 Sur les composantes (ôsmurisn) qui font le plus croître 

LA DÉN MAZDÉENNE, ET SUR CELLES QUI LA DIMINUENT LE 

plus. (B. 119 ; M. 156.) 

/ Les composantes qui font le plus croître la Dën Mazdéenne, 
sont, selon la doctrine de la Dën, la générosité, le don (bë 
dahisnîh) aux hommes de sa propre Dën, qui sont justes, selon 



158 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



l'autorité du Zaratustrom, le juste rat du monde, et l'abandon à 
lui du corps, et l'audition de la parole qui vient de lui. 

Celles qui la diminuent / le plus sont l'excès et le défaut de ce 
monde gannâk-mënôgien, adversaire de la Bonne Dën, la discorde 
et la lutte de sa troupe (ram) réunie pour transgresser ce qui leur 
a été (prescrit) par l'autorité. 



157 SUR (1) LE PRINCIPE DE LA MÉDECINE, (2) LA RAISON DE SON 
UTILITÉ, (3) LA DIVISION DE SES ESPÈCES, (4) SON OPÉRATION 
ET SON AVANTAGE (5) LA DIVERSITÉ DES PRINCIPES DE LA MÉDE- 
CINE ET DE LA MALADIE, (6) LA MANIÈRE DU MÉDECIN, (7) SA 
BONTÉ, (8) LA MATIÈRE SUR LAQUELLE IL EXERCE SON OPÉRA- 
TION, ET SON OPÉRATION SUR / LA MATIÈRE, (9) SA VALEUR 
SELON SON POIDS, (10) LA FINALITÉ VISÉE PAR LE MÉDECIN 
DU CORPS DANS LA MÉDECINE DU CORPS ET PAR LE MÉDECIN 
DE L'AME DANS LA MÉDECINE DE L'AME, (11) LA PROBATION 
DE CES DEUX MÉDECINES, CE QU'lL EST PERMIS D' EXPÉRIMENTER 
ET CE QUI NE L'EST PAS, / LE BESOIN DE L' ACTION DU MÉDECIN 
POUR LES HOMMES DU PATS, LE CHATIMENT DE LEURS MÉDECINS 
<NON> ÉPROUVÉS ET NON- AUTORISÉS QUI PRATIQUENT LA 
MÉDECINE, LE DEVOIR DE CHOISIR POUR MÉDECIN UN MÉDECIN 
ÉPROUVÉ, (12) LA DIGNITÉ DU NOM DE MÉDECIN ET DE THÉRA- 
PEUTE, LA CLASSE DANS LAQUELLE ENTRE LA MÉDECINE / , 
(13) LE BESOIN QU'A LA MÉDECINE DE L'AME DE LA MÉDECINE 
DU CORPS, ET LA MÉDECINE DU CORPS DE LA MÉDECINE DE L'AME, 
ET TOUTES DEUX DU SOUVERAIN, (14) LES PRINCIPES DES MALA- 
DIES, (15) LEURS ESPÈCES ET LEURS NOMS, (16) LES ESPÈCES 
DE REMÈDES, (17) L'ÉTABLISSEMENT DE LA SANTÉ DES FORCES, 
/ CE QUI ACCOMMODE LES ÉLÉMENTS DU CORPS EN RÉGLANT 
LA SANTÉ ET CE QUI UNIFIE LES PUISSANCES DE L'AME PAR UNE 
ACTION AVANTAGEUSE, (18) LE BESOIN DE L'HOMME, POUR 
ENTRETENIR SON CORPS ET ORGANISER SON AME, DE NOURRITURE 
ET DE MÉDICAMENTS, (19) L'ÉNUMÉRATION (om.) DES DOMAINES 
SUR LESQUELS OPÈRE LA MÉDECINE DU CORPS, (20) L'OPÉRATION 
ET L'ACHÈVEMENT DE LA MÉDECINE; (TOUT CECI) RÉSUMÉ 
/ EN PEU DE MOTS. (B. 119 ; M. 157.) 

(1) Le principe de la médecine est la sagesse (frazânakih)^ 
ohrmazdienne d'où provient entre autres la médecine, et ce qui 
en est le plus proche est la connaissance concernant la nature 
(cîhrak) du mélange. 



CHAPITRES 156 A 157 



159 



(2) La raison de son utilité est le besoin de protéger <les 
15 hommes > et / les autres créatures du gëtï contre l'Assaut, en les 
guérissant de leurs maladies par la médecine. 

(5) La diversité de principe entre la médecine et la maladie, 
c'est comme la diversité de principe entre la sagesse/ et l'Igno- 
rance. 

îs (3) La division des espèces/ de la médecine : médecine du gëtï 
avec ses diverses prescriptions (handarzakih), et /médecine du 
mënôg et ses prescriptions, par le nërang de la Bonne Dën qui 
ôte de la créature l'Assaut, les maladies des créatures et autres 
forces du gëtï, et les détruit; les prescriptions de la médecine du 
gëtï, grâce à la sagesse de la Bonne Dën, préserve et guérit le corps 
des créatures du gëtï des maladies venant de l'Assaut. Dans 
chacune, il y a la division entre le général et le particulier : la 
p- 121 généralité de la médecine du mënôg / lui vient de l'enseignement 
de la Bonne Dën ; et la médecine de l'âme des hommes en général 
se fait surtout parce que Yahu et le souverain du monde, le rat et 
3 le zartustrotom du monde, rectifient leur propre caractère ; / 
la médecine particulière de l'âme de chaque homme se fait surtout 
en se détournant (apàc àhangïh) des mauvaises pensées, mauvaises 
paroles et mauvaises actions, et en se tournant vers les bonnes 
pensées, bonnes paroles et bonnes actions, les sages (^dânâkân) 
6 et les fidèles de la Dën/ rectifiant leur caractère grâce à l'ensei- 
gnement de la Bonne Dën. La médecine générale du gëtï, c'est 
la médecine du corps de l'homme selon l'enseignement de la 
Bonne Dën par l'autorité du zartustrotom et le bon commande- 
■■- ment du souverain, qui consiste à préserver (nikàs pâtan) de la 
corruption les éléments (zahàkàn) qui sont les principes du corps. 
(La médecine du gëtï) en particulier, c'est la médecine du corps 
9 de chaque homme/, les thérapeutes ( druvistpatàn) protégeant ( ?) 
leurs membres (rastakân) de la corruption. 

Les divisions de la médecine du corps comprennent six ( x sas) 
espèces (om.) dont les noms selon la Dën sont : guérison par la 
Justice, guérison par le feu, guérison par les plantes, / guérison 
par le couteau, guérison par ponction (nêsak), guérison par les 
manOra ; la principale est la guérison par les manQra, qui dans le 
gëtï est « merveilleuse » ( x guyânik? '?) ; sa principale raison est 
d'ôter rapidement la maladie sans blessures, souffrances ni dou- 
leurs de corps, par la puissance de la formule (afsôn) manfirique/. 
La deuxième est la guérison par le feu dont la raison est, par la 
puissance du feu, en ôtant de l'atmosphère la corruption ( x vinas- 
takïh) et la gangrène (pûtakïh) de l'exhalaison de la maladie, en 
réchauffant le corps, et en faisant des fumigations ( ?) de plantes 



12 



;.:.-is 



160 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



au parfum triomphant, en ôter / bien des maladies avec peu de 
souffrance pour le corps. La troisième est la guérison par les plantes, 
et sa raison est de diminuer la souffrance et la douleur provenant 
de la médecine par le couteau ou la ponction, par l'alimentation 
ou le pansement ( ? x bandénïtan), et d'ôter du corps d'autres espèces 
de maladies. Entre la médecine par le couteau et la médecine par la 
ponction (om.), la médecine par la ponction est la dernière. / 

Les divisions de la médecine de l'âme sont au nombre de deux 
( x dô) : dire la Bonne Dën avec foi et agir selon elle avec foi, et 
ces deux activités de foi guérissent l'âme de l'homme (12). Est 
digne <du nom> de thérapeute du monde celui qui /préserve 
la généralité des âmes des hommes du péché et leur corps de la 
maladie. Est digne du nom de médecin du monde celui qui guérit 
la généralité des âmes des hommes du péché et leurs corps de la 
maladie. Est digne du nom de thérapeute des hommes / celui 
qui préserve l'âme de chaque homme du péché et leurs corps de 
la maladie. Est digne du nom de médecin des hommes celui qui 
guérit l'âme de chaque homme du péché et leurs corps de la 
maladie. Ainsi donc, la médecine du corps comprend les (om.) 
deux : préserver le corps en santé / et guérir lé corps de la maladie. 
Et de même, la médecine de l'âme consiste à préserver l'âme du 
péché et à l'en guérir. 

(4) L'opération générale de la médecine est de préserver l'âme 
et le corps de la généralité des hommes par la santé, et de les guérir 
de la maladie; et le succès (sût) qui en résulte, c'est d'établir/ 
le monde dans la santé, la pureté et la bonne odeur. L'opération 
particulière ( x ëvàcïk) de la médecine est de préserver chaque 
âme du péché et chaque corps de la maladie, et son succès est 
(d'assurer) la santé et l'activité du corps de l'homme et la Justice 
de son âme. 

(6) La manière d'être du médecin est mesurée (handâcak) 
d'après le choix du sage souverain, instruit par la Bonne Dën, 
et sur le médecin de l'âme et sur celui du corps. Sur le médecin 
de l'âme, le zartustrotom est autorité en matière de la Dën, à savoir 
(qu'il doit être) pur de caractère, de sagesse noble (asnôiak), 
prince de la Dën (dën vâspuhrakân) , méditant ( x mènitâr) sur 
Dieu, et lui rendant un culte d'un bon axv, à la vue mënôgienne / 
mémorisant l'Avesta, sachant choisir le Zand, informé de la Dën, 
de règle (rastak) indubitable, équitable (mas-dàtistànih), connais- 
sant Vohuman, sans colère, sachant convenablement distribuer 
portion et récompense à ceux qui en sont dignes, terrassant la 
concupiscence, vainqueur de la convoitise, d'un commandement 
rapide quand il s'agit de terrasser les pécheurs, et parfait ( x bavan- 



CHAPITRE 157 



161 



dak) défenseur judiciaire (yâtakgôv) ; maintenant la mesure de 
ces cinq ( x panj) choses /, à savoir : les yeux, la bouche, la langue, 
les oreilles, et le cou (CWRH), (gardant) ses yeux des femmes, 
sa bouche de la nourriture déréglée (anadvên), sa langue de la 
vanité (halakïh), ses oreilles de la musique^ et son cou de l'agilité 
(?câpûkih) ; en sorte que le créateur ne soit pas ébranlé (dans 
la pensée ?) / et que les quatre classes ne soient pas portées à pécher ; 
qui soit vigilant (anaxuspên) à terrasser les dêv, qui indique le 
salut aux créatures, juste arbitre entre le roi (sàh) et les gens du 
peuple, juste autorité en toute matière (afin) que soient protégées 
et pleinement fécondes (spûr barikâ) souveraineté et Dën qui 
sont de même lignage ( x hamnàf?) /, et que tout ordre soit raison- 
nablement (cimîk) donné et exécuté. 

Celui qui « orne » la nature et donne des Conseils (*handaiz), 
c'est le médecin thérapeute en chef de l'Iran (Erân druvistpat), 
car il préserve la bonne nature (vëh cîhrak), aime les âmes, à la 
vue aigiie (bârîk), chante beaucoup, connaît par cœur les livres, 
a beaucoup d'expérience <des?> puissances, opérations, trans- 
formations/ (vihërisn i yatakàn) <des> misères (qui attaquent) 
la nature du corps, qui connaît le temps, qui connaît les change- 
ments, qui connaît les remèdes des maladies, médecin parfait et 
sans mélange du ... (cëhak) respectueux (hutars), aimant ses pairs, 
(hamàhl) sans envie, à la voix douce, sans mépris, patient (burt 
hubarisn), ennemi des maladies privées de nërang ( x anérang?), 
ami des malades (vimâragàn) / au service des hommes ( x mart 
paristïtâr) et pas nocif (bëcîtâr) pas négligent (a. vistâr), formé 
à l'hospitalité (aspanj frahaxt), à la main légère (spuk), formé 
à l'opération, ordonnant la guérison, préservant son bon re- 
nom, non frustré (? ànâfakj mais désireux de la récompense 
mënôgienne. Car de lui sont venues, grâce à la collaboration 
(hamhâkih) d'Aryaman « à la main aryenne»;' ër dastik) j etàl'ins- 
trumentalité des plantes guérisseuses, la préservation des corps 
contre les maladies grâce à des remèdes bien adaptés, l'expulsion 
de la corruption et des maux (vastih ut hëndakïh), et la venue 
du bien-être et de la bonne ... (? macômandïh) et grande activité 
de la vitalité. 

(7) La bonté (om.) du médecin de l'âme (lui vient de ce que), 
en matière de médecine de l'âme / il est véridique et pieux (râst 
tarsakâs), instruit (abdist) par l'Amahraspand Asavahist (om.) ; 
et celle du médecin du corps (lui vient de ce que), en matière de 
médecine du corps, il est instruit par Aryaman, le collaborateur 
de l'Amahraspand Asavahist, (om.) à qui il demande ses moyens 
( xvâdisn i afzâr) , 



162 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



(8) La matière sur laquelle s'exerce l'opération du médecin 
de l'âme, c'est l'âme « incorporée » de tout homme ; et son opé- 
ration sur cette matière / consiste à agir et à empêcher, et, selon 
l'enseignement de la Bonne Dën et l'instruction de rAmahras- 
pand Asavahist, à préserver l'âme du péché et à la rendre Juste par 
l'exercice des bons actes méritoires. La matière sur laquelle s'exerce 
l'opération du médecin du corps, / c'est le corps doué d'âme de 
tout homme ; et son opération sur cette matière consiste, par les 
précautions et l'emploi des remèdes et l'instruction d'Aryamân 
à préserver les corps en santé et à les guérir de la maladie. 

(9) La valeur (arz) de la médecine de l'âme / se mesure à ce 
que le corps dérive de l'âme sa vitalité et sa capacité de percevoir 
(màrisnômandïh) . Le prix de la médecine du corps se mesure à 
ce que l'âme dérive du corps son utilisation d'un instrument et 
son efficacité. 

Le poids (sang) de la médecine de l'âme se mesure à ce que l'âme 
est par elle-même, tandis que la médecine du corps est son instru- 
ment. 

(10) Le but visé (kandàk) par le médecin de l'âme dans la méde- 
cine de l'âme est aussi de connaître les forces de la vie (jân) et 
leurs faux-frères/ à chacune, et comment préserver chacune dans 
les limites de sa santé contre son faux-frère et la détérioration et la 
déformation qui en résultent. Le but visé par le médecin du corps 
dans la médecine du corps -est en outre (de connaître) la connexion 
(hambandisnih) et l'établissement (vënârisnîkîh) et le boulever- 
sement des contraires (hambattkân)'âîins la nature. 

(11) La probation du médecin de l'âme /dans la médecine 
de l'âme (se fait) par le moyen du caractère et de la sagesse, d'abord 
dans le sacerdoce, deuxièmement dans la chefferie du mân, troi- 
sièmement dans la chefferie du vis, quatrièmement dans la chefferie 
du zand, cinquièmement dans la souveraineté ( x dëhpatih), et il 
lui est licite d'être éprouvé en passant de la médecine de l'âme/ 
du petit jusqu'au plus grand, progressivement, jusqu'au rang de 
zartustrotom qui est le plus haut rang parmi les hommes dans 
l'ordre de la médecine de l'âme. Et ce qui n'est pas licite en fait 
d'expérimentation, c'est, quand on n'a pas à être autorisé à expé- 
rimenter sur un petit, de choisir un grand pour expérimenter. / 

L'expérimentation (uzmâyisn) du médecin du corps dans la 
médecine du corps se fait d'abord sur l'adorateur des dëv dont 
le corps est malade et (s'il le) sauve, on peut le considérer comme 
un éprouvé en fait de médecine du corps. Quand, avec cette expé- 
rience de la médecine du corps, il a été aussi bien accompli (lacune ?) 
en ce qui concerne des hommes d'un plus haut rang ( aparîar 



CHAPITRE 157 



163 



sâmânîkâ), il est bon pour être choisi et assigné au rang de thé- 
rapeute de l'Iran. / Mais s'il pratique sur trois (personnes) et qu'elles 
meurent, il ne faut pas le tenir pour éprouvé (ûzmûn) ni le laisser 
pratiquer la médecine. 

Le comportement convenable (niyâpak) du médecin avec les 
hommes du village (dëhîk) j, selon que le donnent les Dieux 
( apar dahisn i yazdân ?) : Le médecin interroge tout malade qui 
est dans le village, le reconnaît, se rend vite chez lui et plus parti- 
culièrement ( t-nâmcistïhâtar) le lendemain et à d'autres moments, 
pratique bien son art sur la maladie en se munissant d'une trousse 
(patvasik) contenant beaucoup de remèdes, reconnaît /la maladie, 
s'exerce sur la maladie en se servant de beaucoup de remèdes qui 
agissent contre elle (dusmanîkâ), administrant le malade et le 
guérissant, en sorte que, par son exercice <sur> la maladie, 
il ne demeure dans le village aucun malade, parce qu'il lui a porté 
remède. 

(12) Et voici ce qu'il est convenable à l'ensemble des hommes 
de faire / avec le médecin : le pourvoir d'une bonne nourriture, 
d'une tenue commode (câpûk brakmak), d'un cheval rapide, d'une 
demeure (mân) surélevée au centre du lieu ; et que ses autres biens 
soient en conséquence (pasacak), lui étant plus riche que tout 
autre qui se trouve là (an i ëvak i miyânak xvâstaktar). Et que 
le médecin du mân / dans le mân, le médecin du vis <dans le vis > , 
le médecin du zand dans le zand, le médecin du dëh dans le dëh, 
que ce médecin ( x bizisk) ne soit pas à court (ne akocihât) d'argent 
ou de provende pour sa bête (stôr zëvisn), qu'il ne soit pas privé 
(brinihât) des dons réunis pour la médication des malades, et 
que lui parviennent vite le cheval rapide et la trousse garnie de 
remèdes /, pour les personnes malades. 

Dans la médecine du corps, il y a cinq espèces de médecins : 
un excellent, un inférieur, et trois intermédiaires ; celui qui pra- 
tique la médecine des hommes uniquement pour la Justice et 
pour l'amour (dôsarm) /est médecin éminent ; celui qui la pratique 
uniquement pour une récompense du gëtî et, à égalité, par amour, 
est un médecin moyen ; celui qui (la pratique) par amour de la 
Justice et aussi de l'argent, mais incliné d'avantage ( Ôgrâyisnïktar) 
vers la Justice, est un médecin moyen, plus proche du médecin 
excellent ; celui qui (la pratique) par amour de l'argent et de la 
Justice, mais incliné d'avantage vers l'argent, est un médecin 
moyen, plus proche du médecin inférieur. / Le médecin qui aspire 
( àyôz) à la pure Justice est admis comme le plus éminent, certifié et 
honoré, et récompensé par de l'argent selon son lang. Le médecin 
moyen qui aspire à la Justice, est aussi celui qui est d'une Justice 



166 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



l'âme qu'est la vaillance ( takïkïh), le relâchement qui en est l'adver- 
saire antagoniste et la colère qui en est l'adversaire apparenté ; 
<à > la puissance qu'est l'intention parfaite, connexe de la vaillance, 
la colère qui en est l'adversaire antagoniste et le relâchement 
qui en est l'adversaire apparenté ; à la puissance de l'âme qu'est 
le désir (apâyïm), l'intolérance (spôzkârïh) qui en est l'adversaire 
antagoniste et la concupiscence qui en est l'adversaire apparenté ; 
à /la puissance qu'est l'observation attentive (nikirïtârïh) connexe 
du désir, la concupiscence qui en est l'adversaire antagoniste et 
le doute ( ? ? sàkïk) qui en est l'adversaire apparenté ; à la puis- 
sance de l'âme qu'est le mouvement, la paresse qui en est -d'adver- 
saire antagoniste > et l'agitation ( x jôsakîh) qui en est l'adversaire 
apparenté ; à la puissance qu'est la discrétion (xâmôsih), connexe 
du mouvement ( y -jumbisn) , l'agitation qui en est l'adversaire anta- 
goniste et la paresse qui en est l'adversaire apparenté. En sorte 
que, par / l'arrangement des (puissances) de l'âme, par celles 
qui sont bien en connexion et union avec l'organisation « chargée » 
(akandàk) de ses forces, les adversaires de ces forces soient reje- 
tées (andâxt), que l'ivresse (mastîh) et l'hébétude (sturtîh) (om.) 
soient retranchées de l'âme, qu'elle soit établie dans la pureté, 
qu'elle s'efforce d'accomplir des actes méritoires, s'abstienne de 
fautes, et ne devienne pas druvand, / mais Juste. 

(18) La raison du besoin de guérir le corps est l'opposition 
continuelle (?? a-drang?) provenant de l'Assaut du froid-humide 
contre le sang chaud-humide, matière foncière (mâtag) du corps, 
et (qui fait que) sa venue antagoniste est simultanée (hambutast); 
par le froid se refroidit la chaleur du sang, par le sec se dessèche 
(ôsënàt) l'humidité ( x xvâtih), la première matière du corps n'est 
pas / protégée (pâtakïhât) dans le processus de protection (pàna- 
kënïtârîh) du corps, et la créature est retardée dans son progrès 
vers sa conjonction à la Fraskart. Dans l'exécution des ordres 
(^framànkârïh) du Créateur, l'opposition continuelle ( ?? a-drang) 
au corps (se fait) par un rapide et hostile rejet de la chaleur du corps 
par le froid et de son humidité / par la sécheresse, et de ce fait 
(hoc ham x bun), il y a impermanence (apatûkîh) de la matière 
et de la puissance du corps dans la conduite à l'être ( x bavënî- 
lârih) et la disposition du corps. Comme les contraires existent 
ensemble, le froid qui lui est apparenté est rattaché (apàc basta- 
kîh) à l'humidité et la sécheresse à la chaleur. A savoir que, au 
delà (LSDr), de même que (ham cëgôn) la matière et la puissance 
du corps en constituant (bavënâkïh) et en nourrissant le corps, 
font qu'un germe (toxmak) soit constitué et disposé. Ceci est révélé 
au sujet de tous les vivants : / les maladies du corps antagonistes 



CHAPITRE 157 



167 



et apparentées proviennent de l'Assaut. L'antagonisme au corps 
mûrit (?? xpazâmïhët) pour le corps pendant la durée (drang) 
de la constitution (êstisn) et de l'arrangement de la matière et de 
la puissance du corps à partir de la naturation ( y cïhrënâkïh ? ?) 
de la nature à l'intérieur du corps, et par les médicaments et remèdes 
grâce auxquels le bon médecin guérit le corps (om.) du dehors. 

Pendant le Mélange causé par l'antagonisme de l'Assaut, le 
progrès des créatures / et leur conjonction (vers la Fraskart) a lieu, 
comme cela est révélé (par la Dën qui dit) que la disposition^ de 
l'homme va de pair avec ( ëton... cëgôn) la santé du corps dans l'état 
du Mélange dû à l'antagonisme de l'Assaut : ce qui accommode 
(sâcënàk) les éléments (ristakân) du corps par/ une disposition 
de la santé, c'est la nature. Ce qui unifie (hamënàk), les puissances 
de l'âme (jâm) par une action avantageuse, c'est l'axv. 

Le besoin de préserver (dârisn) le corps contre l'oppression 
vient à la nature de l'antagoniste. Le maintien en vue de l'aide 
à apporter à la nature consiste à repousser l'oppression ( x ôstap- 
spôzïh) qui vient de l'antagoniste. L'entretien, c'est le manger 
et le boire, en ce que / l'on conjoint la puissance qui est dans la 
nourriture à la puissance qui est dans les humeurs (âmëcisn) qui 
assistent la nature : ainsi l'humidité (nom) qui est dans la nourri- 
ture à l'humidité humorale qui est dans la nature, en sorte que 
l'humidité humorale ne soit pas adoucie ( ?xvâsât ?) par la séche- 
resse qui provient de l'Assaut ; et le feu <qui est dans la nourri- 
ture au feu humoral en sorte que le feu humoral > ne sort pas 
refroidi par le froid qui provient de l'Assaut ; et le vent qui est 
dans la nourriture / au vent humoral qui est dans la nature, en 
sorte que le vent humoral ( y -âm ëcisnïk) ne soit pas lié par la fai- 
blesse -, et la terre qui est dans la nourriture à la terre humorale 
qui est dans la nature, en sorte que la terre humorale ne soit pas 
dissoute par la mollesse (sustïh) avec laquelle elle est tenue. Tout 
cela afin que la nature / soit munie de ce qui lui est nécessaire 
pour (se dégager) de l'oppression et du bouleversement (candak) 
qui lui vient de l'Assaut, afin que la vitalité (zëndakih) de l'homme 
soit établie avec une nourriture convenablement mesurée. Et il 
arrive (hast kë) que ce soit par des remèdes : l'excès de nourriture 
est rabaissée par la force du remède, ou la réduction de nourriture 
est compensée (lit. emmagasinée) par la puissance du remède, 
/ en sorte que la force humorale parvienne à la Mesure. 

Il y a eu des « créatures» ( y âfurttakân) dont l'âme était pour 
la plupart établie (vërâst) dans la sagesse et le corps l'était dans 
la santé : les forces de l'âme ne pouvaient être prises par celles du 
péché et de la druvandih, ni les humeurs corrompues par celles 
de la maladie, de la mort ou autres adversités. 



168 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



(13) <Le médecin du corps a besoin du médecin de l'âme/ 
(om.), le moyen de la médecine de l'âme venant de l'enseignement 
( amôk) de la Bonne Dën ; et le médecin de l'âme a besoin du 
médecin du corps <à cause du> besoin de la guérison, le moyen 
de la médecine du corps venant de l'enseignement de la médecine 
du corps. / Tous deux ont besoin du souverain, et qu'ils soient 
sans ( x apë) vices vient de ce qu'ils font leur devoir. 

(19) L'énumération des domaines (sâmën) sur lesquels s'exercent 
l'opération de la médecine du corps comprend les 15 suivants : 
le germe, le devenir (bavisn), la disposition, la mise en mouvement 
(tacisn), la composition des humeurs (âmëcisnik hambavisn), la 
transformation (vihërim), j la naissance, l'alimentation, la nature, 
le tempérament (xôk) y la loi, les temps, la médecine de l'État 
(sâQr.) 

(20) L'action (kunisn) de la médecine du corps porte sur les 
quatre éléments (zahàkân) du monde pour les préserver de la 
corruption : son achèvement (frazâmtân) consiste à ôter des élé- 
ments du corps excès et défaut et à établir la santé du corps dans 
la Mesure. / L'action de la médecine de l'âme porte sur les quatre 
forces de l'âme pour les bien conjoindre et les préserver efficace- 
ment (pasâxtihâ) d'adversaires hostiles ou apparentés ; son achève- 
ment consiste à préserver bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes 
actions de mauvaises pensées, mauvaises paroles, mauvaises actions, 
et, rectifiée / par bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions, 
à sauver l'âme. 



158 Sur l'action et l'abstention louables (stùtak) et blâ- 
mables (nikôhitak). (B. 130 ; M. 170.) 

11 y a deux espèces d'actions et d'abstention : / consciente 
(dânisnïk) et inconsciente (adanismk), et on indiquera (nisànënit) 
ci-dessous pour chacune le jugement que l'on porte à son sujet. 
Des conscientes, il en est quatre espèces, et des inconscientes huit. 

1.1. Consciemment on fait des actes méritoires et on s'abstient 
des péchés. Le jugement est que l'on est semblable (kâvand) 
aux dieux et que l'on est un parfait (tâst) / Juste. 

1.2. Consciemment, on commet des péchés et on s'abstient 
d'actes méritoires. Le jugement est que Ton est semblable aux 
dëv et que l'on est un parfait druvand. 



chapitres 157 a 158 



169 



I. 3. Consciemment on fait l'un et l'autre : actes méritoires 
et péchés. Le jugement est que l'on mérite récompense pour ses 
actes méritoires et châtiment pour ses péchés. 

I. 4. Consciemment, on ne fait rien, ni actes méritoires, ni 
péchés. Le jugement est que, pour n'avoir pas commis / de péché, 
rien ne vous est imputé (abundàst) ; quant aux actes méritoires 
que l'on n'a pas faits : pour ce qui est des actes obligatoires (frëz- 
vân), leur omission est imputable, et pour ce qui est des actes 
non-obligatoires, leur omission n'est <pas> imputée. 

II. 1. Inconsciemment, l'intention étant droite (pat frârôn 
mënisnïh) on fait des actes méritoires et on s'abstient des péchés. 
Le jugement est / qu'on a tendance vers le bien, et on est honoré 
(burzimik) pour avoir posé des actes méritoires, mais on ne l'est 
pas pour les avoir produits à l'aveuglette (avënàk varzîtârîh) et 
parce qu'on s'abstient du péché <on est honoré (?)>■ 

II. 2. Inconsciemment, l'intention étant perverse, on fait des actes 
méritoires et on s'abstient du péché. Le jugement est qu'on a 
nom de « sauvé passivement » (bôzënitak nàm), étant donné qu'on 
a tendance au mal ; et parce qu'on fait le bien on est /récompensé, 
et parce qu'on a évité le péché (pat vinàs i jast) on est indemne 
(agriftâr). 

II. 3. <Inconsciemment, l'intention étant droite, on commet 
des péchés et on s'abstient des actes méritoires >. Le jugement 
est que, l'intention étant droite on a tendance au bien, et en tant 
qu'on produit des péchés on encourt un châtiment, et parce qu'on 
s'abstient d'actes méritoires, leur omission est imputable. 

IL 4. Inconsciemment, l'intention étant perverse, on commet 
des péchés, et on s'abstient d'actes méritoires. / Le jugement est 
que <Pintention étant perverse >, on a tendance au mal, et, pour 
avoir commis des péchés on encourt beaucoup de châtiments, 
et pour s'être abstenu d'actes méritoires, beaucoup est imputé. 

II. 5. Inconsciemment, l'intention étant droite, on fait les deux, 
actes méritoires et péchés. Le jugement est qu'on a tendance au 
bien et on est honoré pour avoir produit des actes méritoires, 
mais qu'on ne l'est pas ( x aburzi$nik) pour les avoir produits à 
l'aveuglette ( x avënâk), et pour avoir posé des péchés, on n'est 
pas indemne (griftàrik). 

IL 6. Inconsciemment, l'intention étant perverse, on fait les 
deux, actes méritoires et péchés. Le jugement est / qu'on a ten- 
dance au mal, et, pour avoir posé des actes méritoires, on ne 
mérite pas reconnaissance (aspâs) et, pour les avoir produits à 
l'aveuglette on n'est pas honoré, et pour avoir produit des péchés, 
beaucoup vous est imputé, (om. rép.) 



170 



LE TROISIÈME LIVRE DU D ÊNKART 



II. 7. Inconsciemment, l'intention étant x droite, on s'abstient 
des deux. Le jugement est que, / pour s'être abstenu de péchés, 
on est honoré, et, pour s'être abstenu d'actes méritoires, rien n'est 
imputé. 

II. 8. /Inconsciemment, l'intention étant perverse, on s'abstient 
des deux. Le jugement est que, l'intention étant perverse, on a 
tendance au mal; pour s'être abstenu de péchés, l'honneur est nul 
(acàr burzisn) et pour s'être abstenu d'actes méritoires, on encourt 
imputation. 



159 / S™ CE PAR Q U0T LES HOMMES SONT GOUVERNÉS EN GÉNÉRAL, 

ce qu'ils gouvernent individuellement (hambâstakïhâ) 

ET CE VERS QUOI ILS SONT GOUVERNÉS EN TOTALITÉ (hamàkîkâ). 

(B. 132; M. 172.) 

Les hommes dans la condition de l'Assaut sont en général 
(amarkânihâ) gouvernés par le sort (hoc baxt rôn) et tous leurs 
mouvements / les mènent à la mort ( ôs) : il y en a plein de signes 
(pur daxsak). Et d'une façon individuelle ( x hambâstakiha) , ils 
sont opérants par eux-mêmes (hac xvat rôn) et par l'élévation 
due au bon mënôg, ils s'acquièrent le concours des actes méri- 
toires (kirpak apâkënitârih) et se dirigent vers la Justice, et, par la 
tromperie du mauvais mënôg, mus (skravënisnik) par le péché, 
ils se dirigent vers la druvandîh ; c'est ce que disent avec raison 
les Anciens Sages. Et en totalité, par l'omniscience et le gou- 
vernement du Créateur, par leur action depuis la création primor- 
diale, ils sont les annihilateurs de la drùj, et, la drûj ainsi annihilée, 
ils se dirigent vers le salut final de la Fraskart, le corps eschato- 
logique, plein de bonheur et parfaite liesse ( x sitây) : c'est la grande 
Révélation. 



CHAPITRES 158 A 160 



171 



160 / ^ UR LE NOMBRE DE MOUVEMENTS QUE LE SOLEIL DOIT FAIRE 
POUR REMONTER AU SOMMET DU CIEL, LÀ OU LE CRÉATEUR 

l'avait créé a l'origine. (B. 132 ; M. 173,) 

Le soleil parvient au sommet du ciel, là où le Créateur l'avait 
établi à l'origine /, en quatre mouvements ( x vàzisn?). L'ensei- 
gnement de la Dên dit en effet que le Créateur, lors de la création 
originelle, créa le soleil fixé ( ëstâtak) au sommet du ciel. Du sommet 
<du ciel > il descendit (frôtihast) / de quatre doigts, chaque doigt 
faisant un intervalle ( x andargâs andargâs) et le plus élevé étant 
plus puissant par rapport à l'intervalle. Pour toutes les créatures 
( x dâmân) et pour toute la création (le Créateur) établit un progrès 
constant dans l'avantage jusqu'à la Fraskart. Chez toutes les créa- 
tures qui progressent constamment de par leur production par le 
Créateur, il y a une force tendancielle ( ôz âhang) à revenir au 
sommet où, lors de la création originelle, elles avaient d'abord 
été créées. Chez toutes les créatures obéissantes (framânïk) , 
le progrès dans l'avantage jusqu'à la Fraskart, se fait par la 
force de leur propre tendance qui les élève / peu à peu jusqu'au 
sommet. 

La tendance de cette force procède de la mise en marche de la 
Dën Mazdéenne par le Juste Zartust. Ainsi à la fin du millénaire 
de Zartust, (le soleil) remontera / d'un doigt, au premier inter- 
valle à compter de bas en haut, ce qu'on appelle « le premier 
mouvement du soleil revenant au sommet du ciel ». Il s'arrêtera 
dans ce lieu intermédiaire pendant une durée de 10 jours-et-nuits. 
A la fin du millénaire de Osïtar, par une grande / force tendan- 
cielle, il remontera de deux doigts, au deuxième intervalle à compter 
de bas en haut, ce qu'on appelle « le deuxième mouvement du soleil 
revenant au sommet du ciel ». II s'arrêtera dans ce lieu inter- 
médiaire de grande force pendant la durée de 20 jours-et-nuits. 
A la nn du millénaire de Osïtarmâh / par force tendancielle supé- 
rieure, il remontera de trois doigts, au troisième intervalle à compter 
de bas en haut, qui est encore plus puissant, et c'est ce qu'on 
appelle « le troisième mouvement du soleil revenant au sommet 
du ciel ». Il s'arrêtera / dans ce lieu intermédiaire de plus grande 
force pendant la durée de 30 jours-et-nuits. Et à la fin des 57 années 
de Sôsyans, sa force tendancielle étant au plus haut, il remontera 
de quatre doigts, à compter de bas en haut : c'est le sommet du 
ciel, là où fut sa production et sa création originelle dans l'immo- 
bilité; et toute la création'sera dans un état d'avantage (sût astisnih), 
étant ^libérée de l'Assaut ; viendra le corps eschatologique, et le 
rétablissement de la créature dans sa pureté aura lieu lors du 
quatrième mouvement du soleil revenant au sommet du ciel. 



172 LE TROISIÈME LIVRE DU DËN KART 

/ C'est ainsi que le soleil parvient en quatre mouvements au 
sommet du ciel. 



161 S UR CELUI Q UI S>Y CONNAIT LE MIEUX DANS LES x TROIS LOIS 

de la Dën Mazdéenne. (B. 133; M. 174.) 

Celui qui s'y connaît le mieux dans les trois lois de la Dën 
p. 134 Mazdéenne, c'est / le Sage en matière de doctrine ancienne (pôryô- 
tkës) qui, dans la Bonne Dën, perçoit ( x vënâk?) de telle sorte 
que, de la dât il choisit, manifeste et connaît la parole (vàcak) 
hâiak-mânsrique et la gàsânique ; de la hâtak-mânsrique, la parole 
dàtique et la gàsânique ; de la gàsân, la parole hâtak-mànsrique et la 
3 dàtique. / Car, dans la dât de savoir supérieur ( apartar dânisn) 
qui porte sur le caractère gëtïkien des êtres gëtîk, sont posées ( nikàt) 
la parole hâtak-mânsrique et la gàsânique ; dans la gâsân de savoir 
supérieur qui porte sur le caractère menôgien des êtres mënôgiens, 
sont posées les paroles hâtak-mânsrique et dàtique ; dans le hâtak- 
mânsr de savoir supérieur qui porte sur les caractères mënôgien 
6 et gëtikien des êtres intermédiaires entre / mënôg et gëtï, sont 
posées les paroles gàsânique et dàtique. 



162 S UR LA CONTRE- CRÉATION (kirrênïtOtl) PAR LE GaNNÂK 

Mënôg d'une tendance a l'opposition aux créatures du 
Spannâk mënôg, et sur le gouvernement du Créateur 
sur chacune de ces oppositions. (b. 134; m. 175.) 

/ Le Gannâk tend vers chacune des oppositions qu'il a contre- 
créées aux créatures du Spanâk Mënôg, et par chacune ( x ëvak 
x êvak) de ces oppositions sont détruites toutes les créatures du 
Spanâk Mënôg. La manière par laquelle le Spanâk Mënôg a 
gouvernement là-dessus, compte 5 espèces. 

Première espèce : / il renverse (vartënët) la manière dont por- 
tait la tendance d'opposition du Gannâk Mënôg. Ainsi le Gannâk 
Mënôg tend à diriger directement à rencontre (pat hamëstàrïk 



CHAPITRES 160 A 162 



173 



rayënitârïh) de la pure chaleur, le froid, et de la pure humidité, 
la sécheresse, et à expulser tangiblement la chaleur par le froid 

is et l'humidité / par la sécheresse, et à rendre inopérants ( âkârënîtan) 
les vivants de la bonne création, et à retarder (pàtërânënïtan) la 
marche (ravâkih) des créatures ; tandis que le Spannâk Mënôg 
détourne (apâc... hast) le froid de son opposition directe à la pure 
chaleur vers l'humidité qui est son faux-frère, et / la sécheresse 
de son opposition directe à la pure humidité vers son faux-frère 
qui est la chaleur. En sorte qu'il y a mélange (gumïkîh) de la < cha- 
leur > avec l'humidité, et du froid avec la sécheresse mais pas 
avec la chaleur, et que, lorsque la chaleur se trouve assaillie ( apar- 
rasisnîh) par son adversaire direct (hamëstâr) qui est le froid, 
elle soit aidée (ayàr dâsnih) par l'humidité, congénère de la chaleur, 

p. 135 q U i es t a vec le froid; /et que lorsque l'humidité ( x xvëtïk) se 
trouve assaillie par son adversaire direct qui est la sécheresse, 
elle soit aidée par la chaleur, congénère de l'humidité, qui est 
avec la sécheresse, tout ceci par un arrangement des combinaisons. 

3 Et dans l'arrangement des combinaisons, chaleur et / humidité 
reçoivent la plus puissante stabilité (astisn) et permanence (patu- 
kïh). En sorte que le Gannâk Mënôg ne réalise pas sa volonté 
de retarder les créatures d'Ohrmazd, ce qui est la tendance de sa 
contre- création. 

Deuxième espèce : il arrive aussi que les contre- créations de 
la drûj, dans l'état du Mélange, 'apportent même aux créatures 

6 de bonne /volonté aide et avantage. Ainsi, dans l'état du Mélange, 
le froid et la sécheresse, quoique venant du Gannâk Mënôg, 
sont l'origine (hacisih) d'aide et d'avantage pour les créatures du 
Spanâk Mënôg, mêlés qu'ils sont à la chaleur et à l'humidité, 
ainsi qu'on le voit quand <l'humidité> laquelle vient du Spannâk 
Mënôg, (mêlée) à la chaleur est déviée (yudt) par l'excès qui 

9 provient / de l'Assaut, ou encore la chaleur, qui est de même 
origine que l'humidité, sont parfois (hast kad) ramenées par le 
froid et la sécheresse respectivement, à leur activité mesurée, 
il y a profit pour la bonne création. Et de la contre-création par 
la drûj des monstres et autres adversaires, grâce à la sagesse de 

'■' 12 l'homme, viennent / beaucoup, d'avantages. 

Troisième espèce : à cause des fréquentes fixités ( *pat ukih) , 
évolutions ( ravâkih ) et continuités (patvandisn) des créatures 
dans l'état de Mélange, diviser (baxtan) et répartir ( x vi$tartan) 
telle opposition qui est survenue une fois, dans un même lieu 
et en un seul moment, à des créatures qui sont séparées dans Je 
15 temps et dans l'espace /, quand il est manifeste que la drûj Az 
répartit la fureur qu'elle a réunie par tiers sur les créatures, et 



174 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÉNKART 



autres malices drûjiennes, dans ces mêmes lieux et à ces mêmes 
moments... (sôisrân ?). 

Quatrième espèce : retourner contre la drûj l'opposition que la 
drùj a contre-créée pour bouleverser les créatures /, ce qui équi- 
vaut à briser la massue des ennemis sur leur propre tête, frapper 
le dëv par la drûj, comme le dëv Zasùdak par la drùj Frasyab, 
et les monstres par l'hiver. Et quand vient le temps de la Fraskart 
en vertu du gouvernement du Créateur, Az, contre-création du 
Gannâk Mënôg se retourne contre ce même/ Gannâk Mënôg 
et dévore, abîme et détruit toutes ses propres contre-créations. 
C'est révélé. 

Cinquième et suprême espèce : par l'omniscience du Créateur, 
son gouvernement et sa force toute-puissante, / des drùj qui 
existeront au moment de la Fraskart, détruire toute la drûjité 
sans qu'elle puisse revenir à l'existence (anapâc bavisnik), et 
rabaisser ( x ôpâstan) la drûj primordiale sans qu'elle puisse se 
relever (anapâc dît ârâyisnïk). C'est là ce que nous apprend la 
Bonne Dën. 



163 S° R l'amour des hommes en conformité avec le carac- 
tère du Zartustrôtom, d'après le discours / d'un Zar- 
tustrôtom. (B. 136 ; M. 177.) 

D'après l'enseignement de la Bonne Dën, l'amour des hommes 
est en conformité avec le caractère (xêmïk) du Zartustrôtom. 
L'homme, c'est celui qui est le plus extérieur (bëtom), et il est 
semblable au boulevard (darpustih) de sa dën et à son soutien 
séculier (gëhânïk ham-bâristânih) . Parmi les hommes. l'Iranien 
est semblable à sa / demeure, à son village, à son district, à son pays. 
Parmi les Iraniens, parmi les mazdéens, le prêtre est semblable 
à sa flamme étincelante (përàyik), le guerrier à son armure de 
cote de maille (zrêh y -gurtïh), le cultivateur à son champ (dastj, 
plein d'agrément et l'artisan à son vêtement. / Semblablement, 
parmi les prêtres ceux qui sont disciples et ërpat sont semblables 
à sa peau et à sa chair (pit), et ceux qui sont... (m ' ny) et dastûr 
sont semblables à ses os et à ses tendons (bond). Et parmi ceux-là, 
celui qui est suprême quant à l'intérioiité ( andartomih) par rapport 
au bien est semblable à son cœur et à son foie /. Et le souverain, 



chapitres 162 a Ï65 



175 



suprême protecteur de toutes les créatures, est semblable à son 
cerveau et à sa conscience (bôd). Il est l'ami de chacun en parti- 
culier (darâmïk) selon leur degré, et tient leur bonheur et leur 
malheur pour les siens propres. 



18 ]_64 S UR CE QUE RECEVOIR ET FAIRE AVANCER / LA MESURE DE L'HOMME 
EST LE COMMANDEMENT DU SOUVERAIN- (B. 136 ; M. 178.) 

L'essence même (xvatïh) de l'homme, c'est l'axv pur ; et sur 
l'âme (jàn), il y a la sagesse discernante (vicïnkar) dominatrice 
(xvatâyïk) ; et sur l'axv de libre-arbitre (àzâtkâm) régulateur 
(dastûrik) ; dans les deux, la parfaite Dèn ohrmazdienne ; et sur 
les trois (om. aparik), le commandement du souverain qui protège 

p- 137 les créatures. Recevoir les serviteurs parfaitement respectueux / sur 
son âme et son corps ainsi que toutes les richesses ( âtâv) gëtï- 
kiennes, les faire avancer promptement dans la légalité (dâtïkïh) 
en maintenant constamment un lien (band) sur tout péché et en 

3 fortifiant l'exercice / de tout acte méritoire, — c'est l'activité 
suprême. 



-fe 165 Sur la raison (dm) et la manifestation (paytàkïh) de 
'^v'y. l'une par rapport aux autres des trois lois de la Dën 

'•m Mazdéenne. (B. 137 ; M. 178.) 



Par le discours hâtak-mânsrïk est manifesté le gâsânïk ; j et 
par les gâthâ est donnée la raison ( dm) du discours hàîak-mânsrik 
Mîl et dâttk. Ainsi le caractère de margarzân de l'ennemi du roi et du 
|ïif désobéissant (framân-spôz) est manifesté en beaucoup de passages 
^ par la hâtak-mânsrïk et la dâtik, sa raison étant donnée dans cette 
Ils; 9 brève (nisang) parole gâsânïk : « Au bon roi/ j'apporte la part 
H|i; de choix» (Y. 51, 1 a), c'est-à-dire, celui qui tient le monde, tous 
J|§- les rois et soi-même ( x xvës x tan), c'est celui qui est le dastur, 
qui est l'Iranien (Er), et ils accomplissent les ordres ; ceux qui sont 
ennemis (du roi) désobéissant sont tenus sous la règle par leur 
Iranisme : le monde, eux-mêmes / et la richesse ( xvâstak) ; et 



176 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÈNKART 



dans le monde, il n'y a aucun lieu, aucune chose qui en soit part. 
C'est pourquoi que du monde il y ait... (vës x sutal???), la hâtak- 
mânsrik et la dâtik le manifestent, s'appuyant sur un discours 
gâthique qui en donne la raison. Ce qui est dit dans un bref passage 
gâthique / : « Pour celui qui marche droit, il n'y aura point de 
destruction » (Y. 29,5 c), la manifestation en vient de la hâtak- 
mânsrik, qui dit : « La droiture assiste l'homme comme une armée 
de mille (hommes^. » ( ? ?), c'est-à-dire : Pour qui a la Mesure de 
droiture, son essence n'aura point de ruine, l'annihilation ( ? 
x adahisn) lui vient ( x kë) du dehors. Et cela est manifeste ( K paytâk) j 
de même que faire ce qui est obligatoire ( x frëzvân) rend exempt 
(apëbimik) des 3 inculpations (ërangih) qui sont dans l'ennemi, 
et c'est pour lui (avis) (un devoir) primordial en raison de la 
transgression (vizankarik) qui s'y trouve. Ainsi la connaissance 
mënôgienne des gâthà est au-dessus, la hâtak-mânsrik est inter- 
médiaire, et la dât est en dessous. En raison de la connaissance, la 
gàsànïk fournit la raison au discours de la dâtik et de la hâtak- 
mânsrik ; et, hâtak-mânsrik et dâtik fournissent une manifestation 
adaptée (pasacàkïh) au discours àesgâthâ. / 



166 Sur les signes et marques de l'époque la plus haute et de 
la plus vile, et sur le fruit de chacune des x deux. (b. 138 j 
M. 179.) 

/ Le signe qui résume l'époque la plus haute, c'est la noblesse 
(asnôtakïh) de caractère de la plupart des hommes grâce à l'édu- 
cation (frahang), ce qui est la Dën des Iraniens ; et son fruit est 
la rectification et l'ornementation de l'époque par la sagesse et 
toutes les vertus, la bonté, la prospérité (àpâtik), la Justice, toutes 
espèces de bien et de bonheur (râmisn) getîkiens/et mënôgiens. 

Et la marque qui résume la plus vile des époques, c'est l'impureté 
(alûtakîh) de la plupart des hommes en raison de cette chose 
impure ( x pat àlûd) qu'est la doctrine des Juifs ; et son fruit est 
le bouleversement et la laideur de l'époque à cause de l'Ignorance 
et des autres vices, malice, misère, drûjité ( drûjisn) et / toutes sortes 
de malheurs et de douleurs gëtïldennes et mënogîennes. 



CHAPITRES 165 A 168 



177 



167 Sur ce qui est dit de la drùjïh, que, lorsqu'elle va devoir 
être détruite, elle devient plus violente. (b. 138 ; m. 180.) 

12 j La drûjïh était venue mandée par la drûj pour combattre les 
créatures d'Ohrmazd. Tandis qu'Ohrmazd le Créateur, à la 
création originelle, savait, de par sa sagesse, la victoire finale de 
ses créatures sur la drûj, la destruction de toutes les drûj, selon 

îs ce qu'il avait organisé et voulu / et le renversement des instruments 
des drûj par la puissance des créatures du bien, la drûj, elle, était, 
tant au principe qu'au milieu, ignorante de la fin et de sa des- 
truction. A l'approche de la fin (frazâmïh), quand la plupart 
de ses agissements et de ses moyens seront défaits, la connaissance 

is /du moment de sa destruction lui deviendra présente ( x handë- 
mânîk) et se manifestera par une tendance à lutter de toutes 
ses forces et plus terriblement; ainsi combattent tous les adver- 
saires plus... (ûzmïktar?) au moment de l'espérance (de la vic- 
toire ?); ainsi le feu, au moment de s'achever, jette-t-il une flamme 
plus puissante. La violence plus grande de la drûj au temps de 
sa destruction ne vient pas de la violence qu'elle avait eue, lors 

p- 139 de son invasion primordiale (bun dvârisn) /, alors qu'elle se trou- 
vait (?? sp s tn) plus forte à cause de tous ses instruments, mais 
bien de ce que, au milieu (de sa course) elle se sera trouvé, avec 
le temps, privée (apâc...?) de beaucoup d'instruments. 



3 168 / SuR LES LIEUX SUR LES0 - UELS SE FIXE l'appréhension des 

HOMMES ET DONT ILS CONSERVENT TOUJOURS LE SOUVENIR 

( x abyâsikïh) et ceux dont le souvenir appréhendé ne 
6 PEUT d'aucune / FAÇON ÊTRE oublié. (B. 139; M. 180.) 

L'appréhension (grift mënisnïh) des hommes qui a pour objet 
tous les lieux où il y a bonheur pur de toute misère est durable 
(hamë) et n'est jamais (hàkarc) oubliée (anabyâsikik hacïs), et 
leur appréhension de tous les lieux où il y a misère sans bonheur 

9 (a-nëvakîh), j il n'y en aura jamais, pas même au début (fratôm.c ?) 
de souvenir. (Le lieu du) bonheur total pur de toute misère est le 
suprême, et celui de la misère totale sans bonheur est le plus vil 
(om. an), et entre ces deux lieux, l'homme du géti a des résidences 

12 de demeure / et des résidences de passage ( vitârik *mânisn) : 
résidence de demeure (mahmân mânisn), là où est leur demeure 



180 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



Cela vient de ce que (l'enfant) est indemne (asnôtakîh) dépêché, 
car les mineurs (apurnàyïk) avant d'avoir complété leur huitième 
année, le péché n'est pas encore imputé ( ô bun né bavët). A partir 

10 de là, (hac hân frac) /la mesure du péché de l'enfant diminue tou- 
jours cet amour. L'énergie grandissante de l'enfant grâce à l'édu- 
cation adéquate (apâyisnîk) du père, son respect, dans les limites 
de la mesure due au père, sa paternité accroit de nouveau la joie 
du père, en tant que (le fils) atteint parfaitement à la réalisation de 

18 son éducation, grâce à son degré de xvarrah, /et au service accompli. 
L'amour du père revient au degré suprême qu'il avait quand 
l'enfant était mineur. 

C'est ainsi, dit-on, que l'enfant nouveau-né a la vision mënô- 
gienne et que le dëv la lui ôte ; ensuite ce même homme abandonne 
la pensée dévique et procède comme tous les hommes vers la 

p. 142 vieillesse ;/ mais, avant cela, ayant parfaitement vaincu la drûj, 
et sa personne (tan) étant ainsi pure, il atteint à la connaissance 
et à la pratique intégrales de la Dën Mazdéenne. 



171 / Sur la récompense des Justes et leur châtiment, le 
chatiment des druvand et leur récompense. (b. 142 ; 
M. 171.) 

La récompense, c'est la satisfaction (snàyisn) qui découle de 
l'acte méritoire, et le châtiment, c'est la souffrance qui provient 
de la faute. Selon l'enseignement de la Bonne Dën, dans le mënôg, 
parallèlement (hâmbun. c), les actes méritoires et les péchés d'un 
chacun ont cette fonction (xvëskârïh) : l'acte méritoire / atteint 
à la récompense et le péché au châtiment. 

La récompense des druvand portera sur le peu (hucârak) d'actes 
méritoires qu'ils auront accomplis dans le gëtï, depuis le commen- 
cement de leur passage du Pont (hac Pukl pês vitârîk) vers un 
châtiment / qui pourra changer (vartisnik) , le châtiment étant 
infernal jusqu'à la Fraskart. 

Le châtiment des Justes portera sur le peu de péchés qui leur 
auront été imputés ( ô bun bût) dans le gëtï, depuis le commen- 
cement du passage à la récompense, et dans la mesure où ils puri- 
fient leur âme (yôsdâsTÏh) de ses péchés, en puissance de paradis 
( x vahistisnik) vers la suprême Existence, / et leur récompense 



CHAPITRES 170 A 172 



181 



est paradisiaque et éternelle. Le gëtï fournit la réplique du mënôg 
(gëti.c mënôg pacën dahisnîh) et parallèlement l'acte méritoire 
appelle la récompense, et le péché, le châtiment ; c'est la révélation 
de la Dën Mazdéenne. 

Le châtiment des péchés des Justes est clairement ( askârak) 
tout entier selon la Bonne Dën (hudënîkî) et acquitté par eux- 
mêmes (xvat vicârisnïh) dans le gëtï : ils auront conscience (âhya- 
sisnïh) de la récompense des actes méritoires à laquelle ils attein- 
dront dans le mënôg, et pour autant qu'ils l'atteindront dans le 
m gëtï / ils en seront satisfaits. Le châtiment des péchés des druvand 
dans <le gëtî> sera subi sans satisfaction du fait qu'ils ne l'y 
ont pas acquitté : dans le mënôg, ils le subiront (apar burtârih) 
du fait qu'il les investira avec autorité ( ?). Ils n'auront plus 
souvenance du bonheur de la récompense et de l'honneur (spàs), 
mais en seront cupides {àzvarik) du mënôg dans leur recherche 
même. 



18 172 / Sur l'opposition (pityârakîh) au Créateur : quelque 
chose est-il posé (nihat) ou non (B. 142; M. 185.) 

Toute confession de la Bonne Dên porte sur la volonté et le 
commandement du Créateur. Quand tous les hommes qui sont 
dans le gëtï parviendront à la confession de la Bonne Dën, l'Assaut 
sera détruit, toute la création (om. vëh dën) parviendra à la pureté 

*■ 143 sans opposition / et au parfait bonheur (hamâk xvârïh) : c'est la 
Révélation de la Bonne Dën. Ceux qui confessent la Bonne Dën 
sont avant tout ceux qui recherchent et interrogent la Révélation 
de la Bonne Dên. 

3 Le pécheur /, en raison de la grande perversité de l'Assaut dans 

(ses) limites, les sévices et maux (endurés par) les créatures, le 
rejet par la création du Créateur, de sa volonté et de son comman- 
dement, — ce sont bien là les oppositions au Créateur. 

Les docteurs dont la doctrine est qu'il n'y a aucune opposition 

6 au Créateur / et pour qui le pécheur qui rejette la volonté et le 
commandement du Créateur ne pose rien dans le gëtï, s'ils disent 
que de commettre le péché appelle la récompense et n'exige pas 
le châtiment, et que ce n'est pas celui qui rejette la volonté et le 
commandement du Créateur, mais bien celui qui les accomplit, 



182 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



qui est dans le péché et qui appelle la récompense et n'exige pas 
le châtiment, ou s'ils disent que le pécheur rejette le commandement, 
non la volonté / du Créateur, alors, ils affirment à tort que le com- 
mandement du Créateur est contraire à sa volonté, et ils lui dénient 
la divinité. 



173 S UR <LA MANIFESTATION > DU PRINCIPE (butl) PAR L'EFFET 

(bar) et de l'effet par le principe. (B. 143 ; M. 185). 

La manifestation du principe à partir de l'effet porte sur l'être 
(hastik) et la manière d'être (cëgônîh) du principe; /Ainsi les plan- 
tes sont manifestées par le fait de pousser, et leur couleur est 
manifestée par la beauté et la laideur, et leur senteur f y bôdïsn) par 
leur parfum et leur puanteur, et leur saveur par le goût bon ou 
mauvais, et leur vertu ( zôr) par l'effet de guérison ou d'empoi- 
sonnement, et c'est là leur être /et leur manière d'être cachés (Ham). 

(La manifestation) du principe à partir du principe (est possible) 
parce, pour toute chose, l'existence ( x vindisn) de l'être vient d'un 
principe : ainsi les plantes ( x rôdmânân), avec tout ce qui est en 
elles et provient d'elles, (en tant qu'elles?) émanent d'un principe, 
sont cachées. 

C'est pourquoi, si l'ignorance de l'ignorant et la méchanceté 
du méchant qui sont manifestes dans le gëtï mêlées avec la sagesse 
du sage / et la vertu du vertueux, provenaient d'un seul principe 
seulement, ce qui est la doctrine des Juifs et qui est impossible, 
d'un même principe unique proviendraient la sagesse et l'Ignorance. 
Et ce n'est pas non plus le même (xvat kad xvat) qui est (à la fois) 
sage et ignorant : il est évident que le principe / dont provient 
l'Ignorance, et qui est lui-même ignorant, la méchanceté, et qui 
est lui-même méchant, ne saurait être le pur Spannak Mënôg 
mais bien le Gannâk Mënôg. 



chapitres 172 a 174 



183 



174 < Sur > celui qui a son libre arbitre ( âzàt kâm) et son 

NOM AVESTIQUE ; SUR CELUI QUI A FAIT L' ÊTRE QUI A SON LIBRE 
ARBITRE ET LE MOTIF DE LA CRÉATION DE L'ÊTRE QUI A SON LIBRE 

arbitre; sur ce que l'opération (kartârth) de l'être qui 

A SON LIBRE ARBITRE N*A PAS UNE ORIENTATION UNIQUE ( ëv 

àhang) ; sur son adversaire, d'où il vient et ou il va ; 

SUR SES AVANTAGES ET DOMMAGES POUR LES CRÉATURES ET 
SUR LE GRAND AVANTAGE QUI PROVIENT DE LUI. (B. 144 ; 
M. 186.) 

/ Celui qui dans le gëti a son libre arbitre, c'est l'homme. Son 
nom avestique est axv i astômand (axv doté d'os) dont le zand est 
« roi doté de corps ». Et la loi de la royauté du roi est de conduire 
les hommes qui ont leur libre arbitre selon leur propre volonté, 
et d'agir/ sur les autres créatures du gëtï qui ne sont pas reines 
sur leur propre volonté comme ce roi qu'est l'homme. Aucune 
d'entre elles n'a le gouvernement de son axv comme l'homme a son 
gouvernement sur elles. Le corporel se distingue des dieux mënô- 
giens / en ce que les dieux mënôgiens, en étant rois, ne sont pas 
doués de corps. 

Celui qui a fait l'être qui a son libre arbitre, c'est Ohrmazd 
le Créateur. Le libre arbitre, la royauté sur les hommes, (s'exerce) 
sur la volonté, en tant qu'ils acceptent ou n'acceptent pas leurs 
actes méritoires ou peccamineux. 

Et le motif / pour lequel le Créateur a fait l'être qui a son libre 
arbitre et qui n'a pas une orientation unique, c'est pour que les 
hommes soient sûrs ( ôstîkân), qui sont son armée, et qu'ils viennent 
avec la royauté et le don de la force qui en découle, dans cette 
même force et jusqu'à la plénitude de la force, pour vaincre toute 
l'armée de la drûj / et détruire toutes les drûj grâce à l'action 
combattante des créatures d'Ohrmazd. 

Ses auxiliaires sont la sagesse innée et la sagesse acquise par 
audition et la Bonne Dën, qui sont d'origine divine (yazatik). 

Les adversaires sont la concupiscence (varanîkîh), antagoniste 
de la sagesse innée, l'Ignorance, antagoniste de la sagesse acquise 
par audition, et la mauvaise dën qui est drûjienne. / Les auxiliaires 
qui viennent du Spanâk Mënôg sont un secours pour recevoir, 
penser, dire et faire les actes méritoires, ne pas recevoir", penser, 
dire et faire les péchés. / Les adversaires, qui viennent du Gannâk 
Mënog, incitent à recevoir, penser, dire et faire les péchés, à ne 
pas recevoir, penser, dire et faire les actes méritoires. 

Il y a avantage à ne pas recevoir, penser, dire et faire les péchés, / 
à recevoir, penser, dire et faire les actes méritoires ; à se sauver 
soi-même par la royauté que l'on exerce sur ce qui est sien, et à 



184 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



sauver de la drûj les autres créatures du gëtï par la royauté que 
Ton exerce sur eux. II y a dommage à recevoir, penser, dire et faire 
les péchés, à ne pas recevoir, penser, / dire et faire les actes méri- 
toires : à trébucher soi-même dans la royauté que l'on exerce sur 
ce qui est sien, et à faire trébucher les autres créatures, par l'auto- 
rité qu'ont exercé sur elles, du fait des créatures drûjiennes. 

Le grand avantage qui en découle est la pureté de tous les hommes 
de libre arbitre / en vertu de la souveraineté qu'on exerce sur ce 
qui est sien, le fait que la volonté ne s'oriente pas (bë âhangih) 
vers la drûj, ce qui est la mauvaise dën, mais s'oriente vers la 
volonté du Créateur, ce qui est la Bonne Dën. Et par là on se 
rectifie en ne recevant, ne pensant, ne disant ou ne faisant pas 
le péché, mais en recevant, / pensant, disant et faisant les actes 
méritoires. La volonté de Dieu étant que, grâce à un bon chef, 
l'Assaut, adversaire des créatures, soit détruit et que toutes les 
créatures soient unies dans l'immortalité, la pureté et le bonheur 
total (om. hamëstàrïh ëbgat)./ 

Les docteurs dont la doctrine est que la plupart des hommes 
dotés de libre arbitre, en recevant, pensant, disant et faisant le 
péché, ne recevant, ne pensant, ne disant ni ne faisant les actes 
méritoires, à la fin, jamais aucun d'entre eux ne se sauvera de l'enfer 
éternel, disent en fait que Dieu n'a pas fait les hommes de libre 
arbitre pour leur avantage / mais pour leur plus grand dommage, 
et, à la fin, la misère et la gannâkïh de toutes les créatures du 
gëtî : il n'est donc pas le sauveur mais le tortionnaire de sa création, 
ce qui est lui dénier la divinité et lui attribuer la drûjïh. / 



175 S UR LES SIX ESPÈCES DE PEINES PAR LESQUELLES ON S'àO 

quitte ( x vicârisnîk) d'un péché qui mérite la mort (mar- 
garzan). (B. 146; M. 188.) 

Voici les six espèces de peines par lesquelles on s'acquitte d'un 
péché margarzan : 

1) Celui qui confesse (xûstûk) etfaitpatëtpourson péché et qui 
est mis à mort par décision du magistrat / xeligieux (dën dastvar) 
et par ordre d'un roi. 

2) Celui qui, ayant fait patët pour son péché devant le magistrat 



CHAPITRES 175 A 176 



185 



religieux est envoyé à la bataille contre les non-Iraniens ; il combat 
dans la disposition de livrer (*apaspârihâ) sa vie, et ii est tué ( x ôzâ- 
nïhït) dans la bataille : son âme est sauvée du péché et son corps 
9 délivré/ de l'emprise (griftârik) qu'il a sur lui. C'est révélé. 

3) Celui qui, sur ordre du souverain, en pénitence du péché et 
volontairement (honsandïhâ), est banni (ûskàftak) et exilé de sa 
résidence principale pendant 10 ans, et pendant ces 10 ans... 

12 (?? sacëtjjen est délivré. C'est révélé. 

4) Celui qui, par sa désobéissance aux rois, est devenu margarzan 
(margarzânîhit), mais le roi le prend en pitié (âmurzët) (malgré) 
ce péché ; il en est délivré ( àzàtihit). 

5) La femme qui par insoumission à l'égard de son mari est 
15 devenue margarzan, et / le mari ne la prend pas en pitié. C'est 

révélé. 

6) Celui qui a trépassé, ayant été considéré avec indulgence 
(masdâtistânih) par la décision des magistrats, ayant fait son 
devoir et fait le patët pour son péché, l'acquitte par le setûs et 
son âme en est délivrée. C'est révélé. 



176 Au-delà ( x avar)DV miracle du a la force menogienne qui 

FUT RÉVÉLÉ AU SUJET D'UZAB FILS DE TaHMASP VAINQUEUR 
DES DAHIENS GRACE A SON ARMÉE, LE MIRACLE QUI SERA DO 
A UNE FORCE MËNÔGIENNE PROPORTIONNÉE POUR CHASSER 
DES PAYS IRANIENS D'AUTRES NON-IRANIENS ADORATEURS DES 
DÊV, RESTAURER L'EMPIRE IRANIEN, SA ROYAUTÉ ET SA RÈGLE, 
EN PROTÉGEANT (panàhân?) LES HOMMES DE RACE IRANIENNE. 

> «7 / (B. 146 ; M. 189.) 

Selon l'enseignement de la Bonne Dën, au-delà du (LPWMH 
hac) miracle dû à une force mënôgienne qui fut rendu manifeste 
(ditârikihast) quand Uzâb fils de Tahmâsp vainquit, brisa et / fit 
disparaître ( x apaytàk kart) x Nûman le Dahyen (dahïk) et son 
armée, il y aura de nouveau un miracle dû à une force mënôgienne 
proportionnée (qui s'abattra) sur d'autres non-iraniens et adora- 
teurs des dëv qui portent dans la Dën les noms de (buland p ësak ? ?), 
6 Turcs, dëv aux cheveux-défaits, Arabes (tâjik), Vistâsp / le Kili- 
sâyïk le Romain, et leurs nombreuses armées, auxiliaires et agents, 
famille (nâfak) bien plus grande que celle que vainquit Uzâb 



186 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



vainqueur de Nûman le Dahyen, / les chassant des terres iraniennes, 
les brisant, les vainquant, les faisant disparaître, restaurant l'Empire 
Iranien, sa royauté et sa règle après (frac hac) l'empire de l'égare- 
ment des idoles et du culte des dêv, (chassant) toutes souillures, 
charognes (nasûs), ruine (tapâhih) et désolation des eaux, feux, 
terres et autres bonnes / créatures dans les pays iraniens, ceci en 
unissant à nouveau à la Dën d'Ohrmazd la puissance et le triomphe. 
Vers la fin du millénaire de Zartust, (ce miracle aura lieu) pour 
le Juste x Catrumân (appelé aussi, d'un autre nom, Pësyôtan, 
fils de Vistasp, / qui (viendra) avec l'aide de ses 150 disciples, 
selon la volonté et l'ordre du Créateur. 



YJJ Sur ce que le malheur {ânàkïh) est évacué (nSst) dans 

LES PUISSANCES DE L'HOMME, TOUT ÉTANT OTÉ DE L'HOMME ET 
DU MONDE, LUI-MÊME ET SES AUTRES / CONGÉNÈRES (kamgôk- 

rân) étant dotés DE bonheur (nëvakënît) . (B. 147 ; M. 190.) 

Pour l'homme tout l'amour qu'il a pour les enfants de son corps 
est naturel, et c'est pourquoi (vahân) il désire pour ses enfants 
non le malheur, mais le bonheur. Et de l'amour qu'il a pour les 
enfants de son corps, pousse et grandit une bienveillance (hudôs- 
tïh) pour tous les x autres hommes. / II ne veut le malheur d'aucun 
d'entre eux, il veut le bonheur de tous les hommes comme celui 
de ses propres enfants. Ainsi par cette quasi-nature (pat ët ôgôn 
cïhr) tous les hommes / se détournent du malheur et s'orientent 
vers le bonheur de tous les hommes. Pour tout homme dans le 
monde, en tant qu'il sait (snàsakïhà), le malheur, le sien ou celui 
de l'autre n'est pas désirable ou objet de volonté, et il ne faut pas 
le promouvoir ; / le bonheur, le sien ou celui de l'autre, on le 
désire, on le veut et on s'y efforce. Les hommes se débarrassent 
l'un l'autre du malheur, se conjoignent l'un l'autre au bonheur. 

De cette manière, les puissances/ de l'homme sont libérées 
de l'antagoniste du monde, qui est l'aide de la drûj. Les drûj 
sont abattues et vaincues par les dieux qui sont le secours du 
monde. C'est par les leurs (xvësân) que le malheur drûjien est 
éliminé du monde. Et le bonheur est surtout ouvert au monde 
par les dieux : / ils ôtent au monde deux espèces de malheur, 
l'un celui de l'homme gëtïkien dont l'instrument est la drûj, 
l'autre celui de la drûj mënogienne par sa propre force. Et deux 



chapitres 176 a 178 



187 



espèces de bonheur arrivent aux êtres du gëtî, l'un qui vient des 
15 hommes gëtïkiens, l'autre qui vient des dieux menôgiens. / Le 

monde deviendra sans défaut et plein de bonheur. Dans la 57 e 

année (du règne) de Sôsyans, la Résurrection sera proche, tous 
-'s les hommes ayant été rectifiés et coopérant dans la confession / de 

la Dën Mazdéenne et de la loi gathique. Telle est la révélation de 

la Bonne Dën. 



178 S 0R l'espérance humaine qui vient DE LA VIE et la crainte 

QUI VIENT DE LA MORT, ET COMMENT L'UNE SE TRANSFORME 

(apâc vistik) en l'autre. (B. 148; M. 191.) 

21 L'amour des hommes / pour la vie est produit ( âpurisnîk) par 

le Créateur dans la nature ( x cikr) sans qu'on ait de souvenir 
i>- 149 (bë abyâsakïh) de la vie atteignant à l'angoisse ( ôstàp) de la mort 
qui vient en règle générale de l'Assaut. En sorte que (tà.sàn) 
leur puissance de procréation, leur force touchant à d'autres 
activités, le développement (afzôn) de leur sagesse (xrat) pris 
3 ensemble (hac ëvkartakih), s'appelle xvarrah. Le mélange avec 
l'angoisse qui vient de l'adversaire à l'espérance de la vie, et de la 
crainte de la mort, est dans la nature pleine de vie sans souvenir, 
et n'est pas en premier pour le souvenir de la mort. Quand leur 
force, diminuée à l'égard des activités, devient abondante du fait 
6 de l'aide qui leur vient / de leur xvarrah, leur présence les met 
au sommet de l'espérance de la vie, et la crainte de la mort diminue. 
La pression de l'Assaut étant peu terrible, <l'espérance> de 
la vie est donc là, bien qu'ils soient sans souvenir. 
* Quand leur sagesse se renverse, et / qu'il y a plus de diminution 

du côté du xvarrah, et donc à cause de la faiblesse ( apàtyâvandîh 
ràd), alors chez eux par la diminution d'espérance en la vie et de 
peur de la mort (hardô),à cause delà faiblesse produite par l'an- 
goisse de l'Assaut, ils passent de la vie sans souvenir à la mort / 
dont on se souvient. 

Et quand les hommes passent de la puissance du désir de la 
procréation par le tourment répété ( apâc x pazmënîsnik) et le déses- 
poir, à la diminution de leur capacité (kast-âtâvih) et s'unissent 
(frây hamïhënd), leur espérance en la vie et leur crainte de la 
mort, toutes deux, s'affaiblissent, passent de la vie / dont on ne 



188 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



souvient pas à la mort dont on se souvient trop (frac àbyàs) ; ainsi 
en est-il des hommes destinés à l'enfer (dôsaxvïk) : à cause de la 
gravité de leur châtiment et de leur propre tourment, la nécessité 
de leur être / qu'ils ont par nature, se transmue en inutilité, si 
bien qu'ils aspirent à n'être pas nés parmi ces druvand quant à la 
Dën, ce pourquoi ils disent : « mieux eut valu pour moi n'être 
pas né de ma mère «. 



179 Sur le plus sublime des rois. (B. 149 ; M. 193.) 

Le plus sublime des rois, c'est à la qualité Yimienne (Yimîkïh) 
et à la qualité Vistâspienne ( Vistâspïkïh) de ce roi (que cela se 
mesure). Quant à / la qualité Yimienne, en ce sens que ce roi 
sera de tous les hommes celui qui contemplera le plus le soleil 
(xvarsët nikïrisntom) et qui aura le meilleur regard (hucasmtom) 
sur tous ceux qui sont Iraniens parmi les bonnes créatures, / 
comme Jamsët. Quant à la qualité Vistâspienne, en ce sens qu'il 
sera le plus aimant et le plus accueillant (patiruftarihtom) à leur 
égard, celui qui fera louange et propagera le plus la Dën Maz- 
déenne, comme Kay Vistâsp. 



180 ^ UR CE °- UI » D0N (dâsn) du Créateur aux hommes, sauve 

LEUR ÂME ET RECTIFIE/ LEUR CORPS. (E. 150 ; M. 193.) 

Les hommes ont en don du Créateur pour le salut de leur âme 
et la rectification de leurs corps six (personnes) : 3 principalement 
pour le salut de l'âme et 3 / principalement pour la rectification 
du corps. 

Pour le <salut de> l'âme : 

1) L'ami particulier à chaque homme : c'est lui le principe de 
l'innocence (avinâsïh) de l'homme destiné (pat handâcih) au salut, 
non lié par l'obligation d'expier (tôzisn), celui qui au plus haut 
degré le sauve de l'enfer. 



CHAPITRES 178 A 181 



189 



12 2) Le rat religieux (dënïk) dans le gëtï/qui, par l'enseigne- 

ment (âmôcisn) de la connaissance de la Dën Mazdéenne aux 
hommes, procure à leur âme le salut par les actes méritoires et 
l'expiation de leurs péchés, et qui les sauve (en les dirigeant) 
vers le bien et en les amenant vers le haut (ô ulih franàftâr). 

15 3) Le juste ( x râst) Rasn et les autres rat mënôgiens/à qui 

les hommes ont fait le patët dans le gëtï, qui sait au mieux décider 
(vicârtom) sur les péchés qui sont survenus,... du corps réuni... 
le compte et le châtiment ( ?), qui purifie des péchés et qui fait 
passer (les hommes) par ( x LSDr) le Pont Cinvat jusqu'à l'exis- 

i g tence suprême. / 

Et les 3 qui sont principalement pour la rectification du corps : 

1) L'espace bien façonné (hutaxt spâxr) de qui l'homme reçoit 
la substance corporelle ( tan gôhr), le corps lui étant uni par nature. 

2) Le dieu Mihr qui en donnant aux hommes l'âme (jân) qui 
les rend vivants, maintient leurs corps. 

3) Le souverain (dehpat) protecteur (srâyënïtâr) des créatures, 
p. m q U i protège (pânak) les hommes /même quand ils sont dans le 

péché, lutte pour eux (nipartàr) et les sauve. 



181 SUE LA DISTINCTION ENTRE LE DON (dÔStî) OBLIGATOIRE 

(frëcvânïk) et le don non-obligatoire. (B. 152; M. 194.) 

La différence entre le don obligatoire / et le don non-obligatoire 
consiste en ce que l'obligatoire doit être donné à celui qui est 
réputé (azdit) digne et pour lui donner de la joie, et quand on 
ne donne pas, selon la loi c'est un péché. Le don non-obligatoire 
est connu comme celui /qui ne peut pas être donné, même à qui 
en est digne, et ce n'est pas un péché. 

Quand on demande (pat jadisn) et que le riche ne donne pas, 
on dit de lui en gâthique : drijô hvô dâ nam dont le zand 
est v celui qui est venu et qui ne donne pas à celui / qui est venu 
avec une demande, cette créature est de drûj — c'est-à-dire, qu'il 
a été fait création de la drûj — ». Dans la langue du pays, on dit : 
« en trésorier (ganzbar) d'Ahriman ». 



190 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNRART 



182 Sur les choses qui sont le plus profitables pour les 
hommes et pour le monde. (e. 151 ; m. 194.) 

/ Les choses le plus profitables pour les hommes et pour le 
monde sont au nombre de 6. 

1) Remettre le châtiment coutumier (advënïk) des péchés 
publics à une assemblée de bon renom (srûvâyïk ?) dans le monde. 

2) La fermeté de tous les hommes / dans le maintien de l'action 
de premiers Anciens Sages. 

3) Une grande énergie de la part des prêtres les mieux munis 
(vëh afzârtar) dans leur activité d'école (pat kartan i ërpatistân) . 

4) L'adoption par les disciples du caractère de leur bon êrpat 
dans le passage direct/ du pont (drùst puhlihâ), la récitation de 
la Den Mazdéenne et ce qui s'y rattache (patvandïk? hacis). 

5) L'harmonie (pasacakih) avec le dastur convenable de la Dën 
Mazdéenne qu'il y avait auparavant, du dastur qui vient après, 
dans son gouvernement de la Bonne Dën. 

6) L'union du roi du monde, qui vient après / avec le souverain 
légitime des kisvar qu'il y avait auparavant dans le gouvernement 
des créatures. 



183 S UE LE X PRINCIPE DU REMÈDE QUI EST EN (NOTRE) POUVOIR, 

ce qui indique (nimûtàr) LE remède, et que LES MALADIES 
(xëndakîh) DES hommes /sont toutes otées du monde. 
(B. 152; M. 195.) 

Le remède (car) du parfait médecin, c'est la Dën Mazdéenne, 
et ceci est manifesté par cela que, quand les hommes éliminent 
la charogne, l'ordure et l'impureté de la terre prospère ( x âpât), 
la précaution rituelle (pahrëxtan) discriminatoire supprime des 
créatures / les deux tiers des maladies : ainsi, prendre des pré- 
cautions au sujet du feu et de ce que l'on y brûle, au sujet des eaux 
et de ce que Ton y jette, leur enlève l'impureté. En éclairant tout 
par le feu, on ôte les deux tiers / de la corruption (vastih) aux 
créatures; c'est révélé; et il l'est aussi que les maladies et corrup- 
tions de l'homme proviennent de la venue de l'Assaut, et que 
l'impureté et la puanteur nuisibles s'adressent au corps et au 



chapitres 182 a 183 



191 



réceptacle ( ? dâr) des hommes. Le vent et le feu qui sont sur terre, 
et la personne (tan) de l'homme, sont le principe /et le fondement 
12- de ce qui livre bataille (nipartar). Et qu'il faille absolument les 
protéger rituellement est un commandement (andarz) de la Bonne 
Dën. 

Et que les hommes portent l'impureté et la saleté qui s'ensuit, 
qu'ils les évitent, qu'ils ôtent la souillure et la puanteur et que cela 

J 5 soit la guérison et la santé / des hommes et des bestiaux, laissant 
l'eau à sa pureté naturelle; que la préservation du corps humain 
contre la maladie et la corruption se fasse par la confession de la 
Dën Mazdéenne qu'a (proférée) l'Homme Primordial; que le 
dastur de la Bonne Dën l'ait transmise de la Dën Mazdéenne au 

18 souverain mazdéen; / que l'ordre du souverain mazdéen ait été 
rendu présent (patisih) à tous les hommes de la Bonne Dën, 
et que les hommes aient reçu et exécuté ces mêmes ordres, tout cela 
a été révélé. Et je sais cela par le parfait médecin qu'est la Dën 
Mazdéenne au sujet du monde et des hommes dans la / pureté, 

p. 153 j a beauté et le xvarrah / inhérent à l'homme dans la grandeur et 
la perfection de sa nature et la force de son corps et sa béatitude, 
grâce à son action de préservation rituelle générale. 

Entre ceux qui abandonnent le parfait médecin dans sa règle qui 

3 embrasse / le maintien fondamental de la personne de l'homme, 
le médecin trompeur (zûr) qui enseigne à ne pas prendre de pré- 
cautions, de lui proviennent évidemment le mauvais gouvernement, 
la corruption des hommes, et par la saleté ( ?) du corps {Hanbahr ?) 
la perversité du monde. 

Et telle est la doctrine de la Dën Mazdéenne : quand tous les 

6 hommes reçoivent et pratiquent / le remède du parfait médecin 
relatif à la santé du monde et à leur guérison, tout le monde sera 
enseigné par le même parfait médecin, et, par l'union entre eux 

9 tous, paix unanime, générosité mutuelle, il n'y aura plus de maladie / 
ni corruption ( x avastîh) ni vieillesse ni mort pour tous les hommes 
et tout bonheur pour toutes les bonnes créatures. 



192 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



184 Sur l'intention mesurée et la saisie non-mesurée : leur 
principe; leur explication, la force qui dérive d'elles, 

12 LEUR DÉMARCHE, / LEUR BUT, l' AVANT AGE LIÉ A L'INTENTION 

MESURÉE ET LE DOMMAGE LIÉ A LA SAISIE NON-MESURÉE. 

(B. 153 ; M. 197.) 

Le principe de l'intention mesurée (patmân mënisnih) participe 
de l'activité intentionnelle (mënîtârîh) mesurée ( x bahrik) d'Ohr- 
mazd. L'explication (vicârisn) est qu'elle maintient l'intention 

15 dans ses propres / limites (sâmàn). La force qui provient d'elle 
chez les hommes est ce par quoi est rectifié l'intellect inné vohu- 
manien qui est en l'homme. Sa démarche (dâtistân), c'est de se 
« vouloir « (mênïtan) <avec (pat)> la vertu et la force qui est 

18 son lot (bahr) et le contentement équivalent ( x hâvandpân) à / leur 
vertu et force, à savoir l'intention parfaite à l'endroit de leur sort, 
sans envier les autres ou leur causer du mal ou les attaquer judi- 
ciairement (pësimârïk x akositârih) ; et considérer adéquatement 
comme sienne cette part de vertu et de force, et avant tout celle 
qui revient à ses congénères (hamgôhràn) ; et par là unir la joie 

»■ 154 (sâtîh) à la force. / 

Son but (handâcak) est de louer la Dën Mazdéenne mesurée, 
ceci pour chacun selon sa substance ( mâtag) ; ainsi Hosang par 
le fait d'être Pêsdatien, et Dahâk par sa curiosité (vicustàrih) , 

3 et Pâtsrav par / sa richesse en parts (bahrômandïhj, et Kayûs 
par ses hauts-faits (? x varzânïh), et Sâm par sa vaillance. Zartust 
par son éclat (râyômandih) , x Pêsyotan par son esprit..de.^r.é£au_tion 
(pahrëcômandih) et toutes les" autres créatures, jusqu'au chien 
et au porc, par la substance de leur vertu. 

* Ainsi est-ce révélé par la Bonne Dën / dans les paroles de Zartust 

à la sainte fravahr, adressées à réminent Kay Vistâsp, à savoir : 
« Ne sois pas impudent, toi qui es serviteur (paristak) car tu dois 
être enseigné par un inférieur. » 

9 L'avantage lié à l'intention mesurée se résume / aussi dans 

ce que dit la Bonne Dën à la suite de ce même discours de Zartust 
à Vistâsp, à savoir : « Qui est fort comme toi en faisant ainsi et 
telle est la victoire ? » 

Le principe de la saisie démesurée (apatman griftakih) est 
la visée démesurée (apatmàn mënîtârîh) venant de la druj et 

12 assaillant l'homme. / Son explication est : intention de concupis- 
cence au-dessus de ce qu'est sa propre force, en ôtant les 
limites. Et sa démarche est de se vouloir (mênïtan) soi-même 
par concupiscence avec une vertu qu'on n'a pas, dépasser impu- 
demment (taTmënîtan) cette vertu et force équivalente à celle 

15 que l'on a en part, d'où découlent / envie et mauvais vouloir, 



CHAPITRES 184 A 185 



193 



malfaisance ( x bësïtakïh?) et attaque judiciaire injuste. Son but 
est l'abondance de malice dans l'acquisition ( x kangatak), en visant 
ce qui est au-dessus de ses propres forces, tout cela, étant... et 
en méprisant toutes les autres ( X 'HRN) forces et jusqu'aux lois 
îs ( ?dàtân) / suprêmes, les forces des dëv les plus grands ( mazantom). 
Le dommage qui en découle est la brièveté de la vie (gaSnik 
zïvandakïh) ; ainsi la rapide disparition ('BDWNih) de cette 
druj perpétuelle (?? x jâvitânàk) par la main d'un homme comme 
(mànisn?) Sàmân Kersâsp, ainsi qu'il est révélé. 



185 ^ UR CE QU'IL N'EST PAS CONVENABLE QU'IL Y AIT, MAINTENANT, 
A L'AVENIR <OU DANS LE PASSÉ > QUOI QUE CE SOIT QUI 

p- 155 échappe au pouvoir du principe premier / des êtres bons, 
Ohrmazd le Créateur; et sur le caractère limité et 

NON-LIMITÉ DE SON POUVOIR. D'APRÈS LE DIRE D'UN ANCIEN 

Sage. (B. 154 ; M. 198.) 

Le principe premier (bunist) des êtres bons, qui n'a pas de prin- 
cipe, c'est Ohrmazd le Créateur, omniscient, tout puissant et roi 

* universel. / Rien n'est, ne sera ou n'a été, qui échappe au pouvoir 
de Celui dont la volonté est bonne et bienfaisante. Et il est révélé 
que, puisque le pouvoir est compris tout entier dans le possible, 
Dieu, qui est le principe commun de tout, a pouvoir sur tout le 
possible. Et son pouvoir sur ce qui est compris dans le possible 
est de caractère limité (kanàrakômand), et sur ce qui est indéter- 

? miné (abrin) de caractère non-limité. / Ainsi il est de caractère 
limité en ce qui concerne les étants individuels (stî), et de caractère 
non-limité en ce qui concerne le temps. 



194 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKAHT 



186 Sur l'action accomplie selon que le Créateur décide 
(victn) et que l'homme approuve (pasand) ou que l'homme 

DÉCIDE ET QUE LE CRÉATEUR APPROUVE. (B. 155 ; M. 199.) 

Ce que fait un chacun à partir de la connaissance de la Bonne Dën 
et de la croyance qu'on y attache est / décidé par le Créateur et 
approuvé par l'homme. Ce que l'on accomplit à partir de sa propre 
sagesse et selon une règle qui aime la sagesse (râst dôSakîk) est 
décidé par l'homme (om.) et approuvé par le Créateur. Parler ainsi 
est bien à condition (ta) que ce soit en conformité (patsâ) avec la 
primauté ( x fratomïh) du Créateur et quant à toute sagesse et quant 
à ce que fait un chacun à partir de sa propre sagesse / qui décide 
le juste : la décision du Créateur est antérieure. 



187 Sur le (précepte) mazdéen (vëhdënîk) de préserver le feu 
et l'eau de l'obscurité (tàrïk) et de les sauvegarder a 
l'intérieur de leurs propres frontières. (B. 155 ; M. 199.) 

Toutes les choses du gëtï tendent à retourner (âkang apàc) à 
leur propre principe, qui est d'une autre nature. Le principe 
du/ feu est un autre feu qui est aquatique ( x âpîk) ; le principe 
de l'eau est autre : c'est une mer terreuse (bûmik zrây). Le mou- 
vement ascensionnel du feu vers l'atmosphère (vây) et le mouve- 
ment de descente (frôt x grâyisnîk) de l'eau vers la terre en sont 
des signes patents (nâmcistîk) . Et l'origine (kacisih), la production 
(zàkûn) et l'organisation de la mer sont manifestées par le fait 
qu'elle donne de l'eau ( X MY') à l'atmosphère, et celle de l'atmos- 
phère par le fait qu'elle donne chaleur et humidité / aux hommes 
qui ont un corps et aux autres corporels du gëtï. On dresse (ârâ- 
yend) la souillure qui procède de la non-préservation du feu et 
de l'eau, et cette même souillure venant de la mer, par le fait que 
l'humidité est distribuée à toute l'atmosphère, et de l'atmosphère 
par distribution de chaleur à tous les êtres corporels du gëtï, 
leur est contraire (hambutik). / Si cette chaleur et cette humidité 
n'étaient pas souillées mais étaient pures, en se communiquant 
de proche en proche aux hommes doués de corps, leurs corps en 
recevraient guérison et santé, tandis que la souillure et la saleté 
rendent les corps humains malades / pleins de mort, chargés de 
maux et de crainte. De là vient tout le sens (bë? cimik) du com- 



CHAPITRES 186 A 188 



195 



mandement de la Bonne Dën au sujet de la préservation du feu 
et de l'eau. 

Quant aux docteurs dont la doctrine est que la dignité du feu 
et de l'eau consiste à se souiller de saleté et de puanteur, à rendre 
6 les hommes malades et à les faire mourir, / cette règle de doctrine 
est signe de leur inimitié à l'égard des hommes. 



188 $ UR LES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE CONDUITE DES MAZDÉENS 

(kudën martom) selon les préceptes de la Dën. (B. 156; 
M. 200.) 

Aux mazdéens les époques en ascendant sont propres (xvës), 
les époques en déclin ( x nisëb) étant celles des adversaires (patî- 
rakan). Le précepte de la Dën est de se conduire selon une sagesse 
en marche (frac), une énergie vigoureuse / et valeureuse (kunarik 
aroandîhâ tuxsâkïh), une grandeur d'âme (om.) visible, avec 
vaillance et la bannière élevée, pendant l'époque en ascendant ; 
et pendant l'époque en déclin, qui est celle des adversaires, avec 
un silence sage et réservé (pat xratik apâc tuftih), en cachant sa 
personne (nihàn-grëvïk) avec humilité, contentement de son sort, / 
endurance (bâlistànîh) et la bannière abaissée. 

Et ces manières ( x advënak) sont (om.) manifestes chez les 
oiseaux et chez les bêtes nuisibles : à la venue de la nuit la lumière 
<s' éteint >, les êtres sombres sont en ascendant, les êtres de 
lumière en déclin, les oiseaux qui adorent la lumière étouffent 
leur voix (bast-vângih) , / les animaux nuisibles de l'obscurité 
ont le champ libre ( visât-car agïg). Et à l'approche du jour les êtres 
de lumière sont en ascendant, les êtres sombres sont en déclin, 
les animaux nuisibles qui adorent les ténèbres sont desséchés 
( ?husk) dans le silence, et les oiseaux de lumière donnent de la 
voix (visât-vângih). C'est l'évidence. 



196 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



189 Sur la distinction ( ? sàman) ENTRE (les DIFFÉRENTES ESPÈCES 
de) confession et de dépréciation (apâc stâyitârîh) DE LA 
Bonne Dën. (B. 156; M. 201.) 

/ La distinction entre les différentes espèces de confession 
de la Bonne Dën a été exposée en son lieu (darak) propre. La 
distinction des dépréciations comporte en bref deux espèces : 
l'hérésie ( ahramôkîh) , comme de penser la non-existence (de Dieu) 
et la mauvaise religion, comme de ne pas / considérer bonne (a-vëh 
mëniian) la Bonne Dën. 



190 S UE l'essence ( xvaiîh ; om.asnik) de la Bonne Dën et de la 
mauvaise dën/ et sur le nom qu'elles reçoivent dans 
l'enseignement de la Bonne Dën. (B. 156 ; M. 201.) 

La Bonne Dën est l'intelligence innée qui est en même temps 
l'essentiel de ce qui est « orné de toute sagesse ( x frazânâkîh) » 
et le magasin (anbâr) de la connaissance (àkàsih) suprême, qui 
possède la merveille (varz) du bon mënog, /qui tient le Dieu 
suprême pour divinité et cause de toute-bonté, louange de tout ce 
qui s'y rapporte (avis hœmsàcàk) , principe de la qualité iranienne 
(ërïh), matière de la mesure est essence de l'équité (dâtùtân), 
de la Justice, compagne du gouvernement domestique (katak- 
xvatàyîh) et par là rectifiant le caractère (xëm) de ceux qui la 
professent (astuvânân) / faisant croître la sagesse et s'augmenter 
le xvarrah par la présence ( apakïh ) de la royauté qui est sa compagne, 
par le soutien (apar-astisnîh) de tous les hommes, sécurité (a.vaha- 
rih) du monde, conquête sur l'Assaut, salut des créatures, et en 
qui (andar) il y a le maximum ( ?mahistîh) des conditions de 
prêtre, guerrier, paysan et artisan, / compétence ( dahmïh) et 
les autres vertus et actes méritoires. 

