La Chronique Agora: Simone Wapler : Malveillance ou incompétence ?

L’EDITION DU WEEK-END

Simone Wapler : Malveillance ou incompétence ?
La bureaucratie et les gouvernements tendent à être plus souvent incompétents que malveillants, en vertu du principe de Hanlong. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils sont moins nuisibles.
Nicolas Perrin : On rase toujours de plus en plus gratis chez les étatistes !
Noël approche, la campagne présidentielle aussi et nous assistons à une surenchère de belles promesses pour séduire les naïfs persistants. Voici notre collecte de perles fines.

Le Cercle Agora – Invitation

LES NOTES DE SIMONE WAPLER
Simone Wapler

Malveillance ou incompétence ?

« Chère Simone,

Je suis un lecteur assidu de vos articles dont les analyses à contre-courant sont toujours très intéressantes.

Je suis par contre très déçu par cet article « 1,3 milliard de cobayes »qui je dois vous le dire contribue à vous décrédibiliser.

En effet, je comprends que vous cherchiez à tout prix à justifier votre combat contre la suppression du cash. Mais malheureusement le « à tout prix » vous fait tomber dans la caricature et la propagande en diffusant une information totalement fausse. En effet l’Inde ne s’est en aucun cas engagée dans la suppression du cash. Elle a simplement et uniquement décrété que la population avait jusqu’à fin décembre pour échanger ses vieux billets par des nouveaux. A cette date, les vieux billets n’auront plus cours légal. Le cash continue à être roi dans ce pays (98% des transactions) et il n’a jamais été question de sa suppression comme vous voulez le faire croire dans votre article. »

Mmmmmmmm, nous serions partiaux et biaisés à la Chronique ?

Bien sûr que oui ! La balance penche vers toujours plus d’Etat, toujours plus de Parasitocratie et nous essayons de mettre des petits cailloux de l’autre côté du plateau de la balance : moins d’Etat, plus d’autonomie, plus de liberté,…

Cependant, deux faits étayent mon hypothèse de la volonté politique de passer en cashless à terme, en Inde :

La visite concomitante d’un grand supporter des paiements dématérialisés, Bill Gates, dont la fondation et l’entreprise qu’il a fondées sont très impliquées dans ce sujet.

Le fait que les billets de remplacement soient indisponibles en de nombreux endroits.

On convainc par la schlague les gens des bienfaits de la « bancarisation » et de la monnaie-dette. En gros, le créditisme plutôt que le capitalisme fondé sur l’épargne et la libre initiative, concluons-nous.

Hâtivement ?

« Oui », poursuit ce lecteur F.D. (sympathique mais têtu).

« C’est votre interprétation, vu de votre civilisation bien au chaud.

J’exploite une société minière aurifère au Surinam. Pays pauvre, similaire à l’organisation administrative indienne. Prétendre qu’il y a une volonté machiavélique de pousser les gens dans les banques en organisant la pénurie de billets neufs, c’est totalement méconnaitre le bordel administratif de ce genre de pays seule et unique cause de ce désastre. »

Bingo ! F.D. a raison (même s’il ignore que je voyage assez souvent au chaud mais pas dans les pays de l’OCDE).

Oublier le principe de Robert J. Hanlon en analysant les évènements est un biais dangereux. Selon ce principe dit du « rasoir » :

« Ne jamais attribuer à la malveillance ce que la stupidité suffit à expliquer »

Oui, beaucoup de « grands complots » n’existent pas réellement. Ils s’expliquent tout naturellement par la bêtise…

Oui, je me couvre la tête de cendres,… bien sûr, les gouvernements sont plus souvent stupides avant d’être machiavéliques.
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La probabilité de stupidité est plus importante que celle du machiavélisme. Car en général, dans le monde normal, les gens apprennent de leurs erreurs puisqu’ils en subissent les conséquences. Ils s’améliorent donc.

