Chronique Agora:la guerre contre le cash devient sanglante

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La guerre contre le cash devient sanglante

La Chronique Agora

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La Chronique Agora

Paris, jeudi 24 novembre 2016

  • Simone Wapler : La guerre contre le cash fait des ravages
    Ce qui se passe en Inde est important. Le gouvernement a décidé de faire la guerre contre le cash pour lutter contre la corruption. Face au refuge de la population dans l’or, il envisagerait aussi d’interdire les importations de ce métal. Un cas d’école de la Parasitocratie.
  • Bill Bonner : En voiture tout le monde ! Le Trump express va partir…
    Trump a promis que l’argent gratuit coulerait à flot, sur les infrastructures, sur les investissements d’Etat. Un gâchis historique se prépare car comment des bureaucrates incapables de prévoir l’avenir pourraient-ils identifier mieux que les clients et les utilisateurs ce dont ces derniers auraient besoin ?
  • Nicolsas Perrin : Qu’attendre de l’Etat face à la révolution numérique
    La réponse des hommes politiques à la révolution numérique sera-t-elle adéquate ? Cette économie s’accommode mal de centralisation, de « grands plans » et de « pactes ». Elle préfère la concurrence loyale et la liberté d’action pour grandir.

 

LES NOTES DE SIMONE WAPLER

Simone Wapler

La guerre contre le cash fait des ravages

Ce qui se passe en Inde est important. Le gouvernement a décidé de faire la guerre contre le cash pour lutter contre la corruption. Face au refuge de la population dans l’or, il envisagerait aussi d’interdire les importations de ce métal.

La corruption existe et a toujours existé. La monnaie, le cash existe et a toujours existé. La corruption utilise la monnaie mais a aussi besoin de réseaux, de téléphones, d’informatique, de papier, etc.

2000€ à gagner en donnant votre avis !

La corruption est un des dommages collatéraux des gouvernements et non pas une conséquence de l’existence de la monnaie. Plus les gouvernements sont gros, plus il y a de bureaucrates, plus les points d’entrée de corruption sont nombreux. Cela n’a rien avoir avec les moyens de paiements.

Et les activités légales qui souhaitent échapper à l’impôt en utilisant le cash, les espèces, me direz-vous ? Les gouvernements devraient voir «le noir» comme un indicateur fiable de l’efficacité de leur politique fiscale. Si de plus en plus de gens souhaitent échapper à l’impôt, n’est-ce pas parce que la pression deviendrait trop forte par rapport aux services rendus par le gouvernement ?

Un moyen simple de lutter contre la corruption est, pour un gouvernement, de se limiter à promulguer des lois prévoyant l’égalité stricte des individus en droit, des lois s’adressant à tout individu et non à des groupes, des collectivités, etc. Ainsi, pas de passe-droit, de rente, d’achat de privilèges, de lobbies. Un autre moyen simple est de limiter la bureaucratie, ce qui est d’autant plus facile que les lois et règlements sont simples.

Image JAG Survivaliste

« J’ai appris au cours de ma carrière dans la police que cet objet était indispensable…

C’est pourquoi j’ai décidé de vous l’envoyer… à mes frais ! » Jason Hanson

Découvrez comment le recevoir en cliquant ici…

Ce n’est pas cette méthode de lutte contre la corruption qu’a choisie le gouvernement indien mais celle de s’attaquer aux espèces, à la monnaie, et de façon brutale, en démonétisant les coupures les plus utilisées.

L’économie en est déstabilisée. La roupie s’effondre. L’or s’envole et se paye deux fois le cours officiel en dollar.

Mais le gouvernement a la solution à la catastrophe qu’il a lui-même provoquée : interdire les importations d’or, selon une information de l’Indian Bullion & Jewellers Association.

En moyenne, l’Inde importe 700 tonnes d’or par an. D’où, en dehors des frontières de l’Inde, le recul de l’or sous 1 200 dollars l’once, le marché anticipant une baisse de la demande.

Mais en Inde, l’or se négocie toujours avec une énorme prime par rapport à son cours officiel en dollar.

Voici l’évolution du dollar contre la roupie depuis trois mois.

évolution du dollar contre la roupie depuis trois mois

Lorsque votre pays pratique la dévaluation sauvage (10% en trois jours), brade votre travail à l’export et renchérit les biens importés, il est normal que votre réflexe soit d’acheter quelque chose qui conserve sa valeur pour vous défendre.

Les Indiens ont choisi l’or et le gouvernement songe à interdire les importations d’or.