Quant à la mauvaise dën, c'est la concupiscence qui est aussi 
l'adversaire de toute sagesse, le magasin des fables (afsân) menson- 
gères, possédant l'horreur (skiftih) du mauvais mënog, s'imaginant 
(dësakënitâr) le dêv comme s'il avait l'éclat de la divinité, vénérant 
la drûj sous le nom de dieu, propageant l'injustice sous / le nom 
de justice, matière de l'excès et du défaut, repaire de la duperie, 
compagne de la tyrannie, empirant (dusënitâr) le caractère de ceux 
qui la professent, renversant la sagesse, diminuant le xvarrah 



CHAFITRES 189 A 191 



197 



par la présence ( x apâkïh) de la tyrannie qui est sa compagne, et 
ji par la duperie / de tous les hommes, la malice des temps, les diffi- 
cultés du monde, le renforcement de l'Assaut, l'enlisement (skra- 
vënitârïh) des bonnes créatures, l'hérésie, la tyrannie, la chiennerie 
(gurgïk) la tromperie, le culte des jahï et des dêv, la réduction 
is (kastârik) et les autres vices, défauts /et malices. La mauvaise 
dën est Fégoïsme, faux-frère aussi de la sagesse, adversaire de la 
connaissance (àkâsïh) et antagoniste de la foi (viravisn) du mënôg, 
et qui proclame le non-existence de Dieu, et en.elle sont le désespoir 
et le tempérament (xëm H) des non-iraniens et la sorcellerie. 



191 Sur la bonne production (àfurisn) et la création (dahisn) 
p-* 58 des créatures (dâm) d'Ohrmazd le Créateur. / (B. 157; 
M. 202.) 

La production porte uniquement sur la créature en premier 
dans l'état mënôg, à savoir la matière (mâtag) et le germe (tôxmak) 
mënôgiens, et se manifeste en puissance sur le gëtl. Par exemple 

3 la laine ( x pasm) dans laquelle le fil / est caché, l'or dans lequel 
est caché la couronne, l'argent dans lequel est caché la coupe, 
le fer dans lequel est cachée le marteau (btl), le bois dans lequel 
est cachée la porte, le principe (bun) dans lequel est caché l'effet 
(bar), l'engendrant dans lequel est caché l'engendré, et les autres 
matières dont le produit (dahik) propre est en puissance. 

La création porte uniquement sur le virement de la créature 

6 de l'état mënôg à l'état gëtï / et le produit provient de la matière 
où il était en puissance. Ainsi le fil de la laine, la couronne de l'or, 
la coupe de l'argent, le marteau du fer, la porte du bois, l'effet 
du principe, l'engendré de l'engendrant et autres produits de la 

9 matière / qui leur est propre. 

La matière principelle (bun mâtag) est appelée produit en puis- 
sance, germe des germes, être non-informé (adësitak sti), prin- 
cipe premier (bunist) des produits (dahïkàn), et son nom religieux 
est bavisn. 

La matière intermédiaire (miyânak) est un produit en puissance, 
\ 12 comme le feu (âtur) et l'eau qui sont, /en puissance, formes 
(àêsàkân ) vivantes. Elle est appelée forme en germe ( toxmak dësak) , 



198 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



première origine (fratom hacisïh), principe (immédiat, bunist) 
de l'être (stî), et son nom religieux est bavun-ravisnïk. 

La matière ultime est celle dont provient le produit purifié 
(pàlûtak), comme l'homme dont la « matérialité » est d'être de 
la même forme (hamkarp) identiquement : ainsi le père / est la 
matière du fils qui a la même forme que lui identiquement. Cela 
s'appelle pour ainsi dire (cëgôn) « bonne forme » (hudësak) et son 
nom religieux est bavisn-astisnih. Au-dessous, il y a seulement 
toutes les personnes ( tanân) humaines et leurs actes bons ou 
mauvais (hu dus). 



192 Sur les x 4 espèces d'instruments / qu'Ohrmazd le Créa- 
teur, LE SAGE, LE DÉCISIF, A REMIS (apOC kart), DANS LE TEMPS 

délimité, aux 4 espèces ( ' * kunisnikân) d'agents. (B. 158 ; 
M. 203.) 

Des 4 instruments qu'Ohrmazd le Créateur, le sage, le décisif, 
a répartis (baxt) dans, le temps délimité aux 4 espèces d'agents, 
2 sont puissances de bien (kuïh)^ par progrès / et accroissement, 
par lesquelles leur bonne opération ( x kuîkkâr) se fait en puissance ; 
et 2 sont puissances de mal (duïîh), par écoulement (sacisn) et 
opération négative (akârïh), <par lesquelles > leur mauvaise 
opération se fait en force. Ce sont elles qui embrassent tout gou- 
vernement et opération au cours des 6 / millénaires. Par elles le 
temps délimité tourne et retourne (vast ut vartêt), et la manifes- 
tation en est l'aspect (brahm) que chaque époque reçoit de la façon 
dont on agit, et ceci jusqu'à la fin du gëti. 

1) L'aspect du sacerdoce, gouvernement purement bon, qui, 
étant l'arme ( ? zày) du Spanâk Mënôg, lui est assigné (au sacer- 
doce) pour être l'essence même de son désir (dôsisn), cette assi- 
gnation étant dans le temps <délimité> où (aura lieu) / la victoire 
finale qu'il (= le Spanâk Mënôg) remporte en triomphant complè- 
tement de l'Assaut et en l'annihilant grâce à ses créations. Cet 
aspect s'appelle la qualité propre au Spanâk Mënôg, l'essence 
même d'Ohrmazd, dont le vêtement tient de son éclat (spëk?). 
Parmi les êtres mënogiens supérieurs, c'est surtout en Vahuman 
et en Mahraspand ; parmi les ordonnateurs ( x râdënâk) des mobiles 
C*vàzisnân) j d'en haut, dans les Bag que sont les bons luminaires ; 



CHAPITRES 191 A 192 



199 



parmi les êtres spirituels (vaxsikân), dans l'âme (om. ravakîh) ; 
parmi les hommes <dans> les corps ; parmi les vertus, dans la 
sagesse (ocrât) ; parmi les comportements (barîsnân) , dans l'humi- 
lité et le contentement de son sort ; parmi les caractères, dans ce 
qui est pensée noble et parole droitement dite ( arisvaxt gôviln) ; 
<parmi> les formes (dësakân) du gëti, dans l'Homme Juste; 
parmi les conditions, dans les prêtres; / <parmi> les chefs 
(patân), dans ceux qui sont suprêmes dans le gëti ; Yaku et le rat ; 
parmi les vêtements, dans ceux qui se revêtent de clarté et de blanc ; 
parmi ceux qui agissent pour le bien (hukârân), celui qui fait 
croître le bon et frappe le mauvais. 

2) L'aspect de la tyrannie, gouvernement purement mauvais, 
qui, étant l'arme (?) du Gannâk Mënôg, lui (= la tyrannie) est 
assigné pour être l'essence même/ de son désir, dans le temps, 
par le Décisif Ordonnateur, assignation qui entraînera la ruine 
(apêsîkun) et la destruction finale du Gannâk Mënôg désireux 
de cette même arme. Et cet aspect s'appelle l'essence de Spanâk 
Mënôg, dont le vêtement ( x patmôk) est un terrible arrangement : 
parmi les dëv Mazaniens, en / Akôman, celui qui est de la 
mauvaise dën ; parmi les Bag qui répartissent, ceux qui 
enlèvent (apurtârân), c'est-à-dire les planètes (apaxtàrân), que les 
astrologues (star-osmûr) appellent Këvan (Saturne) et dont 
le nom religieux est « antagoniste lointain » ; et parmi les 
vices, dans l'Ignorance ; et parmi les comportements, dans le 
manque d'humilité et de contentement de son sort ; et parmi 
/ (om.) les caractères, dans ceux qui ont l'esprit de tromperie 
et la parole mensongère; <parmi> les formes du gëti, dans les 
Mot impies ; <parmi > les adversaires des conditions, dans les 
tyrans ; parmi les adversaires des chefs, dans les gens de mauvaise 
religion / destinés à l'enfer ; parmi les vêtements, dans ceux qui 
se revêtent de (vêtements) couleur de cendre (hëraggôn) ; parmi 
ceux qui agissent pour le mal, en celui qui frappe le bon et fait 
croître le mauvais. 

3) Et l'aspect des guerriers, gouvernement de bien mitigé qui, 
étant la somme de la bonne organisation, de l'aide, au sacerdoce 
père de la bonne sagesse (hudânâkih), de la force/, de l'arran- 
gement, de la disposition de la justice (dâtistân), fait prendre à 
chacun ce qui porte à la clémence (masdâtistânih) envers toutes 
les créatures ( x kam dakisn), et aide au succès (sûtik). C'est lui 
qui est assigné dans le temps par l'Ordonnateur décisif pour son 
succès final, lui qui a le même principe que Vây maître des deux, 
jusqu'à la fin, lui/' qui le (= l'aspect) reçoit dans l'arme ( ?). Et 
cet aspect est le vêtement de l'essence même de Vây à la puissance 



200 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



supérieure (aparkâr), et sa demeure principale parmi les dieux 
est en Vây ; son nom propre mënôgien est Ras, et on l'appelle 
aussi Spihr (om.) ; en tant que vent puissant, c'est aussi l'esprit 
( vaxs ou jân) de l'homme ; / parmi les vertus, c'est sur la vaillance, 
la virilité (martâzûkïh) des hommes; parmi les comportements 
(barisnàn) dans la piété (? RHM'N) et la clémence; parmi les 
caractères, dans la volonté droite d'une action clémente ; parmi 
les formes du gëtï, dans les corps vaillants et hardis ; parmi les 
conditions, chez les guerriers ; / parmi les chefs, chez les hardis 
généraux ; parmi les vêtements, dans les vêtements rouges et cou- 
leur de vin (mâygôn) et ornés de tous ornements, argent, or, chal- 
cédoine et rubis ardent ; parmi les opérations, dans la clémence 
à l'égard de toute créature du gëtï, frapper ou faire croître / les 
deux : bons et mauvais. 

4) L'égoïsme ( ' xvat-dôsakih) , le gouvernement du mal mitigé, 
qui, comprenant mauvais gouvernement, ( ?) tyrannie, Ignorance, 
qui sont les contraires (hamëstâr. om. rép.) du gouvernement, 
inconvenance (apasacakîk), incongruité (anadvënïh), impudeur 
(hîlend skandïh ??) qui sont les faux- frères /de (afrâstakïh), 
mensonge et contention qui sont les progéniteurs (cargar?) de 
l'hérésie, qui sont distribués dans le temps délimité (om. bràtarôt) 
par l'Ordonnateur décisif pour le succès de sa propre fin (fraSâ- 
mïk) et la prospérité (cërïh) de tout agent/ volontaire qui peut en 
avoir besoin. Et cet aspect est l'essence même de la drûj Concupis- 
cence, et son plus terrible arrangement ( x vîrâstakîk) parmi les 
dëv, sur Esm à la massue sanglante ; parmi les voleurs qui ont part 
avec les Bag, dans la planète que les astrologues appellent Vahrâm 
et dont le nom religieux est / x Astôvidât ( ?) ; parmi les vices, 
dans l'égoïsme ; parmi les comportements dans le fait de ne pas 
atteindre ( anâyâpik) et dans l'agitation ( ahitïh) ; (parmi) les 
caractères, en celui à la volonté perverse d'une dën égoïste et d'une 
action dont la fin sera le bouleversement ; parmi les formes du 
gëtï, chez les égoïstes pervers et les Mar pervers et querelleurs ; 
parmi / les antagonistes des conditions, chez les hérétiques ; parmi 
les adversaires des chefs ( x patïk), chez ceux qui frappent Vahu 
et le rat et le dastur non-aryen ; parmi les vêtements, chez ceux 
qui sont de l'aspect égoïste. 



CHAPITRES 192 A 194 



201 



193 Sur le temps ( x zamân) lui-même, son essence (xvatik) y 
sa délimitation (kanârak). (B. 161 ; M. 207.) 

/ Le temps lui-même est toujours (hamë), et son essence est la 
durée (drang) en qui est la puissance de faire (kartarih nërôk) 
des êtres (sti) ; est toujours (hamâyîk) ce qui est en puissance. 
Et sa délimitation c'est le mouvement (jumbisn) des êtres dans 
l'atmosphère (vây) grâce à la sphère (spaxs) : ainsi la révolution 
(vâziht) des luminaires, le souffle (vâdisn) du vent, le cours de 
l'eau, la croissance des plantes, / et toute l'activité de puissance 
(nërôk) dans l'atmosphère, bref, tout ce qui a été et qui sera. 



194 Sur x bavisn, bavisn -ravisnïh, bavisn -astisnïh et l'étant 
(sti). Explication de ce qui est révélé dans l'Avesta. 
(B. 161 ; M. 207.) 

« Bavisn : / sur le plan de la définition, c'est le germe qui comprend 

les formes, comme « être » (hast) comprend « quelque chose » 
(as). Sur le plan de la nature, c'est l'engendreur, principe des 
engendrés, comme le vent chaud-humide qui est le principe des 
éléments (ristakân) qu'il embrasse tous (pat ham griftakîh). Sur 
le plan de l'art (kirôkik), c'est la matière (mât) grâce à laquelle 
l'artisan prend possession (dârêt) de la création, comme l'or est 

*■ 162 la matière /grâce à laquelle l'orfèvre obtient la couronne en tout 
endroit (andar gâs gâs), et le fer la matière grâce à laquelle l'artisan 
obtient le lit (tâxt), la porte ou le siège. Ce bavisn est en lui-même 

3 le /germe des germes, le principe de l'étant, la réalité (bûtak) 
qui vient de la Roue (ras), comme le dit la Dën : « on a procédé 
(frac bût) de Ras à bavisn. » 

Bavisn-ravisnïh : sur le plan de la définition, c'est la forme qui 
est comprise dans le germe, comme « quelque chose » dans « être ». 
Sur le plan de la nature, c'est l'engendré (*zahak) dans l'engen- 

6 drant, comme les éléments dans / les principes. Sur le plan de 
l'art, c'est la forme (dësak) dont l'artisan prend possession grâce 
à la matière, comme la forme de la couronne et de la coupe (M'NH) 
que l'artisan orfèvre impose (dârêt apar) à l'or qui en est la matière, 
et la forme de la pelle et de la hache (btl ut tiS) que le ferronnier 

9 impose au fer ( *âkan ?) qui en est la matière. Ce bavisn- / ravismh 
est le produit (dahik) et la forme des germes du germe des germes, 



202 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÉNKART 



au-dessous duquel il est la première réalité qui vient de bavisn. 
(om.) comme le dit la Dën : « on a procédé de bavisn à bavisn- 
ravisnîh. » 

Bavisn-astiïnih : sur le plan de la définition, c'est le produit qui 
est le seul à être / compris dans les germes qui sont au-dessus de 
lui, comme « telle chose (kas) » dans « quelque chose ». Sur le plan 
de la nature, c'est le germe qui est dans la constitution (sâxtakih ) du 
progéniteur, comme la semence de l'homme dans le ventre de la 
mère. Sur le plan de l'art, c'est la manipulation (dast-kârih) par 
l'artisan de la matière, comme le réchauffement / et la section 
(kandim) du métal, le découpage et le travail du bois. Bavisn- 
astisnïk est la réalité qui vient de bavim-ravisnih ; comme le dit la 
Dën : « on a procédé de bavisn-ravisnih à bavim-astisnîh, » 

L'étant (sîî) : sur le plan de la définition, ce sont les corps indi- 
viduels (ëvtâgïk tanân), comme « telle ( x vakmân) /chose » ou 
« telle personne ». Sur le plan de la nature, la parfaite actuation 
(kârtakih) de l'engendré dans le sein de sa mère. Sur le plan 
de l'art, telle (nàmcistîk) couronne ou coupe ( x jâm) que l'orfèvre 
a faite de l'or, tel lit ou telle porte que le charpentier a fait du bois. 
Sti est la réalité venant de / bavisn- astisnïk ; comme le dit la Dën : 
« on a procédé de <bavisn~astisnik> à sti. » 

Et, de telle chose ou personne de sti, l'action de telle chose ou 
de telle personne ; comme le dit la Dën : «des sti, ce qui est dans 
les deux mënôg vers les contraires ( ô hambût), le droit et le pervers 
(fràrônih aparônih). 



195 Sur les 10 conseils suprêmes du saint Zartust aux hommes. 
(B. 163 ; M. 209.) 

Voici les 10 conseils suprêmes du saint Zartust aux hommes. 

1) Pour cultiver l'iranisme (êrîh vënârisn) y prendre un ferme 
appui (astûvânih) sur Ohrmazd le Créateur /et un ferme appui 
sur la royauté gëtïkienne du bon roi, protecteur des créatures et 
fondement (frakân) de l'iranisme. 

2) <Pour> accroître (masênisn) la Justice, prendre un ferme 
appui sur la Bonne Dën, principe de la Justice. 

3) Pour le progrès des créatures, cultiver la force de la qualité 



CHAPITRES 194 A 196 



203 



d'aku, c'est-à-dire la royauté, et de rat, c'est-à-dire la loi religieuse, 
dans le monde. / 

4) Pour qu'à chacun vienne <de> chacun non <le malheur 
mais> le bonheur, vouloir (apâyistan) <pour chacun > non le 
malheur mais le bonheur. 

5) Pour que les drûj soient expulsés de sa personne (tan) et 
qu'y viennent les dieux, rectifier son caractère. 

6) Pour l'exercice (kârîkik) du caractère / rectifié, lui faire 
opérer les actes que l'on sait être droits, et pour ceux dont on ne 
le sait pas, consulter les sages <et apprendre d'eux>. 

7) Pour se purifier du péché et s'orner d'actes méritoires, se 
séparer des méchants pour tout ce qui est de leur malice et s'unir 
aux bons pour tout ce qui est de leur bonté. 

/ 8) Pour que, dans la personne, il y ait grande absence ( x vidë- 
mih) des dëv et grande présence ( x mahmânih) de Dahmân Afrïn, 
pratiquer le xvëtôdat. 

9) Pour se purifier rituellement du péché et ouvrir la voie 
(fraxv-ràsïh) à la récompense des actes méritoires, avoir un juste 
(ràst) dastûr de la Dën. 

10) Pour rendre grâces de celui qui est venu et se rendre digne 
/ de nouveaux bonheurs <venant des dieux > , accomplir avec 
intention culte, louange et service d'Ohrmazd le Créateur, des 
Amahraspand et autres dieux. 



196 Sur les 10 proférations d'Axt, l'ignorant sorcier, 
a la pensée ténébreuse druvand a l'encontre des 10 
conseils du saint zartust a la pensée lumineuse, a la 
vision mënôgienne, riche en mânQral qui fut le plus 

GRAND MESSAGER d'OhRMAZD A APPORTER DE SA PART AUX 
HOMMES LA Bonne DËN. (B. 163 ; M. 210.) 

1) Contre le conseil du saint Zartust, / pour cultiver l'iranisme, 
de prendre un ferme appui sur la royauté du roi protecteur des 
créatures, Axt, l'Ignorant druvand, proféra ( dràyist) l'indiscipline 
(asrôUh) opposée à l'iranisme. 

2) Contre le conseil du saint Zartust pour accroître la Justice, 
/ de prendre un ferme appui sur la Bonne Dën, Axt, à la pensée 



204 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



ténébreuse druvand, en opposition à la Dên, proféra qu'il fallait 
propager la mauvaise loi de la sorcellerie. 

3) Contre le conseil du saint Zartust pour propager et cultiver 
les créatures de cultiver la justice / dans le monde, Axt, l'Ignorant 
druvand, proféra que le monde devait aller (âyiSn) sans aku et sans 
rat ( x aratïh). 

4) Contre le conseil du saint Zartust pour qu'à chacun se joigne- 
de chacun non le malheur mais le bonheur, que chacun veuille 
pour chacun non le malheur mais le bonheur, / Axt le druvand, 
à la pensée ténébreuse, sorcier, proféra que, par sorcellerie et haine 
des hommes, il fallait pour chaque homme non le bonheur, mais 
le malheur. 

5) Contre le conseil du saint / Zartust pour que les drûj soient 
expulsés de sa personne et qu'y viennent les dieux, de rectifier son 
caractère, Axt, à la pensée ténébreuse druvand, proféra par ini- 
mitié contre des hommes qu'il fallait pervertir (mnastan) son carac- 
tère quant à la venue des dieux à sa personne et l'habitation des- 
dev dans sa personne. 

6) Contre / le conseil du saint Zartust pour l'exercice du carac- 
tère rectifié, de lui faire opérer les actes que l'on sait être droits, 
et, pour ceux dont on ne le sait pas, de consulter les sages et d'ap- 
prendre eux, Axt, le druvand sorcier <proféra> qu'il fallait, 
par haine des créatures, cesser de faire / les actes que Ton sait être 
droits, et, pour ceux dont on ne le sait pas, qu'il ne fallait ni 
consulter ni apprendre. 

7) Contre le conseil du saint Zartust pour se purifier du péché 
et s'orner d'actes méritoires, de se séparer / des méchants pour tout 
ce qui est de leur malice et de s'unir aux bons pour tout ce qui est 
de leur bonté, (om. rép.) Axt, le druvand sorcier, proféra téné- 
breusement que, pour souiller le monde... (?) par les péchés et le 
corrompre grandement par la sorcellerie, il fallait s'unir avec les 
méchants/ <pour> tout ce qui est de leur malice et se séparer 
des bons pour tout ce qui est de leur bonté. 

8) Contre le conseil du saint Zartust pour que dans la personne 
il y ait grande absence des dëv et grande présence de Dahmân Arïn, 
de pratiquer le xvêtôdas, Axt, le sorcier druvand, proféra, dans- 
sa haine du bien / et à cause de la terrible vie qui lui est faite du 
fait qu'on pratique le xvêtôdas, qu'il ne fallait pas le pratiquer. 

9) Contre le conseil du saint Zartust pour se purifier ( x yôsdâs- 
Tîh) du péché et ouvrir la voie à la récompense des actes méritoires, 
de .prendre un sage dastûr, Axt, l'Ignorant druvand, / pour ne pas- 
appuyer ( afryâtih) Ja récompense des actes méritoires et ne pas- 



CHAPITRES 196 A 197 



205 



se sauver du châtiment de la faute ( x bacak), proféra qu'il ne fallait 
pas maintenir la discipline mais abattre le dastûr. 

10) Contre le conseil du saint Zartust pour rendre grâces du 
bonheur qui a été reçu et se rendre digne d'en recevoir de nouveaux, 
d'accomplir culte, louange / et service d'Ohrmazd, des Amahras- 
pand et des autres dieux, Axt, à la pensée ténébreuse, (om. rép.) 
sorcier, le druvand, proféra, dans sa haine des dieux et son amour 
des dëv, qu'il fallait rejeter le culte des dieux et se livrer à toute 
espèce de démonolâtrie. 



]_97 Sur les 10 conseils dû /saint Sèn au sujet de la loi de 
la Dên -Mazdéenne: (B. 165 ; M. 212.) 

Voici les 10 conseils du saint Sën au sujet de la loi {dût) de la 
Dên Mazdéenne- 

1) Pour cultiver la non-violence ( x azatàrîh) dans le monde, 
rendre les coups (apâc zatan) judiciairement (dàtïk) et exiger 
réparation (tôzënitan) de celui qui a frappé sans droit (adât). 

2) Pour assurer les propriétaires (xvësœn) / dans la possession 
<de leurs biens >, remettre (apâc kartan) dans la possession des 
propriétaires les biens (soustraits) illégitimement, après la mort 
du donateur (frac hac datàr) de la possession des propriétaires 
ainsi que le bien qui en est le produit (apâk hân i xër hacis), et 
exigei un châtiment / convenable et une réparation pour les 
propriétaires ( x xvësân) de ce même bien. 

3) Pour que le droit affecte parfaitement les propriétaires légi- 
times, requérir (dôsîtan) et établir, en même temps qu'un juste 
juge et des témoins au discernement droit, une ordalie ( var) 
conduite selon la Bonne Dên./ 

4) Augmenter et agrandir constamment la loi judiciaire ( dàtîk) 
et la protection assurée par les rat, appuyées sur ( apar 6) les lois 
hâta-mansrik et gàsânïk afin que, par elles se produise la pureté 
des bonnes créatures. 

5) Sur la base (frakân) du monde, assurer plus fermement la 
colonne de la royauté et la culture ( v ënàrisn) de la Dên Mazdéenne. / 

6) De même que ce qui fait prospérer le monde est la loi de 
( x dât i) la D ën Mazdéenne, ce qui corrompt le monde est la loi 



206 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



de la doctrine du judaïsme ; les ordre des souverains sont purement 
légitimes et leur loi est celle de la Dën Mazdéenne ; / et il leur 
donna le conseil de s'abstenir de la loi des juifs. 

7) Il dit : en droit (pat dâtistân), même au-dessus du roi et du 
souverain du monde est la royauté religieuse. Ce droit des souve- 
rains est supérieur par rapport aux sujets (xvës) mais le roi lui- 
même, sous la loi, est un serviteur ( x bandak) inférieur. 

8) Penser et dire que la grandeur et le caractère miraculeux 
(abdih) de la justice, même chez les gens de mauvaise religion ; 
dans la mesure où ils ont reçu cette qualité de justice (dàtistâ- 
nômandîh) ils l'ont reçue du fait que la Dën Mazdéenne a été 
louée et reçue. 

9) Il dit qu'une loi qui provient du Créateur comporte rejet 
de ce qui est non-loi et autre (*an) corruption due à l'Assaut. 

10) /Il dit que la loi vient de la force du Créateur, toute non- 
loi du corrupteur, et qu'elle est parfaite victoire sur l'Assaut. 



198 ( SuR ) LES 10 CONSEILS PROFÉRÉS PAR RASN RëS, L'HÉRÉTIQUE 
QUI RENVERSAIT LA LOI, SON COMPARSE (paygar) LE KIRÂSATÎE 

Ahvân et ceux qu'ils ont trompés ( *fr ëftakân) , a l'en- 

CONTRE DU SAINT S EN, / CHAMPION (ârÔStâr) DE LA LOI 

(B. 166; M. 213.) 

1) Contre le conseil du saint Sën pour cultiver la non-violence 
dans le monde, de rendre les coups judiciairement et d'exiger 
réparation de celui qui a frappé. 

/ Rasn Rës l'hérétique proféra qu'il fallait frapper l'innocent 
de nombreux sévices et le livrer de bon gré au pécheur qui le frappe 
illégitimement. 

^ 2) Contre le conseil du saint Sën pour assurer les propriétaires 
légitimes dans la possession de leurs biens, exiger (des possesseurs 
illégitimes) / après la mort du donateur réparation et châtiment. 

Rasn Rës l'hérétique proféra que l'usurpateur (vimûstîk) illé- 
gitime est sans péché et qu'il faut donner même d'autres biens et 
richesses au pécheur sans loi, après la mort ('du donateur,). 

3) Contre le conseil du saint Sën de choisir et d'instituer / un 
juste juge, des témoins sûrs (soumis au) nïrang de la Dën, 



CHAPITRES 197 a 198 



207 



Rasn Rës l'hérétique proféra qu'il fallait chasser du monde 
juge légitime, témoins et ordalie. 

4) Contre le conseil du saint Sën de louer, assurer et faire 
croître la loi gëtïkienne, même grâce à la protection des rat, / jus- 
qu'à la loi mënôgienne, 

Rasn Rës l'hérétique proféra que la loi du gëtï était en opposi- 
tion avec la loi du mënôg. 

5) Contre la louange du saint Sën à l'endroit de la loi comme 
15 fondement (frakàn) du monde, pilier / de la royauté et règle de îa 

Dën, 

Rasn Rës l'hérétique proféra que laisser le monde inculte et 
désolé était la bonté propre aux juifs, que de faire grandir la loi 
du monde était en opposition avec la Dën, et que renforcer la 
royauté par la loi était malice. 

I 6) Contre le conseil du saint Sën de mettre le monde au large, 
de louer îa loi et que les souverains chérissent cette même loi et 
la fassent gouverner le monde, et que ce qui diminue ( narfse- 
nitâr) le monde étant le sorcier, les souverains doivent s'en pré- 
munir et donner ordre qu'il soit chassé du monde, 

p- 168 /Rasn Rës l'hérétique <proféra> que ce qui diminuait le 
monde, c'était de louer la loi, de chérir les souverains et que cette 
même loi gouverne le monde, et que celui qui mettait le monde 
au large était le sorcier, et donc que les souverains doivent se 

3 prémunir contre cette même / loi, et l'éliminer et l'expulser du 
monde. 

7) Contre le conseil du saint Sën de tenir la justice des souve- 
rains pour supérieure à leurs sujets, et la personne ( tan) du même 
souverain pour le serviteur inférieur de la justice. 

6 Rasn Rës l'hérétique proféra que régler / le gëtï est un péché 

et pécheur le souverain qui le règle. 

8) Contre ce que dit le saint Sën, à savoir que le caractère mira- 
culeux (abdih) de la loi, même dans les mauvaises dën, pour autant 
(candsàn) qu'elles reçoivent en elles la loi, est loué et admis par la 
Dën Mazdéenne, 

9 I Rasn Rës l'hérétique proféra que la dën, dans laquelle est 

posée la loi qui est ordinateur du gëtï, n'est pas la volonté du Créa- 
teur ni l'être même (hastïh) de la dën. 

9) Contre ce que dit le saint Sën, à savoir que réaliser le principe 
de la loi est par là même cause (vihân) d'expulsion de la violence 
de la non-loi qui vient du corrupteur, 



208 



[le troisième livre du dënkart 



/ Rasn Rës l'hérétique proféra que la loi qui est ordonnateur 
du gëtï est elle-même venue d'Ahriman le corrupteur. 

10) Contre ce que dit le saint Sën qu'il y a dans la fin (frazâm) 
de la loi d'expulser toute violence, laquelle vient de l'Assaut du 
corrupteur, et d'expulser l'Assaut / lui-même et d'en triompher, 

Rasn Rës l'hérétique proféra que le monde, venant du Créateur 
à I'« innovation » ( x nivistakïh) de la création originelle, en vien- 
drait, à la fin à la complète non-existence de cette « innovation ». 



199 SlJE LES 10 CONSEILS DU SAINT AtURPÂT I / MaHRASPÂNDÂN 
ET AUTRES ANCIENS DOCTEURS DE LA DËN DU JUSTE ZaRTUST 

(B. 156; M. 215.) 

Voici les 10 conseils du saint Aturpat i Mahraspandân et autres 
anciens docteurs de la Dën du Juste Zartust : 

1) Ne gardez pas dans la pensée un mauvais désir de vengeance, 
afin qu'un violent / ennemi ne l'emporte pas sur vous. 

2) Ne vous faites pas un trésor ( amèâr) par convoitise ( âzvarîkâ ) , 
afin que le manque de vêtements (kutân jâmak niyàz) ne vous 
atteigne pas. 

3) Accueillez l'hôte de bien, afin que vous receviez ce qui est 
bon. 

4) Prenez femme de (votre) famille / afin que votre descendance 
(patvand) en soit plus droite (râsttar). 

5) Conduisez droitement la justice par voie de plainte et de 
défense, afin d'être mieux sauvé en justice. 

6) Gardez-vous d'abattre illégalement gros et petit bétail, 
car le Compte vous en serait terrible, 

7) Ne considérez pas le gëti comme un principe premier (bunis- 
tak),Jc&T il n'existait pas hier. 

8) Abandonnez aux Dieux les choses du gëtï, marchez sans 
avoir de doute dans les affaires des Dieux, et le monde sera à vous 
et vous (?) le sauverez (ôdâyend?) comme vous serez émînent 
quant au corps et à l'âme ; faites vous-même. les choses du mënôg 
pour elles-mêmes, / car quand vous les avez faites de vous-même, 
elles seront faites par le monde entier. 



CHAPITRES 198 A 200 



209 



9) Faites habiter les Dieux dans votre propre personne, et lorsque 
vous les aurez fait habiter dans votre corps, alors vous les aurez 
fait habiter dans le monde entier. 

10) Parfaites chaque lieu et en chaque/ individu, et vous aurez 
parfait le monde tout entier. 



200 ^ es conseils proférés par le maudit mânï a l'encontre 
de ceux d' Aturpat i Mahraspândàn, le restaurateur de la 
Justice. (B. 169 ; M. 216.) 

1) Contre le conseil donné par Aturpat i Mahraspandân, le 
restaurateur de la Justice, de ne pas garder <de désir de ven- 
geance > dans sa pensée, / le maudit Mânï déclara que l'esprit 
de vengeance et les autres drûj ont pour repaire (gristak) la per- 
sonne de l'homme. 

<2) Contre le conseil donné par Aturpat, le restaurateur de 
la Justice, de ne pas se faire de trésor par convoitise >, le maudit 
Mânï proféra, en enseignant l'interdiction de l'agriculture (avar- 
ziinïh ) , qu'il fallait faire disparaître les autres trésors de l'humanité, 
qui sont la nourriture et la subsistance du monde, mais thésau- 
riser par convoitise les âmes de ceux qu'ils appellent ( SMènit) 
les Auditeurs (nigôsâkân). 

I 3) Contre le conseil donné par Aturpat, le restaurateur de la 
Justice, d'accueillir l'hôte de bien, le maudit Mânï proféra qu'il 
ne fallait même pas édifier de maison où l'on pourrait accueillir 
un hôte. 

4) Contre le conseil donné par Atûrpât, le restaurateur de la 
Justice, de prendre femme de (sa) famille, le maudit Mânï proféra 
que prendre femme / , même hors de sa famille, pour en avoir une 
descendance (pat patvand) est un péché pour les bons Élus ( x ô 
SPYR *vicitakân). 

5) Contre le conseil donné par Aturpat, le restaurateur de la 
Justice, de conduire droitement la procédure judiciaire par voie 
de plainte et de défense /le maudit Mânï proféra qu'il fallait 
faire disparaître du monde procédure (dâtistân), justice (dât) 
et juges. 

6) Contre le conseil donné par Aturpat, le restaurateur de la 
Justice, de se garder d'abattre illégalement (adâtïhà) bœufs et petit 



210 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



bétail, / le maudit Mânï, en proférant qu'il fallait supprimer la 
culture dans le monde, proféra qu'il fallait supprimer la subsis- 
tance de toute l'humanité et détruire tant le bétail que les hommes. 

7) Contre le conseil donné par Aturpât, le restaurateur de la 
Justice, de ne pas ( X L'J considérer le gëtï comme un principe 
premier (bun istak), le maudit Mânï / proféra que le fondement 
(frakân) <du gëtï> était la peau (pôst) de Kundik qu'il préten- 
dait être principe premier. 

8) Contre le conseil donné par Aturpât, le restaurateur de la 
Justice, d'abandonner aux Dieux les choses du gëtï, le maudit 
Mânï proféra que désirer le gëtï est un péché / et que celui qui l'a 
fait et créé est un malfaiteur. 

9) Contre le conseil donné par Aturpât, le restaurateur de la 
Justice, de désirer soi-même les choses du mënôg, le maudit 
Mânï proféra que le bon mënôg rentre dans un bavardage désor- 
donné (dranjisn i x arastakïh) d'où ne provient nul espoir de 
salut. 

/ 10) Contre le conseil donné par Aturpât, le restaurateur de la 
Justice, de chasser la druj du corps, le maudit Mânï proféra que 
le corps de l'homme est druj. 

11) Contre le conseil donné par Aturpât, le restaurateur de la 
Justice, de faire habiter les dieux dans le corps, / le maudit Mânï 
proféra que les dieux n'habitent pas les corps mais y sont prison- 
niers (bastak). 

12) Contre le conseil donné par Aturpât, le restaurateur de la 
Justice, de parfaire (viràstan) le monde en parfaisant chaque 
<lieu> ( <gëvàk> ë ut ë) de chaque individu (andar ë ut ë 
xvës-tan), le maudit Mânï proféra que le monde n'aura jamais 
qui le parfaira / mais qu'il sera détruit par le feu qui brûle éter- 
nellement. 



201 Sur les 10 conseils de Husrôy Anôsirvân, Roi des Rois, 
fils de kavât aux assemblées de l'iran sur l'autorité 
de la Dën d'Ohrmazd. (B. 171 ; M. 218.) 

/ 1) Unir (patvastan) sa pensée (mënisn) par delà le canal de 
son propre ahu, au plus haut ahu gëtïkien qui est le souverain 
conforme à la Dën et par delà le canal de cet ahu au suprême ahu 



CHAPITRES 200 A 201 



211 



menôgien, Ohrmazd le Créateur, par un amour pur (om. rep. 
antérieure), / et, par l'union en sagesse de la pensée dans cet amour 
pur à ce (om.) suprême ahu, avec l'aide d'une parole et d'une action 
parfaites et efficaces, s'approprier complètement le bonheur des 
2 existences (2 axvânïk nêvakïh). 

2) Etablir ( ? x gâs kartan) fermement la Bonne Dën par la pensée 
unie à Y ahu ;/ la véracité, par la parole de sagesse ; la générosité, 
par la suprême action faite avec discernement (vicïn kunisn). 

3) Comme la Dën Mazdéenne est venue par le pont (puhl) 
direct des Anciens Sages, s'unir aux moyens (car) par le même 

pont assuré (vâvarïkân) . 

4) / Expulser de l'Erânsahr par une complète victoire l'ensei- 
gnement et les rites (kirtak) des hérétiques. 

5) Pratiquer l'enseignement des man®ra de la Dën, le culte 
et les rites des dieux, en loi et coutume constante, selon l'ensei- 
gnement et les rites des disciples d' Aturpât i Mahraspandân / qui 
fut du pays de Kûrân. 

6) Ne pas priver (visânïtan ou vëxtan?) l'Erânsahr de l'usage 
d'accueillir les hommes Justes, de placer haut (ôbarisn) le Feu 
sacré (afzônïk), de purifier rituellement (par) les bonnes eaux. 

7) Accroître la sagesse venant de la Dën et autres pensées / qui 
s'y rapportent (avis dahimïh), par une parfaite énergie, faire des 
largesses (fraxvihâ râtënïtan) aux caractères (xëmân) sûrs, veiller 
à se défendre (darpûst pâtan) contre les mauvais hérétiques. 

8) Augmenter selon la parfaite mesure le culte et les rites des 
Dieux dans l'Erânsahr ; en abattre, briser et expulser les idoles 
( x uzdës) rivales (hambuttk), dëviques et impures (asrust) /. 

9) Se livrer ( apaspârtan) corps et âme à notre loi en propageant 
et en déployant largement (fraxv vistarisnih) la puissance de la 
pensée. 

10) Mettre la force et la richesse (âtâv) à l'appui des siens 
( x xvêsikân) et les soustraire (britan) aux étrangers ( x anûtakân) 
et aux adversaires. 



212 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



202 Sur les 10 <conseils> donnés par le Mar druvand a la 
courte royauté, a la mauvaise religion, qui s'efforça 
d'amener les Pays ( x MTàn) <Iraniens> en captivité 

ET FRAPPA COMPLÈTEMENT ET A SON GRÉ (pat x kâmak) NOMBRE 
D'AMES, EN ANTAGONISME CONTRE LES PAYS IRANIENS. (B. 172 ; 

M. 220.) 

/ 1) L'hérétique trompeur à la gueule pleine (pûr zafr) montra 
qu'il fallait cacher sous sa peau la convoitise sans fin (asar àz), 
et manifester à l'extérieur (ô bërôn ahuftan) l'extrême contente- 
ment de sa fortune, l'élévation de son lignage (gôhr MDMik), 
de la royauté gëtîkienne, alors qu'on est d'un autre sentiment 
(i.s bë xëm). 

2) A l'appui de ce même trompeur du genre loup, détruire le 
vêtement, la lumière / et le rayonnement (bâm) de la royauté qui 
sont la matière convenable (niyâpak) de son éclat ( x âbrang). 

3) Unir à soi ( x ham ënîtan) le chef de ceux qui propagent la 
Dën d'Ohrma2d, et chez tous les êtres animés et corporels, contester 
l'autorité des ahu et des rat, et par cette tromperie attirer à soi de 
nombreux dëv affamés (gursag), nus et aux cheveux défaits /, les 
réunir, et abandonner les Pays Iraniens au vol, au pillage (rôp ut 
avàr) , à la captivité et aux travaux pénibles ( tuxsisnîh ) . 

4) En paroles, donner de grandes et nombreuses louanges à la 
loi, en actes, la dénaturer (apâc vastak kartan). 

5) Il donna le conseil de frapper le feu, / de vicier l'air (ZKY'J, 
de rendre la terre rituellement impure, d'abattre le bétail selon un 
usage sans mesure, laisser l'homme isolé (yudt-gund ?) et dans 
la discorde, diminuer la création d'Ohrmazd. 

6) Affaiblir l'autorité de Ya/iu, de la royauté, du rat et de la 
Dën dans le pays d'Iran. 

7) Dans la terre d'Iran, donner de la force au vice et à la coutume 
blâmable ( x astàyunîk), détourner les hommes de cette terre / de 
leur Den vers le caractère, le tempérament (xôk) et l'éclat des dëv 
et les conduire à la haine de la connaissance, à la querelle ( x dusvâ- 
rîh), à l'abandon de la pudeur, à l'infidélité en amitié, à la disso- 
lution de l'espérance, à l'inhumanité (a- x martomîh), par les 
calamités et privations ( ? vindak sëj) et autres maux les livrer aux 
tourments du Gannâk Mënôg. 

8) Elever ceux qui sont petits et abaisser ceux qui sont grands. 

9) Enseigner l'inexistence (anahastih) de la générosité, rejeton 
de la prospérité, / et l'existence (hastîkîh) de l'avarice mêlée à 
l'abaissement (? az ërakânîh ?) . 



CHAPITRES 202 A 203 



213 



\0) Enseigner l'opposition aux créatures profitables et l'amour 
et la louange des loups et des monstres. 

j IV) Brûler des parfums (en l'honneur) des vices, et prendre à 
la légère ( x sapuk ënîtan) la crainte de l'enfer. 

12) Briser par la maladie (? vimàrtk TBRzon) les 10 conseils 
et autres bonnes lois donnés à celui qui accroît (vaxsënitàr) la 
créature, et donner force aux 10 conseils de Dahâk et autres lois 
perverses de celui qui réduit ( x mrfsënïtàr) la créature. 



203 / SUR LE BIEN CONSTAMMENT BIEN, LE PRINCIPE DU BIEN, LA 
MARCHE DU BIEN, LA DEFINITION DU BIEN, LA CAUSE DU BIEN, 
LE MOTIF DU BIEN, LE COMPENDIUM <DU BIEN > ET LES 
COMPOSANTES DE SES REJETONS, <LE GOUVERNEMENT DU BIEN ; 
ET SUR LE MAL EN SOI, LE PRINCIPE DU MAL > , LA MARCHE DU 
MAL, LA DÉFINITION DU MAL, <LA CAUSE DU MAL >, LE MOTIF 
DU MAL, LE COMPENDIUM DU MAL ET LES COMPOSANTES DE SON 
ENGEANCE / ; SELON LE PRINCIPE, LE MILIEU ET LA FIN.(B. 173, 
M. 221.) 

Le bien constamment bien, c'est le Spanâk Mënôg. 

Le principe (bun) du bien, c'est ce même bien (ham om. x vëhïh) 
/, tout ce qui, en s'adjoignant (à un être) produit un avantage. 

La marche du bien, ce sont ces huits bons (facteurs) de l'essence : 
connaissance et lumière de la connaissance, qui sont distinctes 
par position (yudt mhâtakïh) et font un par définition (hamvi- 
Tnand), la volonté, la puissance, l'instrument, l'énergie, l'espace 
( x giyâk) j et le temps ; ce qui se manifeste dans tout bien du mënôg 
et du gëtï. Et ceux qui gouvernent l'être individuel (sti), et qui 
sont indispensables (avicirtënïk) dans le gouvernement du bien, 
sont la connaissance, inséparable de la lumière sur l'être, grâce 
à quoi on voit et on pense le bien, (om.) la volonté / par laquelle 
on désire le bien, la puissance, l'instrument, l'énergie, le temps 
et l'espace ( x zamân ut gâs) qui sont puissances du bien, et par 
lesquelles l'être (sti) s'approprie (andar gîrend) le bien. 

La définition du bien, c'est ce dont le mouvement (franàmisnih) 
est spontané (hoc xvës) et le non-mouvement vient de l'extérieur 
(hac bë) / ; ainsi la vie est dans son essence, désirable et louable 



214 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



et ce qui n'est ni désirable ni louable ( x astàyisnïh) vient de l'exté- 
rieur, comme la maladie, la décrépitude, la vieillesse, le péché, 
la druvandïh. 

La cause du bien / chez les créatures, c'est le bien et la géné- 
rosité inhérente au père et roi des créatures, Ohrmazd le Créateur. 

Son motif est Sa volonté et Son désir de l'avantage des créatures 
et de l'avènement de Son bien aux créatures. 

Et le compendium ( x hangirtïkîh) du bien, c'est la Mesure et 
son rejeton (zahak) est la Loi. Les composantes (osmûrisnân) 
de ce rejeton / sont la sagesse, le caractère, la pudeur, l'amitié 
(mi8r), la générosité, la véracité, la reconnaissance et les autres 
vertus dont est faite l'essence des Amahraspand et de tous les dieux 
mënôgiens, et quant aux hommes, la vie, la santé, la prospérité, 
la royauté, la sagesse de la Dën, les actes méritoires, la / Justice, 
et tous les biens des bonnes créatures du gëtî. 

Le gouvernement du bien est, au principe, la création et la mise 
en marche des créatures ; au milieu, l'organisation et la conti- 
nuité des créatures et la victoire sur le mal ; à la fin, la victoire totale 
sur l'Assaut, le salut de toute la création, / la pureté, le bonheur et 
la liesse éternelle. 

Le mal constamment mal, c'est l'Ignorance même du Gannâk 
MënÔg. 

Le principe du mal, c'est ce même mal, ce qui en survenant à 
n'importe quel être, est nuisible. 

/ La marche du mal, c'est la félonie ( zûr-mitôxtik) de ce Gannâk 
Mënôg ; la sombre félonie est distincte (de lui) par position, une 
(avec lui) par définition ; la volonté, la puissance, l'énergie, l'ins- 
trument, l'espace et le temps : leur manifestation vient de ce que les 
fauteurs de mal tiennent pour malfaire. / C'est par la sombre 
félonie qu'ils saisissent (? cïhend?) et méditent le mal, par la 
volonté qu'ils désirent le mal, par la puissance ( x n ërôk ) , la recherche, 
l'instrument, le temps et l'espace qu'ils introduisent le mal dans 
l'être. 

La définition du mal c'est ce qui par soi est sans mouvement, 
et dont le mouvement vient de l'extérieur : ainsi la mort / qui, 
par elle-même, est indésirable et non-louable ( x astâyisnik) ; elle 
n'est désirable et louable qu'extrinsèquement ; ainsi la maladie, 
la décrépitude, la vieillesse, la misère et l'infortune du malheureux 
lui viennent-elles de la mort. 

La cause du mal parmi les créatures du gëtï/et du mënôg, 
c'est le principe de toute malice, l'Assaut du Gannâk Mënôg. 

Le motif pour lequel la calamité de l'Assaut parvient au bien des 
créatures, c'est la volonté de ces drûj de vicier, par ce qui est nui- 



CHAPITRES 203 A 204 



215 



sible, les créatures du Spanâk Mënôg, elles qui par le principe du 
mal deviennent cause de toute calamité. 

Le compendium du mal /, c'est l'excès et le défaut et l'engeance 
du mal, c'est la non-loi. Les composantes de l'engeance sont la 
convoitise, la fureur, la haine, l'envie, la tromperie, la druvandïh, 
l'avarice, l'ingratitude et les autres vices qui font l'essence perverse 
des dêv et des drûj, et, chez les hommes, la tyrannie, l'hérésie, 
/ la maladie, la misère, l'Ignorance, le péché et la druvandïh et 
le bouleversement de toutes les autres calamités des créatures du 
gëtï. 

Le gouvernement du mal consiste, au principe, dans le fait de 
vicier les créatures ; au milieu, combattre ce qui s'est soulevé 
pendant le Mélange ; à la fin, sagement / le gouvernement actif 
(râyênïtârih) du bon Spanâk Mënôg triomphant par la puissance 
du bien. 

Les docteurs dont la doctrine est qu'il y a un principe unique, 
disent que ce principe est à la fois spanâk et gannâk, bon et mauvais, 
louable et blâmable. 



204 Sur le propre de l'Avesta / et celui du Zand. (B. 175 ; 
M. 224.) 

Il appartient aux yazata, s'entretenant entre eux, de porter le 
mënôg du savoir (âkâsih) à l'essence de la connaissance (dânisn). 
I Et dérive de celle-là la transmission verbale du savoir aux hommes, 
car leurs discours à tous les hommes, qui est leur transmission 
aux hommes se fait par tous les transmetteurs des mots de toute 
sorte ( x kam srâtak). 

Selon ce qui est le propre de l'Avesta, la parole des yazatas 
transmise à toutes les espèces d'homme, ce sont les mots de la 
Dën Mazdéenne et selon ce qui est le propre du Zand, les hommes 
voient une seule chose dans / chacun de ses mots, en voyant 
les choses subtiles et épaisses, la connaissance secourable (friyâ- 
tisnik) I qui sauve un chacun. 



216 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



205 SuR CELUI QUI APPARTIENT A LA DËN MaZDÉENNE ET CELUI 
QUI NE LUI APPARTIENT PAS, CE QUI D'APPRÉCIÉ SELON LA 

matière dont il s* agit (pat màtag i patis) . (B. 176 ; M. 224.) 

/ Appartient ( xvës) surtout celui qui est ami ; et il y a 2 espèces 
d'amitiés : selon la réalité spirituelle (mënis'nïk) et selon la démons- 
tration extérieure (nimàyisnïk). Celui dont l'amitié envers le 
mazdéisme est à la fois spirituelle et démonstrative (mënisnïk ut 
nimàyisnïk) <appartient tout entier au mazdéisme > et en rien 
au culte des dëv. Celui dont l'amitié envers le mazdéisme est 
spirituelle, mais < démonstrative > envers le culte des dëv appar- 
tient plutôt au mazdéisme et un peu / au culte des dëv. Celui 
dont l'amitié envers le culte des dëv est spirituelle, mais démons- 
trative envers le mazdéisme, appartient plutôt au culte des dëv et 
un peu au mazdéisme. Et celui dont l'amitié envers le culte des 
dëv est à la fois spirituelle et démonstrative, appartient tout entier 
au culte des dëv et en rien au mazdéisme. / Le mazdéisme, c'est 
connaître la Dën, et agir avec hardiesse et confiance (vistaxvïh) 
en toute matière relevant de l'appartenance (xvësïh pasacak) 7 
principalement dans la conduite de son temps. 



206 SuR OHRMAZD LUI-MÊME, SON IPSÉITÉ, SON MËNÔG ET SON 
GËTÏ, SON NOM ET SA RÉVÉLATION ; ET SUR CE QUI EST / AUTRE 

que lui. (B. 176 ; M. 225.) 

Ohrmazd lui-même est un être (individuel, stï) saint (afzônïk), 
mënôg et puissance de toute bonté. 

Son ipséité (xvatïh), selon ce qu'il est lui-même, est tout bien 
mënôgien et gëtïkien, et origine (kacisih) de bonté. 

/ Son mënôg, en tant qu'origine de toute chose bonne invisible 
et intangible, est la suprême mënôgéité ( x mènôgtomih) de tout 
menôg, le mënôg des mënôg. 

Son gëti, en tant qu'origine de toute bonne chose visible et 
tangible / est la suprême gëtïkité de tout bon gëtï, le gëtï des 
xgëtï. 

Son gëtï-mënôg (mënOg-gëti) dans l'origine de toute bonne 
chose visible et intangible, tangible et in<visible>, en toute 
gëtï-mënôgité bonne, est le gëtï-mënôg des gëtï-mënôg. 



CHAPITRES 205 a 207 



217 



Son <nom>, digne ( x arzànïk) de son ipséité est Spanâk 
p. Mënôg Ohrmazd le Créateur ; et les autres / dieux, en proportion 
( hampasacak ) . 

Et sa révélation est ex se (xvatîhâ). 

Tout ce qui est origine autrement, en dehors de son origination, 
est non congru (apasacak) à son origination en tant qu 'origination. 

3 Parce que toute origination doit être disposée selon l'ipséité / (du 
prîncipej, il convient que cette origination vienne d'un autre (ètie) 
qui lui soit congru (an avis hampasacak) et dont le nom, digne 
de son ipséité, est Gannâk Mënôg le Corrupteur, et les autres dëv 
et drûj en proportion. Sa manifestation se fait par cela même qu'il 
est origine (hoc xvat hacisih). 

6 Et les docteurs / dont la doctrine est que Dieu est l'origine du 

mal mêlé au bien, attribuent à Dieu la nature du Gannâk Mënôg et 
lui dénient sa nature de Spannak Mënôg. 



207 SuR LES CHOSES DIVERSES QU'lL EST POSSIBLE D'ATTRIBUER 
ENSEMBLE, ET CELLES POUR LESQUELLES CE N'EST PAS POSSIBLE. 

/ (B. 177 ; M. 226.) 

Entre les choses diverses (yudtar) qu'il ne convient pas d'attri- 
buer (barisnïh) ensemble, il y a la création, de soi utile, et la 
corruption, l'action de faire croître et celle d'abattre / toute chose, 
l'une développant (fraSMisnik), l'autre écrasant (ôHàfâk) ce qui 
est proprement sien (xvat xvësïk). Ainsi en va-t-il aussi des 
(notions) dont chacune est fixe ( ôstïkânïhà) dans son unité : la 
sagesse et l'Ignorance, la droiture et la druvandïh, l'intention par- 
faite et l'intention perverse, la légalité et la violence (mustïkgarïh), 
l la clémence et le manque de pitié (^anamurzikïk), la luminosité 
et la ténèbre, et toutes les autres (réalités), les unes belles par leur 
sagesse, partant louables, les autres laides par leur Ignorance, 
partant blâmables ( x nikôhisnik) . Quand on constate chez un même 
homme qu'il existe une diversité, c'est / qu'en cet homme se 
trouvent mêlées des causalités diverses (yudt vikânîh) de contraires 
(hambutîk), et qu'il n'y a pas là la sagesse ferme dans son unité, 
mais bien l'identité (xvatïh) d'un seul sage, grâce à elle. Grâce 
à l'essence même de la sagesse, ferme et inchangeable { ' avartisnikîh) , 
qui est dans son essence, ce qui est laid et blâmable n'est pas tout 
lui, et il est convenable de louer ce qui est beau (en lui). 



218 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



' Les choses diverses/ qu'ii convient d'attribuer ensemble à un 
seul et unique sage, sont entre elles comme semer et moissonner : 
réalités diverses mais non contraires et ordonnées entre elles, en 
tant que / l'utilité de semer vient du moissonner et que l'achèvement 
(spûrïkih) de moissonner vient du semer. Il n'en est pas ainsi de la 
vie et de la mort dont il serait absurde de dire que l'utilité de la vie 
vient de la mort et que l'achèvement de la mort est la vie. 

Les docteurs dont la doctrine est que la qualité de créateur / est 
mêlée (*gumëxtak) avec celle de corrupteur, et ainsi des autres 
diversités qu'il ne convient pas d'attribuer ensemble à un seul et 
unique être sage, attribuent à Dieu aussi bien la sagesse de la qualité 
de créateur que l'Ignorance de la qualité de corrupteur, aussi 
bien/ la droiture louable que la druvandïh blâmable, aussi bien 
la légalité louable que <la violence blâmable, aussi bien la clémence 
louable que le manque de pitié (^anamurzikih) > blâmable, aussi 
bien la beauté de la luminosité que /la laideur de la ténèbre. 
II n'en est pas ainsi de la création du ciel et de la terre, diverses 
entre elles mais toutes deux louables, ou du soleil, de la lune et des 
étoiles, ou de l'eau et des plantes, ou de l'homme et des bêtes, ou 
/ de la Dën et de la royauté, ou de l'intellect (hu vît?) et de la 
sagesse,^ ou de l'âme (jân) et du corps, ou de la pudeur (sarm ) et 
de l'amitié ( mihr), ou de la reconnaissance et de l'espérance, toutes 
choses diverses entre elles mais qui sont toutes avantageuses 
( x sutomand) et louables. 



208 / SuR LA SAGESSE, LA VOLONTÉ, L'ACTION ET LE TEMPS D'OHR- 

mazd. (B. 178 ; M. 228.) 

Ohrmazd, par sa sagesse omnisciente et le projet (handâcisn) 
de sa volonté, détermina (brit) par l'action une limite (kanârak) 
au temps, et par le temps une limite à l'action. Cette limite se 
rencontre du début à la fin. L'action en s'achevant retourne à son 
repos (âsân) originel, et le temps, ayant achevé son écoulement 
limité / retourne à son illimitation originelle : c'est la Fraskart, 
l'élimination de la drûj, la résurrection, le corps eschatoîogique, 
la béatitude (Htây) éternelle et salvatrice de toute la création. / La 
sagesse, la volonté, l'action et le temps sont immuables (avartisnïk), 
depuis le projet initial et quant au progrès ( x ravâkïk) convenable 
du projet de la volonté, notamment dans le progrès de la Dën 



CHAPITRES 207 A 209 



219 



Mazdéenne et l'union de toutes les créatures à la Fraskart ; 

■fî /et sur la destruction (asàcisnïk) de tout ce qui pourrait être 
l'élimination ( x anafisnïkîh) notamment de la Dën Mazdéenne et 
la séparation (visistakïh) des créatures de la Fraskart. La règle de 
la volonté et de l'action des hommes est la Dën Mazdéenne : 
toute fin ohrmazdienne est avantage, quand même dans le gëtî 

* un désavantage proviendrait de l'attaque / de l'adversaire ; mais 
la fin de la règle de tout ce qui est gannâkien est désavantage, 
quand même, dans le gëtï, par la tromperie de l'adversaire, se 
produirait un avantage, si bien que la sagesse et le projet de la 
volonté d'Ohrmazd pour l'avantage de toutes les créatures se 

12 réalisent / immuablement {avartisnïk sac ët). 

Les docteurs dont la doctrine est que la volonté de Dieu est 
changeante (vartisnik), à chaque jour une parole (saxvan-ë) et sa 
parole menace de remplir d'hommes l'enfer, celui qu'ils tiennent 
pour dieu, du fait que sa volonté n'est pas constante et que sa 

15 parole humilie les hommes / en les menaçant de misères, ressemble 
plutôt au Gannâk Mënôg. 



209 S UR CE QUI REVIENT A TOUT HOMME DE SON HÉRITAGE ORI- 
GINEL. (B. 179; M. 229.) 

18 j Tout homme a de son héritage originel (bun aparmând) 

2 sortes de (caractères) : son lot (baxtïk) et son lot de surcroit 
( x bago-baxtîk). Le lot, dans son essence, est ce qui est constant et 
invariable (ôstïkàn ^avartisnïk) ; le lot de surcroit est variable, 
variant en vue des actes. L'établissement du lot de surcroit repose 
sur le lot constant ; l'opération et la réussite (sût) du lot constant 
180 se fait par le lot de surcroit / variable. Ainsi l'essence de l'homme 
comporte-t-elle 2 définitions, l'une mënôgienne, l'autre gëtîkienne. 
<Quant au mënôg >, c'est l'axv et l'âme (ruvân) et sa définition 
est « doué d'axv » ( x axvômand) et par là l'homme est de même 

3 définition que les Amahraspand. / Quant au gëtîk, c'est « doué 
d'os (astômand) et de corps », et par là en tant qu'il est considéré 
sans axv, dans sa corpsréité, il est de même définition que les bêtes 
et autres créatures gëtîkiennes corporelles non douées d'axv. 
L'axv est ce qui confère à l'Amahraspand sa qualité à'ahu et sa 
royauté ; en se tournant vers la matérialité ( astômandih) , il devient 

6 corporel ; / requérant un instrument gëtîkien, il est appelé « axv 



.-M 



220 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



doué de matière » (axv i astômand). C'est l'essence de l'homme, et 
sa définition est « axv doué de matérialité et immortel » dans 
l'état de non-Assaut ; ainsi, Gayomart avant que l'Assaut ne fut 
venu, et tous les hommes lors du Corps Eschatologique. En tant 
qu'axv/, il est autre que la bête, celle-ci étant corporelle et non 
douée d'axv ; en tant que corporel il est autre que l'Amahraspand 
celui-ci étant axv et non corporel. Voilà pourquoi la définition de 
l'homme dans l'état de pureté est « axv doué de matière et immor- 
tel », et dans l'état de Mélange succédant à l'Assaut / « axv doué 
de matière et mortel ». Et c'est là la définition de l'essence de 
l'homme qui est son lot par héritage originel. 

Or, puisque l'essence de l'homme est d'être un « axv doué de 
matière », dans l'état de pureté, « axv doué de matière et immortel », 
et dans/ l'état de Mélange succédant à l'Assaut « axv doué dé 
matière et mortel (mërâk) », celui qui dit que la définition de 
l'homme est « vivant, raisonnable et mortel » a repris un élément 
(? brih?) de ce même principe, l'élément étant « vivant mortel » 
de « doué de matière et de corps » du Mélange ayant succédé à 
l'Assaut ; / et l'élément « raisonnable », de l'axv, car raison et 
sagesse font un avec déité et nature d'axv. Ces éléments se retrou- 
vent dans l'explication du nom de Gayomart, qui lui a été imposé 
dans l'état d'Assaut, car l'explication du nom de Gayomarj 
est « vivant, raisonnable, mortel »; dans l'état de pureté, le 
nom était x Gayô, c'est-à-dire « faculté (nërôk) de vivre/ et' de 
raisonner ». 

^ Parmi ( x kac) les qualités (cëgônîh) de surcroît (*bagobaxtik) que 
l'homme tient de son héritage originel se trouve la dévotion 
(tarsakâyik), la soumission devant le Créateur, principe de la 
Dën et de la justice (dâtùtân). Il tient cette qualité en héritage 
de /^ Masya, le nom de Masya signifiant « dévot » au masculin et 
Masyani signifiant « dévote » au féminin. Autre qualité héritée de 
l'origine : « parfaite continuité réussie avec la Fraskart » / du fait 
que, grâce à la Bonne Dën, les hommes rejoignent la Fraskart 
et par là donnent la réussite de la Fraskart à toute la création ; les 
hommes tiennent cette qualité en héritage du Syâmak et de Fravâk, 
car l'explication des noms de Syâmak et de Fravâk est « transmission 
de l'avantage (sût frac parvandisn) »/dont la justice est l'union 
parfaite à la profitable Fraskart. Autre qualité héritée dès l'origine : 
culture du monde et gouvernement du monde et continuité de 
l'établissement des créatures (^dâm) / ; la culture du monde peut 
se faire par le gouvernement du monde, et le gouvernement du 
monde par la culture du monde (om.) et par tous deux -le soin 
(parvarisn) et l'établissement des créatures et leur continuité 
jusqu'à la Fraskart. Ces qualités leur viennent en héritage originel 



CHAPITRES 209 A 210 



221 



de x Vekart et de Hôsang, l'interprétation du nom de x Vekart étant 
« s'adonner à la culture » et celle du nom de Hôsang/ étant : 
« propre (vaspuhrakânik) à la royauté et au rang à'aku ». 

Ce sont là les qualités majeures chez l'homme, car, grâce à ces 
5 qualités principales qu'il a héritées : la confession de la sagesse, 
qu'il tient de Gayômart, l'humilité qu'il tient de Masya et / de 
Masyani, la « continuité réussie » qu'il tient de Syâmak et de Fravâk, 
la culture du monde et le gouvernement du monde qu'il tient de 
Vekart et de Hôsang, les hommes organisent les créatures, gou- 
vernent le gëtï, rejoignent en avançant bien la Fraskart, triomphent 
de la Druj, produisent, en avantage pour toute la création, la 
Fraskart dans l'existence. 



210 Sur l'accès de l'homme a la sagesse. (B. 182 ; M. 231.) 

/La tendance de l'être même (xvatîh) de l'homme, même dans 
l'état corporel, est vers la vision pure ( x apëcak). L'homme accède 
à la sagesse (frazànakih) et même jusqu'au degré de la vision 
mënôgienne grâce à l'enseignement (âmôk) de l'intellect acquis 
par audition (srût xrat) par une union ferme ( ôstïkân patvas- 
takîh) de sa pensée avec l'enseignement de <rintellect> inné 
et de l'intellect acquis par audition. 

Cette sagesse (frazànakih) devient plus triomphante (aparvëctar) 
du fait de « la Dën Mazdéenne ornée de toute sagesse ». L'union 
de la pensée avec Yahu se fait en libérant ( asnôtakïh) la pensée du 
péché, en tant que l'on élimine convoitise, envie, concupiscence, 
/ méchanceté, haine et autres péchés (om. rép.). Et l'union 
(xayûxtârîh) avec Yahu et la purification (écartant) la druj se font 
par les actes méritoires et grâce à la parfaite habitation de celui 
qui unit actes méritoires et aku, à savoir Vohuman, et avec lui des 
autres dieux : « afin que les pensées s'unissent » (Y. 30, 9). 



222 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



211 / Sus LA VENUE PROGRESSIVE ET MÉRITÉE A LA PLÉNITUDE DE 
L'HOMME SELON LES 7 DEGRÉS JUSQU'AU PLUS HAUT fB 18? ■ 

M. 232.) 

La venue progressive (kupatisâr) et méritée (arzânlkïhà) à la 
15 plénitude (fraxvih) de l'homme selon les 7 degrés /jusqu'au plus 
haut comporte les étapes suivantes. 

La première est la Justice de l'âme (ruvân) qui vient de la 
volonté instruite (âfrâsîk) par la Bonne Dën ; de l'activation 
(varzitârïh) des dieux, de ce que l'homme originel est digne 
( arzànikik) de la plénitude. En raison de cette dignité, 

^ deuxièmement, le progrès de la santé du corps, grâce à quoi la 
18 vie est rendue désirable (patis apayisnïkihêt) / 

troisièmement, la longueur de vie de l'âme (jân) par quoi se 
maintient (pàyihit) le progrès de la santé du corps. 

Quatrièmement, une abondante richesse, grâce à laquelle les 
deux (qualités énumérées) sont rendues opérantes et suaves 
( kàrïkïhït, sirinïhît ) . 

Cinquièmement, la victoire et le triomphe grâce auxquels on 
(se) garde les richesses et les autres personnes de l'adversaire. 

Sixièmement, le moyen de prévoir (ce qu'il faut faire) avec 
*■ 183 I l'adversaire, par quoi s'accroît le triomphe qu'on remporte sur 
eux. 

et septièmement, la supériorité sur les hommes quant à ces 
3 6 degrés par lesquels on s'exalte (burzihit) / dans la plénitude plus- 
que tout autre. 



212 OU L'ON MONTRE POURQUOI, QUAND L* HOMME DE BONNE 
NATURE EST DANS L 'ASCENDANT EN SA CONDUITE, IL Y A ACCROIS- 
SEMENT DE BIEN; ET QUAND IL EST EN DÉCLIN DANS SA CONDUITE, 
ACCROISSEMENT DE MAL ; ET POURQUOI L'ACCROISSEMENT DE. 
L'HOMME DE MAUVAISE NATURE EST A L'iNVERSE : QUAND IL. 

s'élève, il y a accroissement de mal, quand il décline, 
/ accroissement de bien. (B. 183 ; M. 232.) 

Chez ies hommes de bonne ou de mauvaise nature .(hu-ut 
dusgôkràn), pour ce qui est de leurs vertus (hunar) et de leurs 
vices (dus ahôk), les vertus sont en liaison avec leur xvarrah, les 



chapitres 211 a 212 



223 



vices avec leur dusfargih. Le xvarrah vient du Spannâk Mënôg 
et vise (àhang) les hommes de bonne nature ; la dusfargih vient 

9 du Gannâk Mënôg et / vise les hommes de mauvaise nature. Entre 
les hommes de bonne nature, celui qui a le plus de xvarrah est celui 
qui a le plus emmagasiné ( hanbâriktar) de vertu, et son nom est 
« homme de bonne race » (hutôxmak) . Entre les hommes de bonne 
race, celui qui a le plus de xvarrah est doté de nourriture (xvarisn) 
excellente, de sagesse innée, de pensée parfaite, de générosité, de 

J2 véracité, des autres vertus, / et son nom ( us nàm) est « homme de 
libre arbitre » (âzât-kâm). 

La dusfargih s'écoule (rëcisn) vers les hommes de mauvaise 
nature ( x dusgôhrân) ; parmi les hommes de mauvaise nature, ceux 
chez qui l'arme ( zây) de la dusfargih est le vice sont les plus pervers 
(akântar) et leur nom est « hommes de mauvaise race ». Entre les 
hommes de mauvaise race, ceux en qui l'écoulement de la ^dus- 
fargih est le plus fort (frëh) sont les plus éloignés de la Dën 

w ( ? x a-déniktar) par l'inclination (hangràyistan) vicieuse / , la 
concupiscence ( x varanih?), la convoitise, la pensée perverse, la 
colère, l'avarice, la x druvandïh, les manières de Mar, de këk et de 
karap et par d'autres vices, et leur nom est « vilains » ( x vës). 

Dans l'état du Mélange, la vertu principale (bun) est la noblesse 
(âzâtïh) reliée au xvarrah qui provient du Spannâk Mënôg, et 

18 le vice principal est la « vilainie » reliée à la dusfargih / qui provient 
du Gannâk Mënôg; et chez les hommes, même le noble doué de 
vertu supérieure n'est pas exempt de tout vice, et même le vilain 
aux inclinations vicieuses n'est pas vide ( tûkïk) de vertu. 

Tandis que le noble, dans l'élévation de sa conduite, sa sagesse, 
qui provient du Spannâk Mënôg, sa pensée parfaite, sa véracité, 

-p. m sa générosité et ses autres vertus en s' élevant / s'embrasent et 
brillent au loin (dur ditâr), ainsi (dans) son mélange qui provient 
du Gannâk Mënôg, ses vices déclinent petit à petit (hucârak 
hucârak) et en viennent à disparaître tant ils diminuent en décli- 

3 nant. / Mais dans le déclin de sa conduite, ses grandes vertus 
déclinent, ses petits vices s'en trouvent dans l'ascendant, <et ses 
moindres vertus> en viennent à s'affaiblir ( x ô x nizàrih) tant elles 
diminuent en déclinant, tandis que les vices sont en grande ascen- 
dance; même les petits qui proviennent de l'Assaut parviennent à 

6 la manifestation / de leur activité. Et le vilain ( x vës) de mauvaise 
nature et de mauvaise race quand sa conduite est en ascendant, la 
concupiscence, la convoitise, la colère, la pensée perverse, l'avarice 
(xpanïh), le mensonge, les manières de këk et de karap et les autres 
vices qui sont en lui s'élèvent ( x afrâcïhît) et devient fort 

9 (? x amavand bavêt) / le peu de vertu qui est en lui décline, dimi- 
nue, et, dans cette éruption ( ûzvây) de vice, en vient à disparaître. 



224 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



Et quand sa conduite est en déclin et que les vices puissants qui sont 
les siens ( x xvës) déclinent et diminuent, le peu de vertu qui est 
en lui s'élève. Et dans cette diminution / et ce déclin de ses vices 
et l'ascendant de ses vertus, cette petite vertu de la personne 
(tan) en vient à prendre corps visiblement (ô paytâk grêvih rasêt). 

C'est pourquoi aux nobles reviennent le rang (gàs), le poids, 
la fortune, l'autorité, l'agrément et le bonheur ; aux vilains ( x vësân ), 
la dernière place (nikônïh), le mépris, la pauvreté, / le manque 
d'autorité, l'effort et les charges (bâr). 

Dans la louange et le culte des dieux, en guise de rétribution 
(xpât dâin) venant d'eux, on fait bénédiction (âfrïnënït) sur la 
largesse et la facilité des bons, l'angoiss et la difficulté des méchants 
pour l'avantage des deux mondes : c'est un précepte de la Dën. 

/ Et voici comment le noble et le vilain manifestent leur noblesse 
et leur « vilainie ». 

Le noble l'est d'abord par rapport à lui-même, par l'éclat et la 
gloire de sa personne, l'accomplissement de ses désirs (demander 
et recevoir), l'amitié, le bonheur, le renom, la bonté de l'âme 
(kuruvânïh). Deuxièmement par rapport aux autres (kasàn), en 
rendant heureux les supérieurs (aparikân), en étant respecté 
parmi les femmes (nâyrïkân), en étant clément / envers ses égaux 
(xp a t xhamyârân), en étant amène avec eux (pat kup sâcisnih 
apâksân). Troisièmement par rapport au monde, parle fait que 
quand les nobles sont dans l'ascendant, la Dën Mazdéenne est au 
plus haut, la mauvaise dën / décline, la bonne royauté est à demeure, 
les rois commandent bien, le droit se répand dans le monde, où il y a 
prospérité (âpâtânïk), bonne odeur et beauté, et pour les hommes 
largesse et joie en abondance. 

La première manifestation du vilain, qui est par rapport à lui- 
même, comporte dusfargih, non-demande, / inutilité (anapâyis- 
nïkthjy malignité, mauvais renom et malice de l'âme. Deuxième- 
ment par rapport aux autres, en offensant les supérieurs, en ayant 
pensée et action perverses à l'égard des femmes, avec dusfargih 
à l'égard des égaux, et en ne témoignant pas d'aménité à leur égard. 
Troisièmement, par rapport au monde, / par le fait que lorsque 
la mauvaise dën est dans l'ascendant et la Dën Mazdéenne en 
déclin, la mauvaise royauté y est à demeure, les rois commandent 
mal, la violence se répand dans le monde, où la dévastation (avë- 
rânïh), la dusfargih et l'angoisse des hommes augmentent. 



CHAPITRES 212 A 213 



225 



n 213 / SuB LE MONDE OU LA QUEUE SE FAIT TÊTE, SOIT QUE LA TÊTE 
SOIT DEVENUE QUEUE, SOIT QUE LA QUEUE MÊME SOIT DEVENUE 

tête. (B. 185 ; M. 235.) 

La raison pour laquelle la tête remplit sa fonction de tête, 
(sar sarih dm) est de transmettre le germe des suprêmes vertus 

15 de la vertu originelle (kunar bun) aux hommes / : c'est là sa raison 
d'être. L'homme est dit « de bonne nature et noble » (hugôhr 
âzât) et par là procède la noblesse de nature et la noblesse de la 
descendance (patvand) et de la race. Et la raison pour laquelle 
la queue remplit la fonction de queue est de répandre (rëcihït) sur les 

is hommes les vices pervers (grây) venant du vice originel : / c'est 
là sa raison d'être. L'homme est dit « de mauvaise nature », vës et 
zôs, et de là procède le caractère de vës et de zôs de la descendance 
et de la race. 

De même qu'en général les hommes de bonne nature et nobles 
vont de l'abaissement, de l'occultation (nikuftakih) et de la non- 
manifestation à l'état d'apparition, d'ascension et de manifestation, 

p- m tandis que les zôs / et les vilains vont de l'état d'apparition, d'ascen- 
sion et de manifestation à l'état d'occultation, d'abaissement et de 
non-manifestation, au cours des bonnes époques ; de même, en 
général, les zôs et les vilains vont de l'état d'occultation, d'abaisse- 

3 ment et de non- manifestation, / à l'état d'apparition, d'ascension 
et de manifestation, tandis que les hommes de bonne nature et 
nobles vont vers l'état d'abaissement, d'occultation et de non- 
manifestation, au cours des mauvaises époques. 

Ce signe, de (quelque chose) qui se fait tête dès le début (hac 
bun) au cours de l'époque, témoigne de la fin prochaine de la mau- 
vaise époque et de la prochaine mise en activité (kumsnih) de la 

6 bonne époque. Après avoir été tête, / la queue redevient tête (hac 
sar dumb apâc sarihast?), comme dans les mauvaises époques. En 
remettant en tête la clémence, la bienveillance, le comportement 
iranien (ërih), la justice, la générosité et les autres vertus et bontés, 
celui qui était en queue passe justement en tête et devient le 
premier. Mais celui qui est devenu tête venant de sa vraie condition 

* de queue (hac xvat dumbih) / c'est ce qui se passe en général au 
cours des mauvaises époques et parfois individuellement ( ëvacïk)^ 
au cours des bonnes époques : la queue se dresse (jakët dumb) qui 
devient tête et l'on voit un homme impitoyable (dusapar), mal- 
veillant, très rapace (*âpurt vës?), vindicatif, avare (pan), injuste. 



226 



LE TROISIEME LIVRE DU DÊNKART 



214 / SuE LE GRAND ET PERPÉTUEL PROGRÈS DE LA BONNE DËN 
DANS LE MONDE, SUR SA FORCE ET SUR SON ACTION (B 186 
M. 236.) 

Le grand et perpétuel progrès de la Bonne Dën dans le monde 
est manifesté aussi par le progrès de toutes les doctrines (kësàn) 
qui prennent le nom de Bonne Dën /en tant qu'elles célèbrent 
(ôsmûrisn) et louent la vérité (râstïh) et le bien et blâment le men- 
songe et le mal et ce qu'il y a de plus affreux venant des mauvaises 
den. Le Créateur considère et proclame que le droit est éternel 
et bon, que le non-droit est mal, et que la royauté, / l'autorité 
(dastûrih), la protection (srâyisn) et le salut des pauvres, la pré- 
servation du bétail, et tant d'autres activités bonnes et justes que 
la Bonne Dën distingue (haxsisn) sont dans leurs fondements 
(frakànïh), et que leurs mensonges et fautes qui sont dans (leurs) 
doctrines, ont peu de force dans (leur) actions bonnes et justes. 

La force de la Bonne Dën pendant son progrès dans l'état du 
Mélange (andar gumëcak Tavâkih) comporte progrès dans la 
« culture » (vënârisn) I de la créature et continuité (patvandim) 
de sa présence (= celle de la Bonne Dën) ; lors de son progrès 
en l'état de pureté, pour toutes les créatures il y aura destruction 
de l'Assaut, réalisation de la purification (yôsdâr dâsnih), dispo- 
sition de la créature hors d'atteinte de toute adversité défectueuse, 
éternelle plénitude / de béatitude. 

Ce qui est et se révèle dans son progrès en l'état du Mélange, 
c'est la force de la justice ( dàtistàn) pour ce qui est d'accroître le 
bien et d'affaiblir (tarvënîtan) le mal; et dans son progrès en 
l'état de pureté, c'est d'atteindre à l'affaiblissement de tout mal et 
à l'installation (vënârtan) totale / du bien parmi les créatures, tous 
les hommes y étant établis (apar astisnih). 

C'est pourquoi le coup le plus terrible du Gannàk Mënôg 
contre la Bonne Dën est la stérilisation (armêst dâsn) qui retranche 
fia création,) de la Fraskart (om.) ; tandis que le projet de toute 
activité et affaire du Spanâk Mënôg est /de faire progresser 
la Dën Mazdéenne et de rejoindre la Fraskart. 



CHAPITRES 214 A 215 



227 



215 Sur le choix chez les hommes selon qu'ils avancent 
(pat patvand-avisîh) dans l'acte d'amitié ou s'en abstien- 
nent (pahrëc hacisih). (B. 187; M. 237.) 

12 Les 6 espèces d'hommes / depuis le degré le plus avancé jusqu'au 

plus reculé s'énumèrent ainsi : 

Premièrement : celui qui est le plus avancé est celui qui est 
ferme (ôstikàn) dans le bien et exempt (bë hac) de mal. 

Deuxièmement : celui qui est ferme dans le bien et hésitant 
dans le mal. 

15 Troisièmement : celui qui est / ferme en tous deux : bien et mal. 

Quatrièmement : celui qui est ferme dans le mal et hésitant dans 
le bien. 

Cinquièmement : celui qui est hésitant en tous deux : bien et 
mal. 

m Sixièmement : celui qui est le plus reculé, qui est ferme / dans 
le mal et vide de bien. 

Celui qui est est ferme dans le bien et exempt de mal est du 
nombre des hommes supérieurs et son choix le porte à l'acte d'ami- 
tié, son avance vers lui est constante (hamë) et il ne s'en abstient 
jamais. 

Celui qui est ferme dans le mal et vide de bien est incapable 
?■ (ôpast) de choisir l'acte d'amitié / : il n'avance jamais vers lui et 
s'en abstient toujours. 

Et les deux espèces, d'entre les quatre intermédiaires : celui 
3 qui est ferme dans le bien et hésitant / dans le mal est proche du 
choix supérieur portant à l'acte d'amitié, il doit se hâter (nidfa- 
risn) vers l'avance et ne pas penser à l'abstention; celui qui est 
6 ferme en tous deux : bien et mal, doit, par une conduite sage/ 
s'abstenir de la malice (lès) qui vient du mal et peut avoir part 
(bahrvarëhît) à la joie qui lui vient du bien. 

Celui qui est ferme dans le mal et hésitant dans le bien doit 
: p toujours penser à l'abstention et/, se référant (au bien), désirer 
une fois de temps en temps (jâvarïhâ ut pat zamanak), un acte 
d'amitié isolé (visânak). 

Celui qui est hésitant en tous deux : bien et mal, tout en désirant 
l'acte une fois de temps en temps, doit s'abstenir de l'illusion 
(frëftakih) de faire de grands actes. 




228 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



216 / SUR LE PRINCIPE DE LA VIOLENCE, LA NON-VIOLENCE, LA 
DISSOLUTION ET L'AGENT DE LA DISSOLUTION DE LA VIOLENCE 

(B. 188 ; M. 239.) 

La violence (mûst) elle-même est l'injustice ( adâtistânih) de 
celui qui, là où il n'y a pas de loi (adàt), met sa justice à venir 
à celui / qui n'en a pas besoin et à agir pour lui, ce qui est la manière 
(brahm) de l'excès ; et, dans une autre circonstance, là où il y a 
une loi, il ne vient pas à celui qui a besoin de lui et n'agit Das 
pour lui, ce qui est la manière du défaut. Les / 2 manières, celle 
de l'excès et celle du défaut, sont la loi des dëv qui est l'antagoniste 
de la justice. Quant à la justice de <celui qui>, lorsqu'il y a 
une loi, l'exécute (vicàrisn) en venant à celui qui a besoin de lui 
et en agissant pour lui, en ne venant pas à celui qui n'en a pas besoin 
et en n'agissant pas pour lui, c'est celle de / la manière Mesurée, 
qui est la loi des dieux. 

La violence, qui est elle-même excès et défaut, est le principe 
de l'injustice ; le principe de l'Ignorance et des autres malices 
étant le Gannâk Mënôg. Tout comme la Mesure est le principe 
delà justice : le principe de la sagesse (dânàkïk) et des autres 
bontés étant le Spanâk Mënôg. / La violence, qui est aussi ce que 
les hommes se font les uns les autres, jointe à ce qui s'y ajoute 
(rasisnik), remonte au Gannâk Mënôg qui en est le principe. 
Dans la violence que les hommes commettent par Ignorance, le 
principe de l'Ignorance est le Gannâk Mënôg, de même que <dans> 
la loi que les hommes exécutent / (om. rép.) par sagesse, le principe 
de la sagesse est le Spanâk Mënôg. 

La non-violence et la dissolution ( x vicârïh ) de la violence reçoivent 
leur force de la loi de la Bonne Dën, et celui qui en est l'agent 
( x câr) est le souverain. La Bonne Dën enseigne de deux façons, 
d'abord qu'il faut préserver son caractère (xëm) / de l'illégalité 
(adâtih), et c'est par là que le caractère de tous les hommes est 
préservé (om.) de l'illégalité; ensuite, <pour> faire connaître 
en même temps (ham dânënitanl) la loi par des conseils 

de la Bonne Dën, désigner des censeurs-des-péchés ( ?mnàspân) 
et des agents (vicàrtâràn) et ainsi se fortifier parfaitement, et/ 
c'est par là que sont préservées de la violence les actions et les 
paroles de tous les hommes. 

Avec cela s'expliquent la violence du roi et la non-violence du 
roi (sâh apëmûst). La justice de la violence du roi est telle que, 
s'exerçant sur le souverain de pays, qu'il s'agisse soit de pays 
sur lesquels/ règne (pat) un roi, soit d'un homme fort (amavand) 
dirigeant même un seul individu, bien que, chez le souverain, il n'y 
ait pas la moindre ( x hûcàrak) violence, toute la violence qui 



CHAPITRES 216 A 217 



229 



s'exerce sur un individu à l'intérieur de cette souveraineté, ne 
soit pas une diminution de cette force, qui est celle du souverain. 

18 La fonction de la violence du roi/ est de rechercher (vicustan) 
et de connaître cette violence (faite par) un individu, et de dégager 
( x hu-vicartan) à la suite d'une plainte en règle (pasacak garzisn) 
celui qui a souffert violence (mûstômand) , de ceux qui ont commis 
cette violence qui a été découverte (om.). Le roi sans violence 
devient, par son commandement royal, celui qui délivre ( vicârtâr) 
totalement / celui qui a souffert violence, et lui-même est exempt 
de la force du mal (bës) et du retard au devoir ( x pàtërân-xvës- 

p- 190 kârih) qui était provenus / de cet exercice de la violence ( x must- 
garih) : il est sans violence, et le roi est libre ( àzâtïhit) de ce péché. 

3 Telle est la justice par laquelle la violence /de l'injustice est épargnée 
au monde, dont elle est expulsée. 

Parmi les docteurs dont la doctrine est que la violence de l'in- 
justice est prédéterminée fTrârôrt^ par Dieu, il y a l'Ignorance trompée 
par l'hérétique (asmôk) qui dit que la majeure part (*bahr) de la 
non-loi — sous le nom de loi — provient de la volonté et de l'action 

6 de Dieu, tandis que la part mineure est faite par l'homme. / L'héré- 
tique trompeur au caractère dissimulé, profère là un double men- 
songe au sujet de Dieu : il lui dénie sagesse, loi et caractère de 
Spanâk Mënôg, et lui attribue Ignorance, non-loi et dêvité de 
Gannâk Mënôg. 



217 Sur ce qui est le meilleur dans le monde, dans la per- 
sonne <DE L'HOMME >, DANS / L'AME, ENTRE LES HOMMES, 
DANS TOUT COMPORTEMENT JUSTE. (B. 190 ; M. 241.) 

D'après le discours de la Bonne Dën : le meilleur dans le monde 
c'est un bon roi ; dans la personne (tan) de l'homme, la sagesse 
(xrat) ; dans l'âme, la générosité; / entre les hommes, la vérité ; 
et dans tout juste comportement (kâr ut dâtistàn), la pensée 
parfaite ainsi que l'énergie (tuxsakih). 



230 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



218 Sur les réalités mënogiennes qui sont dans LA < PER- 
SONNE > DE L'HOMME, LEURS AGENTS ET LEURS OPÉRATIONS. 

(B. 190 ; M. 241.) 

/Selon l'enseignement de la Bonne Dën, dans les limites du 
possible à partir de la production et de la création, les agents 
(kàrïkar) des réalités mënogiennes qui sont dans la personne de 
l'homme sont pour l'essentiel ( mâtakvar) au nombre de 4, à savoir : 
ruvân, jân, fravahr et bôd. 

La ruvân est ahu, maître (xvatây) sur le corps, comme le maître 
de maison l'est sur / la maison, le cavalier sur le cheval, et gouverne 
le corps. Jân, bôd et fravahr sont toutes trois des esprits (vaxï) 
qui s'y trouvent, et qui en elles sont instruments de la ruvân. 

La jân est un vent ( vàt) qui provient de la nature ( cïkr) de la fra- 
vahr, ustânisé ( ûstânênîtak) par son essence d'ùstân (ûstànïh) 
et qui maintient ( dàstâr) le corps par le fait qu'il a de l'ûstân, comme 
celui qui nourrit sainement <la maisonnée > est le maître de mai- 
son et celui qui maintient le cheval en activité (kârîk dàstâr) est 
le cavalier. Si bien que / lorsqu'elle se sépare du corps, le corps 
périt (markïhît) , de même que lorsque se brise la colonne qui 
soutient la maison, la maison s'écroule (ôbâyët). 

La fravahr est ce qui maintient la nature et nourrit le corps 
comme celui qui dispose et maintient en prospérité / la maison 
du maître de maison, et celui qui x nourrit (mâtyâr) le cheval du 
cavalier, si bien que, quand elle se sépare du corps, le corps reste 
privé de sa force (sût-zôr) et sans action, de même que la maison, 
quand on cesse de la disposer, tombe en ruine. 

La bôd est le lampadaire (rôsn dàstâr) de la maison du maître 
de maison, et la faculté de vision ( x vënâkïh) du cheval du cavalier/, 
ce qui permet de voir (vënàkënttar) au maître de maison dans 
la maison et au cavalier sur son cheval ; comme la lumière du 
monde est le soleil, et la fenêtre (vicàrak) dans la maison. Si bien 
que lorsqu'elle est séparée du corps, la ruvân dans le corps est 
malheureuse (ânâkîh) et le corps subit usure (âmàlisn?) pendant 
sa vie. / 

Grâce à la fravahr, à la bôd, à la jân et au corps qui sont ses 
instruments, la ruvân est sans défaut (apë ahôk) pour la fonction 
à laquelle on l'envoie. Cette fonction est de vaincre la druj dans 
la lutte, comme le cavalier, grâce à l'arme que constitue son cheval 
a pour fonction de frapper et de vaincre l'ennemi. Les ennemis / 
de la ruvân sont comme des ennemis dont les organes sont fabri- 
qués ( x kzrênênïtak) par la druj pour corrompre les créatures : 
convoitise, concupiscence, colère, vengeance, méchanceté et envie 



CHAPITRES 218 A 219 



231 



qui sont venus pour lutter contre le corps avec la bataille (razm), 
causer la défaite (vânënïtan) et l'arrêt (pâyênîtan) du corps et 
i5 de la ruvân du fait de la bataille, où par / leur victoire ils cor- 
rompent et réduisent à l'impuissance les autres créatures combat- 
tantes du bien. 

La ruvân, ahu, maître et général (razmpat), quand avec la 
fravahr, la bôd, la jân et le corps qui sont ses instruments, et 
l'Amahraspand qui l'assiste, elle peut se mesurer (hâvand) au 
■ combat avec la druj, vive (vigrât) et vaillante par sa propre / 

vaillance elle vainc la druj, la retranche du corps, expulse du monde 
le Gannâk Mênôg, le terrasse, le vainc et le rend impuissant; elle- 
' r - même se sauve de la druj et devient ahrav. 
;\ Quand, par la rupture du char à deux chevaux (pat skan i x rah 

i 2 asp) opérée par l'adversaire, elle s'est élevée au-dessus du 
192 corps / par son propre bon agir (hupkârïh) et l'union de ses forces 
Lvp (hamnërôkîh), elle se rend triomphalement à son principe et, 
par ordre du maitre qui l'a envoyé combattre, elle reçoit la 
3 couronne des triomphateurs et va s'asseoir sur le trône (gàs) \ 
;C d'éternel bonheur et de pleine félicité. 

1^. Quand, trompée ( x frëf) par l'adversaire, elle devient paresseuse, 

L j,' - et, par goût du plaisir, négligente (nistâr) dans la lutte, se détour - 

nant des Amahraspand et se tournant vers la druj, elle devient 
y * mensongère et druvand, et de ce fait la druj devient triomphante /; 
du même coup (la ruvân) s'accroît ( x vâlihit) dans la tromperie 
et est poussée (kasïhït) au lieu de la druj en guise de gage ( x dast- 
gravik) et y demeure emprisonnée en troupe (grôhïk zindânihït) 

; jp ; jusqu'à la Fraskart : c'est là la révélation de la Bonne Dën. 

Ci? Marque de celui qui est bon : Justice et bon renom dans le gëtï, 

et, par là du monde ; marque de celui qui est mauvais : druvandïh 

'Wk? et mauvais renom dans le gëtî ; / selon les cas. 



219 SUR LA MANIÈRE POUR LES HOMMES D'ACQUÉRIR LA RÉVÉLA- 

tion du Stôt Yasn. (B. 192; M. 243.) 

^ / La manière (sûn) dont les hommes font leur la suprême Révé- 

V lation du Stôt Yasn est d'après leur science de la Bonne Dën, 
la connaissance de soi et l'amour, principalement de sa propre 



232 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



âme, en sorte qu'ils ne deviennent pas, par l'oubli de soi-même, 
ennemis de soi-même (adôst-xvës) , et, par l'inimitié envers soi- 

15 même / attentatoires envers soi-même, et, par atteinte ( xvës- 
rësih) envers soi-même, injurieux envers les Dieux (yazdœn-bës), 
et, par injure envers les Dieux, briseurs de leur appartenance aux 
Dieux, contempteurs de la (? yâsàn) protection des Dieux, et, 
par mépris (de la protection des Dieux), déchus ( ôpast) jusqu'à 

18 la plus malheureuse ( x anâktom?) des misères qui englobe la druj. / 
Tandis que de la science de la Bonne Dën provient la connaissance 
de soi, et, de la connaissance de soi, l'amour de soi, et, de l'amour 
de soi, non-atteinte à soi, et, de la non-atteinte à soi, non-injure 
envers les Dieux, et, de la non-injure envers les Dieux, appar- 

p. m tenance imbrisée (avisist xvësik) à l'égard des Dieux, / protection 
des Dieux, et, de la protection des Dieux, les deux états suprêmes 
de l'homme : ici-bas et là-bas. 



220 S UR CE DONT LA SUPRÉMATIE DANS LA PERSONNE DE L'HOMME 
EST PROFITABLE OU NUISIBLE QUANT A L'OPÉRATION ET A 

l'unification ( làyuxtâr), sur le supérieur avantageux 

OU DÉSAVANTAGEUX, ET SUR L'AVANTAGE OU LE DÉSAVANTAGE 

qui provient de lui. (B. Sup. 2 ; M. 244.) 

Ce dont la suprématie (pësôpâyïk) dans la personne de l'homme 
est profitable (sûtkar), c'est la sagesse (xrat) ; et ce dont la supré- 
matie est nuisible, c'est la concupiscence. L'essence de l'acte de 
suprématie de la sagesse ou de la concupiscence dans la personne 
de l'homme, c'est, pour la sagesse l'élévation ( xëzisn) par le messa- 
ger (astak) du Spanâk Mënôg qui est Vohuman ; et, pour la concu- 
piscence, la tromperie venant du messager du Gannâk Mënôg 
qui est Akoman. Et l'avantage de l'homme du fait de la suprématie 
de la sagesse, c'est la disposition de la volonté (kâmak vënàriïn), 
l'opération méritoire de la pensée, de la parole et de l'action et 
la Justice de l'âme. Et son désavantage du fait de la suprématie 
de la concupiscence, c'est la disposition perverse de la volonté, 
l'opération fautive de la pensée, de la parole et de l'action, et la 
druvandîh de l'âme. 