A l’inverse, lorsque vous ne subissez pas les conséquences de vos mauvaises décisions, vous vous abêtissez.

Voilà. Merci, cher lecteur, de m’avoir remis les idées en place.

Et merci à tous nos lecteurs fidèles, membres du Cercle Agora.

Notre Cercle rouvre ses portes. Y entrer, c’est accéder à tous nos services et aux meilleures idées de tous nos spécialistes, à vie.

Nous allons vivre une période exceptionnellement compliquée. La plus grosse bulle financière de toute l’Histoire se termine. C’est une bulle exceptionnelle car, pour la première fois, elle n’est pas du fait des investisseurs, d’exubérance irrationnelle, de phénomènes moutonniers dont le bipède est friand. Non. Cette bulle a été gonflée par les autorités de régulation et les banques centrales elles-mêmes.

Par incompétence ou malveillance, peu importe. Notre but est de vous aider à en sortir le mieux possible et même, soyons cyniques, à en profiter dès que nous le pouvons.

Et avec nos visions différentes mais complémentaires, Jim Rickards, Ray Blanco, Mathieu Lebrun, Eric Lewin, Graham Summers, Yannick Colleu et moi-même, nous avons l’audace de penser que nous pouvons y arriver.

Ne dit-on pas que la fortune sourit aux audacieux ?

LES NOTES DE NICOLAS PERRIN

On rase toujours de plus en plus gratis chez les étatistes !

Noël approche, la campagne présidentielle aussi et nous assistons à une surenchère de belles promesses pour séduire les naïfs persistants.

Jean Yanne, lorsqu’on lui demandait ce qui le rendait méfiant, avait coutume de répondre « les garagistes qui ont les ongles propres ». Pas faux ! Il devrait en aller de même pour les hommes politiques qui formulent chaque semaine une nouvelle promesse en n’ayant jamais eu les mains dans le cambouis de l’économie réelle.

Jean-Luc Mélenchon décroche la médaille d’or du podium. Avec lui, l’économie devient tellement simple que c’en est presque beau. « Il y a trop de monde dans ce pays ? Non. Il n’y a pas assez d’emplois », a-t-il déclaré dans un entretien à L’Obs. Inverser la courbe du chômage ? Trop ringard ! Mélenchon veut frapper fort et il promet de réduire le chômage « de moitié ». Comment ? Mais en créant trois millions et demi d’emplois, bien sûr ! Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Pourquoi ne pas résoudre le problème une bonne fois pour toutes en créant les sept millions d’emplois qu’il manquerait en France, puisqu’avec Mélenchon, l’économie, c’est magique ? Voilà pour le « coup d’Etat social » sauce communiste.

Comme le député européen serait devenu l’homme politique le plus populaire de France – en tous cas à en croire le palmarès YouGov de décembre –, ses petits camarades de jeu ont fait du zèle pour tenter de le rattraper.

François Hollande, qui a voulu couper l’herbe sous le pied des partisans du revenu universel, décroche la médaille d’argent avec sa proposition de patrimoine universel. C’est également L’Obs que le Président a choisi pour annoncer qu’il défend « l’idée qu’on doit tous avoir un patrimoine de départ ». Il s’agit en fait d’un « prêt initial garanti par l’Etat » qui « sera pour beaucoup la condition pour s’en sortir ».
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Il ne s’agit donc pas d’un don, puisque comme le précise François Hollande dans L’Express, un prêt, ça se rembourse. « Ou pas », a-t-on envie d’ajouter. En réalité, Hollande nous explique littéralement que, lui aux commandes, nombre de nos concitoyens seraient voués à être dans la mouise et à rester sous la dépendance de l’Etat. Une prise de conscience qui a motivé son renoncement à se représenter à la présidence ?