Il est probable que cette mesure ne fera qu’accélérer la hausse de l’or sur le marché noir et rendre la contrebande florissante.

Les gouvernements haïssent l’or et l’idée qu’une monnaie alternative puisse subsister sans eux.

C’est exactement pour cette raison que nous pensons que l’or a un rôle à jouer, du fait de la mauvaise gestion des finances publiques dans les démocraties des pays avancés où la corruption règne aussi.

Nous achetons de l’or dans des occasions comme celles-ci, lorsqu’il est bas. Ce n’est pas dans l’esprit d’une spéculation sur sa hausse en dollar ou en quelque monnaie étatique que ce soit. Nous le voyons comme une assurance contre l’impéritie de la Parasitocratie.

Dans le cadre de la lettre La Stratégie de Simone Wapler, nous avons rédigé un dossier complet et pratique vous indiquant quelle pièce acheter dès aujourd’hui pour protéger votre pouvoir d’achat (et non, ce n’est pas le Napoléon…)

Nous vous expliquons aussi où acheter et comment échapper  – en toute légalité – à la taxation habituelle sur l’or.  

Pour recevoir ce dossier spécial à paraître aujourd’hui, il suffit de cliquer ici.


LES NOTES DE BILL BONNER

Bill Bonner

En voiture tout le monde ! Le Trump Express va partir…

Trump a promis que l’argent gratuit coulerait à flot, sur les infrastructures, sur les investissements d’Etat. Un gâchis historique se prépare car comment des bureaucrates incapables de prévoir l’avenir pourraient-ils prévoir mieux que les clients et les utilisateurs ce dont ils auront besoin ?

Hier, le Dow a dépassé les 19 000 points : un plus-haut historique.

Et lundi, le Dow, le S&P 500, le Nasdaq et le Russell 2000 ont tous atteint des plus-hauts historiques.

La dernière fois que cela s’est produit, c’était le 31 décembre 1999.

Quelques mois plus tard la bulle des dot.com a explosé, et le Nasdaq qui croulait sous les valeurs technologiques a perdu 80% de sa valeur.

Dans son ensemble, le marché actions américain a perdu environ 50%.

Mais les investisseurs sont haussiers. Ils pensent que le président-élu Trump va faire du bien aux actions.

Il est censé arriver à Washington pour son investiture et marcher directement sur le Capitole pour exiger des allègements fiscaux.

Cela va restituer plus de 6 000 milliards de dollars au secteur privé au cours des 10 prochaines années… sans parler des 1 000 milliards de dollars de folles dépenses proposées pour les « infrastructures ».

L’argent gratuit fait le bonheur !

La semaine dernière, Stephen Bannon, haut conseiller de Trump (et ex-employé de Goldman Sachs), a expliqué ce qui suit à Michael Wolff, du Hollywood Reporter :

« A la manière du populisme d’[Andrew] Jackson, nous allons bâtir un mouvement politique entièrement nouveau« , dit-il. « Tout est lié à l’emploi. Les conservateurs vont être fous de joie. C’est moi, le gars qui met en avant un plan de 1 000 milliards de dollars pour les infrastructures. Avec des taux d’intérêt aussi bas partout dans le monde, c’est l’occasion idéale pour tout reconstruire. Les chantiers navals, les usines sidérurgiques, on va tout remettre sur pied. On va y aller et voir ce que ça donne.« 

Oh là là !

Tout le monde parle de cette opportunité que détient l’Etat « d’investir » de l’argent gratuit.

Cela nous rend nerveux. Nous savons à quel point il est difficile d’obtenir un bon retour sur investissement, notamment lorsque vous ne savez pas ce que vous faites.

Le gouvernement paye à peine plus de 2% sur les prêts à 10 ans. Si l’inflation se rapproche un tant soit peu de sa moyenne à long terme, au cours des 10 prochaines années, le coût réel des emprunts sera de zéro, en gros.

L’argent, disent les Grands Dépensiers, à Washington, sera gratuit.

Le grand train de l’argent gratuit va-t-il dérailler ?

Dans les pages du Financial Times, quelqu’un d’autre parle d’investir de l’argent qui n’existe pas.

Il s’agit du vice-président de la Fed, Stanley Fischer, qui s’adresse au Council on Foreign Relations, un think tank :

« La politique macroéconomique ne doit pas forcément se cantonner à la politique monétaire« , déclare M. Fischer… « Certaines mesures budgétaires, en particulier celles qui augmentent la productivité, peuvent augmenter le potentiel de l’économie ».

Voilà un train qui va vite être complet. Tout le monde va vouloir y embarquer. De l’argent gratuit. Des emplois. De l’inflation. Des infrastructures.