CHAPITRES 219 A 222 



233 



22Î SUR LA BRIÈVETÉ ET LA LONGUEUR DU TEMPS. (B. Sup. Z\ 

M. 244.) 

Le temps délimité qui durera jusqu'à la Fraskart, est bref 
(nisang) dans son écoulement, mais sa longueur et sa brièveté 
se mesurent à ce qu'on en pense (ô mënisn rôn) : pour celui qui 
est au large et dans l'agrément, même de longues années paraissent 
brèves (nisang) ; et pour celui qui est dans l'angoisse et la diffi- 
culté, même peu de temps (handak.c zamàn) paraît long. 



222 SlTR CE QU'EST L'ESSENCE DE L'HOMME, DE QUOI ELLE EST ET 
A QUOI ELLE TEND, D'OU ELLE VIENT, VERS OÙ ELLE VA, VERS 
QUOI ELLE REVIENT, ET A QUOI ELLE PARVIENT ENFIN. (B. Sup. 3 ; 

M. 245.) 

Du fait de la création du Créateur, l'homme est un composé 
( hangar tënitak) en tant que nature et que puissance, de toute 
la ciéation mënogienne et gëtïkienne, constitué en plénitude de 
force sur les autres créatures du gëtï dont il est le chef pour en 
gouverner le tout, et triompher complètement de la drûj par la 
force de toutes les créatures. L'essence des (hommes) qui est l'âme, 
dans la mesure où cela est nécessaire à la complète victoire sur la 
drûj des armées du Créateur, chez toutes les créatures du menôg, 
et une seule fois (pat ët bar), (reçoivent) un revêtement pour leur 
servir d'instrument gëtï. Selon les temps et avec des destinations 
diverses (gôhrak handâcisnîk) , grâce à l'union de l'essence mëno- 
gienne, qui est divine, et de l'instrument gëtik, toutes les dxuj 
sont plus ou moins complètement vaincues. 

L'âme mënôg, qui est leur essence venue des Dieux, même lors 
des plus terribles combats de la drûj est l'instrument inséparable 
(xaoisân) des dieux, tandis que le corps gëtï qui est le revêtement, 
lors du combat dans l'état de Mélange (om.) est séparable de 
l'essence qui est l'âme. L'essence mënôg, dépouillée (brahnak) 
du revêtement de l'instrument gëtïk, cette essence tend à revenir 
à sa demeure originelle ménog, abandonne dans le getï son revê- 
tement, et retourne à son origine en trépassant (tar vitar). Celui 
qui, dans le combat avec la drûj ennemie la repousse (ranï) aussi 
énergiquement qu'il en est capable, en échappant à ia drûj se rend 
( ëvarzït ) à son origine. Celui qui est indolent ( s ûtik tuvan) réserve 



234 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



à part lui (apar xvês ûzënët) la destruction de l'adversaire, en 
paroles désordonnées (andar dranjisn i y -arastak) et n'en sera 
délivré que lors de la complète victoire sur la druj par toute l'armée 
du Créateur. 

Lors de la Fraskart, par la volonté du Créateur ( x dâtâr) i il y 
aura recréation (apàc-dahisnih) de tous les hommes, leur essence 
et leur revêtement gëtï et l'établissement de tout dans une éter- 
nelle et plénière félicité. C'est ce que révèle la Bonne Dën. 



223 Sur le choix en vue du supériorat. (B. Sup. 5 ; M. 246.) 

Pour le choix (vicin) en vue de tout supériorat (sardârîh) est 
absolument (avicirisnikïhà) nécessaire une unique supériorité 
qui embrasse toutes les vertus, à savoir : la sagesse (xrat) dans le 
discernement (vicàrisn) et l'activité parfaite, et ces deux autres 
que sont la fermeté du caractère (xëm ôstvârik) et l'exercice (fra- 
hang) nécessaire à l'action. 

Pour le choix du supériorat des prêtres, en plus de ces 3 (vertus) 
principales et absolument essentielles, il faut en compter S autres, 
à savoir : une vaste mémoire (fraxv ùsïh) pour retenir la Dën, 
la capacité de jugement (vicïrgarîh) , l'ouverture d'esprit (fraxv 
mënisn) pour enseigner la Dën, l'ancienneté dans l'exercice de la 
magistrature (dàtvarïh dâtmasîh), l'expérience de l'action; c'est 
là l'héritage des prêtres et l'on en arrive au nombre de 8. 

Pour le choix du supériorat des cultivateurs, il faut en ajouter 
2 à ces 8 : la qualité d'éleveur (flônisn) et la générosité en ce qui 
concerne les richesses ; et l'on en arrive au chiffre de 10. 

Pour <le choix du> supériorat des guerriers, aux huit, il faut 
en ajouter x 4, à savoir : avec une vaste mémoire, la grandeur du 
corps (tan vuzurgïk), l'excellence de la force (nërôk agrëyih) et 
la vaillance du cœur ( dil nëvïh), ce qui fait x 12. 



CHAPITRES 222 a 224 



235 



224 Sur la reconnaissance (*spàs) d'Ohrmazd (exprimée) 

PAR LA RÉCOMPENSE DES ACTES MÉRITOIRES ET SUR CE QU'lL 
EXERCE SANS VIOLENCE LE CHATIMENT DU PÉCHÉ. (B. Sup. 6 ; 

M. 246.) 

La reconnaissance ( x spàs) d'Ohrmazd (exprimée) par la récom- 
pense des actes méritoires à l'égard des hommes consiste en le 
rangement ( x rastakënïtan) dans Yaxv des hommes. Par l'intellect 
inné (om. asàn) par la vision et la volonté, par la tendance de l'acte 
méritoire en pensée, parole et action, instrument obéissant (far- 
mânbar) de la volonté, par le progrès des actes méritoires, tout cela 
étant, dans l'homme, soit hu-adâsr (bon, ne comportant pas de 
salaire), soit adàsr (ne comportant pas de salaire), soit paytak dasr 
(dont le salaire est manifeste) ; est ku-adâsr, l'axv et l'intellect 
inné, et adàsr, la volonté ; est paytak dâsr, pensée, parole, action. 
De même que l'acte méritoire, par (om.) la vision (qu'il pré- 
suppose), la tendance et l'agir, est pré-fait (pëskart), avec sa liberté, 
(âzâtihâ) par Ohrmazd, ainsi aussi dans la récompense de l'acte 
méritoire, (Ohrmazd) est pré-reconnaissant (pës-spàs) à l'égard 
de ceux qui réalisent des actes méritoires requérant (niyazak) 
récompense. 

Et sa non-violence (amûstïh) dans le châtiment des péchés se 
manifeste en ce que chez le pécheur dans le péché, la voie de 
Yaxv (om. vazdàb) à la pensée est fermée, il fait se produire 
le péché, la concupiscence ôte à l'intellect inné le bien qui 
vient de l'acte méritoire, il dilue (dahikënitâr) l'acte méritoire 
avec le péché et le péché avec l'acte méritoire. Il meut ( ahixtar) 
la volonté qui tend (firâz-àhangih) vers le péché et se détourne 
de l'acte méritoire; pensée, parole et actes déclinent (frac 
nisëb) vers l'agir peccamineux et se retiennent de l'agir méri- 
toire : ce sont là les désordonnés ( x ap ërastakân) dus- x adasr, 
(om.) et adàsr. L'ordre des actes méritoires n'est pas bouleversé 
chez les hommes. De même que les fautes, en corrompant 
(nasënitan), brouillant, (dahikënitan) et trompant l'homme,^ le 
laissent libre par rapport à elles, de même aussi dans le châti- 
ment du péché qui revient aux hommes, ils ne subissent pas de 
violence (amûst). 

Les docteurs dont la doctrine est que le désordre ( x apërastakik) 
dus-adàsr, cause des fautes, qui bouleverse et détruit l'ordre des 
actes méritoires de bon salaire ( x hudàsr) dans l'homme, provient 
de la volonté de Dieu, attribuent à Dieu, qui retarderait les actes 
méritoires et ferait progresser les fautes, la haine des actes méri- 
toires et l'amour des péchés, et la nature dëvique, en lui déniant 



236 LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 

la nature divine (*yazatîh) ; et dans le châtiment qu'il impose 
aux hommes du fait de leur culpabilité, disent en outre qu'ii fait 
violence (mûstkar.c) . 



225 Sur la < personne > (tan) en qui habite la Dën, celle 
que la Dën atteint en passant (vitârik), celle dont la 
conscience (bôd) est prise par la Dën, celle qui répugne 
(} asàk) a la Dën. (B. add. pp. 8-12 ; M. 248.) 

La personne en qui habite la dën : celle avec qui est la Bonne 
Dën est belle comme une jeune fille (kanik) aux très belles formes, 
à l'œil le plus désirable de jeune fille, et son ceil est semblable au 
soleil sur les créatures d'Ohrmazd, et les aime comme un père 
très aimant (humiOr) aime son fils bien né (^huzakak) . Et ce qui 
est loin de l'œil (dïtâr), il en embrasse la doctrine quant à ce que 
c'est, comme si c'était quelque chose de visible pour son œil, 
grâce à la « récitation » (ôsmûrisn), à l'enseignement (câsisn), 
l'audition et le culte. Et la dën grandit comme une belle culture 
irriguée par l'eau douce. Et son union avec la Dën est désirable 
comme le bonheur et la vie du corps, et l'âme (jân) converse (ham- 
pursak) avec la Dën comme deux bons compagnons (hamkàk) 
qui sont ensemble dans un même Heu. Et la Dën proclame sa parole 
comme un saint (afzônîk) ërpat le fait à son bon disciple qui 
comprend sa parole. La Dën est son maître suprême, lui-même 
étant son plus humble serviteur. Et cette personne, dans la Dën, 
porte le nom de zaratustrôm, c'est-à-dire le corps de la Dën; 
et son caractère (xëm) devient le caractère de la Dën, sa volonté 
la volonté de la Dën, son action l'action de la Dën. 

Et la personne en qui habite la Dën, c'est celle qui a la Dën dans 
sa nature (hôkïk dâstàr) et qui la cherche par son intention (mënisn). 
La druj a peu de puissance sur sa personne. Et la Dën qui est dans 
son intention est belle comme les autres choses nécessaires à la 
vision. Par elle, on a un regard bienveillant comme sur celui 
que l'on écoute, et on l'aime comme on aime un frère jumeau 
(hamzahak). Ayant trouvé la dën que l'on cherchait, à savoir la 
sagesse (dânâkik) et ayant obtenu la connaissance (âgàsïh) en 
récompense de sa peine (pat ranj mîzd), on récite, on enseigne, 
on opère (sâxtàr) la Dën. Et son union avec la Dën est désirable 
comme le peuple gëtïkien bien pourvu ( ? sûtômand) est obéissant 



chapitres 224 a 226 



237 



zisnvârïh) comme un hôte courtois se montre satisfait de la mau- 
vaise nourriture qu'on lui sert dans la maison d'un maître de 
maison. Et cette personne, le prêtre dans le Dën l'appelle « fidèle » 
( dën kurtàr) : elle propage la Dën par son tempérament, sa volonté, 
son action, et la Dën la rectifie. 

Et celui que la dën atteint en passant est celui qui, par une 
élévation (xëzisn) de la pensée, tient la Dën en parole et en mani- 
festation lorsque la druj l'attaque une fois dans la pensée, et revient 
à la Dën. Il ne parvient pasàl'essence même (xvatïh) de la vision 
de la Dën, mais, par amour poux les créatures, il ajoute foi à la Dën, 
mais, par amour pour les créatures, il ajoute foi à la Dën avec une 
sagesse qui ne pose pas de questions (axvâstâr). Et son union 
avec la Dën (se fait) avec Jes richesses et les honneurs et les bons 
présents désirables qui en dérivent et ce qui n'entraîne pas grand 
peine (arg-ë i vës) pour la personne ou pour ses richesses. Et 
celui-là porte, dans la Dën, le nom de mazdéen et de sectateur 
de la bonne Dën ; on l'appelle dans la langue de l'Empire (sahr) 
« homme ceint du kûstik «. 

Et celui qui a la conscience saisie par la Dën (dën grift) est celui 
qui, appartenant à une mauvaise dën, a (cependant) les sentiments 
( mënisnîh) de la Bonne Dën ; le tempérament de cette personne est 
bon, il épargne (pahrëc) les gens de la Bonne Dën, il voit comme 
beau et louable ce qui n'est pas conforme Çasâcak) à sa propre 
doctrine, et il est l'ami des gens de la Bonne Dën. 

Et ceux qui répugnent à la Dën ( andar dën hacis asâk), ce sont 
ceux qui ne croient pas à l'existence du Ohrmazd le Créateur et 
du prophète de la Dën, résistent (apar ëstisn) à la guidance (dast- 
varîh) des religions. Dans la Dën, ils ont nom « adorateurs des dëv », 
hérétiques, barbares (anër), et dans la langue de l'Empire on les 
appelle sophistes et dahrï. 



226 S UR ce par quoi un chacun est digne, et ce par quoi tel 
homme n'est pas digne. (B. Sup. 12 ; M. 250.) 

Ce par quoi un chacun (katàrcë) est digne (arzânïk), c'est ce 
qui est convenable (âpëtân) à un chacun quand ça lui arrive; 
et ce qui est convenable à un chacun quand ça lui arrive, c'est 
ce que le Créateur veut (dosët) pour un chacun (katàrcë râd; 
om. rép.) ; et ce que le Créateur veut pour un chacun, c'est la 



238 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



vertu qui expulse le vice et particulièrement Vàsn xrat qui incite 
(nidvâràk) l'homme à la recherche du bon enseignement qui (à 
son tour) fait croître et active Yàsn-xrat. Celui qui recherche et 
par là fait croître et active V âsn-xrat, en s'abstenant des fautes 
(pat hac-bacàkîh-pàhr ëcih) et en s'efforçant vers les actes de vertu 
(pat pat-kirpak-tuxsakïk), sa puissance devient telle qu'il est sauvé 
de l'adversaire et de l'ennemi et qu'il parvient à la longue liesse 
( dër xvârih). 

Et ce par quoi tel homme (kas.c) n'est pas digne, c'est ce qui 
lui est un inconvénient (anâpëtân) quand ça lui arrive ; et ce qui 
lui est un inconvénient quand cela lui arrive, c'est ce que le Créateur 
ne veut pas pour lui ; et ce que le Créateur ne veut pas pour lui, 
c'est la mort (ôs) des vertus, le développement ( ? ? mâr) des vices, 
la concupiscence stupide (mûtak varan) qui presse ( ôstâfàk) 
l'homme <vers> la recherche du mauvais enseignement qui 
attise la concupiscence stupide. Celui qui cherche et par là attise 
la concupiscence stupide, en se dérobant devant les actes de vertu 
(pat hac kirpak môsïh) et en s'efforçant vers les fautes, sa puissance 
diminue, et l'emporte sur lui ( xvat apar xvës cërtar) la druj ennemie 
qui le pousse et le repousse (kasâk afganâk) vers le long tourment, 
elle qui vicie le besoin (apàyisn), détruit la sagesse, refroidit 
(afsârâk) l'homme à l'égard des actes vertueux, l'enflamme en 
matière de faute, le fait dériver (skravënâk) vers la condamnation 
à qui entraîne le tourment sans rémission... 

<Les docteurs > dont la doctrine est que c'est Dieu qui a fait 
l'homme <en le dotant de> concupiscence stupide, affirment 
qu'en lui créant la concupiscence stupide, Dieu a fait ce qui n'est 
pas convenable ( anapëtânkar) , en viciant le besoin propage la 
faute, en détruisant I'âsn xrat retarde les actes de vertus, et en 
faisant dériver l'homme vers la condamnation de l'enfer où il 
subit un tourment sans rémission, agit avec violence (mûstgar) : 
c'est lui dénier la marque (nêsân) propre au Spanâk Mënôg et lui 
attribuer la caractéristique du Gannak Mënôg. 



227 S UR LE PRINCIPE ET L'EFFET DE LA BONNE DËN ET DE LA MAU- 
VAISE dën. (B. Sup. 15 ; M. 251.) 

Le principe (bun) de la Bonne Dën est l'unique parole ( vâcak): 
le Créateur, son origine (hacisih) est toute bonté, sans aucun mal. 
La voie dans laquelle elle se place (nihat), c'est le bonheur (nëva- 



CHAPITRES 226 a 227 



239 



kih) de toutes les créatures depuis la création originelle jusqu'à 
la Fraskart, car de la confession de cette parole originelle de la 
Bonne Dën vient la rectification du caractère, de la rectification 
du caractère vient la Mesure, de la Mesure vient la naissance 
(zâyisn?) de la loi, de <la naissance de> la loi viennent bonne 
pensée, bonne parole, bonne action, de bonne pensée, bonne parole, 
bonne action vient le bonheur de l'homme, du bonheur de l'homme 
viennent satisfaction et puissance des Dieux, malheur et défaite 
(vànisn) des dêv, de la satisfaction et de la puissance des Dieux 
et du malheur et de la défaite des dëv, ornement du mënôg et 
rectification du gëtî, et dans l'ornementation du mënôg et la 
rectification du gëtï, la créature rejoint la Fraskart, et la Fraskart 
sera don du bonheur pur et rétablissement ( vênârisn) de toute 
création. 

Le principe de la mauvaise religion est cette unique parole : le 
Créateur, le mal est son effet. <Lavoie> dans laquelle elle se place, 
c'est la misère ( ânàkih) de toutes les créatures depuis la création ori- 
ginelle jusqu'à la Fiaskart, car de la tromperie de cette parole 
originelle de la mauvaise religion, vient la sottise (mutakik) 
du caractère, de la sottise du caractère viennent excès et défaut, 
de l'excès et du défaut, vient l'injustice, <de l'injustice> viennent 
mauvaise pensée, mauvaise parole, mauvaise action, de mauvaise 
pensée, mauvaise parole, mauvaise action vient la misère de 
l'homme, de la misère de l'homme, viennent joie des dëv et 
souffrance des Dieux ; de la joie des dëv et de la souffrance des 
Dieux viennent triomphe des dëv, déclin ( x nisëpisn) et révolu- 
tion (âsuftan) de l'époque, misère et destruction (vizand) du 
monde. 

Selon la révélation de la Bonne Dën, Yim suivant l'indication 
( nïmëz) et l'ordre du Créateur se tenait sur l'assemblée et avait réuni 
les créatures dans la loi mesurée, issue de la bonté et de l'innocence 
( x aSRYih) du caractère d'Ohrmazd. Les dëv, dans leur action 
hostile, voulurent (mener) les hommes à la plus terrible fausseté 
(ànâstâk) en trompant les « pauvres « (drigns) sur l'action créatrice 
originant toute bonté comme ayant le mal pour effet, et ainsi ayant 
perverti leur (sân) caractère, de cette perversion du caractère naî- 
traient parmi eux excès et défaut; la loi de mesure serait renversée, 
et Yim serait incapable d'établir parmi les hommes l'immortalité 
des créatures par la loi de mesure. Mais Yim, pour libérer les 
hommes de leur tromperie, convoqua hommes et dëv en assemblée. 
Il interrogea les dëv : « Qui a créé ce monde ? Qui le détruira ? » 
Les dêv proférèrent leur réponse : « C'est nous qui l'avons créé, nous 
qui le détruirons, nous qui sommes les dëv. » Yim leur répondit : 
« Je n'en crois rien, et vous êtes des dëv stupides ( dusdânàk dëv-ët) ; 



240 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKAET 



pourquoi auriez-vous créé le monde, vous qui le détruisez ? » On 
ne saurait porter ensemble ces deux jugements : la création et 
la destruction ne proviennent pas du même principe. Par cette 
parole divine (yazaiik) il renversa la tromperie des dêv, établit 
l'immortalité des créatures. 

Cette loi de mesure, principe de Justice, parole divine, venant 
de ( x kac) Yim, fut le caractère des successeurs, gouverna les 
souverains et les bons rois, repoussa des créatures l'adversité, 
ordonna, disposa et para le kisvar de la loi de mesure. C'est là 
le principe divin de la qualité iranienne (êrïh), le compendium 
de la Justice, la base de la Dën Mazdienne. En tant que la plus 
haute justice et le suprême acte méritoire « récité » dans la Dën, 
elle descendit par succession de Zartust à la vénérable Fravahr, 
aux Anciens Sages, et ceux-ci établirent par elle la Dën Mazdéenne 
dans les époques, gouvernèrent la royauté dans de justes frontières, 
organisèrent le monde, accroissant les créatures par le bonheur 
jusqu'à rejoindre le Triomphateur valeureux ( Sûtmand i Përôzgar), 
grand instrument de la Fraskart. C'est là la révélation de la Bonne 
Dën. 

Les dëv originels versèrent cette disposition trompeuse à Dahâk, 
le réducteur des créatures qui était de la race des Arabes (Tâj) ; 
le caractère de Dahâk: en fut corrompu, il se mit à agir, et *répandit 
( ?) la tyrannie et l'hérésie à base d'excès et de défaut par quoi 
il corrompit le caractère des hommes, fit gémir le monde, mourir 
les créatures, fabriqua la Oraytà, livre fondamental du judaïsme, 
édifia Jérusalem où il la tient. <De> Dahak, elle vint d'abord à 
Abraham, dastur des Juifs, et d'Abraham à Moïse descendant du 
peuple ( x ram patvand?) que les Juifs tiennent pour prophète 
et celui qui a apporté la doctrine (kës). Il porta le bien-être (âsàn) 
aux disciples (*haïâhirt) de Moïse, propagea la doctrine du juda- 
ïsme. Après quoi, Dahâk prendra soin de ( dôsît) cette tromperie 
dëvique pour la ruine des créatures, cette parole originelle, pilier 
du judaïsme ( x yahùtakîh) au cours des temps (om.), et surtout 
au déclin (nisëb) de la Dën Mazdéenne et de l'Erân, par des 
flambées renforçant l'hérésie ( x cërenîk brâhïhà) qui se trouveront 
deux ou trois fois dans le monde : par là les dëv seront fortifiés 
et le caractère des hommes sera corrompu, le monde sali et dévasté, 
les créatures pour la plupart (*frahist) réduites à la misère; les bons 
subiront renversement, angoisse, difficulté, les méchants connaî- 
tront élévation, expansion et domination. Tout le temps que ce 
principe de l'opposition aux créatures aura ses racines dans la 
terre, il en poussera le malheur et la misère des créatures. Selon la 
volonté et le commandement du Créateur, et par la force de la Dên 
Mazdéenne quand elle aura crû jusqu'au faîte, les racines seront 



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CHAPITRES 227 A 229 



extirpées de la terre, l'opposition ( x pityârakih) du monde chassée 
du pays ( x sakr) > et les créatures en seront purifiées et débarrassées 
( x pàkënïi) . C'est la révélation de la Dën Mazdéenne. 



228 S UR l'homme bénéfique qui dilate le monde et sur le mar 
nocif (tangkar) qui le rétrécit. (B. add. 21; M. 254.) 

L'homme bénéfique qui dilate le monde, c'est celui dont l'âsn- 
xrat est bon, qui est énergique dans l'exécution de son devoir, 
et de bonne religion. Et cela parce qu'il accroît le monde, au gëtï 
par l'accomplissement énergique de son devoir, et sa Dën, au 
' menôg, en donnant sa force aux yazat. Et le nocif, qui rétrécit 
le monde, c'est le mar, à la concupiscence enflammée (afrôz), 
qui sans cesse fait irruption sans faire son devoir et qui est d'une 
mauvaise religion. Et cela parce qu'il diminue le monde, au gëtï 
par ses continuelles irruptions sans faire son devoir, et sa dên, 
au mënôg en donnant sa force aux dëv. 



229 ^ UR l'épreuve, celui qui a besoin d'épreuve et celui qui 
n'en a pas besoin, l'épreuve et la fin de l'épreuve. (B. 
Sup. 22; M. 255.) 

L'épreuve (uzmâyisn) se fait sur quelque chose qui est caché 
à la connaissance, grâce à des signes et indices qui, selon ]es actes 
et les temps parviennent à la connaissance de celui qui fait l'épreuve 
(uzmûtkàr) . A besoin d'épreuve celui qui n'est pas omniscient 
(visp x âkâs). N'a pas besoin (*anyâz) d'épreuve celui qui est 
omniscient, le seul Créateur. L'éprouvé, c'est ce dont la certi- 
tude ( ëvar) d'être tel ou de ne l'être pas est parvenue à la con- 
naissance de l'expérimentateur (uzmûtàr). La fin de l'épreuve, 
c'est quand quelqu'un a éprouvé 3 fois une chose. Ainsi un même 
médecin, la première fois qu'il a guéri 3 personnes de leur maladie 



242 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



en leur administrant son remède, est jugé bon médecin et on 
ïe laisse (agir) ; eî la première fois qu'il fait mourir 3 personnes 
en administrant son remède, il est jugé faux médecin et on "em- 
pêche (vizût). Toutes les autres affaires du monde sont ainsi 
éprouvées comme il a été écrit au sujet de la médecine. Parmi les 
plus générales, les plus évidentes sont la royauté et la dën, éprou- 
vées dans 3 races par 3 fois ( x javâr). 

La fin de l'épreuve : celle du bon consiste en ce que l'on a con- 
fiance en lui, (astuvânih) qu'on s'appuie sur lui (apar astisnïh) et 
qu'on ne s'en écarte pas (hacis avartisnïk) d'une façon générale ; 
celle du mauvais, en ce que, manifestement, il sera abandonné des 
créatures du monde à cause de sa massive corruption et destruction. 

Le changement de la bonne royauté se fit dans la xace de Yim, 
après Frïton en premier avec la lignée de Manuscihr, en second 
lieu avec les Kayanides, en troisième lieu avec les Huâfrïtân qu'on 
appelle aussi les Kayanides Sassanides (om,). A la venue de chaque 
changement, comme sous Yim, il y aura accroissement de la loi 
de Mesure, bonheur du monde, en quoi se résume la bonne royauté 
noble. Quand la royauté touchera à la fin de l'épreuve, les hommes 
se resouviendront de (leur race), se réuniront de nouveau à cette 
même race et s'uniront à la Fraskart. C'est révélé. 

Sous la mauvaise royauté des gens de la race de Dahâk, au neu- 
vième et dixième siècles lors des changements touchant aux 3 races, 
selon le désordre ( x asacâk) de Dahâk, il y aura excès et défaut, 
non-loi, destruction, misère, dévastation ( x avëranth) du monde 
en quoi se résume la mauvaise royauté. Quand la mauvaise royauté 
touchera à la fin de l'épreuve, les hommes s'en souviendront, 
et disparaîtront dissolution (vitâcisn), réduction (nirfsisn) et cor- 
ruption. C'est révélé. 

La Bonne Dën, à laquelle participe la loi (dût bahrâvar?), se 
répandit dès la création originelle dans la race des hommes de 
Gayomart, et par elle, Hôsang établit royauté et souveraineté 
( x dëkpatih) et Yim fit aux créatures don de l'immortalité. Après 
quoi, dans la race de Yim les rois jusqu'à Zartust maintinrent la 
souveraineté en Iran. Pleinement accueillie et propagée, une 
première fois grâce à Zartust, la figure (kâlpuî) des dêv fut brisée. 
Rétablie, une seconde fois, grâce à Osëtar fils de Zartust, la figure 
des quadrupèdes (dëviques) sera brisée. Rétablie, une troisième 
fois, par Osëtarmâh sera brisée la figure des drûj de la race des 
serpents. Rétablie une quatrième fois par Sôsâns fils de Zartust, 
sera brisée la figure des druj de la race des bipèdes. A chaque fois, 
la loi de Mesure du monde en sera accrue et croîtra de nouveau, 
les créatures en seront protégées et sauvées. A la fin des 3 épreuves, 
viendra l'achèvement; elle se répandra dans le monde entier, tous 



CHAPITRES 229 a 230 



243 



les hommes la confesseront et s'y tiendront, et, par la volonté 
et le commandement du Créateur, surviendront la Fraskart et 
le Corps Eschatologique. 

Quant à la mauvaise dën et à la non-loi, elle sera déversée par 
p- 193 les dêv trompeurs. / D'abord Dahâk, qui réduit la création, fit 
choix (? dôsït), et fabriqua la Oraytâ, l'écrit fondamental du 
judaïsme, troubla et fit mourir le monde par excès, le défaut 
.3 et la non-loi. De Dahâk elle vient à Abraham, / dastur des Juifs ; 
et de lui elle se mua ( x vihërist ?) en premier, deuxième et troisième 
judaïsme. A chaque fois les Iraniens, le monde, les hommes en 
furent grandement secoués et meurtris ( candënit) par toutes sortes 
d'excès, défauts et non-loi. A la fin de 3 épreuves, elle sera brisée, 
6 le monde voudra / en être purifié et les créatures sauvées. C'est 
révélé. 

Les autres choses générales doivent être éprouvées 3 fois : ce qui 
est bon est établi plus sûrement, ce qui est mauvais est brisé et 
démoli, ainsi que ceia a été montré pour la royauté et la dën, 
bonnes et mauvaises (ku dus). 



230 / SUS LA RAISON POUR LAQUELLE LE FIDÈLE MAZDÉEN (dën 

burtâr) porte LE NOM de la dën. (B. 193 ; M. 257.) 

De même qu'il est raisonnable de dénommer la « récitation » 
(ôsmurîsn) de la Dën Mazdéenne d'après ce qui est /l'essence 
(xvatïh) de la Dën Mazdéenne, dans la Dën Mazdéenne, comme il 
est raisonnable de nommer toute forme (dësak) d'après le nom 
du forme qui est en elle, ainsi le « porteur de la Dën «, du fait 
qu'il porte la récitation de la Dën, il est raisonnable de le dénom- 
mer mazdéen (dën mazdësn). 



244 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



231 Qu'il' EST RAISONNABLE QUE L'AME g' ACQUIÈRE RECONNAIS- 
SANCE EN ÉVITANT LE PÉCHÉ A SA PERSONNE (tan) ET EN ACCOM- 
PLISSANT LES ACTES MÉRITOIRES, ET QUE LUI SOIT IMPUTÉ EN 

péché (bûn dâstan) le fait de s'en détourner (apâc vastïh). 
(B. 193 ; M. 258.) 

Le corps est donné à l'âme pour instrument / comme le cheval 
au cavalier en monture (bârak). L'âme, en commandant au corps 
de s'abstenir du péché et d'accomplir <des actions méritoires>, 
du fait que c'est le Seigneur et Créateur qui lui a donné le corps 
pour instrument, est digne de récompense. Et quand, par goût 
de ses aises (âsânih), paresse, négligence (vistârîh) et relâchement, 
elle s'abandonne / en ne s' abstenant pas du péché et en n'accomplis- 
sant pas des actes méritoires, elle est digne du châtiment. Et cela 
est raisonnable, tout comme celui qui a pour fonction d'exercer 
(frahanjënïtan) la monture du roi s'acquiert reconnaissance / en 
l'exerçant bien à la marche, et quand il ne l'exerce pas bien, le roi 
lui en impute la faute. 



232 Sur celui qui a la meilleure caractéristique entre les 
hommes, et sur celui qui a la pire. (b. 194 ; m. 258.) 

/ Entre les hommes, celui qui présente le meilleur signe pour 
ce qui est de la venue du xvarrah et de sa protection contre la 
x dusfargîh, c'est celui qui est le plus zélé (tuxsâktar) à faire son 
devoir ; en sorte que, comme les Dieux seraient zélés au maxi- 
mum à faire leur devoir, ainsi, parmi les hommes, le plus zélé 
à faire son devoir est celui qui, par son appartenance (xvësihj, 
son union aux Dieux / dans l'être et dans l'agir (hamcëgônïh ut 
hamkàrih), est le plus proche des Dieux. Par le fait qu'ils le jugent 
digne (pat.c arzànikïh hac.sân) dans son action de grâces, et par 
l'activation (kârikënitan) de celui-là dont la puissance qui lui 
est venue provient des Dieux, il a plus d'espérance en ce que le 
xvarrah lui sera acquis et qu'il sera gardé de la dusfargïh. / Dans 
la Bonne Dën, des paroles d'Ohrmazd il est révélé : à celui qui est 
zélé est imparti le xvarrah, et en est le plus éloigné celui qui est 
le plus proche de la dusfargïh, Dahàk. Celui qui est le plus pa- 
resseux à faire son devoir, il est séparé (brit) de l'union aux Dieux 
dans l'action et de l'action de grâces, /il n'est pas activé par 



chapitres 231 a 234 



245 



eux et la puissance ne lui vient pas ( x ne). Dans la Bonne Dën, 
des paroles d'Ohrmazd il est révélé : à celui qui est paresseux 
(à cause des) banquets (bazm asgëhàn) est impartie de la dus- 
fargïh ; et encore : pour ceux qui ne travaillent pas ( axvâstàr) 
1S et qui sont paresseux (om. në), / leur blé n'est pas créé. 



13 233 ^ UR l'admission ou la non-admission du dire et du rap- 
port DES RELIGIONS AU SUJET DE QUELQUE CHOSE DE CACHÉ 
ET DE NON MANIFESTE A LA CONNAISSANCE. (B. 194 J M. 259.) 

p- 195 Chez les hommes, le juge c'est la sagesse (xrat).j Comme un 
juge humain pour porter un jugement sur quelque chose qui lui 
est caché, éprouve (vicort) et certifie (vâvarënït) son témoin, et 

3 en cette épreuve choisit celui dont la science et la véracité / sont 
patentes, ainsi, la sagesse en tant que juge, admet qu'une chose 
qui lui est cachée soit telle ou non-telle ( ètônih evap anëtônïh) 
d'après l'information d'une dën qui lui apparaît comme véridique 
tout à la fois (har) en matière de science (dânâkih) et autrement 

6 (yudt kaciï) de connaissable (dànisnïk). Et une dën / qui est pauvre 
en savoir (dânisn) et où il arrive que des mensonges soient patents, 
( x hast-i pat grôvih paytâk) lorsqu'elle dit quelque chose qui 
caché au savoir de la sagesse, la sagesse en tant que juge ne l'ad- 
mettra pas plus comme certifié qu'un juge humain n'admettra 
le témoignage d'un menteur (druj) ignorant ( x dusâkàs) au sujet 
de ce qui est caché au juge. 



234 SUR LE FAIRE ET LE NON -FAIRE, (B. 195 ; M. 260.) 

Le faire est acte vertueux; le non-faire (akunisn) est péché. 
Il y a deux espèces d'actes vertueux. Les uns/ sont vertueux de 
soi (pat xvatik) : ainsi accorder satisfaction (snàyënîtan) aux 
hommes de bien. Les autres sont vertueux en raison de l'indul- 
gence avec laquelle ils sont posés ( masdâtistànïh ràd) : ainsi accorder 
satisfaction aux méchants du fait de l'indulgence des hommes de 
bien. 



246 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



Il y a deux espèces de péchés. Les uns sont péchés de soi : / ainsi 
outrager les honirr.es de bien. Les autres sont péchés en raison du 
manque de justice ( adàtistânih) : ainsi outrager ies méchants, 
quand par le x manque de justice des bons, les bons se déclarent 
satisfaits (snàyisnômand) . 



235 S UR LE PARFUM / ET LA PUANTEUR DU CORPS (INTERNE ET 

externe) et de l'ame. (B. 195 ; M. 260.) 

Le parfum interne et propre du corps provient de la nature 
(cihr) et sa puanteur provient de la convoitise (àz). Le parfum 
externe qui parvient jusqu'au plus intérieur du corps du fait de 
la nourriture vient de ce qu'on a mangé avec mesure du pain et 
de la viande et qu'on a bu du vin selon qu'il est légitime (dàtîk). 
La puanteur vient de ce qu'on a mâché (jûyisn) charogne et ordure. 
Le parfum externe vient de l'exhalaison (bôdisn) des plantes / les 
plus embaumées; et la puanteur (externe) vient de ce que l'on 
s'est contaminé (apar gumëcakîh) avec charogne et ordure, par quoi 
on s'est fortement souillé. 

Le parfum de l'âme (jân) provient de l'habitation en elle de 
Vohuman, principe des parfums. Sa puanteur provient de l'inva- 
sion d'Akoman /, lui qui parle en mangeant (en avestique :) « soit 
dans la maîtrise d'Asa, soit en s'y associant ». (Y. 35, 8.) 



236 SuR LES PLUS HAUTS ET LES PLUS BAS DES SOUVERAINS (B 196 ' 

M. 260.) 

/(Nous savons) par l'enseignement de la Bonne Den que l'émi- 
nence des souverains se mesure principalement à leur clémence 
(huaparïh) et à leur bonne domination (kumândistakïk) du monde, 
et leur bassesse à leur inclémence et mauvaise domination du monde. 
La clémence consiste en ceci : par la supériorité ( aparih ) (sur) / les 
habitants (gëhànïkân) du monde de ce souverain, protéger les 
femmes, et bien gouverner. La bonne domination consiste en ceci : 



CHAPITRES 234 A 237 



247 



par la domination (sur) les habitants de ce monde de ce souverain, 
avantager et rendre heureux les compagnons ( vâlôn) en répandant 

? 3 sur eux la justice /. 

L'inclémence (dusaparïh) consiste en ceci : par la supériorité 
sur les habitants de ce monde du souverain, ne pas protéger les 
femmes et gouverner d'une façon terrible (skiftak). Et la mauvaise 
domination ( dusmândiïiakik) consiste en ceci : par la domination 

15 sur les habitants du monde de ce souverain, / désavantager et 
outrager les compagnons par l'injustice. 



237 $ VR LA DETTE DE L'HOMME EN RAISON DU SALUT DU CRÉATEUR. 

(B. 196 ; M. 261.) 

De même qu'un noble (âzâtak) considère (hangârt) la « satis- 

18 faction » que / lui a rendue quelqu'un comme son dû (âpâm), 
mesure ce qui doit être en retour, et même quand on a beaucoup 
donné en retour, considère (dâst) toujours le produit (bar) de ce 
don que celui qui lui a rendu satisfaction comme (son) capital, 
qu'il a fait lui-même travailler, ainsi, le Créateur qui est le 

21 plus noble, et pur et bon, le vouloir et l'agir de celui dont c'est le 
don parfait, ce service (paristisn) , cette satisfaction et cette oblation 
(xvatdâsn) des hommes, alors même que par la puissance qui leur 
a été ainsi donnée, il leur est possible d'agir — à cause de l'insufS- 

*>■ 157 sance / (nyâzakih) de ce don en retour qui a été fait, il les considère 
comme son dû et mesure qu'il n'y a pas don en retour (apâtdâsn) 
et, ce don en retour étant fait, il tient l'activité de ces hommes 
comme le produit de (son) don qu'il a fait travailler lui-même. 

3 C'est ce que disent bien des gens ( and cand) : / ceci est certain, 
c'est qu'il n'y a pas une d'entre les créatures qui à elle-seule 
(ëvîak) soit prompte (takïk) à n'importe quelle action. 



248 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



238 SuR LES FRONTIÈRES DE L'APPARTENANCE A LA BONNE DÊN 
OU A LA MAUVAISE DËN ; SUR LE MaZDÉEN INFÉRIEUR, MOYEN 
ET SUPÉRIEUR ET SUR LE POIDS DE CHACUN. (B. 197 ; M. 262.) 

/ Les frontières (sâmân) de l'appartenance à la Bonne Dên pour 
l'homme (sont définies par) l'intention de la volonté et de l'axv 
vers la Bonne Dën elle-même (xvatîh); et son poids (sang) est 
pensée lumineuse sur le chemin des deux existences. Les frontières 
de l'appartenance à la mauvaise dën pour l'homme (sont définies 
par,) une intention de non-volonté à l'égard de la Bonne Dën 
elle-même ou de ce qui lui ressemble ; / son poids est pensée 
(mënisn) obscure et chemin sans sagesse (axrat) provenant de 
l'axv. Les frontières de l'appartenance à la mauvaise dên (sont 
définies par) une intention d'anéantir la Dën (anahast mênïtârïk) ; 
son poids est fermeture du chemin qui mène de l'axv à la pensée, 
rupture de la voie (pand) qui vient de l'axv. 

Le mazdéen inférieur est celui qui par sa volonté et son axv 
est le dernier à <penser>,/ computer et opérer la Bonne Dên ; 
son poids est « Juste inférieur ». Le mazdéen moyen est celui qui 
pense, compute et opère la Bonne Dën de façon moyenne ; son 
poids est : « Juste moyen ». Le mazdéen supérieur est celui qui, 
par sa volonté et son axv, pense, compute et / opère la Bonne Dën 
de façon supérieure ; son poids est « Juste supérieur ». 



239 a ) SuR L'EXISTENCE DE L'ANTAGONISTE DE LA CRÉATURE ET SUR 
SON ANTÉRIORITÉ PAR RAPPORT A LA CRÉATURE. (B 197 * 

M. 262.) 

Skand Gumânîk Vicâr ch. IX 

[(1)_ L'existence de l'antagoniste, il est bon de l'établir ici à 
votre intention dans les termes mêmes du livre du Dënkart ; (2) car 
ce qui a été écrit plus haut et ce qui va être écrit, tout cela est poussé 
à partir de la graine plantée par le très-saint Aturpât i Yâ"vandân(3) 
et l'élaboration première en revient au très-sage Aturfarnbag i 
Farruxzâtân (4). Quatrième sujet, emprunté au Dënkart : Sur 
l'existence de l'Antagoniste de la créature et sur son antériorité 
par rapport à la créature :] 



CHAPITRES 237 a 239 



249 



(5) L'existence de l'antagoniste de la créature depuis le plus 
intime de l'homme jusqu'au plus extérieur ( x bëtom) est certaine 
à sa vue, à son toucher, à sa science et à sa saisie (âyàpisn) (6) et 
au delà dans les limites de l'analogie (kumânàkih) . (7) Le plus intime 
de l'homme, qui est le plus intime de l'âme (jân) (8) est saisi par 
une parfaite perception qui a la même extension (que son objet). 
(9) L'Ignorance s'oppose à la vraie sagesse (10), la tromperie à la 
droiture du caractère, (11) le mensonge à la véracité, (12) et autres 
vices qui s'opposant aux germes mêmes de la vraie sagesse, de la 
droiture du caractère et de la véracité, (13) sont cause de la dru- 
vandîh de l'âme. 

(14) En outre, compris dans le corps, sont les non-éléments 
(apë-Tastakàn) adversaires des éléments qui font son équilibre, 
qui sont la cause de sa ruine. (15) Et parmi les éléments (zakakân), 
le froid est l'adversaire du chaud, le sec de l'humide et les autres 
agents de corruption le sont des agents de génération (bavisnkâràn) . 
(16) Dans le monde (avàm), l'obscurité est l'adversaire de la lumière, 
la puanteur du parfum, la laideur de la beauté, la mauvaise saveur 
de la bonne saveur, le poison de l'élixir (anôs), les monstres et les 
loups du bétail au bon rendement (hudâk), le Mar pervers 
à l'homme de bien. (17) Au delà du monde, les Gadôkân contre- 
carrent l'opération des Bagân qui dispensent (le sort). 

(18) Et au delà de cette légion (gund) de choses que l'on peut voir, 
toucher, savoir et saisir et dans les limites de l'analogie, il est de 
connaissance universelle et certaine que les dëv sont les adversaires 
des Dieux. 

(19) L'existence de l'adversaire est antérieure à la création, 
tandis que sa venue aux créatures (20) est postérieure à leur créa- 
tion ; en sorte que la science du Créateur, ayant pour motif une 
création utile (*apâyisnïk) a créé les créatures pour leur opération 
en les munissant de moyens. (21) Cette unique thèse comporte 
cinq propositions. (22) A. C'est un connaissant qui a créé. (23) B. 
Sa création a été motivée. (24) C. Le motif de sa créature est l'uti- 
lité de sa créature. (25) D. La créature a été créée pourvue de 
moyens (cârïk). (26) E. Le Créateur a créé ses créatures pour leur 
opération. (27) Ces cinq propositions se vérifient au sujet des 
créatures et productions elles-mêmes. (28) Que l'être créé soit 
l'œuvre d'un connaissant est attesté par l'ordonnance savante des 
créatures. (29) Que l'acte de création ait été motivé découle du fait 
de cette même connaissance (30). Ce motif a été l'utilité de la 
création (31) car une ordonnance si habile (nëzumânïhâ) de la 
création doit découler de l'utilité de la création, (32) et que cette 
utilité ait été le motif de la création, c'est ce qu'atteste le fait qu'elle 



250 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



est douée d'une nature. (33) Que la créature ait été créée pourvue 
de moyens tient aussi à ce qu'elle a été l'œuvre d'un connaissant, 
(34) car !a connaissance implique le volontaire, et le volontaire 
implique le naturel. (35) Que les créatures aient été créées pour 
leur opération est démontré par le fait qu'elles ont chacune sa 
fonction, par mode de nature ou par mode de volonté. 

(36) Quant à l'antériorité de l'existence de l'adversaire par 
rapport à la création des créatures, il y a bien des manières de la 
démontrer, (37) entre autres à partir de l'utilité de la création. 
(38) En effet, la notion d'utilité ne s'applique à quelque chose 
qu'en raison d'un manque : (39) on conclut donc de l'utilité au 
manque, du manque à une oppression (ôstàp), de l'oppression à 
l'existence de l'adversaire antérieure à l'acte utile, à savoir la 
création. 

(40) Que l'Assaut atteigne les créatures après leur création est 
démontré par le fait que le Créateur leur a fait des organes pour 
résister à l'adversaire avant la venue de celui-ci (41) conformément 
à l'omniscience et à la prescience du Créateur. (42) Chaque organe 
des créatures montre qu'elles sont constituées par une disposition 
de nature pour lutter contre l'adversaire. (43) C'est conformément 
à la nature que l'opération des créatures expulse la souffrance 
(bês) (44) et que leur ordonnance ressemble à une bataille organisée 
contre un adversaire ennemi (45); et leur opération, tant volontaire 
que naturelle, repousse toute pression. 



239 b) S UR LA DEMANDE EN VUE D'UNE FAVEUR ET SUR LE MODE DE 

(faveurs) demandées. (B. 197 ; M. 262.) 

/ La faveur (y an) se demande aux dieux et le mode (Sun) du 
demandé (xvâstak) est selon la manière d'agir volontaire (kâm 
varzïtârïh), de pur amour et de don de soi (? tan dâSnik) propre 
aux dieux. C'est ainsi que Zartust le Spitamide à la vénérable 
fravahr demanda aux dieux une faveur. La volonté des dieux est 
toute bienfaisante (hamâk kirpak), et leur /réponse (patvâzisn) 
fut la faveur de la sagesse (ocrât) vohumanienne. La Bonne Dën 
approuvant la Mesure (patmânihâ V. D. pasand), ce quî est bon 
chez l'impétrant de la faveur (yàn xvâstâr) comme les dieux répon- 
dirent (par) la faveur accordée à Zartust. / On en a la manifestation 



chapitres 239 a 240 



251 



dans le gêtî dans le dastur de la Bonne Den et le souverain qui 
distribue avec son caractère divin (yazadân xêmïk) l'éclat (ray) 
et le xvarrah à ceux qui agissent < volontairement > en accord 

s ( ëvkânak), et dont la volonté prépare en germe la Fraskart. / 

Ceux qui (demandent une faveur) aux dëv par l'opération volon- 
taire des dëv, en adorateurs des dëv (dëvyazakïhâ) sont des Mar 
réprouvés (dusfarg). C'est ainsi que demanda Dahak le Mar 
qui diminue la création. La volonté des dëv est toute péché (bacak). 
Et leur réponse fut la faveur de la concupiscence (varan) akôma- 

6 nienne qui répand (rëzisnïk) \ ce qui pour l'impétrant de la faveur 
est la pire des fins (vat frazâmihâtar) . Comme fut répondu à 
Dahâk, lui qui à la fin, fut dans l'état le pire. On en a la mani- 
festation dans le gëtî dans le dastur de la mauvaise dën, le tyran 
qui, avec son caractère de druj, distribue mensongèrement ce que 

9 l'on appelle prospérité (âpâtihnâm) j à ceux qui agissent volon- 
tairement en accord (avec eux) et qui cherchent à retenir ( apàc 
âpurtârïk) la fin qui doit être (hast frazâmîh). 

Les docteurs qui disent que Dieu retient la prospérité et qu'il 
n'y a pas de fin, attribuent à Dieu la marque de la dêvité et de la 

12 tyrannie druvand et lui dénient la divinité / et la bonne royauté. 



240 Sur l'estimation des hommes. (B. 198 ; M. 263.) 

Les hommes sont vus selon deux estimations (sand?) : ils sont 
15 soit de sagesse puissante, / soit de sagesse faible. Celui qui est puis- 
sant en sagesse se réfère à la sagesse pour toute chose ; c'est la 
sagesse qui est son dastur, c'est avec sagesse qu'il examine, et sa 
vision devient saine. Celui qui est faible en sagesse se réfère à ses 
yeux (om.) ; c'est son œil qui est son dastur, et c'est à cause du 
u dasturat de l'œil que, lorsque c'est le /printemps il voit la 

lune comme une lune à double et la tient pour telle. Celui 

qui se réfère à ses oreilles est celui qui est si démuni de connais- 
sance qu'il ne juge pas le parfum ( x bôd) et la puanteur selon son 
odorat ( x kubôdisn) , ni le doux et l'amer selon son goût, mais 
d'après (hac) l'audition erronnée de ceux qui s'égarent en prenant 
le parfum pour de la puanteur et la puanteur pour du parfum, 
le doux pour de l'amer et l'amer pour le doux — et qui affirment 
*■ 199 qu'il en est ainsi. Ce sont bien des /choses semblables que font les 



252 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÈNKART 



docteurs, d'uae foi sans discernement, lorsqu'ils disent que l'igno- 
rance, îa non-ioi et les autres maux proviennent visiblement 
(vênafdâk) de la sagesse (dânâkîh), que la non-loi et la bonté 
ont le même principe qui est de Dieu, plus sage que tous et conte- 
nant toute bonté. 



241 Sur la louange et l'adoration du Créateur. (B. 199 ; 
M. 264.) 

La louange et l'adoration conviennent au Créateur /, tantôt en 
propre et sans convenir aux créatures : ainsi louer le Créateur en 
tant que mënôg des mënôg, omniscient, tout-puissant, panto- 
crator ( visp xvatâyih) et, selon tout ce qui lui convient analogi- 
quement (angôsïtakïhâ), en louange première dans l'hommage 
( nyàyisn) et en eulogie (snumanïk) préalable dans le culte. / Tantôt 
elles conviennent au Créateur et aux créatures : ainsi louer en raison 
de la sagesse, de la justice et de la générosité, en tant que posées 
(nïhât) en plénitude chez le Créateur et en participation (bahrïk) 
chez les créatures, en louange seconde dans l'hommage et en eulogie 
seconde dans le culte du Créateur lui-même ;/ l'éclat (spëzisn) 
du Créateur témoigne (gukây) de ces vertus, de cette bienfaisance 
(kirpàkgarïh) et de cette puissance à l'égard des créatures. Tantôt 
il s'agit de ce qui est propre aux créatures en fait de louange 
hommage et culte venant en second (hac pasîh) de la louange, de 
l'hommage et du culte du Créateur. Tantôt cela ne s'adresse ni 
au Créateur / ni aux créatures, mais c'est au mépris du Créateur 
et pour nuire à la créature : ainsi parler de l'inexistence ( anahastîh) 
du Créateur, dire de la créature qu'elle est son propre principe 
(xvës bunïh) et rendre un culte au dëv sous le nom de Dieu. 

Les docteurs dont la doctrine est que les créatures ne doivent 
pas se rendre hommage ou culte / entre elles, professent une 
doctrine contradictoire en tant qu'elle dit aussi que Dieu, lors de 
la création primordiale (bun dahisn), fit savoir aux anges (fris- 
takân) qu'ils devaient adorer ( namàz barend) l'homme ; ce qui ne 
comportait pas une si lourde ruine et faute, la transformation des 
anges en Ahriman, dëv et druj, et le bouleversement du monde ; mais 
parla liberté (àzàtîh) que Dieu a donnée (om. pat. c) à l'homme 
antérieurement au monde et à la création / est manifestée son 



chapitres 239 a 243 253 

essence, la puissance de connaissance par laquelle les hommes font 
hommage et adoration à Dieu. On voit par là le pré-hommage 
3 (pësnyàyisnïh) <accordé> par Dieu /aux hommes par la pré- 
création de cette liberté. 



242 Sur le sage, le très-sage et le plus sage d'entre les hommes 
(B. 200 ; M. 265.) 

6 I Parmi les hommes, le sage est celui qui ne laisse pas accéder 

à la parole (om. rép,) et à l'action le péché qui lui est venu à la 
pensée. Le très-sage (dânâktar) est celui qui ne laisse pas accéder 
à la pensée le péché qui lui est venu au désir. Le plus sage est 

9 celui qui ne laisse même pas le péché accéder au désir / et en prend 
les moyens (car gïrët). 



243 Sur l'humanité, la dëvité et la dëvo-humanité chez 
les êtres visibles du gëtï. (b. 200 ; m. 265.) 

/ Discours d'un sage souverain inspiré de l'enseignement de la 
Bonne Dën. 

Ces 3 espèces sont ce qu'il y a de plus puissant ( vës nërôkïhtar) 
parmi les êtres gëtï (gêtï stiyàn) pour démontrer les formes 
(dësakân) de chacun des hommes. L'humanité est dans l'homme 
qui a en lui ces 6 vertus/ : la sagesse (xrat), le caractère (xëm), 
la pudeur (sarm), la loyauté (mihr), la reconnaissance (spâs) et 
l'espérance (ômët). Celui qui a en lui ces 6 vertus à un degré émi- 
nent (akreyihâ), est, en raison de cette grande humanité, un homme 
supérieur. Celui qui les a moyennement est un homme moyen, et 
celui qui les a au plus bas est un homme inférieur. / La forme 
d'homme qui n'a en lui aucune de ces 6 vertus, l'humanité étant 
vidée, est un non-homme (amartom). 

Quand il a en lui les vices qui sont contraires à ces mêmes vertus, 
à savoir : la concupiscence contraire à la sagesse, la fourberie 



254 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



(frëftarîh) contraire au caractère, la grossièreté (sturgih) contraire 
à la pudeur, la déloyauté ( druxiârïk) contraire à la loyauté, l'accumu- 
lation de puissance ( ? nërôk hanbârik) contraire à la reconnaissance, 
le désespoir (brît-ômêtîh) contraire à l'espérance — l'homme, 
par le fait de la d évité, est un dêv. 

Quand il est mêlé de vertu et de vice, / par cette dëvo- humanité, 
il est homme-dëv. 

Et quand il y a pure malice ( x dusih ?) de l'homme dans le monde, 
par cette dëvité qui l'accompagne (ham dëvïh), tel homme est 
compagnon des dêv. 

Louer l'abondance de vertus et / les développer (frâcënïtan), 
décrier { x nikôhïtan) l'abondance de vices et les restreindre, et de 
telle façon que l'on ne considère pas l'homme qui a un peu de vertu 
comme si sa vertu était très développée, ni l'homme qui a un peu 
de vice comme s'il n'était pas... : c'est là le précepte de la Bonne 
Dën. 



244 /Sur la manière dont le monde est guéri de la maladie. 
(B. 201 ; M. 266.) 

/ La manière de guérir le monde de ses maladies est de conjoindre 
de toute sa force aux maladies du monde entier le remède qui est 
la justice (dâtïk). Les petits de ce monde sont conjoints (patvastak) 
/ avec les grands de ce monde, la grandeur l'est avec la Bonté, 
la Bonté l'est avec la sagesse (dànâkîh), et la sagesse même est la 
justice qui est le remède aux maladies du monde. La justice étant 
de toute sa force conjointe au monde entier /, le monde est guéri 
de ses maladies. 



245 Sur celui qui est bon et celui qui est mauvais. (B. 201; 
M. 267.) 

/ Selon le discours des Anciens Sages instruits par la Bonne Dën 
est heureux celui qui est toujours heureux (nëvak), sain de corps, 
maître de soi, pas déprimé à cause de sa pitance quotidienne 
(pihn i ëvrôcïk), en paix avec sa maisonnée (mânïkân), et qui a 



chapitres 243 a 246 



255 



/ fait grandir son xvarrah. Est toujours heureux celui qui est tou- 
jours dans la joie. Est sain de corps celui qui est sain d'âme. Est 
maître de soi celui qui a chassé la druj de soi. N'est pas déprime 
à cause de sa pitance quotidienne celui qui est satisfait de ce qui 
lui arrive. Est en paix avec sa maisonnée celui qui a bien maintenu 
le feu, l'eau, les bêtes et les hommes qui sont sous son / autorité 
(sardàrih). Fait grandir son xvarrah celui qui fait son devoir. 

Est misérable (ânâk) celui qui est toujours misérable, malade 
de corps, pas maître de soi, / déprimé à cause de sa pitance quoti- 
dienne, en discorde avec sa maisonnée, et qui a déprimé son 
xvarrah. Est toujours misérable celui qui est dans le tourment 
(pazm). Est malade de corps celui qui est malade de l'âme. N'est 
pas maître de soi / celui dans la personne de qui la druj est violente. 
Est déprimé à cause de sa pitance quotidienne celui qui n'est pas 
satisfait de ce qui lui arrive. Est en discorde avec sa maisonnée celui 
qui a mal tenu le feu, l'eau, les bêtes et les hommes qui sont sous 
son autorité. / Déprime son xvarrah celui qui ne fait pas son devoir. 



246 Sur ce qu'il ne convient pas que la cause du péché et 

DE LA DESTRUCTION DE L'HOMME VIENNE d'OhRMAZD LE 

Créateur. (B. 202; M. 268.) 

/ Quand Ohrmazd le Créateur créa les créatures d'une seule 
substance (gôkr) il fit naître les hommes d'un unique principe 
commun ; et cela afin que, en raison de leur communauté de sub- 
stance, les créatures se nourrissent, s'organisent et se viennent en 
aide les unes les autres, et que les hommes, en outre de leur commu- 
nauté/de naissance (ham zày ënîtàrïh) , se considèrent les uns les 
autres comme des parents et comme des frères aimants ( mihrpân) 
se faisant du bien les uns les autres et écartant le malheur les uns 
des autres. Il fit dans l'homme la connaissance, l'intention parfaite, 
la sagesse (xrat) et nombre de vertus / que Vohuman, Spendarmat 
et Srôs et de nombreux dieux leur firent parvenir pour demeurer 
en eux ; ceci afin que les hommes, en voulant, pensant, disant et 
opérant des actes méritoires (kirpak), deviennent Justes ( ahravïhend 
ora, rép.) 

Il s'ensuit que la convoitise, la concupiscence, la colère, l'envie, 
la méchanceté, les autres péchés et druvandih, les autres / agents 
corrupteurs et oppresseurs de l'amour et de la miséricorde des 
hommes, ayant pour fin de les faire se frapper et nuire les uns 



256 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



les autres (tout cela) il ne l'a pas jeté dans l'homme ni sali par là 
les hommes. En sorte que, quand dans la E>ën (il dit que) « nous 
frappons et nuisons en retour », c'est selon la loi (dâtîk) / que l'on 
frappe et que l'on nuit. Notre coup et notre nuisance atteint 
en retour tel être déterminé ( Ô xvat) ; les coups et autres nuisances, 
c'est tel être déterminé qui les tient pour lui étant destinés (pat 
hàn i xvat dârend). Et par crainte de (l'interdiction) légale de 
frapper et de nuire en retour à ceux-là même / que cela atteint 
(???), le non-frapper et le non-nuïre sont organisés (vênàrïhit) . 
C'est un signe (daxsak) de la non-nécessité ( K anapâyisnïk) de 
frapper et de nuire parmi les hommes que le fait que Dieu est 
cause (yazat vihânak i) qu'on ne se frappe pas et que l'on se fait 
du bien entre hommes et qu'il en ait fait le précepte (andarzënêt) 
dans la Dën. 

/Et telle est aussi la conviction ferme (ôstûkih) des docteurs 
(non-mazdéens), pour qui la cause des sévices (zatârîh) qui ne 
sont pas légitimes est le vice — tel que convoitise, concupiscence, 
méchanceté, esprit de vengeance, envie. Que ce soit Dieu qui les 
ait fait dans l'homme, selon le discours contradictoire de ces doc- 
teurs, est évidemment mensonger. 



247 /Sur les causes de la certitude que l'on peut avoir d'une 
chose. (B. 203 ; M. 269.) 

Les causes de la certitude (ôstïkàn bûtan) que l'on peut avoir 
d'une chose sont au nombre de 3 : la science ( dânisn ) , la croyance 
(viravisn) et l'expérience ( ûzmâyisn) . 

1. / La science : ainsi quand à partir du fait que le monde est 
fait (kartakîh) , nous savons avec certitude que ce monde a un 
auteur. 

2. La croyance : ainsi quand à partir du témoignage apporté 
( x âpurt) par quelqu'un sur quelque chose de caché et d'invi- 
sible / nous croyons avec certitude que la chose est bien telle qu'on 
en a témoigné. 

3. L'expérience : ainsi quand, parce que le soleil s'est levé ce 
matin, nous savons d'avance avec certitude que le soleil se lèvera 
aussi demain. 



CHAPITRES 246 a 250 



257 



24g Sur la x valeur et la non-*valeur des hommes. (B. 203 ; 
M. 269.) 

/ La valeur ( x apëtânih) des hommes (équivaut à) la quantité 
de science (vës dânisn) et de puissance qu'ils ont apprise Çamôk). 
Ceux qui sont au faîte par la science et la Justice sont estimés 
(apâyisnïk) de valeur ( x arzïk) supérieure. Ceux qui le sont moyen- 
nement, sont estimés de valeur / moyenne. Ceux qui le sont au 
plus bas, sont estimés de valeur inférieure. Et ceux en qui science 
et Justice sont en premier, en eux il n'est pas posé (nihat) de non- 
valeur et ils sont dans le Garôtman. 



249 Sur les signes de la sagesse et de l'ignorance. (B. 204 ; 
M. 269.) 

/ Parmi les signes (daxsak) de la sagesse, on compte l'esprit de 
paix (âstîh), la garde de la langue (pâtuzvânih), l'intention de 
donner du bonheur, l'amour du bien et la générosité. Celui qui 
a en lui ces 5 signes ainsi que la science (dânisn) de la matière 
qui leur convient (apâk pasacak avishâ mâtak) j est à considérer 
comme sage d'une sagesse en progrès (frâcïk), en vue de ï'éclosion 
(bavisn) de l'amour, de la proximité (nazdikïh) et de l'énergie des 
êtres (stïyân). 

Parmi les signes de l'Ignorance, on compte l'esprit de discorde, 
la sottise de la langue (halakuzvânïh), l'intention de faire du tort, 
l'hostilité au bien et l'avarice. Celui qui a en lui ces 5 signes / est 
à considérer comme Ignorant d'une vive ( ? zih }) ignorance, et il 
faut veiller à se tenir loin de lui. 



250 Sur la luminosité et les ténèbres et chacune de leurs 
espèces. / (B. 204; M. 270.) 

La luminosité (rôïnih) a deux espèces : 1) la luminosité visible 
à l'œil du corps, celle qui ouvre l'œil du corps à la vision, 2) la lu- 
minosité visible à l'œil <de l'âme >, celle qui /ouvre l'œil de l'âme 
au connaître. 



258 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



Si bien que le savoir par audition (srût dânisn) est tout lumi- 
nosité de Vohuman et des autres bons esprits (vaxs), lesquels 
ouvrent la connaissance innée (as?i) aux choses à connaître par la 
puissance de l'œil de l'âme, tout de même / que les lumières éter- 
nelles (xvatâilk) et les lumières du stï (stîtâtik) ouvrent la vision 
à voir les choses visibles (vënâftâk), j par la puissance de l'œil 
du corps. 

Les ténèbres atteignent, par la vision de l'œil du corps, à la 
connaissance. Elles sont de deux espèces : 1) celles qui ferment 
l'œil de l'âme à la connaissance, ainsi Akoman, le désir, / la concu- 
piscence, la colère, l'envie et bien d'autres maux ; 2) celles qui 
ferment l'œil du corps à la vision : ainsi l'absence (ne handëmânih) 
des lumières éternelles et des lumières du stï, la vision est fermée 
à la vue de l'œil du corps. 



251 / S UE l'apport (fracih) propre du corps eschatologique 

PAR RAPPORT AU VAHIST, ET DU GÊTÏ PAR RAPPORT A TOUS 

deux. (B. 205 ; M. 271.) 

L'apport propre (vâspukrakânik frâcïk) au Vahist futur (hàn) 
lors du corps eschatologique, par rapport / au Vahist qui est main- 
tenant (èn...ï nûn), c'est ce parfait bonheur (ràmisn) de tous les 
côtés (hac ham bahr), le même bonheur disposé pour tous les êtres 
de même nature (ham gôhràn) lors du corps eschatologique ; et 
cette paradisiaque absence de mal ( abësih) pour l'ensemble ( x ëvtâk) 
des âmes (ruvân) par la tendance de pensée (âhang mëniïn) des 
gens du Vahist vers ce bonheur plénier et éternel / sera disposée 
lors du corps eschatologique. C'est la Révélation. 

L'apport propre du gëtï par rapport à ces deux consiste en ceci : 
tandis que pour celui-là (hàn) le bonheur qui ne passe pas (asacïk), 
dans îe Vahist et lors du corps eschatologique, vient de l'opération 
des créatures victorieuses de l'Assaut par la puissance du Créateur 
dans/ cette (ën) lice (kôxsisnik razmgâs) qu'est le gëtï. 

Les docteurs qui, en méprisant le gëtï, méprisent le Vahist et le 
corps eschatologique, tiennent que, lors du corps eschatologique, 
la plupart des hommes seront druvand et iront pour toujours en 
enfer où leur châtiment sera éternel, / ce qui veut dire que l'action 



CHAPITRES 250 A 253 



259 



de Dieu aura une mauvaise fin, qu'aucun bonheur ajouté au Vahist 
(fràc x vakistîk) ne sera fait et disposé, mais de terribles maux 
pour ceux, en petit nombre (hucârak) qu'ils appellent « gens du 
Vahist ». 



252 SUR LE MOYEN SUPERIEUR DE PARVENIR A L'EXISTENCE QUI 
NE PASSE PAS, PAR LA VISION. (B. 205 ; M. 271.) 

p. 206 j L e moyen supérieur d'arriver à l'existence qui ne passe pas 
(mac) c'est de voir cette existence d'une vision saine. Le guide 
est la vision de la Dên Mazdéenne, en chassant la druj /de sa per- 
sonne. Quand on l'a vu, on est rempli de désir ( arzôkihast) dans la 
plus haute mesure, et conformément à ce désir, la faculté de con- 

3 naître s'empare de l'application à la recherche. 



253 / SUR LE CONNAISSANT, LA CONNAISSANCE, LE CONNAITRE ET 

l'acte de connaître (dànist). (B. 206 ; M. 272). 

Le connaissant (dànak) est celui dont la connaissance (dânâkih) 
est posée (nihât) dans la puissance de l'âme, comme le voyant 
(vënâk) est celui dont la vision est posée / dans la puissance de 
l'œil corporel. La connaissance est ce qui est dans la puissance 
du connaissant ( y -dânâk) i comme la vision est ce qui est dans la 
puissance de l'œil voyant ; par analogie avec le riche ( xvâstakômand) 
et la richesse (xvâstak) qui est ce par quoi le riche devient riche. 
/ Le connaître (dânisn) est l'intermédiaire qui met en présence 
(andarag handëmânih) de la puissance de connaissance du connais- 
sant, qui est la bôd, <ce> qui est connu fom. rép.j, comme le 
voir est l'intermédiaire qui met en présence de la puissance de 
vision, qui est l'œil, et par quoi ce qui est vu est connu. Ainsi le 
connaître est médiateur (pasn) entre le connaissant et /ce qui 
est connu, <le voir entre > le voyant et ce qui est vu ; par analogie 
avec la protection (snâyisn) entre le protecteur et le protégé, 
le frapper entre le frappeur et le frappé, et autres actions inter- 



260 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



médiaires entre l'agent (kârtàr) et le patient (^kartak). Tout 
connaissant est mis en liaison (hambutast) par la connaissance 
par quoi il est connaissant en puissance. Le connaissant est uni 
(patvand) j par sa connaissance qui est en puissance, à ce qui est 
connu, le connaître devient l'acte de connaître (dânist) et ce qui 
est connu (hân i dànïhït) devient le connu (dânistak). 

Il y a trois espèces de connaissant : 1. Le connaissant par une 
connaissance qui est lui-même ( xvatïk-dânâkîh ) : celui-là est 
Ohrmazd le Créateur, seul ; sa connaissance est temporellement 
infinie ( akanârak zamânïk) et sa puissance suprême. 2. Le connais- 
sant par une connaissance qui est devenue lui-même (xvatikënï- 
tak), comme l'âme (jân) est vivante/ d'une vie qui est devenue 
elle-même (xvatënîtak zivindakïh) , et le feu est chaud d'une cha- 
leur qui est devenue (xvatënîtak) lui-même. 3. Le connaissant 
par <une connaissance > qui lui est extrinsèque (bë-xvës), comme 
le corps qui est vivant par la vie de l'âme, / ou le fer, le bois, la pierre, 
quî deviennent chauds de la chaleur du feu. 

Dire que Dieu n'est pas connaissant par la connaissance, c'est 
le fait des docteurs qui disent que Dieu est puissant non par la 
puissance, et roi non par la royauté, et créateur non par la faculté 
de créer (dahisn), j ce qui revient à dénier Dieu connaissance, 
puissance, royauté et faculté de créer (dâtârïh). 



254 Sur CE QUI, EN la nature, est noétique, et, dans la connais- 
sance, naturel. (B. 207 ; M. 273.) 

/ Ce qui est noétique dans la nature se manifeste par l'appa- 
rition, une fois, de la première ('WL') parole (vàng) qui est natu- 
relle, et, au milieu du corps, de la miction (camisn) consciente et 
délibérée (pat andësisn ut mënïsn apar-barisnih) . Et ce qui, dans la 
connaissance, est naturel se manifeste par l'irruption (frâc-Tasisnih) 
d'une connaissance anciennement apprise, quasi naturellement 
(pat ^cikrih andak) / à la pensée du souvenir. 



chapitres 253 a 257 



261 



255 Sur les principes et les forces du bon-œil et du mauvais- 
œil, et sur la manière de les rendre tous deux profitables 
grâce a la sagesse. (B. 207 ; M. 273.) 

1 5 j Le principe du bon-œil est Vohuman, et sa force est prin- 

cipalement de voir la moindre vertu. Le principe du mauvais 
œil est Akôman, et sa force est principalement de voir le moindre 
vice. La manière de rendre tous deux profitables grâce à la sagesse 
(om. hunar) c'est, pour le mauvais œil, d'observer les vices pour 

M (ô) les autres (kasân) et,/ quant à (pat) soi-même, les corriger; 
pour le bon œil, d'observer les vertus pour soi-même, et, quant aux 
autres, les estimer ( hangar ïtan). 



256 Sur les forces (ôzômandïh) de la puissance (zôr) de l'en- 
fant (zahak) chez LES hommes. (B. 207; M. 273.) 

21 / Dans la nature de l'homme, en règle générale, la première 

(force) à soudre (àkankihast) est le tempérament (hôk) générateur 
(zâyënïtâr) de la mère ; la seconde est la (force) nourricière 
(parvartàr) ; la troisième ( x sëtigar), quand il vient chez le péda- 

p. 208 gogue (jràhangpat) , j celle du pédagogue; la quatrième, lors de 
sa maturation (purnëyîh), au cours du temps, le tempérament est 
dominateur (aparvëz), il devient plus puissant (zôrômandtar) 
et il va vers la fécondité (?? x matvarîk) ; enfin le tempérament et 
le caractère (xëm) du père d'un enfant. 



257 / Sur ce qu'il est obligatoire aux hommes d'être recon- 
naissants EN PENSÉE, EN PAROLE ET EN ACTION. (B. 208; 

M. 274.) 

Il est obligatoire pour l'homme d'être reconnaissant constam- 
ment et avec énergie, en pensée, en paroles et en action, et ceci 
principalement à l'égard des 4 suivants : Ohrmazd, principalement 
en raison de ce qu'il crée (pat dâtârik) ; le souverain, principale- 



262 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



ment en raison de ce qu'il fait comme protecteur du gëtî ; les 
parents/, (pitarân), principalement en raison de ce qu'ils sont 
nourriciers; celui qui enseigne la sagesse (dânàkïh), parce que 
c'est par elle qu'on connaît ces 4/ reconnaissances. 



258 Sur la capacité qu'a tout avx-i-astômand de sauver son 
Âme. (B. 208; M. 274.) 

Le grand moyen (mas car) d'atteindre au salut de l'âme, de ne 
pas pécher et de devenir saint (afzônikïh) I étant pour l'axv que 
le péché satisferait ( x snâyîhit) de ne pas consentir (kamdàtis- 
tânih) au péché. Avec l'enseignement de la Bonne Dên, le Créateur 
a donné aux (hommes) l'intellect inné (asn-xrat). Tout homme 
intelligent (hôsyâr) en se détournant (apâc ahangîh) du péché 
a ainsi la capacité (tuvânîkïh) de tendre aussi / vers l'action méri- 
toire. L'axv-i-astômand qu'est tout homme a l'assurance (tàstïk) 
de la capacité de sauver son âme. 



259 ABOUT THE PENTADS OF THE MONTH. (B. 208 ; M. 274.) (1) 

/ Now the month is to be divided according to the phases of 
the moon 2 . The religious division of the month is into six 
pentads, three of which are named. One of them is Andarmah 3 , 
whose initial day is the first and whose final day is the fifth from 
the new moon. The next is Purrmâh 4 , whose initial day is the 
eleventh and whose final day is the fzfteenth from the new moon. 
And the remaining one is Visaptas 5 , whose initial day is the 
twenty-first and whose final day is the twenty-fifth from the same 
new moon. Thèse three pentads / are called the good pentads ; 
and they are generally beloved 6 , chiefly for undertaking the sowing 
of corn and fodder and other crops, and the begetting of sons 
fpics-xwâyisnih) 1 by men, and the mating of cattle, / together with 
basic acts of the good création, and the planning for it also of 
fitting cérémonies 8 and worship and the préparation of myazd. 

1. Traduction et notes du Professeur Mary Boyce. 



CHAPITRES 257 A 259 



263 



As for the second séries of pentads, the name of one is " Against- 
Andarmâh ", whose initial day is the sixth and whose final day is 
the tenth from the new moon. / Another is " Against-Purrmâh 
whose initial day is the sixteenth and whose final day is the twen- 
tieth from the new moon. And the other is " Against- Visaptas ", 
whose initial day is the twenty-sixth and Its final one up to the 
thirtieth day from that same new moon. The efhcacy of the 
next new moon is joined directly to this x third 9 " between " and 
lowly time. / And those three pentads especially should not be 
" wiped clean " (mustan) 10 of dutiful actions, (rather) good actions 
should be practised during them as diligently as possible and no 
fraction of time should be (allowed to pass) empty of good works, 
and the spirit of that time must not be troubled by unrighteous 
(x-abâTôn) sin. Indeed if the basic activity for which thèse three 
(good) pentads are especially / beloved is postponed 11 during 
them, it should be actively (rawâgihâ) and zealously allotted its 
own time during thèse (hostile pentads), deliberately and with 
observance of a fitting moment, since ail days are named " high " 
days through duty performed upon them. (But) if possible, 
(basic acts) should not be postponed at ail. / (This is) the instruction 
of the Good Religion, the law established by the ancients. 

NOTES : 

1. This chapter (which has been transcribed and translated by H. S. 
Nyberg, Texte zum Tïiazdayasnischen Kalender, Uppsala 1934, 40-3, 73-4) 
is concemed with the lunar month as a part of the ancient religious year, 
which consisted of 12 months of 30 days each, 360 days in ail. This calendar 
probably goes back to Indo-Iranian times, since the savana year of ancient 
India (connected with the sema-pressing) embodîes the same system. (See 
L. D. Bamett, The antiquities of India, London 1913, 194-5, 203.) This 
ïndian calendar was termed by an Arab astronomer the ' middle year' (see 
Birûm, The chronology of nations, ed. E. Sach.au, 13), becauseitwas consider- 
ably shorter than the solar year of 365 days and a fraction, but just longer 
than the Junar year of synodic months, of a little more than 29 1 /2 days each. 
It is evidently in origin "a lunar year, but was kept in approximate relation to 
the true solâr year by the fréquent intercalation of a thirteenth month. 
This was done, according to Bïrûni (op. cit., p. 11) every sixth year. (The 
sâvana year was also frequentiy intercalated, but no détails are known.) 
This 360-day year was the old Zoroastrian religious year, which appears to 
have been adopted as a civil year also by the Arsacids, and was used by 
them until the overthxow of their empire by the Sasanians, who, it seems, 
reformed it by the introduction of five extra days. (See Boyce, BSOAS, 
XXXIII, 3, 1970, 513-39.) 

2. The word rendered 'of the moon' is spelt m'hdstyk, cf. the heading of 
Chapter 419 below, see Nyberg, p. 66. 

3. Av. antar amah- z new moon', Air. Wb. 134 (where Bartholomae compares 
Lat. interiurmim) . 



264 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



4. Av. t&ranô.mâh- 'full moon', Air. Wb. 895. 

5. Av. vîïaptaîha-, literally the 'between-seventh', a terni used for the 
crescent of the waning moon, noticeable seven days after full moon. Cf. 
Great BundahiSn, transi. B. T. Anktesaria, XXVI. 22, p. 215, ed. T. D. Ankle- 
saria, pp. 164-165. (Bartholomae'sinterpretation, Air. Wb. 1472, ofvïlaptatka- 
as the name of the 8th as well as tbe 23rd day of the month has no support 
from either the Avestan or the Pahlavi texts.) Thèse three phases of the 
moon, waxïng, culmination and waning, have been v/idely used araong the 
peoples of the world as a division of the lunar month ; and this division is in 
fact a natural one, 'since it arises from the concrète phenomenon of the 
moon', the quadripartite division being instead a numerical system. (See 
M. P. Nilsson, Primitive Time-reckoning, Lund 1920, repr. 1960, 171.) The 
association of this tripartite division with the décimal system of counting by 
most peoples Ied to a widespread division of the month into 3 décades (Nilsson, 
167-168) ; and it appears to have beenthesystematicdualismoftheZoroastrian 
scholastics which then produced a further subdivision of thèse décades into 
'good' pentads and antagonistic pentads. The names Antarmâh, Purrmâh, 
and Visaptas, originally presumably those of the lst, 15th and 23rd days, 
were then applied to the whole pentad within which each day occurred. 
(Darmesteter, Le Zend-Avesta, I, 12 n. 34, sought to interpret this develop- 
ment as an attempt to mitigate the problems of the lunisolar year, for once 
the moon months were combined with a solar reckoning, through the addi- 
tion of 5 days, the natural phenomena would not long coincide with the days 
named for them in the calendar ; hence, he suggested, a pentad was so named, 
in order that between adjustments of the calendar the prayers prescribed for 
new moon, full moon and waning moon could at least be said within the 
appropriate pentads. It is difficult to establish this theory, however, in the 
light of the arrangement of the pentads ; for if new moon moved from the 
lst-5th, full moon should move from the 15th-21st, whereas the pentad 'full 
moon' is from the llth-15th. The arrangement of the pentads appears 
therefore to be theological rather than practical.) 

6. Pahl. doïidag 'beloved' (see Nyberg, TMC> 73) is now rendered in 
such connection by Irani Zoroastrians as c azïz, used for times which are 
auspicious and therefore favoured for particular tasks. The remainder of 
this sentence has been translated by D.N. Mackenzie, W. B. Henning Mémorial 
Volume, London 1970. 267. 

7. See Mackenzie, loc. cit., n. 18. 

8. On *rad-pa$sàg see Mackenzie, art. cit. 

9. Emending 'three' (3) to 'third'. Nyberg translates instead 'jene drei 
Zwischenzeiten und die davon absteigenden Zeiten' ; but the new moon's 
activity is directly joined only to that of the sixth pentad, and it seems more- 
over unlikely that the good pentads would be called 'between' as if existmg 
merely between the hostile ones. 

10. The reading of D. N. Mackenzie, by whom thèse lines have been trans- 
cribed and translated, art. cit., 267 n. 19. 

11. On pâdïrânïh- 'hold back, restrain, postpone' see Bartholomae, Zum 
sas. Reckt II, 31-34 ; III, 10 ; IV, 28 (Nyberg, 74). The theologîan is plainly 
in some difficulty in treating the 'hostile' pentads. GBd XXVI. 22doesnot 
make such a sharp distinction between the named and the nameless pentads, 
but says : 'During tiiese (named) pentads it (the moon) distributes glory 
( xwarrah), during those (other) three pentads it receives meritorious acts'. 



CHAPITRES 259 A 260 



265 



260 S UR l'homme au caractère de dieu et l'aspect (kerp) de 
l'homme semblable aux dëv. (B. 209 ; M. 276.) 

/ Comme l'homme au caractère pur de dieu (yazdân apëcak 
xêmïkà), quand il est en vie ( x zîva?idak tan), l'amour et la protec- 
tion de sa personne (tan) se font par une direction profitable 
(sût râdënîtârïh), et, quand il est mort, son âme (ruvân) est 
toujours présente (apâkîh) et dans la satisfaction, et la volonté 
bonne et bienveillante (humihr) de l'homme ne se sépare (visa- 
nénit) pas de lui mais (om.) s'efforce sans faiblir (amôsïtârik) 
vers le salut final ; 

ainsi, (chez) l'homme au caractère de dieu, l'ami étant insépa- 
rable de l'ami, l'homme dans son bonheur (faroxvik) réconforte 
(nërôkenët) l'angoisse (tangîk) de son ami par son propre bonheur 

p. 210 i e t \ u [ donne de la joie (râmënët) ; et par le bonheur de son ami, 
il désire la joie et y demeurer dans une constante augmentation 
de son bonheur. 

Comme l'homme, ennemi de la création d'Ohrmazd à la façon 

3 des dëv, /quand il est en vie, est tourmenté (xastênit), blessé, 
mortifié, son âme étant trompée et rendue druvand, et il est entraîné 
en enfer, le grand (màzan) dëv pousse le corps de l'homme vers 
ceux qui le font tomber (ôftisnigàn?). Parmi les tués, l'homme 
Juste est entraîné en esprit de vengeance (kënïkïhâ) dans son 

6 corps, rendu charogne, / (naswênït) pourriture (pôyënît) et em- 
puanti (gandênit) ; le druvand même avec son âme est poussé 
vers l'enfer... (?) et rendu lamentable (garzënit) et blessé, et le 
petit (kôtak) dëv le détruit ; 

ainsi, l'aspect (kerp) de l'homme semblable aux dëv par sa 
propre angoisse contamine (yaskënët) le bonheur de son ami pour 

' l'amour de /l'ami, tourne autour de lui (përâmôn gast) et ronge 
(apàkjût) ce que sa prospérité avait en elle de bonheur et cela par 
envie ; dans un désir pervers d'y demeurer et de ne pas aban- 
donner (cet état), il détermine (andàxt) des moyens funestes 

12 (apârôn) et par son propre bonheur... (?) l'angoisse / de tous ses 
amis; par manque de bienveillance (amihrihâ) et par mépris, il 
prend soin de ne pas s'approcher d'eux. 




266 



LE TROIÈSIME LIVRE DU DENKART 



261 '^ UR CE Q Uï CONFÈRE DE LA DIGNITÉ A TOUT HOMME ET SUR CE 
QUI N'EN CONFÈRE A PERSONNE, ET SUR CE QUI TANTOT EN 
CONFÈRE, TANTÔT N'EN CONFÈRE / PAS (B. 210; M. 277.) 

Ce qui confère de la dignité à tout homme, c'est la justice (dâtis- 
îân) ; ce qui n'en confère à personne c'est l'injustice (adâtis- 
iânih) ; ce qui tantôt (hast i) en confèie et tantôt pas, c'est la 
noblesse (âzâtih), j celle des nommes ( x martom) ou celle de leur 
rang (kë martom.c kë pâyakïhà) . 



262 Sur le choix de ce qui mène a la rectification de l'empire 
et des hommes. (b. 210 ; m. 277.) 

Selon l'enseignement de la Dên, la rectification (vërâyisn) de 
l'empire (sahr) et des hommes se fait grâce au discours véri- 
dique ( x râst gôvisnïh), et surtout / grâce à la conjonction de ces 
4 « vérités » sur lesquelles porte le choix de l'homme pour atteindre 
à la rectification (vërâstakïh) de l'empire et des hommes. D'abord, 
il y faut l'amour de la vérité (ràstih kâmak), afin que (tâ.s) /dans 
l'action de rectifier (vëràstârih) l'empire, le xvarrah y habite dès 
le début (pës mahmân bavât). Deuxièmement, il y faut du courage 
( nëv dilïh) dans l'énonciation de la vérité, pour être dispos (frac 
hâvand) à dire / la vérité. Troisièmement, il faut dire la vérité avec 
sagesse et opportunément (pat hangâmïk dànâkîhâ) pour que la 
vérité prenne de la force. Quatrièmement, il faut accueillir ( x pati- 
ruftan) le discours (qui s'échange) entre les hommes selon (pat) la 
vérité, afin que se réalise (kàrikïhât) le discours véridique par 
lequel s'opère la rectification / de l'empire et des hommes. 



chapitres 261 a 263 



267 



263 LE CORPS DU MONDE ET LES ÉLÉMENTS DU CORPS QUI SONT 

EN COMPOSITION, SUE CE QUI DISPOSE ET AVANTAGE L'AME, 
LA DÉTRUIT ET LUI CAUSE DU DOMMAGE; QUEL EST LE PRINCIPE 
DE L'AVANTAGE DE LA DISPOSITION ET CELUI DU DOMMAGE DE 
LA DESTRUCTION. / (B. 211 ; M. 278.) 



Le corps du monde est fait de feu, d'eau, de terre, de métal, de 
plantes, de bétail et d'hommes, de même que le corps de l'homme 
est fait de moelle (mazg), de sang, de vaisseaux (râk), de graisse, 
d'os, de flegme et de poils. Et les éléments du corps du monde 
qui sont en composition ( âmëzisnik tan ristakàn) / sont le feu, le 
vent, l'humide (nam) et la terre (gil), de même que les éléments 
du corps de l'homme sont le vent, le sang, la bile ( vis) et la lymphe 
(drëm). Ce qui gouverne et met en action (kàrîkënâk) les éléments 
du monde, c'est la nature, le feu et le vent dans une union conve- 
nablement mesurée (pat patmân x $âcisnïk kamîh), de même que 
ce qui unit et met en action les éléments du corps de l'homme, 
c'est la fravakrj !a nature, le vent, la vie (jân) / dans leur union. 
Ce qui vivifie (zivënàk) le monde, c'est la vie (jân) des animaux 
(jânvar), Vây-à-I' action-supérieure (aparkâr), qu'on appelle aussi 
Vây dans langue du monde, tandis que la Dên parle plutôt d'un 
mênôg qui gouverne le Vây ; de même ce qui vivifie le corps de 
l'homme est le vent igné (àtaxsômand vât) qui est la vie (jân). 
Ce qui gouverne le monde, c'est la nature de l'âme (ruvân cihr) 
et l'orbite de la Roue (spaxs i ras) j qu'on appelle aussi « Sphère » 
(spahr. om. répj dans la langue des hommes du monde (gëhâ- 
îiïkânj de même que ce qui gouverne le corps de l'homme est l'âme 
douée de volonté (x-vâhômand ruvân). Ce qui dispose et avantage 
le monde, c'est le parcours de la Roue par les Bagân lumineux 
de même que ce qui dispose et avantage l'homme c'est l'habita- 
tion de Vohuman dans l'axv. 

/ Ce qui bouleverse (visôfâk) et endommage le monde (om.) 
sous le cours de la Roue par les Bagân, et fait opposition à leur 
action, ce sont les Gatôk qu'on appelle aussi planètes (apaxtar), 
de même que ce qui / bouleverse et endommage l'homme, c'est 
Akoman qui saccage (pat râsdârïh) l'intérieur de la pensée de 
l'axv. La disposition et l'avantage du monde, c'est la Mesure, pro- 
venant des Bag qui engendre la vie et la santé, la croissance 
(rôyiïn. om.j /, l'augmentation, la maturation; de même que la 
disposition et l'avantage de l'homme c'est, venant de Vohuman, 
sagesse, actes méritoires, bon renom, justice. Le bouleversement et 
le dommage du monde, provenant des Gatok, c'est excès et défaut, 
maladie, mort, déperdition (nirfsisn), pourrissement, puanteur et 



268 



LE TROIÈSIME LIVRE DU DËNKART 



immondice (cirhârt); de même, / le bouleversement et le dom- 
mage de l'homme, provenant d'Akoman, c'est Ignorance, péché, 
druvandïh et mauvais renom. 

Et îe principe de la disposition et de l'avantage du monde et de 
l'homme, c'est îe Créateur du monde dans sa largeur et sa gran- 
deur, l'homme étant comme une « réduction » ( hangar tikih) du 
monde ; et la disposition de la substance du monde n'est pas le 
principe du bouleversement et du dommage / de l'homme. L'inva- 
sion (apar rasisnïh) d'une substance extrinsèque (yudt gôhr) 
a pour nom religieux « l'Assaut ». Le fait que le monde soit disposé 
et non pas bouleversé par quelque chose de même substance que 
lui ressort de ce que le Créateur a fait le monde dans sa largeur 
et sa grandeur, et l'homme comme une réduction du monde. 
Il n'est donc pas convenable de dire que le monde / est le boule- 
versement de l'homme. 

Les docteurs dont la doctrine est qu'il n'existe pas un principe 
autre dont parviendrait le mal, disent que le principe du mal est 
conjoint à celui du bien, et que ce principe commun est plus 
mauvais que tout mal, plus malin que toute malice. 



264 / Sur frâc-câr et apar-câr en tant que noms attribués 

EN PROPRE PAR LA D ÊN AU SPANÂK MËNÔG D'OhRMAZD. 

(B. 212; M. 279.) 

/ « Prodiguant les moyens » (frâc-câr) est (attribué) au Créateur 
en tant qu'il est par nature principe commun (hambun). Ce qui, 
de lui, est nécessaire à tout moyen est I'omniscience, car d'être 
principe commun pour tout moyen est possible par la connais- 
sance de tout. « Suprême sur les moyens » (apar-câr), en tant que 
tout ce qui est autre que lui est moyen et inférieur (adar). j L'exis- 
tence des moyens, avec I'omniscience se fait par la suprématie 
d'action (aparkârîh), car la suprématie sur les moyens est par la 
suprématie d'action, et toutes deux sont par I'omniscience. 



CHAPITRES 263 A 267 



269 



p- 213 / Sur ce qui donne le plus lieu d'espérer pour l'avantage 

DU MONDE ET DE LA DËN ET DE CRAINDRE LEUR DOMMAGE. 

(B. 213 ; M. 280.) 

Ce qui donne le plus lieu d'espérer pour l'avantage du monde 
et de la Dën, c'est l'union (patvandisn) de la souveraineté (pâtix- 

3 sâyih j àun / tenant de la loi ( dât-appar ?) , sage et aimant les prin- 
cipes (bunih-kàmak?), et de la Récitation de la Dën à un ahu de 
la Dën même (xvatih), saint (afzônîk) et faisant croître la Justice. 
Car, par le fait que la souveraineté vienne à un tenant de la loi, 
sage et aimant les principes, et la Récitation de la Dën à un ahu 

6 de la Dën même, saint / et faisant croître la Justice, la royauté est 
rendue forte et triomphante (amavandîhît përôzihit), la Dën 
protégée, et les hommes de ce monde multipliés, développés 
(frehïkït) et accrus (vàlihït). 

Ce qui donne le plus lieu de craindre le dommage du monde, 
c'est l'union de la souveraineté à un (homme qui) refroidit la loi 
(dot afsàr), qui (maintient) les principes d'un esprit défait (vânîtak 

9 mënién bûnih)J et de la Récitation de la Dën à un ahu (dénué) 
de la Dën même, hérétique et faisant décroître la Justice ; car, 
par le fait que la souveraineté parvient à un homme qui refroidit 
la loi et (maintient) les principes d'un esprit défait, et la Récitation 
de la Dën à un ahu dénué de la Dën même, hérétique et faisant 

12 décroître la Justice, viennent / renversement (nikônïh), affai- 
blissement et stagnation (armëstïh) de la royauté, la Dên est privée 
de la protection, et pour les hommes de ce monde il y a réduction, 
déperdition et perdition (vanyôdïh). 



266 = 397 



267 / Sur ce qui rejoint son principe en y retournant, et 

SUR CE QUI REJOINT SA FIN PAR AVANCES SUCCESSIVES (rastak) 

depuis son origine. (B. 214 ; M. 282.) 

Selon l'enseignement de la Dën, au nombre des choses qui rejoi- 
gnent leur principe en y retournant (pat gartisn), il y a le temps ; 
au nombre / des choses qui vont de leur origine à leur fin (sar) 
par voie de succession (pat rastak) ), il y a la connaissance ( dânâkih). 



270 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



Au sujet du ( v râd) temps, voici ce qui est enseigné : de l'opération 
en puissance (kâr nërôk), germe originel dont le nom avestique 
est arsnôtacin, procède, par production du Créateur, la première 
opération en acte (kâr kunisn) qui coïncide avec l'actuation du 
temps (zamân kunisn). / De l'opération en acte, on passe à l'achè- 
vement de l'opération, qui coïncide avec la limite assignée au 
temps (zamân brin kanàrak). La limite assignée à l'achèvement 
du temps rejoint le temps indivis (akanàrak zamân), c'est-à-dire 
l'éternité (hamayïkîh) / de l'Essence (d'Ohrmazd) et la perpétuité 
(asacisnïh), lors du Corps Eschatologîque, des siens (xvësïkàn). 
Comme le disent les dastur au sujet du temps : à l'origine (hac 
kunîk), le temps était indivis, puis il vira (vast) à la divisibilité 
(kanârakômandïh) /, à la fin (pat sarih) il reviendra à l'indivision. 
Sa loi est donc que le temps de son indivision initiale (bunîk) 
par sa divisibilité assignée, opérant, procédant et passant, revient 
à l'indivisibilité terminale. 