François Hollande est sur la deuxième place du podium car il fait équipe avec son fidèle lieutenant Jean-Christophe Cambadélis, le seul être au monde à estimer que le Président s’est retiré avec « hauteur de vue ». Le Premier secrétaire du Parti socialiste proposait le 29 novembre un « droit de voyage pour les jeunes », en même temps qu' »un soutien au bénévolat et à la vie associative ». Décidément, les droits-créances poussent comme des champignons Rue de Solférino.

La médaille de bronze revient à Arnaud Montebourg. Troisième place du podium seulement car notre spécialiste français de l’optimisation de CV m’a fait une petite frayeur le 1er décembre : j’ai cru l’espace d’un instant que l’ancien ministre du Redressement productif avait viré libéral ! Il tweetait en effet : « Après l’échec du changement venu d’en haut, il faut le changement par le bas. »

Montebourg aurait-il eu une révélation ? Frédéric Bastiat lui serait-il apparu en vision le 1er décembre alors qu’il annonçait sa candidature depuis la péniche « Rosa Bonheur » ? Allait-il en appeler à plus de liberté pour l’individu, à plus de marché dans l’économie ? Et non, puisque le tweet en question se termine comme suit : « L’Etat a renoncé sur trop de sujets ». Si je lis bien le Montebourg, on doit donc s’attendre, lui Président, à… encore plus d’Etat. Je précise « Si je lis bien le Montebourg », car il faut bien avouer qu’avec le hashtag #LibérerLesFrançais qu’il utilise à tort et à travers, l’ancien ministre fait le maximum pour mystifier le twittos.

Heureusement, d’autres tweets sont là pour nous remettre sur la bonne piste. Arnaud Montebourg a, par exemple, trouvé la solution pour résoudre le problème des déserts médicaux. « Nous ouvrirons partout des dispensaires où les médecins seront salariés pour en finir avec les déserts médicaux », déclame-t-il. Il est vrai qu’il suffit de se la jouer style Mélenchon pour que tous les problèmes soient vite résolus. Raté donc pour la médaille d’or, mais on compte sur notre champion pour reprendre des forces pendant les fêtes et se rattraper l’année prochaine !

Une pensée émue pour Marine Le Pen qui, avec son nouveau logo de campagne, ne décroche que la médaille en chocolat. Grâce à sa fringante rose bleue sans épines, la présidente du Front national récupère un symbole socialiste pour mieux faire comprendre qu’elle aussi joue dans le camp des anti-ultralibéraux, les gentils qui veulent s’occuper de votre bonheur. Dommage pour elle, c’est l’embouteillage permanent sur cette voie-là. Il n’y a qu’à voir les articles de presse qui vous proposent des quizz sur le mode « qui a dit quoi ? » (L’Opinion) entre Marine et Jean-Luc, ou encore le « jeu des sept différences » (Atlantico) entre Le Pen et Mélenchon…

Avec une telle concurrence, François Fillon n’a pas de mal à passer pour ultra-libéral-conservateur qui n’aurait que du sang et des larmes à nous proposer.

Comment réagir en face d’un homme politique qui promet de vous raser aux frais de la princesse, de la puberté jusqu’au cercueil ?

Premier réflexe : n’oublions pas que la princesse, c’est nous !

Deuxième réflexe, nous souvenir de ce propos de l’économiste Thomas Sowell : « Si vous avez voté pour des politiciens qui vous ont promis de vous donner des biens pris à quelqu’un d’autre, alors vous n’avez aucun droit de vous plaindre lorsque ces politiciens vous prennent vos biens et les donnent à quelqu’un d’autre (y compris à eux-mêmes) ».

Troisième réflexe, nous remémorer la loi d’un autre économiste, Howard E. Kershner : « Quand un peuple autonome confère à son gouvernement le pouvoir de prendre aux uns pour donner aux autres, le processus de redistribution ne cesse qu’à partir du moment où le dernier contribuable est dépouillé de tous ses biens ».

Nous voilà désormais équipé pour moins nous faire enfumer !

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