Que demander de plus ? Qui ne voudrait pas être passager à bord de cet express à destination du pays des Contes de Fées ?

Notre ami Richard Duncan, de Macro Watch, est déjà à bord, en tête du train.

Richard, spécialiste de l’analyse du crédit — et qui a travaillé à la Banque Mondiale — partage notre point de vue : l’économie mondiale est une gigantesque bulle qui ne demande qu’à exploser.

Mais il préconise quelque chose de différent. En ce qui nous concerne, nous aimerions bien dégainer une aiguille et piquer dans la bulle.

Ce n’est pas que nous aimions voir souffrir des innocents. Mais nous détestons constater que les coupables ne souffrent pas.

En revanche, Richard, lui, est un être bienveillant, un optimiste qui porte un regard chaleureux et réjouissant sur la nature humaine. Il ne supporte pas l’idée que la veuve et l’orphelin soient à nouveau piégés dans « une nouvelle Grande Dépression » qui se produirait, à son avis, si la bulle du crédit explosait.

Il suffirait d’un relèvement des taux d’intérêt. Avec autant de dettes dans le monde, dit-il, des taux plus élevés seraient catastrophiques.

Alors comment l’éviter ? Selon Richard :

« Si l’Etat investit à grande échelle dans les secteurs et technologies du futur, cela sortira les pauvres de la pauvreté, aux Etats-Unis. Cela sauvera la classe moyenne. Ainsi, les segments les plus prospères de notre société seront plus opulents — et en bonne santé — que dans leurs rêves les plus fous. »

Dans une lettre/vidéo ouverte à Donald Trump, il propose que l’Etat identifie les 10 000 « entrepreneurs américains les plus prometteurs ».

Il faudrait qu’ils aient de bonnes idées, pour l’avenir : des biotech, nanotech, technologies vertes, peu importe. Mais il faudrait qu’il y ait un « tech » quelque part. Alors l’Etat pourrait investir dans leurs entreprises, et former des partenariats public-privé.
[NDRL : Savez-vous qu’à chaque fois que l’administration américaine donne son feu vert pour la commercialisation d’un médicament, le cours de la biotech qui le développe bondit. Ce qui peut vous procurer des plus-values très importantes. A condition, bien sûr, d’anticiper ces décisions de la Food & Drug Administration. Et c’est exactement ce que fait notre spécialiste de ce domaine. Découvrez ici comment faire des plus-values grâce à la bureaucratie américaine.
]

Un train infernal qui jette par les fenêtres des milliards de ressources pillées

Notre coeur de cynique s’est arrêté momentanément de battre. Tout cet argent à prendre. Tous ces contrats sans limite de forfait !

Les téléphones des architectes doivent déjà retentir. Les initiés prévoient déjà d’ajouter une aile à leurs résidences secondaires, à Aspen.

Ce sont des « investissements » d’Etat : inutile de satisfaire un jour un client ou bien d’enregistrer des bénéfices.

Et nous parlons de 10 fois plus d’argent que les 100 milliards de dollars de cadeaux octroyés à la Corn Belt [NDR : région du Midwest qui produisait du maïs]… ou des subventions offertes aux magnats du sucre, les frères Fanjul (qui, ne laissant rien au hasard, ont organisé à Miami des levées de fonds aussi bien en faveur d’Hillary Clinton que de Donald Trump).

Mais Richard Duncan est déjà dans le wagon panoramique… à rêver en laissant le soleil lui caresser le visage.

« Imaginez ce que cela produirait » suggère-t-il, en ajoutant gentiment la chose suivante : « Voilà qui restituerait sa Grandeur à l’Amérique [NDR : référence au slogan de campagne de Trump « Make America Great Again »].

Notre imagination n’est pas à la hauteur. Nous fermons les yeux, crispons notre visage. Pas moyen d’y arriver. Nous n’arrivons pas à imaginer qu’un groupe de politicards, de has-been et de pantouflards bureaucratiques soit capable d’identifier les « secteurs d’avenir ».

Personne d’autre n’a été capable de prévoir l’avenir. Alors comment le pourraient-ils, eux ?

C’est bien connu, les acteurs du capital-risque, même lorsque leur propre argent est en jeu, sont mauvais en matière de financement d’entreprises futuristes susceptibles de réussir.

L’Etat, en « investissant » l’argent des autres, misera forcément sur le mauvais cheval.

Mais attendez… Notre imagination s’est finalement relancée.

Et que voyons-nous ?