Au sujet de la connaissance, voici ce qui est enseigné ( x nikësii) : 
Dans la condition merveilleuse (abâïh) du Créateur, par la connais- 
sance (dânâkïh) qui était / éternellement en sa puissance, le non- 
écoulement ( afrâc- y -sacisnih ) de l'Essence d'Ohrmazd et des siens 
qui était ( x bût) dans le temps indivis, vint au connaître (dânùtan). 
De Ik(kachânbë) la sortie ( x ûzisnïh) non-voulue (par le Créateur) de 
l'Assaut pour (apar) l'œuvre d'annihilation dont il menaça (épates- 
têt) mensongèrement Son essence et les siens. De là (hac hân bé) 
en succession, Son essence et les siens en se retournant dans leur 
propre domaine (ôstâm) connurent, étant simultanés (hambutast). 
Il fallait tant de connaître pour que le Créateur se levât ( ûl ûzisnïh) 
pour la création des créatures. De cette élévation, le premier 
originé (hacisïk) fut la lumière infinie (anagr rOsn) : / de cette 
lumière infinie, le mënôg de la vérité (râstih) (om.) : en succession 
à partir de la connaissance, et, en puissance, abondsnee (afzô- 
nikïh) en fait de tout connaître ; et de tout connaître, le pouvoir 
de faire tout ce qu'il veut. De là (hac hân bë) la création de la créa- 
ture, et par elle le triomphe sur l'Assaut, /la créature retournant 
à (l'état de) sa création (kartârih) pour être éternellement (om.) 
dans la joie : c'est là ce qu'Ohrmazd a disposé. En sorte que le 
principe des choses du bien (huïk) est bon, et ie principe qui est 
bon est le germe de toute bonté (huih) en puissance, (om.) et toutes 
les bonnes créatures en proviennent, (om.) Car le premier / originé 
est par production (âfurisn), car c'est à lui (qu'on remonte) par 
succession, comme l'éclat (bàm) vient de l'étincelle, l'étincelle 
de la flamme, la flamme de la lumière (om.). 



CHAPITRES 267 A 269 



271 



268 $ TJR L>ESPRIT SÉDENTAIRE DES HOMMES VOYAGEANT EN CARA- 
VANE DANS LE gëtî, ET SUR L'AVANTAGE QUI EN DÉCOULE. 

(B. 215 ; M. 283.) 

L'esprit « sédentaire » (mândistak mënisnih) des hommes voya- 
geant en caravane (kârvân ëvarzik) dans le gëti est le principe 

p- 216 (zàhak) d'un bonheur de nature (cïhrkartik) j, ce principe étant 
nécessaire pour l'effort que les hommes ont à fournir en cultivant 
(varzisnîh) le gëti et pour faire prospérer le fondement du monde. 
L'avantage qui en découle est que les créatures sont nourries 

3 (parvarisn) et rejoignent la Fraskart, / en triomphant de la drûj. 
Leur esprit de caravaniers ( x kârvânîk) se trouve élevé (àhëzisnik) 
par la force de la sagesse (xrat). L'avantage qui en découle est, 
grâce à une constante (hamësak) mise en présence (handëmânih) 
du caractère transitoire du corps (tan frasâvandih), par l'absten- 

6 tion du péché et le zèle à l'action méritoire, le salut et / l'exaltation 
de l'âme. En sorte que par ces 2 forces — à savoir 1) l'esprit séden- 
taire mû par une intention de nature (cihr mënîtârik) dans ie 
gëti, et, 2) le voyage inspiré par la sagesse (xrat handësisnik ëvarz) 
et peu attiré en dehors d'elle ( nisangihâ hacis àhang) — se fait 
l'énergie de l'homme dans le gëti. 

9 La recherche, / l'engrangement, (handôcisn) la disposition de 

l'accroissement du profit mënôgien, c'est le bon service (huparas- 
takih) de tous les êtres des deux existences. 



269 Sur le gouvernement (rayénitarih) dans la disposition 
(râyënisn) du GËTÎ et du mënôg. (B. 216 ; M. 284.) 

/ La disposition du gëti est principalement par l'ordre des choses 
(brih) ; la disposition du mënôg principalement par l'action 
(kunisn). De ce fait, l'homme cherche le salut mënôgien par son 
propre effort (tuxsisn) : ce qu'il cherche, il s'y efforce, et il est 
certain ( ëvar) de le trouver. Ce qui est du gëtî, il doit le chercher 
essentiellement / dans ce que les dieux font procéder (frac kilend), 
les dieux régissant le gëtï (yazdân apar gëti). Car l'homme qui 
garde son âme de ce qui lui est nuisible ( vizâyisnïk) et s'efforce 
vers ce qui convient à son âme, détermine des choses du gëtî 
de façon à ce qu'elles lui soient le plus profitables, en conformité 
avec l'enseignement de la Bonne Dën et les doctrines (câstak) 
des Anciens Sages. 



272 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



18 270 / Stjr la frontière qui sépare la grandeur et la petitesse 
(B. 216; M. 284.) 

La frontière qui permet de discerner (vicëhëniiàr) entre la 
grandeur (masïh) et la petitesse (kasïk), c'est la sagesse (xrat). 
(Pour) tous et chacun des gens humbles (ôsànikân), la grandeur 
en fait de royauté, de service dû à l'autorité ( dastvar parastiïnikïh) , 
d'obéissance aux ordres, d'iiumiiité (adarih) d'audition (nigôxïisn) 
p. 2i? et ^ e p aro i e> se mesure suprêmement par la sagesse. / La grandeur 
de la sagesse par rapport aux autres vertus dans une même personne 
découle de l'enseignement de la Dën. Même quand deux hommes 
sont à égalité ( ? ô ham rasend), celui qui est plus grand en sagesse 
est rat par rapport à l'autre. 



271 / Sur la malice et la bonté, leur être (stî), puissance, 
propagation. (B. 217; M. 285.) 

La Bonté, c'est la loi ( dût) et ses composantes ( ôsmuiisnàn) sont : 
sagesse, véracité, toutes les vertus, lumière, parfum, pureté, deve- 
nir de bien (? hûïk bavisn), puissance des actes méritoires et 
autres choses qui se conforment à la loi. 

La malice, c'est la non-loi, et ses éléments sont : /ignorance, 
tromperie, injustice, tous les vices, ténèbre, puanteur, souillure, 
innovation (? nôk dahisn), cause d'actes peccamineux et autres 
perversités de même germe que la non-loi. 

Et la Bonté est selon la loi et la puissance de son être gëtï est 
quelque chose (hastak) /qui est manifeste comme la puissance 
de l'être gëtï et la clarté du soleil. 

La malice est menteuse (drûjik) et la puissance de son être 
gëtï est du non-être (anahast) qui ne se manifeste pas, comme 
l'obscurité. Et la propagation de la malice se fait, dans le gëtï 
(gëtïyïhâ) par une puissance de l'être gëtï qui ne lui est pas propre 
(axvës), abandonnant le nom de bonté qui lui est propre. 

Le gouvernement de toutes choses par Ohrmazd le créateur, 
se fait par la puissance de l'être gëtï dans ce qui est sien, ce qui 
est les siens (xvësïkân), ce qui est devenu sien (xvësënîtak). 

La raison de la propagation de la malice dans ce qui n'est pas 
sien, c'est que soit vaincue la malice qui s'est mélangée, dans une 
lutte mutuelle, /grâce à la force qui est dans les êtres bons. 



chapitres 270 a 273 



273 



Et il faut que le principe de la Malice, soit le Gannâk Mênôg 
quand il bouleverse (pat visôpisn) tous les instruments de sa force. 

Les docteurs dont la doctrine est que l'instrument de la Malice 
est la non-loi, et que toutes les composantes de la non-loi qui sont 
de même germe ont abandonné volontairement leur principe opératif 
(kartârïk) pour ce qui est de la propagation selon la loi, ôtent à 
Dieu la loi et tout ce qui est de même germe que la loi, et les 
composantes de la qualité de Spanâk Mênôg, mais lui attribuent 
la non-loi, tout ce qui est du même germe que la non-loi, les 
composantes de la qualité de Gannâk Mënôg. 



272 Comment l'ame, être lumineux, est rendue druvand par 
le principe ténébreux, PRINCIPE DE PÉCHÉ. (B. 217 ; M. 286.) 

p- 21s i La puissance de connaissance agissant par mode volontaire, 
c'est l'âme même. Par son union avec le revêtement du corps, 
instrument qui est de substance homogène (hamgôhr afzar), 
l'homme est dans l'état de pureté, sans péché, des autres dieux. 

^ Dans l'état du Mélange, / effet de l'Assaut, il y a immixtion d'un 
esprit (vaxs) ténébreux et de substance hétérogène au corps et à 
l'âme (jân), ce qui est cause (vàhàn) de l'antagonisme de la sen- 
sation vulgaire (dahïk sôhisnïh) à la connaissance et de la concupis- 
cence à la volonté : celui qui vise l'action vertueuse avec la sensation 
vulgaire devient pécheur, et par une paresse qui cherche ses aises, 

6 / il cède (môs) devant l'acte méritoire ; l'âme, être lumineux, 
est pervertie et pressée (ârânihit) par l'opération peccamineuse ; 
elle devient étrangère (bikânakïhit) à l'action élevante (ûlik) de 
l'acte méritoire, s'en montre séparée, et sous le poids, tombe vers 
le bas au repaire de la druj, dans la direction de l'enfer (dosaxv 

9 xôrônïk). Lors du triomphe final / des Dieux, ayant brisé la 
puissance de la druj, le Créateur selon son vouloir la fera remonter 
de l'enfer, par une lustration des purificateurs mënôgiens, la lavera 
de la souillure (*vizand) du péché, et la revêtira à nouveau du corps, 
son vêtement de substance homogène, nettoyé de la saleté de 

12 l'Assaut, / l'établissant en béatitude plénière et éternelle immor- 
talité. C'est la révélation de la Bonne Dën. 

Quant au zandik qui dit que le corps est de substance hétéro- 
gène à l'âme, son mensonge est patent du fait que l'âme, substance 



274 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



homogène au corps, lui donne la santé et le maintient en vie. 
Quant il dit qu'au début iî n'y avait pas de péché dans l'âme / mais 
que la druj a commis !e péché, ce discours contredit ( x hambasân) 
ce qu'il dit de la drwuandïh et de la nécessité éu patët pour l'âme ; 
car il serait terrible que l'âme fut druvLnd pour un péché ( x vznâs) 
que la druj aurait commis, et qu'elle fit le patët pour un péché 
qu'elle n'aurait pas commis. Exemple de patêt mensonger : / si 
l'âme (HYN HY'J disait : « le soleil est ténébreux » — et que, par 
le moyen du corps (ianik afzar), ce n'était pas l'âme mais la druj 
qui l'aurait dit — et si ensuite elle disait : je me repens et je fais 
patët pour avoir dit : « le soleil est ténébreux », si l'âme dit au sujet 
de ce qu'elle n'a pas dit : « je dis que je l'ai dit », elle serait men- 
songère et pécheresse; tandis que si la druj le disait, comme l'entend 
le zandik, on louerait la drûj pour avoir dit vrai / et fait patët du 
péché. Et ce changement substantiel de sa malice serait analogue 
(handâcak) à ce que le zandik dit, contradictoirement, de l'âme, 
à savoir que, si elle pèche, / sa substance est changée. 



273 fom.) Sur la nécessité de la royauté. (B. 219 ; M. 287.) 

/ La royauté est nécessaire principalement pour la protection 
des créatures, et le roi, pour diriger largement ( ? masrâdënïtârih) 
la protection des créatures, conforme la volonté générale de ceux 
qui sont sous sa royauté à sa propre volonté, et sa propre volonté 
à sa propre sagesse, (et sa propre sagesse) à. la Dën qui est dans la 
justice d'Ohrmazd, / d'après le discernement de la plus haute 
sagesse qui est îa sagesse des sages (frazânakân) . Pareil roi est appelé 
dans la Dën Mazdéenne : « roi très bon » (vëh xvatây), et il est 
éminent dans le monde du fait que le dastur du monde est la Bonne 
Religion, la sagesse d'Ohrmazd. 

Un roi d'une autre espèce /est celui qui conforme la volonté 
générale à sa propre volonté, et sa propre volonté à sa propre sagesse. 
Le nom (du roi) de cette espèce, dans la Dën, est : « bon roi» et 
il tient le rang intermédiaire dans le monde, du fait que le dastur 
du monde est la sagesse qui est dans l'homme. 

Une autre espèce est celle du roi / qui conforme la volonté 
générale à sa propre volonté, et sa propre volonté au fait de gouver- 
ner le monde. Et ce roi, dans la Dën, a pour nom : « mauvais roi ». 



CHAPITRES 272 A 274 



275 



Le jugement portant sur la non-royauté, par rapport à ce qui 
est lui est supérieur (hacapar), c'est qu'elle est le plus bas des 
régimes dans le monde du fait que le dastur du monde est / la 
volonté d'un seul et sans sagesse : par rapport à ce qui est au- 
dessous, c'est le déchaînement de la volonté générale (visât kâmik 
i amarkàn) et d'un seul qui est visé (andaxtak), la créature est 
réunie ( x patvand) définitivement (sarômandihâ) à la druj par le 
gouvernement, et elle est détruite. Mais ceci n'a jamais existé 
ni n'existera, car la créature sera réunie à la Fraskart par le gouver- 
nement ininterrompu (avisân dâtârih) du monde par la très 
bonne royauté, la bonne royauté et même la mauvaise royauté ; 
220 il est révélé en effet / que 1000 ans se sont succédés sous la mauvaise 
royauté de la lignée de Dahâk : on a donc raison de juger que la 
mauvaise royauté est au-dessus de la non-royauté, étant donné 
que le monde a été gouverné 1000 ans par une mauvaise royauté, 
tandis que sans royauté / la créature ne saurait être gouvernée 
même un seul jour ( x YWM.c.ë.J. 



274 / SuR LA BONNE ACTIVITÉ ET LE BON REPOS, LE BON ÉLAN ET 
LA BONNE DEMEURE DANS LE REPOS, ET LA MESURE DE L' ACTI- 
VITÉ et du repos. (B. 220 ; M. 288.) 

La bonne activité est celle qui vient de l'énergie libre (âzât) de 
convoitise, celle-ci étant le faux-frère de l'énergie. Et le bon repos 
est celui qui vient du contentement libre (buxtak) de paresse, 
celle-ci étant le faux-frère du contentement. Et le bon élan (ûl 
àzisnïh) vers l'activité vient de l'ardeur (arzûk) et de l'avantage 
vohumaniens. Et la bonne « demeure » (nisëm) j dans un repos 
sans désir, fruit d'un caractère satisfait (honsand-xëmik anapàyiî- 
nikïh), vient de ce que l'on est sans besoin n'étant pas en butte 
aux pressions d'un adversaire. 

La mesure (sâmân) de l'activité est la capacité de l'effort dans sa 
fonction ; celle du repos est la Mesure (patmàn) de la force du corps 
dans l'activité. Selon la Bonne Dën, / la mesure de l'activité et du 
repos est en générai la suivante : pendant un tiers du noethémère, 
consulter la sagesse des Justes ; pendant un tiers, exercer l'action 
qui découle de la sagesse consultée ; pendant un tiers, reposer 
(xâsànênîtan) le corps pour préserver (pâtàrih) sa force dans l'acti- 
vité. Et la mesure des bons rois quant au / genre de repos qui leur 
revient (kartak), il découle de l'enseignement de la Bonne Dën. 



276 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



275 SUH CE QUE LES CHAPITRES DE LA SAGESSE DE LA DËN MAZ- 
DÉEN>"E NE SONT PAS DÉNOMBRABLES PAR LÀ CONNAISSANCE 

de l'homme. (B. 220 ; M. 289.) 

/Du fr.t que la Dêr. Mazdconne est <: ornée d'omniscience », 
étant au service (Aorf £ pat spâs) de la sagesse (xrat) d'Ohrmazd 
le Créateur, du savoir qu'elle a de toutes les choses nécessaires à 
tous les hommes, un savoir choisi (vicïtak) a été condensé (hangar- 
tenitak) dans un seul livre (mâtigân). Cela montre de façon cer- 
taine (hacis... ëvar) que les chapitres de la sagesse (dânâkïh) ne 
sont pas dénombrables ( anôsmàrik) par la puissance de la connais- 
sance (dânisn nërôk) des créatures, comme aussi que le savoir qu'a 
acquis la plus instruite des créatures est dénombrable. Dans 
/ l'instruction de l'homme, la sagesse de la Den Mazdéenne vient 
de chapitres dénombrables. 



276 Sur la production mënogienne et la création gëtî- 
kienne des créatures qui sont comme un germe. (b. 221 ; 
M. 290.) 

/ La production ( afûrisn) mënogienne des créatures (om.) est en 
soi un produit en puissance (dahïk nërôk), invisible, et le germe 
(tôxmak) qui en provient est analogue à la torsion (gartisn) d'un 
fil de laine destiné aux nombreux vêtements qui seront faits de lui. 
La production mënogienne des êtres individuels (cisân) j vise 
donc le germe, et la création (dahim) gëtikienne des corps vise un 
produit à la manière de ce qui a été dit de la laine et des vêtements 
qui sont faits de lui. 



277 SUR CE QUI EST ANTÉRIEUR A L'ACTION CRÉATRICE, CE QUI LUI 
EST SIMULTANÉ, ET CE (OM.) QUI LUI EST POSTÉRIEUR. (B. 221 ■ 

M. 290.) 

/Ce qui est antérieur à l'acte créateur (dâtârîk), <c'est le 
Créateur mémo ; ce qui est simultané avec le Créateur même, 
c'est le temps délimité qui est compris (hambast) par la création ; 
et ce qui est postérieur à l'acte créateur, c'est l'activité de la créa- 
tion jusqu'à la Fraskart. 



CHAPITRES 275 a 279 



277 



278 SUR CE QUI EST EFFICACE POUR CONDUIRE A LA SUPRÊME EXIS- 
TENCE, ET SUR CE QUI A SI ME LE PLUS VERS LA PIRE DES EXIS- 
TENCES. (B. 221 ; M. 290.) 

- r2 / Ce qui est efHcace (kargar) pour conduire à la suprême exis- 

tence est la discipline (srôsdàrih) dont les principes sont l'humilité 
(adarîh) et l'obéissance (farmânbarth) à l'autorité du souverain qui 

h est le Zaratustrotom du temps. Ce qui abîme le plus / vers la pire 
des existences ; c'est l'association (apàk rastakik) avec la mauvaise 
religion, la non-humilité et la désobéissance ( x aèurtframânîh) 
dans le rejet de l'autorité (zat dastvarih) du souverain qui est le 
Zaratustrotom du temps. 



279 SUR LES SIGNES QUI INDIQUENT QUE LA ROYAUTÉ S'EN TIENT 
A SON GERME OU S'EN DÉTOURNE. (B. 221 ; M. 290.) 

18 I <Les signes > que la royauté s'en tient à (rasisn ô) son germe 

sont : l'accroissement de l'asn xrat demeure (?? tnëhân) du 
xvarrah, la paix, la clémence célébrée et sainte des grands à l'é- 
gard des petits, la docilité (hunigôsïh) des petits à l'égard des 
grands, une grande force au service du bien, abondance de nais- 
sances de fils mâles et peu de mortalité parmi eux. 

Et les signes de ce que la royauté se détourne de son germe, sont 
le déclin de la sagesse et du caractère, la persistance d'une puanteur 
étrangère (yudt gand), l'étroitesse (^kahënîtàrïh) et la discorde 

p. 222 en tre (rois), / le dédain ( dusaparîh) des grands à l'égard des petits, 
l'indocilité des petits par rapports aux grands de toutes sortes 
(mas ut mas), peu de naissances d'enfants mâles, au milieu d'une 
forte mortalité contagieuse (patvisim?). 



278 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



280 Sur la parfaite réception de la parole. (B. 222 ; M. 291.) 

Est accomplie (frazaftak) la. parfaite réception de la parole quand, 
étant de belle forme (huiâst karpik) et de pure véracité, provenant 
du discours d'un dasîur sûr (ôsîvar) par le canal ( x vitàrakik) 
d'une langue en qui Ton puisse se fier entièrement, / par suite de 
l'examen (nikïriiarïh) concordant des sages, on est sauvé par un 
discours fait en son temps. 



281 Sur les signes de la Justice et de la druvandîh. (B. 222 ; 
M. 291.) 

En général le signe de la Justice est le bon renom (husravik), 
et celui que la druvandîh est le mauvais renom ( x dussravîk) . 
I Et ce qui est propre à la vision (' Â vënisn) mênôgienne portant 
sur les Justes ( x akravân), c'est l'embrasement (vaxsiïn) de la Jus- 
tice sous forme lumineuse (pat rôsn karp) au-dessus des demeures 
(^-katakàn??), le lieu de l'âme étant vers le haut ; et pour celle qui 
porte sur les druvand, c'est l'émission vers le haut ( ûl ôzisnîh) 
d'une ténèbre sous forme de fumée au-dessus de leur tête (kamàr) . 
Et cet embrasement de lumière venant des Justes /, comme aussi 
cette émission de fumée provenant de la tête des druvand, celle du 
plus Juste comme celle du plus druvand, est de la hauteur d'un 
homme assis (nisast), selon la Révélation de la Dën. 



282 Sur le germe des hommes parmi les hommes, et, parmi 
les ROIS, les germes des rois, nobles, plus nobles et très 
nobles. / (B. 222; M. 292.) 

Le germe de tous les hommes est Gayomart. Le germe noble 
( x vâspuhrakàn) en Gayomart est celui des rois. A partir de Fravâk, 
il se divise entre ses 4 fils (zahak) : Hôsang, / Angât, Ayangat 
et Tâj. De Hôsang, le plus noble germe est Erij, l'ancêtre ( x nyâk) 
des Iraniens. Le très noble (vaspukrakântom) est venu en Manùs- 



CHAPITRES 280 A 283 



279 



cïhr, son descendant, fait (kart) par le yazat Neryôsang, et souve- 
rain de l'Eran. Dans le germe de Manûscïhr, fait miraculeuse- 
ment (varzkariîh) par le même yazat Nëryôsang, Kay Kavât 
qui fut aussi l'ancêtre de Kayanides. 

Là où la royauté durera longtemps (dërpatày), elle viendra de 
ces 4 fils. Et si elle leur échappe en partie (bahrik), même alors 

p. 233 elle se fondra de nouveau dans une de / ces 4 royautés filles. La 
royauté des Kayanides comme aussi celles de Manuscihr et de 
Hôsang rejoindront la Fraskart d'une façon ininterrompue (avt- 

s sânisnik). A /son approche, ces 3 germes de la royauté, fondus 
entre eux, seront portés au faîte (bàrhtanihast) dans la royauté sur 
les mêmes sept kisvar en la personne de Kay Husrôw. C'est révélé. 



283 SuR CE Q UI EST LE MEILLEUR P0UR LES R0IS DANS LEUR R0YAUTÉ 
et ce qui est le pire. (B. 223 ; M. 292.) 

/Ce qui est le meilleur pour les rois dans leur royauté, c'est d'être 
grands en xvarrah (xvarrah masân) et par l'asn xrat qui engendre 
la loi ; et le... de la prospérité, la pleine satisfaction de la 

royauté qui... (repousse? tus) la calamité (vitang), ce 

qui met le monde au large, protège les créatures, dont la joie est 
le principe et le salut le fruit, c'est la générosité qui brille au loin. 

Ce qui est le pire pour les rois dans leur royauté / est en premier 
le mauvais xvarrah (dusfargik), la malice (*akïh), la convoitise ; 
et ce dont la concupiscence dévoyée (aràs) est le bourgeon (mskof), 
ce qui secrète la non-loi (adât cargât), les ténèbres de la pauvreté 
qui affaiblit les créatures, et cause la perte de la royauté (xvatayih 
ôs), ce dont les fautes sont le principe, ce qui est plein de culpabi- 
lité, de calamités et de destruction, ce qui met le monde dans 
l'angoisse, affaiblit le secours et fortifie l'adversaire, / c'est l'avance 
(xpanîh) qui s'insinue rapidement. _ / 

En sorte qu'un sage roi a dit que, par leur grande générosité 
attentive, les rois immortalisent (anôsakënend) la force de la royauté, 
nourrissent et accroissent les créatures, organisent et ornent les 
kisvar, enflamment et élèvent leurs proches, humilient (*pafâs- 
rend) et repoussent les ennemis, et s'acquièrent/ avant tout la 
grandeur, et tout le bonheur du gëtï et du mënôg. Tandis que, 



280 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



par leur avarice n^nse-petit ( gisnak-mmimihâ ) , ils pervertissent 
et détruisent la royauté, affaiblissent et réduisent les créatures, 
appauvrissent (fsônend) et enlaidissent les kisvar, dépouillent et 
renversent leurs proches, appuient et poussent leurs ennemis et 
/ bouleversent hzihôrdk y viskanend) complètement toute la marche 
des deux (mondes). 



284 Sur le caractère limité de la connaissance et du pouvoir, 
l'indivision et la division du temps, l'essence du temps 
indivis et du temps divisé. (B. 223 ; M. 293.) 

/ De même que la connaissance (dânisn), portant sur ce qui est, 
ce qui (a été et) ce qui sera (om.), est toute limitée (sâmànômand) , 
tout pouvoir ( tuvàn), portant sur ce qui est possible, est, comme le 
possible, délimité (kanàrakômand) . Cela est patent. Mais le carac- 
tère limité / de la connaissance de tout et du pouvoir sur tout nous 
indique ce qu'est l'indivision (akanârakih) : en effet, le temps, 
principe des êtres créés, est l'éternité d'Ohrmazd, et sa divisi- 
bilité (kanârakômandih) est possible ^puisque la création/ est 
dans un temps discret (brïnômand). L'essence ( x xvatih) du temps 
indivis (akanârak) est la durée (drang) éternelle non divisée (abrîn) 
par le passé et le futur ; l'essence du temps divisible (kanàrakômand) 
est la durée successive (sacimik) divisée par le futur et le passé. 



285 SuR CE Qui est nécessaire pour que l'action méritoire 
/reçoive sa récompense et ce qu'il faut pour qu'elle 
parvienne a l'acte. (B. 224 ; M. 294.) 

Les éléments nécessaires pour que l'action méritoire reçoive sa 
récompense et ce qu'il lui faut pour passer à l'acte sont au nombre 
de 4 : 

Reconnaître l'opération en tant qu'acte méritoire, car ( x cë) 
quand l'opération n'est pas reconnue comme acte méritoire, / elle 
n'est pas faite selon les règles ( dastvarihà) , et quand on la fait, 
bien que ce soit un acte méritoire, la récompense qui lui revient 
n'est pas acquise. 



chapitres 283 a 286 



281 



2) Y mettre sa volonté, car quand la volonté n'y est pas, même 
si on reconnaît l'opération comme acte méritoire et qu'on l'exécute, 

>2 parce que faite sans volonté elle sera sans récompense /'. 

3) Le pouvoir de l'exécuter, car même si on reconnaît l'opération 
comme acte méritoire et qu'on y a mis sa volonté, mais que le 
pouvoir de l'exécuter n'y est pas, l'action méritoire ne parvient 
pas à l'acte. 

4) L'énergie (tuxsàkih) dans l'exécution, car, même si (' A kad.c) 
i$ on reconnaît l'opération comme méritoire et qu'on ait /la volonté 

et le pouvoir de l'exécuter, mais qu'on ne puisse y mettre de l'éner- 
gie dans l'exécution, l'acte méritoire ne parvient pas à l'acte. 

Quand on reconnaît l'opération comme acte méritoire, et qu'on 
y met sa volonté et son pouvoir pour l'exécuter et qu'on y met 

18 autant d'énergie qu'on le peut, la récompense / que réclame l'acte 
méritoire parviendra à l'acte. En bref, pour que l'acte méritoire 
parvienne à l'acte, il y faut 2 éléments : le pouvoir et l'énergie ; 
car la reconnaissance de l'opération comme acte méritoire et la 
volonté qu'on y met rentrent sous le pouvoir, et l'énergie est 
nécessaire, comme dit l'Avesta : « Le pouvoir et l'énergie sont les 
forces (viràn) suprêmes » ; ce qui atteste qu'il y a plus de 4 élé- 
ments, à savoir : la connaissance et la volonté, qui sont les instru- 
ments du pouvoir, la « voie ouverte » (et qui sont ceux 

p. 225 j e ) l'énergie, en tout / 6. 



286 Sur la Mesure que les dëv otèrent aux hommes et que 
Yim leur rapporta, / révélé d'après l'enseignement de 
la Bonne Dën. (B. 225 ; M. 295.) 

Toute activité est rendue profitable par la Mesure et est abîmée 
(tapàhïh) et rendue inefficace par l'excès et le défaut. La recti- 
fication de la Mesure par l'intellect inné qui est la Mesure du 

Créateur /dans les créatures. Ce qui est en dehors de la justice 
(yudt x dâtistànîh) , et notamment ( y -nâmcistik) l'excès et le défaut 

<provient> de la concupiscence dévique, adversaire de l'intellect 
inné. Toutes les fois (hamë kad) que, chez les hommes, l'intellect 
inné divin (yazatik) prédomine (cêr) sur la concupiscence dëvique» 



282 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



i' y a clicz les hommes triomphe de la Mesure et de la justice, 
affaiblissement (nizârïh dahisn) de l'excès et du défaut, / et un 
.heureux état (hûp astisnîh) . Le Créateur surélève (agrêyênii) 
parmi les hommes l'intellect inné du souverain pour qu'il vainque 
pai là la druj qui a la plus forle concupiscence, les hommes la 
frappant ( ^snàhakïk) avec vigueur et par le bon gouvernement 
de l'intellect inné / et que par eux (l'homme) soit arraché y -(angë- 
zênàt) au pillage.... (hac zruftakïhâ... ? varan) de la concupiscence, 
pour que soit reçu chez les hommes le précepte asnôxratîque, 
que soit propagées parmi eux justice et Mesure, et que la création 
(dàtn) soit installée (vënârihât) en tout bonheur. 

Avant que Yim n'ait accédé à la royauté, en raison du pillage 
/' des dëv l'intellect inné s'était affaibli chez les rois, la concupis- 
cence prédominante, l'excès et le défaut venant de la concupiscence 
des dëv avait saccagé la Mesure venant de l'intellect inné divin. 
Ainsi l'homme, devenu semblable aux animaux sauvages (dot) 
et au bétail (gâv), les préceptes lui ayant traversé l'oreille (sût 
andarz andar gôs), demeurait prostré (ôpastak). Et du fait de la 
terrible / prédominance de l'excès et du défaut sur les hommes, ils 
se trouvaient étrangers ( anûtak) à la Mesure dans l'agir, le manger, 
le don et la possession et autres comportements, et le monde était 
renversé de sa base ( x bun?). 

De même, il est révélé que par suite de la décadence (frac 
vastakik) de l'intellect inné divin / déclinant du milieu des hommes, 
de la prédominance de la concupiscence dëvique, de la disparition 
croissante (vës anaftakih) de la Mesure asnôxratienne et de la 
justice du monde, de la longue permanence / de l'injustice dans le 
monde, de l'excès et du défaut dus à la concupiscence, le monde 
connaissait dévastation (avërânîh) et bouleversement. 

A la venue de Yim, la royauté, par une indication (nimëz) de la 
volonté du Créateur, commença par soustraire les hommes à la 
domination des dëv (dëv martom apàtaxïâyënëî), par délivrer 
l'intellect inné divin de îa concupiscence dëvique dévoyée, (arasai 
et examina (nikïrët) le moyen (de soustraire) la Mesure asnôxra- 
tienne de Dieu à l'excès et au défaut venant de la concupiscence 
dëvique, afin que, par l'affaiblissement des dëv du fait que les 
hommes étaient soustraits à leur domination insensée (? aras), 
par l'accroissement recommencé (apâc) de l'intellect inné divin 
et le triomphe sur l'excès et le défaut dëvique, /la Mesure et la 
justice asnôxratîque, grâce à la défaite de l'excès, du défaut et de 
l'injustice, aient dans le monde puissance, resplendissement et éclat 
(bràk), et que le monde en fait soit restauré (vëràyisn), orné 
(përâyisn) et élargi. Par un grand miracle (varz) et le xvarrah 
du Créateur, il fut emporté ( apar barend) corporellement vers 



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283 



9 l'enfer ; / pendant 13 hivers, (cherchant) un moyen secret il 
courut dans l'enfer en forme de dëv, par lequel les dëv furent 
vaincus. Les hommes furent soustraits à leur domination, il 
l'emporta à nouveau sur les dëv par des moyens merveilleux et 
habiles (nëzùmân) , frappa les dëv avec ce même instrument et les 

i 2 vainquit. / Ils furent privés de leur autorité sur les hommes et 
éloignés (dûrënït) d'eux. Par ce (moyen) il ôta la prédominance 
de la concupiscence dëvique sur les hommes, affaiblit l'excès et le 
défaut venant de cette concupiscence, fit croître chez les hommes 
le divin intellect inné, rendit triomphantes parmi les créatures la 

15 Mesure et la justice asnôxratique, / et ainsi restaura (pat apàcik 
kart) les hommes d'Ohrmazd qui avaient été soumis à la mort 
(margënît ?) . Telle est la Révélation. En matière d'explication 
(•cicàrim dàtistàn), voici ce que dit la Dën au sujet de Yim : « On 
le retira ( ûl barend) d'entre les dëv ; et il ramena aux hommes 
(apâc âpurt) l'avantage de tout yast non offert (ayast), et tous les 
troupeaux non élevés (afsônisn) et toute prospérité (patexvîh) 

18 et / la certitude renforcée (frac *vàvarikânïh) de l'intellect inné 
donnée aux hommes par le Créateur, et tout agrément (xvârïh) 
et la Mesure qui engendre la justice ; et du milieu d'eux il ôta 
la concupiscence dévoyée ( aràs) et toute iniquité productrice 
(cârgar) d'excès et de défaut, qui ne ressemble en rien à la doctrine 

21 éternelle (jàvitân kës).j 



287 /Sur les 10 conseils donnés aux hommes par Yim aux bons 

TROUPEAUX, ET LES 10 PROFÉRATIONS DE DaHÂK, LE RÉDUCTEUR 
DE LA CRÉATION, A L'ENCONTRE DE CES CONSEILS. (B. 226; 

M. 297.) 

/Productions de l'intellect inné, avantage des créatures, objets 
de l'approbation (pasand) de la Bonne Dën, volonté du Créateur, 
tels sont les 10 conseils donnés aux hommes par Yim aux bons 
troupeaux (huramak) . 

1) Que le Créateur du monde (om.) n'est pas le destructeur 
du monde, / le penser, le dire, et s'y tenir fermement. 

2) Ne sacrifier (yastan) aux dëv pour aucune prospérité (reçue). 

3) Exalter (masënïtan) la loi au milieu <des hommes > et s'y 
tenir fermement. 



284 



LE TROISIEME LIVRE DU DÊNKART 



4) En to-ite chose se conduire selon la Mesure et en éliminer 
excès et défaut. / 

5) Manger fraternellement (brâtarvàr) , comme des frères. 

6) Agir en père (pitvâr), comme un père pour ses enfants : 
beaucoup agir, peu ( x kam) enseigner. 

7) ïî donna ie conseii de donner à ceux qui en sont dignes 
(arzânikàn) comme pour soi (xvësvâr), car un chacun n'est 
pas rassasié des dons qu'on lui fait à lui-même. 

8) Ne pas ( x në) faire de dépenses, / en été, mettre la main (dast 
sâxtan) à engranger pour engraisser (frapîhisn) hommes et bêtes. 

9) ïl donna le conseil d'émasculer (gund vaxtan?) bœufs, boucs 
et moutons dont on n'aurait pas besoin ( andar në apâyèî ) parce 
qu'ils étaient difficiles (pat dusvârik), pour le plus grand avantage 
des hommes. 

10) Ne pas abattre les bêtes avant qu'elles ne viennent à la saillie 
( nazdvarih) / — ainsi moutons et boucs ne viennent à la saillie 
qu'à 4 ans — la loi de la saillie étant un accroît en têtes (tan) de 
bétail, moutons et boucs, jusqu'à 4 ans, à 4 ans l'accroît naturel 
s'élève au maximum, pendant 4 ans la saillie se maintient, et 
/ décroît à partir de là. 



288 LES <10 CONSEILS > AU DÉTRIMENT DES CRÉATURES (OM.), 
RÈGLE DE DaHÂK A LA VOLONTÉ DE DËV ET RÉDUCTEUR DE LA 
CRÉATION, A L'ENCONTRE DE CES 10 CONSEILS DONNÉS PAR 
YlM AUX BONS TROUPEAUX AU PROFIT DES CRÉATURES. (B. 227 ; 

M. 298.) 

1) A l'encontre de ce que dit Yim, que le Créateur du monde 
18 j n'est pas le destructeur du monde, Dahâk dit que le Créateur du 

monde est bien le destructeur du monde. 

2) A "encontre du conseil donné par Yim de ne sacrifier aux dëv 
pour aucune prospérité du monde, Dahâk proféra qu'il fallait 

21 sacrifier aux dëv pour toutes / les prospérités du monde. 

3) A l'encontre du conseil donné par Yim d'exalter la loi au milieu 
des hommes, Dahâk dit que la loi était d'un jugement renversé 
et proféra qu'il fallait réaliser et poser l'injustice sous le nom de 

p. 228 j us tice /. 



chapitres 287 A 288 



285 



4) A l'encontre de ce que dît Yim, de se conduire en tout selon 
la Mesure, Dahâk proféra qu'il fallait en toute chose jeter excès 
et défaut/. 

5) A l'encontre du conseil donné par Yim au sujet du manger, 
Dahâk enseigna le jeûne (rôzak). 

6) ... Dahâk donna le conseil de retenir ce qui était donné 
( ? ? dâi dâstan ) . 

7) A l'encontre du conseil donné par Yim de donner à ceux 
qui en sont dignes, Dahâk donna ordre de les dépouiller de tout. / 

10) <A l'encontre> du conseil <donné par Yim> de ne pas 
abattre les bêtes avant qu'elles ne viennent à la saillie, Dahak 
enseigna à abattre les bêtes librement (harzak), selon la coutume 
des juifs. 

9) A l'encontre du conseil donné par Yim d'émasculer les bêtes 
qui sont difficiles et dont les hommes n'ont pas besoin / , pour le 
plus grand avantage des hommes et des bêtes, Dahâk donna le 
conseil de châtrer (sâpistan kartan) et de faire une marque ( x drô- 
sitan. om. bun) à tout fruit (mëvak mévak) de l'homme et de la 
femme ( X NYSH) selon la doctrine des juifs. 

8) A l'encontre du conseil donné par Yim de ne pas faire de 
dépense (uzënak) en été et en hiver, / mais d'engranger (hambâr 
sâxtan), Dahâk, avec une haine impitoyable dans l'esprit, dit qu'il 
fallait engranger et, au bout de 9 générations (avâtak), les donner 
en échange (tôxtan). 

Par ces 10 conseils pour le dommage des créatures à l'encontre 
des dix conseils donnés par Yim à l'avantage des créatures, il 
inaugura (bun kart) le Livre de la Loi ( x oraytak nipik) et ordonna 
qu'on le conservât à Jérusalem (ôrislem). j Après quoi Abraham, 
le maître des Juifs, mit cela en pratique (kâr patis kart) ; Moïse, 
le troisième que les Juifs tiennent pour prophète (vaxsvar), le 
termina, et Josué bar Nun qui fut le disciple ( x hâvist) de Moïse, 
le propagea (ravâkënêt) ; c'est ce qu'ils disent. Et tous les juifs 
tiennent (ce) troisième / comme étant leur bien propre (andar 
xv ës bahr dârend) et croient en lui. 



286 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



289 Sur le don de la royauté, et sus le bon et le mauvais 
en elle. (B. 22S ; M. 299.) 

/ Le don de la royauté a été fait par le Créateur aux êtres dotés 
de la puissance de connaître et agissant volontairement, tels qu'ils 
se limitent dans la lignée ( x srâtak?) à une même race; et pour 
cette même raison (hoc kam x cim) l'homme est appelé / dans 
l'Avesta « ax-v (ahû) i asiomanà », dont l'interprétation est (om.) 
« personne royale ». C'est là le vrai propre de l'homme, car / tout 
homme est roi corporel, et tout roi corporel est homme. 

La raison du don de la royauté aux hommes est pour que, en 
prenant la tête des autres créatures du gëtï qui sont en arrière, par 
la puissance de connaître et la volonté de l'homme, les autres 
axv i asiômand soient promues et / enseignées, qu'elles rejoignent la 
Fraskart en légions (hamspâhihà) ayant vaincu la druj, et que la 
Fraskart se produise dans les mondes (axvân) selon la volonté du 
Créateur tout- puissant. La royauté des hommes est aussi bien 
celle qui s'exerce sur la maison, le village ( y -MT'), la ville et le 
kisvar/ , de par l'œuvre (tâxsisn) et le don du Dieu (bag) miséri- 
cordieux, omniscient et tout-puissant, que celle que l'homme 
exerce sur lui-même. 

Le bon et le mauvais (hu~dus) dépendent de l'action : celui dont 
l'action est en prédominance vertueuse a nom de « bon roi » : 
tel Yim ; celui dont l'action est en prédominance péché a nom 
de « mauvais roi » : / tel Dahâk. 



290 Sur ce en quoi se résument la justice (dâtistan) et la 
noblesse (âzâtik). (B. 229; M. 300,) 

Ce en quoi se résume la justice : ne pas introduire une action. 
judiciaire (pësimârîk raften) contre quelqu'un en portant aussi 
atteinte (bësïtârïh) à sa vie ; et que celui qui / introduit une action 
judiciaire contre quelqu'un en attentant aussi à sa vie, autant qu'il 
est en son pouvoir, qu'il ne lui porte pas atteinte avant une contes- 
tation légale (dâtîk patkàrtan) . 

Ce en quoi se résume la noblesse : satisfaire d'une façon conve- 
nable, en donnant le premier (pës dàsnïk.c sacakïhà) ses semblables 
et parents (xvësân hamdakisnân) qui, par la faute de leur parenté 



CHAPITRES 289 A 291 



287 



(pat axvëskârik hac xvësân spahïh) / n'ont pas bénéficié de l'aide 
de ceux qui n'étaient pas leurs parents (ô a. xvësân ayyârïh m 
mat ëstênd) ; c'est ce que l'Avesta, plein ( x spûr) du Bon Esprit 
( x manvahmatik) résume d'une façon très précise ( dàramaktôm) 
sous le nom de xvëtôdas. 



291 Sur ce que le Créateur, quand les créatures sont misé- 
rables EST MISÉRICORDIEUX A L'ÉGARD DES CRÉATURES EN 

écartant d'elles la misère et en exerçant sa puissance 
<sur> la misère qui affecte les créatures. (B. 229; 
M. 301.) 

p. 230 j L e Créateur étant ce qui est le plus approprié aux créatures 
(dâm xwhar), est de ce fait plus miséricordieux ( x apokzsntârtar) 
à leur égard qu'un père à l'égard de l'enfant qu'il a engendré. 
Comme un père pour ( x râd) son enfant veut d'abord non la 
misère mais le bonheur conforme à la nature, à plus forte raison 

3 ( ëtôntar) / en est -il du Créateur à l'égard de sa création : les défauts 
(ahôk) et misères qui sont dans les créatures ne proviennent pas 
de la création du Créateur, ami de ses créatures, mais de l'ennemi 
du Créateur, adversaire de sa création, tout comme la misère qui 
atteint l'enfant ne vient pas du père, ami de son enfant, mais de 

6 l'ennemi du père et/ de l'enfant. 

Et il se peut (sâyët bût) que (le Créateur) soit plus puissant 
(tuvânLCD = tuvântar) en ne pouvant retenir (apâc vitastan) ou 
faire que les créatures n'aient dans la lutte aucune misère, mais 
en les sauvant de l'oppression ( ostâpïh) et en les faisant parvenir à 
l'éternelle félicité, la fin de la lutte étant la défaite de l'Assaut 

9 oppresseur et la récompense venant du secours/ du Créateur. Le 
Créateur créa originellement (bun dâî) les créatures dans une 
plénitude de vie pour vaincre ( ô x vânïtan) chacun de leurs maux, 
toute créature repoussant par sa nature l'oppression venue d'un 
principe extrinsèque. C'est révélé. 

Les docteurs qui ont la doctrine des juifs, pour qui les défauts 
et misères qui sont dans les créatures du gëtï viennent du Créa- 

12 teur de la création / , sont en contradiction avec ce qu'ils avaient 
déclaré au sujet de la miséricorde du Créateur, et prescrit ( andar- 
zënît), à savoir de faire non la faute qui cause la misère, mais 
l'acte méritoire qui produit le bonheur. 



288 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



292 LA DIVERSITÉ DES PRINCIPES DE LA LOI ET DE LA VIOLENCE 

(musi). (B. 230 ; M. 302.) 

/ Le principe de la loi (dât) est la sagesse (âânâkïh) ; le principe 
de î.i tagesse est l'intellect inné ( asn-xtatj et l'intellect inné est une 
production (àpurisn) du créateur parmi les créatures. Le principe 
de la violence est l'Ignorance, le principe <de l'Ignorance > est 
la concupiscence, et le principe de la concupiscence, de l'Igno- 
rance et de la violence ne saurait être le Créateur qui les aurait 
faites dans le monde, mais il faut que c'ait été d'un autre. / Cette 
loi et tout ce qui est né (zahak) de la loi est de la main (YDH. ou 
GHD xvarrah?) de Dieu. Tout ce qui est rejeton de la non-loi 
est manifestement d'un autre principe. 

Le principe de la bonté est meilleur que la bonté qui provient de 
lui, et le principe de la malice est pire que la malice qui provient 
de lui : ainsi, l'intellect inné dont provient îa sagesse est meilleur 
que la sagesse / qui provient de l'intellect inné ; la sagesse, dont 
provient la loi est meilleure que la loi qui provient de la sagesse. 
Et la loi, dont les rejetons sont toute espèce de Justice et de pros- 
périté mënogiennes et gëtïkiennes qui proviennent d'elle, / est 
meilleure que toute espèce de Justice et de prospérité qui pro- 
viennent de la loi. 

Le principe d'où provient l'intellect inné, summum de toute 
bonté et, de proche en proche (pat patvand), de toutes les autres 
bontés / est meilleur que l'intellect inné d'où provient toute bonté. 
Et la concupiscence d'où provient l'Ignorance, est pire que l'Igno- 
rance qui vient de la concupiscence. Et l'Ignorance, dont provient 
la non-loi, est pire que la non-loi qui provient de l'Ignorance. 
Et la non-loi, dont proviennent les rejetons de / la non-loi, à savoir 
le mensonge et la misère et tout malheur mënogien ou gëtîkîenj 
est pire que tout dommage et malheur funeste (bës) mënôgien 
ou gëtikien qui provient de la non-loi. Le principe d'où ( x kë) 
proviennent la concupiscence, qui est le plus grave de tous les 
malheurs et, de proche en proche, tous les autres malheurs, / est 
pire que la concupiscence d'où proviennent tous les malheurs. 

Et les docteurs dont la doctrine est que les choses ont un prin- 
cipe unique et que îa loi et la non-loi ont un principe commun, 
disent que ce principe est pire que tous les autres maux, lui dénient 
la qualité de Dieu ( x yazatïh) et de Spanak Mênôg, et lui attri- 
buent celle de dëv et de Gannâk Mënôg. 



CHAPITRES 292 a 294 



289 



n 293 / Sur ce que le mal qui est manifeste dans les créatures 

NE PROVIENT pas de l'être DE Dieu. (E. 231 ; M. 303.) 

La parfaite pureté (bavandàk pâkîh) de la volonté consiste en ce 
' 5 qu'on ne veut pas que soit — et, lorsqu'elle est, veut que ne /soit pas — 
la première malice (vatïh),l& volonté étant absolument (apëcak) 
pure de malice. Et comme Dieu a une volonté absolument pure de 
malice, il est certain que le mal qui est manifeste dans les créa- 
tures ne provient pas de la volonté ou de l'acte créateur (dahisn) de 
!S l'être (hastïh) dé Dieu. Et puisque Dieu / est absolument pur de 
tout principe mauvais, et qu'il en est du principe du mal comme 
du principe du bien, il est évident qu'il y a un autre principe cons- 
tant (ôstikân) duquel ( x kê) provient le mal, comme il y a un prin- 
cipe, constant dans sa nature de principe (pat bunih), duquel pro- 
vient le bien. 

Les docteurs dont la doctrine est que le mai manifeste dans les 
créatures vient de soi (xvatïhâ) de l'être de Dieu et lui est, de quel- 
que façon, lié (pat cis.c ràs avis patvastak), disent que la volonté 
p. 232 j e Dieu est souillée par le mal ; et puisque la divinité / est consti- 
tuée (vënârïhît) par l'absolue pureté de la volonté, tandis que la 
dëvité l'est par la souillure de la volonté du fait du mal, c'est donc 
qu'ils lui dénient la divinité ( x yazatïh) et lui attribuent (apar 
xguft) la dëvité. 



294 Que Dieu veut que les hommes le connaissent, et que les 

HOMMES VEULENT LE CONNAITRE. (B. 232 M. 303. y) 

Qu'Ohrmazd le Créateur veut que l'homme le sonnaisse est 
manifesté / par le fait que tout homme participe (bakrênët) de la 
capacité (nërôk) de connaître Dieu, et que, dans la Dën, la connais- 
sance de Dieu est le premier et principal commandement ( andarz). 
Et le vouloir de tous les hommes ne tend (àhangik) pas seulement à 
connaître Dieu, mais aussi à connaître les autres choses / qu'ils ne 
connaissent pas. Et un des anciens Sages (a dit) : à cause de la des- 
truction de ces deux capacités, du fait que l'homme est vicié par la 
convoitise, la sensualité, la peur ( x vaharïk), la paresse, la négli- 
gence (sûtakih) et les autres vices drujiens, l'asn-xrat qui préserve 
la capacité de connaître Dieu est ôté et, en conséquence, l'énergie 



290 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKAET 



/ de l'asn-xrat à apprendre des hommes. Le créateur de l'asn-xrat 
a prescrit à l'homme l'énergie à apprendre, et qu'il ne convient pas 
que j'asn-xrat et l'énergie à apprendre soient abolis et détruits 
par la sensualité et les autres vices. 

Et les docteurs Hunt (-"la) doctune esi que c'est Dieu qui a fait 
dans l'homme la sensualité et les autres vices qui suppriment et 
détruisent / (aparàk ut mzâyak) la capacité de l'asn-xrat à apprendre 
avec énergie, l'Ignorance et le besoin de commettre le péché, 
leur dieu est un dieu malfaisant, et cela revient à dire que l'homme 
ne veut pas connaître Dieu et commettre les actes vertueux, mais 
qu'il veut ne pas / connaître Dieu et commettre le péché. 



295 Sur le brigandage des 5 facteurs drujiens dans les per- 
sonnes qui ont subi l'Assaut, leur constitution et leur 
expulsion. (B. 232 ; M. 304.) 

Il y a un brigandage (râsdârih) des 5 agents drujiens (drûjih), 
par lequel ils deviennent plus violents ; ce sont la tyrannie (sâs- 
târih), l'hérésie (ahramôkih) , le meurtre (margïh), la débauche 
(jahih) et la sorcellerie (yâtûkîh). Leur constitution (vënâribi) 
33 vient, pour la tyrannie, / principalement de l'ambition (àzvarïh), 
pour l'hérésie (ahramôkih), principalement d'un caractère dissi- 
mulé ( x nîkân xëmîh) ; pour le meurtre, principalement d'un esprit 
vindicatif (kënvarïh) ; pour la débauche, principalement de l'envie 
( ariskih) ; pour la sorcellerie, principalement du mauvais œil 
duscasmïh) . / 

Leur expulsion (anàfisn) vient, pour la tyrannie (oie.), principa- 
lement par l'accroissement (masëniian) dans la personne du con- 
tentement (konsandih) : quand la vertu du contentement s'est accrue 
dans la personne, le vice de l'ambition est vaincu dans la personne, 
et la tyrannie drujienne en est expulsée ; pour l'hérésie, principa- 
lement par l'accroissement dans la personne de l'activité franche 
(askârak varzïtàrïh) j : quand la vertu de l'activité franche s'est 
accrue dans la personne, le vice du caractère dissimulé est vaincu 
( y vânit), et l'hérésie drujienne en est expulsée ; pour le meurtre, 
principalement par l'accroissement dans la personne de la clémence 
(huaparïh) : quand la vertu de clémence s'est accrue dans la per- 
sonne, / le vice de l'esprit de vengeance est vaincu et le meurtre 



chapitres 294 a 296 



291 



drujien est expulsé de la personne ; pour la débauche, principale- 
ment par l'accroissement de l'intention parfaite (bavandak mënis- 
nîk) dans la personne; quand la vertu d'intention parfaite s'est 
accrue dans la personne, le vice de l'envie est vaincu, et la débauche 

-'2 drujienne en est expulsée ;/ pour la sorcellerie, principalement 
par l'accroissement dans la personne du bon-ceil (hucasmïh) : 
quand la vertu du bon œil s'est accrue dans la personne, le vice 
du mauvais œil est vaincu, et la sorcellerie drujienne en est expulsée. 

Celui qui, par une recherche appliquée de cette même / connais- 
sance (âkâsïk) <a passé du rang> de fidèle (burtàr) et de ques- 
tionneur de la Bonne Dën, à celui de producteur ( aburtar) de savoir 
et par là de vainqueur de ces 5 agents drujiens, trouve de par la 

ÎS Bonne Dën, éminente renommée (pakrom sruv), est sauvé/ de 
la plus terrible misère et fait sien le plus haut bonheur. 



296 ^ UR l'essence de l'homme. (B. 233 ; M. 306.) 

L'essence (xvatîk) de l'homme qui est née (??? x zât???) 
dans la personne de l'homme, a dans la volonté un roi, et par la 
volonté est mue en avant (fràcënit) vers les choses et les actes, 
retenue (apàcënït) à leur égard, et dirigée, en ce qui les concerne. 
Ainsi le cavalier dirige-t-il volontairement (pur kâm) son cheval 
en avant (frac-sôgïh) ou le retient-il (apàc-àhanjîh) sous les flancs 
( rânân ) . j 

L'essence qui a puissance ( ôzôrnand) est ce qui est aidé par la 
sagesse (hân i xrat àyâr), et la volonté, aidée par la sagesse, en 
sauvant ce qui est sien, en vainquant son adversaire, et en se condui- 
sant sagement avec lui, triomphe ; comme / est vainqueur ( vân ? ?) 
l'habile ( nêv ) cavalier qui, en frappant ses ennemis, conduit 
(son cheval) en avant, et en les évitant le retient (apâc anit). 
L'essence privée de sagesse, la volonté ignorante (adânihâ) pour 
son propre dommage et l'avantage de son adversaire, n'a plus 
prise sur rien (agrav harvisp), tout comme le mauvais / cavalier 
que son adversaire, sur son cheval, frappe à mort (ô ôs). 



292 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



297 - iat hœigariïkik) . Sur l'activité de la Bonne <Dën> 

MAZDÉENNE, QUI EMBRASSE TOUT. (B. 234; M. 306.) 

/L'action qui embrasse tout de la Bonne Dën Mazdéenne 
consiste à réduire, parmi les créatures, l'excès et le défaut pro- 
venant de l'Assaut, à la Mesure, salut et bien-être (xvârïk) de toute 
la création. En sorte que, comme le Créateur / envoie la Dën 
Mazdéenne pour vaincre l'Assaut, et, par là, mettre les créatures 
à l'aise ( âsân) t ce qui est utile à la victoire sur l'Assaut, l'opération 
pure des créatures, d'où découle toute sagesse (fi azânoMh) , le 
bon arrangement de chacune des créatures d'Ohrmazd, tout cela 
se résume en une seule chose qui est la Mesure toute puissante. 
Au contraire leur / bouleversement du fait de l'Assaut se fait par 
deux choses qui renferment toute la puissance de la drûj : l'excès 
et le défaut, l'un qui pousse (kasitàrih) au delà de la Mesure, 
l'autre qui retient en deçà, et c'est de là que proviennent la faute 
(astârth) et la mortalité de la créature mesurée d'Ohrmazd. Lorsque 
la création est ramenée de l'excès / à la Mesure ou poussée du défaut 
à la Mesure, c'est l'effet de l'activité sage de la Dën Mazdéenne. 
Elle la sauve de toute misère et la mène à tout bonheur et à pure 
justice, si bien que les Anciens Sages disaient, en suivant / l'ensei- 
gnement de la Bonne Dën, que la Dën d'Ohrmazd tient en un 
seul mot, à savoir Mesure, celle d'Ahriman en deux, à savoir 
excès et défaut. 



298 StJR l'unique savoir (dânim) j par lequel la créature est 

SAUVÉE ET EXALTÉE. (B. 234; M. 307.) 

L'unique savoir par lequel toute créature d'Ohrmazd est sauvée 
de toute / misère, et élevée vers le bien total, c'est la connaissance 
(snâxtan) du miracle du Créateur ; car par la connaissance du 
miracle du Créateur qu'en prennent tous les hommes, ils en vien- 
dront tous à la Dën du Créateur ; et la venue de tous les hommes 
à la Dën du Créateur sera la dissolution de l'Assaut, l'immar- 
cessibilité (apêcakih ) de la créature, / la Fraskart, le corps escha- 
tologîque, le salut et la béatitude plénière de toute la création 
d'Ohrmazd. 



CHAPITRES 297 A 300 



293 



299 S TJR l'arrangement (ârëyisr.) et l'ordonnance (vërâyisn) 
sains et vohumanïens (mnwhmtïk) des chapitres ( y -dara- 
kïkà) de ce livre du Dënkart, enseignement de la Bonne 
Dén. (B. 235 ; M. 307.) 

9 L'arrangement et l'ordonnance sains et vohumaniens des cha- 

pitres de ce livre du Dënkart selon l'intention pure et le profit de 
la Bonne Dën, vient de la doctrine ( x mkêz) même de la parole 
(vâcak) de la Dën, sans mélange de recherche de soi, mesurée à 

w l'autorité (dastvarih) des Anciens Sages, et /la commune vision 
(hamvënisnîh) de l'erpat spirituel (matak?) et sage (dànâk) devient 
(? kart) l'ordonnateur de ce même livre. 



300 S UR CE DONT L'EXCÈS EST PLUS DESTRUCTEUR DE LA SUBSTANCE 

(mâtag) de la Mesure que ne l'est le défaut ; sur ce dont 

LE DÉFAUT EST PLUS DESTRUCTEUR QUE L'EXCÈS ; SUR CE QUI 
COMPORTE EXCÈS / ET NON DÉFAUT ; SUR CE QUI COMPORTE DÉFAUT 
ET NON EXCÈS ; ET SUR CE QUI NE COMPORTE AUCUNEMENT EXCÈS 

ou défaut. (B. 237 ; M. 308.) 

Pour la substance de la Mesure : pour ce qu'on apporte à l'homme 
pour l'intérieur de son corps en fait d'accroissement ( x frâs dâsn) j et 
d'entretien (dârisn), l'excès est plus destructeur que le défaut. 
Et pour ceux à qui les moyens domestiques (mêhàn afzârïk) sont 
nécessaires, le défaut est plus destructeur que l'excès. Pour les 
choses du gëtî qui ne comportent pas d'excès et qui sont néces- 
saires, le défaut est plus destructeur. Parmi les choses du gëtï 
qui / comportent défaut il y a les dons à ceux qui en sont dignes 
et d'autres actes méritoires. Ce qui ne comporte aucunement 
excès ou défaut, c'est la pure profération des maviïra de la Bonne 
Dën d'Ohrmazd. 



294- 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



301 / SUJÏ LE FAIT DE TENDRE VERS LES DÊN ET D*Y ATTEINDRE. 

(B. 236 ; M. 308.) 

On tend vers la dën gëtikîenne (gëtï dënïh) et on y atteint afin 
de posséder (ayâfJ'.i) le gotï ; par là la / dên du gëtï prend forme 
( dêsakêiiîî) ; et quand ils atteignent ce terme, celui qui a donné 
forme ( x âësakênîtâ?) à la dën du gëtï abandonne cette dën. 

Celui qui tient la dën mënôgienne afin de s'élever jusqu'au 
mënôg, quand il vient au mênôg, s'il l'a bien tenue (hû dâstâr) il 
est livré à l'existence lumineuse, s'il l'a mal tenue, à l'existence 
/ ténébreuse. Et celui (qui l'a) bien (tenue) en recevra éternelle- 
ment ( X L C 'LMYN) des louanges, celui (qui l'a) mal (tenue), éter- 
nellement des souffrances. 



302 Sur ce sur quoi se mesure le jugement du juge mënog 
et celui du juge gétïkien/ (B. 236; M. 309.) 

Ce sur quoi se mesure (handâcim) de jugement (vicïr) du juge 
mënôgien, c'est ce qui est en soi (pat xvatih) certainement condam- 
nable ou acquittable, car à sa vision apparaît clairement qui est le 
propriétaire d'une chose (kë xvës cis), qui usurpe (?? aparkàm), 
qui a l'intention de voler, / qui est véridique et qui ment. Le juge- 
ment du juge gëtïkien se mesure à ce qu'il tient pour certainement 
condamnable ou acquittable d'après des paroles ; car ce qui appa- 
raît clairement à la vision mënôgienne du juge mënôgien, n'est 
pas entièrement / à découvert (ahuftak) à la vue du juge gëtïkien, 
qui tient sa certitude en matière de condamnation ou d'acquitte- 
ment du témoignage verbal du demandeur et du défenseur et a 
coutume de rendre son jugement selon la loi religieuse (dàtik) 
et la loi hâtïk-mânsrïk. 



303 Sur la valeur de la parole. (B. 236 ; M. 309.) 

/ La valeur (drudistîh) de la parole vient de ce que le discours 
est complet (spûrik) comme c'est le cas pour les 3 paroles dites 
au cours de la contestation (patkâr) entre Iraniens et non-iraniens 



chapitres 301 a 305 



295 



(par) l'avocat (yatakgôv) des non-iraniens : 1) la suréminence 

2* (hupahrômih) de la Justice ; 2) pour le bétail, du fourrage ; 3) / pour 
le ravitaillement des voyageurs ( ëvarzîkân tôsak), une route pleine 
de prospérité. Pour déclarer l'éminence de ce discours incomplet, 
Manuscïhr, souverain et avocat des Iraniens, compléta (bavan- 

P- ? 37 dakënët ) j « Justice » par « qui est selon un dastur » ; et « fourrage 
pour le bétail » par « qui est exempt de crainte » ; et « pour le ravi- 
taillement des voyageurs, la prospérité » par « qui est dans la pos- 

3 session des généreux ». Par ce discours complétant / celui de 
l'avocat des non-iraniens, vînt la délivrance des Iraniens et leur 
victoire sur les non-iraniens. Car la Justice qui n'est pas « selon 
un dastur » ne conduit pas au salut de l'âme ; et le fourrage qui n'est 
pas « exempt de crainte » ne mène pas à la protection du bétail ; 

6 et la prospérité qui est en la possession / des méchants qui donnent 
à un prix (om.) excessif, ne conduit pas au ravitaillement des 
voyageurs sans force ( apâtyàvand) . 



304 Sur la Justice qui est selon un dastur. (B. 237 ; M. 310). 

/ La Justice qui est selon un dastur est celle qui est constante 
(ôstikân) dans la vérité Çrâstïh) ; et celle qui est constante dans la 
vérité vient d'Ohrmazd le Créateur, en qui il n'est ni doute (agu- 
màn) ni crainte (anàhr), celle qu'a parfaite sagesse et omniscience. 



305 Sur la vie exempte de crainte. (B. 237 ; M. 310.) 

/ L'homme qui est intelligent (hôsyâr) et dont l'existence est 
exposée à l'opposition ne saurait avoir une vie exempte de crainte ; 
car celui qui échappe à la crainte des loups et monstres n'est pas 
à l'abri de la crainte des voleurs, këk, tyrans, hérétiques et mar. 
j Et celui qui en est exempt ne saurait vivre sans la crainte d'Asto- 
vidât et de tant d'autres adversaires mënôgiens. Mais la vie de 
l'homme constant dans la non-crainte aura lieu dans l'état de 
non-opposition, lors du corps eschato logique. Quant à l'homme 



296 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



qui, / dans le gëtï plein d'oppositions, est peu sensible à la crainte 
(karn bîmihât), sa vie exempte de crainte est due principalement 
à une tendance (àkang) naturelle de l'esprit vers l'état final (abdo- 
mïk) de non-opposition ( x apr'fyârakik) i lors du corps eschato- 
logique. 



3Q6 SUH LA PROTECTION ET LE SALUT DE L'HOMME. (B. 237 ; M. 311.) 

/ Le salut de l'homme se fait par Péminence (pakromïh) de l'âme 
et par la Justice venant de la doctrine (amôk) de la Bonne Dën, 
manifestée principalement par les dires des fidèles (Burtar) de la 
Dën. / La protection de son corps se fait par la prospérité (âpâtïh) 
qu'il faut considérer dans le généreux prospère. Sont généreux 
les 3 suivants : 1) ceux qui aiment la Justice, et leur nom est 
« généreux selon la Dën » ; / 2) ceux qui donnent par amour des 
gens de même race (hamgôrih) et leur nom est « généreux nobles 
(âzâtàk) »; 3) ceux qui donnent par amour des dettes (apâm) 
dans lesquelles ils engagent les autres, et leur nom est / « généreux 
chasseurs » ( naxcîrakân) . Outre ces 3 espèces de donateurs, il y a 
les hommes dont le nom est « méchants avares (pan) ». 



307 S UE CE QUI EN L'HOMME EST LE PLUS HAUT ET LE PLUS BAS. 

(B. 238; M. 311.) 

/ Ce qui en l'homme est le plus haut (pahrom), c'est le savoir 
(âkâsïh) venant de la Bonne Dën ; car il est dit que « la Justice 
est ce qu'il y a de plus haut dans l'âme » (ruvân) ; par elle on se 
sauve de l'enfer et on trouve la plus haute existence (axvân), et 
cela principalement par le savoir venant de la Bonne Dën. / Ce 
qu'il y a îe plus h as en l'homme, est multiple, parce qu'il n'a pas 
de savoir venant de la Bonne Dën ; l'hérétique qui est dans (??) 
dit que le Gannâk Mënôg est l'égal des dieux, et c'est en ignorant 
qu'il récite (ôlmûrst) la Dën. En sorte que celui qui a connais- 
sance d-: miracle (zhdlh) qu'est la Dën Mazdéenne .ae sera pas 
/hérétique. 




chapitres 305 A 310 297 

308 Sur la réponse a l'appel au secours adressé aux (êtres) 
menôgiens. (B. 238 ; M- 311.) 

~ La réponse faite aux hommes à l'appel adressé aux bons dieux 

mënôgiens / est celle qui va aux plus éminents dans les 2 existences, 
^ tel que Zartust qui, selon la révélation, demanda aux Dieux : 

Z=- «■ Donnez-moi cela, à moi qui suis le meilleur dans et sur la créa- 

tion. « La réponse qui vient des mauvais dëv mënôgiens, quand il 
Ï^T arrive qu'elle se produise, va aux plus vils des hommes / dans les 
2 existences, telle celle qui vint à Sarvtak Srûv, plus tard appelé 
aussi Kërmân Dût, lorsqu'il fit appel à Xësm dëv, et celle qui vint 
gS- à Dahâk, le réducteur de la création qui était de la race des Arabes 
§§J> 239 (Tâj) /, de la part du Ganak Mënôg, selon qu'il est révélé. 




309 Sur le xvarrah et le contre-xvarrah (zat-xvarrih) de 
Dahâk sur les hommes. (B. 239 ; M. 312.) 

/ Le xvarrah fom. Dahâk) qui est plus efficace (apariktar) sur 
les hommes comporte ces deux espèces : la plénitude de puissance 
que l'intellect inné a grâce à lui, et l'énergie sûre (* ôstvârïkâ) 
dans (l'accomplissement) du devoir. Et les deux espèces de dus- 
fargih qui s'opposent à celles-ci, sont la présence d'un jugement de 
la concupiscence stupide (mûtak) j et la paresse à faire son devoir, 
qui corrompt le xvarrah. 






310 Sur ce que le principe commun de toutes les vertus est 
la divine Dën Mazdéenne, et de tous les vices, la 
dévique sorcellerie et le Judaïsme. (B. 239; M. 312.) 

/ De toutes les vertus le principe commun (ham zahàkïh) est 
la divine Dën Mazdéenne, et de tous les vices la dëvique sorcellerie 
et le judaïsme : ce qui le démontre, c'est que la Dën Mazdéenne 
promeut (frekdëtâr) le monde tandis que la sorcellerie 
le corrompt. Le contentement, le devoir, /l'énergie, l'intention 
parfaite, la pudeur, la promptitude (arvandik), la clémence, 



298 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



la légalité (dâfikîh), l'habitude de consulter la sagesse (at-ôr. 
pursïtzrîh ? xra*} la docilité (kurJ?ôBk), FhumiHri (èrïh)* k 
magnanimité; h. générosité, la véracité, la recc^ naissance,' le 
regard bienvfiiUrrrrt et ïes avtr-fî vertus unies dans corn- — 
gnj.e (hamvâ.%) d^ ïrï sagesse : rn?'ï force err^-^une d" 1 1 

Dën Mazdéenne/, promeuvent le monde. 

La convoitise, 3'rsprit de venges nce, le manque de sens du devoir, 
la paresse, l'intention perverse, l'insolence (nangvarïh). l'hébétude 
(sturgïk), l'envie, l'illégalité, le fait de ne pas consulter la sagesse, 
l'égoïsme, l'orgueil, l'esprit de karap, l'avarice, le mensonge, 
/ l'ingratitude, îe mauvais œil et les autres vices agissant de concert 
avec le judaïsme et la sorcellerie à base de concupiscence, cor- 
rompent le monde. 



311 SuR (CE qui dispose) aux deux existences : l'ordre (vënârisn) 

DE TOUT BONHEUR, ET LA GRAINE (dâttak) DE TOUT MALHEUR. 

(B. 239 ; M. 313.) 

/ Disposent aux deux existences : l'ordre de tout bonheur, qui 
est la royauté gëtikienne sans défaut, dont la loi (dût) pleine de 
force est la miséricorde (huapârih) éminente (akre) fille d'âsn- 
xrat et enfante /la prospérité de tous les kisvar, la joie, le renom 
élevé et étendu, avec lesquels va la Justice. Et la graine de to.ut 
malheur (bësih) est, dans le gëtï, le contre-bien-être et la pauvreté 
qui sont liés à la druvandïh mënôgienne. 



m*.zd le Créateur, et quelle ttttt sa transfusion de la 
parole. (B. 240; M. 313.) 

L'enseignement d'Ohrmazd par mode de transmission de parole 
( x vaxs) parmi les axv i asîômand s'adressa d'abord / à la pensée 
( m ënisn ) de Gaycmart ; ensuite, par mode de parole et de mani- 



CHAPITRES 310 A 313 



299 



r- 



. 12 



fe station (nimâyim), à Mahry et Mahryani. Le premier conseil 
(andarz) envoyé par un messager le fut à Syâmak, fils de Masi 
et à ses enfants, les messagers étant Vohuman et Srôs. Et cette 
transmission de parole (vaxs burtàr) / prescrivait aux hommes de 
quitter (vixtz) l'Eran Vëz pour les confins (pàtkôs) du monde, 
de traverser une mer sur le bœuf Sarsôk et de parcourir la terre 
de tous côtés. Dès que les axv i asîômand furent arrivés dans les 
sept kisvar, les hommes se multiplièrent (om.) / dans le monde. 




tz: p- 24i 




313 Sur la synergie (hamnëroMh) de la Dën Mazdéenne 
et de l'âsn-xrat. (B. 240 ; M. 314.) 

La connaissance (snâsakïh) et la réception de la Dën Mazdéenne, 
l'asn-xrat par la louange (nyâyisn), et le progrès de l'asnxrat par 
le chant de la Dën Mazdéenne, manifestent la synergie de -la Dën 
Mazdéenne et de l'asn-xrat. En sorte que îe discours (gôvim) 
de la Dën Mazdéenne, c'est cela même qui est l'asn-xrat ; et le 
discours asnxratien de tous ceux qui sont, furent et seront provient 
de / la Dên Mazdéenne. C'est pourquoi l'asn-xrat même est la Dën 
Mazdéenne, et la Dën Mazdéenne même est l'asn-xrat — le fut, 
l'est et le sera. La Dën Mazdéenne est innée ( asnîk) dans la nature 
de tout homme, et par cette force (zôr) s'organisent vérité et bonté 
parmi les existants / « osseux » ( astômand) ; soit spéculativement 
( ôsmurisnik) et par le discours, <soit> pratiquement (varziSnïk) 
et par l'action, la totalité des hommes accède à la vérité et à la 
bonté / et y accèdent tous les existants « osseux ». Et par là s'affai- 
blissent (anâpïhei ) mensonge et malice parmi les créatures, s'effon- 
drent l'armée de la Druj ainsi que les druj, se fait la Fraskart 
dans les êtres, et tout bonheur parmi les créatures / d'Ohrmazd. 
Et les docteurs, du fait qu'ils ont reçu la doctrine sans qu'elle ai. 
été mise en présence de l'asn-xrat, mais sous le regard de la concu- 
piscence (varan), renonciation (srât) de leur doctrine diminue 
l'asn-xra et augmente la concupiscence : leur doctrine est loin 
d'être réglée par l'asn-xrat et la loi d'Ohrmazd/, elle est sous 
la règle de la concupiscence et la loi de la drûj. C'est manifeste. 



300 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



314 Sur les principes de la beauté et de la laid-su», et sus vis 

ê^p.es beaux constants 7: ans la eeaute, laids et constants 

DANS LA LAIDEUR, ET SUR CEUX QUI NE SONT PAS CONSTANTS 

(B. 241 ; M. 315.) 

/ La beauté est toute divine, la laideur toute dêvique ; les dieux 
sont constats (ôsttkân) dans !?. beauté, les dëv constats dans la 
laideur. Quant aux hommes, dans l'état où ils sont sujets à l'oppo- 
sition, ils sont changeants (vartimik) quant à la beauté et à la lai- 
deur, en ce que leur àme (peut passer) de la beauté / qui vient de la 
Justice, à ïa laideur qui vient de la druvandïh, ou de la iaideur qui 
vient de la druvandïh à la beauté qui vient de la Justice ; et leur 
corps, de la beauté qui vient de la santé, de la jeunesse, de la pros- 
périté, de la pureté, du parfum, du devoir, de l'énergie, de la géné- 
rosité, de la véracité et de tout autre bagage de vertus (hunâiô- 
mandïh), à la laideur qui vient de / la maladie, de la vieillesse, de 
la pauvreté, de l'impureté, de la puanteur, de l'oubli du devoir, 
<de la paresse >, de l'avarice, du mensonge, et de tout autre 
bagage de vices. Et de toutes ces espèces de laideur on peut faci- 
lement passer (tëz *vastan) à toutes les espèces de beautés énu- 
mérées (ôhnûrît) en opposition, tout de même que (kamandâz) 
I les bestiaux et autres formes corporelles (ke?pân) qui sont dans 
l'état du Mélange cnangent de la beauté (nëvakôkîh) à la laideur 
ou de la laideur à la beauté, en tant que leur forme a changé 
(*vartët) en eux. 



315 Sur la mise en œuvre de l'avantage venant du sage qui 
profère la parole a celui qui l'écoute. (b. 241 ; m. 315.) 

(om.) La mise en œuvre de t'avantage (sût ravàkih) qui provient 
du sage qui profère la parole (saxvan-gow frazànak) a lieu du fait 
qu'accède à lui son auditeur / qui comprend la parole. Si bien que 
le non-accès au sage qui profère la parole de son auditeur qui 
comprend la parole retarde l'avantage qui vient à l'homme de la 
parole, tout comme/ îes cultivateurs (varzân) sont privés de 
l'avantage que leur apporterait beaucoup d'eau dans une citerne 
(payai) creusée sans issue (aviiâr gavrân). Et quand l'auditeur 
qui comprend la parole accède au. sage qui profère la parole, il y a 
mise en œuvre de l'avantage pour le monde grâce à l'écoulement 
( x ni$êboma?zd) de l'eau douce des paroles. 



CHAPITRES 314 A 317 



301 



3Î6 / LA MORTALITÉ DE LA VIE DU FAIT QUE LA NOURRITURE 

ET LA BOISSON ENTRETIENNENT LES CORPS. (3. 242 ; M. 316.) 

Dans l'état du Mélange, l'établissement de la vie dans le corps 
se fait généiitleiAiciit parce que la nature se maintient durablement 
(patâyim) dans le corps. Le maintien de la nature dans le corps 
se fait parce que Az est privée de moyens (d'agir) <sur ( apar) > / la 
nature. Le moyen ( y -cârïh ) pour Az d'agir sur la nature est de faire 
dépérir (anàfisn) la nature : en retenant de la nature Hordat et 
Amurdat — nourriture et boisson — est retranché l'adjuvant de 
ïa nature et l'adversaire d'Âz ; et quand Hordat et Amurdat 
— nourriture et boisson — sont retranchés de la nature, la nature / 
dépérit, n'étant plus aidée du fait de la présence d'Âz en elle. 
La vie ne peut s'établir dans le corps, et la vie n'étant plus établie 
dans le corps, la mortalité du corps s'en suit. 



317 Sur l'existence de la mortalité et de l'immortalité 
du corps de l'homme. (B. 242 ; M. 316.) 

/La mortalité (ôsômandïh) et l'immortalité (ahôsïk) du corps 
des mortels provient du mélange de l'Assaut de substance hété- 
rogène (yudtgôhr) sous la zone des étoiles ; et la raison pour 
laquelle, dans l'état de Mélange provoqué par l'Assaut, le Créateur 
n'en a pas préservé les créatures qui sont dans le Mélange, est 
que, dans le progrès général où les créatures sont jointes à / la 
mortalité, il y a avantage pour elles du fait qu'elles rejoignent la 
Fraskart, en retournant ( apâc vartênïtan) son dommage contre 
la volonté de l'Assaut, cause du dommage, et en mettant fin à la 
mortalité que l'Assaut même avait mise en elles. La venue à l'être 
(bavisn) de l'immortalité, au-dessus de la zone des étoiles, de la lune 
et du soleil / est produite (bavënïtârîh) par les Amahraspand et 
d'une façon particulière pour les protecteurs de l'époque ( avàm) 
et les auteurs (kartâràn) de la Fraskart, à l'avantage de toutes les 
créatures lors de la Fraskart. 



302 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



n. 243 ^tçs / o-;t> Tî-^r'ny.E PuicsAN~r en i.\ zï xjzb de l -, T,;r:?T 2-^ ■ 
M. 318.) " " v ■ ■ - , 

La ^eHbk p-î^^nce de I?. -îlusc (r-ihân) de la racrt consiste 
■ï «-i m? cVn r^i' 1 " onnnsît r.F"$e Hr- sa Tncrt ^v^nd "is"t 
ïa mort f^M? ôj, 1 et ïa destruction par îe fait d'un coup qui lui sera 
porté par un être d'entre les gëtïkiens, court lui-même vers ia 
cause de sa mort. Ainsi Dahak qui. sur l'ordre du Créateur, avait 
été instruit de la cause de sa propre mort (aux mains de) Vidât ( ?) 
le scieur (burîk), fut poussé (tacënît) de son propre gré vers la 
6 présence sans finalité ( ? afrazâm) et non-obligatoire d'un être / 
d'entre les gëtïkiens. 



319 S UR LE TRIOMPHE FINAL ET LA PRÉDOMINANCE DU SPANÂK 

Mënôk sur le Gannâk Mënôk. (B. 243 ; M. 317.) 

Dans le triomphe final et la prédominance (pûr~ôzikâ) du Spa- 
nâk Mënôg sur le Gannâk Mënôk, comme /le suprêmement fort 
sur celui qui est très fort ( ôztar) en croissance, il y a ceci d'unique 
( ëvak) : la possession de tous les moyens par omniscience, chez 
le Spanâk Mënôg, devant l'inconnaissance des moyens chez 
le Gannâk Mënôg ; car il l'emporte quant aux moyens (apar car) 
avant même que le Gannâk Mënôg n'ait eu (le temps) de réfléchir 
( andësisn). 



320 / Q U ' ÎL Y A UNE RÉCOMPENSE PLUS GRANDE FOUR AVOIR 
EN'; RETENU £T CONTENTÉ Lh& BONS QUE FOUR AVOIR FRAPPÉ 
jc.'- j,i--'J)OteMAiÈ i,ES MÉCi-îAWi'S, ET UN CHATIMENT >LUS LOURi> 
J -.t.. aVOïK jl-kAP^É ET EHÙUAAÏAOé L£S BONS Qhr, irOUR AVOIR 
ENi kEYEN L> lii' uONTENïÉ MÉCHANTS. (B. 24 J , M. 3iS.ji 

/Il ïzè-z dt ïtyic (dast-vanhâj d' entretenir et de contenter ne 
seraït-ce qu'un seul bon quand même (de ce fait) on entretiendrait 
et on contenterait un grand nombre de méchants, et il n'est pas 
de règle de frapper et d'endommager un grand nombre de méchants 



CHAPITRES 318 A 321 



303 



s'il devait arriver par là qu'on frappe et endommage ne serait-ce 
qu' un seul hou ; de ïà il appert qu'en général / il y aura récompense 
plus grande pour avoir entretenu et contenté des bons que pour 
avoir frappé et endommagé des méchants, et peine plus lourde 
pour avoir frappé et cndorr*n'iûgé lza bons que pour avoir entretenu 
et contenté les méchants. 



244 



321 Sue la manière dont bénédictions et malédictions 
atteignent (leur but). (B. 243 ; M. 318.) 

La réalisation des bénédictions et malédictions se fait grâce à 
la rencontre de 3 facteurs : 1) la sûreté de langage ( vâvarîkân 
gôvisnïh) en fait de bénédictions et de malédictions de celui qui 
les annonce ; 2) le mérite ( arzânïkïh) / de celui auquel ce dernier 
fait bénédiction ou malédiction ; 3) le moment de la venue de celui 
qui fait bénédiction ou malédiction à celui qui le mérite. 

1) La sûreté de langage du donneur, c'est comme la sûreté de 
Ferïtôn en fait de bénédiction et de malédiction, selon ce que 
Neryôsang dit / à Ferïtôn, à savoir « Tu m'apparais fort ( amàvand) 
comme un homme d'entre les cléments {huaparân)t> et il en fut ainsi 
qu'il l'avait dit. 

2) Le mérite en vertu duquel on donne bénédiction : la dignité 
des fils (de Ferïtôn) pour la bénédiction sur chacun d'eux, et le 
mépris (^tiyàrik) pour la malédiction. 

3) La nécessité (apâyUnïkih) du moment de la venue / pour 
l'arrivée (bë maton) de la bénédiction : (cela ressort) de ce que 
Ferïtôn dit à ses fils : « comme j'ai puissance de vous donner 
3 prospérités (âpâtïh) à chaque fois que ma main s'abaisse (cand 
dast frai vartisnïh) , ainsi demandez-moi telle ou telle prospérité 
et je vous ïa donnerai /, elle vous adviendra, elle vous sera impartie. » 

L2 malédiction sûre va de pair avec la bénédiction sûre, ainsi 
la fonction de Dahmân Afrin est de donner suite (patsâyïtan?) 
à la maléulclior:- Celui qui a pour forietîun d'énoncer (paivâxtan) 
la . bénédiction, de lui viennent / malédiction aussi bien que béné- 
diction : car la malédiction vient à celui qui en est digne, et celui 
qui en est digne est mauvais ; or frapper et endommager le mauvais 
est aussi méritoire et profitable que d'entretenir et de contenter 
le bon. 



304 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



légitime. (5. 244; îvZ. 329.) 

ti..jiugit,yuiii iviijS U. lin i^i.tgjCiiij.lCiiL [Zit/iCiiiJ iiîgiv*Î.Al.Ê (p&ttXiHi— 

yzhâ) est celle d'un homme qui plante une semence qui est à lui 
,s sur une terre <qui est à lui> et qu'il cultive / avec ses propres 
cutils : il a la propriété légitime entière de ce qui en pousse, terre, 
semence et outils étant à lui : ainsi Fërïtôn par rapport aux Aswiyân. 
Fils légitime mais non-engendré ( K zahag), engendré ( x zahag) 
maïs non-légitime : de ces deux, l'un est comme si., sur une terre 
u qui n'est pas à lui un homme jetait sa propre semence/, soit qu : ii 
y soit autorisé soit qu'il ne le soit pas ; la propriété ïégale de ce qui 
en pousserait serait pour l'essentiel (màtvar) au propriétaire de la 
terre, et pour une part à celui qui y a jeté sa semence : ainsi x Bar- 
' 245 mâyon et x Katâyôn/ par rapport aux (ô... rôti) Aswiyân : ils sont 
enfants légitimes mais non engendrés ; tandis que par rapport 
à Bahâk, c'est un engendrement non-légitime. 



323 Sue le bonheur et le malheur sûrs / et qui ne passent pas 
et sur le bonheur et le malheur incertains et qui passent. 
(B. 245 ; M. 320.) 

Le bonheur sûr est celui qui ne passe pas ; le bonheur du gëtï 
touche à la mesure de la béatitude mënôgienne. Le bonheur 
incertain et passager du gëtï / est coupé de la joie mënôgienne. 

Le malheur sûr du gëtï est un malheur qui touche au tourment 
(paz'ûz) menogien. Le malheur passager du gëtï est coupé du 
tourment mënôgien. 



3X4 • .-iJi- iJl-'-t H ~ÙU l'Ai . ÏXS Oor-ilxiii L.A ROYAL; - LA UN iJOfc 

eu a un m au v aïs roi. (E. 245 ; M. 320.) 

/ Cc;:_.-or 1a roj-iaLc à un bcn roi ( x huxvaiây) & tJ -ou.t effet ïa 
joie qui lésulte de cette bonne royauté, du salut et de l'exaltation 
qu'elle comporte par îa loi et le bon traitement des hommes de ce 



chapitres 322 a 326 



305 



!5> - 



morMe. comme a*, fut le c?s de Yim ; et confier la royauté à un 
mp.uvsifr. ro/ a doit effet la sc^f^ance qvx résulte de cette mauvaise 
royauté îa condamnation. ( ërang) et / le repentir qui s'en suit, 
;;t le -mauvais traitement de r.e monde, contraire à la loi ( x apëdat) 
cornas c? fut le car. de Dab^Ir n.insi que le révèle la Dën. 



325 S yR la parole (govisnïh) d'Okbmazd, caractéristique DE 
la Dën Mazdéenne. (B. 245 ; M. 320.) 

Nombreux sont les signes qui indiquent que la caractéristique 
de la Dën Mazdéenne est la parole d'Ohrmazd. Voici les trois 
principales : elle est connaissance / de tout, elle est vérité sur 
tout, elle est savoir qui convient (niyâpak) à tout. Et c'est là le 
caractère même du Créateur. 



326 S UR LES CHANGEMENTS, DUS A DES FORCES MËNÔGIENNES, 
DANS LE RÉGIME DES ÉPOQUES SELON LES CHANGEMENTS DES 

rois du monde. (B. 245 ; M. 3210 

/ Par le fait de la création par le Créateur, les aspects de toutes 
les créatures se retrouvent dans l'homme qui est la forme ( x dësak) 
gëtïkienne d'Ohrmazd, et la force des aspects de tous les hommes 
se retrouve dans le bon roi unique, souverain des pays. Par suite 
: de cette connexion (hàm patvand bastakik) et de cette concentra- 
tion, le régime des époques change du fait de son propre change- 
ment. Ainsi il est manifeste que la bonne volonté (nëv hârnîh) 
du souverain apporte à l'époque intelligence, et sa mauvaise 
vc'onté apporte au monde inintelligence ; et que la généralité 
des hommes, mcr./s par îa sagesse (xrai-Shang) s'empressent vers 
îa science (dânâkïh), tandis que, menés par la concupiscence, 
246 ' ils trébuchent dans l'Ignorance. Quand iî rectifie son caractère et 
que sa dën est bonne ( 'dën-huik ) . c'est le salut et l'exaltation des 
hommes par un caractère rectifié et une bonne dën ; et quand 
son caractère est souillé et sa dën mauvaise (dëndwîh)) / leur carac- 



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LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKAET 



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bodlev^L.cmeiit. Piir sa générosité, les hommes deviennent ardents 
à donner (dâhi to. fîahïn) et le monde s'épanouit en conséquence ; 
par sor: ^vnricc ( x panîh), ils c '-'viennent réticents à donner et en 
coiiji-" •■.■i-"'Zt I-, ivon.de ce rs£ïc^.ri. P?..v la. joie royale 'vain sâhîh), 
te joie "'.igmente dans le monde, / et par ses projets sinistres (bës 
mënimïh ) , le tourment ( x pazm) s'établit dans le monde et les 
créatures diminuent; dans l'air, viennent nuages, brumes (nimëz) 
et pluie empoisonnée (vis vârân) s et l'action des bag (om.) subit 
grande déperdition de force (nërôkdârîh). En bref ; c'est comme 
la force de tout gouvernement gëtïkien et mënôgien du bon-roi 
Juste q est révélée au premier kartsk du fargart des Amahras- 
pandân / : « Ceux dont est le fait du dommage, de ceux-là il est 
ennemi ;> (ayaësa?n zi xsïniti aësam tbisaya) . 



327 Sur la cause (vahân) de l'union et se la dissension des 

j 2 HOMMES ENTRE EUX ET DES DËV ENTRE EUS. / (B. 246 ; M. 322.) 

La cause de l'union des hommes entre eux est leur mutuel amour 
(dôsarmîk) et leur dissension vient de la dissociation (visistakïh) 
de cet amour du fait de l'envahissement (cërïh) en eux de la 
concupiscence, de la colère, de l'envie et de la haine, et de ce que 

15 les dëv/leur enlèvent la sagesse. Et l'union des dëv entre eux 
est par le fait qu'ils se rangent (Srâyisn) pour nuire aux hommes 
et leur porter dommage ; quand ils ont accompli cette nuisance 
et ce bouleversement, ils retournent à lu dissension qui est cède 
de leur subsian.ee perverse. Quand les hommes maintiennent 

IS fermement entre eux l'union / par l'amour, les dëv perdent 
l'espoir d'avoir le pouvoir de faire du mal aux hommes, et ne 
passent pas de la dissension à l'unité. Lcrs de la Fraskart, l'amour 
des hommes entre eux est ferme et inchangeabie, en /raison de 
■cz que les démons ont définitivement perdu l'espoir d'user de leur 
pc-"iiTci-~ de ::i2.1fiiîsance sur hommes, il y a désacco-'d des dëv 
oui soï;t empêchés de se rassembler de nouveau (nôk rasisn) pour 
2 " 7 se / consulter et se dtesser à l'assaut avec perversité ^ I encontre 
de "ordonnance des créatures d'Ohnnazd, et toute te création est 
dans la sécurité (apë-bim) et le bonheur total et éternel. 



chapitres 326 a 329 307 
32S / Sim là joie qui convient aux rois. (E. 247 ; M. 322.) 



La joie propre znx rois est celle qui découle de la joie qui convient 
(pasacak) à la royauté. La joie qui convient à la royauté est celle 
qui est permanente dans sa grandeur (vazurgîh). La joie qui est 
W࣠permanente / ( ôsîîkàn) dans sa grandeur est celle qui ne passe pas 
3p." (asacisnïk), comme il est dit dans ia Dën de ce qui est révélé au 
èsÉP'- su J et de la famille de Kay Us ( x kayûsyan). La joie qui leur vient 
|it|;: de ia prospérité (hupatëxvih) du monde et, en conséquence de la 
vie sans crainte des hommes du gëtï, cette joie grandit dans la 
K|| pensée; /car la Fraskart est l'opération (kâr) la plus durable 
jplf! (patâyisnïkîar) chez l'ensemble des créatures, et elles seront 
|g||; comblées de joie ( x ràmënïhend) par grand avantage et « condes- 
cendance » (mas dàtistânih). Cette joie de celui qui se nourrit 
sans jamais faire de jeûne ( x apë pâtrôc) est possible (sàyet x bût) 
par référence (handâcisn) à la condescendance qui viendra de la 
continuelle présence (ravâk patisîh) de Celui qui est éternel. 




329 / S UR LA PUISSANCE DES yaZOt ET LA FORCE DE L'ASSAUT, DE 

l'origine a la Fraskart. (B. 247 ; M. 323.) 

La puissance des yazat (yazatïk) est très supérieure ( x vëk 
ôzïk ?) à la force de l'Assaut ; demeurant unie à son (principe) 
supérieur, quand elle parvient / au monde la puissance de son 
principe n'a pas diminué. Son expansion et sa diminution concer- 
nent sa manifestation au monde, non son essence (mât) : quand 
ïa force de l'Assaut a diminué, sa manifestation est plus grande, 
quand la drûj se fortifie (??'ngrsn). elle est réduite. Mais même 
quand la drûj se fortifie beaucoup, sa manifestation / est tellement 
supérieure à toute la puissance de la druj. Ainsi la lumière du 
soleil a-t-elle bien plus de puissance ( x vëk îiërôkïh) que les ténèbres, 
sa demeure est-elle toujours en son (principe) supérieur, et de venir 
de lui ne diminue-t-ii pas ce principe. Quand elle n'est pas voilée 
(pardakômand) par Gôcihr ou un nuage, / elle se manifeste beau- 
coup aux êtres du gëtï; quand elle est voilée, elle se manifeste 
peu mais même en se manifestant peu, elle a la force de dissiper 
les ténèbres qui sont devant elle. 

La force de l'Assaut / au regard de la puissance des yazat est 
toujours semblable aux ténèbres au regard de la lumière. En se 



308 



LE TROISIÈME LIVRE DO DËNKART 



déversant (rëxtakïh) hors de son principe, le principe diminue. 
Ce qui se déverse hors du principe — lors du Mélange — est 
frappé et rabaissé (? x apastakih) par la puissance des sorciers 
( K yâtûk) et a peu de liaison en retour avec la force totale qui est 
son principe. / Et chaque déversement hors de son principe entraîne 
un rabaissement de tout le principe hors duquel s'est fait le déver- 
sement. Son renforcement dans le monde vient d'un fort culte 
des dëv chez les hommes par mauvaises pensées, mauvaises paroles 
et mauvaises actions, et d'une faible adoration des dieux par bonnes 
pensées, bonnes paroles et bonnes actions. 

Sa durée dans le gëti / en adversaire des créatures est, selon 
la révélation, de 6 000 ans. Le premier millénaire qu'on appelle 
celui de Yim voit de par la plénitude de xvarrah'des divins, la 
destruction de l'opposition dans le monde et son affaiblissement. 
Dans le deuxième millénaire qui est celui de Dahâk, par le terrible 
culte des dëv du méchant Dahâk le renforcement <de la druj... > . 
Dans le quatrième millénaire qu'on appelle / celui de Zartust 
(om.), vers la fin, la tête (karnâr) de toute la force de l'Assaut, 
c'est-à-dire la tyrannie, l'hérésie et la tromperie, atteindra au 
sommet, et à la fin du même millénaire, il y aura un déclin (nisë- 
bunnikih) de la tyrannie et de l'hérésie. Dans ce déclin et cette 
(om.) diminution, au cours du cinquième / millénaire, appelé 
celui d'Osetar, et du sixième, appelé celui d'Osetarmâh, on en 
viendra à la destruction de son principe tout entier ; la création 
d'Ohrmazd en sera sauvée et délivrée, et viendront la Fraskart 
et le corps eschatologique. C'est la révélation de la Dën. 



330 / SuR l'existence de la lumière et de l'obscurité. (B. 248 ; 
M. 324.) 

L'existence (hastih). de la lumière est manifeste par elle-même, 
car la lumière ouvre la vision (visâtâr i vënakïh) et l'ouverture 
de la vision affecte de soi / en conséquence ( ?kambutist ?) l'œil 
de l'homme. L'existence de l'obscurité ne se manifeste pas par 
elle-même, car l'obscurité bouche la vision et c'est pourquoi elle 
n'est pas vue par elle-même, mais son existence est manifestée 
à la connaissance par la fermeture de / l'œil de la vision. 



CHAPITRES 329 a 333 



309 



331 Sur les caractéristiques de la classe guerrière et de la 
tyrannie, de la classe sacerdotale et de l'hérésie. (B. 248 ; 
M. 325.X 

p. 249 j L a caractéristique de la classe guerrière, avec la vaillance, 
est la sagesse vohumanienne qui engendre la justice et la clémence. 
La caractéristique de la tyrannie, avec l'esprit de domination 
(cërïh), et la fureur, l'Ignorance qui produit (cargâr?) l'injustice 

3 et / l'inclémence. La caractéristique de la classe sacerdotale est 
l'action au grand jour (askârak varzitârîh) selon (l'inspiration de) 
Vohuman. La caractéristique de l'hérésie est un caractère dissi- 
mulé (nïhân xëmïh) selon (l'inspiration) d'Akoman. 



332 Pourquoi il y a vérité et justice dans chacune des 
conduites bonnes d'Ohrmazd, mais non dans chacune des 
conduites bonnes de l'homme. / (B. 249; M. 325.) 

Ohrmazd, dans sa vue totale (visp-vënik) , est vrai et tout juste, 
juste et tout vrai. Les hommes, du fait qu'ils ne voient pas tout, 
sont vrais, mais pas entièrement justes, justes, mais pas entière- 
ment / vrais. Ne voyant pas, ils ont besoin d'un guide ( dast-s r k ?). 
Le Créateur choisit pour les hommes, en guide dans ce qu'ils ne 
voient pas, la justice qu'ils connaissaient : ceux qui ne voient pas 
étant capables d'aller là où le choix de leur dastur les dirige en 
guide, / là où il y a à la fois vérité et justice ; et en tant qu'il est 
avec la volonté des dieux, il est juste celui qui marche ainsi. Pour 
marcher selon un bon choix, il marche selon son dastur ; et pour 
marcher selon son dastur, il participe ( x baxtak?) à la marche 
selon le vrai. 



333 / Sur le principe et la manifestation de la Bonne Dën 
et de la mauvaise. (B. 249 ; M. 326.) 

La Bonne Dën est l'éclat du caractère d'Ohrmazd ; son principe 
est dans la Pensée de l'Ahu ; sa manifestation dans la récitation 
et la pratique (varzisn) des Formules Sacrées, c'est-à-dire la 
Mesure. En sorte que le principe de la Bonne Dën / la Pensée de 



310 



LE TKOISIÈME LIVRE DU DËNEART 



l'Ahu est semblable au tronc et aux racines d'une plante invisibles 
sous la terre, et sa manifestation et sa pratique par la récitation 
et la pratique est semblable aux branches, aux frondaisons] (^eiaAJ 
aux feuilles (om.) et aux fruits qui se manifestent au dessus de la 
terre. 

La mauvaise (religion) est la fumée la plus mensongère : son 
principe /est dans l'hérésie ( x ahramôkïk) trompeuse, sa mani- 
festation dans le fait de proférer et de pratiquer le mensonge 
propre au sectateur d'une mauvaise religion à savoir l'excès et 
le défaut, en sorte que son plus mauvais principe dans le pire des 
hérétiques / trompeurs est semblable au venin qui est dans le 
serpent ; et sa manifestation, dans le fait de proférer le mensonge 
et dans l'action perverse, est semblable à la manifestation de la 
douleur et de la mort issues (jastak) du serpent. 



334 / Sur ce qui préserve le xvarrah et sur ce qui le dissipe. 
(B. 250 ; M. 326.) 

Ce qui préserve le xvarrah, c'est la garde attentive (nikâs-pâtârïh) 
de la pensée et de la parole, de la main et de la bouche au cours 
du discours (dranjisn). Ce qui dissipe (rànënâk) le xvarrah, c'est 
ce qui laisse libre cours (harzak visâtàr) de notre choix (?imân 
vicïn?) à la main (gav), au souffle (dam), à la bouche (jumb) / pour 
le discours. 



335 S UR les 3 forces supérieures qui sont dans le monde. 
(B. 250; M. 326.) 

(om.) Les trois forces supérieures qui sont dans le monde sont : 
la force de la connaissance (dânisn), dont le principe est la Bonne 
Dên du dastur qui est l'ahu ; / la force de l'action (kunisn), et ce qui 
l'attise est la royauté ; la force qui est dans les choses, et son domaine 
( Ôstâm) est le monde. Par la connaissance est connue, et par la 
royauté principalement mise en action, la force qui est dans les 



chapitres 333 a 336 



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choses contenues dans le monde. Par la mise en action de la force 
des choses, la marche / des créatures et leur direction se fait dans 
le monde. Ces 3 forces, Ohrmazd le Créateur les a créées parfaites. 
Or il y eut dans les créatures, par la force de l'Assaut qui est 
demeuré jusqu'à présent dans les choses /, de grandes soustractions 
(apurtakïk), et dans la connaissance et l'action de l'homme une 
faiblesse (nizârïh) ; et du fait de cette faiblesse, la force qui est 
demeurée dans les choses jusqu'à présent est en grande partie 
soustraite (pargûtakih) à la connaissance de l'homme et échappe 
(mândakîh) à son action. Cette soustraction est de feu, d'air, 
d'eau, de terre et de plantes, même pour les corps des monstres ; 
l'apport ressemble à celui de l'antidote (pâtzar) au serpent ou 
de beaucoup de / drogues et de remèdes aux corps des monstres. 
Malgré cette soustraction et cette faiblesse dans tant de forces 
qui sont dans les choses, Ohrmazd redonna accroissement ( apâc 
vaxsïtârïh) à la connaissance et à l'action des hommes, et direction 
de la force qui est dans les choses vers son principe et sa matière. 
Par ce retour du xvarrah, il y aura bonne royauté selon la Bonne 
Den, la force qui est dans les choses (ira) vers son principe, son 
accroissement dans son principe sera dévoilé (ahitftakïh) à la 
parfaite / connaissance de l'homme, et en conséquence il agira 
parfaitement ; de là viendra la Fraskart, dans l'existence ; les 
hommes seront délivrés de l'Assaut, il y aura pleine béatitude et 
éternelle liesse. 



336 /Sur la tête des vertus et la « caboche » des vices en 
avance et en retrait. (B. 251 ; M. 327.) 

Les vertus « en avance » (frac âhangïk) ont pour tête le tempé- 
rament ( xëmïh ) des guerriers et des rois. Ses composantes sont 
les suivantes : la légalité, / la vaillance, l'esprit d'entraide ( àyàra- 
vandïk), la promptitude (arvandîk), la générosité, le parler-franc 
conforme à la volonté de Dieu, la grandeur d'âme, l'énergie, 
l'activité ouverte ( askàrak), et toutes les autres vertus « en avance» 
du tempérament royal. 

Les vertus « en retrait »ont pour tête le tempérament des prêtres 
et des serviteurs (bandak). j Ses composantes sont les suivantes : 
la clémence liée à la légalité, l'intention parfaite liée à la vaillance, 
la pudeur liée à l'esprit d'entr'aide, la liée à la promptitude, 



312 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



l'économie domestique ( x fsôntsn) liée à la générosité, le discours 
profitable lié au parler-franc, l'humilité liée à la grandeur d'âme, 
le contentement lié à l'énergie /, la conformité à la doctrine des 
Anciens (pôryôtkësîh) liée à l'activité ouverte, et toutes les autres 
vertus « en retrait » du tempérament <des prêtres > et des ser- 
viteurs. 

La « caboche » (kamâr) des vices « en avance » est le tempérament 
des tyrans. Ses composantes sont les suivantes : la minutie (sparîh), 
faux-frère de la légalité et adversaire de la clémence ; la colère /, 
faux-frère de la vaillance et adversaire de l'intention parfaite ; 
l'esprit de querelle, faux-frère de l'esprit d'entr'aide et adversaire 
de la pudeur : la nuisance, faux-frère de la promptitude et adver- 
saire de (wôhwnyh}) la prodigalité (vanëgarïh), faux-frère de 
la générosité et adversaire de l'économie rurale ; / la parole mal- 
veillante juste dans le choix des mots, faux-frère du parler-franc 
profitable conforme à la volonté ( x kàm) des Dieux, et adversaire 
du discours avantageux : la hauteur, <faux-frère de> la grandeur 
d'âme et adversaire de <1' humilité ( ërmënisnih)> ; la cupidité 
(àzvarïh), faux -frère de l'énergie et adversaire du contentement; 
donner à l'extérieur l'apparence (dësakënitàrih) de nombreuses 
petites vertus alors qu'il y a tant de péchés graves, faux-frère de 
l'activité ouverte et adversaire du tempérament de Yim et des 
Anciens docteurs ;. / et tous les autres vices « en avance » (frac âhan- 
gik) qui sont les faux-frères et les adversaires des 2 espèces de 
vertus. 

La « caboche » des vices « en retrait » est le tempérament (om.) 
de l'hérésie. Ses composantes sont (om.) / les suivantes : la vaine 
gloire, faux-frère de la clémence et adversaire de la légalité ; 
l'intention unique ( ëv-mênisnïh) , faux-frère de l'intention parfaite 
et adversaire de la vaillance; la (nidvarïh), faux -frère 

de la pudeur et adversaire de l'esprit d'entr'aide ; la 
faux-frère de la et adversaire de la promptitude / ; 

l'avarice, faux-frère de l'économie rurale et adversaire de la géné- 
rosité : l'avilissement (ôpastak-mënisnîh), faux-frère de l'humilité 
et adversaire de la grandeur d'âme ; la paresse, faux-frère du 
contentement et adversaire de l'énergie ; et / tous les autres vices 
« en retrait » qui sont les faux-frères et les adversaires de 2 espèces 
de vertus. 



chapitres 336 a 338 



313 



337 Sur la Dën Mazdéenne, sa nature propre, la division de 
sa sagesse (frazânàkïh) , SA matière, /ce en quoi se résu- 
ment SON OPÉRATION, SA PUISSANCE ET SON PROFIT. (B. 252 ; 

M. 329.) 

La nature propre (xvatih) de la Dën Mazdéenne, c'est la sagesse 
d'Ohrmazd. Et sa sagesse se divise en connaissance et action. 
Et sa matière, c'est la connaissance de tout, la vérité (ràstîh) 
au sujet de tout, / le fait de pourvoir ( nyâzak-dàsnik) au besoin 
de tout, ce qui est le caractère propre d'Ohrmazd. Sa fonction 
est de porter remède aux créatures. Ce en quoi se résume son 
opération, c'est, par la connaissance, de reconnaître la force (zôr) 
qui a été créée dans les choses, et, par l'action, de la mettre en acte / 
d'une façon convenable. Et la force de son opération, c'est, par 
l'adduction convenable à l'opération de la puissance créée dans 
les choses, d'éliminer le mélange et la corruption (vinàsisn) de 
l'Assaut dans les créatures, et d'en guérir les créatures dans le gêtî 
et dans le mënog. / Le profit, c'est, par tant de connaissance et 
d'action, au cours des temps et des époques, de propager et de 
rectifier dans le temps qui mène à la Fraskart. Et, par toute cette 
connaissance / de la puissance qui est dans les choses, amenées 
à l'opération, et, par l'action, la guérison de toutes les créatures 
(libérées) de l'Assaut, les disposer pour toujours dans la per- 
fection, la santé et la plénitude du bonheur éternel. 



338 / SuR LA DOCTRINE PRIMITIVE (pôryôtkesik ) ET SUR L'HÉRÉSIE 

(ahramokîh). (B. 253 ; M. 330.) 

La doctrine primitive, c'est la foi en la confession (astûvânîh) 
d'Ohrmazd, en la certitude ( ôstvàrih) de la Dën et en sa récitation 
(ôsmurisn) dans l'enseignement de caractère sain qui s'adresse /à 
des disciples (pat kavistïk), venant d'un maître (âmôxtâr) qui les 
a précédés (pëS matâr) et qui est Juste et véridique dans son office 
d'ërpat en regard du disciple idoine (pasacak) qui vient après lui 
(pas matâr). 

Du fait qu'il est dans la bonne compagnie (pat xûp-hamhâkîk) 
du roi souverain, il y a rectification du caractère, certification 
(vàvarïkënitan) de la Bonne Dën, / avantage pour le monde.., 
pour l'homme : compagne du corps tant qu'il est en vie, l'âme, 



314 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



quand meurt Je corps, devient immortelle (anômkîh), et lors de la 
Fraskart, l'homme de la doctrine primitive aura bon renom et 
deviendra Juste. 

L'hérésie, c'est l'absence de foi en Ohrmazd, de confession 
de sa Dën, et par suite Dahâk qui démontre (*nimûtârik) I sa 
rapine ( dûzïh) dans sa récitation dans l'enseignement pervers 
qui s^adresse aux disciples, enseignement dévié donné au nom 
d'un erpat à ceux qui sont ses mauvais compagnons dans sa conjonc- 
tion mensongère avec le tyran : le caractère du tyran empire, la 
Den est endommagée et / ébranlée, le malheur et la misère viennent 
aux hommes et le monde est malheureux ( ? x ahonmndit) . 



339 SuR LE pouvoir qu'a chacun d'échapper a la druvandïh 
et de s'approprier la Justice. (B. 253 ; M. 331.) 

18 /Échapper <à> la druvandïh et s'approprier la Justice 

comporte, pour un acte unique, deux aspects : l'absence de péché 
et l'opération d'un acte méritoire. Accomplir un acte méritoire, 
c'est principalement faire un don à un homme Juste> et pour cela 
il est nécessaire de se renseigner au sujet de tel don auprès d'un 

21 dastur de la Dên/ et s'il faut ou non le donner à telle personne. 
Ne pas faire de péché, c'est principalement ne rien soustraire à 
l'homme Juste, et pour cela, il n'est pas besoin de se renseigner 

*>- 2 > 4 au sujet de telle richesse ou de tel autre don, / tout homme étant 
équilibré ( ?hâvandîhit) dans ce qui est sien. L'acte méritoire, 
c'est celui dont tout homme est capable : comme de penser à faire 
du bien à celui qui en serait le plus dépourvu (armêstar ) et dont 
le corps /aurait besoin. Et c'est pourquoi il est au pouvoir de 
tout homme d'échapper à la druvandïh et de s'approprier la 
Justice. 



340 La raison de l'interdiction Absolue (pat car) d'être nu 
ou de marcher (ue kustîk) défait. (B. 254; M. 331.)/ 

Une des propriétés de la Bonne Dën est la perfection de la 
science (dànisn) de tout, à savoir connaissance (snàsakïh) gëtï- 
kienne et savoir (âkâsîh) ménôgien. Et toute la vraie connaissance- 
getikienne certifie ( vâvarënak) l'existence (hastîh) de la doctrine du 



chapitres 338 a 341 



315 



9 savoir / ménôgien. Et c'est à partir de la doctrine du savoir mënôgien 
que (s'établit) la raison pour laquelle il ne faut absolument pas être 
nu. Le sorcier par son corps nu exposé à la vue a une plus grande 
puissance de nuire que celui qui est de quelque façon (advënik) 

12 vêtu. Nu, toute la nudité de son corps est / laideur et inconve- 
nance (anadvënîh), et la laideur et l'inconvenance (anadvënïh) 
de l'homme donnent force aux dëv et aux drûj ; les ennemis de 
l'homme deviennent plus importants (cërtar) par ce qui leur a été 
donné de force pour nuire au corps de l'homme. Quant au pré- 
cepte de ne pas marcher fie kustîk) défait (visâtak) : le monde fut 

1d endommagé par là / au mënôg, et celui qui marche (le kustîk) 
défait, c'est comme s'il y avait dommage gëtïgïen et iniquité pro- 
venant de la non-aryanité sans cordon (apë bond), ce qui équivaut 
à ne pas avoir (dârih) de roi. 



341 S UR la rangée des comportements de bonne et de mauvaise 
u Dën./(B. 254; M. 332.) 

Le comportement ( x advên) de Bonne Dên est celui qui concerne 
l'opération et le labeur (ranj ut arg) mënôgien quant à soi-même 
(pat tan), et le comportement (' A advênïhâ) à l'égard (andarag) 
de son propre souverain — et cela est apparent ( askârak) aux Dieux 
mënôgiens. Le comportement ( x advën) qui concerne l'ordonnance 
et le bien-être du gëtï est mesuré et apparent <aux> êtres du 
21 gëtï / en ce qu'il vise au bonheur total, dispensé avec amour et 
générosité à tous les hommes, et à la prospérité et à l'avantage 
du monde. 

Quant au comportement de la mauvaise dën, qui concerne 
p. 255 l'opération et le labeur des créatures ( ? y -dâm) ménôgiennes /, 
il est tapageur (burz-vângihâ?) du tronc (stûn) à la tête, apparent 
<aux> être du gëtï, exhibant ses formes par l'action trompeuse 
et fallacieuse des hommes ; le bien-être et la joie que l'on éprouve 
soi-même (i tan) étant tout à l'intérieur (andarônïkïh) et enfouis 
comme dans un trésor et exhibés avec précaution, ce qui est 
3 excessif <et défectueux >. / 



316 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



342 SUR CE QUI EST NÉCESSAIRE A LA PROPAGATION DE LA DËN 

(b. 255 ; m. 332) 

A la propagation de la Dên 4 choses sont nécessaires : l'âsn xrat, 
la connaissance de la Dên (dën âkâsïh), sa manifestation, sa 
réception/ ( x patiruftârîk) . Ainsi à la conduite du troupeau par 
l'homme sont nécessaires : un préposé (pësgâs), des hommes de 
troupe (anjumamk martomj, l'ordre du préposé pour la marche 
des ovins et des bergers de chaque troupeau, un pâturage (carak 
car), L'âsn-xrat est analogue au berger préposé ; la connaissance 
de la Dên aux hommes de troupe / et aux ovins ; sa manifestation 
à l'ordre du préposé aux hommes de la troupe <pour> la marche 
du troupeau vers le pâturage ; sa réception (patbuftârîk), c'est la 
façon même dont les hommes de troupe reçoivent (patirisn) les 
pâturages des ovins. 

Quand il n'y a pas d'âsn-xrat, la connaissance de la Dên est 
privée / de discernement ( a-pat-vicin) et sa manifestation est en 
déclin (xnisëftak) et sa manifestation est abîmée (pat zyân) ; 
de même, lorsqu'il n'y a pas de préposé, les hommes de troupe 
sont dispersés, sa manifestation n'a pas lieu (a-vindisn). Et quand 
il n'y a pas de berger, la marche est bouleversée et sans profit, 
et le pâturage est sans profit. Et quand il n'y a pas de connaissance 
de la Dên/ l'âsn-xrat est sans moyen (anafzâr), la manifestation 
est bouchée (bastak), sa réception n'a pas lieu. De même, lorsqu'il 
n'y a pas de troupe, le préposé est seul, la manifestation est invi- 
sible et sa réception... ('n'). Et quand il n'y a pas de troupeau, 
le berger est sans possession (a-xër), la marche est finie (hanjaf- 
tak) et le pâturage est /sans profit. Et quand il n'y a pas de mani- 
festation, l'âsn-xrat est privé de profit, la connaissance de la Dên 
et sa réception sont sans appui (anôstàm). De même, quand il 
n'y a pas d'ordre, le préposé est sans profit, et le groupe sans 
part (salaire?). Quand il n'y a pas de marche, le berger est sans 
profit, le troupeau est... et le pâturage sans secours. Et quand 
il n'y a pas de réception, l'âsn-xrat est sans activité, la connnais- 
sance de la Dên est desséchée, et sa manifestation/ est... ('n'). 
De même lorsqu'il <n'y a pas> de réception, le préposé est sans 
chemin ( x a-pand), son ordre est inefficace et la troupe n'obtient 
pas de profit. Et lorsqu'il n'y a pas de pâturage, le berger est 
envieux (arisk), le troupeau est... / et leur marche est sans profit. 



CHAPITRES 342 A 345 



317 



343 Sur les meilleurs et les pires des hommes. (B. 256 ; M. 334.) 

D'après l'enseignement de la Bonne Dên, les meilleurs des 
hommes sont toujours (om.) le souverain qui est le bon roi et le 
sage dastur de l'époque (zamânak) ;/les pires sont le tyran qui 
est le mauvais roi et l'hérétique du siècle ( ôvâm) . Parmi les meilleurs 
bons rois du passé, le meilleur fut Yim, l'être qui fit le plus (kartâr- 
tom stï) pour ce qui est du corps de l'homme (corr. pat tan i mar- 
tom). Parmi les meilleurs d'entre les dastur, le meilleur fut Zartust 
le Spitamide, /l'être qui fit le plus pour l'âme de l'homme. Parmi 
les plus mauvais tyrans, le plus mauvais fut Dahâk, qui fit^périr 
Yim. Parmi les pires des hérétiques, le pire fut Tur i Brâtrokrës, 
le karap, qui fit périr le corps de Zartust. 

Et parmi les meilleurs qui seront/ bons rois et dastur de la 
Dên, le meilleur sera Sôsyâns qui fera la Fraskart, et KayHusrôw 
qui sera son assistant (hamhâk) dans l'œuvre de la Fraskart. Et 
parmi les pires des descendants de Tûr i Bratrôkrës, le pire sera 
Gadarôs, le tyran (*sâstâr) et l'hérétique / que Sûtômand i Përôzgar 
tuera et détruira. C'est ce que nous apprend la Bonne Den. 



344 Sur L4 fermeté et le changement de la volonté admis 
(pasand) par la Dên. (B. 256; M. 334.) 

/ Les préceptes de la Dên visent à la fois à maintenir fermement 
la volonté dans l'accomplissement des actes méritoires, et à détour- 
ner la volonté de péché vers ce qui est le plus grand acte méritoire. 



345 Sur les trois plus terribles fléaux (hastânak) qui se sont 
abattus sur la Dên Mazdéenne du fait de la tyrannie, 
et sur les trois qui viennent du fait de l'hérésie, au cours 

DU MILLÉNAIRE de Zartust. (B. 256; M. 355.)/ 

Des trois plus terribles fléaux qui se sont abattus sur la Den 
Mazdéenne en fait de tyrans, au cours du millénaire de Zartust, 
le premier fut le Xyonite / Arjâsp et tant d'autres avec lui : le second 
fut Alexandre le Romain, homme de mort et de mauvais renom 



318 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



( dus SM), et ceux qui étaient avec lui : le troisième fut le Dëv- 
aux-cheveux-défaits et ceux (*apâk) qui étaient avec lui. Et en fait 
d hérétiques en ce même millénaire, le premier fut la voie (srâtak) 
de smk (ou : dymk) ; / \e second, la voie de l'hérétique Mazdak 
qui amena la confusion (dusvârïh apâkënitàr), le troisième la voie 
de 1 hérétique kwtk (ou : krtk). 



346 Sue l'unité (hamik) de l'asn-xrat et de la Bonne Dën 
(B. 257; M. 355.) 

L'unité de la asn-xrat et de la Bonne Dën ressort de nom- 
breuses paroles de sagesse/ d'hommes antérieurs à la venue de 
la Dën Mazdéenne, ou d'hommes qui, venus après elle, étaient 
(pourtant) ignorants d'elle, mais ont dit, en vertu de l'asn-xrat ce 
qui, chez de nombreux sages hors du kisvar, (concordait) avec la 
vente de la Dën Mazdéenne tout comme l'enseignement de la 
/« récitation » de la Dën Mazdéenne. 



347 SuR LES meilleures et les pires époques. (B. 257 ; M. 335.) 

Chaque fois que dans le monde la royauté s'appuie sur la Bonne 
Dën et est utilement (*apàyisnik) organisée par elle, et que la 
Bonne Dën trouve son développement sûr (vâvarikân) dans la 
force de la royauté, l'époque est excellente grâce à la diffusion 
(xvistartakïh) de la loi, la prospérité du monde, la sécurité et 
le bien vivre du peuple (pàtrâm), le progrès de la sagesse, l'orga- 
nisation de la bonne éducation, l'éclat/ des bons usages, la géné- 
rosxté, la véracité, la gratitude (spâsdârih) et toutes les vertus et les 
qualités des hommes. Et chaque fois que la tyrannie s'appuie 
sur l'hérésie et est organisée par elle et que l'hérésie trouve son 
développement sûr dans la puissance de la tyrannie, l'époque est 
au plus bas grâce à la diffusion de la violence, la ruine du monde 
la mauvaise vie et la totale malice du peuple, le rétrécissement 
(kastakih) dû à l'ignorance, le bouleversement dû à la mauvaise 
éducation ( x dusfrahangîh) / la mauvaise nature due aux mauvais 
usages, la fausseté, l'avarice (panik), l'ingratitude, le mauvais 
regard, l'esprit de querelle (sturgik) et tous les défauts et les vices 
des hommes. 



CHAPITRES 345 a 349 



319 



3 34g / Sur le fait pour l'homme de bien de se grouper avec 

LES MÉCHANTS ET DE CONTRACTER MARIAGE PARMI EUX. {B. 

258 ; M. 336.) 

Cet homme de bien qui, au péril de son âme, fait groupe 

6 (grôhïkih) avec les méchants et contracte mariage (sôy kunîsn) j 
parmi eux, commence par appliquer sa pensée à la nature corpo- 
relle. Mais son corps étant sain dans la souvenance de l'âme, et 
le besoin étant très fortement éprouvé dans les souffles ( ? ? vâtân) 
de son corps de manifester son aryanisme, en s'en vantant (lafàk) 
en paroles devant les méchants, il porte ( ?) le besoin d'espoir et 

f de salut, /qu'ils méditent en eux-mêmes, sans pensée de desespoir, 
et, se dégageant de la nature corporelle (hoc tan cïhr vëxt), se 
conjoint à l'essence de l'âme, afin que sa pensée devienne forte 
du fait de la Justice et de la royauté de son âme ( x ruvân), 
du fait qu'il échappe aux noces avec les dëv (boxtakïh kac 

12 dêvân x sôyîh), que sa force est supérieure à tous les méchants/ 
de par la totalité de l'armée des dieux. Et ainsi la sagesse devient 
voyante (vënâkïhit xrat), le cœur se fortifie, la langue se délie, 
pour le puissant avantage des créatures le malheur des dëv, la 
disparition (l x vidëm) des méchants, la satisfaction des Dieux, 
et leur gloire (âbrang), au loin, totale, prolongée, et la bénédiction 

15 (nëvak saxvan) j sur la volonté du Créateur. 



349 sur la longue permanence de la royauté corporellement 
avec la Dën Mazdéenne, et la brièveté de son temps 
avec l'hérésie. (B. 258; M. 337.) 

u Du fait que le corps réclame, par nature, / la prospérité, la 

splendeur (ârâyisn), la prestance (càpûkih), la pompe, la délec- 
tation et la joie gëtïkiennes lorsque la royauté s'y joint, il faut 
de même que se fortifie (vas vây?) la prospérité, la 

21 splendeur, la prestance /, la pompe, la délectation, la joie qui sont 
selon la loi de la Dën Mazdéenne, du dastûr getîkien. Cette 
<prospérité > , splendeur, ornementation (pêrâyisn), prestance, 

p. 259 délectation et joie qui reviennent au roi/ corporellement, font 
la nature de la royauté (om.). La Dën Mazdéenne est le fondement 
(frakàn) de la puissance de la royauté : et tant que la Dën Maz- 
déenne sera le ferment (afzôn) de la royauté, le fonctionnement 
de la force de la royauté durera. 



320 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



La puissance trompeuse des hérétiques / tend à pousser (' A kasï- 
tan) ceux qui tombent (*kaftàn) dans leurs lacets (vandak) ; et 
par là le fonctionnement de la royauté et le gouvernement des 
créatures (*dâm) du gëtï sont inutiles au gètï. Sa splendeur, 
son ornementation, sa prestance, sa délectation et sa joie sont 
méprisées, et sont louées sa dévastation, sa pauvreté, sa nudité 
et ses maux/ corporels. Quand elle tombe dans ces lacets (*van- 
dak) la royauté y est agie (vënàrt bavët) dans la mesure même 
(hame cëgôn.s) où, mue par la nature, sa volonté vise la splendeur 
du gëtï, la délectation et la joie du corps, vers ceux qui y sont 
tombés et qui souffrent (ranjïhît), et parmi lesquels se trouve 
l'hérésie, fondement de cette royauté. Elle faiblit chez ceux qui 
sont tombés dans les lacets /, la royauté est ébranlée, et il y a un 
besoin de s'établir à nouveau dans une autre espèce d'hérésie. 
Et du fait de la présence de cette espèce d'hérésie, quand elle vise 
corporellement la nature de la royauté, il y a incertitude (anôst- 
vârîk) dans le fondement de la royauté, lequel est ébranlé et ébranle 
la royauté. / Quelques-uns des trompeurs qui sont tombés dans 
les lacets, réchappent à nouveau par l'hérésie, et des lacets vont 
à la destruction ôs bavend). Tant que (om.) subsistent tous les 
lacets, l'hérésie devient impuissante à servir de fondement à la 
royauté et la royauté ne se détache pas d'elle. 



350 / SuR LE PRINCIPE CONSTANT DE LA ROYAUTÉ DUQUEL LES 

hommes... (B. 259 ; M. 338.) 

... avant tout celle qui est sur sa propre libération (âzâtih) 
de l'enfer en vue de parvenir au hamestakân ; le progrès (afzôn) 
qui le fait ensuite parvenir du hamestakân au vahist dans la compa- 
gnie des dieux mënogiens ; et la troisième royauté qui le fait 
monter (bâlist matan) du / vahist au garôtman, dans la compa- 
gnie des Amahraspandân. 



chapitres 349 A 352 



321 



1 351 S UR CE QUE LES HOMMES S'ACQUIÈRENT CLÉMENCE ET MISÉ- 

RICORDE DE LA PART DES DlEUX ET DES SOUVERAINS. (B. 259 ; 

M. 338.) 

i Les Dieux donnent clémence et miséricorde au roi et au sou- 

i verain qui répandent (???) ce que les Dieux possèdent. Les 

hommes trompeurs (? druxt mând), quand ils présentent (frac 

l p. 260 dâst) leur personne et leurs biens (tâv?) aux rois / (om.) tout à 
la fois ( êvakanîhâ) acquièrent d'eux leur clémence (om.) et leur 

1 miséricorde. Le souverain (fidèle aux) Dieux qui, avec justice 

(donne) ce qui est des Dieux dans un sentiment de clémence et 
3 de miséricorde quant à la personne et aux choses de cet homme, / 
devient comme s'il commandait au monde d'une façon plus pro- 
fitable. 



352 Sur l'attitude (hôk) du sage ou de l'ignorant quand 

LEUR VIENT UNE FAVEUR ( x yân) DES DIEUX OU UN BIENFAIT 
(àpâtîh) DES HOMMES, OU QUAND RIEN NE LEUR VIENT. (B. 260 ; 

M. 339.) 

6 /Le sage pour autant qu'il lui vient des Dieux une faveur 

gëtïkienne, considère que c'est dans la mesure où c'est pour son 
avantage, et que c'est bien (vëh), et, quand rien ne lui vient, 
que c'est bien ainsi ( êtôn). Et pour autant que lui vient de l'homme 
un bienfait qui est capital ( mâtag) du bienfaiteur ( ?), il le consi- 
9 dère comme une répétition Çapâc girisnïh) de ce qu'il prend / 
pour la provision indispensable ( avicirîsnik tôsak) à son assistance ; 
et quand rien ne lui vient, il considère que celui dont il l'avait 
demandé ( x pursihït) ne le pouvait pas, non qu'il ne le voulait 
pas (om.). Chaque fois que lui vient ( x rasisnik) faveur ( x yân) 
-4 12 des dieux ou bienfait des hommes, il est heureux / et reconnaissant ; 
et quand il ne reçoit rien, il est satisfait et sans douleur. 

L'ignorant, pour grande que lui vienne faveur gëtïkienne des 
Dieux ou bienfait des hommes, il lui (semble) devoir recevoir 
plus ; quand il ne reçoit rien, le voilà qui doute des Dieux mëno- 
giens ou qui soupçonne (fandar mënët) les hommes, et chaque 
fois / que lui vient faveur ( x yân ) des Dieux ou bienfait des hommes, 
il est douloureux et ingrat ; et quand rien ne lui vient, il est mécon 
tent et se plaint (gilakgar). Voilà pourquoi le sage est toujours 
digne et en espérance des bienfaits des Dieux et des hommes, 
tandis que l'ignorant en est indigne et sans espérance (brit-ômëtïh) . 



I- 15 



322 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



353 / Sur la mesure, l'excès et le défaut du vouloir. (B. 260 • 
M. 339.) 

La mesure du vouloir c'est ce qui est indispensable (avicirisnïk) 
à son corps, à son activité, à son rang : est indispensable tout ce qui 
est vertueux. C'est cela même qui est le terme (sàmân) de la satis- 
faction /, le fondement de l'effort. 

L'excès du vouloir c'est de se porter vers ce qui n'est pas indis- 
pensable à son corps, à son activité, à son rang : est non indispen- 
sable tout ce qui est peccamineux. C'est cela même qui est le 
terme de l'insatisfaction et /le principe de la concupiscence 
( âzvarïh ) . 

Le défaut du vouloir c'est de ne pas désirer ce qui est indis- 
pensable à son corps, à son activité, à son rang. C'est le refroidisse- 
ment ( afsartakîh) de l'activité vertueuse. On l'appelle aussi zaî- 
bod, qui est le principe de la paresse. 



354 Sur les 3 conseils donnés aux hommes par Yim. (B. 261 ; 
M. 340.) 

Voici les 3 conseils que Yim donna aux hommes en faisant 
le patët pour avoir offensé son Créateur : / 

1) Que votre ( x kutân) joie la plus haute, venant de l'appui 
du mënôg soit l'acte méritoire, et que votre désir ne s'épuise 
pas sur les choses de ce vain (tuhïk) gëtï. 

2) Appliquez ( êvakânïkët) votre langue à la parole véridique, 
qui protège et fait grandir votre xvarrah, et non pas d'abord / 
au discours mensonger qui diminuera et fera disparaître votre 
xvarrah. 

3) Soyez toujours fermes dans l'amour des (om.) Dieux mënôg, 
et ne sépare pas ( mâ visànët) l'amour ( miQr) du moment de les voir 
par la longueur du trajet vers eux (pat dër rasisnih avis) ou par 
leur long éloignement (pat *drangik dûrïh i. son) /, c'est-à-dire : 
ne soyez pas sots (mutak) et nuisibles (tapâh) comme Yim fut sot 
en préférant la joie qui vient de la royauté transitoire à celle de 
l'acte méritoire qui ne passe pas, portant (bârend) sa langue de 
la parole véridique qui protège le xvarrah au discours mensonger, 
et quittant ( visànd) l'amour des Dieux mënog /, alors qu'il offensa 
à son profit- (hàn i xvës rai) le Bak distributeur du xvarrah, Ohr- 
mazd le Créateur, le miséricordieux. 



chapitres 353 a 356 



323 



355 Sur ce qui préserve au mieux le xvarrah et sur ce qui le 
dissipe le plus. (B. 261 ; M. 341.) 

Ce qui préserve au mieux (pânénaktâr) le xvarrah, c'est la par- 
i g faite pensée au sujet/ du Distributeur du xvarrah et le ferme 
maintien de son service (spâs) et l'énergie dans le devoir. Et ce 
qui dissipe le plus le xvarrah est d'offenser (le distributeur) du 
xvarrah, c'est d'oublier son service et de se tourner vers le non- 
devoir. 



356 SuR l'essence, la matière et la manifestation du xvarrah. 
(B. 261 ; M. 341.) 

Le Créateur créa la création pour l'action, et à chaque créature, 
il révéla son action propre. Cette action qui est dans le processus 
p. 262 (ravâkîk) de la créature / est le xvarrah de cette créature. 

Sa matière équivaut au processus de l'action fournie par lui 
(= par le xvarrah) : la quantité d'un corps unique sur lequel il 
y a processus et arrangement (vënàrtakîh) est sa quantité de matière 
3 autant que ce seul corps; celle d'une demeure (màn), autant / que 
d'une seule demeure ; celle d'un clan (vis), autant que d'un 
seul clan ; celle d'une tribu, autant que d'une seule tribu ; 
celle d'un village (deh) autant que d'un seul village ; celle d'une 
région (kzsvar), autant que d'une seule région ; et celle du terrain 
des régions, sur lequel est la matière du processus et de l'arran- 
gement, est (sa) matière qui équivaut à la matière de toutes ces 
6 régions. / 

Et sa manifestation se fait par l'arrangement en vue du pro- 
cessus de la créature, par la disparition de ce qui retarde cette 
action, l'action d'un seul corps à l'action de tous les corps, de 
l'acction d'une demeure à l'action de la terre des Sept Régions. 



324 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



357 Sur la puissance et le pouvoir de l'homme, leur avantage 
ou leur désavantage /. (B. 262 ; M. 342.) 

A l'homme ayant subi l'Assaut est mêlée la convoitise (as) 
qui est de la nature de l'Assaut ( ëbgatîk) pour abîmer le xvarrah ■ 
et pour préserver le xvarrah de la convoitise, le Créateur crée la 
sagesse (xrat). La convoitise est le faux-frère du désir (apâyist). 
La mesure du désir / s'étend jusqu'au point où le désir est terminé 
par la puissance et le pouvoir, la convoitise prenant de la force 
et la sagesse requise étant plus grande pour préserver le xvarrah 
de la convoitise. 

Quand le désir se termine avec la puissance et le pouvoir 
en deçà de la mesure de la force / de la sagesse de cet homme, 
la sagesse de cet homme devient capable ( y -patûk) de préserver 
le xvarrah contre les injures de la convoitise, et la puissance et 
le pouvoir sont tout à l'avantage de cet homme. 

Et quand le désir dépasse la mesure de la force de la sagesse de 
cet homme, la convoitise augmente en vigueur (freh-ôzïhît), la 
sagesse perd de la force dans l'homme ; / de la force de la sagesse, 
le xvarrah vacille (candët) à cause de l'imperfection de son pro- 
tecteur, et cet homme devient comme ivre (mastïhït) de puissance 
et de pouvoir excessifs ; la convoitise se dresse, le xvarrah dis- 
paraît, et la puissance et le pouvoir sont tout au détriment de cet 
homme. 



358 SUR CE QUE L'HOMME DOIT FAIRE LUI-MÊME, ET SUR CE QU'lL 
DOIT ABANDONNER À UN AUTRE QUE LUI. (B. 262 ; M. 342.) 

/ Ce que l'homme doit surtout faire lui-même, c'est ce que 
nul autre que lui ne peut faire pour lui s'il ne le fait pas lui-même 
pour lui-même. C'est / notamment de ne pas laisser le cordon 
ombilical d'Astovidât (passer) du corps autour de l'âme (ruvân), 
ceci en se gardant du péché et en accomplissant des actes méri- 
toires ; afin qu'Astovidât conduisant ce corps à la mort pour 
le tuer dans un autre lieu, ce lacet (band) ne passe ( x YNPOât) 
pas autour de l'âme permettant à / Astovidât d'entraîner l'âme 
vers l'enfer, retardant ainsi la Fraskart, et de torturer et faire 
souffrir (l'âme?). Dans cette terrible torture et souffrance, le corps 
une fois tué, l'âme est libérée et élevée à l'impassibilité même 
(ham amôs) et jouit et se satisfait/ avec les Justes de la suprême 
jouissance et satisfaction. 



CHAPITRES 357 a 360 



325 



Ce qu'on doit surtout abandonner à autre que soit, c'est ce qui, 
<pour> soi, parmi les choses qui vous arrivent une fois ( ëvtâk), 
n'est pas parfait : ainsi, la royauté (om.) /, la richesse, l'accomplis- 
sement d'un désir, la joie. Cela, il convient de l'abandonner aux 
Dieux, sans entretenir de doute au sujet des Dieux, et avec l'assu- 
rance (vistaxvih) qu'ils font parvenir à tel homme ce par quoi il 
devient meilleur et plus prospère (sûtômandtar). 



359 /Sur ce que mépriser le xvarrah, c'est frustrer la volonté 
( x kâm) du Créateur maître du xvarrah. (B. 263 ; M. 343.) 

Le Créateur créa ses créatures pour l'action ; les créatures sont 
les exécutants (kârïkar) du Créateur, / et la bonne exécution de 
leur action grâce au xvarrah est leur devoir propre (xvëskàrïh). 
Le devoir propre comporte parfaite intention vis-à-vis du xvarrah. 
L'exécution du devoir entraîne l'exécution de l'action du Créateur. 
L'action du Créateur est accomplie pour la satisfaction de sa 
volonté par elle. Lorsque, en manquant à leur devoir propre, (les 
créatures) pervertissent leur intention (tarmënstâr bavend) il y a 
retardement du xvarrah, l'action du Créateur n'est pas exécutée 
et par là sa volonté est frustrée ( azàr). 



360 / Sur la protection et la sauvegarde <du xvarrah > 
de la créature. (b. 264 ; m. 344.) 

Toute sauvegarde (pâsîk) du xvarrah de sa créature comporte 
pure amitié, / louange et reconnaissance du Créateur du xvarrah. 
Quand on oublie l'amitié, la louange et la reconnaissance au 
Créateur du xvarrah, et qu'on abandonne, le xvarrah n'est plus 
sauvegardé (apâs), le xvarrah est ruiné du fait de n'être pas sau- 
vegardé/, et ce qui ruine ainsi le xvarrah, c'est la drûj. 



326 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



361 S UR LA VALEUR ACCRUE OU RÉDUITE DES HOMMES. (B. 264 ' 

M. 344.) 

La valeur de l'homme équivaut à la masse (màtag) de son 
xvarrah, et la masse de son xvarrah / équivaut à la dimension 
de son devoir (xvëskarïh). L'essence de son devoir manifeste 
(nimâyêt) la masse de son xvarrah. En dimension, l'homme Juste 
vaut, <au minimum (kasihâ?) >, moins que l'eau, la terre, les 
bêtes et les plantes ; moyennement, autant que l'eau, la terre, 
les bêtes et les plantes ; / au maximum, plus que l'eau, la terre, 
les bêtes et les plantes ; si bien que pour un tiers, il vaut le ciel 
et la terre ; pour deux tiers, l'immortalité des vivants et la résur- 
rection des morts ; et en valeur totale autant que valent toutes 
les / bonnes vertus énumérées dans la Bonne Den 

au sujet de l'Homme Juste, bon roi et souverain. 

La réduction de sa valeur vient de la petitesse de son xvarrah, 
et la petitesse de son xvarrah vient de la dimension de son abandon 
du devoir ( axv ëskârih) , et l'essence de celui-ci manifeste la mesure 
où l'on frappe le xvarrah ; et la réduction de sa valeur va jusqu'à 
la dévalorisation ( x acârih) de toute la masse du xvarrah et à 
l'épuisement ( x hanjaftakih) de la valeur du monde, quand, par 
l'abandon du devoir, les hommes deviennent margarzàn, par leur 
souillure (anapëtânîk), leurs corps / perdent la vie, et, par leur 
puanteur, leurs âmes sont destinées à l'enfer. 



362 Sur ce qu'est la venue a l'être et la composition, et 
sur le motif de la production de l'être et de la compo- 
sition./(B. 264; M. 345.) 

La venue à l'être d'un existant (bamsn i stï) se fait par l'union 
de la force de vaxs, en puissance <avec> la substance (gôhr) 
mënôgienne, en vertu de / la production de l'être (bavênitârîh) 
mênôgienne du Créateur ; (om.) et la venue d'un existant à la 
composition ( x hambav ênisn i stï) se fait par l'union de la vaxs, 
en vertu de la production de la composition par le Créateur, à la 
forme et à la figure (dësak ut kerp) gëtïkiennes /. Le motif (dm) 
de la nécessité de la création pour chaque opération ( ô har kàr 
ut kâr) est la lutte avec l'adversaire qui est l'Assaut, — ce qui est 
manifesté dans la création. L'Assaut vaincu et l'opération accomplie, 



chapitres 361 a 362 



327 



l'existant est de nouveau fondu (gumëcisnïh) à l'existant en puis- 
9 sance, et la vaxs / à la force de vaxs, qui sont leur substance ori- 
ginelle. Lors de la totale victoire sur l'Assaut quand sera parfaite 
l'opération des créatures, ce sera le moment de la Fraskart : le 
Créateur rappellera chaque existant de l'originelle puissance de 
12 l'existant et chaque vaxs de la force originelle de la vaxs/, avec 
espèce ( adv ënakômand) et figure, dans la pureté pour recomposer 
l'âme tandis que l'âme sera rendue immortelle (anôsàkënïtan) 
et replacée dans l'éternelle liesse. C'est la Révélation de la Bonne 
Dën. 

D'aucune façon il n'est possible de mener du rien à l'être, 
* 5 et, de nouveau, de ramener au rien/. De même il n'est pas possible 
non plus qu'une chose se donne l'être (bavënët) par soi-même 
(xvatîhâ). Et il n'est pas convenable que le sage Créateur qui 
amène à l'être et à la composition ruine (vinast) et bouleverse 
ce qu'il a lui-même ( x xvës) mené à l'être et à la composition, 
18 et ceci d'aucune façon (pat car). Mais/ venue à l'être et compo- 
sition des choses sont d'une même espèce : ainsi, la composition 
de la terre, de l'eau et de la paille est la venue à l'être de la brique 
(xist), et la composition des briques produit un . La 

cause (vihân) de leur création ne provient pas de leur propre 
21 substance mais / de substances diverses. Il est donc évident que 
la création de n'importe quelle chose ne vient ni de la chose même 
ni de ses composantes (xvësikân) mais de l'union de substances 
diverses. 

*■ 266 Les docteurs dont la doctrine est que les choses / sont menées 
du rien à l'être et retournent ensuite au rien, et que de nouveau 
est ramenée à l'être la même chose avec le même principe et que 
la recréation ( x nôk dahisn) de ce qui est mené à l'être provient 

3 de l'existence de Celui qui l'a(vait) menée à l'être/, (on leur 
objectera) : que les choses puissent venir à l'être par elles-mêmes, 
comme ils le disent — la voie des choses venant du rien — n'est 
pas moindre que de faire les choses du rien. Ainsi, ce qui ne 
saurait être — par exemple que les choses se produisent spon- 
tanément du rien — on ne saurait non plus le faire de rien. On 

6 ne saurait faire les choses / de rien (plusieurs om.) : ainsi, il est 
impossible qu'une même chose, soit et ne soit pas (ham hast ham 
nëst) dans le même lieu, dans le même temps comme elle était; 
et il est impossible par n'importe quelle force de la faire ainsi. 
Pour toute chose construite (pasaxtak x cis) il faut absolument 

9 (avicirisnîk) / matériau de construction et constructeur ;_ et s'il 
est très (vasikân?) absurde de parler d'une chose construite sans 
constructeur, il ne l'est pas moins d'en parler sans l'existence 
de la matière de la construction. Ils parlent ridiculement d'une 



328 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



même chose qui vient du rien et qui, venue à l'être, retourne au 
rien / : parler de retourner est contradictoire avec le rien et l'exis- 
tence, et parler du Créateur comme abîmant (om.) ses propres 
produits-à-l'être et ses propres compositions (c'est prêter au) 
Créateur inimitié envers ses créatures. 



363 / SUR LE PRODUCTEUR DU XVARRAH, LE GERME, CE QUI TIENT 

tout (dârak x hâm), ceux qui distribuent aux germes 

GÈTÎKIENS ; SUR L'ORDRE DE DISTRIBUER, SUR LE NOURRICIER 
ET LE PROTECTEUR DU GERME, ET, DANS LE GERME, DE L'INDI- 
VIDU ( tan) ET SUR SON ACTION, ET / SUR LE RÉCUPÉRATEUR ET LE 
RÉUNISSEUR AUX SIENS PROPRES. (B. 266 ; M. 347.) 

Le producteur du xvarrah, c'est Ohrmazd le Créateur. Le 
germe qui se distingue ( vicârihat) de lui, c'est la Lumière infinie. 
Ce qui le (con)tient tout entier (dârâk hâm), c'est le mënôg de 
eau-feu-terre mënôgiens, et le gëtï d'eau-feu-terre gëtïkiens ( x gëti- 
kïk). Ceux qui le distribuent aux germes gëtïkiens sur l'ordre 
de Dieu /, le Créateur, ce sont les Dieux mënôgiens. L'ordre 
de le distribuer aux germes, et, dans les germes, aux individus 
(tan), c'est quand vient le temps (mat zamân) convenable pour 
que telle action avec tel xvarrah, dans tel germe, / gouverne tel 
individu. Et le nourricier et protecteur du xvarrah, quant an 
germe et à l'individu qui est en lui, c'est la sagesse (xrat), qui 
est le chef (pêsôpây), avec la générosité, la véracité, la reconnais- 
sance, la satisfaction, l'énergie à faire son devoir. Son action 
consiste à sauver et à faire sauver, / à exalter et à faire exalter celui 
qui possède le xvarrah, selon le svarrah qui est sien ou aux siens, 
et dans la mesure de ce xvarrah. Quant à Celui qui récupère 
( apâc- x patiruftâr) les actions accomplies (katt kâr) et les agents 
épuisés (hanjaftak kârïkar), Celui qui originellement est leur 
pantocrator ( ôylàn bun dâràk-hâm), Celui qui les réunit aux/ siens 
propres (xvësâvand), Celui qui le distribue par parties aux germes 
et aux individus, et, en totalité, au temps de la Fraskart, à la géné- 
ration ( avâtak) de ceux qui, pleins de xvarrah, feront la Fraskart, 
pour faire la Fraskart avec le corps eschatologique de tous les 
axv corporels, c'est Ohrmazd /le Créateur, l'omniscient et le 
tout- puissant. 



chapitres 362 a 365 



329 



364 Sur l'appropriation de l'avantage qui vient de la parole, 
et le rejet du dommage qui vient d'elle. (B. 267 ; M, 348.) 

15 I La langue a été donnée aux hommes comme un moyen de 

s'approprier, grâce à elle, le grand avantage qui vient de la parole. 
Et ce qui meut ( x nidvârâk) la langue à la parole, c'est la volonté. 
Akoman, Az, Xësm et les autres drûj qui s'occupent au brigandage 

18 (râsdàrih) à l'intérieur des personnes, / sont constamment en 
lutte pour faire de la volonté leur instrument : car par le moyen 
de la volonté, ils font mouvoir la langue vers l'avantage qui vient 
de la parole, en frustrent (acârënàk) les hommes, et les mots 
(saxvan) transmettent (rasënàk) le désavantage qui vient d'elle. 
Vohuman, Art, Aromat, Srôs et les autres bons mënôg ont été 
donnés pour donner forme (dësakârîh) à l'intérieur de la personne 

p. 268 (j e l'homme / en protégeant la volonté et la langue contre les drûj. 
Quand l'homme (om.), en vertu de la royauté qu'il exerce sur sa 
propre personne, aime les bons mënôg en allant à leur suite (pat 

3 hamhâkih dôsêt), quand sa volonté meut sa langue vers la parole/, 
il retient le mot dans son esprit (vârom), l'examine parfaitement, 
et voit si sa volonté de mouvoir sa langue à la parole vient de la 
guidance (dastvarîh) de la sagesse (xrat) et autres bons mënôg, 
ou de l'égarement (vyavânkarïh) causé par la concupiscence et 

6 et autres mauvais mënôg. / Retient ( apâcâkanjêt) sa langue de 
parler, celui qui sait sien l'avantage qui vient de la parole et écarte 
lui-même le désavantage qui en provient. Quand il parle avec 
grande circonspection ( x nikiritârïkâ) , c'est toujours avec la crainte 

9 de se frustrer du grand avantage qui vient / de la parole et d'attirer 
sur lui-même le grave désavantage qui provient d'elle. 



365 Sur l'être originel de la création (om.) du gëtï. (B. 268 ; 
M. 349.) 

L'instrument / que le Créateur façonna à partir de la lumière 
infime (anagr rôsnih) et dans lequel il renferma (hangar tênët) 
la création (dàm), selon la révélation, a pour nom avestique « Forme 
sans fin » ( asarak ? karp ) qui sont deux. Sont contenues en lui la 
création (dahisn) mënôgienne et la création gëtïkienne. / Dans 
la création mënôgienne, il renferma le mënôg de la puissance de 
l'esprit (vaxs nërôk), et dans la création gëtïkienne le mënôg 
de la puissance de la nature (cikr). Posé l'instrument qui renferme 



330 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNEART 



la création mënôgienne, il est fait de façon complète (spûrik), 
avec en lui l'opération / qui est nécessaire à la création par cet 
instrument. Et il fit ( vicàrt) les Dieux mënôgiens spirituels ( vaxsô- 
mand) chacun pour sa propre (om.) fonction (xvêskàrïh). 

Dans l'instrument qui renferme la création gëtïkienne, de par 
la volonté du Créateur, à travers ( x LSDr) le mënôg de la puissance 
( y -nërôk) de nature / par suite de la transformation ( x vastan) le 
mënôg de la puissancee spirituelle, est ensemble (hamihâ) pour la 
manifestation du moindre des éléments du gëtï ( ô dàramaktom 
gëti grivpaytàkih) : d'abord, un petit (morceau) (nisang) dont 
le nom avestique est kôt /, et, dans la langue du monde, son nom 
est lis srësak et srësûtak, un peu de kôt étant pétri (srësûtak) ; 
vahang, dont le nom avestique est « saillant » et « creux » ( xôrta- 
kih ut gabrih) qui dans la langue des hommes / s'appellent « relief » 
et « sillon » (stûnak ut kis) ; zv'ky'yt qui en est fait et dans lequel 
il y a kôt ; de vahang, au nom de saillant et creux et aussi relief 
et sillon, (se fait) vd'ng, dont le nom avestique est viskômandik, 
que dans la langue des hommes on appelle étendue (vistartakih) ; 
j zv'ky'yt et vahang en proviennent, vidang et kôt sont dedans, 
du nom de vdâng, viskômandïh et étendue, il y a union du mënôg 
des puissances spirituelles. 

Le premier corps (tan) a pour noms avestiques ray et spaxs 
qui dans la langue des hommes aussi s'appelle / spihr. Parmi 
ses produits (zahak) se trouvent les luminaires, le soleil, la lune 
et les étoiles, principe commun pour toutes les créatures qui sont 
sous son gouvernement, les natures, lui-même étant suprême 
parmi les natures. De la Rah provient le bavisn : le chaud-humide / 
qui est fait d'air (vàtômand). La puissance (*nërôk) de l'esprit 
mënôg y étant incluse (hambastakïh) , il unit sa force pour être 
progéniteur (zahàk) des créatures du gëtï, le germe des germes. 
De bavisn-ravisnïh, progéniteurs des formes du x bavisn qu'on 
appelle aussi ristakàn. De bavisnastisnïh, les vivants qui sont 
parmi les êtres individuels (stï) qui/ sont les corps, produits 
( ? ahik) du gëtï. 



366 SUR LA VIE ET LA MORT DU XVARRAH, ET LE SIGNE DE SA VENUE 
ET DE SA DISPARITION. / (B. 269 ; M. 351.) 

La vie du xvarrah vient de la prudence (frazânakih) de la sagesse 
(xrat) ; sa mort, de l'égoïsme de la concupiscence. Son accroisse- 
ment vient de l'amitié, de la proximité et de la conversation avec 



CHAPITRES 365 A 368 



331 



l'homme sage, prudent et saint (afzônïk). Sa diminution vient 
de Farnitié, de la proximité et de la conversation avec le karap 
et le mar Ignorant et rapetissé. Le signe de sa venue, du fait de 
p- 270 l'esprit de Srôs (srôsîkîh) /, est une activité vohumanienne ensei- 
gnée par la sagesse ; et la marque de sa disparition, du fait de l'esprit 
de Xësm, est une activité akomanienne enflammée (âsuft) par la 
concupiscence. 



367 / SUR L'AVANTAGE ET LE DOMMAGE DE LA LUMIÈRE ET DES 

ténèbres. (B. 270 ; M. 350.) 

L'avantage de la lumière qui lui est propre, est universel : 
c'est l'espoir, la béatitude, l'accroissement, la santé, la vue , la 
manifestation dans l'activité (kârikik askârakih), l'évidence; c'est 
universel comme l'avantage universel / qui provient du savoir 
(dânâkïh) et de la véracité, et (comme) le soleil, la lune, les étoiles, 
la terre, l'eau, les plantes, les bêtes, les hommes, la pluie et autres 
bonnes créatures. Le dommage qui provient de l'Assaut, et qui 
est dans l'avantage, est particulier : comme l'incendie d'une botte 
de foin (hôsàk) ou la chute d'un cheval/, ce qui est « apparenté » 

(bràtarôt) à réchauffement du soleil , ou une seule chute, 

ou une seule isolation ( îbastkârïh) due à l'abondance de la pluie. 

Le dommage des ténèbres, qui lui est propre, est universel : 
c'est la peur, les tourments (pazm), la cécité, l'impuissance, la 
dégénérescence, la dissimulation, la non- manifestation ; c'est uni- 
versel / <comme> le dommage qui provient de l'ignorance 
(adànïh) et du mensonge, comme le retard du soleil dans sa marche 
et son échauffement, la non-pluie et autres maux. Quant à son 
avantage, il est l'œuvre des Dieux, dans le Mélange, et particulier 
dans le dommage qui provient d'elles. 



368 / SuR LE MOMENT OU OHRMAZD S'ÉLÈVERA POUR VAINCRE 
L'ADVERSAIRE DU MONDE ET DE LA Dën. (B. 270; M. 351.) 

Ohrmazd créa le monde et la Dën Mazdéenne pour vaincre et/ 
détruire l'Assaut. Jusqu'à la Fraskart l'Assaut est vaincu par 
eux en partie; et au moment de la Fraskart, il faudra que l'Assaut 



332 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



tout entier soit vaincu par eux. Chaque fois que l'Assaut, par une 
cause ou l'autre (pat x vihân.ë *hac *vihânikâ) , est sur le monde 
et la Bonne Den, et que se dessine (cïhrïhit) la crainte que la Bonne 
Den et le monde soient renversés ( x oskâpïh) et détruits par lui, 
Ohrmazd le Créateur / s'élève pour repousser et défaire cette 
cause, rectifier le monde, et exalter ( àfrâz ënîtan) la Dën Mazdéenne 
en lui rendant force / et triomphe. Ces moments sont mentionnés 
dans la Bonne Dën et dans un autre chapitre (darak) où est exposée 
la connexion des moments d'ascendant et de déclin (nisëb) de la 
Dën Mazdéenne. 



369 Sur la métamorphose des aspects. (B. 271 ; M. 352.) 

/ La^ toute première création produite (âfurisnïk) se fait dans 
une création (frac dahisn) mënôgienne. Toute composition (ham- 
banâisnïh ou x hambavisnîh) est métamorphose des aspects 
(yatak mhérih), mise en connection (patvandûn) de l'être indi- 
viduel (sti) à la co-métamorphose à partir de la forme (dés), 
d'une forme spécifique ( advënak) à une forme spécifique ou d'une 
figure (kerp) à une figure. En voici rémunération; / il y en a 3 : 
(métamorphose) par le fait d'une action naturelle ; par le fait d'une 
action volontaire ; par l'union des 2. Celle qui est le fait d'une 
action naturelle : comme le métal à partir de la transformation 
de la boue ; la plante à partir de la terre et de l'eau ; le fruit des 
plantes à partir de la racine des plantes ; le lait des bêtes et toute 
ressource (xvâstak) vivante, graisse, sang/, bile, poils, à partir 
des plantes qu'elles ont mangées et de l'eau qu'elles ont bue, 
et autres choses semblables. 

Celle qui est le fait d'une action volontaire (om.) : comme la 
flûte (nây), le coffre ( x kebût?), la porte, faits de bois et / par la 
volonté du menuisier ; comme le bracelet ( x ayârak) (om.), la boucle 
d'oreille, la bague, faits d'or par la volonté de l'orfèvre, et autres 
choses semblables. 

Celle qui est le fait de l'union des deux, nature et volonté; comme 
l'homme qui, à partir d'une chose transformée par nature (cïhr 
vihêrisnïk) (om.) pose volontairement quelque chose d'autre 
( x dôvom) : du sucre de canne transformé naturellement à partir 
de la terre, / il fait volontairement du sucre ; de ce qu'on nomme 
sésame (kunjit) transformé naturellement à partir de la terre, il 



chapitres 368 a 370 



333 



fait volontairement de l'huile ; et de l'union des deux produits, 
sucre et huile, unis au safran (kurkum), produit d'une transfor- 
mation naturelle de la terre, il fait volontairement une gelée 
(pàlûtak). 

La transformation miraculeuse et mënôgienne, c'est comme ce 
que font les dieux. Les hommes miraculeux, les dëv, les sorciers, 
les mar en (se?) changeant toutes sortes de figures (karp ut x karp). 
p . 272 La Dën nous révèle que c'est là le fondement qui embrasse toutes / 
sortes d'arts gëtïkiens et mënôgiens, selon le dicton d'un Ancien 
Sage (pësïnîk dànâk) : « Dans la métamorphose des aspects sont 
compris tous les arts. » 



370 / Sur la force suprême qui... (B. 272; M. 353.) 

Pour accroître le bien et réduire le mal parmi les créatures du 
gëtï où les bons augmentent par l'avantage, et les mauvais corrom- 
pent par le dommage le monde de la Justice, les Dieux. 

Les Dieux, pour accroître le Bien et réduire le Mal, et, parmi 
les créatures du gëtï, les bons pour l'augmentation et le profit 
du monde de la Justice — tandis que les mauvais le corrompent / 
et l'endommagent, — disposent de 2 forces qui dérivent (visân ; 
om. vêh) de la force supérieure et suprême ; et de ces forces, l'une 
a été créée ( x dât) lors de la création primordiale par Ohrmazd, 
avec l'âme, la bôd, et la fravahr des hommes, pour leur action 
et la réalisation de l'avantage de la création tout entière. / L'autre 
est celle du corps eschatologique, lors de l'accomplissement de 
l'action, du parfait triomphe de la création sur l'Assaut, de la totale 
défaite et suppression de l'Assaut, de la restauration des corps 
(rist) de tous les axv corporels, de l'état stable (astisnïh) de l'avan- 
tage de toute la création ; / au temps de la Fraskart, les corps 
ressuscités (hangëxt) de tous les hommes se trouveront dans la 
même demeure (sôysr) devant Ohrmazd le Créateur. 



334 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



371 Sur la destination, la création et leur puissance. (B. 272 ; 
M. 353.) 

/ La destination (handàcisn) , c'est ce par quoi il y a motion 
(jumbisnih) pour chaque acte. La création, c'est ce par quoi ii y 
a motion pour le tout (hamàk), en dehors de ce qui est fait ou non- 
fait (pat pasàzisn ëvap apasâzisn) pour tel acte particulier. / La 
destination, dans l'être ( ? ? pat TT om. MU) est aussi forte que 
le feu. La volonté qui se détermine (handâcêt) fermement pour 
un acte méritoire ou pour un péché, nul ne peut, par quelque 
puissance mënôgienne ou gëtîkienne autre qu'elle-même, détourner 
sa volonté de ce à quoi elle est déterminée. / 

La supériorité de force de la création par rapport à la puissance 
de la destination, consiste en ce que, dans une destination parti- 
culière (ëvàk) qu'on laisse aller vers son acte, avec / toutes les 
puissances du mënôg et du gëtï, quand il y a à cette destination 
un acte qui la contrarie (hambitïk), il vient du dehors et d'une 
puissance particulière ( êvak). Dans les motions contraires à cette 
destination particulière, ce qui est contraire / peut sauter (jastan ) 
vers toutes les motions qui sont fermes dans leur effort pour 
accomplir leur opération propre au sein de ce à quoi est naturée 
la création toute entière (hamdahisn) : ainsi la Roue, qu'on appelle 
aussi la Sphère, et les luminaires qui sont dedans /, soleil, lune, 
étoiles, et les natures (élémentaires) qui sont le feu, l'eau, secours 
du vent leur est donné, ils ne sont pas déviés (nëmôsit kend) d'em- 
blée dans leur effort pour accomplir leur opération propre. 

Les êtres dont la motion est volontaire, dévient de leur opération 
propre / et se détournent vers ce qui n'est pas leur opération 
propre ; dévient de ce qui n'est pas leur opération propre et se 
tournent vers leur opération propre. Parmi les êtres dont la motion 
est volontaire, le plus haut, c'est l'homme qui, dans son effort 
pour accomplir son opération propre, est sage. Quant aux Dieux 
purs, / ils sont tous au plus haut parce qu'ils ne peuvent dévier 
de leur opération propre. 



chapitres 371 a 373 



335 



372 S UE LES 3 sceaux DE certification ( vavarïkân mudr) PAR 

LESQUELS LA DÊN MaZDÉENNE EST SCELLÉE PAR LA LOI D'OHR- 

mazd. (B. 273 ; M. 354.) 

Voici en quoi se résument les 3 sceaux de certification par 
lesquels la Dën Mazdéenne est scellée par la loi d'Ohrmazd : 

1) La vérité (râstïk) de la loi d'Ohrmazd, qui vient de ce qu'elle 
n'est viciée par aucun mensonge dans sa manifestation par la 
parole. 

i s 2) La sagesse (frazânakïh) inhérente à Ohrmazd, qui vient de 

la perfection avec laquelle est impartie la connaissance nécessaire 
à tout homme. 

3) La présence éclatante des miracles divins, qui vient de la 
totale plénitude du caractère miraculeux de l'enseignement (nikëz) 
d'Ohrmazd. 



373 Sur l'essence des dën d'Ohrmazd et d'Ahriman, leur 
revêtement, leur organisateur, leur propagateur, leur 
nom propre et celui que méritent leurs fidèles. (b. 273 ; 
M. 355.) 

p. 274 /L'essence de la dën d'Ohrmazd est la sagesse (dânâkîk) ; 

son revêtement est la Bonté ; son organisateur, la véracité ; le 
3 nom qu'elle mérite, / Mazdëst dont la traduction est « adoration 

d'Ohrmazd » ; le nom de ses fidèles est mazdëst, dont la traduction 

est <adorateur > d'Ohrmazd ; son propagateur est le sage (om.) 

souverain, le Zaratustrotom Juste parmi les voyants. 
6 L'essence de la dën d'Ahriman / est l'Ignorance ; son revêtement 

est l'hérésie ; son organisateur est le trompeur hérétique ; son 

nom propre dëvizakih dont la traduction est « adoration des dëv » ; 
9 le nom de ses fidèles est dëvyasn / dont la traduction est « adorateur 

des dëv » ; ses propagateurs sont le tyran, le karap, l'hérétique 

trompeur parmi les x këk. 



336 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÉNKART 



374 SUR LA PREMIÈRE, LA DEUXIÈME ET LA TROISIÈME DRUJ QUI 
ATTAQUE LES HOMMES A LA NAISSANCE /, ET LES ADVERSAIRES 
DE CES DRUJ, DE PAR LE PROPOS DU CRÉATEUR. (B. 274 ; M. 355.) 

La première druj qui attaque les hommes à la naissance est 
/Akôman, en montrant à l'enfant à sa naissance l'horreur devant 
la fin mauvaise, c'est-à-dire la mort du corps eschatologique ( ?) 
et le signe en est les pleurs de l'enfant dès (zamânik) sa naissance /. 
L'adversaire de cette druj est Vohuman, qui lui montre la joie 
du bonheur dernier de la fin qui est la vie perpétuelle du corps 
eschatologique. Et le signe en est la joiequi habite l'enfant. 

La deuxième/ druj qui attaque est Az, qui affaiblit le corps 
au moyen de la faim et de la soif, Le salut nécessaire vient de la 
production du Créateur, par le désir / et le goût de lait qui repousse 
la faim et la soif, assiste la nature, abat Âz et protège le corps. 

La troisième druj qui les attaque est le sommeil immodéré 
qui alanguit / et corrompt le corps : et ce qui détourne les maux 
qui en proviennent, c'est le sommeil (HLM) modéré qui donne 
au corps le bien-être (âsànitàr). 



375 StJR LE SIGNE DE QUELQUE CHOSE, ET LE JUGEMENT QUE L'ON 

porte sur lui. (B. 275 ; M. 356.) 

/ Il y a quatre espèces de signes (daxsak) qui annoncent quelque 
chose : 1) le signe appartient à la chose (cisïk) et est certain ; 2) 
le signe appartient à la chose mais est incertain (varômand) ; 3) 
le signe n'appartient pas à la chose et est incertain ; 4) le signe 
ni <n'appartient à la chose > ni n'est incertain. 

1) Le signe appartient à la chose et est certain : ainsi, quand / en 
hiver, un voile céleste ( ?tutuq?) visible se déplace, l'air est tran- 
quille (armést), le nuage, qui appartient à la (pluie) est signe de 
pluie, et le jugement que l'on porte d'après lui est que la pluie 
tombera bientôt. 

2) Le signe appartient à la chose, mais est incertain : ainsi, 
quand en été un voile céleste se déplace et / que l'air est tran- 
quille, le nuage est un signe incertain de la pluie, <et le jugement 
que l'on porte d'après lui...>. 



chapitres 374 a 377 



337 



3) Le signe n'appartient pas à la chose et est incertain : ainsi 
quand en hiver un oiseau chante (môyàn murv), c'est signe de pluie, 
et le jugement que l'on porte d'après cela est que la venue de la 
pluie est incertaine. 

4) Le signe ni n'appartient à la chose / ni n'est incertain : ainsi 
quand en été un oiseau chante, le jugement que l'on porte d'après 
cela n'est même pas (në.c) qu'il est incertain si la pluie viendra 
ensuite. 



376 S UR LE FEU SANS FUMÉE, <LE FEU AVEC FUMÉE >, LA FUMÉE 
SANS FEU, ET LA FUMÉE AVEC FEU. / (B. 275 ; M. 357.) 

Le feu sans fumée (adût), c'est celui qui brûle dans la Pureté 
et c'est le Spenist. Le feu avec fumée, c'est celui qui brûle dans 
le Mélange en brûlant quelque chose de mélangé d'où se dégage 
(anàfun) une fumée sombre. C'est pour cela qu'il est toujours 
avec fumée. La fumée sans feu (anâtas), c'est la fumée de l'enfer. 
La fumée avec feu, c'est la combustion à sec (kûskik) de ce qui 
dans la terre est non-embrasé/ (?nifrôz?), les choses sèches étant 
sèches et chaudes. C'est pour cela qu'elle est avec feu : quand on y 
apporte de l'humidité, elle se dégage et s'élève (ûl ôzêt). 



377 Sur le plus grave mensonge du Gannâk, la plus haute 

DISPOSITION DU SPANÀK, ET LE TRIOMPHE / DU SPANÂK SUR LE 

Gannâk Mênog. (B. 276 ; M. 357.) 

_ Le plus grave mensonge (mïtoxt) du Gannâk Mënôg est (d'avoir 
dit): « En détruisant les créatures d'Ohrmazd, je le détournerai de 
son action. » Et la principale disposition ( x râyênîtàrik) à cet égard, 
est (d'avoir dit) : «/Le Gannâk Mënôg, sans que mes créatures 
ne soient détruites, par mes créatures, je le détruirai. » Le triomphe 
du Spanak Mënôg sur le Gannâk Mënôg en détruisant le Gannâk 
Menôg sans que ne soient détruites ses propres créatures (celles 
de Spanak Mënog), consistera en la réunion des créatures du 



338 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



Spanâk Mënôg /à la Fraskart, cependant que leur est révélée 
par la Bonne Dën l'omniscience et la sage disposition du Spanâk 
Mënôg, la perversité (ânâkîk), l'universelle iniquité (ganàgik) 
en telle quantité (?candîk) caractéristique de (H) cette druj. 

Ainsi, l'aveugle est-il conduit par le voyant (vënak) à la chute 
de la vie (ôftisn ijàn), c'est-à-dire [à sa mort ( ôs), tandis / qu'il ne 
perçoit pas (mâlët) qu'il tombe dans le puits d'où l'on ne remonte 
pas ( anahràm). 



378 SuR LA F0RCE DE LA CONNAISSANCE DES DEUX MËNOG. (B. 276 ; 

M. 347.) 

La connaissance des 2 mënog est si puissante que, quand on 
connaît le Spanâk Mënôg, / nous vient la faveur du Paradis (vakist) ; 
et quand on connaît le Gannak Mënôg, on se détourne de lui, 
on se sauve de l'enfer, et nous vient le triomphe. 



379 Sur le propre de la création du Spanâk Mënôg et de la 
u « fabrication » du Gannâk Mënôg. / (B. 276 ; M. 358.) 

Le propre de la création (ddhisn) du Spanâk Mënôg est qu'elle 
équivaut toujours à ce qui est nécessaire en fonction de la Mesure. 
Celui de la « fabrication » (^kirëniïn) du Gannâk Mënôg est qu'elle 
est toujours gâtée (anapëtân) par l'excès de son propre être(Wr 
cisîk) et de sa propre puissance (xvës mrôkïh). La cause originelle 
(vihân) du dommage et de la dénaturation (ap êtânih) qui se voient 
chez les créatures du Spanâk Mënôg vient de la création du Gan- 
p- 217 nâk Mënôg. Et l'avantage et l'utilité qui se voient chez les « fabri- 
cations » du Gannâk Mënôg viennent de la création du Spa- 
nâk Mënôg. 



chapitres 377 a 381 



339 



380 Sur le PROGRES ET LA CONTINUITÉ DES CRÉATURES DU GËTÎ 

dans l'état de l'Antagonisme / et la terrible crainte 
du Gannak Mënôg. (B. 277 ; M. 358.) 

La direction (vënàrisn) et le mouvement des créatures d'Ohr- 
mazd le Créateur sont soit naturels (cîhrïk), soit volontaires, et 
dans le gëti ils sont dans l'état de l'Antagonisme (pat pityârakô- 
mandïh). Au-dessus du gëti, l'Assaut n'atteint pas les êtres qui 
sont au-dessus du gëtï/, lesquels ne se détournent pas de leur 
propre puissance, ne sont soumis ni à la faiblesse ni au boule- 
versement, et dont la puissance n'est pas séparée (a-visân nërôkïh), 
des êtres qui ne subissent pas d'Antagonisme : volontaires, comme 
les Amahraspand, au sommet, aux êtres soumis à l'Antagonisme 
et doués de volonté (kâmënitak) comme l'homme ; des êtres qui 
ne subissent pas d'Antagonisme, naturels comme la Roue (rah), 
au sommet/, aux êtres soumis à l'Antagonisme et doués de nature 
(cihrikënïtak), comme le vent, le feu, l'eau et la terre (gil) : ces 
créatures du gëti dans l'état d'Antagonisme .n'ont pas (*U) à 
craindre du Gannak Mënôg ; elles ont direction, progrès / et 
continuité (patvandisn) 



381 Sur la satisfaction parfaite de tous/ les hommes (B 277- 
M 359) v 

La parfaite satisfaction des hommes se réalise quand on leur 
fournit tous les biens (nëvakih) : en tête de leurs biens (nëvakân) 
viennent les 3 suivants : le non-besoin (apë nyâzih), la non-mort, 
et l'accomplissement ^de ses désirs. / Le non-besoin, c'est quand 
on est débarrassé ( ôkartan) du besoin, les choses nécessaires ayant 
été apportées. Dans l'état où l'on est soumis à l'adversité, bien 
que le besoin soit ôté par le fait qu'on apporte ces choses à l'homme, 
elles augmentent en lui / Âz génitrice du besoin et le besoin rejeton 
(kunusk) d'Az. De même l'abondance de dommages, de tourments 
et de violence est jointe à la satisfaction de l'avantage qui provient 
de la non-mort, et à cause de la conjonction ininterrompue aux 
choses pour l'accomplissement de ses désirs, le désir étant excité 
par les choses, ( x hangëzîh) ; plus ce désir excité par les choses 
est fort, plus ce désir excité par les choses est vaste et puissant 
et l'homme est mené vers un désir insatiable (anhanjâmïh) et 



340 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



parvient / à la misère et au malheur qui viennent du désir inaccompli, 
et qui l'emportent sur le bonheur et la joie qui vient de l'accom- 
plissement du désir. 

On voit par là que, dans l'état où l'on est soumis à l'adversité, 
il ne saurait y avoir de parfaite satisfaction, ni que l'homme puisse/ 
opérer parfaite satisfaction. Satisfaire totalement les hommes, 
c'est apporter à tous ce qui leur est nécessaire à tous en fait de 
bonheur. Si, dans l'état où l'on est sujet à l'adversité, même la 
satisfaction de deux personnes par le fait de leur apporter ce 
qui est / nécessaire à leur bonheur n'est pas (om.) possible — 
ces deux personnes s'estiment chacune de même rang, soit de rang 
supérieur, soit de rang inférieur (om.) ; il est difficile ( x dusvar) 
de trouver dans le monde deux personnes de même rang qui se 
considèrent telles : /le plus souvent l'une se considère supérieure à 
l'autre, et de là vient qu'il n'est possible ni de leur donner à part 
égale ni de leur donner plus ou moins, en les rendant toutes deux 
satisfaites ensemble. 

Mais, s'il est difficile (*dusvâr), dans l'état où l'on est sujet à 
l'adversité de satisfaire également deux personnes en les gratinant 
ensemble, il est impossible de satisfaire tous les hommes en leur 
donnant ou en leur ôtant (*ôkârtan) quelque chose/. Or, satis- 
faire complètement les hommes, et les satisfaire tout en suppri- 
mant l'Assaut à toutes les créatures <est possible >, et il est révélé 
que ce sera lors du corps eschatologique. 



382 S UR LES PLUS puissantes ( ôzômandtar) d'entre les créa- 
tures. (B. 278 ; M. 360.) 

Lorsqu'on considère les bestiaux qui servent aux hommes en 
les engraissant (pat frapihisn) en /les entretenant et en étant 
leurs instruments, on voit la grande puissance des bestiaux. Quand 
on considère les plantes, dont les bestiaux ont besoin pour leur 
entretien et pour s'engraisser, <on voit> la plus grande puissance 
des plantes. Quand on considère la terre, dont les plantes / ont 
besoin pour pousser (rôyisnih), et les hommes et les bestiaux 
pour leur entretien dessus, on voit la très grande puissance de 
la terre. Quand on considère le vent qui porte (burtâr hast) / l'eau, 
la terre, les plantes, les bestiaux et les hommes, on voit la puis- 
sance supérieure du vent. Quand on considère la Roue, qui gou- 



CHAPITRES 381 A 383 



341 



verne même le vent, on voit / la puissance plus supérieure encore 
de la Roue et de la Sphère. Quand on considère la Révélation de 
la Bonne Dën au sujet du gouvernement des Artây Fravart sur 
la Roue, et que c'est par leur Éclat et leur xvarrah que sont disposés 
le ciel, le vent, l'eau, la terre et le mouvement (vàzisn) du soleil 
(om. dp), de la lune et des / étoiles, on voit la supériorité en puis- 
sance des Fravarti des Justes entre les créatures, en sorte que, 
comme l'homme est, quant au gëtî, le grand chef et roi des créatures, 
ainsi leur grande puissance sur les créatures porte-t-elle, d'une façon 
mënôgienne, même sur celles du gëtî. 



383 / SuR LES 2 principes premiers. (B. 279 ; M. 361.) 

L'action de l'homme est acte méritoire ou acte peccamineux. 
L'acte méritoire de l'homme est causé ( x vihànïk), et la cause de 
l'acte méritoire dans l'homme est la sagesse (xrat), qui est de 
Vohuman. L'acte peccamineux de l'homme / est causé, et la cause 
de l'acte peccamineux dans l'homme est la concupiscence, qui est 
d'Akoman. La sagesse de Vohuman qui est en l'homme est pro- 
duction ( âfurisnïk) du Créateur pour être cause des actes vertueux, 
de la Justice, des avantages, de la joie. La concupiscence d'Akoman 
qui est en l'homme est là pour <causer> actes peccamineux, 
druvandîh, dommage et souffrance / de l'homme : c'est dire ÇYK) 
qu'elle ne vient pas du Créateur, puis qu'il est certain que Vohuman 
est pour l'acte méritoire, la Justice, les avantages ( x sûtJ et la joie 
de l'homme. C'est donc que la concupiscence d'Akoman est la 
cause des actes peccamineux, de la druvandîh, du dommage et de 
la souffrance faits en l'homme par un autre (an) principe, qui 
lui a fait un caractère ( xëm ?) contraire au caractère / du Principe 
qui a fait (âfurit) de la sagesse de Vohuman la cause des actes 
méritoires, de la Justice, des avantages et de la joie dans l'homme. 
Il résulte de là qu'il y a deux principes : l'un Principe premier 
de la cause des actes vertueux, de la Justice, des avantages de la 
joie, qui sont des biens ; l'autre, principe premier de la cause / 
des actes peccamineux, de la druvandîh, du dommage, de la 
souffrance, qui sont des maux dans l'homme. 

Les docteurs dont la doctrine est qu'il y a seulement un principe 
unique/, attribuent à cet unique principe d'être origine (hacisïh) 



342 LE TROISIÈME LIVRE DU DE N KART 

et cause des actes peccamineux, de la druvandïh, du dommage, 
de la souffrance et de la misère de l'homme, et d'être l'antagoniste 
des créatures, et lui dénient d'être Dieu (yazatih), Créateur, 
ami / des créatures. 



384 Sur les demeures des actes méritoires et les repaires des 
péchés. (B. 280 ; M. 362.) 

Les demeures ( mëhân) des actes méritoires dans l'homme 
sont au nombre de 4 : 1) de ferme intention ( x âhangïk) ; 2) avec 
un autre (an) désir ; 3) / tendant selon le désir ; 4) de ferme désir. 
Ce sont là la plus élevée, la proche de la plus élevée, la proche de 
la plus basse, et la plus basse des demeures des actes méritoires. 

1) De ferme intention : comme de satisfaire les bons / unique- 
ment en raison de l'amour que l'on porte à la Justice. C'est là 
la plus élevée des demeures des actes méritoires. 

2) Avec un autre désir : comme de satisfaire les bons par amour 
de la Justice, et aussi de la récompense du gëtî. C'est là la demeure 
des actes méritoires proche de la plus élevée. 

3) Tendant selon le désir : comme / de satisfaire les bons par 
amour de la récompense du gêtï et aussi de la Justice. C'est là 
la demeure des actes méritoires proche de la plus basse. 

4) De ferme désir : comme de satisfaire les bons seulement 
par amour de la récompense du gêtï. C'est là la plus basse / des 
demeures des actes méritoires. 

Les repaires (gristak) des péchés chez les hommes sont aussi 
au nombre de 4 : 1) ferme malice ; 2) désir de mal ( ak kâmïk) ; 
3) mauvais désir (kàm akïk) ; 4) ferme désir. C'est sont là le plus 
ravalé, le plus proche du plus ravalé, le proche du supérieur /, 
et le supérieur des repaires des péchés. 

1) Ferme malice dans le péché : comme de nuire aux bons 
uniquement par haine des bons. C'est là le plus ravalé des repaires 
du péché. 

2) Péché avec désir de mal : comme de nuire aux bons par haine 
des bons et aussi pour la récompense du gêtï. C'est là le repaire 
des péchés proche du plus ravalé. 



chapitres 383 a 385 



343 



3) Péché avec mauvais désir : comme de nuire aux bons pour 
p. 28i urie récompense du gêtï et aussi par haine des bons. /C'est là 

le repaire des péchés proche du supérieur. 

4) Péché de ferme désir : comme de nuire aux bons uniquement 
pour une récompense du gëti. C'est là le repaire supérieur des 
péchés. 

s j Dans les demeures des actes méritoires, il faut examiner le 

rang (pâyik) des actes méritoires et louer les actes selon leur rang. 
Dans les repaires des péchés, il faut examiner le rang des péchés 
et blâmer les péchés selon leur rang. 



385 SuR LA b* 1801 * DE l'échec des vertus de l'homme, et du 
6 SUCCÈS / du manque de choix des vertus univoques des 

autres vivants qui leur ont été naturées a chacun, 
comme il a été dit. (B. 281 ; M. 363.) 

L'homme a été créé doté de royauté ( xvatây ënitak) sur sa 

9 propre personne, avec domination ( sardârîh) / sur les autres 
créatures du gëti, et il a reçu puissance en vertu de sa capacité 
de choix (vicingarih) , afin que, par sa puissance d'agir par choix, 
et par sa royauté sur les siens, il fasse ce qui relève de pensée, 
parole, action, et dirige (hïlend) ce qui ne relève pas de pensée, 

12 parole, action; sauvé lui-même, il sauve de / la druj ceux sur qui 
il a domination. Les autres créatures du gëtî sont des instruments, 
naturés (cïhrënitak) chacun par une vertu univoque ( évtâk) 
nécessaire à tel instrument <de> l'homme. Ainsi le chien par 
sa vivacité (raxsakik?) et le mouton par sa docilité (kumô- 

15 sih), agissant sans choix/ en instruments de l'homme en tant 
que berger. Et quand le berger, par la domination qu'il exerce 
sur les êtres qui agissent sans choix, et en les gouvernant bien, 
tient les moutons à l'intérieur et le chien à l'extérieur, le chien 
qui est à l'extérieur, grâce à sa vivacité naturelle et à sa force supé- 

18 rieure, remplit de frayeur (tarsënët) et empêche (apâc pafsàrèt) J 
le voleur de voler et d'emporter les moutons, et le loup de ravir 
et de déchirer les moutons : tandis que le mouton fait prospérer 
la maison par son lait (om.) et sa laine. Et quand le x berger, 
gouvernant mal, tient le chien à l'intérieur et les moutons à l'exté- 



344 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



rieur, le chien qui est à l'intérieur endommage la / maison, et les 
moutons qui sont à l'extérieur, sont volés et emportés par le voleur, 
ravis et déchirés par le loup, et le berger, privé de sa richesse 
( apàyist xvâstak), l'âme x afflîgée ( ? ? n mw t). 



386 / Sur le degré de la Dën purifiée de sorcellerie, et de 

CELLE QUI <n'eST PAS > PURIFIÉE DE D ÉVITÉ. (B. 282 ; M. 364.) 

La Dën (om.)/ qui est purifiée (palûtak) de sorcellerie est celle 
où il est dit qu'il faut faire ce qui est acte méritoire en tant qu'acte 
méritoire ou s'abstenir de ce qui est péché en tant que c'est péché. 
Et la dën qui n'est pas purifiée de dëvité est celle où il est/ dit 
qu'il faut s'abstenir de ce qui est acte méritoire en tant que c'est 
péché, et accomplir ce qui est péché en tant qu'acte méritoire. 



387 Sur l'examen, l'estimation et le choix de ce qui a rang 
de dën. (B. 282 ; M. 365.) 

/ Comme on examine et on juge de la (capacité de) quelqu'un 
pour la royauté ou la magistrature (dàtvârîh) avant de le proposer 
pour la royauté ou de le nommer à la magistrature, en formant 
le souhait suivant : « Puisse cet homme n'être pas un mauvais roi 
ou un /juge prévaricateur! » et que, en <le proposant à> la 
royauté ou en le nommant à la magistrature, la puissance (s'ajou- 
tant) à la royauté ou la de la magistrature ne confondent 

pas la vue de tous, les empêchant de voir qu'il est un mauvais roi 
ou un juge prévaricateur, et que, lorsqu'ils l'auront vu /, il ne leur 
serve de rien de changer et d'être écrasés (uskàftan), et qu'en 
conséquence de (patisây) la violence de ce mauvais roi ou de ce 
juge prévaricateur, ils demeurent, mauvais roi ou juge prévari- 
cateur à (om.) opprimer le monde. 

De même dans l'examen et l'estimation d'une dën, avant de 
lui / adjoindre la puissance royale et le triomphe, il convient 
(de se dire) : «Puisse cette dën n'être pas mensongère, et la flamme 



chapitres 385 a 388 



345 



et l'éclat de sa royauté ne pas cacher à la vue de tous l'essentielle 
nature mauvaise de cette dën, et qu'ils ne courent pas vers elle 
en croyant voir sa nature dans le vêtement que lui prête la vue de 
sa royauté, qu'ils n'en prennent pas le tempérament, et qu'en 
l'examinant, la plupart ne voient pas les défauts (om. nëvakik) 

p. 2S3 de sa nature, puis en / l'examinant parfaitement, en voyant la trom- 
perie (anastïh) et la malice de son essence, ils se repentent d'avoir 

3 couru vers elle et aient le désir de / se séparer d'elle, alors qu'ils 
sont tous (retenus) en elle par la force royale, et que leur âme subisse 
condamnation et devienne druvand! » 



388 SUR frapper sans conscience et frapper parfaitement. 
(B. 283 ; M. 366.) 

6 I Selon l'enseignement de la Dën ( X MN x dén nikëz), frapper 
sans conscience (abôd zatan), c'est frapper à son gré (kâmak) 
comme font tous les hommes, comme frappent les dëv et les druj, 
les (vices) dëviques et drujiens que sont la convoitise, la concupis- 
cence, la fureur, l'esprit de vengeance, l'envie et les autres vices, 

7 et ces adjoints (âyuxtàr) à la dëvité,/ ces instruments gétikiens 
que sont les dëv et les drûj, les loups et les monstres. 

Frapper parfaitement, c'est l'œuvre de la sagesse qui frappe 
avec choix (vicin) : ainsi pour ce qui est des hommes, sans virer 
(vastan X L') de l'avantage de la création au dommage des créatures, 
ni de servir d'arme aux Dieux à servir d'instrument aux dëv, 

12 on frappe selon la décision de la Dën / et l'ordre du souverain ; 
et pour ce qui est du bétail, autant qu'il est indispensable Ç avicïris- 
nik) selon que le concèdent (pat masdàtisîânïh) les hommes qui 
en savent le plus (mas dànân ?) ; et pour ce qui est de frapper fort 
les dëv, ce sont les dastur de la Bonne Dën qui les frappent par 

15 le nirang de la Dën, leur/ forte frappe des dëv étant mesurée à 
la grande puissance des hommes. 

Quant aux docteurs qui concilient avec l'avantage général la pra- 
tique de frapper le bétail sans conscience, leur doctrine concilie 
le dommage et la perversité générale de la dëvité et l'éloignement 

18 de l'avantage et du bien général en la divinité ( x yazatïh)j. 



346 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



389 Sur les 7 perfections obtenues par le roi Kay Vistâsp, 
et la possibilité pour tout mazdéen de s' approprier ces 
mêmes perfections a son rang. (b. 283 ; m. 366.) 

Selon l'enseignement de la Dën, il y eut 7 perfections (pahrômih) 
que l'éminent roi Kay Vistâsp obtint qui l'emportent sur / celle 
des souverains qui étaient venus avant lui. Et après lui (frac <kac > 
ôy <ô>) la royauté sera à une lignée de souverains, et même 
chez un immortel (ahôs) comme l'est encore à présent, selon la 
révélation, x Yavist i x Fryân/. 

La première perfection était une saine royauté sur la prospérité 
(xfraxvïh) gëtïkienne, à laquelle se joint l'éminente Justice mëno- 
gienne. La deuxième perfection était la satisfaction (husnûtih) 
de tous les habitants qui sont sous son règne, et, / qui s'étend à la 
justice du monde entier. La troisième perfection était la force 
( amavandïh) et le triomphe suprêmes. La quatrième perfection 
était de donner tous les jours un festin sous les portiques de son 
palais (dar i dahlicj.jha cinquième perfection était l'abondance 
des moyens — chevaux, hommes et armement (zën afzâr) — 
pour vaincre les ennemis. La sixième perfection était la grande 
diversité, à l'extérieur ( x bërôn) et à l'intérieur, de ses palais 
royaux. La septième perfection était de recevoir les bons en noblesse 
et/ en sagesse, de soigner (hubarisnih) les feux, et de purifier les 
eaux de tous les kisvar de son royaume. 