Pas de train en direction du futur. Ce que nous voyons, c’est une locomotive en fuite. L’Incompétence est aux manettes, l’Arnaque alimente le moteur, et la Supercherie utopiste fait son cinéma à l’intention des passagers.

Autrement dit, c’est un train infernal… chargé de milliers de milliards de dollars de ressources pillées, mal utilisées, volées et jetées par les fenêtres.

Le temps presse, certains sont déjà positionnés…

Positionnez-vous sur la baisse de ce titre bancaire avant le
30 novembre 2016 :

Jusqu’à 740% de plus-value à la clé !
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LES NOTES DE NICOLAS PERRIN

Qu’attendre de l’Etat face à la révolution numérique ?

La réponse des hommes politiques à la révolution numérique sera-t-elle adéquate ? Cette économie s’accommode mal de centralisation, de « grands plans » et de « pactes ». Elle préfère la concurrence loyale et la liberté d’action pour grandir.

Un Français qui se serait endormi à la fin des Trente Glorieuses et qui se réveillerait en 2016 pour s’intéresser au paysage politique ne serait pas complètement perdu. Une grande partie de nos dirigeants ont en effet débuté leur carrière au milieu des années 1970. Ce même Français serait en revanche absolument perdu en matière de technologie, tant la révolution numérique, qui n’en est qu’à ses balbutiements, a changé le monde dans lequel on vit.

Mais la génération formica qui nous gouverne ne semble pas avoir conscience de l’ampleur des bouleversements à venir. Elle se complaît au contraire dans des grilles de lecture caduques, et l’on se demande ce qu’il faudrait qu’il arrive pour qu’elle prenne conscience du poids qu’aura la technologie sur l’avenir de la France.

Des indépendants répondant à une économie de la demande et les laissés pour compte

Faire prendre conscience des bouleversements et de la transformation numérique au monde politique, c’est justement la vocation de l’association d’entrepreneurs et d’investisseurs français France Digitale. Pour ses dirigeants, les développements technologiques en cours ne ralentissent pas mais accélèrent, et avec eux les vagues de transformations qu’ils déclenchent. Si notre société ne s’adapte pas à temps, la robotisation et l’intelligence artificielle (IA) auront pour conséquence de scinder le secteur privé en deux. D’un côté, on trouvera des indépendants participant à une économie à la demande et, de l’autre, des millions de personnes qui resteront sur le carreau.

Par ailleurs, la France pourrait assez rapidement passer du peloton de tête des économies mondiales au groupe des pays du tiers monde. Oussama Ammar, co-fondateur et associé de The Family, une société privée d’accompagnement et d’investissement dans les startups, parle de « dette infrastructurelle ». Cette notion recouvre une carence en entreprises innovantes qui peut être le résultat d’un simple saut technologique raté.

La meilleure ou la pire des choses dans l’histoire de l’humanité ?

Dans le même temps, les derniers développements en matière d’intelligence artificielle ouvrent la voie à la mise en place d’une société digne des meilleurs scénarios de Stanley Kubrick et de James Cameron. Début novembre, on apprenait que des chercheurs de l’Université d’Oxford financés par DeepMind (le département de recherche sur l’IA de Google) ont mis au point un logiciel nommé LipNet. Ce programme informatique parvient à lire sur les lèvres avec une précision de plus de 93%, là où les meilleurs professionnels humains plafonnent à 79%.

Fin octobre, des IA de Google Brain parvenaient à crypter des messages sans y avoir préalablement été formées. Le site techcrunch.com apportait le commentaire suivant : « Cela signifie que les robots seront capables de se parler entre eux en utilisant des méthodes que nous ou d’autres robots ne pourrons pas cracker ». Comme l’a déclaré Stephen Hawking, l’intelligence artificielle sera « soit la meilleure soit la pire des choses jamais arrivées à l’humanité ».

Tuer la mort !

Enfin, 600 ans après le début de la Révolution scientifique en Europe occidentale, les projets à moyen-long terme ne consistent plus seulement à soigner l’homme et à guérir les maladies, mais à le rendre immortel. En septembre 2016, Mark Zuckerberg a annoncé qu’il souhaite prendre part au combat en vue de l’éradication de toutes les maladies, avec pour date butoir l’année 2100. Mais cela fait plusieurs années que Google travaille via Calico sur un projet visant à « tuer la mort ».
[NDRL : Envie d’investir dans ces domaines ? Mais comment sélectionner les bonnes valeurs ? Notre spécialiste ne fait que cela et affiche des plus-values à la mesure de la croissance de ces secteurs. Pour découvrir ses pépites, c’est ici.]