Tout mazdéen (hudën), à son rang (payakihà), quand, régnant 
sur sa volonté, il maintient et gouverne bien ses propres <affaires > 
du gëtî et du mënôg /, s'acquiert la perfection qui concerne la 
royauté du gëtï à laquelle se joint l'éminence mënôgienne. 

Quand il est l'ami des hommes et les assiste autant qu'il le peut, 
alors il s'acquiert la perfection d'être aimé des hommes et de les 
satisfaire, (om.). 

' Quand il ne laisse pas approcher de lui la druj, lutte avec celle 
qui est en lui et la vainc, alors il s'acquiert la perfection qui concerne 
la force et le triomphe suprêmes. 

Quand, selon ses moyens, il tient et donne toujours, sous son 
portique, du pain et de l'eau pour les pauvres, alors il s'acquiert / 
la perfection qui consiste à donner tous les jours des vivres (tôsak) 
et un banquet au portique de son palais. 

Quand, autant qu'il le peut (cand. s x âtûkïk), il opère des actes 
méritoires et s'abstient de péchés, et par là sauve son âme et 
répand son renom, alors il s'acquiert la perfection qui concerne 
l'abondance de l'armée et des armements et la défaite des ennemis. / 

Quand il reçoit l'hôte de bien et lui donne satisfaction avec ce 
qu'il a, alors il s'acquiert la perfection ( x pahrômïh) qui concerne 



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347 



ce qui est extérieur et intérieur ( x bërôn *andarôn) dans le district 
(vis). 

Quand il maintient bien les hommes, les bêtes, le feu et l'eau, 
sur quoi il a domaine dans sa maison, alors il s'acquiert la per- 
12 fection qui concerne / la réception des hommes de bien, le soin 
du feu d'Ohrmazd et la purification des bonnes eaux. 

Et quand il cherche et s'acquiert ces 7 perfections avec autant 
d'énergie qu'il le peut, alors, des 7 perfections qu'avait, selon la 
15 révélation, le roi Kay Vistâsp, / il s'acquiert, à son rang, une 
récompense aussi grande (mas hâvand). 



390 Sur ce qui promeut et ce qui corrompt le monde. (B. 285 ; 
M. 369.) 

Tout ce qui est promoteur (freh dâtàr) d'une chose, le contraire 
de cette chose en est le corrupteur. 

Tout ce qui, pour quelque chose, est le promoteur (freh dâtàr) 
de cette chose, est contraire à ce qui est corrupteur de / cette 
même chose ; et, de même, tout ce qui est le corrupteur d'une 
chose est contraire à ce qui est promoteur de cette même chose. 
Ainsi le chaud-humide qui fait croître les plantes a-t-il pour 
contraire le terrible (sahm) froid-sec qui fait mourir (*ôsënitâr) 
les plantes ; et le terrible froid-sec qui fait mourir les plantes a-t-il 
pour contraire / le chaud-humide qui fait croître les plantes. Selon 
la Révélation de la Bonne Dën, il y a pour le monde 4 corrupteurs, 
qui sont : 

1) la pollution ( x vinÔsisn) due à la mauvaise dën portant sur 
l'eau et le feu / et autres principes (bunân) et éléments engendreurs 
(zahâkân) du monde, qui en se propageant (paîvand) sont pollu- 
tion et bouleversement pour les engendrés ( zahàkan) du monde, 
parmi les matières (mâtan) desquels sont les hommes; 

2) le manque de discernement ( y -avicingarih) / chez les récitants 
et maîtres (câsitàr) de l'enseignement de la Dën (dënom. âmôk), 
d'où naît l'hérésie, adversaire de la sagesse de la Den, et parmi 
lesquels il y aura ceux qui pervertissent et bouleversent la royauté ; 



348 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



3) le vol et la rapine, par quoi sont ébranlées ( x môsïtâr) et 
saccagées des choses qui sont de celles qui servent à l'entretien 
des Iraniens ; / 

^ 4) le tort porté à la légalité de la magistrature, par suite de 
l'abondance dans le monde de juges prévaricateurs, d'où survient 
la désolation et la dénaturation (duscîhrih) du monde, et la chute 
( x ôbadisn) de la colonne de la royauté. 
Et il y a 4 promoteurs, qui sont : 

1) contraire à la pollution due à la mauvaise dën ( x akdênik) j 
portant sur l'eau et le feu et autres principes et éléments engen- 
dreurs du monde, la purification légale de la Bonne Dën, la bonne 
collecte (hubarisn) des feux et autre maintien (dàrisn) digne des 
principes du monde ( x gëkân), qui, en se propageant, sont pour 
les engendrés qui en proviennent santé / naturelle, pureté (om.), 
et bonne disposition des matières parmi lesquelles sont les 
hommes ( ?) ; 

2) le discernement chez les récitants et maîtres de l'enseigne- 
ment de la Dën, grâce auquel la sagesse de la Dën est préservée 
de la perversion de l'hérésie, / le juge étant véridique, avec bonne 
marche de la Dën, déploiement (ârâyisn) de la royauté et arrange- 
ment du monde ; 

3) contraire au vol et à la rapine, la concorde et la générosité 
(par lesquelles) le monde est épanoui et embelli, les hommes recti- 
fiés et ornés, / les créatures sont dans la joie et les dieux satisfaits ; 

4) contraire au tort porté à la magistrature dans le monde en 
raison de l'abondance de la convoitise et de la prévarication, le 
déploiement de la loi grâce aux bons juges dans le monde, leur 
nature véridique d'où provient pour le monde absence de crainte, 
prospérité, / et beauté, pour les hommes protection et multi- 
plication (huzihisnïh), et la colonne de la royauté est bien établie 



pl 287 391 Sur l'établissement /et le renversement des vertus 
(B. 286; M. 370.) 

L'établissement des vertus se fait par la continuité (patvandisn) 
de l'extrémité (frazâm) de chacune / avec son propre réceptacle 
( x nïsëm?) avec lequel elle est connexe (hamyuxt) / ainsi : l'extré- 
mité de la sage destination (xratïk handâcisn) rejoint (patvandimih) 



CHAPITRES 390 A 391 



349 



l'agir selon le bon caractère ( x huxëmîhâ kunisn), et l'extrémité 
de l'agir selon le bon caractère rejoint la sage destination. L'extré- 
mité de l'intention parfaite / rejoint la vaillance (takikih) et 
l'extrémité du désir ( x apâyisn) rejoint l'examen attentif (nikin- 
târth), et l'extrémité de l'examen attentif rejoint le désir. L extré- 
mité du contentement rejoint l'énergie, et l'extrémité de l'énergie 
rejoint /le contentement. L'extrémité de l'agir selon la loi rejoint 
la clémence (huaparik), et l'extrémité de la clémence rejoint 1 agir 
selon la loi. L'extrémité du comportement noble (azatakih) rejoint 
le comportement selon la loi (dâtîk bariïnih), et l'extrémité du 
comportement selon la loi rejoint le comportement noble. L extré- 
mité de la magnanimité (vuzurgmêmsnih) / rejoint 1 humilité, et 
l'extrémité de l'humilité rejoint la magnanimité. L'extrémité de 
l'économie rurale (fsonisn) rejoint la générosité et 1 extrémité 
de la générosité rejoint l'économie rurale. L'extrémité de la sagesse 
qui consulte (apâc pursitâr xratik) j rejoint la sagesse satisfaite 
(xkonsand xratih), et l'extrémité de la sagesse satisfaite rejoint bi 
<sagesse> qui consulte (om.). L'extrémité de la discipline (srosi- 
kïk) rejoint le discernement selon la foi (vicïn viravismh) et 1 extré- 
mité du discernement selon la foi (viramsn vicinih) rejoint ]z dis- 
cipline. L'extrémité de l'amour de la sagesse (xrat dosakih) / 
rejoint l'agir motivé (cimïk kârih) <et l'extrémité de l'agir motive 
rejoint l'amour de la sagesse... > et l'extrémité de ... rejoint la 
pudeur L'extrémité de l'absence du péché rejoint 1 énergie ver- 
tueuse (xtuxsâk-kirpakih), et l'extrémité de <1' énergie vertueuse > 
rejoint l'absence de péché. Et ainsi de chacune des autres vertus 
dont l'extrémité rejoint son /propre réceptacle ( x nisem) 

Le renversement des vertus se fait par le faux-frère de chaque 
vertu occupant (apâc griftan) la place de la vertu même. Ainsi : 
la connaissance sensible ordinaire (dahîk sôhisnih) la place de la/ 
connaissance (dânisn) ; l'esprit de tromperie, la place du caractère ; 
l'intention routinière ( x advën), la place de l'intention parfaite; 
la colère, la place de la vaillance ; la concupiscence, la place du 
désir ; le rejet (spozkârik) / <la place de l'examen attentif > ; 
la paresse, la place du contentement ; l'avidité (âzvanh), la place 
de l'énergie ; la minutie (sparïh), la place du comportement selon 
la loi ; la vaine gloire (boHh), la place de la clémence ; la rapine 
(rûpakïh ) ; la place du comportement noble ( x àzâtakih) ; le compor- 
tement peccamineux (vinâsih), <la place du> comportement- 
selon la loi; l'attitude du karap, la place /de la magnanimité; 
la bassesse (ôpastakih), la place de l'humilité; la prodigalité 
(vanëgarih), la place de la générosité ; l'avance, la place de 1 éco- 
nomie rurale ; la camaraderie ( x vàlônakih), la place de la sagesse 
qui consulte; (om.) la place de /la sagesse satisfaite; 



350 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



1 egoisme, la place de (om.) l'amour de la sagesse ; le recours aux 
nvrang ( înirangîkih) , la place de l'agir motivé; l'impudence 
(nang), la place de la pudeur; l'esprit de querelle (^sturgih) la 
place de l'esprit d'entraide ( ayâravandîh) ; la foi sans discerne- 
ment (amcïn viravisnïh), la place de la discipline ; l'incrédulité 
la place du / discernement selon la foi ; le retard dans l'action 
méritoire (patërân kirpakïh), la place de l'absence de péché - 
1 action mento ir e viciée, la place de l'action méritoire agie ; et 
les faux-frères des autres vertus, la place des vertus mêmes. 



392 Sur les choses dont la raison est connue après leur 

MANIFESTATION ET CELLES DONT LA MANIFESTATION DÉCOULE 

de leur raison. (B. 288 ; M. 372.) 

Les choses visibles et toutes les choses invisibles sont ce dont 
1 existence (hastïk) est généralement manifeste à l'axv des hommes / 
et la raison aux (seuls) savants ; mais celle-ci n'est pas indispensable 
(anapayisnik) après la manifestation à l'axv (*pas hac axvïk pay- 
takih). Ainsi la manifestation à l'axv de tous les hommes de 
l'existence de Celui qui est le connaissant par soi et le principe 
premier (buniït) de la connaissance, Ohrmazd le créateur ; et par 
là /la foi (virravisnïh) en sait plus (Mànâktar) que la manifes- 
tation antérieure à l'axv pour laquelle on cherche et l'on trouve 
nombre de raisons et l'interconnexion ( ëvak-kartakih) du monde. 
^ Ce dont / l'existence n'est pas, d'une façon générale, manifeste 
a l'axv des hommes, mais qui est manifeste aux savants grâce à 
des raisons, c'est par exemple l'existence (*hastih) de l'Ignorant 
par soi, principe premier de l'Ignorance, qui est manifestée / par 
nombre de raisons : ainsi la nécessité de la création, en ce sens 
que cette nécessité n'existe que par le fait du « besoin » (niyâz) 
provenant de l'oppression ( ôstâp) pour repousser cette oppression 
qui ne provient pas d'un (même) principe ou de son pur dérivé 
(xvësîk) mais d'un soi et du sien qui le suit. La science / et l'Igno- 
rance pnncipielles (bûnômand), puisque, manifestement il n'y a 
pas entre elles d'appartenance (xvësih) ou d'association (kamba- 
gih), ne sauraient être des co-principes (hambûnân) car être co- 
pnncipes implique appartenance ou association. 



CHAPITRES 391 A 393 



351 



Et les docteurs dont la doctrine est qu'il n'y a d'existence que 
d'un principe unique auquel se rattache ensemble toute ongmation, 
9 en remontant à un principe commun, / en viennent à parler men- 
songèrement d'un même principe de dérivé et d'associé. 



^Û'î SUR LA BONTÉ ET LA MALICE DE L'HOMME, LEUR PRINCIPE ET 

leur fruit. (B. 289 ; M. 373.) 

/ Ce qui résume (hangartik) la bonté ferme (ôstikân nêvakik) 
de l'homme et des autres créatures bonnes, c'est la loi ( dat) , 
et ce qui résume leur malice ferme, c'est la non-loi. Pour tout 
homme, dans la mesure (and cand. s) où il se conduit selon la loi, 
c'est sa bonté ; ou selon la non-loi, c'est sa malice. Le principe 
fbun) de la bonté de la loi, / c'est la sagesse (dânâkih) : le principe 
de la malice de la non-loi, c'est l'Ignorance. Le principe de la 
sagesse (qui vient) sur l'homme et d'où procède la loi est le prin- 
cipe premier (buniït) de la sagesse du Sage par essence (xvatik), 
à savoir Ohrmazd le Créateur lui-même. Le principe de 1 Ignorance 
(qui vient) sur l'homme et d'où procède la non-loi est le principe 
premier de l'Ignorance de l'Ignorant par essence / ce qui n est pas 
compossible avec Dieu, lequel est exempt d'Ignorance et de non- 
loi : il est impossible que procèdent à la fois et un agent de la 
non-loi et un agent du bien. _ , 

Le fruit (bar) de ia bonté de la loi est l'élimination qu elle réalise 
du milieu des hommes de la malice de la non-loi au long des temps 
(andar zamànân drang), pour l'avantage des hommes et des_ autres 
' créatures bonnes. Le fruit de la malice de la non-loi est de briser / la 
bonté de la loi pour le dommage des hommes et des autres créa- 
tures bonnes. Par l'élimination complète, grâce a la bonté de la 
loi de la malice de la non-loi du milieu des hommes et autres 
créatures bonnes, viendra / l'établissement stable (astumh) i de 
l'avantage pur de toute la création, à savoir la bonne Fraskart 
Les docteurs dont la doctrine est l' impossibilité de (1 existence) 
de plus d'un principe premier, en disant que loi et non-loi, 
sagesse et Ignorance ont le même principe / dénient a ce principe 
commun, du fait qu'il est principe de l'ignorance et de la non-loi, 
la divinité et lui attribuent la d évité. 



352 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



394 Sur ce que l'homme est une créature intermédiaire 

ENTRE LES CREATURES EXTRÊMES, LES UNES ÉLEVÉES AU DEGRÉ 
SUPRÊME, LES AUTRES/ RÉDUITES JUSQU'AU DEGRÉ INFIME 

(B. 290 ; M. 374.) 

La créature humaine est celle, au dessus de laquelle, bien en 
avant, il y a l'Amahraspand et en dessous/ bien en deçà dans la 
création, l'animal. Elle est intermédiaire entre ces deux-là Ceux" 
dont l'asn-xrat est excellent (akrê) et dont la croissance progres- 
sive est la plus forte en raison de la xrat acquise par audition 
ce qui entraîne la parfaite rectification du tempérament, parviennent 
a la supériorité/, en fait de sagesse (dânâkih), de l'Amahraspand. 
^ Et la créature dont l'âsn-xrat est infime, et qui ne s'accroît pas 
a la ressemblance (kac ^homânàkih) de la xrat acquise par l'audi- 
tion, et dont le tempérament (om. xëm) est déchu (ôpastak) c'est 
l'animal. Parrm les hommes, il y en a (hast i) parfois qui leur 
ressemblent (hômœnakihït) par leur xrat hébété (*sturt). 



■ 395 / S™ CELUI QUI, PARMI LES HOMMES, EST DE VALEUR SUPÉ- 
RIEURE, MOYENNE OU INFÉRIEURE, DE VALEUR DÉNATURÉE 
OU QUI EST SANS VALEUR. (B. 290 ; M. 375.) 

A valeur supérieure celui dont le caractère (xëm) est excellent, 
(ainsi que) la sagesse (xrat), qui sait chanter les Gâthâ et qu'ac- 
compagne le plus haut (mahùt) savoir qui provient de la Dën 
Mazdéenne. A valeur moyenne celui dont le caractère est bon, 
la sagesse grande, qui sait chanter les Gâthâ et qu'accompagne/ 
le moyen savoir qui provient de la Dën Mazdéenne. A valeur 
inférieure celui dont le caractère est rectifié (virâst), la sagesse 
estimable (asnut), qui sait chanter les Gâthâ et qu'accompagne 
le savoir inférieur qui provient de la Dên / Mazdéenne. 

A valeur dénaturée ( acàr arz) celui dont le caractère et la sagesse 
et son savoir en fait de Dën Mazdéenne sont salis par la fumée 
de l'hérésie, hérétique induit en erreur (frëftak ahramôk ) et n'ayant 
pas reçu la science (amat dânisn) : il faut le considérer avec indul- 
gence (pat masdâtistânih) dans son hérésie. 

Est dépourvu de valeur (anapëtân) le même hérétique induit 
en erreur mais qui a reçu la science au sujet (pat) de son hérésie / 



CHAPITRES 394 a 396 



353 



et s'y tient (patis astisnïh) et qui ruine la Dën Mazdéenne. Il doit 
être tué en tant que tanapuhr (pat tanapuhrakàn) : c'est lui-même 
un hérétique trompeur ainsi que tous les autres margarzân qui ne 
doivent pas être considérés avec indulgence. 



396 Sur ce qui est changeable avec le cours du temps / déli- 
mité, et sur ce qui n'est pas changeable. (B. 291 ; M. 375). 

Ce qui, avec le cours du temps délimité, n'est pas changeable, 
c'est ce qui est, soi et ce qui lui appartient, dans l'état de non- 
opposition (apityàrakômandîh) et celui qui désire autrement. 

(Ne l'est pas non plus) l'être individuel, le germe, la nature, dans/ 
l'état d'opposition, de l'essence d'être, de germe et de nature 
par quoi il a été naturé ; ni la Bonne Dën de sa bonté, ni la mau- 
vaise de sa malice, ni le caractère louable de la bonté ou le mérite 
à la récompense de l'acte méritoire, ni le caractère blâmable de la 
malice ou le titre au châtiment du péché /, et autres choses sem- 
blables. Ce qui est changeable, c'est la conduite des temps et des 
actes, la multiplicité (vasîh) dans une même personne, de l'enfance 
à la jeunesse et de la jeunesse à la vieillesse, de l'ignorance (adanih) 
au savoir (*dânâkih), de la malice à la bonté, et de la druvandïh 
à la Justice. Ce qui / n'est pas soumis au changement demeure 
toujours uniforme (ëvsànih) : ainsi la lune en tant que lune (mâk 
pat xvat mâh) ou l'époque (ôvâm) en tant qu'époque. Ce qui est 
changeable change d'espèce : ainsi la lune (se transforme) de demie 
lune en pleine lune, et de pleine lune en (*ô) lune décroissante, 
et l'âge d'or (passe) à l'âge d'argent, l'âge d'argent à l'âge d'acier, 
l'âge d'acier à l'âge de fer... est mêlé / L'Iran, dans la multipli- 
cité des pays est venu à l'existence, alors que beaucoup d'hommes 
des pays et d'autres vivants sont actuellement néant par rapport 
à ce qu'ils étaient autrefois. 

/ Les docteurs dont la doctrine est que la volonté de Dieu 
se tourne chaque jour vers une (autre) opinion (saxvan) — de même 
qu'est changeante la volonté qui leur survient à eux-mêmes de 
ceci ou de cela (ô anih ut anîh), de la bonté ou de la malice — lui 
dénient la divinité en disant qu'il veut / la bienveillance (hudôstih), 
mats demain sa volonté s'en repentira, alors qu'aujourd'hui elle 
est bienveillante. 



354 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



397 = 266 Sur la faculté de vision de l'homme, son fonction- 
nement, SON ACCROISSEMENT, SA DIMINUTION ET L' ABOLITION 
DE SA PUISSANCE, LES ESPÈCES D'HOMMES QUI EN DÉCOULENT / 

et l'explication de chacun. (B. 292 ; M. 376. = B 213 - 
M. 281.) 

La faculté de vision de l'homme vient de ce qu'il possède un 
asn-xrat, c'est-à-dire de l'existence même de l'oeil de l'âme (jân), 
et son fonctionnement est par la force (zôr) de Vohuman dans 
l'axv. Son accroissement vient avant tout de la sagesse religieuse 
acquise par audition / ; sa diminution, de son éloignement de cette 
audition : son abolition, de la violente présence d'Akoman. (om.). 
A cet égard, les hommes se rangent / sous 5 espèces : ceux qui ont 
l'œil complètement ouvert, ceux qui ont l'œil largement ouvert, 
ceux qui ont l'œil à moitié ouvert, ceux qui ont l'œil assez fermé, 
ceux qui ont l'œil complètement fermé. 

1) La complète aperture de l'œil est due à la pleine habitation 
de Vohuman dans /l'axv, et à l'obturation (*siyâkïh??) d'Akoman 
de la pensée de l'axv. Et son éminence vient de son union avec la 
sagesse religieuse acquise par audition. C'est le degré supérieur 
de la sagesse, (xratîhj, de la prudence (frazânakih) et de la vision 
menogienne. 

2) La large aperture de l'œil est dûe à l'illumination (brah) 
de l'axv par Vohuman, au rejet de l'obscurité d'Akoman dans 
la pensée de l'axv, et à une connaissance puissante (afzâr âkàsih) 
provenant de l'union avec la sagesse religieuse acquise par audition. / 
C'est le degré/ de la science (snâsakïh), de la « sainteté » (afzô- 
nîkïh) et de la prophétie (pës këîïkih). 

3) La demie-aperture de l'œil est due à une irradiation (bâm 
dmtârïh) de l'axv par Vohuman, à une grande obturation / d'Ako- 
man quant à l'aperture de la pensée de l'axv et à une connaissance 
moyenne provenant de l'union avec la sagesse religieuse acquise 
par audition. C'est le degré de la sagesse (dânâkïk), de la foi et 
de la connaissance. 

4) La grande fermeture de l'œil avec une faible irradiation 
de l'axv par Vohuman, une forte /obturation (?) et un fort rejet 
dû à Akôman dans la pensée de l'axv, une connaissance infime 
dûe à l'union à la sagesse (religieuse) acquise par audition. C'est le 
degré de la confusion (mïtôxt) quant à la cogitation (andêsiïn), 
à la ( ? cëhisn) et à la sensation (parmâyisn). 

5) La totale fermeture de l'œil vient de ce que l'irradiation de 
Vohuman dans l'axv s'est terminée, d'un terrible accroissement 



chapitres 397 a 398 



355 



9 (vâlîtakîh) I d'Akôman"dans la pensée de l'axv auquel la sagesse 
de la dën acquise par audition est devenue étrangère. C'est ( x hast) 
le degré de l'intellect blessé- (zat-vîrik), de la mémoire égarée 
(mst-hosïk), de la sagesse évacuée (Huhîk xratîh) et de la cons- 
cience ébranlée (candîtak bôdih). 



12 39g Sur l'interprétation des noms / donnés aux diverses 
espèces de souverains. (B. 293 ; M. 378.) 

Voici les 4 espèces de souverains avec leur nom : le souverain 
est dit : 1) « orné» (âràstak), 2) « avec espoir », 3) « dans la crainte », 
1 5 ou 4) « défait » (visôftak) ;/ et en voici l'interprétation : 

1) Le souverain « orné » et satisfait (husnût) est celui qui est, 
lui-même, sage, tandis que son temps est bon (nëv) du fait que 
dès le début, il y a eu annihilation '( andar nêstïh) de toute cause 
(vihân) de sa destruction. 

2) Le souverain « avec espoir » est celui qui est, lui-même, 
18 sage, tandis que son temps est pervers ; / mais il y a espoir que, 

par la sagesse de ce souverain, ce temps change de malice en bonté. 

3) Le souverain qui est « dans la crainte» est celui qui est, lui- 
même, Ignorant ( x dusâkâs ) , tandis que son temps qui <est bon> , 
en raison de la crainte qui provient de l'Ignorance de ce souverain, 
croît (vâlïhît) de bonté en malice. 

4) Le souverain « défait » est celui qui est, lui-même. Ignorant, 
tandis que son temps est pervers du fait que, dès le début, il y a 

p. 294 un n éant / dans sa. constitution ( ârâyisn) . 



399 Sur l'activation du gètï et l'aménagement du ménôg- 
produits du Créateur, la fabrication et le boulever- 
sement/des deux par l'Assaut, dans l'axv de l'homme. 
(B. 294 ; M. 378.) 

Dans l'homme, de par la production du Créateur, l'activation 
du gètï (g. varzïtârïh) c'est la nature, et l'aménagement (ârâs- 
tàrïk) du mënôg, c'est l'axv (om. rép.), si bien que la vitalité 



356 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



naturelle et la sagesse (dànàkih) axvienne qui sont dans l'homme 
constituent son humanité. / La volonté, en recevant de la nature 
activation du gëtï et préservation du corps, et de l'axv sagesse et 
vertu, est apte à orienter (mënisn) son énergie dans les deux 
(domaines). 

La cause du bouleversement de tous deux dans l'homme, de 
par la « fabrication » (kîrrënisnïk) de l'Assaut, est la Convoitise 
(Az) I, si bien que l'Ignorance perverse ( x akïk) ?, la sensation 
vulgaire (dakïk sôhisnih), l'excès dû à la convoitise, le désir (arzô- 
kîh), la concupiscence, le glissement du temps ( îzamàn x viskanih) 
qui proviennent tous de l'Assaut, sont dans l'homme ce qui le 
souille et pervertit sa nature ( duscihrënitâr ) . Et l'homme, en 
agissant en dëv et en drûj, et la Convoitise en agissant sans Mesure, 
rendent inopérante/ la valeur de la nature : conduisent (zâmënêt) 
de l'avantage du mènôg, de Factivation du gëtï et de la préser- 
vation du corps au dommage du mênôg pour les deux (domaines) 
à travers (andarag) la nature et la volonté (om.); la connaissance 
est parasitée (bràtarôtënît) par la sensation vulgaire, et contre- 
carrée (hamëstârënît) j par l'Ignorance ; la faute est teinte 
couleur d'acte méritoire, les deux (domaines) sont rendus inefficaces 
quant à l'aménagement du mënôg et au salut ( x bôcisn) de l'âme ■ 
la vie (jàn) est menée au bouleversement du menog, l'âme est 
condamnée ( étang), et, par le vice, la volonté est saccagée (ràs- 
dârih). 

Et Srôs, en/ frappant la Convoitise, repousse son brigandage à 
l'encontre de la nature, et la volonté (a préséance) sur la nature ; 
Vohuman, en l'emportant sur Akoman, repousse son brigandage 
à l'encontre de l'axv, et la volonté a préséance (gâsdàrih) sur l'axv. 

L'essence (xvatih) de l'homme étant principalement (om. rép.) 
âme dotée de conscience (bôdômand ruvân) /, par la massue de 
Srôs, Convoitise est (expulsée) de dedans de la nature et de la 
volonté ; par la totale et bonne collaboration (hamhâkîh) de "Vohu- 
man, Akôman est expulsé (visûtâr) de dedans de l'axv et de la 
volonté. Par la nature /, le désir de Mesure rejoindra (paîvandët ) 
l'activation du gëtï et la préservation du corps ; par l'axv, la 
connaissance srôsienne et la vertu rejoindront la volonté ; pensée, 
parole et action de la volonté s'efforcent vers / l'activation du gëtï 
et la préservation du corps selon la loi (dâtïk) comme la connais- 
sance selon la dën <vers> les actes méritoires. Le gëtï et le 
mënôg sont activés en étant aménagés, il y a prospérité, et l'âme, 
en collaboration (hambâgïhâ) est préservée, sauvée, remplie de 
joie. 

Et quand il y a négligence par rapport à l'enseignement véri- 
dique/ et amour paresseux de ses aises (âsânïh) du fait du bri- 



chapitres 399 a 400 



357 



gandage au dedans de la nature et de la volonté, on manque à 
maîtriser son Âz et, par la violence d'Âz le désir de nature est 
rendu démesuré et excessif par un mauvais jugement, la con- 
naissance est parasitée par la sensation vulgaire ( x dahïk ) et secouée 

s (candihît) par l'Ignorance/, le caractère est fané (ôsîhit), la séche- 
resse se communique, l'amour de volonté (hàm dôsakïh) teint en 
s'abîme, dans l'activation du gëtï il y a excès et défaut, 
dans l'aménagement du mënôg il y a relâchement (sustïk) et recul 

& (apâcïh) j pour l'âme et le corps, et pour tous deux, blessure, 
nuisance et dommage. 



400 Sur la substance (màtag) et le propre (vaspûhrakânih) 
de la Sagesse (dànàkïk) et de l'ignorance, leur principe, 
leur distributeur ( x baxtàr), leur réceptacle (patïruftàr) , 
leur organisateur (vënàrâk), leur accroisseur (vaxsënàk) ; 
sur la grandeur de la Sagesse et la bassesse / (grâyïh) de 
l'Ignorance. ((B. 295 ; M. 38D.) 



La substance de la Sagesse se définit « ce qui ouvre l'œil de l'âme 
(jàn caïm) à la vision des choses qui sont visibles par l'âme », 
de même que la substance de la lumière / se définit « ce qui ouvre 
l'œil du corps à la vision des objets qui sont visibles par le corps. » 

Et le propre de la Sagesse, c'est la bonne royauté du sage sur 
sa propre volonté, et la rectification (verâyisn) de son caractère 
(xëm), ce qui augmente la vertu et est la cause d'actes méritoires, 
de Justice, de bon-renom des hommes / et du développement 
(frâc-dakisnîk) du monde de la Droiture (ahràyïh). 

Et son principe est la Sagesse inhérente (xvatïk) au créateur. 

Et son distributeur est le Créateur qui le distribue à ses créatures. 
/ Et son réceptacle, c'est la création même, par sa propre puis- 
sance (nërôk). 

Et son accroisseur et ce qui l'organise (vënàrâk) en elle-même 
(patis), c'est le bon mënôg, Vohuman. 

Et sa grandeur consiste en ce que celui en qui est survenue/ 
la Sagesse divine, sa substance est exaltée par là à la ressemblance 
(mànâkîh) du Créateur; de même qu'une chose est assimilée 



360 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



401 Sur ce qu'a la druj pour combattre l'homme. (B. 298 ; 
M. 383.) 

Le combat de la drûj est avec l'essence (xvatih) de l'homme 
qui est l'âme, et avec son arme (zây) /, qui est le corps, vêtement 
de l'âme, et les instruments de l'homme sont les bêtes et autres 
créatures du gêtï. En annihilant ( anahastënitan) l'essence de 
l'homme, en détériorant ses moyens (zây afzar), en en dissociant 
(yudtàkënîtan) l'unité, et même par la plus grave détérioration 
de l'essence de l'homme / et dissociation de ses moyens dans leur 
union, on n'en vient pas à opérer l'annihilation ( anahastkarïh) 
de n'importe lequel d'entre ces (éléments), car, selon leur témoi- 
gnage véridique, aucune essence ne passe ( Vpsyhykc) de l'être 
au néant. 

Mais si /dans le combat, il y a une terrible force qui s'applique à 
dissocier armes et outils de l'essence, elle est plus terrible encore 
quand elle parvient à rendre l'essence malade, prisonnière de l'in- 
firmité ( x âyôb âgravënïtan) et liée; que l'essence de tous les hom- 
mes leur existence /ou leur essence leur soit criblée (vëxt), et leurs 
instruments dissociés d'eux, ne peut advenir le néant, mais le retour 
( apâc apaspârisnïh) des atomes ( xortahân) formés du fait de la scis- 
sion ( viskanisn) des deux (facteurs) qui étaient unis, au principe, à 
partir desquels ils avaient été formés et unis, et par là ils trouvent 
leur lieu (gàsdârisn) j. 

Quand dans ce combat l'homme observe avec attention (pat 
asûtak pâsïh) le moment de non-violence de la drûj, et n'a crainte 
(anâkragïk) du labeur de la lutte, il devient le vainqueur viril 
de la drûj, / et en échappant à la drûj, s'élève ( ûl ôzït) jusqu'au 
lieu ( x gtyâk) de sa joie où sera sa demeure. 

Et quand il observe sans attention la violence de la drûj, / et 
manifeste de la crainte du labeur de la lutte du fait que c'est avec 
la drûj, il est vaincu par la drûj, par la force supérieure de la drûj 
dans le combat, il s'écroule et tombe dans le repaire plein d'horreur 
de la drûj, jusqu'à la Fraskart. Là, au fond des tourments de la 
drûj (hac drûj druhïtan), au temps de la Fraskart, l'Assaut étant 
vaincu, la clémence de Dieu / et la force du Créateur envers toutes 
les créatures le trouveront, qui exalteront les sauvés et sauveront 
ceux qui se sont écroulés, réunissant les atomes dispersés de leurs 
armes et outils, les armes du corps seront réunies ( x patvast) de 
nouveau à l'essence de l'âme, et des outils lui seront donnés, 
et à jamais, / dans une béatitude plénière, tout recevra joie et 
exaltation. C'est la Révélation de la Bonne Dèn. 



CHAPITRES 401 A 403 



361 



402 S UE CE QUE LE SPANAK MENOG PARFUME AVEC DEUX PARFUMS, 
ET SUR LEUR FORCE. (B. 299 ; M. 385.) 

On est parfumé (bôdënït ) par le Spanâk Mënôg avec 2 parfums : 

m parfum de sagesse (frazànakïh) et/ parfum de « développement » 
(afzônïkth). Leur force : celle du parfum de sagesse est l'agir 
(kunisn) des créatures vers le triomphe final en frappant et en 
vainquant complètement l'Assaut de la druj et en disposant le 
bonheur (nëvakïh) total de toutes les créatures (au temps du) 
corps eschatologique. Celle du parfum de « développement » est 

15 de joindre (patvastan) /les créatures en les faisant croître et se 
développer ( afzây ênitàrih) vers la puissante (afzâr) Fraskart. 

Les docteurs qui disent que Dieu endommage ( vinast) les créa- 
tures du gëtï en les faisant lutter les unes contre les autres et par 

18 la pauvreté, la maladie^ la mort pour toute créature, l'enfer éternel / 
et sans rémission pour toutes les créatures et surtout pour les 
hommes, ceux-là disent que le monde, endommagé par celui qu'ils 
tiennent pour Dieu, n'est pas parfumé par les parfums de sagesse 
et de « développement », mais empuanti par l'odeur de non-sagesse 
et de « diminution » (kastârïh) de la créature. Ils lui dénient la 

21 divinité ( x yazatih) / et tout bien, lui attribuant la dëvité et tout mal. 



p. 300 S UR CE QUE) EN SE RENCONTRANT /, LUMIÈRE ET TÉNÈBRE NE 

SE MÉLANGENT ABSOLUMENT PAS ; ET QU'lL Y EN A UNE PREUVE 

visible dans le gêtï (gëtï *vënàfdâk paytâkïk). (B. 299; 
M. 385.) 

3 I Quand se rencontrent ( ô ham matan) lumière et ténèbres, 

elles ne se mélangent absolument ( avicirisnîk) pas : il y a de cela 
une preuve (paytâkïk) visible dans le cas du feu. Quand se ren- 
contrent la lumière et la fumée, elles ne se mélangent pas, mais 
la fumée causée par l'Assaut va à l'air* ( x vàt) tandis que la lumière 

6 va à / la lumière même du feu ; et c'est là, avec ce qui se passe avec 
le feu, une indication du paradis et de l'enfer. Le paradis étant 
par lui-même beau, rayonnant (bâmik) faisant croître la création 
et la béatifiant est lumière et chaleur ; l'enfer de par son espèce 

9 laide et vicieuse, diminue (kàhënâk) la création. / Guérisseuse 
(bisâzënâk ) de la fumée qui a pour principe l'Assaut, la lumière 
est venue s'adjoindre au feu ; attiseuse, réunant et expulsant 
la sécheresse qui en est le faux-frère, la chaleur est venue s'adjoindre 
au feu. 



362 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



Les docteurs qui disent outrageusement que le feu même est 
infernal, / la lumière et la chaleur paradisiques, essentiellement 
belles, rayonnantes, accroissant et béatifiant la création, disent 
absurdement qu'elles sont essentiellement (mâtiyàn) l'enfer et 
le paradis. 



404 SUR LES HOMMES QUI RESSEMBLENT AUX DlEUX ET CEUX QUI 
RESSEMBLENT AUX DËV. (B. 300 ; M. 386.) 

Il est révélé que les hommes sont semblables aux Dieux / ou 
aux dëv en groupe ou individuellement (andar.c hangartik... 
andar.c ôsmùrisnân) . En groupe : le sacerdoce ( x asrônïh) / exempt 
d'hérésie, la classe guerrière exempte de tyrannie, la paysannerie 
exempte d'avarice, l'artisanat exempt de vilenie (dahik kârîh), 
sont semblables aux Dieux. Le faux-frère du sacerdoce contaminé 
par l'hérésie, le faux-frère de la classe guerrière / contaminée par 
la tyrannie, le faux-frère de la paysannerie contaminée par l'ava- 
rice, le faux-frère de l'artisanat contaminé par la vilenie, sont 
semblables / aux dëv. Individuellement : le roi clément qui juge 
avec droiture, le noble ( âzât) généreux, le pauvre satisfait de son 
sort, le généreux qui donne avec discernement ( rât i vicitâr dàsn ) /, 
le ( ?) qui exerce bonne reconnaissance, le riche en possession 
(hangat xër) qui est humble en esprit, et autres de même conduite 
qui même dans la gêne (tangih) sont généreux, et qui dans une 
humeur pesante (garân mênisnïh) disent le vrai, et qui, au pouvoir 
ne sont pas vindicatifs — tous ceux-là ressemblent aux Dieux. 
Mais l'homme de service ( ? x spâsdîtâr ?) haineux, le juge trompeur 
dans sa sentence, le riche en possession qui est avare (pan) et le 
pauvre qui est mécontent, le prodigue ( vanëgar) qui incite au mal 
les méchants, le destructeur (anàpak) ingrat, le riche (âtâvik) 
qui agit en karap, et autres de même conduite qui, dans l'aisance 
(fraxvxërïh) sont avares, et qui dans une humeur plaisante (husnùi ) 
sont railleurs, et, au pouvoir sont / vindicatifs (kën zatâr) — tous 
ceux-là ressemblent aux dëv et aux drûj. 

Dans l'état du Mélange, il n'y a pas de purs Dieux ou de purs 
dëv parmi les hommes, mais dans la mesure de leur sagesse et 
autres vertus les hommes ressemblent aux Dieux, et dans la mesure 
de leur Ignorance et autres vices, ils ressemblent aux dëv. 



chapitres 403 a 406 



363 



i 2 Les docteurs / dont la doctrine est qu'il n'y a qu'un principe 
unique de tout, en viennent à dire que le principe commun est 
l'Ignorance, et à cause de l'Ignorance, sont semblables aux dëv. 



405 Sur l'accession de l'homme au degré suprême de la sagesse 
et de la vision. (B. 301 ; M. 387.) 

15 / Les couleurs (rang) de la sagesse (dânàkih) et de la vision 

(vënàkîh) de l'homme sont au nombre de 4. 

1) Lïntellect inné (asn xrat) congénital (zâyënitak) à l'âme (jân) 
de l'homme de par la production du Créateur. 

2) La connaissance religieuse acquise par l'audition (srût dënîk 
âkasih) qui fait croître l'intellect inné. 

3) Le xvarrah germinal (tôxmakïk) pertinent (xvësâvand) à 
l'intellect inné et à l'intellect acquis par audition. 

18 4) L'habitation dans l'axv de l'Amahraspand Vohuman / qui 
maintient et entretient les 3 premières. 

Celui qui, bien engendré par la connaissance de l'intellect inné, 
a l'axv élargi (fraxv-axvik) ; supérieur par le savoir de la Bonne 
Dën qui fait croître l'intellect inné ; prince des richesses (hangatïh 
sardàr) par le xvarrah germinal pertinent à l'intellect inné et à 
l'intellect acquis par audition et proche d'eux ; par la puissante 
habitation de Vohuman dans l'axv, expulseur ( x rânënak'J de toutes 
les druj qui s'y trouvent ; le savoir mênôgien étant joint à la pensée 

p. 302 au d e g r é suprême de la sagesse / et de la vision, a acquis ainsi 
le plus haut bien des 2 existences, est exalté parmi les rois. 



406 Sur les différentes espèces de souverain. (B. 302 ; M. 388.) 

/ Des souverains, selon les époques, il y a 8 espèces : 4 parmi 
eux de degré louable ( x stàyisnïk ) et 4 de degré méprisable ( x nikô- 
hisnïk). Parmi les 4 de degré x louable, il y a le souverain qui pro- 
tège tout ; celui qui protège beaucoup (vës pànâk) ; <celui qui 
protège l'essentiel (mâtakvar) des créatures > ; celui qui se protège 
lui-même. 



366 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



Au temps dans la durée où le soleil fut mis en mouvement / 
du sommet de la voûte (céleste), la drûj commença à détruire 
( ôdënîtan nivist ) la limite et se jeta dans le combat pour ralentir 
le cours de la durée en retenant le soleil dans son mouvement. 
Elle combattît plus terriblement lors de la création originelle 
(bun dahisn) ; au bout de x 60 jours-et-nuits, de par la force du 
Créateur / s'exerçant sur ce combat, elle fut paralysée, et le soleil 
quitta le sommet de la voûte. 

Ensuite, vers la fin du millénaire de Zartust, (la drûj) reviendra 
au combat et combattra terriblement ; en conséquence au bout 
d'une durée de 10 jours-et-nuits vers la fin du millénaire de Zar- 
tust, / ce sera le début de la venue d'Osëtar à l'entretien avec 
Ohrmazd ; le soleil s'arrêtera au sommet de la voûte ; de par la 
force du Créateur elle sera paralysée dans ce combat, et le soleil, 
de ce lieu, reprendra sa course depuis la durée qu'il avait parcourue. 

/ (om. anticipation erronnée, de 304, 21 à 305,5). Plus tard, 
vers la fin du millénaire d'Osëtar, elle reviendra au combat et 
combattra terriblement ; / en conséquence, au bout d'une durée 
de 20 jours-et-nuits vers la fin du millénaire d'Osëtar, ce sera 
la venue d'Osëtarmàh pour le début de l'entretien avec Ohrmazd ; 
le soleil s'arrêtera au sommet de la voûte ; de par la force du Créa- 
teur, elle sera paralysée dans ce combat, et le soleil, de ce lieu 
<re> prendra/ sa course depuis la durée qu'il avait parcourue. 

Plus tard, vers la fin du millénaire d'Osëtarmàh, elle reviendra 
au combat et combattra terriblement ; en conséquence, au bout 
d'une durée de 30 jours-et-nuits, vers la fin du millénaire d'Osë- 
tarmàh, viendra le Triomphant Secourable (Sûtômand Përôzgar) 
pour le début / de son entretien avec Ohrmazd ; le soleil s'arrêtera 
au sommet de la voûte, de par la force du Créateur, elle sera complè- 
tement paralysée dans ce combat, et le soleil quittera le sommet 
de la voûte, et, accomplis 57 ans du règne du Triomphant Secou- 
rable, /grâce à l'appoint des forces (apar burt gurtïh) du Créateur, 
il vaincra toutes les forces de la drûj, les instruments de la drûj 
seront brisés et elle-même, rendue impuissante, sera rejetée dans 
son repaire originel. Telle est la Révélation de la Dën. 

Et tant que durera ce combat, le temps qu'on a dit plus haut, 
quand le soleil s'arrêtera / de courir, le temps étant proche d'un 
plus terrible combat de la drûj, l'époque sera rude et le malheur 
viendra en abondance sur les hommes et les autres créatures 
d' Ohrmazd. 



chapitres 407 a 409 



367 



408 S UR LES ACTES DU CRÉATEUR AU SUJET DE L'HOMME, DE UN, 
PRINCIPE DE LA FORMATION DES NOMBRES, A 9, FIN DES NOMBRES, 
ET QUI RÉCAPITULE LA CRÉATION. (B. 305 ; M. 393.) 

p- 306 Le premier acte du Créateur <au sujet de > l'homme / c'est 
sa production en tant qu'être individuel (àpurisn pat sti). Le 
deuxième, sa création en tant que créée (dahîk). Le troisième, 
sa grandeur par l'acte. Le quatrième, sa préservation dans ses 

5 progéniteurs (zahakân) en ce que les éléments corporels/ (tan 
ristakân) de l'homme leur sont confiés. Le cinquième, uzgarih, 
dont l'interprétation ( zand) est : refaire le corps en rappelant ses 
éléments de chez ses progéniteurs. Le sixième, aibigayh, dont l'in- 
terprétation est : vivification (zëvikënïtan) du corps réuni de 

6 nouveau à l'âme (jàn) / Le septième, dont l'interprétation 
est : le rendre immortel (anôsakënïtan) , âme et corps ensemble 
dans leur union. Le huitième, dont l'interprétation est : 
rendre tous les hommes exempts de mort, vivant en une même 
demeure. Le neuvième, rapitvak, dont l'interprétation est : réunir 

9 ( à-visânisn) toutes les créatures dans une joie pure, / donner une 
joie pleine de liesse à la création récapitulée (hangartîkênît dàmïh), 
conformément à l'action bien finalisée du Créateur. 

Les docteurs dont la doctrine est que le premier acte du Créateur 
a été d'« innover » (nivistan) la création, et, pour la création, au 

12 moyen ( miyân ?) des maladies et des péchés que les créatures ont / 
du fait d'être nées d'un principe mal posé, la mort et la druvandïh 
et l'enfer éternel pour la plupart des hommes venant de ce même 
principe — attribuent au Créateur une activité sans sagesse, mal 
exécutée et mal terminée, qui fait le malheur de toute la création 

15 et dont il se repent lui-même, / et lui dénient le triomphe final, 
la divinité et la bienfaisance. 



409 Sur les manvahmat d'Arang et de Veh. (B. 306 ; M. 394.) 

Arang est en avestique JRak ; son zand (om.) / est ray et le zand 
de ce mot est « énergie » (tuxsâkîh). Vëh est en avestique Vanki ; 
son zand est « prospérité » ( âpâtîh), que l'on appelle aussi xvarrah, 
et xvarrah, va avec « devoir « (xvêskârîh). Si bien qu'ensemble on 
a « énergie » et « devoir y. Ray-énergie est l'instrument de la non- 
mort, dont la demeure (mëhan), de par la Création du Créateur 



368 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



se dit « Arang ». Xvarrah- devoir est l'instrument de toute satis- 
faction ( snâyënïtârih ) , dont la demeure, de par la création du 
Créateur, / se dit x «Vëh ». Il est révélé que xvarrah et devoir sont 
conjoints ( y -patvandïh). Ces 2 vertus qui engendrent tous les autres 
biens, à savoir ray et xvarrah, sont un océan en Ohrmazd le Créa- 
teur /, lequel est plein de ray et de xvarrah, et sa flamme et son 
irradiation se transmettent aux créatures. Grâce à cela, les créatures 
se transforment et se dirigent en triomphant de l'Assaut pour 
être transformées lors de la Fraskart (om.). En bref, c'est ce 
qui est dit dans la Dën à l'adresse d'Ohrmazd : « Par tant de tes 
vertus, / à la fm^ la créature change. » Viendra le Corps Eschato- 
logique, dont les manvahmat sont non-mort et satisfaction de tous 
les «esprits corporels» (axv i astômand), en ce que la non-mort 
des créatures (fournit) tout ce qui est nécessaire à leur satisfaction, 
et que leur entière satisfaction est rendue délectable par la non- 
mort. / 

Les docteurs dont la doctrine, d'après ce qu'ils en exposent, 
est que la Fraskart entraîne la mort de toutes les créatures et le 
malheur total de l'enfer éternel pour la plupart des hommes, 
attribuent au Créateur mauvaise finalisation et malfaisance, et lui 
dément (droite) finalisation et divinité. 



410 Sur la plus haute Justice du fidèle de la Bonne Dën 
et la plus grave tromperie du druvand hérétique. (b. 307 ; 
M. 395.) 

Le plus juste d'entre les hommes est celui qui rend le plus 
satisfaction/ ( x snàyënitàrtom ) au Créateur, et celui qui rend 
le plus satisfaction au Créateur est celui qui donne le plus d'avan- 
tage (sûtënàktom) aux créatures du Créateur, <et celui qui donne 
le plus d'avantage aux créatures du Créateur > est celui qui donne 
aux créatures le plus d'assurance (astuvânënïtârtom) en l'existence 
de la bonté du Créateur et qui est le plus énergique (tuxsâkënï- 
tàrtom) à les lier (patvandisnîh) à la culture du monde/, c'est le 
sage fidèle de la Bonne Dën, c'est celui-là qui, par ce qu'il rend 
le plus satisfaction au Créateur par la Justice, est le plus Juste 
( x ahravtom) d'entre les hommes. 

Le plus druvand du monde est celui qui offense le plus le 
Créateur, et celui qui offense le plus le Créateur est celui qui 



CHAPITRES 409 A 412 



369 



nuit le plus aux créatures du Créateur, et celui qui nuit le plus 
aux créatures du Créateur est celui qui le plus les fait douter 
(gumângartom) de l'existence de Dieu et, par un message (patyâ- 
.308 kih?), réussit le plus / à les détourner ( môsâkênitârtom ) de cul- 
tiver le monde (om.) : c'est l'hérétique adepte d'une mauvaise 
dën, c'est celui qui par la parole (dranjisn) est le plus druvand 
dans le monde. 



3 ^ W j SUR UNE CHOSE QUI EST LOUÉE ALORS QU'ELLE EST DOMMA- 

GEABLE aux Justes, et sur une chose qui est blâmée alors 
qu'elle est profitable aux Justes. (B. 308 ; M. 395.) 

Chose louée, alors qu'elle est dommageable aux Justes : un 
* discours véridique ; / comme il apparaît qu'il y a mélange de sottise 
(halak) et de discours véridique, cela nuit aux Justes et boule- 
verse le monde de la Justice. Chose blâmable, alors qu'elle est 
profitable aux Justes : un discours mensonger ; comme il apparaît 
9 qu'il y a parfois mélange / quand l'indulgence ( mas-dàtistânih) 
d'un dastur de la Dën, formé dans la sagesse, produit un discours 
mensonger ; il en vient avantage pour les Justes (om.) et pour 
le monde de la Justice. 



412 a ) SuR CE QUI AIME ET SATISFAIT LE PLUS LES DlEUX ET °- UI EST 
12 le plus grand et le plus heureux / dans le vahist ; et 

sur ce qui est le plus ennemi et le plus offensant a l* égard 
des Dieux et qui est le plus abaissé et le plus douloureux 
dans l'enfer. (B. 308 ; M. 396.) 

Ce qui aime et satisfait le plus les Dieux, c'est l'âme de ( chacun) \\ 
15 et celui qui est le plus grand / et le plus heureux dans le Vahist 
est celui qui, autant que son savoir le peut, accomplit des actes 
méritoires, et qui voudrait en avoir accompli beaucoup comme 
Zartust le Spitamide à la vénérable fravahr. Ce qui est le plus 
ennemi et le plus offensant à l'égard des Dieux, c'est l'âme (de 
chacun) ; <et celui qui est le plus abaissé et le plus douloureux 
18 dans l'enfer>, c'est celui qui, autant qu'il le peut/, accomplit 
des fautes et qui voudrait en avoir accompli beaucoup, comme 
Frangrâsyâk, le Max Turanien. 



370 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



412 b ) Sur ce contre quoi le combat de la druj est le plus 
terrible. (B. 308 ; M. 396.) 

<Ce contre quoi le combat de la drûj est le plus terrible >, 
c'est le xvarrah des Kavi et celui des Zartustrotom ; cela parce 
que l'organisation (vënàrisn) du monde se fait par la royauté, 
et l'organisation de la royauté / par le xvarrah des Kavi ; ] a ^libé- 
ration (*vasan? dahisn) des créatures par rapport à l'Assaut se 
fait par la Dën Mazdéenne, et le progrès de la Dën Mazdéenne 
par le xvarrah des Zartustrotom. / (Il faut donc) que par le renver- 
sement du xvarrah des Kavi, la royauté soit renversée; par le 
renversement de la royauté, les créatures soient détruites ; par 
<la destruction > du xvarrah des Zartustrotom, le progrès de 
la Dën Mazdéenne / soit retardé; par ce retard du progrès de 
la Den Mazdéenne, la libération des créatures par rapport à 
l'Assaut n'ait pas lieu et que la drûj en vienne à agir à son gré avec 
les créatures. 



413 Sur la destination des choses. (B. 309 ; M. 397.) 

/ La destination (handàcisn) des choses, efficiente universelle- 
ment, c'est la grande organisation finale, c'est-à-dire, la bonne 
Fraskart et le corps eschatologique ; et efficiente particulièrement 
est la grande destination finale au bien des personnes (tan) parti- 
culières, laquelle est destinée à revenir à /la grande destination 
universelle qui est la Fraskart, et ceci en vertu de ce qu'a destiné 
Ohrmazd le Créateur, sage suprême et tout puissant. 



414 Sur l'habitation des mënôg de la générosité et de l'ava- 
rice <DANS L'dXV DE L'HOMME > ET SUR LA MARQUE QU'EN 

garde la personne de l'homme /. (B. 309 ; M. 397.) 

Le mënôg de la générosité est par nature chaud, et le mënôg 
de l'avarice est par nature froid, et ils sont tous deux des principes 
(bun) dans l'axv de l'homme. Quand la générosité / habite dans 
l'axv, l'axv de cet homme ( x martom) est chaud, du fait que l'action 



CHAPITRES 412 A 415 



371 



ignée (âtasikîh) du mënôg de la générosité, et la manifestation 
caractéristique en est la chaleur naturelle des mains ( dast) de cet 
homme, caractéristique de générosité (posée) sur cet homme. 
Quand l'avarice habite dans l'axv, l'axv de cet homme se refroidit 
is (afsart) / du fait de l'effet neigeux (snëxrikih) du mënôg de l'ava- 
rice, et la manifestation caractéristique en est la froideur naturelle 
des mains (gav) de cet homme, caractéristique de l'avarice (posée) 
sur cet homme. 



415 Sur la louange et le blâme de ce qu'il y a en l'homme 
ou de ce que l'homme fait, et la reconnaissance qui 

REVIENT AU PRINCIPE PREMIER. (B. 309 ; M. 397.) 

P-3io Ce qu'il y a en l'homme est soit naturel (cîhrik) / soit hors- 
nature (bë cihr) ; < naturel >, comme la bonne complexion 
(àmêzisnïh ) et la santé ; hors-nature, comme la mauvaise com- 
plexion et la maladie. Pour la bonne complexion et la santé natu- 
relles, la nature est louée, et on est reconnaissant envers le Créa- 

' teur / de la nature ; la mauvaise complexion et la maladie qui sont 
hors-nature proviennent d'une nature étrangère (?? axvânik??) 
extérieure à l'action qui porte sur la bonne complexion et l'entre- 
tien de la santé. Car une même ( x êvak) chose ne saurait avoir 

6 deux (2-ànak) actes contraires, et ce n'est ni de par le Créateur/ 
ni naturellement qu'à la <bonne> complexion et à l'entretien 
de la santé du corps succèdent mauvaise complexion et maladie. 
Ce que l'homme fait est volontaire, acte méritoire ou péché. 

9 L'acte méritoire est vohumanien / et choix de sagesse ; le péché 
est akomanien et penchant (dôsakïk) de concupiscence. Et par 
l'acte méritoire, vohumanien et choix de sagesse (om. rép.), 
l'homme qui pose ces actes méritoires, vohumaniens et choix de 
sagesse, est louable et la récompense lui revient et au Créateur 
de Vohuman, cause de l'acte méritoire et de la sagesse, qui fait 

12 choix de l'acte méritoire, — reconnaissance. Par le péché, / ako- 
manien et penchant de concupiscence, l'homme qui pose ces 
péchés akomaniens et penchants de concupiscence est blâmable. 
Akoman, cause du péché et la concupiscence penchant vers le 
péché (pour) le mettre en l'homme, ne suivent pas le Créateur de 
Vohuman, cause de l'acte méritoire ni la sagesse qui choisit l'acte 

15 méritoire pour l'homme. / 



372 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



416 Sur ce que les créatures sont produites a l'état mënôg 
et parviennent du mënôg au gëtï : démontré a partir 
de l'enseignement de la Bonne Dên. (B. 310 ; M. 398.) 

La production mënôgienne est la venue à l'être (bavisn) soit 
de ce qui est/ spécifiquement (vàspukrakânih) sans contraire, 
soit de l'invisible et intangible, et qui est principe du gêtï. La 
création ( dahisn) du gëtï est la venue à l'être d'un composé (ham- 
bavisnïk), manifestation du crée mënôgien : soit dérivé spécifique 
du mënôg ( ? mënôg hacis vâspuhrakânïh) , soit visible et tangible; 
d'où l'on voit que le mënôg est le principe du gëtï. La preuve 
en est que lorsqu'un être gëtï est libéré d'une composition, il 
retourne à l'être mënôgien /qui en est le principe. Le devenir mënô- 
gien (mënôg bavisn) est un, avec deux aspects : la première pro- 
duction mënôgienne à provenir (hacisîk) du Créateur s'appelle 
«être» (bavisn) : et la composition (hambavisnïh) gétikienne / 
est (*hast*i) la création que le Créateur compose à partir de l'être 
qui est la première production à provenir (de lui). Il créa les 
créatures d'abord au mënôg, et du mënôg les transfera <au > 
gëtï. C'est là l'expli citation de l'enseignement de la Bonne Dën. 



417 Sur le nërang. (B. 311 ; M. 399.) 

/ Le nërang est ce qui met en marche les fonctions (râyënUnân) ; 
quand une fonction gétikienne est mise en action (kàrënït), il y a 
un nërang par lequel sont mises en marche cette fonction et l'acte. 
Il y a aussi des fonctions mënôgiennes, et, / dans le gëtï, pour 
disposer (vënàriln) le gëtï par le mënôg, et que les êtres gëtï 
fonctionnent avec le nërang de la fonction gëtïkienne, il est néces- 
saire qu'il y ait aussi un nërang des êtres mënôgiens grâce auquel 
se fait le fonctionnement et la disposition du gëtï. Ainsi la terre a 
pour nërang gëtïkien/ la force de l'eau et du vent, et l'eau et le 
vent (ont) le ciel ; pour nërang mënôgien la disposition du xvarrah 
et de l'action merveilleuse (varz) de l'Amahraspand. Le corps a 
pour nërang gëtïkien les humeurs de la complexion du corps, 
et pour nërang mënôgien la vitalité de l'âme. L'enseignement du 
monde a pour nërang le sacerdoce, sa protection / a la classe des 
guerriers, son travail le paysanat, son bien-être l'artisanat, et le 
tout a pour nërang gëtïkien la royauté et pour nërang mënôgien 



CHAPITRES 416 A 418 



373 



la disposition de la Dën. Le corps de l'homme a pour nërang 

w gëtïkien principalement la / disposition de la prospérité, et son âme 
a pour nërang mënôgien le salut par les actes méritoires. De même, 
les conduites (ràyënisn) cachées, qu'elles se soient ou non passées 
de telle façon, c'est une ordalie religieuse préliminaire qui le 
manifeste, et une stricte ( tastïk ) information qui le fait tenir pour 

21 un fait. De même encore bénédictions / et malédictions sont certi- 
fiées et par la révélation de la Dën et par l'information prise du 
monde ; les incantations (afsôn) selon l'apparition et la révolution 
des constellations et des planètes; contre les coups et morsures 

p- 312 des monstres / les antidotes et remèdes qui ôtent nombre de 
maladies et bouleversent le tempérament (hôk x visôfâk) ; et les 
nërang qui sont dans les feux, les eaux, les plantes, les bruits 

3 ( zangàn), les métaux et les terres ; / ceux qui sont dans le devenir 
et la composition des êtres animés selon les constellations et les 
planètes et le vol des oiseaux (murv x vâyisn) ; ceux qui sont dans 
la maladie et la santé selon les semaines et demi-semaines ; dans 
les lunes, pleines-lunes, lunes déclinantes ; ceux qui proviennent 

6 du culte avestique du nërang religieux, selon que l'on offre / satis- 
faction aux Dieux et injure aux dëv : tout cela est révélation de la 
Dën, et en outre bien d'autres manifestations ( ' x nimûtârïh) de la 
force du nërang, dans le gëtï et le mënôg ; indépendamment de 
ce qui s'y trouve par nature. Quand, dans le gëtï, le nërang mënô- 
gien se manifeste peu, il y a prédominance de la nature dans 

9 l'existence gëtï, et chute de force ( zôr patakih j de l'activité 
mënôg par rapport à l'activité gëtï. Dans l'existence mënôgienne, 
en raison de la prédominance (om.) de l'opération mënôg sur la 
nature, le nërang l'emporte sur la nature, et c'est la nature qui 
perd de sa force par rapport à l'opération mënôgienne du nërang. 

12 Et dans le gëtï, dans les régions (kisvar) et villes / éloignées les 
unes des autres, on voit fréquemment que telle chose dans telle 
région ou ville est considérée comme naturelle qui,- dans telle 
autre région ou ville, est considérée comme un nërang. 



418 SUR LES MANIFESTATIONS GËTÏKIENNES CARACTÉRISTIQUES DU 

Spanak Mënôg et du Gannâk Mënôg. / (B. 312 ; M. 401.) 

La manifestation gëtïkienne caractéristique du Spanâk Mënôg 
porte surtout sur le bon roi Juste avec la sainteté (afzônikih) 
de Vaku : la pureté de son caractère, son bon vouloir à l'égard 



374 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



des créatures, son bon commandement venant de sa sagesse (xrat 
y -kuframânïk) /, le fait qu'il donne puissance à la justice de la Dën 
et qu'il gouverne bien le monde en conséquence, la bonne vie des 
créatures, la sécurité ( apëbïmïh ) des villes, le souci de joie des 
hommes, l'assurance et l'espérance de ceux qui œuvrent selon sa 
volonté à l'égard du bien gëtïkîen et mënôgien qui est sien et qui 
communique avec sa lignée (nâf tôxmak) , l'innombrable accroisse- 
ment de profit pour les créatures par son action et ce qu'elle pro- 
duit (uzdakisn hacis) — semblable à la manière d'être ( x cëgônïk) 
du Spanâk Mënôg /par la large communication qu'il en fait 
(pat frëh-bahrïh i) aux êtres du gëtï. 

La manifestation gëtïkienne caractéristique du Gannâk Mënôg 
porte surtout ( x apërtar) sur le tyran druvand avec ensemble la 
violente (mtywkyk) dirigée contre / Vahu : l'impureté de 

son caractère, son mauvais vouloir à l'égard des créatures, son 
mauvais commandement venant de la concupiscence, le fait qu'il 
affaiblit la justice de la Dën, le déclin ( nisëfiïn ) et la décadence du 
monde, la mauvaise vie des créatures, l'angoisse et l'épouvante 
des villes, les souffrances qui viennent de ce que les hommes se 
déversent sans cesse / sur leurs semblables ( advënak ) , le tort qui 
procède de son mauvais commandement, l'espoir éteint (framurt) 
des proches qui œuvrent selon sa volonté en raison de son cœur 
rempli de haine, l'incertaine amitié de son intention (mênisn) 
et sa prospérité (âpâtih) passagère (zamânik), rapace (vindak) 
à envahir / les proches la plus mauvaise fin pour ceux 

qui œuvrent selon son vouloir en lui étant le plus accordés ( ëvkà- 
naktar), et l'innombrable misère et dommage par son action et 
ce qu'elle produit — semblable à la manière d'être du Gannâk 
Mënôg par sa grande parcimonie ( ? frek dàrïh) à l'égard des / êtres 
du gëtï. 



419 ABOUT THE SOLAR AND LUNAR YEARS, (THEIR) ORIGIN, POWER 

and function. (B. 313 ; M. 402.) (1) 

Now the solar year is of two kinds, one having days which 
move within the year itself, the other having hours which move / 
from year to year 2 . 

The one with days which move within the year itself consists 



i . Traduction et notes du Professeur Mary Boyce. 



CHAPITRES 418 A 419 



375 



of 12 months, each month with 30 days, and 5 (extra) days which 
arise from the excess (of time) taken by the sun to move through 
the signs of the zodiac during the 12 months : altogether 365 days. 
Eecause the 5 days are made up of hours (which occur) /between 
the months of the year, they are kept after the last month of the 
year. Since the moving days within the year are kept according 
to the calculations of mathematîcians ( âmaragân ) , they are also 
called the 'calculated' days. 

And it is saîd that the other (year) is of hours moving from year 
to year 3 , which consist of the 6 hours / and the fraction of an hour 
at the end of the 365 days, / which make up the entirety of each 
4 year. In 4 years thèse become approximately 4 1 day, in40years/ 
10 days, in 120 years 1 month, in 600 years 5 months, and in 
1440 years 1 year. / The 'moving of hours from year to year' 
is from this, because the 6 hours and the fraction of an hour which 
corne after the days of (each) year are (then) gathered together 
from many years. 

The moving days, which are indeed the 'calculated' ones, are 
the strength and efficacy of the year 5 . Concerning the New 
Day (Nôg Rôz) j — and Mihragân and other ancient festivals 6 — 
that 'newness' of its ( x àn-is nôgih) is from Création. The fïrst 
day was established as the New Day. For countless men (this) 
is certain and natural, and its glory, which is from the days of old 
( az pës-dâdih ) 7 , is spread throughout the world. / Through 
it people are given repose and rest, and through hope of repose 
during those festivals they are made contented in their work and 
toil (andar kâr ud ranz zvidzvarîhênd 5 ) . If it ('Nôg Rôz) is moved 
from that time, then (its) strength, which is from the days of old, 
is weakened /, the confidence too of countless men is shaken, and 
the repose and happiness of the people, and their endurance in 
work, diminishes. And it is not restored through that power 
which was established in the beginning. In many a kingdom 9 the 
gênerai benefit of the (moving) days, / which is linked with (thèse) 
same festivals, is reduced. And it ends in slackness among 
the people in toil over work and labour for the prosperity of the 
world. 

The beginning ( ?) 10 of the years, months and days îs (calculated) 
according to the table of the stars, (as are) the horoscopes ( zâyisn) 
of men./ The chronology (sâl-mar) of kings, and how many 
years hâve passed since the Création, are matters for mathema- 
ticians 11 . The times (fixed) legally between people over contracts 
and undertakings (pasn ud stad-ud-dâd 12 ) are connected with the 
'calculated' year. (This) should not be dislocated (az gàh në 
wisuftan) or disturbed for the mass (pâyram 13 ) of the people. / 



376 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



And if among the people the 'calculated' year is confused (sëbîkëd) 
wîth regard to its place, (then) much order becomes confused in 
the world. 

The year / of the moving hours, which are assembled frora many 
years, has its power over daily tasks which are allotted according 
to the x four seasons of the year 14 . The time of theyear'sorigin 15 
is spring, the (season) when the sun reaches / the first lunar man- 
sion of Aries, which is x Parispar. And 3 months belong to it, 
during which the sun passes through the constellations of Aries, 
Taurus and Gemini. The second is summer, the (season) when the 
sun reaches the first mansion of the constellation of Cancer, which 
is x Rahët. / And 3 months belong to it, during which the sun 
passes through the constellations of Cancer, Léo and Virgo. The 
third is autumn, the (season) when the sun reaches the first mansion 
of Libra, which is x Spur. And 3 months belong to it, during 
which the sun passes through the constellations of Libra, Scorpio 
and Sagittarius. / The fourth and Iast is winter, the (season) 
when the sun reaches the first mansion of Capricornus, which is 
the (mansion) called Gâv 16 . And 3 months belong to it, during 
which the sun passes through the constellations of Capricornus, 
Aquarius and Pisces. 

/ As thèse 4 seasons of the year are linked to the movement of 
the sun through the signs of the zodiac, down the years much error 
(drug) arises through the uniting (hamïh) of the hours at the end 
of each year into days, the days into months, the months into years, 
the years into greater divisions of time ; / and thereby is neglect 
of the seasons 17 . With neglect of the seasons arises (neglect of) 
what is connected naturally with the x four seasons, such as the 
seeding (bawisn) and sprouting and growth and ripening and 
maturing of corn and (other) crops, the summer and x winter 
movements of (pastoral) peoples and of kings to (their) provinces 18 , 
/ the change of (trade) winds, and voyaging by sea, which is 
appointed according to the winds 19 . And the seasonal obser- 
vances and rites of religion remained unperformed (parrëzânën- 
îdag), which are (now?) kept to their seasons by the mathema- 
ticians' calculations. At the command of the lord of the land, 
they have been established ( x abar estàd) again / by his coadjutors 
in relation to the x four seasons, and assigned again lawfully in 
relation to the ripening of crops and fruits, for the benefït of the 
people 20 . 

Days should not be moved (i. e. intercalated) until they form 
a complète month ; / and (this) should not be delayed for more 
than 5 months' (accumulation of days) 21 . The reason (dm, DHJ 
is set down in the chapter about days, months and years. 



CHAPITRES 419 



377 



The lunar 22 year is connected / with the sun by the movements 
of the moon. Every month it recèdes and falls back (against 
the sun) by approximately 10 day-hours 23 , which in one year become 
approximately 120 hours, which are 5 days. And there are the 
5 Gatha-days, which make (it) 10 days (short) 24 . In 3 years this 
becomes a month, in 36 years a year. / And its influence (1. e. 
that of the moon) is mostly upon Hssyyt 25 and the movement of 
p>n and the movement of the waters ( âb-rawiz) 26 . And the mani- 
festation of the lunar mansions in the world is through it", Pytyh**. 
Its approximate pësag 29 is set down in the chapter which is also 
about the (various) kinds of year. 



NOTES : 

1. This chapter has been transcribed and translatée! byNyberg, TMK30-29 
with 66-73. The form wPhsyyiyk for 'lunar' occurs also in the last paragraph 
of this chapter, and in the first sentence of chapter 259, above, although each 
time -with variant writings. 

2 As the explanation which follows shows, thèse rwo kinds of solar year 
represent two différent calendars. The first is the Egyptian calendar of 
365 days consisting of 360 days divided into 12 equal months, and 5 extra 
days at the year's end. This calendar must have been known to the Persians 
from Achaemenian times. The other is closer to the sidereal year (of 36o 
days 6 hours 9 minutes 9.34 seconds), and perhaps represents the Julian 
calendar of 365 1 /4 days, the 1 /4-days being gathered into a leap-day every 
fourth year. This calendar, introduced in 46 B.C., presumably became 
known to Iranian astronomers in the Parthian period. The old Zoroastnan 
lunisolar calendar of 360 days (see above, p. 263) appears, however, to have 
continued in civil as well as religious use until the end of Arsacid rule 
when it was reformed, probably by Ardasir I, on the Egyptian modeh with 
the introduction of the 5 extra days. (See in more détail Boyce BSOAb, 
XXXIÏI/3, 1970, 513 ff.) The Julian calendar could not be adopted, it 
seems, because of religious objections to the solitary and irregular leap-day. 
— On the term zoihëzag 'moving' see Nyberg, op. cit^ 60-1. ^ 

3. DH : YMRRWNyhyt zmn wyhycyk Y MN SNT-^n. 'It is said 
presumably indicates that this calendar was known by hearsay but not used 
in Iran. (On the iack of évidence for actual intercalation of a month on this 
basis in Sasanian times, as distinct from the theory of such intercalation, see 
E. Bickerman, ArcJdv Orientàlni, XXXV, 1967, 197 ff. ; Boyce, art. cit., 
531-2). 

4. Dltvstkyh', 'roughîy', hence 'approximately'. 

5. This statement, with what follows, appears to be part of the propaganda 
on behalf of the early Sasanian calendar-reform. There was naturally strong 
opposition to this, since it brought change into the religious year ; and because 
the introduction of the 5 new days bewildered the mass of the people, most 
(it seems) came to regard the sixth day of the first month as the true New 
Year's Day or No Rôz. (See in détail Boyce, art. cit.) Hence the emphasis 
hère on the importance of the first day. 

6. Thèse words appear to be interpolated. 



378 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



7. MSS : MN pys khwbn d'tyh. Nyberg (p. 68) appears right in taking 
kahwan as a gloss on pis. 

8. The readings of DH. On widwar- see B. N. Dhabhar, Essays on Iranian 
subjects, Bombay 1955, 153-6. 

9. In a number of régions Nô Rôz was kept oiKcially on a day corresponding 
with the sixth day of the Sasanian calendar ; for références see Boyce, art cit 
523 with n. 40. 

10. Doubtful. The MSS have nwkyhkn, emended tentatively by Nyberg 
to nzakyh, i.e. nôgïh. 

11. Lit. 'in the hands of nmûiematicïans' (andar dast ï a?naragân) . For 
a table of the Zoroastrian chronology from Création see E.W. West, SBE 
XLVII, intro., para. 55, reproduced by A.V.W. Jackson, Zoroaster, 179-81 

12. MSS : YNSBWN-X* W YXBWNt. Dr. Mackenzie suggests taking 
this as an inversion (possibly through old scribal error) of the phrase dâd-u- 
setad, well known in Peisian. 

13. See Mackenzie, A concise Pahlavi dictimtary, 67. The only way, 
presumably, in which the 365-day year could have become generally altered 
or disturbed would be through people ignoring it and arranging their trans- 
actions still according to the ancient 360-day calendar. 

14. Because, that is, the Julian calendar prevented the slow shift through 
the seasons inévitable with the 365-day year. ('Four' is hère spelt defectively, 
chl, as also subsequently.) On the following account of the seasons see 
W. B. Henning, JRAS, 1942, 244, who showed that it 'gives the lunar man- 
sions within which the first points of Aries, Cancer, Libra and Capricomus 
lay\ For Pahl. variants of the names of thèse mansions see ibid. The 
System of lunar mansions / appears to have been introduced to Persia from 
India in A.D. ± 500, see Henning, art. cit., 244-6. 

15. Lit. 'the origin of the year's rime' (sâl hangam bun). 

16. DH : Y TWR' iO?yTJVd(coiifmnmg Henning's emendation, art cit 
244, n. 5). . ' 

17. Since the calendar ceases to accord with them. 

18. Reading ôstàn with DH. That the phrase hmynyk wymcyk (TD) / 
wymycykn (DH) should be read hamënag ud x zamezïg 'summer and winter' 
is a suggestion that I owe to my colleague Dr. Mackenzie. On ëwarz- 
'movejgo 1 see H. W. Bailey, Zor. prob., 116 n. 1. 

1 9. On the importance to sailors of calculations made from Nô Rôz see 
M.P. Kareghat, 'The Daryâï Nôrôz' , Dr. J. J.MoàiMem. Vol, Bombayl930 
118-30. 

20. Reading with DH : hsn Y *vAwPn [W] bl. The following phrase, 5... 
dast, appears to be a variant of pad dast i. . . 'to the benefit of, for', see Henning 
BSOAS, XI/4, 1946, 736-7. This re-establishing of the religious year in 
accord with the seasons possibly refers to the great calendar change + A. D. 
500, when Nô Rôz was delayed by 8 months to restore it to its proper place in 
the natural year (see Boyce, art. cit., 527 ff). 

21. I.e. intercalation should not be neglected for more than 600 years. This 
figure must have had some spécial significance, now lost to us, at the time 
when the sentence was composed. The statement appears to support the 
gênerai déduction that intercalation of a month was not in fact practised in 
Sasanian times. 

22. Spelt m°hsykytyk, apparently a miswriting of the word for 'lunar* which 
occurs in the chapter-headîng. 

23. The expression rôz zamân 'day hour' is evidently used for 1 /24th of the 



CHAPITRES 419 A 420 



379 



nychthemeron, as distinct, presumably, from the hathra (hasr) or hour of 
variable length, on which see Henning, JRAS, 1942, 237-8. 
24. I.e. the 5 intercalated days, called the 'Gatha' days after the 5 Gathâs 
of the prophet. The initial calculation, of the moon-year being 5 days short, 
is made against the old lunisolar year of 360 days (see above, p. 263). 

25. Apparently a hapax. Nyberg's interprétation (p. 72) is hardly convin- 
cing. 

26. DH has Wp>n Iwbcn^p Iwbcnn ; TD W p'n Iwbcn 'plwbc. An easy 
solution wouîd be to interpret this as an old and corrupt dittography for 
xâbânravnz. Again Nyberg's interprétation ( x pakurawiz for *pasuramz 
'beim Weiden des Viehs') seems forced. 

27. I owe the interprétation of this sentence to Dr. Mackenzie. 

28. This word is in Avestan characters. Its meaning and syntactical 
relationship with what précèdes or follows is wholly obscure. 

29. None of the meanings of either word pêsag ('craft, tiade' ; 'member, 
part') appears appropriate. 



9 420 / SuR l 'écrit du Dënkart. (B. 316; M. 405.) 

L'écrit du Dënkart est un livre (kartak) fait de l'exposé de la Dën 
Mazdéenne « ornée de toute sagesse ». C'est d'abord un livre des 

12 Anciens Sages de la Bonne Dën, premiers disciples du prophète 
(vaxsvar) Zartust le Spitamide, de sainte Fravahr, par interroga- 
tions et auditions de ce même (Zartust, de) sainte Fravahr : con- 
naissance de l'exposé de la Bonne Dën et information sur tous les 
sujets ; semblable à la luminosité qui provient de la lumière primor- 

15 diale (rôsnih i hac bun rôsn). Ces interrogations primordiales/ 
l'illustre souverain Kay Vistâsp décida de les faire écrire ; il versa 
tous ces fondements (bun ut bun) au Trésor Royal (ganzi sasapï- 
kàn) et ordonna d'en diffuser (vistart) des copies (pacën) conve- 
nables. Puis il en envoya une copie au Fort des Documents (diz 

18 i nipist) et c'est là qu'on conserva/ l'information. 

Au cours des bouleversements qui affectèrent la Dën et la 
Royauté de l'Iran par le fait du maudit Alexandre, la copie qui se 
trouvait au Fort des Documents fut perdue dans l'incendie, celle 
qui se trouvait dans le Trésor Royal tomba aux mains des Romains, 
fut traduite en langue grecque (*yôyànïk), jointe aux informations 
venant des Anciens (*pësïnïkân). Vint Sa Majesté Ardasïr iPâpa- 

*• 317 kân, Roi des Rois, pour la restauration / du royaume d'Iran, qui fit 
apporter cet écrit de la dispersion (où il se trouvait) en un même 
lieu. Survint Tosar, l'Ancien Sage, le Juste, qui était l'Erpat 

3 (K. des Erpat) ; il le colligea (apâc handâxt) avec cette information / 



380 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



provenant de l'Avesta, et, sur ordre, la compléta selon cette infor- 
mation. Ainsi fut fait et ce fut là comme la flamme venant de la 
lumière primordiale. On ordonna de le conserver dans le Trésor 
Royal et de diffuser cette information d'après des copies conve- 
nables. 

Après le bouleversement et la ruine causés par les Arabes 
(Tâjikân) aux bureaux (divan) I et trésor du territoire (kisvar) 
le bienheureux Aturfarnbag i Faruxzâtân (om.), qui fut Préposé 
des Mazdéens, apporta cette copie qui était dispersée de toutes 
parts, la réunissant à nouveaux frais de sa dispersion dans un même 
divan, qui était sa demeure (dar), l'examina et la colligea / avec 
1 Avesta et le Zand de la Bonne Dên, et les dires des Anciens Sages, 
et ce fut comme une étincelle provenant de cette flamme. 

A la suite de la terrible calamité (om.) qui survint à Zartust 
i Aturfarnbagan, qui était le Préposé des Mazdéens, ce divan 
subit aussi un bouleversement, et cet écrit fut déchiré / et dispersé 
et vint à un état d'usure, de détérioration et de moisissure. Et moi 
Aturpat i Emëtan, Préposé des Mazdéens, pressé par les Dieux 
et secouru par la Dên Mazdéenne, à nouveaux frais, en ques- 
tionnant et en cherchant (vicôdisn) et avec beaucoup de peine 
je retrouvai ce même écrit/ dans ce divan triste, démoli, aban- 
donne et couvert de poussière ; je le ramenai à la suite de (hoc) 
reprises (apâe griftakih), de prises et de vols et j'en fis un choix 
(vicit) aidé par la sagesse qui consulte, en le colligeant 

de nouveau avec les dires des Anciens Sages (xpôryôtkësân) / et 
( exposition de l'Avesta accrue par la sagesse de la Bonne Dën 
j'en établis et composai des chapitres, tous ensemble lueur de 
1 étincelle (*përôk) de cette flamme de la luminosité de la lumière 
originelle. Et pour montrer (qu'il s'agissait de) la Bonne Dën- 
je le nommais, comme pour indiquer la ressemblance (mânâkih) 
d une fihation fictive (stûrih) avec cette grande origine, « Dênkart 
des 1 000 chapitres. » 

Composé avec la puissance et le savoir des Dieux, il fut envoyé 
aussi aux plus éminents fidèles de la Dën de l'époque /, et il arriva 
pour la connaissance (dànisn) des Mazdéens, pour l'aide de l'âme 
et le choix qui y est conjoint, aux autres Iraniens : une connaissance 
de 1 enseignement de la Dên Mazdéenne fut par là ouverte (apàc 
kart) avec plus de moyens (ofzârtar), comme aussi à partir de ce 
que rirent supérieurement les disciples d'Osëtar i Zartustân inter- 
rogeant/ à nouveau Osëtar sur les déclarations de la Bonne Dën 



NOTES 



5. — Le catalogue des vices capitaux se retrouve avec des variantes 
dans les chapitres parallèles à 303. 

6. — 7. — Sur visànisn « séparation », cf. Zaehner, BSOS, 9, p. 892 ; 
ibid., 10, p. 613. 

7. — Traduit par Molé, Oriens, 1961, 12 ; et par West, SBE, 37, 
406-407, qui supplée le nom de Zartust dans la lacune, ce qui 
nous paraît aller contre le propos de l'objectant qui argue à 
partir de personnages autres que Zartust, tels qu'ils apparaissent 
en Y. 51 et 53. On pourrait songer à Vistâspa. Sën n'est pas 
nommé dans les Gâthâ, mais son rôle eschatologique (Dk, IX, 

33) explique peut-être sa présence ici. 

15 — Chaque mot de YAQa àhu varyo est dit présider à un Nask 
de l'Avesta. 

p. 63 : la mention de Gôsurun suggère la Gâthâ, Y. 29, de l'« âme 
du bœuf ». 

— le dernier mot que nous n'avons pas identifié se retrouve au 
ch. 184 où il est accompagné de kunar « vertu ». 

8. — Sur l'interdiction de mettre du bois humide sur le feu, cf. 
Artâ Virâf, 10. 

9. — Citation non identifiée. 

10. — Les mânthras sont des textes formulaires d'usage fréquent 
dont l'Avesta nous a conservés peu d'exemples. On peut sans 
doute y ranger les grandes prières répétées en de nombreuses 
occasions de la vie courante aussi bien qu'au cours de la liturgie. 
Sur les trois Lois de la D ën, cf. le début du livre VIII du Dk et 
Molé, CMC, 61 sq. 

12. — Entretien, kampursakîk, se dit de l'échange entre Ohrmazd 
et Yim ou Zaratus. Nous avons traduit par « ordre » le mot 
qui signifie proprement « montrer ». Sur les révélations à Masya 
et Masâni, cf. Gd Bd, 14. 

13. — Le gôsôdàk est une offrande animale, autrefois une partie 
de mouton (cf. Sns, 11. 4) actuellement du beurre qui sera joint 



382 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



à la galette du drôn. La pointe de la réponse est d'indiquer que 
l'eau intervient, par l'intermédiaire de plantes qui composent 
la matière du drôn, dans l'action sacrificielle qui comporte le 
gôsôdak. La graphie du mot est probablement aberrante. 

18. — Sur le rituel du barsom, cf. Yasna, 2 et Modi, Cérémonies, 
261 sq. 

19. — Dënkart signifie par priorité le Livre contenant la Révé- 
lation et les plus anciennes traditions. Cf. ch. 420 pour la raison 
qui a fait attribuer à notre livre le nom de Dënkart des Mille 
Chapitres et Introd. 

20. — Cf. ch. 26. L'observation d'une distance convenable entre 
l'objet impur et ce qui l'entoure et qui ne doit pas être souillé 
revient souvent dans les ouvrages de casuistique rituelle comme 
le Sns et la Rivâyat d'Aturfarnbag i Faruxzâtân. Cf. aussi, 
avec le même vocabulaire relatif à la mesure de la distance à 
vue à l'aide d'un gnomon, Dk. IV, M 417. 

21. — En comparant le ch. 59, on est frappé à la fois par la simi- 
litude des deux, quant au fond et même quant à la forme (andar 
suivi du suffixe du comparatif et du superlatif) et par la diffé- 
rence des cadres : question et réponse ici, exposé là préludant 
à la réfutation classique d'une des positions des kësdârân. 

22. — 15 — Sur vihërisn « transformation », cf. Bailey, Zor. Prob., 
p. 84, n. 5 ; Zaehner, Zurvân, p. 33, n. C. 

26. — Cf. 20. 

27. — Cf. 271. 

ôsmurisnàn « objet de calcul, de comput, de récitation » peut 
se traduire ici par « composantes » comme en 166 et 271. 
vàyik, qui s'oppose à varanik « concupiscent », doit s'apparenter 
à p. vâyïdan et désigner plus ou moins le «volontaire», nihât 
est une « fondation », un « établissement ». 

patûkih, glose de ôz (traduisant aojah) dans l'Av. phi. 

Les deux ch. suivants traitent aussi de la couleur. 

271, moins ample, insiste surtout sur la loi comme expression 

de la Bonté, et partant du Créateur qui n'a pas pu créer ensemble 

loi et non-loi. 



NOTES 



383 



Notre lecture et notre traduction diffèrent de celles de Zaehner, 
BSOS, 9, 307 et Zurvân, 378, notamment pour le début de la 
p. 17 : nous comprenons que l'Assaut survient d'abord au temps 
où la création est encore inerte et se poursuit à la Création et 
jusqu'à la Fraskart. L'action progressive du bien, remise en 
balance et « incitation », s'opère au sein de l'activité. 
6 — Sur le sens précis et l'étymologie de vanëgarih « prodigalité », 
cf. A. Tafazzoli, « Pahlavica », AO, 33 (1971), pp. 195 et 204. 

28. — 12. — Sur anûtak, cf. Zaehner, BSOS, 9, p. 312. 

29. — Nous avons étudié ce ch. dans La conquête de l'Iranisme et 
la récupération des Mages hellénisés (annuaire de l'École Pratique 
des Hautes Études. Sciences Religieuses, 1956-1957). Il s'agit 
évidemment de montrer que les conquêtes des autres religions 
n'ont pas duré ; en fait le judaïsme implanté chez les Xazars, 
le christianisme dominant dans l'Empire Byzantin, et le mani- 
chéisme en Asie Centrale ont succombé aux troupes musul- 
manes (les « himyarites »). Le texte avait déjà attiré l'attention 
de Darmesterter et de West qui n'en avaient pas saisi exactement 
la portée. Cf. West, Paklavi Texts, I (SBE, V), 296 note. Notre 
lecture de himyârân est nouvelle. 

31. — Sur amcïrïsnïk, ~ïh, cf. G. Ito dans Irani Mémorial Volume, 
Bombay, 1943. On pourrait traduire de plus près par « incondi- 
tionnellement ». 

Le ch. 353 reprend ce chapitre en des termes presque identiques, 
mais sans en être un doublet. 

32. — mas dâtistânîh est un concept juridique souvent rappelé 
mais nulle part défini de façon claire. Ici, on pourrait traduire 
par « statut préférentiel » et c'est l'affirmation d'un optimisme 
qui entend s'opposer, sans doute, à la conception « arbitraire » 
du bon vouloir attribuée à la théologie islamique. En 18, 
le début de phrase rétabli d'après la suite, l'est déjà par Sanjana. 
Le manuscrit de Munich contient ici un schéma que ne renferme 
pas B : un carré est inscrit dans un autre carré traversé par 
ses diagonales. Nous avouons n'en pas saisir le sens. 

34. — pasand, cf. 47 in fine. Le mot signifie « approbation, 
approuvé », mais a un sens technique qu'on peut rendre par 
«concédé » dans ls textes juridiques. Cf. Some Pahlavi words 
in the original and in the Syriac translation of ïsôbôxfs Corpus 
Juris dans Dr. J. M. Unvala Mémorial Volume, Bombay, 1964. 



384 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



35. — Traduit et commenté dans Molé, CMC, 522, qui relève 
l'ancienne doctrine sous l'argument anti-musulman. Le prophète 
pour le mazdéisme n'est pas qu'un annonciateur mais un véri- 
table agent de la rénovation — momentanée ou finale — du 
monde. 

En 15, on notera un cas très rare de graphie phonétique du mot 
nëst, en général écrit L C YT. La graphie erronée de l'idéogramme 
SDR' est très fréquente : le contexte ne laisse pas de doute, 
«sceau des prophètes », cf. Cor., 33, 40. 

36. — 1- Sur patvisak « contagieux », cf. Bailey, Zor. Prob., p. 202, 
n. 4. 

38. — Cf. 323. 

39 = 53. — Ce ch. est répété en 53 avec quelques améliorations. 
apar~pât ne semble pas se rencontrer ailleurs. Le mot que nous 
avons corrigé en xësm reste incertain, mais il est certain qu'il 
s'agit d'un vice. 

40. — Sur la connaissance du christianisme que pouvaient avoir 
les mazdéens — et il est évident que ce ch. attaque la doctrine 
de la Trinité — voir §GV XV, l'introduction, les notes et 
l'appendice de . mon édition où ce ch. est déjà traduit. Une 
importante contribution a été fournie par M. Pines, qui corrige 
ce que j'avais dit, après Nôldeke, sur l'origine de l'appellation 
persane des chrétiens : tarsâk est antérieur à l'islam : The Ira- 
nian Name for Christians and the « God-Fearers », Israeli 
Academy of Sci. Proceedings, 2, No. 7, 1967 et RHR, 1967, 
p. 257. A l'appui, des textes chinois du V e siècle employant 
une transcription de tarsâk qui m'ont été signalés par M. Fr. 
Litsch. 

6- Sur vâhr « absurde », cf. Zaehner, BSOS, 9, p. 899. 

41. — Dans ce ch. traduit très littéralement, l'auteur joue sur 
les deux sens de dâlar donateur et plus précisément Créateur. 
Nous lisons donc partout dâsn « don » ce qui peut aussi se lire 
dahisn « création ». La polémique anti- musulmane porte sur 
l'arbitraire du retrait possible par Dieu de sa guidance, sur sa 
création en l'homme de la désobéissance, exprimée par le terme 
d'« abandon » bidlân terme coranique (3, 154), ce qui pour le 
mazdéisme va à rencontre des trois attributs inséparables de 
la divinité, sagesse, générosité et justice. Cf. aussi ch. 45. 



NOTES 



385 



42. — Traduit par Molé, CMC, 423. 12- Sur frêzvànik, cf. D. N. 
MacKenzie, Henning Mémorial Volume, p. 268. 

43. — Nous interprétons et traduisons ce chapitre à la lumière 
du ch. 136. Il n'est pas certain que le texte de 6 seq. soit en bon 
état. Les « deux » dont il est question dans le 2 e paragraphe, 
le savoir et les richesses, représentent le mënôg et le gëtï c'est-à- 
dire les deux existences. Pat nêrôk = en puissance est bien 
attesté. 

44. — Molé, CMC, 429. 

45. — Le mot traduit par « posé, mis » en 9 et 12 est incertain 
étant donné l'ambiguïté de la graphie w't qu'il faut parfois lire 
WHYN ut hakar. Mais il semble bien qu'il s'agisse icid'un verbe 
qui, d'après d'autres contextes (172, 198, 226), doit avoir le sens 
que nous avons adopté. Par contre, il n'est pas du tout certain 
que la graphie représente nihat, malgré un passage de la Rivâyat 
Pehlevie, 36, 14 où elle se rencontre dans le voisinage de l'idéo- 
gramme HNHT. Notre traduction de 12 est conjecturale. 

âpurtâr « producteur » double dâtàr « créateur » comme âpurisn 
«production » dahisn « création ». 
12- Cf. ch., 41. 

46. — 9- Le sens ordinaire de vêftak « pathicus » ne convient 
pas ici. 

aparkarz : traduit d'après le sens de hamkarzak dans SNS s.v. 
et RE A, 15. 

12- Il est intéressant de trouver dans un texte pehlevi le nom 
de « l'hôpital » qui s'est conservé même dans le monde arabe où 
s'est continuée la tradition iranienne. Cf. Ahmed Issa, Histoire 
des bimaristans (hôpitaux) à l'époque islamique. Le Caire, 1928. 
15- Sur patyâk «oupatyâk», cf. Zaehner, Zurvân, p. 186, n. 6. 

47. — Pour ce qui est du conseil, il faut sans doute comprendre : 
ne pas attaquer le méchant en usant d'arguments qui s'adressent 
à l'esprit, mais le prendre par la douceur. 

48. — 18- Sur yâtakgôv, cf. Menasce, Mélanges Henri Massé, 
1963, pp. 282-287. 

49. — La pointe de l'argumentation contre les musulmans est 
que les bienheureux qui connaissant dès maintenant la fin des 
choses ont leur joie du salut paradisiaque de quelques-uns 



386 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



mêlée de la connaissance qu'ils ont en même temps de l'enfer 
qui attend les autres. Les purs dieux mênôgiens du mazdéisme 
n'existent évidemment pas pour l'Islam, mais la force de l'argu- 
ment vaut aussi pour les anges et les gens du paradis, solidaires 
des damnés. 

50. — La syntaxe de ce chapitre ne m'est pas absolument claire. 
La pointe de l'argument est évidente : il y a un mal suprême 
comme il y a un bien suprême, principe et fin de tous les autres ; 
si donc Dieu exerce un certain mal, c'est qu'il est le mal suprême, 
et c'est à cela que revient la doctrine des docteurs musulmans. 
J'ai traduit x damiïn au jugé à partir de dam « souffle » : j'y vois 
la contrepartie maléfique de la « croissance » qui exprime 
l'expansion du bien. 