« Quand on veut tuer les maladies et la mort, on fait autant de la politique que du business ! », commente le journaliste Laurent Alexandre. Remarque d’autant plus pertinente que Wikileaks nous apprenait en octobre 2016 que le patron de Facebook s’était tourné vers le camp Clinton pour développer ses compétences politiques…

Qu’attendre de l’Etat vis-à-vis de la révolution numérique ?

Gouverner, c’est prévoir.

Pour que les individus soient en mesure de faire face au marché du travail de demain, les politiques d’éducation doivent changer afin que les nouveaux diplômés disposent de compétences à même de satisfaire la demande. La libre concurrence de l’enseignement est la solution la plus à même de minimiser le décalage entre l’offre et la demande. Libre à chaque université de définir son programme, libre à chaque étudiant de choisir celui qui lui semble le plus pertinent. Comme l’explique Oussama Ammar, co-fondateur de l’incubateur d’entreprise TheFamily, « ça éviterait que l’Etat décide que les étudiants vont apprendre à développer du Flash et qu’un Steve Jobs qui décide de ne pas mettre de Flash dans son Ipad rende caduque une génération complète de développeurs ».

Sur le plan de la politique économique, le rôle du politique n’est pas d’enfiler le costume de l’entrepreneur pour développer un « OS souverain » ou une autre lubie de technocrate. Pas plus qu’il n’est de décider des secteurs d’activité qui doivent vivre et de ceux qui doivent mourir. Tous devraient être traités de la même manière. Le choix de la protection d’industries déclinantes, qui n’est motivé que par des raisons électoralistes, se fait nécessairement au détriment des autres industries.

Outre la production de talents, une réglementation et une fiscalité stables et légères constituent les meilleurs moyens pour conserver et attirer le capital, qui est la chose la plus mobile du monde. Au contraire, la France semble suivre la meilleure politique pour se laisser dépasser doucement (pour le moment) par le reste du monde, en particulier par l’Amérique et par l’Asie qui sont en train de prendre une avance considérable.

Les conséquences du développement de l’IA doivent être anticipées. Elon Musk déclarait début novembre : « Les robots prendront vos emplois, les gouvernements devront vous payer ». En France, au milieu du XIXe siècle, un actif sur deux travaillait dans le secteur agricole, contre un sur trente aujourd’hui. Cette transition s’est opérée avec un niveau de chômage qui est resté contenu.

Est-ce que cette fois, c’est différent ? De nombreux commentateurs estiment que la révolution en cours n’aura pas grand-chose de schumpétérienne, au sens où la disparition d’emplois qui aura lieu dans nombre de secteurs d’activité ne donnera pas lieu à la création conjointe de nouvelles activités économiques. Cela tient notamment au fait que là où les révolutions technologiques précédentes se sont produites lentement, celle qui est en cours se produit beaucoup plus vite.

On pourrait bien ne pas être près d’inverser la courbe du chômage, et c’est toute la question du revenu universel – à laquelle je me garderai bien d’apporter une réponse – qui se pose.

L’importance des données personnelles

Dans le domaine anthropologique (avec le développement des NBIC, ces technologies qui permettront peut-être un jour de « tuer la mort »), certains estiment que la puissance des GAFA (Google, Apple, Facebook Amazon) dans le domaine des données personnelles rend nécessaire un débat de société.

Laurent Alexandre souhaite par exemple la mise en place de contrepouvoirs démocratiques face aux GAFA. Il est évidemment plus facile en politique de s’écharper au sujet de nos origines gauloises que de débattre des limites au rôle que pourraient jouer au sein de nos sociétés des entreprises comme Google. Le moteur de recherche accumule désormais un pouvoir tel qu’il en est réduit à prendre ses distances vis-à-vis de certains secteurs d’activité pour soigner son image de marque et rassurer les craintifs. Boston Dynamics, la société de la robotique à usage militaire que Google a racheté en 2013, est officiellement à vendre depuis mars 2016.

Alain Juppé, que les sondages – qui ne se trompent jamais – nous présentent comme notre futur président, nous a concocté un programme « Numérique » tout à base de « Plans », de « Pacte » et d’autres mesures dirigistes à la Montebourg, du genre « Encourager l’orientation vers les entreprises innovantes d’une partie de l’épargne collectée dans l’assurance-vie ». La partie en lien avec l’éducation vaut le détour en cela qu’elle prévoit notamment de « Développer la capacité ‘d’apprendre à apprendre’, le sens de l’initiative, la culture du pitch ».

Sans être « décliniste », ce genre de gadgets risque malheureusement de se révéler insuffisants.

 

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