51. — Traduit par Molé, CMC, 470. 

15- Sur le rôle de Mânsraspand comme âme (d'Ohrmazd), cf. 
Yt, 13, 81 et comme sa Fravasi Vd, 19, 14. 

15- Sur asnûtak « noble », cf. Zaehner, BSOS, 10, p. 311. Sur 
visân, cf. ch. 6 comm. 

57. — Ce ch. n'est pas clair. Peut-être faut-il comprendre que les 
caractères immédiatement reconnaissables de la Dën Mazdéenne, 
ce qui constitue son être en somme, est le fondement de sa 
sagesse : mais comment comprendre ce dernier mot dans notre 
contexte ? 

58. — Traduit par Molé, CMC, 51. 

L'allusion à la conjonction musulmane de dîn wa dawla est claire. 

59. — Cf. 21 et notes. 

60. — On trouvera au ch. suivant la contre-partie de celui-ci 
analysant les facteurs du monde du mal, déjà amorcée en 9-12. 
Les éléments psychologiques se retrouvent souvent ailleurs, 
vïr-husxrat par exemple au ch. 146, comme en Dk, "VT, 56 
(M. 483). 

Sur targumân, cf. Bailey, Zor. Pro., 195 et en parthe Mir. Man., 
III. 

Au ch. 123. et parallèles, ces notions psychologiques sont inté- 
grées à la description du gëtï. 

3- Sur sôhisn « sens », cf. Bailey, Zor. Prob., p. 97, 102, 222. 
Sur pahrmâyisn « goût », cf. zbid. 102, 229. 



NOTES 



387 



61. — Ce chapitre qui est la contrepartie du précédent présente 
une graphie très corrompue qu'on ne peut toujours rétablir. 
11 illustre la doctrine connue du monde ahrimanien privé de 
gëtï mais en ayant un d'emprunt ; il est donc de soi invisible. 
Cependant, comme le monde du bien est synthétisé par le 
« bon roi », il est manifesté par le mar impie et par tous les tyrans 
de l'histoire légendaire. 

6- Nous traduisons le mot que nous lisons duïapar par le contraire 
de la traduction proposée pour huapar, les deux se rencontrant 
au ch. 236 et le dernier étant écrit avec l'idéogramme QDM = 
apar. — Nous avons omis dàmàn qui semble être une mauvaise 
graphie de sahmën. 

12-Parimat est une correction rendue plausible par le fait qu'elle 
est nommée avec Taromat Yt. III, 8, 11, 15. Les termes qui 
désignent les organes de Gannâk Mênôg sont ceux du vocabu- 
laire « dëvique ». 

15- gurg est écrit gurk en M et gurâ en B. 

61. — kilisàyîk (de Kilissâfc) dans la traduction pehlevie du Hom 
Yast rend Keresâni nom d'un adversaire du Prêtre (Yt, 9, 24) 
qui, selon Darmesteter en est venu à désigner Alexandre de 
Macédoine (Le ZA, I, 80-82). 

9- Sur âsumbisn, cf. Zaehner, Zurvan, p. 171, n. 5. 

62. — Sur. axv et mënisn, cf. ch. 61 et 63. 

64. — Cf. 62, 63. 

3- Sur dahik « vulgaire » cf. Messina, 2âmâspïk, XVI, 17. 

18- x gôfsîsnïk et frây-xandak ont été identifiés par A. Tafazzoli, 
« Pahlavica », AO, 33 (1971), pp. 200 et 204. 

65. — x dësakënikâr construit sur dësak, le terme philosophique 
pour « forme », écrit ici, comme souvent, jahîk. 

x vânjakih plutôt que ôzakîh, en pensant au persan bângïdan. 
Sur mas-dâtistân, cf. 6 et comm. 
Analogue au ch. 85. 

67. — Ce chapitre justifie pleinement l'acception de mënisn « inten- 
tion » qui est celle de la traduction arabe de VAyâtkàr i Vuzuig- 
Mihr par Miskawaih dans son Javidân Xirad. Tant la profession 
de foi que la confession des péchés supposent, soutendant la 
parole, l'intention, la « pensée ». 



388 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



burtâr qu'il faut peut-être compléter en dên-burtâr désigne le 
dévot, celui dont ce n'est pas l'affaire des magistrats laïques de 
juger. Le Magoptan Magopat est au contraire un juge religieux, 
celui devant qui on fait le patët. 

La lecture dâsn « don » s'impose ici pour le mot qu'on pourrait 
aussi bien lire dahisn « création ». 

68. — Les ch. parallèles permettent dans une certaine mesure 
d'améliorer le texte de celui-ci. Ce sont les ch. 76, 203, 310, 
336, 391, à quoi il faut ajouter du livre VI, B. 14-46 (Madan, 
349-554), Mx 37, Andarz i Vuzurg Mihr, 29-51 (v. aussi une 
liste manichéenne des vices dans Mir. Man I ; et III,). Nous 
les avons étudiés dans Une encyclopédie mazdéenne, ch. 2 que 
nous corrigeons ici. 

18- Sur apâyisn « besoin », cf. $GV VIII, 17. 

1-Sur vanëgarïh, cf. ch. 27 comm. 

6- Sur aparmând, cf. Zaehner, JRAS, 1940, p. 35. 

69. — Nous suivons dans l'ensemble la traduction de Molé, 
CMC, 424, avec quelques rectifications. Nous avons laissé impré- 
cisées quelques notions techniques : dahmih la « compétence 
religieuse » ; kastârih le contraire de afzây ënïtàrïh le fait « d'ac- 
croître » (le monde) mais aussi de le rendre afzônîk c'est-à-dire, 
en avestique spenta. 

Les activités qui ne rentrent pas dans celles des quatre conditions 
sont pour ainsi dire hors du domaine de la religion, ou à la 
rigueur, à la limite, au dernier rang. C'est le cas du commerce 
honnête ; quand cela devient de la spéculation et du monopole, 
cela touche aux intérêts vitaux des Iraniens en général et en 
particulier (nous lisons ta, signe du distributif, le mot que Molé 
lit teg en 18-). 

70. — Sur le chant des Gâthâ pour l'âme des morts, cf. A? ta 
Vïrâf, 2. 

71. — Nous avons rétabli là correction du titre; vicïn a ici à peu 
près le même sens que vicïr : jugement. 

Par comparaison avec le second paragraphe, le premier semble 
lacunaire, impression qui est confirmée par la répétition (suppri- 
mée dans notre trad. de « par les dispositions et les activités ». 
Si Sôsâns s'oppose comme d'habitude à Dahak, on peut penser 
qu'il y avait un nom pour faire pièce à Malkôs. Sur ce dernier, 



NOTES 



389 



cf. Gd Bd. « Cet homme... », en opposition à « ce Mar », vise 
essentiellement le mazdéen, dont il est question au ch. précé- 
dent. 

73. — La distinction entre l'action naturelle et volontaire est 
souvent reprise dans l'argumentation du SGV; voir notamment 
VII, 8-10 et le commentaire. 

15- Sur la terminologie des « éléments », cf. ch. 123 et comm. 
3- Sur abdist « instruit », cf. parthe °bdys- « montrer, informer ». 
Voir Ghilain, Essai sur la langue parthe, p. 61. 

74. — 107 B Le texte de ce ch. est curieusement mêlé à celui 
du ch. 107 auquel il a pris la fin, tandis que la sienne se trouve 
dans ce même ch. 107 ; dans les deux cas les mélanges ont causé 
des lacunes. Nous avons réuni les textes propres à chaque 
chapitre. 

75. — La syntaxe n'est pas toujours claire. Une vue systématique 
et théologique est donnée du fameux mythe, souvent repris 
dans la littérature pehlevie, de la somme des bonnes actions 
s'incorporant en l'image d'une belle jeune fille qui vient se pré- 
senter à l'âme du défunt qui ne la reconnaît pas - et inversement 
pour l'âme de l'impie. 

9- Je comprends que l'âme impie, en attendant le jugement 
final n'est pas séparée de son mal, purifiée, ni convertie ni 
ne devient non plus pire qu'elle n'était. 

3 — Nous avons traduit nërôk par « puissance » : aussi bien 
pat nërôk signifie-t-il parfois « en puissance ». Il s'agit bien 
d'une puissance actualisée dans son acte ou considérée en elle- 
même virtualité ou capacité. 

76. — Cf. Index s.v. vertus et vices. 

77. — Thèse centrale qui commande toute la polémique en faveur 
du dualisme. 

p. 51, 6- le « repentir » de Dieu dont parle Genèse 6, 6 est l'objet 
de fréquentes attaques ici-même et dans le SGV (q.v. note ad. 
Vin, 64.) 

79. — Les trois facultés sont mentionnées au ch. précédent. 
15- Sur tâstik « strict », cf. Bailey, BSOS, 7, p. 280. 



390 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



80. —P. 55, 6 sur dârmak, cf. Bailey, JRAS, 1934, p. 512; 
Zaehner, Zurvan, 372. 

P. 56, 9- pâlit, cf. pers. palïta. pahrmây, cf. ch. 60. 

81. — La prière rituelle est la récitation du Nyayisn du Soleil 
dont le début est un hommage à Ohrmazd. La prière notée 
ci-dessous est le Nam Stàyiïn ou éloge des noms (et attributs) 
d'Ohrmazd et qui fait partie du Xordak Apistâk. C'est à l'aide 
de ce texte, que nous avons pu émender le nôtre, et nous en avons 
reproduit la numérotation d'après l'édition de B. N. Dhabhar, 
Bombay, 1927, et traduction annotée, Bombay, 1963. Les para- 
graphes 8 et 9 qui ne figurent pas ici semblent en effet être un 
ajout postérieur. On peut se demander pourquoi ce texte liturgi- 
que qui devait être bien connu, a été reproduit intégralement 
dans ce chapitre. 3-Sur asnôtak « noble », cf. ch. 51 comm. 

82. — Cf. 417. 

Nous traduisons tangïh par « rétrécissement » plus précis ici que 
« angoisse ». 

15- La Bénédiction des Pieux est une entité avestique; le mot 
qui désigne l'activité des sorciers a été en partie omis. 

P. 61, 6- Je ne suis pas sûr de la lecture ou de la traduction 
de vënak-îk ou de yudtarîk : il y a bien un dérivé de vën— qui 
est vênisnik, et un mot yudtârîh toujours écrit avec un à. 
Sur les gatôk, cf. ch.- 27. 

83. — Intégration du naturel et du volontaire dans le gouverne- 
ment divin, et du même coup du général, avec sa fixité et son 
immutabilité, et du particulier qui caractérise l'action volontaire. 
18- La correction suggérée pour le mot écrit avec l'idéogramme 
de kart suivi de m y h dont le M peut être un k mal compris, 
donne à entendre que dans ce qui est soumis à un ordre naturel, 
la tendance vers l'avenir — espoir ou crainte — est réduite 
à la fixité de la nature. 

Cf. ch. 159. 

1 8- Sur pàt ërân- « retarder », cf. MacKenzie, BSOAS, 27 
(1964), p. 519, n. 44. 

84. — Chapitre très important par sa doctrine très nette de la 
supériorité du Créateur sur le Principe mauvais qu'il gouverne 
lors même qu'il ne l'a pas créé. 



NOTES 



391 



12- Faut-il lire le texte tel qu'il est et laisser dahmân? Il s'agi- 
rait alors des sages, doctes de Dieu. 

15- Le sens précis de cette « dissolution » du Gannak Mënôg 
dépend en partie de la manière dont nous lisons le mot transcrit 
conventionnellement œoën où B. Geiger avait préféré voir un 
idéogramme abaddon « néant ». a-vën outre la difficulté que 
présente la formation de ce terme qui devrait avoir une forme 
passive « non-vu » (a-dît), serait une graphie insolite, puisqu'on 
a a vëmmïk (' w y n- et non ' w b y). 

MacKenzie, Dictionary s.v. wany et wanybudïh accepte la lec- 
ture de Geiger et l'interprète avec bonheur grâce à un mot 
manichéen. 

9 - Sur apargût, cf. Zor. Prob., 83, n. 3. 
15- Sur abdist, cf. ch. 73 comm. 

86. — L'argument paraît être le suivant : chercher un bien même 
s'il n'a pas une valeur morale, développe au moins l'énergie ; 
tandis que ce dont il faut s'abstenir présente un danger, même 
si pour commencer il n'y a pas admixion de péché, au moins 
de refroidissement à l'égard du bien. 

88. — Nous avons traduit le texte de 156 qui est meilleur. 

89. — Le « pauvre » est ici celui qui, satisfait de son sort, est indiffé- 
rent aux richesses, le drigôs précurseur du derviche. 

90. — La doctrine de la rétribution comme révélation essentielle 
est déjà affirmée dans le mazdéisme tel qu'il s'exprime dans les 
inscriptions de Kartir, Naqs i Rajab, 18-21. Voir aussi ch. 98. 
18- Sur pâtërân-, cf. ch. 83 comm. 

91. — Les deux premières phrases présentent quelque ambiguïté : 
il faut probablement ajouter bun avant dâtâr : et il s'agit du 
premier qui offre louange et action de grâces à celui qui est 
décrit dans la phrase qui suit comme possédant le privilège 
unique d'être créateur, c'est-à-dire Ohrmazd. Cette addition 
semble d'autant plus en situation qu'il est question, à la fin 
du ch. des auteurs originels (bun kartârân) de la louange, aux- 
quels se rattache toute louange. Autre équivoque : miyànakô- 
mand traduit par « susceptible d'être intermédiaire » s'écrit 
de la même façon que miyânàk hend « sont intermédiaires » 
employé aussitôt après. 



392 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKABT 



92. — Le Skand Gumànîk Vicâr reprend à son compte cette argu- 
mentation, mais en expliquant qu'elle vaudrait dans le cas d'un 
Dieu sans Principe du mal qui serait son adversaire et déjouerait 
son projet essentiellement bon. Cf. XI, 118-119. 

12- Sur vizàyisnïk « injurieux », cf. Henning, Verbum, p. 209. 

93. — De ce ch.. sont à rapprocher plusieurs textes du Gr. Bunda- 
hisn relatif aux tremblements de terre, notamment celui qui 
s'insère dans un parallèle entre macrocosme et microcosme 
(ch. 28, 13), celui qui traite de l'action des dëv sur les tremble- 
ments de terre (ch. 21, E, 7-10) ; voir aussi, sur le rôle de Fra- 
syâb, ch. 33, 5-7. 

On retrouvera au ch. 112 un autre aspect de la mythologie des 
phénomènes cosmiques. 

Ici, comme dans le Gr. Bd on rencontre les deux formes signi- 
fiant « trembler » vizand- cand~. 

18- Sur pargùt, cf. ch. 84 comm. 

.12- Sur azruft « éteint », cf. Zaehner, Zurvan, p. 329. 

94. — Cf. ch. 95. 

Sur vizâyisn, vizàyisnïk, cf. ch. 92 comm. 

95. — L'expression est elliptique. Pat... dâstan signifie ordinaire- 
ment « tenir pour... » c'est ainsi que nous avons traduit pat 
cîkr dârend ; l'objet ne peut guère être autre que dâtârik, 
« l'acte de créer », et il faut sans doute voir alors la naturejdans 
la ligne du bien. C'est là un principe qui éclaire la doctrine 
exposée dans le ch. 94. 

96. — 3- Les « hommes de bien » vêhân sont avant tout ceux de 
la Bonne Dën. Traduit dans Molé, CMC, 43. 

15- Sur abdist « instruit », cf. ch. 73 comm. 

97. — Sanjana avait déjà en partie suppléé à la lacune et corrigé 
en tan-kâmak ce qui paraissait être vat-tôxmak. N'était la men- 
tion du dastour d'entre les Anciens Sages, on pourrait être tenté 
de traduire dastûr par « règle ». 

Nous avons traduit littéralement par « amour de son corps » 
ce qui signifie plus généralement « amour de soi ». 

98. — C'est ici, avec le ch. 133, un des rares lieux où l'on traite 
des vertus propres aux « nobles » plutôt qu'aux conditions 



NOTES 



393 



sociales classiques depuis l'Avesta et dont il est si souvent 
question ici. 

La « véracité » de tout homme est le fait de dire la Vérité par 
excellence qui consiste à confesser la Rétribution, cf. ch. 90. 
La traduction de vicïtâr dàsnïh est précisée par le ch. suivant : 
c'est le don de l'homme qui sait choisir, qui exerce la libéralité 
avec discernement. 

1-Sur hruftan « s'emparer », cf. Henning, Verbum, 184. 

100. — Déjà traduit dans $GV, p. 73. 

Les trois verbes de la fin sont illisibles et l'on a tout lieu de penser 
que la graphie est corrompue. De toute façon, le sens est à peu 
près sûr. 

101. — Traduit par Molé, CMC, 464. Le sens du mot traduit par 
« délivrer » en 71, 6- est établi par les parallèles, ch. 10, 160, 
412 mais les graphies très diverses ne permettent pas d'en 
retrouver la forme authentique. — Sur âyob, cf. Ghilain, Essai 
sur la langue par the, p. 65. 

102. — Traduit par Molé, CMC, 416. Sur hânzamân 12- et 15-, 
cf. ch. 74. 

105. — Sur l'état originel de l'être créé, et son évolution de la 
simplicité à la composition et à l'organisation au sein du gëti, 
voir surtout ch. 123 et notes. 

5_ 6- Le mënog ténébreux n'a pas de vrai gétï qui lui soit 
propre : c'est une doctrine exposée très clairement en Dâtistân 
i dënïk Q. 18 et Q. 30 (cf. mon article : L'origine mazdéenne 
d'un mythe manichéen, RHR 174, 1968, pp. 161-167. 
Ce qui se présente chez eux comme un corps n'est qu'une « figure» 
illusoire qui s'oppose à la « forme » dêsak des êtres bons. 

18- Tout le début de la phrase comportant des erreurs a été 
repris, mais la syntaxe paraît mal assurée. 

Sur le sens de spâs « hommage, service » aussi bien que « recon- 
naissance », voir le début de Kartir, KZ. 

Il est difficile de trouver en français des équivalents distincts 
pour kalput, karp et tan. 



394 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



106. — 1S~ Sut gasnak, cf. Bailey, BSOAS, 26 (1963), p. 70. 
Sur anutak, cf. ch. 28. 

107. — Sur la dislocation du texte, cf. 74. Il est certain que l'allu- 
sion aux voiles vise un texte coranique, 83, 15 et la thèse mo- 
tazelite qui nie la visibilité et donc la vision de Dieu. Cf. aussi 
ch. 126, 96, 3. -pàtërân, cf. ch. 83. 

108. — te Nature » étant réservé à la traduction de cîhr il a fallu 
trouver un autre équivalent pour cëgônïh. 

6-srôsik contraste avec êsmîk (fureur) 18- comme Srôs avec 
Esm. Sur le « mouvement » de Srôs, cf. Y, 57, 27-29. 
P. 76, 3- sur la doctrine des « revêtements » des dëv dans le 
monde corporel, cf. 105. 

1-Sur vicëh- « enseigner », cf. Henning, Verbum, 179; SGV 
III, 20. 

109. — Sur la connaissance du « comment » d'une chose qui n'est 
pas connue par expérience voir, par exemple, Zâtspram, ch. 29 
(transcrit dans Bailey, Zor. Prob., 209-210.) 

Cf. ch. 74 et 294. 

110. — 15-sur dakik voir ch. 64 et Messina, Zâmâspïk in XVI, . 17 
18- on est tenté de corriger varzënitan en vartënïtan «faire chan- 
ger» n'était la forme causative du verbe. 

112. — Pour tout ce ch., cf. Yt 8 (Tistar), GdBd, 6 B, 26, 92; 
Zs, 3, 7-25 ; SGV, IV, 52-53. 
Sur mizvah « rosée », cf. Zaehner, BSOS, 10, p. 630. 
Pan i vanëgar a été identifié par A. Tafazzoli, cf. ch. 27, comm. 

114. — Traduit par Casartelli, Philosophie religieuse, p. 59 et 
dans mon SGV, p. 235 où est analysée la doctrine manichéenne 
zandïkih critiquée ici. 

115. — A propos des subjonctifs en -ât et -ïhât, Bartholomae 
(Zur Kenntnis der mitteliranischen Mundarten I, 12-13) a 
tenté une traduction de la fin de ce chapitre. Après « action 
insensée » il y a un mot incompréhensible qu'il lit dàtik i mànét 
que nous préférons corriger de dàtsar en patsâr « à la suite » 
comme en Frhg. 30. 



NOTES 



395 



Il serait peut-être plus satisfaisant de comprendre chacune des 
propositions introduites par ku comme des paraphrases expli- 
catives de ce qui précède immédiatement. 
3- Sur vizûtâr, cf. ch. 92. 

116. — Comme souvent, bôd est écrit par erreur BR\ 

Cf. Dk VI E 51 (B. 468 ; M. 590) où il est dit que faute de consi- 
dérer (nikïTÏtan) 5 réalités, la mémoire et la sagesse seront 
dérobées à l'homme et il sera privé du bon ordre (rastak). 

117. — Pasand implique, plus que l'état même du sujet, l'agrément 
de celui qui le reçoit en grâce, qui l'approuve. On retrouve ici 
quelque chose du sens juridique du mot dans le Corpus Juris 
d'Isôboxt. (Cf. note sur p. 34). La libération du péché n'est donc 
pas l'affaire de l'homme seul : il est redevable et d'une ascèse 
et d'une prière. 

Le propos de Baxtâfrît est rapporté au Dk VI E. 22 (M. 578, 
10-12) : « Il disait ceci : pour moi le moment de l'intention 
(droite) n'est pas venu tant que je n'ai pas requis de moi-même 
l'état de pureté, et des dieux l'approbation. (pasand) ». 
Baxtâfrît est nommé parmi les sages convoqués par Chosroès 
après la révolte de Mazdak (Zand i Vohuman Yast, ch. 2) ses 
disciples sont cités dans le Nirangistàn, 43 (et Riv. Pahl., ch. 58, 
7). Ses dires figurent Pahl. Texts, p. 81 et Dk, VI, A. 4 (M. 547) 
et dans le ch. mentionné plus haut. 

118. — 12- Bartholomae déclare le passage avestique sans valeur 
(AW, 413, 1125) ce qui doit s'entendre de la seule grammaire. 
La traduction pehlevie montre comment on le comprenait et 
le parti qu'on en tirait. 

119. — 1-Sur vihërisnih, cf. ch. 22. 

12- Sur vizûtàrîh, vizûtakih, cf. ch. 92. 

120. — Sur le caractère merveilleux ou miraculeux des œuvres 
d'Ohrmazd, cf. ch. 298, 307, 372, 382. et sur les degrés de la 
puissance des êtres selon leur rang, cf. ch. 382 tout à fait proche 
de celui-ci. Mais ce qui est caractéristique de l'argumentation 
présente, c'est l'insistance de l'auteur sur la supériorité de ce qui 
semble avoir le moins de surface ou de volume ; il remonte 
ainsi aux réalités spirituelles et au Créateur, ce que ne fait pas 
le ch. 382, 

Sur parnikân, cf. Henning, TPS, 1945, p. 150. 



396 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNIcart 



121. — Traduit par Molé, CMC, 412. Cf. Destination. 

122. - Traduit par Molé, CMC, 487. Sur l'avestique vasô- 
xsaQra, cf. AW, 1384. Sur mûtak, cf. Ghilain, p. 82 et Zaehner 
Zurvan, p. 194 E. 1 

123 — Transcrit, sans corrections, par Bailey, Zoroastrian Pro~ 
blems, app. IV ; traduit et commenté par moi-même dans Prati- 
danam (Festchrift F. B. J. Kuiper), 1969, 193-200. Le Ms est 
assez mauvais : bôd est souvent écrit : BR*_ 
On se référera aux chapitres 73, 105, 142, 101 194 ?n,s 
276, 362, 365, 408 et 416. ' ' ' ^ 

P. 94. 6- Sur nëzumânïk « habile », cf. Zaehner, Zurvan 263 
n. f. 

6- Sur nivist, nivin-, cf. Henning, Verbum, 253. 

124. — dakïk, cf. ch. 64. 

125. — La syntaxe n'est pas claire dans la seconde partie du ch. 

126. — Le mot que nous lisons sang « pierre » semble avoir le sens 
de « pierre de touche » à laquelle se mesurent (handâtisn) les 
diverses preuves de l'existence d'un principe premier et la conve- 
nance (sàyend) de l'existence de plus d'un principe premier. 
On pourrait aussi lire *sand en pensant à PaS and « approuvé » 
(avec une nuance spéciale dans le vocabulaire juridique • 
« concédé ») ce qui ne nous éloigne pas beaucoup du contexte 
La vision directe, sans « species » (pacên), ménogienne, anté- 
rieure a la venue de l'âme dans le corps, est une vision « sans- 
voiles », concernent à ce que disent les « docteurs » pour qui 
les voues sont l'œuvre de Dieu. Cf. ici le ch. 74 B conclusion • 
ce sont les obstacles moraux seuls qui empêchent la vision directe 
dans 1 état mënôg. 

Rien dans l'explication ne semble correspondre au 7) ■ il se peut 
qu'il faille compter avec une lacune les « mesures » qùi donnent 
autant de manières d'éclairer la question de l'existence d'un ou 
de plus d un principe premier, se prennent des diverses espèces- 
ae connaissance. 

Le 2) et 3) font intervenir la gôvâkïh que nous avons traduit 
par « puissance ou faculté delà parole » mais qui équivaut évi- 
demment à la connaissance « logique » qui s'e Xp rime en concepts. 
Le 4) est écrit une fois m w t w k, uae£o^ mwwk: il s'agit 
de la confusion, toujours possible entre mutak « ruineux, désas- 



NOTES 



397 



treux » qui traduit av. mrûra. Cf. AW, 1197, et môk ou âmôk 
de muxtan « enseigner, apprendre ». Sur bunômand, cf. ch. 127. 

127. — Zaehner a traduit ce chapitre dans BSOS, 9, 871 sq. et 
dans Zurvan, 382. Il applique abun et bunômand au temps, 
auquel l'opération donnerait un principe. Je crois plutôt que 
les deux s'opposent : tant l'incréé sans principe que ce qui n'est 
pas principe premier mais est principe tout de même, ont besoin 
du temps pour durer et opérer. L'action ne saurait donner une 
origine au temps, tout au plus le constituerait-il en principe, 
mais il ne semble pas que ce soit là le sens de bunômand. Au 
ch. précédent le sens ne paraît pas si précis. 

12S. — Ici comme ailleurs « direction » nous^ paraît la moins 
inexacte des traductions possibles de vénârim. 
9- Nous avons corrigé le texte qui porte dâsn (ou dakisn), g don » 
ou « création ». 

129. — Traduit par Zaehner, Teachings of the Magi, 95 et par 
Molé, CMC, 37. 

!30 mândïstak que nous traduisons par « patron » serait litté- 
ralement le « sédentaire » (supposant à karavânik « nomade, 
en marche » ch. 236) mais doit ici avoir un sens qui l'oppose a 
vâîôn que nous traduisons par « compagnon » selon le sens 
qu'il a quand il traduit varazâna glosé hamsâyak dans la trad. 
phi- du Yasna. 

apar az assez rare, se trouve en persan dans le Commentaire de la 
qaside d'Abolheysam (ed. Corbin-Moin, p. 40, lignes 2-3) ainsi 
que me le signale M. Lazard, Langue..., 693. 

131. — Au lieu de « perfection », le titre porte « pleinement 
instruit » spûrâkâs que nous avons corrigé d'après les deux 
phrases du ch. où le mot est employé. En 15- le n° 5) est déplace 
par erreur. 

15- Sur asnôtak « noble », cf. ch. 51. 

132 — Traduit par Zaehner dans BSOS, IX (Zurvanica III) 
et dans Zurvan, 383, avec une rectification : l'auteur avait d'abord 
traduit bunômand comme nous l'avons traduit nous-même ici 
et plus haut ; plus tard il s'est avisé que «ayant un principe» 
contredisait « non principié », mais comme il lui semblait que 



398 



LE TKOISIÈME LIVRE DU DËNKART 



abun, bunômand se complétaient, il a donné à bunômand le sens 
de « source de principe ». La difficulté est dénouée en tenant 
compte du mot vas « beaucoup », qu'il ne traduit pas. Il accepte 
le sens de pat nérôk dans un autre contexte. « Bonté » nous 
paraît tenir lieu de Bonne Dën, c'est-à-dire l'aspect révélé de 
la Sagesse de la Dën. 

133. — S-hu-axvïh. : Yaxv est une des composantes vitales de 
l'homme. Cf. ch. 123. 

19- Sur vaxtan « échapper », cf. SGV, gl. 

15- Sur pafsâr-, cf. Dk, VII gl, et Bailey, BSOAS, 21 (1958), 
p. 542-543, Molé, Légende, p. 201. 

P. 101, 3 sur dëbahr, cf. Pagliaro, Jackson Mémorial Volume, 
p. 138. Cf. ch. 98. 

134. — Le snuman est la bénédiction qui revient au dieu célébré 
chaque jour du mois, et qui est emprunté au Sirôza ; le 1 er 
Sirozah à la différence du 2 e met toutes les formules au génitif, 
le mot snaôBr a «-louange, satisfaction» snûman étant sous-entendu. 
Les quatre premières du S. 4 sont traduites de façon tradition- 
nelle ce qui recouvre assez bien le sens des originaux. Les deux 
dernières « épithètes 3) proviennent de la décomposition d'un 
composé qui signifie « protecteur des pauvres ». La protection 
est assignée à la garde du trésor, et les pauvres deviennent la 
« légion », le corps d'armée. Dans la seconde partie, 3 et 5 sont 
intervertis. 

Voir l'énumération des attributs de Sahrevar dans Dk IV (DkM, 
410, 15-16). 

135. — Nous n'avons pas relevé les nombreuses erreurs dans la 
graphie des mots môs, vindisn et avindisn. 

Môs dont les exemples sont fréquents s'oppose à tuxs : c'est donc 
le contraire de l'énergie, de l'effort, mais ce n'est pas exactement 
la fuite ou le fait de s'abstenir, ni même la négligence, snstih. 
« Droit » et « pervers » qualifient « énergique » et « hésitant ». 
On remarquera que, dans tous les cas, le sujet est satisfait de 
son sort, soit vertueusement, soit vicieusement. 
Pour cerner la notion de xvarrah, ce ch. a son intérêt. 

136. — Cf. 43 et le commentaire. 

Le mastic s'est fait dans la description de la première espèce, 
la fin du « jugement » où il est parlé de l'infirmité des membres 



NOTES 



399 



du corps faisant évidemment partie du jugement sur la deuxième 
espèce. 

137. — Le tableau qui résume le chapitre est inséré dans un cadre 
à la gauche duquel se trouvent sur trois lignes la répétition des 
derniers mots du chapitre, le quatrième emplacement étant 
occupé par un oiseau grossièrement dessiné. Le dessin est plus 
fin dans le manuscrit de Munich (M, 58 b), p. 134. 

9- Sur pâtërânîk, cf. ch. 83. 

138. — La doctrine du principe du bien ou du mal réalisant 
cet attribut de façon éminente, est courante. Ce qu'il y a de 
nouveau ici, c'est qu'outre la réfutation des conséquences de la 
doctrine selon laquelle Dieu est le principe du mal, on réfute 
aussi bien ceux qui, comme les mutazélites, rejettent les attri- 
buts divins, entre autres la volonté. 

139. — La lecture que nous avons choisie pour le mot qui peut 
se lire sang, sand ou sôy se fonde sur la distinction entre les 
« directions » que fournissent la Bonne et la Mauvaise Dën. 
On retrouve le mot plus loin ch. 238 et 240 où nous préférons 
lire « sang » « poids ». 

Les termes désignant les trois classes offrent des difficultés : 
le premier et le dernier sont transcrits en paazand au dessous 
de la graphie pehlevie, mais nous avouons ne pas reconnaître 
leur étymologie et leur sens exact. Le deuxième, écrit une fois 
comme nous l'avons transcrit, est deux fois écrit avec en initiale 
une lettre qui ressemble à la lettre avestique que l'on transcrit 
par un gamma. Notre lecture zandïk n'a rien à voir avec le mot 
bien connu qui désigne le sectateur d'une mauvaise interpré- 
tation (zand) de l'Avesta, mot qui en islam désigna une sorte 
de libre-penseur plus ou moins assimilé à un manichéen. Nous 
le rattachons au mot zand qui désigne la troisième division terri- 
toriale (av. zantu- « tribu, gens ») qui est ici en situation. 

Ceci étant supposé, on pourrait rattacher le mot pazandisé en 
vaëcanï du MP vëc- qui désigne le prêtre dans la traduction des 
Psaumes. 

La notion d'« époque » signalée par des esprits bons (« dieux ») 
ou mauvais (dëv et drûj) qui sont au sommet ou au plus bas 
des créatures, se trouve plusieurs fois ici même, et se retrouvera, 
transposée, dans l'islam ismaélien. 

En comparant les deux parties du chapitre, on s'aperçoit que le 



400 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



parallélisme n'est pas parfait : il est possible qu'il y ait une 
lacune dans la deuxième partie. 

140. — Traduit par Molé, CMC, 67. 

Nous avons cru devoir préciser dans notre traduction les sujets 
des deux actions de « don » et de « culte ». 

142. — 15- Aturfarnbag i Farruxzâtàn dont le rôle dans la compi- 
lation de la Dën nous est connu par le ch. 420 et par le SGV est 
souvent mentionné dans les livres pehlevis (Dd, 88,8 ; Ep. 
Manûscïhr, I, iii. 9 ; II, i. 13) nous est connu surtout par son 
rôle dans la dispute avec « Abalis » (Yahballah) devant le calife 
Mamun où, comme ici, il expose une théorie des contraires. 
Voir maintenant B. T. Anklesaria. The Pahlavi Rivàyat of 
Aturfarnbag and Farnbag-Srôs, Bombay, 1969. Sa fonction 
de pêsôpây des Mazdéens et sa participation à VAdvën Nâmak 
sont également attestées au début du Dk IV et au début du Dk V. 
15— Si l'obscurité n'est qu'une appellation, on ne saurait rien 
en prédiquer. 

Sur la définition de la luminosité et de l'obscurité à partir de 
la vision, cf. ch. 330. 

21- Sur vizây, cf. ch. 92. 

143. — Traduit dans Molé, CMC, 506. 

Le dernier mot est écrit 'n'st'r dans Madan, alors que B. porte 
'«*s£r. La correction de Molé est sans doute la bonne. 

3- Sur afragût, cf. Zor. Prob., p. 83, n. 3. 

146. — 9- Sur vicëkisn « choix », cf. ch. 108. 

147. — Cf. SGV, ch. 7 et le commentaire. 

La doctrine réfutée est celle des motazélites qui së refusent à 
donner des attributs de connaissance, « parole » et volonté, à 
Dieu. L'argument final tend à démontrer que le fait pour Dieu 
de se servir de ses créatures pour vaincre l'adversaire lui assure 
un triomphe plus grand que ne le ferait un combat direct où 
l'adversaire serait dès le début, en face d'un triomphateur. 

La fausse graphie corrigée en 113, 18- (HT yzt au lieu de atfadât, 
mot bien connu dans le langage juridique, équivalent pehlevi 
d'av. adwa-dàtay, AW, 61) est l'indice de la négligence et de 
l'incompréhension du scribe de B. 



NOTES 



401 



P. 114. 3- Sur nivistak, cf. ch. 123 comm. 
6- Sur apàyisn, cf. ch. 68. 

148. — Ces variations sur la racine van- « vaincre » permettent 
d'expliciter un mot employé plusieurs fois au ch. précédent. 

150. — Traduit dans mon SGV, 233, avec commentaires. 

9- apënavàt : le mot est assez bien attesté avec la même graphie 
pour que nous devions nous y tenir. Ma lecture repose sur la 
racine nav- où je crois voir l'équivalent de l'arabe hdth. 

153. — La difficulté de ce chapitre et l'incertitude de sa traduction 
viennent de graphies qui nous semblent devoir être corrigées. 
Partout, on Ht frahang kâr qu'on pourrait comprendre comme 
«discipline et opération », mais dans le tout dernier membre 
de phrase, fraxvih est certain et s'oppose à tangïh. D'autre part 
la première lettre du mot que nous avons lu Vohuman manque, 
mais le mot nous paraît en situation. 

1- Sur niâfàr, cf. Bailey, Zor. Prob., p. 74, n. 1. 

154. — Chapitre difficile et qui a dû l'être pour le copiste, à en 
juger par le titre dont les erreurs se laissent corriger. 

155. : — Chapitre assez difficile et où il y a au moins une impor- 
tante lacune. Il y est question évidemment du rapport entre 
les conditions sociales selon qu'un peuple est ou non dans une 
époque de xvarrah ascendant. 

L'ordre des hypothèses n'est pas le même dans les deux listes ; 
dans la deuxième l'hypothèse 1 paraît non seulement lacunaire 
mais erronée, par contamination. 

156. — Sur l'acception de Ôsmurtisn, cf. 27. On peut se demander 
s'il convient de corriger bë dakîsnîk en bôd. dahisnih, bôd s'oppo- 
dant à tan un peu plus loin. 

Le chapitre est une nouvelle copie, améliorée, du ch. 88 fort 
mal copié mais certainement en place, à en juger par le ch. 87 
où il est également question de Zaratustrotom et de a troupe ». 

157. — Traduit par Casartelli dans Le Muséon 1886, 530-558; 
transcrit par Bailey, Zor. Prob., App. II. Étant donné la longueur 



402 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



du ch. nous en avons numéroté les sections dont l'ordre ne cor- 
respond pas toujours avec celui du titre. Les textes médicaux 
de l'Avesta sont étudiés par Casartelli, ibid., 300-313 et par 
Horst Fichtner, Die Medizin im Avesta, Leipzig, 1924. Le 
Huspâram Nask avait une section consacrée au médecin, résu- 
mée dans Dk Vin, 37, 14-29 (Madam, 750-751), trad. West et- 
Darmesteter, ad Vid. 7. 

Cf. ch. 229. 

P. 121. 12- Sur xguyânîk, cf. Bailey. Zor. Prob., 197, n. 1. 
P. 122. 15- Sur asnôtak, cf. ch. 51. 

P. 123. 9- Sur vihërisn i yatakân, cf. ZzehneT, Zurvân, 33,- n. C. 
18- Sur abdist, cf. ch. 73. 

P. 124. 3- Sur patvasïk « trousse » cf. Bailey, op. cit., 200, n. 1. 
18- Sur ôgrâyisnïk « incliner » cf. A. Tafazzoli, Glossary of 

Mënôg i Xrad y p. 60, s. v. ôgrây. 

P. 126. 6- Sur drôs cf. Bailey, BSOS, 6, p. 595. 

P. 127. 6- Sur ôkârisnômand, cf. Bailey, Zor. Prob., 202, n. 3. 

6- Sur patvisak, cf. ch. 36. 

P. 128. 1-Sur dakik, cf. ch. 64. 

3— Sur apâyisn, cf. ch. 68. 

158. — Ce que nous avons traduit par « consciemment » et « incons- 
ciemment » pour faire court, signifie plus exactement « en connais- 
sance de cause » et l'inverse. On voit que ce n'est pas identique 
à l'intention, droite ou perverse, ni à la tendance profonde. 
L'analyse morale est donc assez poussée. 

« Imputation » est pris ici au sens où ce sont les péchés seuls 
qui sont portés au compte sur lequel l'homme sera jugé. On est 
moins au clair quant à la connotation de agriftârïk « indemne » 
litt. « non-pris ». 

Cf. tant au point de vue de la teneur générale que de la termi- 
nologie, le ch. 79. 

P. 133. 1- Sur frëzvân, cf. ch. 42. 

159. — La distinction des trois espèces de généralité est fort bien 
marquée et permet de cerner le sens de kambâstak qu'on ren- 
contre si souvent qualifiant martom. 

L'expression hac... rôn peut signifier à la fois la cause efficiente 
(kac...) et la cause finale (— rôn) mais l'expression s'oppose à 
ô rôn. 



NOTES 



403 



6- Cette appropriation des actes méritoires rappelle la doctrine 
asharite du kasb ou un de ses antécédents. 

Cf. ch. 83 et 84. 

160. — Traduit par Molé, CMC, 440 avec le ch. 407 qui lui est 
parallèle, et commenté à la suite. 

133, 15- « libéré », suggéré par le contexte, se retrouve ch. 412 b, 
où Molé l'avait correctement interprêté. 

Le début "de la dernière phrase, p. 133, 18- , porte : MN 'MT 
MT C D ce qui n'est pas clair, mais on hésite à lire ici comme 
on le fait ailleurs mnwhmt. 

161. — Cf. ch. 165 et les autres textes pehlevis réunis et étudiés 
par Molé, CMC, pp. 61-74. Il s'agit des trois catégories de savoir 
religieux entre lesquels sont répartis les Nask de l'Avesta selon 
Dk, VIII, 1 et Zs : mais des textes comme celui-ci montrent 
que ce sont là trois composantes différemment dosées qui se 
retrouvent partout. 

162. — Cf. SGV, 2. 

Kirrënïtan est le verbe « dévique » qui exprime l'équivalent de 
dâtan « créer ». 

135, 12- sur la fin de Az, cf. Zaehner, Zurvàn. 
135, 18-Zasudâk? 

Cette théorie des contraires est une généralisation et une ratio- 
nalisation d'un principe énoncé dans le Vidêvdât 5, 8-9 et utilisé 
par Aturpât i Farruxzâtân dans sa discussion avec Yahballah. 
Cf. les notes des éd. de Barthélémy et de Chacha, du Gujastak 
Abalish. 

15- pâtêrànënitan, cf. ch. 83. 

165. — Chapitre difficile par le fait que les passages non-gâthiques 
n'ont pas été identifiés et que le style de la paraphrase est obscur. 
Mais le sens général est clair et donné par la première phrase. 
Cf. 161. 

18- frêzvân, cf. ch. 42. 

166. — 3- asnôtakik, cf. ch. 51. 

167. — Il y a plusieurs mots que nous n'avons su ni identifier ni 
corriger dans ce ch. dont le sens général est pourtant clair. 



404 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



18- l'invasion primordiale est, pour la druj, l'opération qui 
répond à la création primordiale d'Ohrmazd. 

Le thème de l'Ignorance du principe du mal est constant en 
théologie mazdéenne où il est indispensable pour rendre compte 
de l'Assaut et de la lutte cosmique : c'est parce qu'il en igno- 
rait l'issue qu'Ahriman a voulu engager le combat. 

168. — A partir de 9- le scribe a souvent écrit mënisn « intention » 
au lieu de mânisn « résidence » sans doute sous l'influence de 
grift-mënisnïh du titre et du début qu'il faut presque certaine- 
ment conserver dans le sens de « rétention, appréhension par 
la pensée ». 

169. — Cf. 345. 

Distinction entre formule divine et formule magique : s'y ajoute 
l'usage de l'ordalie par effusion de métal fondu sur la poitrine, 
la langue ou le pied et qui permet de distinguer celui qui est ou 
n'est pas coupable. Le second cas est celui de l'hérétique Kartak 
dont il est question au ch. 345 : il se situe dans le millénaire de 
Zartust à la suite de *Dëmak et de Mazdak. Le nom est connu 
par l'onomastique syriaque, mais le personnage semble inconnu. 
Le mot que nous avons traduit au jugé par « exécrer » semble 
devoir être corrigé. Kârîh semble avoir un sens rituel plutôt 
que moral. La syntaxe des deux premiers paragraphes, qui sont 
parallèles ne se laisse pas établir avec certitude, et des obscurités 
empêchent une traduction suivie du passage sur les « moyens 
artificiels » : nous croyons comprendre que les uns préservent 
l'innocent, les autres révèlent le coupable. 

Sur la pratique de l'ordalie, cf. Dk, VIII : index s. v. ordeal ; . 
et Darm. Le Z A. in Vd. 4. 

Titre : vicëhisn, cf. ch. 168 et ËGVlll, 20: vit emâs, cf. Bailey, 
Zor. Prob., p. 214, n. 1. 

172. — 6- Il est possible qu'une lacune ait quelque peu brouillé 
le texte, que nous avons traduit tel qu'il est. 

Sur la question de l'accord entre la volonté divine et le com- 
mandement divin, classique en Islam, cf. mes notes sur §GV, 
XI, 93-102. La question était déjà soulevée en Dk, IV (M. 
421). 



NOTES 



405 



173. — « Principe » et « effet » traduisent bun et bar (fruit). 

La correction x bôdisn en 12- a peut-être été pressentie par un 
lecteur de B qui a marqué d'un trait de plume le deuxième mot 
d'un groupe qui peut se lire bun cëgôn. 

12- rôymânân « plantes », cf. VIII, 60. 

174. — Le début du ch. a été traduit par Tavadia, ZII, 119-132. 

175. — En partie traduit par J. P. Asmussen, Xuâstvânîft, 54-55. 
9- Le mot que nous n'avons pas compris doit indiquer que 
l'exilé s'est bien conduit. 

15-Sur le sens de masdâlùtànik, cf. note à 32. 

12- Une lacune est possible, car il n'est pas question dans le 
texte du repentir de la femme. 

176. — Traduit par Molé, Légende commentaire sur 1,31. Uzâb 
nous est connu par Yt, 13, 131, Grd Bd, 18, 18; 231, 26, 33 et 6,6. 
SurSëtasp, cf. Zand i Vohuman Yast 6,6. Sur Pësôtan, nous 
suivons la graphie de Grd Bd 29,6 (TD I et DH) ; le nom 
signifie « aux quatre demeures ». Mais les graphies employées 
dans le Zand i Vohuman Yast laissent entendre que la première 
partie du composé est ciOro, la tradition sur son retour est 
rapportée aussi par un auteur syriaque du X e s. Cf. Bidez- 
Cumont, Les Mages hellénisés, p. 113-117. 

178. — àbyàsakih semble signifier « sans conscience » ce qui 
cadre avec le caractère naturel de l'amour de la vie et de l'espé- 
rance qu'il engendre. L'angoisse de la mort, par contre, est 
consciente. La conscience que l'homme a de sa force agit même 
quand l'homme n'est pas immédiatement , conscient de sa vie 
et de l'espérance qu'elle permet. Lorsque la vie s'affaiblit, la 
conscience de la mort l'emporte sur la vie qui est de soi « incons- 
ciente »; traduire plutôt par « souvenance » et non-souvenance. 

180. — Le rôle de l'aku, plus individuel, directeur de conscience, 
et du rat, docteur, est clairement indiquée. 

En 15— on ht : hac tan patvast jahik que je ne sais comment 
interpréter. 

Nous avons traduit par « don » le mot qui dans le titre pourrait 
aussi bien se lire dakisn « création ». 



406 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



181. — La répétition du mot azdït « connu » dans deux construc- 
tions différentes donne à penser qu'il y a une lacune. La citation 
gathique vient de Y. 46,6 b. et tout ce qui est entre guillemets 
est identique au texte pehlevi intralinéaire. 

183. — Le titre a fortement souffert : les trois premiers mots 
du ch. même y figurent par erreur. Le premier mot n'est pas 
absolument certain ; le scribe a dû s'en apercevoir car il laisse 
un blanc notable au milieu. Cf. 180. 

184. — Pour p. 154-6, cf. les textes réunis et commentés par 
Molé, La Légende de ZoToastre, pp. 237-248 et le tableau synop- 
tique, pp. 243-24 où lé présent ch. méritait de figurer, il est le 
seul texte à faire mention de Pâtsrav qui est nommé dans une 
glose pehlevie de Vd 20,1, en Dk, VIII. 13,9 (et Molé CMC 281} 
et dans Firdosi. 

6-9- Les paroles de Zartust à Vistasp ne se trouvent pas dans 
les récits de la conversion du roi ou ailleurs, mais l'étrangeté 
de la construction laisse entendre qu'il s'agit d'une traduction 
de l'avestique. 

15- peut être une lacune ; le mot non traduit se trouve également 
au ch. 7. 

154,18- gasnak-zivandakîhy cf. ch. 106. 

185. — Traduit par Zaehner, BSOS, 9, 872, 880 et Zurvân, p. 384. 

186. — Cette acception de pasand est attestée plusieurs fois dans 
Gujastak Yakballah. 

- La causalité première de Dieu même sur les actes bons délibérés 
de l'homme est ici affirmée, semble-t-il, à rencontre de la doc- 
trine mutazélite pour laquelle les actes bons, en tant qu'ils sont 
libres, échappent à la causalité divine. 

188. — 15- Le dernier mot du chapitre n'indique évidemment 
pas une révélation : il faut chaque fois reconnaître le sens précis 
de paytâk. 

190. — Traduit par Zaehner, Teachings of ihe Magi, 94. 

191. — Un des chapitres dont nous avons étudié la doctrine à 
propos du ch. 123 dans Pratidanam, La Haye, 1961, 193-200. 
Nous nous sommes décidé à ne pas corriger la graphie du mot 



NOTES 



407 



dahik « produit » en dësak « forme » avec lequel il se confond 
presque et comme il faut certainement le faire ailleurs. Il semble 
bien être employé ici dans un sens tout à fait général, alors que 
dësak est la « forme » dans son état constitué. 
bavisn-ravisnih, quel que soit son sens premier, qui serait 
celui d'un abstrait de bavisn, est à prendre ici en tant qu'il se 
distingue de bavisn astisnih, l'être in facto esse : c'est vraiment 
un progrès dans l'évolution de l'être, la matière seconde. 
Le titre dit : « bonne production » et on serait tenté de supprimer 
comme erreur graphique cette épithète si nous ne la retrouvions 
à la fin du ch. qualifiant dësak. 

192. Traduit par Zaehner, BSOS, IX, 303-320 et dans Zurvân, 
374-378. Sur RHMN cf. Psautier Pehlevi. 

193. — Déjà traduit, autrement, par Zaehner dans BSOS, IX, 
871 et Zurvân, 383. Kanârak, c'est la division du temps par 
les mouvements particuliers à l'intérieur du mouvement général 
de la sphère. La temporalité de l'être en puissance comme tel 
n'est pas limitée. Zaehner pense que dans le dernier membre 
de phrase, il s'agit du temps lui-même qui « serait » tout, inter- 
prétation qui ne s'impose pas. Kartàrih nërôk ne saurait non 
plus signifier « la puissance de se réaliser ». Il s'agit de la multi- 
plicité des actes qui se réalisent dans l'univers. 

194. — Cf. ch. 123 et parallèles. 

Le sens de sti est parfaitement délimité ici. Dahik a pratiquement 
le même sens que bûtak que nous avons traduit tant bien que 
mal par « réalité ». 

En 6- il doit y avoir une lacune : la matière du ferronnier y est 
le bois, qui est évidemment celle du menuisier, comme en 18- . 
Le renvoi explicite à des textes de la Dën est à rapprocher du 
résumé du Bag Nask f Dk IX, 50, 29 = Madan 883-884 cité 
dans mon article de Pratidânam, note 9 où le ch. 194 a déjà été 
traduit (avec quelques hésitations). 

En 12- peut-être faut-il lire anàar zahâk gastakih « dans le 
commerce des progéniteurs » car la suite semble indiquer qu'il 
s'agit d'une action plutôt que d'un état. 

195. — Les corrections et additions nécessaires sont fournies 
par le chapitre suivant dont le texte n'est d'ailleurs pas exacte- 
ment le même que celui-ci. 



408 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



15- Nous lisons vidëmïk d'après handëmânih « présence », 
d'usage fréquent et de sens assuré, et l'interprétons par rapport 
à mahmânïh et à arm. dëm « face ». 

196. — Axt, av. Axtya, ne se présente comme l'adversaire de 
Zartust que dans le commentaire pehlevi de Y. 51,12 dans 
Dk IX, 44 (M. 869) où il a l'épithète de tom. axv. En Yt, 5, 81-82 
il s'attaque à Yoista (Yavist iFryân) en lui posant des énigmes 
dont le détail nous est donné dans l'écrit pehlevi du même nom. 

197. — Le texte est corrigé d'après celui du ch.. suivant qui est 
cependant différent. 

Sur Sën, cf. Yt, 13, 97 (Saëna), Dk, IX, 32,5. Ce ch. montre 
qu'on lui attribuait un rôle dans l'établissement du droit mazdéen. 
L'expression frac hoc X est courante dans le MHD. Sur les 
trois variétés de la loi, cf. index. 

Sur la mention du judaïsme dans ce chapitre, cf. Darmesteter, 
Textes Pehlevis relatifs au Judaïsme. 

198 . — Le personnage de Rasn Rës ne nous est guère connu par ail- 
leurs. A en juger d'après ses doctrines, on verrait en lui un chrétien 
dont les doctrines sont quelque peu déformées pour les besoins 
de la polémique, et ceci expliquerait l'épithète de kirisâyïk qui 
quelqu'ait été son sens premier. — on sait qu'il traduit keresanï, 
de Yt, 9, 24 — signifiait déjà pour Nëriosang, le traducteur sk. 
de l'Avesta, un chrétien. Noter les traits : ne pas résister au mal 
(1), ne pas recourir aux procès (3), ne pas mettre sur le même 
pied loi humaine et loi divine (6, 7); l'opinion qui lui est prêtée 
en (9) ferait penser à une secte marcionite ou manichéenne. 
(10) Cf. la fin du ch. 123 où le mot se trouve, qui nous semble 
un décalque du terme théologique musulman hudùth innova- 
tion = commencement (du monde). 
Sur nivistakïk, cf. ch. 123. 

200. — Traduit par A. V. W. Jackson, Researches in Manichaeism, 
NY, 1932 et par moi-même SGV (introduction au ch. XVI) 
avec d'autres textes mazdéens antimanichéens que j'ai confrontés 
aux autres témoignages. Les textes des ch. 199 et 200 peuvent 
être corrigés l'un par l'autre. 

(9) Cf. 222 in fine. 



NOTES 



409 



201. — Kuràn, à l'intérieur de la côte septentrionale du Golfe 
Persique, avec Saraf comme port, est connu des géographes 
musulmans, cf. Le Strange, Lands of tke Eastern Caliphate, 258, 
296. 

Ces 10 Conseils sont différents de ceux que contient le petit 
écrit, également un handarz, contenu dans les Paklavi Texts 
de Jamasp-Asana, et souvent traduits. 

P. 172,1- anûtak, cf. ch. 28. 

La lecture Tôsar (ou Tousar) plutôt que Tansar est suggérée 
par la présence de ce nom dans l'inscription de Shâhpur à la 
Ka c ba/-ye Zardust. 

202. — Ne répond que de loin aux conseils du ch. précédent. 
12- Sur rôp ut ëvar, cf. Zaehner, Zurvân, p. 33, n. b. 

203. — Traduit par Zaehner, Zurvân, 384. 

15- Sur avicirisnik, cf. G. Ito D. J. Irani Mémorial Volume, 
Bombay, 1943, pp. 106-114. 

204. — Traduit dans Molé, CMC, 502 autrement qu'ici. Il faut 
reconnaître deux espèces de transmission: l'une entre les dieux, 
l'autre entre les hommes et qui se fait en mots. Molé a bien 
montré le sens de vaxs-apar-barisnih qui s'éclaire du fait que 
vaxsvar signifie « prophète ». Cf. aussi Shaked dans Israël Aca- 
demy of Science and Humanities, 3, 201. 

21- dârmak, cf. ch. 28. 

205. — Nous n'avons pas hésité à donner ici plusieurs traductions 
approximatives pour rendre mënisnïk. 

206. — kacisîh étant employé tantôt au sens concret, tantôt au 
sens abstrait, nous traduisons par « origine » et « origination » 
barbarisme évident mais parlant. 

207. — La même notion qu'exprime le titre se retrouve sous la 
même forme au ch. 227. Le mot nikôhisnïk « blâmable » est 
partout écrit kôxisnïk par erreur. 

208. — Traduit et commenté par Zaehner, BSOS, 9, 874 sq et 
Zurvân, 388. La citation de Qoran, 55, 29 « chaque jour il est 
dans une œuvre (nouvelle) » a été identifiée par Bausani, RSO, 
32, 1957, 456 ainsi que les textes coraniques menaçant de remplir 



410 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



l'enfer 38, 84-85 ; 32, 13, 11, 119 et 7,18 que notre ch. ne tra- 
duit pas littéralement. Le mot patest « menace» dans ce contexte 
a été étudié par Benveniste, IIJ, 3, 1959, 135. 
Cf. pour la fin ch. 396. 

\2-S\it frasëb «menaçant», cf. Zaehner, BSOS, 9, p. 895. 

209. — Traduit par Molé, CMC, 446. Nous pensons que le mot 
corrigé par Molé en ayuxtïk, interprétation de l'avestique bagô- 
baxta, « ajouté » doit être lu bagô-baxtik, sa définition ici corres- 
pondant exactement avec celle de MX, 24. Ici la première « lettre » 
du mot, que Madan rend dans son édition par un ha arabe, 
se retrouve à plusieurs reprises dans B ; elle n'est pas entière- 
ment claire. De toutes façons les graphies sont ici erratiques 
baxtïk étant écrit tantôt b x t y k, tantôt b' x t y k, mais il n'est 
pas impossible que, se fiant avant tout au sens, le copiste ait 
consciemment substitué ayûxtîk à l'original. Une fois entendu 
que astômand signifie « doué d'os », nous traduisons par la suite 
« matériel », faute de mieux, comme l'a fait Molé. 

15- aparmând, cf. ch. 68. 

210. — 6- k La Dën mazdéenne ornée de toute Sagesse », cf. 113 
190, 151. 

6- asnôtakîk, cf. ch. 51. 

Sur les rapports de l'axv et de la pensée, cf. 224. 

9- rénumération des vices, ch. 64 et parallèles. 

9- Le texte gâthique est traduit en phi par kë asar mërmn bavet 

« qui est de pensée infinie » ; Dhabhar dans son édition renvoie 

à Dk IX, xxx, 15 (M. 831, 1) où asar-tnënisn est expliqué par 

hamësak hân i frârôn mënît « il pense constamment le bien » 

ou « penser » a, comme souvent, le sens d'« avoir pour intention. 

212 et 213. — Le noble âzâtak (comme dans l'inscription de 
Hajjiâbâd) est tout à la fois l'homme libre et de libre arbitre 
(âzàt-kàm). A l'opposé le vës (avestique vaësa) et au ch. 213 le 
zôs ( ? peut-être faut-il chercher le nom qui désignerait l'homme 
attaché au zand « district » comme le vës l'est au ) et 

dans ce cas un descendant de zantu.san? Composés, p. 72. Pour 
vës le ms écrit le plus souvent vinâs. Nous n'avons pas traduit 
dusfargih qui est l'envers du xvarrah. Il y a peut-être un renvoi 
à ce ch. à la fin du ch. 368. 

215. — P. 188,3- nidfârisn, cf. ch. 153. 
9- visânik, cf. ch. 6. 



NOTES 



411 



216. — Cf. 224. 

216. — Sur l'acception très précise de « violence », cf. 400 où elle 
est niée de Dieu, même quand il châtie. 

218. — Cf. 123 et parallèles. 

219. — Les staota yesnya sont la partie essentielle du yasna (14- 
59). 

222. — Traduit par Molé, CMC, 469 qui rapproche du ch. 51 
également traduit. 

9- sur le « bavardage désordonné », cf. 200, 9. 
x a-vùân, cf. ch. 6. 

223. — avicîrisnik, cf. ch. 203. 

224. — La traduction de ce chapitre ne va pas sans difficulté. 
Il paraît certain qu'il faut corriger le mot spâh « armée » en spâs 
«reconnaissance» qui attestée au cours du ch. Il s'agit, pensons- 
nous, du principe, en Dieu, de la rétribution, sens inhabituel 
le mot désignant d'ordinaire l'attitude requise de l'homme. 
L'objet du ch. est, de montrer que la rétribution n'ôte pas la 
liberté de l'homme en dépit de la prédétermination de Dieu 
pour qui les actes humains sont « pré-faits » comme l'est sa 
«reconnaissance ». En outre le châtiment n'est pas une violence 
au sens philosophique du terme : il ne va pas à l'encontre de 
la nature ou de la liberté de l'homme, cf. ch. 216 et 292. Plus 
obscur est la distinction entre les facultés et actes de l'homme du 
point de vue de leur titre à la récompense -rétribution : les capa- 
cités qui, de soi, ne comportent pas mérite, salaire, adasr, sont 
soit bonnes soit mauvaises mais de toutes façons éminentes par 
contraste avec la volonté et les actes. On comprend que ceux-ci 
soient qualifiés de paytàk dàsr, mais que la volonté soit elle 
aussi adàsr, on le comprend moins étant donné qu'elle est le 
principe des actes de l'homme. 

225. — On a ici tout l'éventail des sens du mot dën. Cf. aussi 230. 

226. — Sur la « dignité », cf. ch. 261. 

L'action violente du Gannak Mënôg, c'est-à-dire contraire à 
la nature même de sa victime, est implicitement contrastée 



412 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



avec la non-violence d'Ohrmazd dont le ch. 224 parle expli- 
citement à propos même du châtiment que se méritent les pé- 
cheurs (et cf. ch. 216 et 292). 

Sur âpëtân, cf. Dhabhar, Yasna and Visperad, p. 35 ; Zaehner, 

Zurvân, p. 304. 

nidfâr, cf. ch. 153. 

mûtak, cf. ch. 122. 

227. — ■ Traduit par Molé, CMC, 52, dont nous avons adopté 
certaines lectures. 

mûtakïh, cf. ch. 122. 

Sur nimëz, cf. Zaehner, BSOS, 9, p. 584 ; ZuTvân, 263. 

229. — "Voir, au ch. médical, 157, une application spéciale de la 
théorie de l'épreuve. 

P. 193,3- *vihërist, cf. ch. 22. 

230. — Cf. 225. 

I/acte dit ôsmurisn i dën sans représenter la totalité de la 
d en méritant de s'appeler ainsi, entraîne l'appellation de dën 
burtâr donnée au fidèle mazdéen qui y est particulièrement 
adonné. 

232. — Il est possible que la phrase où il est question de Dahak 
ait contenu, en contre-partie, le nom de Yim. On ne sait où 
trouver dans l'Avesta ou dans les résumés de Dk VIII, et IX, 
les textes mentionnés ici et qui ne semblent pas être des tra- 
ductions littérales. 

233. — Comment on certifie un témoignage en général : sitôt qu'il 
y a doute sur le témoin, le témoignage est récusé. 

Application en 372 ; les sceaux de certification apposés par Ohr- 
mazd à la Dën Mazdéenne. 

1- Sur meurt, cf. $GV, V, 34. 

234. — Sans doute faut-il bien remplacer par « non justice » le 
«indulgence » du manuscrit. Nous comprenons : outrager les 
méchants n'est pas de soi un péché, mais seulement en tant que 
l'homme de bien s'en déclare satisfait alors que la peine n'est 
pas selon la justice et qu'il n'a pas, comme dans le premier cas, 
invoqué « l'indulgence » c'est-à-dire une espèce d'équité. Cf. 
Index s. v. mas dâtistânïh. 



NOTES 



413 



235. — Cf. ch. 402. 

La citation avestique est tirée de la Gatha des Sept Chapitres. 
On ne voit guère son rapport au contexte. 

236. — Cf. ch. 130 où se rencontre le couple mândistak et vâlôn 
et 268 où le sens du mot est plus proche de son étymologie. 
Nous traduisons d'une façon générale huaparïk (huMDMih) 
par « clémence » qui recouvre toutes les activités de bienveillance 
du souverain. 

237. — La traduction de ce ch. ne saurait éviter de prendre un 
aspect de paraphrase. Il est certain que pâtdâsn n'a pas ici son 
sens ordinaire de « rétribution » mais signifie bien « don en retour » 
et désigne l'acte du donataire offrant « satisfaction » au donateur. 
De même âpâm est bien « dette » mais il est plus clair de le 
traduire par « dû ». On peut hésiter sur la question de savoir si 
le « donateur » noble au plus haut point est à traduire, selon l'ac- 
ception la plus courante, par « le Créateur », mais le titre indique 
que c'est bien le cas. 

238. — « Poids » traduit sang, mot à la graphie polyvalente, mais 
dont le sens paraît précisé ici par la « cote » qui revient à chaque 
catégorie de mazdéens. On est plus embarrassé pour traduire axv 
qui n'est clair que dans l'expression 6- « les deux existences », où 
l'absence de marque du pluriel {-an) est sans doute une négli- 
gence. Précédant kâm on peut traduire soit en supposant apposi- 
tion : « l'axv et la volonté » soit en supposant subordination : 
« la volonté de l'axv ». 

Mënisnïh nous paraît se distinguer de mënisn « penser » par la 
note « intentionnelle » que le mot a souvent. 

239 a). — Le titre du ch. est précédé d'un titre qui n'est pas 
suivi du ch. qu'il annonce. Mais le ch. avec son titre et l'indi- 
cation qu'il provient du Dënkart se trouve au ch. IX du SGV. 
Nous le faisons donc figurer ici avec son préambule et en lui 
conservant la numérotation de ses phrases. 

239 b). — Yân est un terme gâthique qui figure au titre du qua- 
trième chapitre de chacun des trois commentaires résumés en 
Dk, IX. 



È - 



414 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



240. — Je lis sand en pensant à honsand, pasand, qui me semble 
avoir un rapport avec sah- « sembler » et je traduis ad sensum. 

18- Pourrait être une comparaison prise de l'apparence 
« rousse » de la lune printanière. 

L'exemple du doux et de l'amer fait penser àunhadïthsouvent 
cité par les asarites : « la foi, c'est que tu croies... dans le décret 
divin pour le bien et le mal, le doux et l'amer », cf. L. Gardet, 
Dieu et m la destinée de l'homme. (Études Musulmanes, IX), 1957, 
p. 119. 

241. — Le récit coranique de la désobéissance des anges refusant 
d'adorer l'homme, qui est utilisé ici à l'appui de la thèse du ch. 
est longuement critiqué dans le .^GF XI, 52-57 (voir dans ma 
note les références musulmanes, juives, mandéennes et gnos- 
tiques). 

18- La syntaxe n'est pas parfaitement claire. Peut-être y a-t-il 
une lacune au début. 

Cf. ch. 81 et le Nâm-stâyisn qu'il reproduit. 

9- Sur spëzisn, cf. Henning, Verbum, 178. 

243. — « Humanité », martomïh est ici pris au sens de ce qui. 
constitue l'essence de l'homme j non comme la désignation de 
l'ensemble des hommes. 

La pointe de la dernière phrase nous échappe trop pour que 
nous risquions une correction explicative du mot que nous 
n'avons pu identifier.' 

15- Sur akre, cf. Bailey, BSOS, 6, p. 68 ; Zaehner, Zurvan r 
263. 

244. — « Bonté » est ici l'équivalent de la Bonne Dën. 

245. — Traduit par Zaehner, Dawn and Twilight, 276. 

Plutôt que leur sens habituel de « bon » et « méchant », nous 
pensons que nëvak et ânâk ont ici le sens que donne notre tra- 
duction. 

246. — 18- L'énumération des vices fondamentaux se retrouve- 
très souvent, presque identique, dans le Dk, III. 

6— La phrase qui commence par « par crainte... » nous demeure 
obscure. 



NOTES 



415 



248. — Nous corrigeons apatànih en apêtànïh d'après l'ortho- 
graphe de 3- et du ch. 395 dont le contexte (valeurs relatives 
des hommes) est semblable. Dhabhar, dans son glossaire du 
Yasna Pehlevi, p. 35, à propos de l'usage du mot comme tra- 
duction pehlevie d'av. apita (que Bartholomae avait renoncé à 
traduire), recueille un certain nombre de textes du Dk qui 
permettent de préciser le sens du mot. L'original est plus fort 
que la traduction « non-valeur », employée faute de mieux. 

1- x apëtânïh, cf. ch. 226. 

249. 12- zih qualifie dusâkàsih comme fràcïk qualifie dânâkih; 

le mot est peut-être le même que le mot persan qui marque 
l'approbation encourageante. 

250. — Cf. 397. Les deux termes, transcrits de l'avestique, xvadâta 
et stidâta se rencontrent dans l'énumération de Vid. 2, 40, 
à propos des lumières du var de Yima. Duchesne-Gmllemm, 
Composés de VAvesta, t 205, traduit par « qui est sous sa propre 
loi, impérissable » et « qui est sous la loi du monde ». 

251. — On ne peut rendre frâcik par aucun terme dénotant pro- 
grès ou avance. Il s'agit ici de la différence que peut apporter 
au Paradis la consommation des temps marquée par la résurrec- 
tion des corps. C'est alors seulement qu'il sera généreux. D'autre 
part le gëtï contribue à l'acquisition du Vahist puisque c'est en 
lui que s'opère la lutte et l'élimination de l'Assaut. 

Le dernier mot est évidemment une allusion à la terminologie 
coranique pour désigner les sauvés. 

253. — Dânâkih a ici un sens technique très différent de « sagesse » 
qui le rend bien dans la plupart des cas. Nêrôk a son sens aris- 
totélicien de «puissance», dânist nous semble être l'ultime actua- 
lisation de la puissance, son acte second pris concrètement. 

La fin du chapitre montre qu'il est dirigé contre les mota- 
zilites qui refusent de reconnaître en Dieu des attributs opé- 
ratifs. Cf. Allard, Le problème des attributs divins dans la 
doctrine d'Al-Asari, Beyrouth, 1965. 

254. — La formulation concentrée de ce ch. n'empêche pas de 
comprendre qu'il s'agit de retrouver le volontaire (et donc 
l'intellectuel) jusque dans les opérations naturelles comme la 
première émission de voix ou la régulation de l'évacuation; 
et de même la mémorisation spontanée présente un automatisme 
quasi naturel. 



416 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



256. — Là où le français ne dispose que des deux mots « force » 
et « puissance », le pehlevi en a trois qu'il n'est pas facile de 
distinguer : nërôk, zôr et ôz. 

Sur hôk et xëm, cf. ch. 149. 
258. — 15- tâftïk, cf. ch. 79. 

260. — • Certaines phrases sont osbcures et ont été traduites tant 
bien que mal. 

261. — Cf. ch. 226. 

263. — Sur la conception mazdéenne de l'homme -microcosme, 
cf. Grd. Bd, ch. 28 et la controverse autour de l'article d'A. 
Gœtze dans ZII, 2 (1924), et sur la critique mazdéenne de la 
conception manichéenne des rapports entre le macro- et le 
microcosme, cf. SGV, ch. XVI ; il semble bien que la doctrine 
prêtée aux « docteurs » ne soit pas la seule que ce ch. vise à 
réfuter. Ce sont des monothéistes tandis que les doctrines 
énoncées p. 212, 6-12 sont d'allure manichéenne. 

12- Sur vis, drëm, cf. Zot. Prob., p. 105. 

264. — Cf. 319, aparkâr (et aparkârîh) se trouvent bien dans la 
trad. pehl. du Yasna, tandis que frâc-câr ne s'y trouve pas. 

265. — 3- le sens de dàt-apar (ou appar) me paraît assez clair 
sans que l'étymologie en soit apparente. Je traduis bunïh par 
«les principes» avec bien des doutes. Sus ahrâyîh vaxsënîtâr, cf. 
ahrâyïh vaxsënisn de Yasna Pehlevi 33.9 et les expressions de 
Yasna 1, 3. Le mouvement répétitif qui commande les deux 
parties du ch. rappelle beaucoup le ton de la paraphrase du Bag 

Nask dans Dk IX. 

267. — Ce ch. difficile, a été traduit trois fois par Zaehner, BSOS, 
9, 874, 883, et 896 ; Zurvân, 389 ; Dazcn and TwÛight, 220. 
Nous pensons que dans ses commentaires il en force l'inter- 
prétation dans un sens « zurvaniste » qui ne s'impose pas. 

patvand peut indiquer la contiguïté et la succession. 

18- Zaehner (Zurvân, 222) rapproche le mot avestique, qui 
signifie à peu près « à la semence qui coule », d'Asôkar, une des 
hypost hases de Zurvân. 



NOTES 



417 



P. 215, xvësïk ne doit pas signifier un attribut divin, mais 
bien les créatures d'Ohrmazd, qui n'ont pas son éternité essen- 
tielle (hamàyikîh) mais seulement la perpétuité, c'est-à-dire, 
dans l'état originel et dans l'état final, la propriété de ne pas 
passer. 

268. — Traduit par Bailey, BSOS, 7, 78 (et cf. Herzfeld, API, 
311). 

A l'opposition de base : sédentaire /nomade, se surimpose 
le rôle de la sagesse élevant la nature. Du sens premier de « séden- 
taire », mândistàk a fini par signifier « établi » et, impliquant supé- 
riorité, « patron » comme en 130 et en 236 où il s'oppose au 
« compagnon » vàlôn. 

269. — Ràyënïtàrih est un dérivé abstrait construit sur le nom 
d'agent du verbe que Ton peut ordinairement traduire par 
« gouverner » ; râyëniïn désigne l'aspect passif, et nous le tra- 
duisons par « disposition ». 

brïh n'est pas, comme on le traduit trop souvent, le « sort » ; 
c'est l'effet de l'action créatrice exprimée par le verbe brîkën- 
ïtan. On aurait tort, et notre passage le montre bien, d'y voir le 
principe d'une action immanquable. 

15- vizâyisnik, cf. ch. 92. 

270. — II paraît probable que la deuxième phrase a été amputée 
de son début où devait figurer le mot kasïh. 

ôsânikân, cf. ôsàndan, ôsânidan ; voir Zaehner, BSOS, 9, 
892, ibid., 10, 613. Cf. pers. ôsânidan ; voir Tafazzoli, Glossary 
of Mënôg ï Xrad, p. 63. 

271. — Cf. 27 et comm. 

272. — Traduit et commenté dans $GV, 237. Les détails précis 
sur le manichéisme zandikïh, existence de deux âmes, blas- 
phèmes contre le soleil spécialement condamné, pratique de 
la confession des péchés, sont clairs, comme au ch. 114. 

273. — Traduit par Molé, CMC, 46. 

274. — Sur les « faux-frères », cf. les chapitres sur les Vertus et 
Vices. 



418 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



275. — Traduit par Molé, Légende de Zoroastre, 139. 
277. — Traduit par Zaehner, Zurvân, p. 391. 

280. — Ce « salut » buxtakih a sans doute ici une portée eschato- 
logique. 

281. — Sur le bon renom comme signe de la Justice, cf. Dk, VI, 
139 (M. 503). 

282. — Traduit par Molé, CMC, 450. 

283. — 9- x cargâr, cf. Zaehner, Zurvân, p. 376. 
\2-pafsâr-, cf. ch. 133. 

IS-gasnak, cf. ch. 106. 

284. — Traduit par Zaehner dans BSOS, 9, 875, 885 puis par 
moi-même $GV, 250, puis à nouveau par Zaehner, Zurvân, 
391, dont j'adopte ici l'essentiel de la version. 

La traduction française est malaisée, étant donné la richesse 
du pehlevi qu'il s'agit de rendre : sàmanômand et kanârakômand 
signifient tous deux « limité » ou « doté de limite » mais il faut 
trouver l'équivalent de leurs antonymes et de leurs substantifs 
abstraits. 

En 21- il n'est pas sûr qu'il faille conserver dans le texte ce 
que nous avons traduit par l'incise « comme le possible ». 

P. 284— nous traduisons par « puisque » le mot écrit avec un 
signe que Madan rend par un ha arabe et que Zaehner transcrit 
par 'YK = ku ; il ressemble en effet à un G avestique couché. 

286. — En partie traduit par Zaehner, Zurvân^ p. 250 (tanscr. 
p. 262). 

Les derniers mots du chapitre rappellent le titre de l'ouvrage 
de Miskawayh si riche en données mazdéennes, Jâvidàn Xirad 
« la sagesse éternelle ». 

9- agrëyënit, cf. ch. 324. 

12- zruftakîhâ, cf. ch. 93. 

18- anûtak, cf. ch. 28. 

226,9- nëzômàn, cf. ch. 123. 

18- *cargâr, cf. ch. 283. 



NOTES 



419 



289. — Traduit par Molé, CMC ; 48. 
hu-dus- « bon-mauvais », cf. 229 (p. 193, 6). 

290. — àzâtih, « liberté » ou « noblesse » est ici plus indiqué que 
âpâtîk « prospérité ». 

La pësimârïh est la « plainte » à laquelle répond la pasimârih 
la « défense ». bësîtârïk est l'action de blesser, attenter physi- 
quement à l'intégrité d'autrui ; toute action de ce genre exige 
un débat judiciaire qui la précède. 

Le xvëtôdas est donc considéré avant tout comme une sup- 
pléance gratuite exercée au profit des « siens » là où « la parenté » 
n'a pas assuré à ceux-ci (il faut évidemment entendre les femmes 
de la famille) l'appui qui leur serait venu d'un étranger à la 
famille qui les aurait prises en mariage. C'est donc à la fois un 
acte de générosité et l'expression de la noblesse de race. 

*mnwhmtîk (le neume mn est corrompu en mt ce qui n'est 
pas insolite), cf. ch. 42 ; 299. 
16- dârmaktom, cf. ch. 80. 

292. — Sur la- violence, qu'on ne saurait imputer au Créateur, 
cf. ch. 400, et la note. 

294. — On reconnaît le principe raotazilite selon lequel Dieu 
veut être connu, même en dehors d'une révélation. 

9-sûtakih, cf. Dhabhar, Essays on ïranian Subjects, p. 136. 

296. — xvatïh pourrait aussi bien se traduire par « identité ». 
6- pat xvës asp, on ne voit pas exactement s'il s'agit du cheval 
du mauvais cavalier ou de celui de son adversaire. 

299. — mnwkmtyk écrit effectivement dans le titre. Cf. ch. 42 
et 290. mtk confirme l'exactitude de notre lecture de mnwhmtyk. 

Le texte semble dire que l'Erpat qui est l'auteur du livre 
dérive sa sagesse et sa « spiritualité » du fait qu'il suit littéralement 
l'enseignement de la Bonne Religion et s'appuie sur la tradition. 
Peut-être faut-il ajouter hac avant hamv ëniïnih et traduire « l'Er- 
pat... par la vision commune est devenu... ». 

305...— Astovidât, cf. 192. 

308. — On voit mal qui est le personnage appelé x Sarvtak Sruv. 



420 LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKAET 

309. — 6-mûiak, cf. ch. 122. 

310. — Cf. le catalogue des vices capitaux 6 et parallèles. 

311. — akre, cf. ch. 243. 

312. — Traduit et commenté par Molé, CMC, 507. 

vaxs barisnïk, le fait de porter la parole, est équivalent à pro- 
phétie. 

6- Les noms de Masya et Masyani sont écrits ici selon une 
orthographe archaïsante. 

9- Sur le voyage des descendants de Fravâk sur le dos du bœuf 
Srisôk, cf. Grd Bd, 14, 36. 

313. — Traduit par Molé, CMC, 486. 

316 - — Traduit par Zaehner, Zurvàn, 171, puis par Molé, RHR, 
1959, 161. 

317. — Traduit par Molé, RHR, 1959, 155. Il faudra tenir compte 
de la nuance de sens qui permet de distinguer ôsômandîh « mor- 
talité » de « margïh ». 

318. — Vidât est probablement la seconde partie du nom d'Asto- 
vidât. 

321. — Nous avons traduit aYzanîkïh tantôt par « digne, dignité », 
tantôt par « mérite. » 

La bénédiction de Fërïtôn est sans doute celle qu'il donne 
à son fils Eric. Cf. Ayâtkar i Jamâspïk, et Molé, JA, 1952, 
pp. 455 sq. 

322. — Fërïtôn est le descendant d'une longue lignée qui portent 
tous le nom d'Asviyân, d'après la généalogie du Grd Bd, 35, 
8. C'est le ABviya de Yt, 9, 22 dont le Sâh nâmeh transforme 
le nom en Abtïn. Barmâyôn et Katâyôn sont nommés comme 
étant d'autres enfants du même père que Fëritôn mais sans 
autre précision dans Grd Bd, 35, 10. 

323. — Cf. 38. 



324. — Traduit dans Molé, CMC, 49. 



NOTES 



421 



325. — Sur niyâpak, cf. Henning, BSOS, IX, 86. 

326. — La citation avestique non identifiée déclarée corrom- 
pue sans espoir de restitution par Bartholomae, AW, 559, 
a été interprétée pour moi par M. Duchesne-Guillemin qui 
voit dans xsiniti de « l'avestique sassanide », « je veux dire 
une formation analogique : de même qu'on avait xsnàsa- en face 
de dâna-, on aurait fait, à partir de pehl. zinitan, un xsnin ». 

328. — Traduit par Molé, CMC, 47. 

6- ma correction est fondée sur l'hypothèse que notre texte, 
qui dans le Ms B porte kay ôstikàn, surmonté d'une correction 
en caractères avestiques : usadan, ce qui est bien, selon l'Avesta, 
le nom qui accompagne celui de Kayus, est une normalisation : 
le sens que nous proposons serait une allusion à la fontaine d'im- 
mortalité dont parle Grd Bd, 32,1. 

329. — Traduit par Molé, CMC, 418 que nous suivons 

18- sur Gocihr, cf. ÊGV, IV, 31 et les textes énumérés dans 
le commentaire. 

331. — *cargàr, cf. ch. 283. 

332. — Pour le mot 'srk dont le sens d'« indication » est clair et 
appuyé par dast « main », M. MacKenzie me suggère l'arabe 
isâra qui me paraît excellent et la rareté des mots d'emprunts en 
pehl. ne devrait pas constituer un obstacle. 

333. — Traduit par Molé, CMC, 417, avec quelques erreurs de 
transcription. Il a fort bien vu que axv-mënisn qu'il traduit par 
h contemplation du maître » était plutôt « méditation de la for- 
mule Yatà akû vairyô », mais il hésite à en tenir compte et 
n'indique pas le jeu de mots entre axv « puissance spirituelle » 
et ahû « maître » (en contraste avec raiû). 

18- Sur advan, cf. Bailey, JRAS, 1934, p. 505 ff. 

334. — Cf. ch. 355. La seconde énumération emploie les termes 
dëviques. 

336. — Notre traduction, dont nous reconnaissons la maladresse, 
avait à rendre frâc âhangik et apâc âhangik qui impliquent, 
l'un l'impulsion agressive qui est de la nature des vertus que 



422 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



les anciens rangeaient sous la « force », comportant « agressi- 
vité » ; l'autre, la perfection contraire. 

« Caboche » rend le mot dévique pour « tête » kamàr. 

vanëgarïh, cf. ch. 27 comm. 

337. — Traduit par Zaehner, Teackings of the Magi, 90, et par 
Molé, CMC, 490. 

338. — Nous avons traduit ici pôryotkësïh par doctrine primitive, 
alors qu'ailleurs pôryôtkësân signifie non seulement les secta- 
teurs de cette doctrine mais les Sages d'autrefois. 

Trois moments se retrouvent des deux côtés : la foi, la confes- 
sion de la Dên comportant sa « récitation » c'est-à-dire la prière 
cultuelle (l'inscription de Karter à la KZ parle de dën ôsmurisn 
dans le même sens) et la transmission autorisée de sa doctrine 
et de sa pratique de génération en génération. 

9- Le mot non déchiffré doit être le pendant du dernier mot 
du chapitre dont la traduction et la lecture sont conjecturales. 

340. — Sur le symbolisme du kustïk, cf. Cim i kustïk (ed. Junker 
. et Tavadia : Der wîssbegierige Sokn, Leipzig, 1959) ; les Questions 

de Buxt Mari dans Dk, V (éd. Madan, p. 462) : Dâtistân i dëntk, 
questions 38 et 39 : Nirang i kustïk dans Zand i Xurtak Apistâk 
(éd. Dhabhar, p. 3-5). 

Le début du ch. rappelle le ch. 338. 

341. — Copie très défectueuse. Advên est écrit partout sauf une 
fois soit advënak « espèce », soit advënïk> etc. Lacunes évidentes, 
mais peut-être y en a-t-il d'autres. Le comportement de la 
mauvaise Dën, qui s'oppose, comme d'ordinaire, à celui de la 
Bonne, en ce qu'il n'est pas « mesuré », est d'une part orgueilleux 
burz-vâng « à forte voix » ou burzâvand « en se glorifiant » 
d'autre part hypocrisie et dissimulation, soit excès et défaut. 

342. — Cf. 102. 

343. — Traduit par Molé, CMC, 38. 

Bon roi est à prendre comme un terme consacré par la tra- 
dition des Gâthâ. Dans la dernière phrase, il y a emploi à la fois 
du singulier et du pluriel pour désigner le dernier des « mau- 
vais » qui l'est tant comme tyran que comme hérétique : il 
semble bien dès lors que « Gadaros », écrit en caractères aves- 



NOTES 



423 



tiques, masque le nom d'un peuple ou d'une dynastie, peut-être 
musulmane. Le rôle eschatologique de Kay Husrow est bien 
connu. 

345. — La trilogie des ennemis « tyrans » ou déprédateurs Arjasp 
le Xyonite, Alexandre le Romain et le « démon aux cheveux 
défaits » (les peuplades turques?) se retrouve ailleurs. Sur 
Kartak, qui suit les hérétiques Dëmak et Mazdak, cf. ch. 169. 

348. — 4- Peut-être faut-il lire tan-âtàn « forts de corps » ce qui 
désignerait les hommes principalement tournés vers la force 
physique. Tan-cihr est sans doute un mot composé comme 
tanbahr. Cf. ch. 351. 

12~ x vidëm peut être le contraire de kandëman. Cf. ch. 195 
et 196. 

349. _ 259, 12- Ôsanihët, cf. ch. 270 comm. 

350. — La fin du titre est le début du ch. ont été télescopés, 
sans doute en raison de l'omission d'une ou de plus d'une 
ligne. 

352. — Cf. 239 b. 

353. — Pour l'essentiel, ce ch. reprend le ch. 31. 

Sur le terme zat-bôd, lit. « conscience-frappée » qui forme 
une des catégories de péchés énumérés dans Dk, S, 19,1 et 
34,11 et connues par Frahang-i ôim, XXV, a, cf. Féd. com- 
mentée par G. Klingenschmitt (Thèse, Erlangen, 1968). 

avicïrisniky cf. ch. 203. 

354. — 9- nous considérons comme graphie erronée à laquelle 
suit la graphie correcte mênôgàn yazdân (comme en 14-) les 
mots mënôg axvân yazdân. Voir d'autres conseils de Yim, ch. 
287-288. 

9- visân-, cf. ch. 6. 
mûtak, cf. ch. 122. 

355. — Cf. ch. 334. 

357. — Traduit par Zaehner, Zurvàn 173. 

Sur le sens de apâyist, cf. SGV, ch. 7 et 11- 



424 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



361. — Traduit avec quelques différences par Molé, CMC, 435. 

362. — Traduit en partie par Molé, CMC, p. 413. Le texte étant 
assez mal préservé, il faut le corriger fréquemment. 

Notre traduction des termes techniques vise surtout, ici, à 1e 
clarté. « Composition » est le même mot que « venue à l'être » 
mais précédé de kam-. La doctrine des kësdârân est évidemment 
celle de l'atomisme islamique appliqué à la création, impliquant 
discontinuité dans la création réitérée qui n'est pas une « conser- 
vation » de l'être créé. 

Nous n'avons pas traduit le mot vaxs que Molé traduit par 
« Parole » ce qui est en effet un des sens du mot, avec « esprit »; 
nous pencherions vers celui-ci, car on voit mal la Parole du 
Créateur s'individualiser comme le sti. 

Si nërôk en p. 265 signifie bien « puissance, potentialité » il 
est probable que zôr a un sens analogue. 

363. — Traduit par Zaehner, Zurvân, M. 369. 

15- dârâk-hâm est préférable à d. xëm l'ordre insolite des 
termes s'expliquant par le fait que ham-dârâk signifie plutôt 
« qui réunit ». L'erreur graphique est commune. Mënôg et getî 
sont à prendre en 18- comme les deux aspects sur lesquels 
domine Ohrmazd et selon lesquels il est pantocrator. 

364. — 15- nidfâràk, cf. ch. 153. 

268,3- Sur vârom, cf. Bailey, Zor. Prob., p. 103, n. 1. 

365. — Traduit par Zaehner, Zurvân, 369. 

La grande difficulté de ce ch. est la lecture des mots « aves- 
tiques » qui sont en fait pehlevisés. L'interprétation générale 
doit se baser sur Grd Bd, 1,58 (traduit par Nyberg, Zaehner et 
Molé), qui donne la clef de plusieurs termes, mais d'autres de- 
meurent obscurs. Dans l'ensemble nous suivons Zaehner qui se 
montre d'ailleurs très prudent, et bien éloigné des développe- 
ments fantaisistes que, armé de sa seule traduction, s'est permis 
Leroy Campbell tout au long de son livre Mitktaic Iconography 
and Ideology, Leiden 1968. 

vaxï esprit plutôt que « parole » ; cf. Grd Bd, 5, 12 et plus 
haut ch. 362. 



368. — Traduit par Molé, CMC, p. 415. 

Le ch. auquel il est fait allusion est peut-être le ch. 212. 



NOTES 



425 



Il n'est pas impossible qu'il faille ici traduire gëkân Vëh Dën, 
sans suppléer la conjonction ut, par « la Bonne Dën du monde ». 
C'est en effet la Dën et non le monde comme tel, qui a pour 
rôle de vaincre l'Assaut. Il est vrai que l'Adversaire les attaque 
de manières diverses, en les dissociant. 

369. — Transcrit par Bailey, Zor Prob., 204. 

Sur le sens et l'étymologie probable de yatak vihërih, cf. 
Bailey, Zor. Probl., pp. 82-83, dont nous adoptons les lectures 
et les conjectures. A ces renvois, on peut ajouter M, 412, 19. 

15-le sens de ayârak est fourni par pers. yâra (arabe ayârâj 
et yâraj). 

6- yatak vihërih, cf. ch. 157. 

370. — Traduit par Molé, CMC, p. 415, un peu différemment. Du 
titre il supprime le dernier mot, tandis que je crois à^une lacune. 

371_ — kandàcisn est proprement le mouvement imprimé à un 
être qui le conduit vers sa fin, et, secondairement, la fin même 
en tant que déterminée. L'argument du ch. est de comparer 
destination et création, la première regardant les causes parti- 
culières (ou les forces) qui par conséquent peuvent être en butte 
à d'autres forces ; tandis que la création étant une totalité n'a 
rien qui lui soit extérieur. Ainsi les motions « adverses » peuvent 
toujours s'appuyer sur des causes universelles, telles que celles 
qui régissent la nature. 

En 6- il y a probablement eu un mastic dans le texte, dû peut- 
être à l'identité graphique de vàt « vent » et WHYN « et si ». 
Mais la phrase « si un secours est donné » s'explique assez mal. 

Ce ch. permet de mieux comprendre les ch. 121, 380, 374, 
393, 413. 

372. — Sur mudr i vâvarikân, cf. G. Geiger WZKM, 44, 1936, 
52-54 à compléter par MHD, 43, 15. 

373. — Traduit par Molé, CMC, p. 49, qui fait remarquer que 
këk dans la traduction pehlevie de l'Avesta est glosé par kôr 
« aveugle », qui s'opposerait ici aux « voyants » de 3-. 

374. _ Traduit par Molé, RHR, 1959, 160. 

15- Je doute fort que le mot « eschatologie » soit à maintenir 
dans le texte. 



426 



LE TROISIÈME LIVRE DU DENKART 



3- L'idéogramme dont ni la lecture ni le sens ne sont douteux 
ne figure pas dans le Frahang qui enregistre seulement le verbe 
en 19,11. 

375. — cisïk, dérivé fort rare de cis « quelque chose » sert ici à 
exprimer le fait que le signe est quelque chose qui fait partie 
de la chose qu'il manifeste ou annonce. 

ttk, tutuq, en persan désigne un voile mais parfois un phéno- 
mène atmosphérique. C'est la trad. pehlevie d'av. ubdaëna 
« tissu ». Grd. Bd, 14, 23. ou NP tdh ? 

377. — Cf. Grd. Bd, 1, 22-23. 

381. — Traduit par Molé, RHR, 1959, 163. 
15- ôkàrtan, cf. ch. 157. 

382. — Traduit dans Molé, CMC, 392. On comparera ch. 120 
et comm. 

On ne remonte ici qu'aux Fravarti des Justes ou Artay Fra- 
vart, seuls êtres mënogiens qui ont une influence immédiate 
normale sur le monde gëtï : c'est d'elles qu'il s'agit quand il est 
parlé en 6- de « leur grande puissance ». 

385. — 15-pafsâr-, cf. ch. 133. 

389. — Traduit par Molé, CMC, 59. 

390. — Ce ch. est fort mal copié, malgré sa simplicité et ses répé- 
titions qui rendent les corrections possibles. La description du 
2 e promoteur omet la description du corrupteur auquel il 
s'oppose. 

La terminologie, qui est celle des textes cosmogoniques, inclut 
les principes bunan, les éléments engendreurs zakâkân les 
matières mâtân et les engendrés zahak. 

391. — Cf. ch. 68. 

vanëgarïhy cf. ch. 27 comm. 

392. — Le mot de hambagik traduit certainement l'arabe sirk 
qui est le péché fondamental contre la foi. L'argumentation 
mazdéenne consiste justement à rattacher la croyance à un unique 
principe du bien et du mal non point au monothéisme, mais 
au sirk. 



NOTES 



427 



395. — dsnut, cf. ch. 51. 

3- anâpétân, cf. ch. 226. 

395. _ Cf. ch. 248. 

18-1'épithète qui qualifie xrat « sagesse » a été omis. 
3_ 6_ ces passages confirment le sens qui nous avons donné 
plus haut à mas dâtistànih. 

396. — Copie très abîmée ; nombreuses lacunes irrécupérables. 
6- Cf. ch. 208. 

18- vispatâyih, cf. AW, 820. 

397 = 266. — Cf. 250. 

Ce ch. n'est pas simplement un texte meilleur du ch. 266. 
Il s'en distingue aussi quant au vocabulaire et quant au style. 
Ces différences marquent des équivalences qui sont d'un grand 
intérêt linguistique. La traduction ne pouvant les faire sentir, 
nous nous sommes tenus au deuxième texte, le plus complet. 

P. 292,18- je comprends : « noirceur »? 
P. 293 : këtikih est l'art du devin kët. 

6- La lecture cëhisn « lamentation » (?) n'est pas plus satis- 
faisante que la lecture vicïhisn « séparation », à moins qu'il ne 
faille comprendre ici « discernement ». 

398. — Cf. ch. 406 qui est soit une nouvelle mouture de la même 
matière, soit l'original dont ce ch. n'est qu'un résumé maladroit. 

400. — Sur la « violence », cf. 216. 

Sur les théories mo c tazelites relatives à la part de Dieu dans 
l'acte humain, bon ou mauvais, et son rôle de rétributeur pour 
qui les peines de l'enfer elles-mêmes ne sont pas un mal, ni 
une « violence », cf. SGV, ch. XI et commentaire. Pour une 
revue des positions où s'imbriquent les questions de l'obéis- 
sance et de l'obligation, de la récompense et de la peine, de la 
« capacité » de la créature, dans la théologie musulmane, cf. 
L. Gardet, Dieu et la destinée de l'homme (Études Musulmanes, 
IX), Paris, 1967, notamment le premier traité. 

402. — Cf. ch. 235. 

Nous traduisons par « développement » le mot afzônikîh qui 
a bien ce sens là littéralement, sens repris en 15- par le a • 



428 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



afzâyenîtàrïh, mais on sait qu'il recouvre l'av. spenta ce qui 
nous permet de le traduire ordinairement par « sainteté ». 

403. — La question du mélange est une des principales difficultés 
de la philosophie mazdéenne. 

9-12- Le feu infernal est évidemment la désignation de l'enfer 
dans le Coran. 

404. — vanëgar, cf. ch. 27 comm. 

406. — Cf. ch. 398. 

Malgré de grossières confusions graphiques (en 302,3- : 
koxsisnîk pour nikôhisnih ; gëtidahisn pour stâyisnïk) on hésite 
à corriger xvatâsâyih en xvatâyih ; nous conservons donc la 
lectio difficilior sans en être convaincu. 

407. — Cf. le ch. 160 parallèle à celui-ci et qui nous a permis 
de corriger le mot 'LB' du titre. Traduit dans Molé, CMC, 
441. qui a bien noté la grande répétition fautive. 

Yl-nivùt, cf. ch. 123. 

4t* 9 - — J'ai traduit et commenté ce ch. dans Exégèse spirituelle 
d'un mythe géographique mazdéen, JA, 1971 en le rapprochant 
de la version du mythe en Grd Bd, 11, similitude frappante 
jusque dans le vocabulaire ; j'y étudie aussi le mot manvahmat 
et son usage dans Dk, III, ch. 42, 264, 290, 299. 

Sur les deux fleuves Vëh rôt et Arang rôt, cf. J. Markwart, 
Wehrôt und Arang, qui cite et commente les passages du GrdBd 
mais ne cite pas notre ch. Celui-ci s'éclaire en partie par Grd Bd, 
XI, 7 (Facs. 85; Markwart, 116 et 183) où «satisfaction» et 
« immortalité » sont les faveurs demandées par Arang pour Vêh 
et réciproquement. Le texte dit que la demande est faite par le 
menog de chacun, ce qui devrait être l'équivalent de manvahmat, 
dans ce ch. où ce sont les aspects « vertueux », tels que les pose 
le zand des noms des fleuves qui sont au premier plan : ceux-ci 
sont censés avoir la même valeur que les épithètes avestiques 
d'Ohrmazd traduits par xvarrômand, râyômand. Les fleuves 
(attributs) transforment la création en l'irrigant et en écartant 
la mort, la Fraskart étant une immortalité transfigurée. Sur le 
« domaine » de xvarrah, cf. ch. 356 et par. 

410. — Le parallélisme entre les propositions finales des deux 
développements donne à penser que « par la Justice » il faut 



NOTES 



429 



entendre « par la proclamation de la Justice » c est-à-dire la 
récitation de l'Ahuna Varya ; il est moins sûr de corriger le mot 
traduit par « message » patyâkih, d'après Grd Bd, ch. 26,^ 101 
patyàk caractérisant Neryosang. Peut-être faut-il lire patvisakïh 
« contagion ». 

lS-patyâkîh, cf. ch. 46. 

412 b. — Traduit par Molé, CMC, 51. 

3- cf. le passage parallèle ch. 160 in fine et 101 qui permet 
d'établir le sens d'un mot que je ne déchiffre p aS - 

413. — Traduit par Molé, CMC* 413. 

415. — Le sens exact de la dernière phrase n'est P as clair. 

En 3- il n'est pas impossible que le mot écrit axvânakik 
doive se lire bikânakîk « étranger ». 

417. — Traduit par Bailey, BSOS, 7, 277, et pf* Molé > CMC > 
499, dont nous avons adopté plusieurs correctîo ns - 

n-tâstik, cf. ch. 79. 

P. 312,3- visaptas, cf. ch. 259. 

420. — Traduit dans "West, PT, IV xxx et par M- F - Kanga, 
Orientalia, 30, 1966, pp. 116-127 et analysé par Bailey, Zor. 
Prob., 155-156, 230 et en partie transcrit App. VÏI. Tous deux 
ont utilisé le ms. K. 43 dont les leçons sont meilleures que celles 
de B. et sont conformes à celles du Ms. DH. Un doute subsiste en 
3 17- sur la tituiature de Tôsar et certaines erreurs sont communes 
aux deux textes : x yôyânik 316,18- et sans doute *përôk 317,18- 
par exemple. La- fin du ch. semblerait dire que la venue d'Osetar 
a déjà eu lieu : est-ce donc le premier Sôsyans de l'historiogra- 
phie prophétique ? Sinon, il faut dire que le Zartust dont il est 
le fils n'est pas le prophète. 

En 317,9-12 la calamité survenue à Zartust i Aturfarnbagân a 
été comprise par certains comme faisant allusion à une conversion 
à l'islam. Cf. B. T. Anklesaria, introd. à son éd. de Zatspram. 

La lecture Tôsar (ou Tousar) plutôt que Ta^sar est suggérée 
par la présence de ce nom dans l'inscription de Shahpur a la 
Ka c aba-ye Zardust. 



430 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



NOTE DE CORRECTION 

J'ai reçu de Fauteur, mais trop tard pour pouvoir en tenir compte, 
l'important article de M. Mansour Shaki, Some basic Tenets 
of the eclectic Metaphysics of the Dënkart, Archiv Orientalni 
38, 1970, pp. 277-312 où sont traduits les chapitres 123, 194 
et 365. 



INDEX ANALYTIQUE 



Les numéros renvoient à la numérotation des chapitres. Pour ce qui est 
des quelques chapitres très longs, la référence à la page du manuscrit B est 
ajoutée entre parenthèses. 

Comp. indique qu'il s'agit d'une comparaison. 



A 

abattage, 388. 

àbdîh, caractères merveilleux, 1 20, 

169 (de l'ordalie), 197, 267, 372. 
Abraham, 227, 229, 288. 
acte méritoire kirpak : 

rétribution, 224, 285. 

son annulation, 11. 

ses espèces, 334, 339, 386. 
aconit, 157 (p. 127). 
action de grâces, spâs, 91. 
Advën Nâmak, livre d'Aturfarnbag i 

Farruxzâtân, 142. 
âges du monde, 329, 396. 
agriculture, 259. 

Ahriman/Ohrmazd, cf. Ohrmazd/ 

Ahriman, 241. 
ahu, 107 B, 33 = 39, 99, 117, 130, 

152, 157, 180, 192, 195, 201, 202, 

209, 210, 218, 265, 333, 418. 
Ahunavar, 25. 
Akoman : 

dans l'axv, 33, 61, 235, 383, 397. 

v. Vohuman, 116, 192, 220, 263, 

364, 366, 399, 415. 
Alburz, 17. 
Alexandre, 345, 420. 
Amahraspand : gouvernent les parties 

de l'âme, 60, 73, 74, 91, 209, 218, 

326, 350, 380, 417. 

inséparables de leur revêtement, 51, 

317." 

âmâr, compte final, 78, 79. 
âme, ruvàn : 

— essence de l'homme, 401. 

— et autres éléments psychiques, 
60, 218, 370, 123. 

— et corps, 128, 137, 231. 

le péché ne lui ôte pas sa nature, 
22, 272. 



— médecine de -, 157. 

— son immortalité, 362. 

— son parfum, 235. 

amitié, dôstth, 85, 141, 215, 260, 

327, 360. 
Amurdat, cf. Hordat. 
Anâhït, cf. Ardvisûr. 
Anciens Docteurs, pôryôtkëS : 

Aturpât i Zartustân, 137. 

— et hérésie, 338. 

— rôle dans la tradition, 420. 

— sur le bonheur /malheur, 235. 

— sur les 3 lois de la Dên, 161, 
182, 201, 227, 297, 299, 369. 

— sur l'usage des jours du mois, 
259. 

certitudes métaphysiques, 94. 

opinions sur non-mazdéens, 97. 

leurs opinions, 16. 

sur le tempérament et le rat, 113. 

sur l'existence et la manifestation, 

132. 

andarz, chapitres en style d'andarz, 

15, 312. 
âne, 80. 
Angât, 282. 
anges, fristakân, 241. 
animaux, ressemblance de l'âme à, 

22. 

annihilation, non- : 

de la création, 362, 401. 

du corps, 114, 123. 
antagoniste, pityârak, 44,45,47,48 57, 

162, 172, 177, 218, 239 A, 274, 305, 

380, 381, 396. 
Apâm Nâpât, 112. 
Apaôs, 112. 

apar-càr, frac-car, attributs de Spa- 

nâk Mënôg, 264. 
appel et réponse, 308. 



432 



LE TROISIÈME LIVRE DE DËNKART 



âpuriSn, production, 191, 362, 369, 

405, 408. 
Arabes, Tâjik, 176, 308, 420. 

chevaux — , 80. 
Arang, fleuve, 409. 
arbre, comp., 120. 
Ardasïr i Pâpakân, 420. 
Ardvisûr Anâhït, 112. 
Arjasp le Xyonite, 345. 
armes, 134, 389, 401. 
Aromat, 364. 
Aryaman, 157 (p. 123). 
art, technique, 194. 
Art, 364. 
Artâ Fravart, 382. 
asn xrat 

— et Dên, 313, 342, 346. 

— et varan, 76, 122, 226, 228, 294. 
et gôs-srût, 63, 106, 174, 210, 
286, 311, 394, 405. 

et jugement dàtistàn, 52. 

— principe de la Sagesse, 109, 258, 
292. 

Assaut, ëbgat, 23, 49, 73, 83, 112, 
121, 122, 123, 128, 129, 143, 147, 
157, 159, 162, 172, 174, 178, 192, 
197, 209, 214, 263, 267, 272, 297, 
327, 335, 337, 357, 362, 367, 370, 
380, 381, 399, 403, 409, 412 b. 

Astôvidât, 192, 305, 358 (son lacet). 
Vidât, (?) 318. 

astres, immortels, 51, 367, 371, 382, 
396. 

Aswiyân, 322. 

Asavahist, 157 (p. 123). 

athéisme, 189, 225, 241, 410. 

attribution, possible ou non, 207. 

attributs d'Ohrmazd : dans le Nam 
Stayi&i, 81. 

bonne finalisation, 167. 

— doctrine islamique, 253. 

— du Spanak Mënôg, 264. 
miséricorde, 291. 

— omniscient, omnipotent, 363. 

— vérité et justice, 332. 
Aturpât i Emëtân, 420. 
Aturfambag i Farruxzâtân : 

recueille l'Avesta, 420. 
sur les contraires, 142. 
Aturpât i Mahraspandân, 199, 200, 
201. 

Aturpât i *Yâvandân, 239 A. 



Aturpât i Zartustân, son écrit à 

Yazdkart, 137. 
Auditeurs, 200. 
avarice, v. générosité. 
Avesta : 

cf. Gâthâ, Dënkart. 

citation, 118, 165, 184, 194, 210, 

246, 285, 307, 326, 409, 420. 

explication d'un texte, 23, 23, 25. 

mythe de la Dën, 75. 

son propre, 204. 
avestiques, mots-, 122, 134,181,267, 

408. 

avestique, nom, 84, 174, 263, 289, 

290, 365, 409. 
Axt, 196. 

axv, 62, 126, 174, 209, 239, 263, 

392, 399, 405, 414. 
axv i astômand, 157, 174, 258, 289, 

312, 313, 409. 
Ayangât, 282. 

Âz, convoitise, 316, 374, 381. 
B 

Bagân, 82, 192, 263, 354. 
bague, comp. 369. 
balâiur, 157 (p. 127). 
bannissement, 175. 
"Barmâyôn, 322. 

barsom, pourquoi tenu de la main 

gauche, 18. 
bavisn, b.-ravisnïh,b.-astimïh, stî, 123, 

194, 362, 365, 416. 
baxtik jbagô-baxtïk, 209. 
beauté /laideur, 80, 314. 
bénédictions /malédictions, 321. 
berger, 342, 385. 
bétail, 287, 382, 384, 388. 
bien, bonté, son germe, 138, 203. 
blé, comp. 232. 
bôd, 60, 218, 370, 397. 
bois : 

comp. 191, 369. 

— odoriférant, 8. 
bonheur, 168, 177, 245, 323. 

et malheur, 311. 
boucle d'oreille, comp. 369. 
bracelet, 369. 
branches, 333. 
brique, 362. 
bonté /malice, 393. 
Burz, 112. 



INDEX ANALYTIQUE 



433 



C 

Cabul, 157. 

calendrier, 259, 419. 

caractère, xêm, 36, 149, 151, 153, 

163, 166, 195, 202, 260 (de dieu 

ou de dêv), 333 (d'Ohrmazd), 394, 

395. 
causes, 83, 392. 
certitude : 

ses causes-, 247. 
changement, 396. 
char, comp. 218. 

charogne, distance à observer, 20, 26. 
chaud /froid, 414. 

chaud-humide /froid-sec, 105, 142, 

157, 162, 187, 194, 390. 
cheval, 80, comp. 109, 218, 231 

(monture), 296, 367. 
chien, 184, 385. 
choix, 121. 

Christianisme, Trinité, 40, 
ciel, ce qu'il renferme, 74-107. 
citerne, comp. 315. 
classes sociales, pësàk : 

— guerriers et prêtres, 331. 

— opération, 0, 153, 163, 192, 
223, 417. 

— supériorité du sacerdoce, 42. 
clémence, cf. mas dâtistânïh. 
coffire, 369. 

colonne, comp. 218. 
combat cosmique, 124, 167, 218, 401, 
407. 

commandement : 

— de Dieu, pas contraire à sa vo- 
lonté, 107 B., 172, 294. 

comment, cêgônth. 

connaissance du s comment », 

77, 109. 
commerce, 69. 

composition, hambavtén, 105, 123, 

362, 416. 
compte final, v. âmâr. 
confession de la foi, astuvânth, 15, 

172. 

confession des péchés, v. patêt. 
connaissance, dânî&i. 

— de Dieu, 42, 294. 

— et joie, 64. 

— et nature, 254. 

— et puissance, 284. 

ses espèces, 79, 126, 146, 147, 203, 



204, 253, 298, 325, 335, 340, 399, 
405. 

connaissance sensible, 126, 240. 
conscience /inconscience, 158. 
conseil, de la Dën, 47. 
conseils : 

— d'un ërpat, 56. 

— d' Aturpât i Mahraspandân, 199. 

— de Husrôw Anosirvân, 201. 

— de Sën, 197. 

— de Yim, 287, 354. 

— de Zartust, 195. 
contentement, honsandïh, 31, 89. 
contraires, 142, 162, 207, 239 a. 
contre-conseils : 

— d'Axt (c. ZartuSt), 196. 

— de Dahâk, 287. 

— de Mânî (c. Aturpât i " Mahra- 
spandân), 200. 

— d'un Mar, 202, citant ceux dd 
Dahâk 

— de Rasn Rës (c. Sën), 198. 
contre-création, 162, 379. 
Coran : 

— adoration de l'homme par les 
anges, 241. 

citation ou allusion, 35, 41, 45, 208. 

— « gens du Paradis », 251. 

— feu infernal, 403. 

— voile séparant de Dieu, 107 (74). 
corps, parties, 163, 263 (de l'homme 

et du monde). 

— du monde, 263. 

Corps Eschatologique, tan i pas ên, 11 , 

208, 251, 267, 298, 370, 413. 
couleur : 

de l'Iran, 28, 29. 

des classes, 192. 

du temps, 27. 
coupe, comp. 194, 
couronne, comp. 191, 194. 
couteau, guérison par-, 157. 
crainte, 178, 305. 

création, dahiSn, 123, 191, 276, 277, 
289, 291, 365, 368, 369, 371, 379, 
400. 

culte des dêv, 205, 225. 



D 

Dahâk, 61, 184, 202, 227, 229, 232, 
239 b, 287-288, 289, 308, 309, 322, 
324, 329, 338, 343. 



434 



LE TROISIÈME LIVRE DE DËNKART 



Dahiens, 176. 
dahm, dahmïh, 69. 
Dahmàn Afrïn, 82, 195, 321. 
dakri, 225. 

dastur, 16, 80, 97, 182, 192, 195, 

280, 304, 332, 343, 388, 411. 
dàtik, Loi, 161, 165. 
débauche, 295. 

définition, vimand, 194, 203, 209. 
degrés : 

— des activités, 69, 

— des bons, 71. 

— de bonté et de malice, 59, 394. 

— de bonté des hommes, 343. 

— de ce qu'i y a en l'homme, 307. 

— des comportements, 106. 

— des médecins, 157. 

— de sagesse, 242. 

— d'union à la Dën, 87, 239. 

— de valeur, 248, 361, 395. 

— de vertu, 30. 
dêhpat, 145. 
Dën, divinité, 112. 
dën : 

dën en général, 149, 151, 233, 301, 
386, 387. 

— et l'ahu, 152. 

— et royauté, 58. 

— ses conditions, 342. 

— ses préceptes, 344. 

— son habitation, 225. 

— révélation, passim. 

— royauté et sagesse, 17. 

Dën, la Bonne- 11, 65, 69, 133, 157, 
172, 195, 217, 219, 223, 238, 
239 b, 259, 274, 287, 295, 297. 

— ornée de Sagesse, 113, 131, 
190, 210, 420. 

— et royauté, 134, 299, 306, 307, 
340, 347, 361, 377, 382, 388, 405, 
416, 420. 

— et asn xrat, 190, 346. 

— ses préceptes, 243. 

Dën Mazdéenne, 102, 120, 142, 156, 
160, 165, 182, 183, 184, 197, 204, 
205, 208, 212, 214, 230, 264, 310, 
324, 325, 338, 345, 349, 368, 369, 
372, 395. 

Dën d'Ohxrnazd, 176, 201, 202, 
298, 337, 373 (et d'Ahriman). 
= Avesta, 194, 273, 275, 412 b. 

— et asn-xrat, 313. 



dën, bonne den et mauvaise dën, 
21, 34, 122, 125, 139, 190, 216, 
227, 228, 326, 333, 341, 410. 

Dën, récitation de la, 265, 307 (par 
l'Ignorant), 333, 338, 346, 390. 

Dënkart, 19, 420, (l'Avesta), 299 (ce 
livre), 420 (-des mille chapitres). 

destination, handàciSn, de l'homme, 
salut, 54, 78, 83, 121, 236, 371, 413. 

dëv, 102, leurs menaces, 227, leur 
brigandage 364,. 

— hommes qui leur ressemblent, 
404. 

D ëv-aux-cheveux-déf aits, 345. 
Dieu, yazat. 

connaissance de — , 77. 

volonté de — , 147. 
dieux : 

— et dëv, 108, 123, 404, 412, 417. 

— leur bonheur malgré le mal, 49. 

— leur puissance, 329. 

leur secours aux hommes, 66, 371. 
digne, dignité, 226, 261, 287-288, 352. 
discipline, 278. 

divergences d'opinion, 16, 23, 24, 25. 

docteurs, kësddrân, 35, 40, 41, 45, 
49, 50, 59, 73, 74, 76, 77, 78, 
82, 96, 107, 109, 121, 122, 123, 
128, 138, 142, 147, 150, 172, 173, 
174, 187. 203, 206, 208, 216, 224, 
*226, 239, 240, 241, 246, 251,253, 
263, 271, 291, 292, 293, 294, 313, 
383, 388, 392, 396, 400, 402, 403, 
404, 408, 409. 

don, 181. 

drân, 13. 

drujïh, druj, 10, 42, 49, 73, 74 (107 B), 
87, 104, 105, 107 (74 B), 143, 148, 
152, 159, 162, 166, 167, 177. 181, 
190, 195, 199-200, 218, 222, 245, 
252, 295, 297, 313, 329, 388, 401, 
402, 407, 412 b. 

druvand, druvandïh. 22. 49, 65, 73, 
78, 93, 105, 108, 109, 128, 129, 
171, 196, 203, 207, 218, 220, 239 b, 
251, 272, 281, 314, 339, 408, 410, 
418. 

dualisme : 

démonstration, 94, 95, 119, 126, 
239 û, 293, 383. 

contre Juifs, Manichéens et So- 
phistes, 150. 
duSfargîh, mauvais xvarrah, 212. 



INDEX ANALYTIQUE 



435 



E 

eau, comp. 133, 154, 315. 
éducation, 170. 

éléments, les quatre, maintien de leur 
pureté, 46, 73, 119, 187, 263, 335. 

éléments, ristakân zahâkân, 123, 194, 
408. 

énergie, v. iuxïâkïh. 
enfant : 

amour du père, 80, 170, 177. 

— assauts des druj à la naissance, 
374. 

— développement de ses forces, 
256. 

enfer, 109, 121, 192, 272, 403, 408. 

— étemel, 49, 78, 82, 121, 123. 
enseignement religieux, 1 80, 1 82, 

306. 
énumérations : 

3 causes de la certitude, 247. 

3 fléaux dûs à la tyrannie et 3 à 

l'hérésie, 345. 

3 forces supérieures, 335. 

3 lois, 78. 

3 marques du xvarrah, 155. 

3 sceaux de certification, 372. 

4 choses nécessaires à la propa- 
gation de la Dën, 342. 

4 conditions de l'exécution et de 
la récompense d'un acte, 285. 
4 corrupteurs et 4 promoteurs du 
monde, 390. 

4 couleurs de la sagesse et de la 
vision, 405. 

4 demeures des actes méritoires et 
4 repaires des péchés, 384. 
4 dispositions pour l'empire et les 
hommes, 262. 

4 éléments de la personne, 218. 
4 éléments nécessaires à l'acte mé- 
ritoire, 285. 

4 promoteurs du monde, 390. 

5 facteurs drujiens, 295. 

5 signes de sagesse/ignorance, 249. 

6 attributs de SaQrevar, 134. 
6 choses profitables, 182. 

6 dons du Créateur, 180. 

6 vertus et vices, 243. 

7 perfections de Vi§tasp, 389. 

9 actes du Créateur, 408. 

10 éléments de la perfection, 131. 
21 vertus excellentes, 133. 



qualités des supérieurs, 223. 
époque, bonne ou mauvaise, 35, 68, 

96, 151, 154, 155, 165, 166, 176, 

188, 192, 205, 212, 213, 227, 278, 

326, 347, 368, 398, 406, 407, 418. 

cf. âges du monde, 
épreuve, probation, expérience, 157, 

229, 247. 
Erân, Erânsahr, Pays Iraniens : 

sa couleur, 28, 29, 201, 202, 227, 

396, 420. 

son thérapeute, 1 57. 
Erân Vëz, 312. 
Erïj, 282. 
erpat : 

auteur de la réponse : 20, 299, 338 
420 (Tosar). 

réponses à un disciple, 56, 182, 
sur le xvetôdas, 80. 
espace : 

spaxr, 180. 

vây, 126, 132 (et temps), 203. 
espèces : 

2- d'actes vertueux et de péchés, 
234. 

2- d'amitié, 85, 205. 

2- de causes, 82. 

2- de la lumière /ténèbres, 250. 

2- de xvarrah et de dusfargih, 309. 

3- de connaissant, 253. 
3- de généreux, 306. 

3- d'hommes selon volonté, con- 
naissance et pouvoir, 79. 
3- de métamorphose, 369. 
3- de puissances parmi les êtres 
du gëti, 343. 

3- de xvétôdas, 80. 

4— de femmes, 72. 

4- d'hommes, 97, 139. 

4- d'homme capable ou incapable, 

136. 

4— de reconnaissance, 257. 
4- de souverains, 398, 273. 
4— de souverains louables et 4 — de 
souverains méprisables, 406. 

4— du mérite et du péché, 110. 

4 instruments et agents d'Ohrmazd, 
192. 

5- d'hommes selon la vision, 397. 

5- de réponses à la contre-créa- 
tion, 162. 

6- d'hommes selon leur amitié, 
215. 



436 



LE TROISIÈME LIVRE DE DËNKART 



8- d'hommes selon la dén, le ca- 
ractère et le tempérament, 149. 

6 espèces de peine, 175. 

9— de connaissances, 126. 

16— dans la recherche du xvarrah, 
135. 

- d'actions et d'abstentions, 158. 
espoir, espérance /crainte, 154, 178, 

265, 352, 368. 
être, production de, 105, 194, 416. 
être individuel, stï, 74, 123, 194, 203, 

271, 396, 408. 
excès et défaut, 64, 104, 144, 154, 

216, 286, 300, 333, 353, 399. 
existence, hastïk, et manifestation, 

57, 392. 



F 

faveur, yân, 239 b, 352. 
fe mm e : insoumise, 175. 
femmes : 

qualités requises, 72. 

règles, 26. 
fenêtre, 218. 
fer, comp. 194. 
festin, 389. 
feu : 

guérison par, 157, 376, 403. 

-infernal, 200. 
fidèles, dèn burtârân, 17, 54, 67, 

225, 230, 306, 410. 
filiation, 322. 
fioles, 52. 
flûte, 369. 
foi, croyance : 

foi et savoir, 107, 146, 247. 

possible et croyable, 100. 
forme, dësak, 194, 362. 
Fort des documents, diz i nipist, 
Frasyâb, 61, 93, 162, 412- (Franra- 

syak). 

Fraskart, 73, 80, 83, 114, 121, 127, 143, 
208, 209, 214, 218, 222, 227, 239 b, 
268, 273, 277, 282, 289, 298, 313, 
317, 328, 329, 335, 337, 338, 362, 
370, 401, 402, 409, 413. 

FraSôtr, 7. 

fravahr ; 

-des Justes, 112. 

ruvàn, jân, bôd, 123, 218, 263, 

370, 382. 



Fravâk, 209, 382. 

Frazànakih, prudence, sagesse, 210, 

337, 372, 409. 
Frëtôn, 29, 229, 321, 322. 
froid-sec, cf. chaud-humide, 
fumée, 281, 333, 376. 
Fureur, E$m, 108, 116. 



G 

Gadarôs, 343. 
Gannâk Mënôg : 

combat Yim et Zartust, 129. 

et Ohrmazd, 152, 206, 214, 156. 

pas l'égal des Dieux, 307. 

sa défaite, 114. 
garotman, 23, 74, 350. 
gâthâs, 7, 9. 

chants des-, 11, 70, 395. 

citation- (34,10) 114, 181, (29,5 c) 

165, (30,9) 210. 
gâthique, Loi, 161, 165. 
Gatôk, 239 a, 263. 

Gayômart, 23, 35, 80, 209, 282, 312. 

gelée, pâlûtak, 369. 

générosité et avarice, 41, 141, 217, 

283, 306, 414. 
germe, tôxmak, 191, 194, 276, 282, 

363, 396. 
germe des germes, 194. 
gëti, 123, 300, 352. 

- et vahist, 251. 
Gilsâh, 35. 
Gôcihr, 329. 
gôhr, substance : 

bonne ou mauvaise, 212, 362. 
gôsôdâk, 13. 
Gôsurûn, 7. 

gouvernement, 83, 158, 159. 
graine, comp. 120, 311. 
guide : 

-de perfection, 131. 

- indication {isara), 332. 



H 

habitation de (Vohuman), 199-200, 

405, 414. 
hamëstakan, 350. 
handâciSn, v. destination, 
hâtak-mânsrïk, loi, 161, 165, 302. 



INDEX ANALYTIQUE 



437 



hérésie, hérétiques : 

espèces, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 

10, 189, 201, 295, 307, 331, 333, 

338, 349, 347, 390, 410. 
héritage, aparmând. 

-originel, 209. 
Himyàrites, 29. 
Hôm, 112, 157. 
homme : 

ce qui est en lui de plus haut, 307. 

définition, 209. 

essence et destinée, 222, 296, 394, 
401. 

— et son xvarrah, 232. 
immortel de nature, 51. 
puissance et pouvoir, 357, 358. 
ressemble aux dieux ou aux dëv, 
404. 

souverain sur son corps, '60. 

unité du genre humain, 246. 

valeur, 361. 
Hordat et Amurdat, 316. 
hospitalité : 199-200. 
Hôsâng, 29, 184, 209, 282. 
Huâfrïtân, 229. 
huile, comp. 369. 
Husrow Anosirvân, 201. 
*Hvôv, 7. 

I 

identité, xvat xvat, 152. 
idoles, 201. 

Ignorance, duSâkâsik, 60, 63, 66, 96, 

108, 109, 124, 126, 172, 173, 174, 

196, 207, 249, 292, 294, 326, 331, 

366, 392, 393, 399, 406. 
imputation, 5 bun bavët, 170, 231. 
incubes et succubes, 22. 
infini /limité, délimité, 185, 192, 193, 

221, 267, 284. 
interprète, targumàn, la langue, 60. 
Iraniens, Iran, 6, 70, 163, 165, 282, 

303, 396. 

empire, 176. 
iranien, comportement-, érih, 15, 

140, 148, 155, 190, 195. 
Islam, cf. Coran, docteurs (kêsdârân) 

mo c taziIa, voiles : 

-appropriation (kasb) ; 159. 

— atomisme, 362. 
-qadar, 240. 
-Sirk, 392. 

iïarah (arabe), 332. 



J 

Jâmâsp, 7. 
Jérusalem, 227, 288. 
jeune fille, comp. 225. 
Jésus, 29. 
jeûne, 328. 

joie, râmisn, 62, 63, 64, 328. 
Josué bar Nun, 288. 
juge, 175. 
juge : 

comp. 233. 

mënôgien et gëtikien, 302, 390, 
404. 
jumeau, 225. 

Juifs, Judaïsme, 80, 150, 166, 173, 
197, 227, 229, 288, 291, 310. 

Juste, Justice, ahrav, akravih, 22, 36, 
48, 60, 65, 69, 85, 86, 98, 99, 103, 
108, 109, 113, 124, 126, 137, 141, 
156, 158, 159, 171, 195, 196, 203, 
227, 238, 248, 260, 262, 265, 274, 
281, 286 ; 292, 303, 304, 307, 314, 
338, 339, 361, 370, 373, 382, 383, 
384, 410, 411. 

justice, dàtistânih, 261, 290, 304 

K 

kâlpût, 105. 

Kartak, Kôtak, 169, 345. 

Katâyôn, 322. 

Kayanides, 229, 282. 

Kay Husrow, 282, 343. 

Kay Kavât, 282. 

Kayûs, 184, 328. 

- Keresasp Sâmân, 184. 

Kêrmân Dût, 308. 

Këvân, Saturne, 192. 

*Kôtak, v. Kartak. 

këketkarap, 109, 305, 343, 366, 369, 

373. 
Kûrân, 201. 
kustîk, 340. 

L 

laine, comp. 191, 276. 
lait, 369, 374. 
lampadaire, comp. 218. 
langue : 

du monde, 263. 

du pays, 181, 225. 



438 



LE TROISIÈME LIVRE DE DÉNKART 



libre arbitre, 174, 212, 241. 
lieux, 74. 

loi, 78, 209, 283, 292, 311, 347, 390. 
-de la Dën, 197, 198, 202, 216, 
271, 372. 

Lois, les 3- de la Dën, 10, 161, 165, 
197. 

louange, 91, 184, 360. 

-et blâme, 158, 411, 415. 

- et adoration, 241. 
loups, v. monstres, 
louve, 78, 202. 

lumière et ténèbres, 142, 271, 272, 

330, 367, 403. 
luminaires, 119, 123, 192, 365. 
lune, 259, 417. 



M 

Magopatân Magopat, 67. 

Mahraspand, 192. 

maison, comp. du corps, 60, 218. 

mal, 203. 

maladie : 

-- de l'âme, 104. 

-de l'âme et du corps, 157. 
maladies, 183. 

malédictions, cf. bénédictions. 
Mânï, 29, 20.0. 

manichéens, cf. zandîk, 150, 200, 272. 
manifestation : 

— et existence, 132. 

-d'une chose cachée, 233, 392. 
mànOra, 7, 10, 157, 300.h 
Manûscïhr, 229, 282. 
manvahmat (ik), 42, 264, 290, 299, 

409. 

ttiot, 48, 61, 71, 192, 228, 239 A, 

239 B, 305, 366, 369, 412. 
margarzân, péché, 11, 361, 395. 
mariage : 

- avec les méchants, 348. 
marteau, comp. 191. 
mas-dâtistânïh, épikeia, indulgence, 

clémence, 6, 32, 65, 175, 192, 234, 

328, 388, 395. 
Masï, père de Siyâmak, 312. 
Masya et Masyani, 12, 80, 209, 312 

(Mahray et Mahryanï). 
matière, 191 (première, intermédiaire 

ultime), 205, 337. 
Mazaniens, dëv, 74, 192. 



Mazdak, 5, 345. 

mazdéen hudén, 70, 81, 85, 140, 188, 
205, 238, 389. 

- contact avec non-mazdéen, 348. 
mazdéen (non-sympathisant), 85. 
médecin, comp. 44, 82, 133, 157, 

183, 229, 244. 
médecine, 14, 157. 
Mélange, état du-, 90, 106, 162, 

222, 314, 317, 376, 400, 404. 
mémoire, ûS, abyâsîh, 116,168,178. 
mënôg, 259, 414. 
menace, 407. 

mênisn gôvisn kunisn, 67, 73, 157, 
257. 

mënôg et gëtï : 

du mënôg au gëtï, 191, 323, 340, 
345, 354, 362, 363, 399, 416, 417, 

synergie, 137, 138, 203, 228, 269, 

276, 302, 311. 
mënôg, gëtï, gëtï-mënôg, 123, 206. 
mensonge, 33, 96, 212, 227, 271,. 
' 377, 387, 411. 
messager,' 312. 

Mesure, 143, 154, 157, 203, 216, 
227, 239 b, 274, 285, 297, 300, 
353, 379, 399. 

métal, 369. 

métal fondu ; 169. 

métamorphose, vihêrîh, (123) 157. 

Mi8r, 180. 

Moïse, 29, 227 (et ses disciples), 288. 
monstres et loups, 48, 61, 95, 102, 

105, 108, 119, 385, 388. 
mort, 316, 317, 318. 
moftazila, 138, 147, 172, 253, 294. 
mouvement, 193. 
myrobolam : 

-de Cabul, 157 (p. 127). 



N 

Nam stâyisn, 81. 

noms de Dieu, 206. 
nature, cîhr. 

mënôg, - corps, 48, 123, 177, 

396, 415. 

- et connaissance, 254. 
-/ art, 194. 

-jascv, 399. 

- et nérang, 417. 



INDEX ANALYTIQUE 



439 



naturel /volontaire, 73, 147, 272, 380. 
nérang, 48, 169, 388, 417. 
Nëryôsang, 282, 321. 
nobles, 98, 212,"213, 237, 261, 290. 
Non-Iraniens, 6, 70, 140, 303. 
non-mazdéens, peuvent être justes, 
97. 

nourriture, 316. 
x Numan, 176. 



O 

obligatoire, 181. 
œil : 

bon/mauvais, 255, 330, 400. 

- de l'âme, 397. 
œuf, comp. 74. 
Ohrmazd : 

- essence, 206. 

- omniscient, tout-puissant, 363. 

- sa parole, 325. 

- son éminence, 130. 
Ohrmazd /Ahriman, 169. 
oiseau, comp. 375, 417. 
opposition, 172. 

or, comp. 191, 194. 
Oraytâ (la Torah), 229, 288. 
ordalie, 169, 417. 
origination, 206. 

Osëtar. Osëtarmâh, Sôsâns, 102, 105, 

160, 329, 407. 
Osëtar i Zartustân, 420. 



P 

palais, 389. 

parfum /puanteur, 235. 

du Spanâk Mënôg, 402. 
Parimat, 61. 

parole, faculté logique, 147, 303, 364, 
(3- entre Iraniens et non-Iraniens). 
- et xvarrah, 334. 

Pasâ, 5 

patët, confession des péchés, 14, 67, 

175, 272, 354. cf. repentir. 
pasand, 117, 186, 287, 344. 
Pstsrav, 184. 
pauvres, 227. 

pensée, parole, action, v. mênisn gô- 
visn, kunisn. 
père, comp. 225, 291. 



perfections, 131. 

PëSdàtiens, 184. 

Pesyôtan, Catrumân, 176, 184. 

pierres précieuses, 192. 

planètes, 192. 

plante : 

comp. 173, 369. 

guérison par-, 157, 382. 
pluie : 

comp. 375. 

-et phénomènes atmosphériques, 
112, 367. 
poids, 239. 

ponction curative, 157. 
pont, 201. 

Pont Cinvat, 75, 98, 182. 
possible, 100, 185. 
pratiques rituelles, 36, 183, 187, 201, 
340. 

le nàm stâyisn, 81. 
Préposés, pèïôpày, 16. 
principe, bun, 173, 392. 
principe premier, bunis't, 191. 
production, âfûrisn, 176. 
prophétie : 

sceau de la - , 35. 
psychologie, 146, 218. 
puissance, en—, 191, 193, 362. 
puits, 377. 

pureté rituelle des femmes, 26. 



R 

races, 139, 212. 

ras, 73, 123, 192, 263, 365, 371, 380, 

382. 
Rasn, 60, 180. 
Rasn Rës, 198. 

rat, 87, 99, 124, 130, 156, 157, 180 > 

192, 197, 202. 
ratunag, 130. 
rày, éclat, 409. 

récompense et châtiment, 90, 171 

(châtiments des justes), 285. 
reconnaissance, 257. 
remèdes, 157. 

repaires, gristik, 105, 114, 384. 
repentir : 
■ - divin, 76. 

-humain, 272. 

cf. patët. 
résurrection, 102, 208, 361. 



440 



LE TROISIÈME LIVRE DE DËNKART 



rétribution du médecin, 1 57 (pp. 

125-126). 
revêtements : 

des êtres, séparables ou non, 51. 

-empruntés, 105. 
richesse, comp. 253. 
rites, cf. barsom, gôSôdâk. 
roi : 

— bon roi, 217, 273, 274, 328, 
361, 

— degrés de perfection, 37, 236, 
283. 

— devoirs, 46. 

— espèces et noms, 398. 

— prééminence en lui des vertus, 
98, 115, 129, 132, 326. 

— qualité de Yim et de Vistâsp., 
179, 182. 

« Rome », Romains, 29, 80, 420. 
Rôsan, commentateur, 23. 
Roue, Ras, 194. 
royauté : 

— bonne et mauvaise, 96, 202 279, 
283, 324, 335, 349, 390. 

-de l'homme, 174. 

-et Dën, 58, 59, 118, 134, 229, 

349, 389, 412 B. 

-recherche de-, 118. 

sa nécessité, 273, 289. 



S 

sacerdoce, 182, 331. 
safran, 369. 

sagesse, dânâkïh, 17, 57, 99 (-et 
xrat), 109, 121, 126, 127, 137, 144 
(bonne et mauvaise), 155, 208, 
242, 249, 275, 315, 373, 394, 400, 
405. 

sagesse, ocrât 15, 68, 99 (-et danà- 
kih), 116 (et mémoire), 122, 141, 
220, 233, 268, 270, 275, 326 357 
363, 418. 

Sahpuhr, père de Yazdkart, 137. 
salaire, dâsr, 224. 

salut de l'âme, 54, 145, 157, 180, 258, 

303, 306, 348, 399. 
santé, maladie et guérison de l'âme 
v et du corps, 14, 157, 415. 
SaOrevar, 134, ses noms. 
Sarsôk, bœuf, 312. 
Sassanides, 229. 



satisfaction, Snûman, 237, 381. 
Satvës, 112. 

sceau : 3, de certification, 372. 
Sën, 7, 197, 198. 
sens, cinq, 60. 
sens internes, 61. 
serpent : 

— son venin, 333. 
sésame, comp. 369. 
Sètasp le kilisàyik, 176. 
Siyâmak, fils de Mali, 209, 312. 
signes : 

— de la Justice /druvandih, 281 . 

— de la Sagesse /Ignorance, 249. 
-plus ou moins certain, 375. 

Skavd Gumânîk Vicâr, fournit le 

texte du ch. 239 a). 
sodomie, 22. 
soie, comp. 120. 
soleil : 

comp. 247. 

mouvements au cours des époques, 
160. 

son mouvement, 19, 367, 407. 

visible, immortel, 51. 
Sophistes, 150, 225. 
sorcellerie, 169, 295, 310, 340, 369, 

386. 

Sôsyâns, 35, 102, 129, 177, 343. 

cf. Osëtar. 
souffle, 36. 
source, comp. 132. 
Spanâk Mënôg : 

— combat contre la drûj, 407. 

— germe de tout bien, 138. 

— nom d'Ohrmazd, 206. 

— ses parfums, 402. 

Spanâk Mënôg et Gannâk MënÔg, 27, 
61, 75, 84, 96, 122, 138, 148, 162, 
192, 203, 212, 216, 220, 226, 319, 
377, 378, 379, 418. 

spéculatif /pratique, 313, 337. 

Spendarmat, 80, 246. 

Spenjagr, 112. 

sphère cosmique, 192, 263, 365, 371, 
382. 

Srôs, 60, 108, 246, 312, 364, 366, 
399. 

Stôt Yasn, 219. 
substance, cf. gôhr. 
sucre, comp. 369. 
supérieurs : 

comment les choisir, 223. 



INDEX ANALYTIQUE 



441 



vertus et vices plus efficaces par 
eux, 50. 

Sûtomand iPërôzgar, 51, 87, 105, 177, 
227, 343, 407. 



T 

tableau, 137. 

Tahmasp, père d'Uzâb, 176. 
Tahmuret, 29. 
Tâj, 282. 
Taromat, 61. 
teinture : 

— de la dën, 151. 

— du péché, 399. 

— du temps, 27. 
témoignage, 247. 
tempérament, xôk, 149, 202. 
temps : 

— changement selon, 396. 
-d'Ohrmazd, 208. 

— durée du combat, 407. 

-et espace, 126, 132, 127, 193, 
221, 277, 284. 

-retourne à son principe, 259. 

ses teintures, 27. 

cf. époques, 
ténèbres, 35, 187, 250. 
terre : 

sa rondeur, 19. 

toujours éclairée aux trois quarts, 

19, 382. 
terre natale, 168. 
tête/queue, 213. 
thérapeutes, drudistpat, 157. 
Tistar, 112. 
Tôsar, 420. 

toute-puissance divine, 92, 185. 
tremblement de terre, 93. 
trésor royal, 420. 
troupeau, comp. 342. 
Tût i Brâtrôk rës, 343. 
Turcs, 176. 
Tûrân, 412. 
Turkestan, 29. 

tuxsakîh, énergie, 86-89, 217. 
U 

union et séparation, 140, 327. 

uStân, 123, 218. 

Uzâb, fils de Tahmasp, 176. 



V 

vahist : 

- corps eschatologique et gëtï, 251, 
350, 403, 412. 

qui mérite le-, 85. 
Vahram, planète, 192. 
vainqueur /vaincu, 146. 
vaxS, croissance, 123, 362. 
Vay, 112, 123, 192, 263. 
Vëh, fleuve, 409. 
Vëkart, 209. 
vent : 

- et tremblement de terre, 93, 382. 
véracité et mensonge, 214, 217, 262. 
vertus : 

- connexions et faux-frères, 274. 
-de Zartust, 101. 

-leur prééminence chez les rois, 
98, 132, 133. 

vertus et vices, 27, 76, 109, 141, 190, 
192, 203, 212, 243, 292, 310, 314, 
336, 347, 391. 

Vidât, cf. Astôvidât. 

vie, /an, 123, 218. 

vie /mort, 178. 

vilain, vës, 212, 213. 

vin, 9. 

violence, mustîh, 216, 224, 226, 292. 
vïr, intelligence, 60. 
visible et invisible, 109. 
visible et tangible, 105, 123, 416. 
r~ et sensible, 126. 
| vision, 210. 

■ mënôgienne, 218, 250, 252, 253, 
) 330, 397, 400, 405. 
Vistâsp, 179, 184, 389, 420. 
Vohuman : 

fils d'Ohrmazd, 40, 192, 263, 312, 
364, 366, 399, 400, 405, 415. 
habitation dans l'homme, 33, 60, 
63, 235, 374, 383, 397. 
protection, 51, 116, 126, 153, 210, 
246, 255. 
voie, vers Dieu, 107. ■ 
voiles (médiatisant la vision), 107 (74) 
329. 

volonté, 79, 147, 172, 208, 239,. 285, 
353, 364, 371, 399. 
-divine, 39 (53), 121, 138, 293, 
332, 359. 

cf. commandement, naturel /volon- 
taire. 
Vorukas, mer, 112. 



442 



LE TROISIÈME LIVRE DE DÊNKART 



X 

Xazar, 29. 

Xvaniras, 29. 

xvarrah : 

-ascendant ou descendant, 155, 
183, 190, 286, 329, 334, 355, 357 
359. 

- de la Bonne Dên, 129. 

-de la royauté, 129, 133, 283. 
-des Kay, 412 B. 

- /dusfargîh, 232, 309. 360, 361, 
363, 382, 405, 409. 

- sa recherche, 135. 

-ses composantes, 278, 356. 

vie et mort du- , 366. 
xvëtôdas, mariage consanguin, 80, 

195, 199-200, 290. 
Xyonites, Arjâsp, 345. 



Y 

Yavist i Friyân, 389. 
Yazdkart I, 137. 



Ya9a ahu varyo, 25. 

Yim, 12, 129, 227, 229, 286, 287- 

288, 289, 324, 343. 

ses conseils, 287, 354. 

ses qualités propres, 179. 



Z 

zand, 181, 204, 408, 420. 
zandïk, manichéen, 114, 139, 272. 
Zartust i Aturfarnbagân, 420. 
Zartust : 

sa prophétie, 7, 101. 

ses vertus, 101, 184, 343, 184. 

son accueil de la Dên, 102, 129 

160, 227, 420. 

son appel, 308. 

ses conseils, 195-196. 

son millénaire, 176, 329, 345, 407. 
zartustrôtom, 87, 156, 157, 163, 225 

278, 373. 
Zasùdak, 162. 
zoyssik, 139, 213 (?). 



TABLE DES MATIÈRES 



Introduction 5 

Abréviations et indications bibliographiques 29 

Traduction 

0 à 5 Résumé des premières questions d'un hérétique 31 

6/7 6 8 e Question 32 

7/9 7 9 e Question 33 

8/10 8 10 e Question 34 

8/20 9 11 e Question ." 34 

8/22 10 12 e Question 34 

9/12 11 Première Question 35 

9 \12 12 Deuxième Question 36 

10/23 13 Troisième Question 36 

10/24 14 Quatrième Question 37 

11 jl4 15 Cinquième Question 38 

11/25 16 Sixième Question 38 

12/26 17 Septième Question 39 

12/26 18 Huitième Question 39 

12/27 19 Neuvième question 39 

12/2/ 20 Dixième Question 40 

13/27 21 Onzième Question 40 

13 jl8 22 Douzième Question 41 

14 )l9 23 Treizième Question 42 

14/2(3 24 Quatorzième Question 42 

14/20 25 Quinzième Question 43 

15/22 26 Seizième Question 43 

15 \21 27 Sur la couleur du temps, et sur ce qu'est la couleur, 

et qui, a teint (le temps) de couleur et pour- 
quoi, 44 

17 \2é 28 Sur les couleurs, propre et adventice, de l'Eran- 

sahr -■ ; - ■ 46 

17 j24 29 Sur la couleur qui convient aux régions extérieures 

à l'Eraniahr - ■ 46 

18/25 30 Sur les espèces de supériorités <et d'infériorités > 

selon la participation 47 

19 \26 31 Sur ceux qui s'efforcent vers le bien et sont satis- 
faits, ceux qui s'efforcent vers le mal et sont insa- 
tisfaits ... • - 4 | 

19 j27 32 Sur la protection et la cessation de la protection 48 



444 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



20/27 33 Sur celui qui se détourne du péché et se tourne 
vers la vertu, et celui qui se détourne de la vertu 

et se tourne vers le péché 49 

20j28 34 Sur la coutume de la Bonne Religion qui est la 
volonté des Dieux, et celle de la Mauvaise Reli- 
gion qui est la volonté des Dëv 49 

20 \28 35 Sur le premier porteur de la Bonne Dën .... 50 
21 129 36 Sur la préservation des mazdéens contre le carac- 
tère des adorateurs des dëv, non-iram'ens, 

trompeurs, hérétiques 5j 

22/57 37 Sur le roi qui est très parfait, celui qui l'est modé- 
rément et celui qui l'est de façon réduite ... 51 
22131 38 Sur la raison du bonheur du bonheur, du malheur 
du malheur, du malheur du bonheur et du bon- 
heur du malheur 52 

23 \31 = 33 \45 39 (= 53) Sur la voie sur laquelle les hommes 
se sauvent et celle sur laquelle ils sont condam- 
nés 52 

23/3_Z 40 Sur l'existence de l'existant et la manifestation 

du manifeste 52 

24/33 41 Sur la donation par le donateur de ce qui lui 
appartient, et ceux qui reçoivent la donation 
sans que le donateur reprenne son don ... 53 
25 j34 42 Sur la grandeur du sacerdoce et sa supériorité sur 

les guerriers et le paysanat 54 

26/35 43 Sur l'homme qui, en se conformant aux com- 
mandements de la Bonne Dën, s'acquiert le 

bien des deux existences 55 

26 135 44 Sur l'ardeur opportune des dieux à vaincre l'An- 
tagoniste et à repousser des créatures toute 

adversité 55 

27/36" 45 Sur la dépravation de l'homme, quant à son âme, 

son corps, ses biens et sa conduite 56 

27/37 46 Sur le devoir des souverains qui est d'ôter aux 
hommes autant que possible, misère, besoin, 

angoisse, maladie, infirmité 57 

28 138 47 Comme quoi il est convenable d'entretenir de la 

haine ' 5g 

29 139 48 Sur les diverses espèces d'antagonistes des créa- 
tures d'Ohrmazd, (la façon de les) vaincre, et 

leur puissance 58 

29j40 49 Sur la réalisation du bonheur pour les purs dieux 
mënôgiens <quand> ils voient les blessures 
et les sévices que subissent leurs congénères 

dans le combat du Mélange 59 

30j41 50 Sur le meilleur de leur meilleur et le pire de leur 



pire 



60 



ZI 142 51 Sur les espèces d'êtres 61 



TABLE DES MATIÈRES 445 

32 j44 52 Sur le gouvernement du jugement par la dën . . 62 

53 = 39 63 

33 \45 54 Sur la destination de l'homme 63 

34 \45 55 Sur les 7 questions posées par un disciple à son 

Erpat 63 

34/46 56 Réponses de l'Erpat selon l'enseignement de la 

Bonne Dën 64 

34/46 57 Sur ce que la sagesse de la Dën Mazdéenne pro- 
cède toute entière de l'être même de la Dën 

Mazdéenne 64 

34/47 58 Sur la royauté et la Dën 65 

35 j47 59 Sur le bon, le meilleur et le superlativement bon, 

le mauvais, le pire et le superlativement mau- 
vais d'entre les hommes 65 

35 j48 60 Sur la souveraineté de l'homme et comment il se 

gouverne 66 

37 \50 61 Sur l'identité visible et les membres du Gannâk 

Mënôg 67 

37 /51 62 Sur la manière dont x l'axv accède à la connaissance 

et à la joie 68 

38 j51 63 Sur la puissance des hommes à recevoir la joie dans 

le gëtï plein de périls 68 

38 152 64 Sur l'excès et le défaut de la connaissance et de 

la joie chez les hommes 70 

40 \54 65 Sur les espèces d'hommes dans leurs rapports avec 

la Bonne Dën, à savoir quatre 71 

40/54 66 Sur la venue ou la non-venue des dieux mënô- 
giens a l'aide des êtres du gëtï 71 

41 \56 67 Sur le discernement de l'intention, qui se fait sur- 

tout par l'expression de l'intention, principale- 
ment par les actes 73 

42/57 68 Sur les modes de la conduite du temps 73 

43/59 69 Sur les différentes activités, majeure, moyenne et 

mineure 75 

45 jôl 70 Sur le mérite qu'un Mazdéen reçoit et prend d'un 

akdën 76 

45 162 71 Sur le discernement porté sur les bons, les 
meilleurs <et les superlativement bons> d'en- 
tre les hommes, ainsi que sur les mauvais, les 
pires et les superlativement mauvais .... 77 

46 j62 72 Sur les jeunes femmes parmi lesquelles on peut 

choisir et sur celles dont il faut s'abstenir ... 77 

46 \63 73 Sur le gouvernement des créatures gëtï par 

Ohrmazd le Créateur 78 

47 /6*4 74 Sur ce qui est à l'intérieur du ciel 78 

48 (66 75 Sur la virtualité antérieure et postérieure à l'acte 

méritoire et au péché de l'homme, sa disposition 

et la réception de son image . 80 



446 LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 

49 \67 76 Sur les instruments de l'intellect inné et de la sen- 
sualité 81 

50 (68 77 Sur celui qui connaît Dieu selon son comment . 82 

51 \69 78 Sur l'ordonnance miséricordieuse de la loi de la 

Dën Mazdéenne 83 

52 {71 79 Sur ce sur quoi portera le Compte de l'âme . . 84 
53/75 80 Sur l'altercation d'un juif avec un Erpat qu'il 

interroge sur la cause et la raison de la pratique 85 
du xvëtôdas ; avec la réponse de l' Erpat . . . 

59 j80 81 Sur ce qui est dit dans la louange quotidienne 

d'Ohrmazd le Créateur 90 

60 {82 82 Sur les espèces de causes 92 

61 j83 83 Sur le gouvernement universel et particulier des 

créatures gëtï 93 

62/54 84 Sur le gouvernement du Spannâk Mënôg ... 94 
62 185 85 Sur les espèces d'amitiés envers la Dën, et le juge- 
ment que l'on porte sur chacune d'elles ... 95 
62/55 86 Sur l'énergie et l'abstention des sages 95 

63 186 87 Sur la moindre, la moyenne et la suprême union 

avec la Dën Mazdéenne et l'avantage qui en 

découle 96 

88 = 156 96 

64 j87 89 Comment on voit le progrès du contentement et de 

l'énergie 97 

64/57 90 Sur la raison d'être de la récompense et du châti- 
ment qui viennent aux hommes du Créateur . 97 

65 188 91 Sur la louange et l'action de grâces 98 

65 j89 92 Sur l'iniquité qui est dommageable 98 

65 189 93 Sur le tremblement de la terre 99 

66/50 94 Sur l'enchaînement des certitudes' des dires des 

Anciens Sages 100 

67 \91 95 Sur ce qui dans la création d'Ohrmazd est carac- 
téristique du gëtï et du mënôg 100 

67 / '92 96 Sur les domaines de la <bonne> et de la mau- 
vaise royauté, leur temps, leur manifestation, 

leur principe et leur fin 101 

68/93 97 Sur les diverses espèces d'hommes, sur celle qui 
est la plus haute et celle qui est la plus basse 

d'entre elles 102 

69 1 '94 98 Sur les vertus, quand le souverain s'en empare, 
par son éminence entre les hommes, en sont 
ennoblis l'ensemble des hommes, les nobles, et 
le souverain lui-même en acquiert plus d'avan- 
tage 103 

70/95 99 Sur l'homme riche en sagesse 103 

70 j95 100 Sur ce qu'il faut croire et ce qu'il ne faut pas 

croire 104 



TABLE DES MATIÈRES 



447 



70 J95 101 Sur les vertus pour lesquelles Ohrmazd le Créa- 

teur a choisi Zartust le Spitamide à la vénérable 
fravahr comme Prophète de la Dën Mazdéenne 104 

71 j96 102 Sur l'avantage procuré à la création entière par la 

propagation de la Dën Mazdéenne, tel qu'il est 
révélé pour le passé, le présent et l'avenir . . 105 

71 j97 103 Sur le plus élevé et le plus bas des désirs de 

l'homme 105 

72 \97 104 Sur les maladies de l'âme dans son développement 

en matière d'éducation de la connaissance, et 

sur le remède de ces maladies 106 

72 J98 105 Qu'il y a un hommage à rendre au mënôg lumi- 

neux et point d'hommage à rendre au mënôg 
ténébreux 107 

73 jlÔO 106 Sur les degrés supérieur et moyen et sur le plus bas 

degré du comportement des hommes .... 108 

74 jlOl 107 Sur la voie qui rapproche le plus de Dieu . . . 108 

75 1102 108 Sur l'être et la manière d'être des dieux et des dëv 109 
76 1103 109 Sur ce qui est le plus profitable aux bonnes créa- 
tures du mënôg et du gëtï ; sur ce qui préserve 

le mieux l'homme du dommage, le sauve de la 
druvandïh, l'exalte dans la Justice, et ramène 
au mieux de leur égarement les hommes et 
toutes les autres créatures bonnes 111 

78 jl05 110 Sur la recherche et l'obtention du mérite, sur 

l'exécution du péché, leurs espèces et le juge- 
ment que l'on porte sur chacune d'elles. ... 112 

79 j!07 111 Sur les espèces de création des hommes .... 114 
79 j!07 112 Sur la pluie, sa raison d'être, sa cause, son réser- 
voir originel, sa venue, son commandant, ses 
agents, le chef de ses agents, son essence, ses 
instruments, ce qui repousse ses adversaires, 

son avantage et son dommage ; sur la raison 
des gouttes d'eau, petites et grandes, de la neige 
et de la grêle; sur ce qui augmente la pluie, la 

diminue et lui fait dommage 115 

81 jllG 113 Sur la raison de beaucoup d'exercice de vision 
ou de non vision de la Dën ornée de Sagesse, 
pour ceux qui la contemplent 116 

81 jllO 114 Sur le salut qui aura lieu au moment de la Fras- 

kart quand le Gannâk Mënôg sera jeté à bas, 
ainsi que cela est révélé par la Gàthâ 117 

82 \112 115 Sur la manière d'avancer ses actes pour les faire 

aboutir à leur fin 1 1 S 

83 j!16 116 Sur la protection de la mémoire et de la sagesse . 118 
83/223 117 Sur le mot qui exprime notre venue à l'état de 

non-péché 



448 LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 

84/223 118 Sur la manière d'obtenir la royauté de l'homme 

qui cherche la royauté 120 

84/224 119 Démonstration de la dualité des Principes, fonde- 
ment de la croissance des choses du monde . 120 

86 jll5 120 Sur le caractère merveilleux d'Ohrmazd le Créa- 
teur tout -puissant 121 

87 jîlô 121 Sur la destination de la volonté d'Ohrmazd . . . 122 

87 j '117 122 Sur la Bonne Dën et la mauvaise, leur germe, 
manifestation, propagation, fruit, avantage 
et dommage 123 

89 1119 123 Sur le gëtï, ce qu'il est, à quelle fin il est créé, son 
acte, sa définition, sOn germe, sa forme, son 
espèce, sa figure, la force de son bavisn, la cause 
de sa création, et en quoi consiste le bavisn, en 
quoi la création ; où vont les êtres qui sont 
détruits et s'ils se reconstituent ou non ? et s'ils 
se reconstituent, est-ce dans la nature telle 
qu'elle est actuellement naturée qu'ils se récons- 
tituent ou dans une autre ? Sur l'existence du 
mënôg dans le gëti et de quelle utilité le mënôg 
est-il dans le gëtï ? Et la frontière du mënôg, qui 
est le gëti, et que le mënôg est doué de force sur 
la vaxs; et sur l'union de la nature et du mënôg 
et comment ils se distinguent l'un de l'autre ; et 
sur le mënôg des dieux et des dëv, et, alors que 
tous deux sont mënôg, en quoi ils se distinguent 
l'un de l'autre ; et sur les créatures gëtïkiennes 
et la création avant et après ; et qu'en est-il de 
la constitution terminale (des êtres) et de leur 
disposition ; et sur la suprême d'entre les créa- 
tures gëtïkiennes et sur la substance des créa- 
tures et leur corruption ; que le monde sera 
purifié de la corruption par un purificateur ; et 
sur la puissance par laquelle le monde est dis- 
posé, et sur le commencement et la fin du 
monde 125 

94 j!25 124 Sur le combat, le lieu du combat, les ardents au 

combat, le chef du combat, le maître du combat, 
le fauteur du combat, celui qui repousse le 
combat. <Celui qui se sauve du combat> celui 
qui est condamné par le combat celui qui gou- 
verne le combat et sur la fin du combat . . . 129 

95 jl26 125 Qu'il est possible de diriger par la force de la 

Bonne Dën même les êtres gëtï de mauvaise 
religion et comme quoi même une mauvaise 
religion, peut être l'adversaire de ses propres 
adeptes et propagateurs 129 



TABLE DES MATIÈRES 449 

95 j!27 126 Démonstration rigoureuse (de l'existence) d'un 

non-principié et de la possibilité qu'il y en ait 
plus d'un 130 

96 / 128 127 Sur ce dont tout a besoin mais qui . n'a besoin 

de rien, et sur ce en qui est toute chose mais qui 
n'est en aucune, et sur ce qui gouverne tout mais 
n'est gouverné par rien d'extérieur 132 

97 jl29 128 Sur la direction de la vie de l'homme 132 

97 j!29 129 Sur ce que le Gannâk Mënôg combat le plus ter- 

riblement 133 

98 jl30 130 Sur celui qui est en tout sur tout, au-dessus de 

quoi que ce soit, au-dessous de rien, en sorte 
que son gouvernement est sur tout, et que 
tout est soumis à son gouvernement 133 

99 j 132 131 Sur ce qui est nécessaire à la perfection .... 134 
991132 132 Sur l'existence et la manifestation et la diffé- 
rence entre l'existence et la manifestation . . . 135 

100 j!33 133 Sur l'avantage supérieur qui vient de la vertu 

quand elle se trouve chez les rois 136 

102/236' 134 Exposition des moyens par lesquels la royauté 
dirige et les créatures sont dirigées. Explication 
à partir de snuman de l'Amahraspand 

Saerevar 138 

103 1137 135 Sur la recherche du xvarrah et le fait d'hésiter 

devant, leurs espèces suprêmes et dernières . . 139 
105 j!39 136 Sur l'homme capable et l'homme incapable . . 141 
106/240 137 Sur ce que le gëtï et le mënôg sont, dans l'état 
de gëtï, disposés ensemble en synergie et sur 
leur destruction du fait que ces forces se disso- 
cient 142 

108 jl38 138 Sur le germe et l'extension du <bien> et du 
mal, et sur tous les actes vertueux et vicieux 
auxquels se rattache le principe gëtï 144 

108 j!43 139 Sur la direction de la force des races d'hommes . 144 
109/243 140 Sur l'union et la séparation 145 

109 j!44 141 Sur les deux vertus supérieures qui se rangent 

sous la sagesse et les deux plus mauvais vices 
qui se rangent sous la concupiscence .... 145 
110 1144 142 Sur la luminosité et l'obscurité 146 

111 j!47 143 Sur le sommaire de la Mesure de l'action de tous 

les hommes depuis l'Assaut lors de la création 
primordiale jusqu'à la fin de l'Assaut .... 148 
112/247 144 Sur la bonne sagesse et la mauvaise sagesse . . 148 

112 jl48 145 Sur ce par quoi le monde est bien gouverné . . 149 

113 \148 146 Sur la prudence, la puissance spirituelle, la ré- 

flexion, la science, l'opinion, la croyance, l'in- 
telligence, la mémoire, la sagesse, la pensée, 
la parole et l'action 149 



450 

1131149 
114/250 

115 1151 
115 jl52 



116/252 
117/254 
117/254 
118/255 

119 / 156 

119/256 
119/257 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



147 Sur la concomitance de la connaissance, de la 

volonté et de la faculté logique 150 

148 Sur le vainqueur, ïe vainqueur suprême, la vic- 

toire, l'action victorieuse, le vaincu, le plus 
vaincu 151 

149 Sur la x dën selon laquelle se mesure et se connaît 

la proportion de bonté et de malice 152 

150 Brève réfutation de la doctrine du judaïsme 

selon laquelle il est impossible qu'il y ait plus 
d'un non-principié ; de l'opinion manichéenne 
selon laquelle il. y en aurait deux, tous deux dans 
le ciel corporel ; du stupide propos des sophistes 
pour qui ni choses, ni actions, ni individus n'ont 
de principe 153 

151 Sur la prédominance d'une des deux activités 

bonne ou mauvaise dans les (diverses) époques 153 

152 Sur celui qui est lui-même et celui qui n'est pas 

lui-même 155 

153 Sur la venue de l'homme au sommet de l'opération 

large dans sa condition 155 

154 Sur l'espoir des bons à la longue vie, de remonter 

vite dans leur pouvoir et sur ce que la domina- 
tion des méchants ne se redresse pas .... 156 

155 Sur les marques du peuple au xvarrah ascendant 

et qui s'agrandit jusqu'au plus haut, et du peu- 
ple au xvarrah descendant qui s'abaisse jus- 
qu'au plus bas 157 

156 Sur les composantes qui font le plus croître la 

Dën Mazdéenne, et sur celles qui la dimi- 
nuent le plus 157 



157 Sur (1) le principe de la médecine, (2) la raison 
de son utilité, (3) la division de ses espèces, 
(4) son opération et son avantage, (5) la diver- 
sité des principes de la médecine et de la mala- 
die, (6) la manière du médecin, (7) sa bonté, 
(8) la matière sur laquelle il exerce son opéra- 
tion, et son opération sur la matière, (9) sa 
valeur selon son poids, (10) la finalité visée par 
le médecin du corps dans la médecine du corps 
et par le médecin de l'âme dans la médecine de 
l'âme, (11) la probation de ces deux médecines, 
ce qu'il est permis d'expérimenter et ce qui ne 
l'est pas, le besoin de l'action du médecin pour 
les hommes du pays, le châtiment de leurs mé- 
decins <non> éprouvés et non-autorisés qui 
pratiquent la médecine, le devoir de choisir pour 
médecin un médecin éprouvé, (12) la dignité du 
nom de médecin et de thérapeute, la classe dans 



TABLE DES MATIÈRES 



451 



laquelle entre la médecine, (13) le besoin qu'a 
la médecine de l'âme de la médecine du corps, 
et la médecine du corps de la médecine de 
l'âme, et toutes deux du souverain, (14) les 
principes des maladies, (15) leurs espèces et 
leurs noms, (16) les espèces de remèdes, (17) 
l'établissement de la santé des forces, ce qui 
accommode les éléments du corps en réglant la 
santé et ce qui unifie les puissances de l'âme par 
une action avantageuse, (18) le besoin de 
l'homme, pour entretenir son corps et organiser 
son âme, de nourriture et de médicaments, (19) 
l'énumération des domaines sur lesquels opère 
la médecine du corps, (20) l'opération et l'achè- 



vement de la médecine ; (tout ceci) résumé en 

peu de mots ^ 

130 jl70 158 Sur l'action et l'abstention louables et blâmables. 168 
132/272 159 Sur ce par quoi les hommes sont gouvernés en 
général, ce qu'ils gouvernent individuellement 
et ce vers quoi ils sont gouvernés en totalité . 170 
132/273 160 Sur le nombre de mouvements que le soleil doit 
faire pour remonter au sommet du ciel, là où 
le créateur l'avait créé à l'origine 171 

133 j!7â 161 Sur celui qui s'y connaît le mieux dans les x trois 

lois de la Dën Mazdéenne 172 

134 jl75 162 Sur la contre-création par le Gannâk Mênôg d'une 

tendance à l'opposition aux créatures du Spa- 
nâk Mênôg, et sur le gouvernement du Créateur 
sur chacune de ces oppositions 172 

136/277 163 Sur l'amour des hommes en conformité avec le 
caractère du Zartustrôtom, d'après le discours 
d'un Zartustrôtom 174 

\Ztjl78 164 Sur ce que recevoir et faire avancer la mesure 
de l'homme est le commandement du souve- 
rain 175 

137 jl78 165 Sur la raison et la manifestation de l'une par rap- 

port aux autres des trois lois de la Dën 
Mazdéenne- . . 175 

138 jl79 166 Sur les signes et marques de l'époque la plus haute 

et la plus vile, et sur le fruit de chacune des 
deux ( - - ■ 176 

138 jl80 167 Sur ce qui est dit de la drûjïh, que, lorsqu'elle va ■ 

devoir être détruite, elle devient plus violente. 177 

139 j!80 168 Sur les lieux sur lesquels se fixe l'appréhension 

des hommes et dont ils conservent toujours 
le souvenir et ceux dont le souvenir appréhendé 
ne peut d'aucune façon être oublié. ..... 177 



452 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



140/181 169 Sur _ la manière de discerner entre le bon nirang 
divin et le caractère miraculeux de l'ordalie, 
d'une part, et le mauvais nïrang dëvique, et les 
prestiges de sorcellerie, d'autre part, et sur les 
moyens artificiels \jg 

141 1183 170 Sur l'amour du père pour son enfant et sur la dimi- 
nution et l'accroissement qu'il subit .... 179 

142/171 171 Sur la récompense des Justes et leur châtiment, 
le châtiment des druvand et leur récom- 
pense JgQ 

142/755 172 Sur l'opposition au Créateur : quelque chose est-il 

posé ou non ? jgj 

1431185 173 Sur la <manifestation> du principe par l'effet 

et de l'effet par le principe 182 

144/25(5 174 <Sur> celui qui a son libre arbitre et son nom 
avestique ; sur celui qui a fait l'être qui a son 
libre arbitre et le motif de la création de l'être 
qui a son libre arbitre ; sur ce que l'opération de 
l'être qui a son libre arbitre n'a pas une orien- 
tation unique ; sur son adversaire, d'où il vient 
et où il va ; sur ses avantages et dommages pour 
les créatures et sur le grand avantage qui pro- 
vient de lui jg3 

146 j!88 175 Sur les 6 espèces de la peine par lesquelles on s'ac- 
quitte d'un péché qui mérite la mort 184 

146/259 176 Au-delà du miracle dû à la force mènôgienne qui 
fut révélé au sujet d'Uzàb fils de Toxmâsp vain- 
queur des Dahiens grâce à son armée, le miracle 
qui sera dû à une force mènôgienne propor- 
tionnée pour chasser des pays iraniens d'autres 
non-iraniens adorateurs des dëv, restaurer 
l'Empire Iranien, sa royauté et sa règle, en pro- 
tégeant les hommes de race iranienne. ... 185 
141/190 177 Sur ce que le malheur est évacué dans les puis- 
sances de l'homme, tout étant ôté de l'homme et 
du monde, lui-même et ses autres congénères 

étant dotés de bonheur 186 

148/752 178 Sur l'espérance humaine qui vient de la vie et la 
crainte qui vient de la mort, et comment l'une 

se transforme en l'autre 187 

149/293 179 Sur le plus sublime des rois 188 

150/293 180 Sur ce qui, don du Créateur aux hommes, sauve 

leur âme et rectifie leur corps 188 

152/294 181 Sur la distinction entre le don obligatoire et le don 

non-obligatoire 189 

151 j!94 182 Sur les choses qui sont le plus profitables pour les 

hommes et pour le monde 190 



TABLE DES MATIÈRES 



453 



152/255 183 Sur le principe du remède qui est en (notre) pou- 
voir, ce qui indique le remède, et que les mala- 
dies des hommes sont toutes ôtées du monde. 190 
153 (197 184 Sur l'intention mesurée et la saisie non-mesurée : 
leur principe, leur explication, la forme qui 
dérive d'elles, leur démarche, leur but, l'avan- 
tage lié à l'intention mesurée et le dommage 

lié à la saisie non-mesurée 192 

154/295 185 Sur ce qu'il n'est pas convenable qu'il y ait, 
maintenant, à l'avenir <ou dans le passé > quoi 
que ce soit qui échappe au pouvoir du principe 
premier des êtres bons, Ohrmazd le Créateur ; 
et sur le caractère limité et non-limité de son 
pouvoir. D'après le dire d'un Ancien Sage . . 193 

155/299 186 Sur l'action accomplie selon que le Créateur 
décide et que l'homme approuve ou que 
l'-nomme décide et que le Créateur approuve. . 194 

155/299 187 Sur le (précepte) mazdéen de préserver le feu et 
l'eau de l'obscurité et de les sauvegarder à l'in- 
térieur de leurs propres frontières 194 

156/20(9 188 Sur les différentes espèces de conduite des maz- 

déens selon les préceptes de la Dën 195 

156 j201 189 Sur la distinction entre (les différentes espèces) 
de confession et de dépréciation de la Bonne 
Dën 196 

156/292 190 Sur i' essence de la Bonne Dën et de la mauvaise 
dën et sur le nom qu'elles reçoivent dans l'ensei- 
gnement delà Bonne Dën 196 

157/202 191 Sur la bonne production et la création des créa- 
tures d'Ohrmazd le Créateur 197 

158/203 192 Sur les x 4 espèces d'instruments qu'Ohrmazd le 
Créateur, le sage, le décisif, a remis, dans le 
temps délimité, aux 4 espèces 198 

161/207 193 Sur le temps lui-même, son essence, sa délimi- 
tation 201 

161 /207 194 Sur x bavisn, baviSn-ravisnih, baviin-astisnih et 
l'étant. Explication de ce qui est révélé dans 
l'Avesta 201 

163 /209 195 Sur les 10 conseils suprêmes du saint Zartust aux 

hommes 202 

163/220 196 Sur les 10 proférations d'Axt, l'Ignorant sorcier, 
à la pensée ténébreuse, druvand, à l'encontre des 
10 conseils du saint Zartust à la pensée lumi- 
neuse, à la vision mënôgienne, riche en man- 
8ras qui fut le plus grand messager d'Ohrmazd 
à apporter de sa part aux hommes la Bonne Dën 203 

165 /212 197 Sur les 10 conseils du saint Sën au sujet de la loi 

de la Dën Mazdéenne 205 



454 LE TROISIÈME LIVRE DU DÉNKART 

166 \213 198 (Sur) les 10 conseils proférés par Rasn Rës, l'héré- 
tique qui renversait la loi, son comparse le 
kirâsayîk Ahvân et ceux qu'ils ont trompés, à 
l'encontre du saint Sën, champion de la loi . . 

168 1225 199 Sur les 10 conseils du saint Aturpât i Mahras- 206 
pândân et autres Anciens docteurs de la Dën 
du Juste Zartust 208 

169 / 216 200 Les conseils proférés par le maudit Mânï à ren- 
contre de ceux d' Aturpât i Mahraspândân, le 
restaurateur de la Justice 209 

171 j218 201 Sur les 10 conseils de Husrôy Anôsirvân, Roi des 

Rois, fils de Kavât, aux assemblées de l'Iran sur 
l'autorité de la Dën d'Ohrmazd 210 

172 j220 202 Sur les 10 <conseils> donnés par le Mar dru- 

vand à la courte royauté, à la mauvaise religion, 
qui s'efforça d'amener les Pays <Iraniens> en 
captivité et frappa complètement et à son gré 
nombre d'âmes, en antagonisme contre les 
Pays Iraniens 212 

173 j221 203 Sur. le bien constamment bien, le principe du 

bien, la marche du bien, la définition du bien, 
la cause du bien, le motif du bien, le compen- 
dium <du bien> et les composantes de ses 
rejetons, <le gouvernement du bien ; et sur 
le mal en soi, le principe du mal>, la marche 
du mal, la définition du mal, <la cause du 
mal> ; le motif du mal, le compendium du mal 
et les composantes de son engeance selon le 
principe, le milieu et la fin 213 

175 j224 204 Sur le propre de l'Avesta et celui du Zand. . . 215 

176 j224 205 Sur celui qui appartient à la Dën Mazdéenne et 

celui qui ne lui appartient pas, ce qui s'apprécie 

selon la matière dont il s'agit 216 

176/225 206 Sur Ohrmazd lui-même, son ipséité, son mênôg 
et son gëtï, son nom et sa révélation ; et sur ce 
qui est autre que lui . . ■ ■ 216 

177 J226 207 Sur les choses diverses qu'il est possible d'attri- 

buer ensemble, et celles pour lesquelles ce 
n'est pas possible 217 

178/225 208 Sur la sagesse, la volonté, l'action et le temps 

d'Ohrmazd ■ 218 

179 j229 209 Sur ce qui revient à tout homme de son héritage 

originel 219 

182 1231 210 Sur l'accès de l'homme à la sagesse 221 

1^2 1232 211 Sur la venue progressive et méritée à la pléni- 
tude de l'homme selon les 7 degrés jusqu'au 
plus haut 222 



TABLE DES MATIÈRES 



455 



183 \232 212 Où l'on montre pourquoi, quand l'homme de 
bonne nature est dans l'ascendant en sa 
conduite, il y a accroissement de bien ; et 
quand il est en déclin dans sa conduite, 
accroissement de mal ; et pourquoi l'accroisse- 
ment de l'homme de mauvaise nature est à 
l'inverse : quand il s'élève, il y a accroissement 
de mal, quand il décline, accroissement de bien 222 
185 /235 213 Sur le monde où la queue se fait tête, soit que la 
tête soit devenue queue, soit que la queue soit 



devenue tête 225 

186 j236 214 Sur le grand et perpétuel progrès de la Bonne 
Dën dans le monde, sur sa force et sur son 

action 226 

187/237 215 Sur le choix chez les hommes selon qu'ils avan- 
cent dans l'acte d'amitié ou s'en abstiennent . 227 
188/239 216 Sur le principe de la violence, la non-violence, 
la dissolution et l'agent de la dissolution de la 

violence 228 

190 j241 217 Sur ce qui est le meilleur dans le monde, dans la 
personne <de l'homme >, dans l'âme, entre les 
hommes, dans tout le comportement juste . . 229 
190 j241 . 218 Sur les réalités mënôgiennes qui sont dans la 
<personne> de l'homme, leurs agents et leurs 

opérations 230 

192/243 219 Sur la manière pour les hommes d'acquérir la 

Révélation du Stôt Yasn 231 

Sup. 2 1244 220 Sur ce dont la suprématie dans la personne de 
l'homme est profitable ou nuisible quant à l'opé- 
ration et à l'unification; sur le supérieur avan- 
tageus ou désavantageux, et sur l'avantage ou le 

désavantage qui provient de lui . 232 

Sup. 3 \244 221 Sur la brièveté et la longueur du temps .... 233 
Sup. 3/245 222 Sur ce qu'est l'essence de l'homme, de quoi elle est 
et à quoi elle tend, d'où elle vient, vers où elle 
va, vers quoi elle revient, et à quoi elle parvient 

enfin 233 

Sup. 5 \246 223 Sur le choix en vue du supériorat 234 

Sup. 6 j246 224 Sur la reconnaissance d'Ohrmazd (exprimée) par 
la récompense des actes méritoires et sur ce qu'il 
exerce sans violence le châtiment du péché . . 235 



Sup. 8 j248 225 Sur la <personne> qui habite la Dën, celle que la 
Dën atteint en passant, celle dont la conscience 
est prise par la Dën, celle qui répugne à la Dën 236 

Sup. 12/250 226 Sur ce par quoi un chacun est digne, et ce par quoi 

tel homme n'est pas digne 237 

Sup. 15 \25l 227 Sur le principe et l'effet de la Bonne Dën et de 

la mauvaise dën 238 



456 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



Sup. 21 \254 228 Sur l'homme bénéfique qui dilate le monde et sur 

le war nocif qui le rétrécit 241 

Sup. 22 j255 229 Sur l'épreuve, celui qui a besoin d'épreuve et 
celui qui n'en a pas besoin, l'épreuve et la fin 
de l'épreuve 241 

193 j257 230 Sur la raison pour laquelle le fidèle mazdéen porte 

le nom de la dën 243 

193 j '25 8 231 Qu'il est raisonnable que l'âme acquière recon- 
naissance en évitant le péché à sa personne et 
en accomplissant les actes méritoires, et que lui 
soit imputé en péché le fait de s'en détourner . 244 

194/255 232 Sur celui qui a la meilleure caractéristique entre 

les hommes, et sur celui qui a la pire .... 244 

194/25P 233 Sur l'admission ou la non-admission du dire et 
du rapport des religions au sujet de quelque 
chose de caché et de non-manifeste à la con- 
naissance 245 

195 /260 234 Sur le faire et le non-faire 245 

195 j260 235 Sur le parfum et la puanteur du corps (interne 246 

et externe) et de l'âme 246 

196 j 260 236 Sur les plus hauts et les plus bas des souverains 

196 \261 237 Sur la dette de l'homme en raison du salut du 

Créateur 247 

197 1262 238 Sur les frontières de l'appartenance à la Bonne 
Dën ou à la mauvaise dên ; sur le mazdéen 
inférieur, moyen et supérieur et sur le poids de 
chacun 248 

197 j '262 239 a) Sur l'existence de l'antagoniste de la créature 

et sur son antériorité par rapport à la créature 248 
{skand-gûmânik vicâr ch. IX.) 248 

197 / 262 239 b) Sur la demande en vue d'une faveur et sur le 

mode des (faveurs) demandées 250 

198/2(53 240 Sur l'estimation des hommes 251 

199 j264 241 Sur la louange et l'adoration du Créateur .... 252 

200 j265 242 Sur le sage, le très-sage et le plus sage d'entre les 

hommes 253 

200 1265 243 Sur l'humanité, la dêvité et la dëvo-humanité chez 

les êtres visibles du gëtî 253 

201 1266 244 Sur la manière dont le monde est guéri de la 

maladie 254 

201 j267 245 Sur celui qui est bon et celui qui est mauvais . . 254 

202 j268 246 Sur ce qu'il ne convient pas que la cause du péché 

et de la destruction de l'homme vienne d'Ohr- 
■ mazd le Créateur 255 

203 j269 247 Sur les causes de la certitude que l'on peut avoir 

d'une chose 256 

203 1269 248 Sur la ^valeur et la non- ^valeur des hommes ... 257 
2041269 249 Sur les signes de la sagesse et de l'Ignorance. . 257 



TABLE DES MATIÈRES 



457 



204 j270 250 Sur la luminosité et les ténèbres et chacune de 

leurs espèces 257 

205 \27ï 251 Sur l'apport propre du corps eschatologique par 

rapport au Vahist, et du gëtî par rapport à tous 
deux 258 

205 \27l 252 Sur le moyen supérieur de parvenir à l'existence 

qui ne passe pas, par la vision 259 

206 j272 253 Sur le connaissant, la connaissance, le connaître 

et l'acte de connaître 259 

207 j273 254 Sur ce qui, en la nature est noétique et dans 

la connaissance naturel 260 

207 j273 255 Sur les principes et les forces du bon-œil et du 
mauvais œil, et sur la manière de les rendre tous 
deux profitables grâce à la sagesse 261 

207 j273 256 Sur les forces de la puissance de l'enfant chez les 

hommes ■ ■ 261 

208/274 257 Sur ce qu'il est obligatoire aux hommes d'être 
reconnaissants en pensée, en parole et en 
action 261 

208 j274 258 Sur la capacité qu'a tout axv-i-astômand de sauver 

son âme 2 62 

208 j274 259 About the pentads of the month 262 

209 1276 260 Sur l'homme au caractère de dieu et l'aspect de 

l'homme semblable aux dëv 265 

210 1277 261 Sur ce qui confère de la dignité à tout homme et 

sur ce qui n'en confère à personne, et sur ce qui 

tantôt en confère, tantôt n'en confère pas. . - 266 
210 j277 262 Sur le choix de ce qui mène à la rectification de 

l'empire et des hommes 2 ^6 

2121278 263 Sur le corps du monde et les éléments du corps 

qui sont en composition, sur ce qui dispose et 
avantage l'âme, la détruit et lui cause du dom- 
mage i quel est le principe de l'avantage de la 
disposition et celui du dommage de la destruc- 
tion '■ 267 

212 1279 264 Sut frac-car en tant que noms attribués en propre 

par la Dën au Spanâk Mënôg d'Ohrmazd . . 268 
213 1280 265 Sur ce qui donne le plus lieu d'espérer pour 
l'avantage du monde et de la Den et de craindre 

leur dommage 269 

213 1281 266 = 397 26y 

214 1283 267 Sur ce qui rejoint son principe en y retournant, 
et sur ce qui rejoint sa fin par avances succes- 
sives depuis son origine 269 

215 1283 268 Sur l'esprit sédentaire des hommes voyageant en 
caravane dans le gëtî, et sur l'avantage qui en 
découle 271 



458 



LE TROISIÈME LIVRE DU DÊNKART 



216 [284 269 Sur le gouvernement dans la disposition du gëti 

etdumënôg 271 

216 [284 270 Sur la frontière qui séparé la grandeur et la petitesse 272 

217 [285 271 Sur la malice et la bonté, leur être, puissance, 

propagation 272 

217 [286 272 Comment l'âme, être lumineux, est rendue dru- 

vand par le principe ténébreux, principe dépêché 273 

219 [287 273 Sur la nécessité de la royauté 274 

220 [288 274 Sur la bonne activité et le bon repos, le bon élan 

et la bonne demeure dans le repos, et la mesure 

de l'activité et du repos 275 

220/259 275 Sur ce que les chapitres de la sagesse de la Dën 
Mazdéenne ne sont pas dénombrables par la 
connaissance de l'homme 276 

221 [290 276 Sur la production mënôgienne et la création gëtî- 

kienne des créatures qui sont comme un germe 276 
221 [290 277 Sur ce qui est antérieur à l'action créatrice, ce qui 

lui est simultané, et ce qui lui est postérieur 276 
221 [290 278 Sur ce qui est efficace pour conduire à la suprême 

existence, et sur ce qui abîme le plus vers la pire 

des existences 277 

221 [290 279 Sur les signes qui indiquent que la royauté s'en 

tient à son germe ou s'en détourne 277 

222 [291 280 Sur la parfaite réception de la parole 278 

222 [291 281 Sur les signes de la Justice et de la druvandïh . 278 

222 [292 282 Sur le germe des hommes parmi les hommes, et, 

parmi les rois, les germes des rois, nobles, plus 
nobles et très nobles 278 

223 [292 283 Sur ceux des rois qui sont les plus éminents dans 

la royauté, et ceux qui sont les plus mauvais . 279 

223 [293 284 Sur le caractère limité de la connaissance et du 

pouvoir, l'indivision et la division du temps, 
l'essence du temps indivis et du temps divisé. 280 

224 [294 285 Sur ce qui est nécessaire pour que l'action méri- 

toire reçoive sa récompense et ce qu'il faut pour 
qu'elle parvienne à l'acte 280 

225 [295 286 Sur la Mesure que les dëv ôtèrent aux hommes et 

que Yim leur rapporta, révélé d'après l'ensei- 
gnement de la Bonne Dën 281 

226 [297 287 Sur les 10 conseils donnés aux hommes par Yim 

aux bons troupeaux, et les 10 proférations de 
Dahâk, le réducteur de la création, à l'encontre 

de ces conseils 283 

288 Les <10 conseils > au détriment des créatures 
règle de Dahâk à la volonté de dëv et réducteur 
de la création, à l'encontre de ces 10 conseils 
donnés par Yim aux bons troupeaux au profit 
des créatures 284 



TABLE DES MATIÈRES 



459 



21% [299 289 

229 [300 290 
229 [301 291 



230 [302 292 

231 [303 293 

232/303 294 

232 [304 295 

233 [306 296 

234/306 297 

234/307 298 

235/307 299 

237/305 300 



23 6 [308 301 

236 [309 302 

236/309 303 

237/340 304 

237/3/0 305 

237 [311 306 

238 [311 307 

238 [311 308 

239 [312 309 
239/312 3)0 



Sur le don de la royauté, et sur le bon et le mau- 
vais en elle 286 

Sur ce en quoi se résument la justice et la noblesse 286 

Sur ce que le Créateur, quand les créatures sont 
misérables, est miséricordieux à l'égard des 
créatures en écartant d'elles la misère et en 
exerçant sa puissance < sur la > misère qui a 
affecté les créatures * . . . 287 

Sur la diversité des principes de la loi et de la 
violence 288 

Sur ce que le mal qui est manifeste dans les 
créatures ne provient pas de l'être de Dieu . . 289 

Que Dieu veut que les hommes le connaissent, 
et que les hommes veulent le connaître . . . 289 

Sur le brigandage des 5 facteurs drujiens dans les 
personnes qui ont subi l'Assaut, leur consti- 
tution et leur expulsion 290 

Sur l'essence de l'homme 291 

Sur l'activité de la Bonne <Dën> Mazdéenne, 
qui embrasse tout 292 

Sur l'unique savoir par lequel la créature est 
sauvée et exaltée 292 

Sur l'arrangement et l'ordonnance sains et vohu- 
maniens des chapitres de ce livre du Dënkart, 
enseignement de la Bonne Dën 293 

Sur ce dont l'excès est plus destructeur de la sub- 
stance de la Mesure que ne l'est le défaut.; sur 
ce dont le défaut est plus destructeur que l'excès; 
sur ce qui comporte excès et non défaut ; sur ce 
qui comporte défaut et non excès ; et sur ce qui 
ne comporte aucunement excès ou défaut . . . 293 

Sur le fait de tendre vers les dën et d'y atteindre 294 

Sur ce sur quoi se mesure le jugement du juge 
mënôg et celui du juge gëtïkien 294 

Sur la valeur de la parole 294 

Sur la Justice qui est selon un dastur 295 

Sur la vie exempte de crainte 295 

Sur la protection et le salut de l'homme . . . 296 
Sur ce qui en l'homme est le plus haut et le plus 

bas 296 

Sur la réponse à l'appel au secours adressé aux 

(êtres) mënôgiens 297 

Sur le xvarrah et le contre-xvarrah de Dahâk 

sur les hommes 297 

Sur ce que le principe commun de toutes les ver- 
tus est la divine Dën Mazdéenne, et de tous les 
vices, la dëvique sorcellerie et le judaïsme . . 297 



460 



LE TROISIÈME LIVRE DU DËNKART 



239 (313 311 Sur (ce qui dispose) aux deux existences : l'ordre 

de tout bonheur, et la graine de tout malheur . . 298 
240 (313 312 Sur le premier messager envoyé aux hommes par 
Ohrmazd le Créateur, et quelle fut sa trans- 
mission de la parole 298 

240 \314 313 Sur la synergie de la Dên Mazdéenne et de l'âsn- 

xrat 299 

241 1315 314 Sur les principes de la beauté et de la laideur, 
et sur les êtres beaux constants dans la beauté, 
laids et constants dans la laideur, et sur ceux 
qui ne sont pas constants 300 

241 \315 315 Sur la mise en œuvre de l'avantage venant du sage 

qui profère la parole à celui qui l'écoute . . . 300 

242 j316 316 Sur la mortalité de la vie du fait que la nourriture 

et la boisson entretiennent les corps 301 

242 j316 317 Sur l'existence de la mortalité et de l'immortalité 

du corps de l'homme 301 

243 (318 318 Sur la terrible puissance de la cause de la mort . 302 
243 (317 319 Sur le triomphe final et la prédominance du 

Spanâk Mënôg sur le Ganâk Mënôg 302 

243 (318 320 Qu'il y a une récompense plus grande pour avoir 
entretenu et contenté les bons que pour avoir 
frappé et endommagé les méchants, et un châ- 
timent plus lourd pour avoir frappé et endom- 
magé les bons que pour avoir entretenu et con- 
tenté les méchants 302 

243 j318 321 Sur la manière dont bénédictions et malédictions 

atteignent (leur but) 303 

244/575 322 Sur les analogies pour le fils de l'engendreur 
légitime, pour le légitime non-engendré et 
l'engendré non-légitime 304 

245 (320 323 Sur le bonheur et le malheur sûrs et qui ne passent 
pas et sur le bonheur et le malheur incertains 
et qui passent 304 

245 (320 324 Sur ce qui résulte du fait de confier la royauté 

à un bon ou à un mauvais roi 305 

245 (320 325 Sur la parole d'Ohrmazd, caractéristique de la 

Dën Mazdéenne 305 

245 (321 326 Sur les changements, dûs à des forces mënô- 

giennes, dans le régime des époques selon les 
changements des rois du monde 305 

246 (322 327 Sur la cause de l'union et de la dissension des 

hommes entre eux et des dëv entre eux . . . 306 

247 (322 328 Sur la joie qui convient aux rois 307 

247 (323 329 Sur la puissance des yazat et la force de l'Assaut, 

de l'origine à la FraSkart 307 

248 (324 330 Sur l'existence de la lumière et de l'obscurité . . 308 



TABLE DES MATIÈRES 



461 



248 (325 331 Sur les caractéristiques de la classe guerrière et 

de la tyrannie, de la classe sacerdotale et de l'hé- 
résie 309 

249 (325 332 Pourquoi il y a vérité et justice dans chacune des 

conduites bonnes d'Ohrmazd, mais non dans 
chacune des conduites bonnes de l'homme . 309 

249 (326 333 Sur le principe et la manifestation de la Bonne 

Dën et de la mauvaise 309 

250/326 334 Sur ce qui préserve le xvarrah et sur ce qui le 

dissipe 310 

250/326 335 Sur les 3 forces supérieures qui sont dans le 
monde • 

251 (327 336 Sur la tête des vertus et la « caboche » des vices 

en dépassement ou en retrait ■ 311 

252/329 337 Sur la Dën Mazdéenne, sa nature propre, la divi- 
sion de sa sagesse, sa matière, ce en quoi se 
résume son opération, sa puissance et son 
profit 313 

253 (330 338 Sur la doctrine