ASAF:Lazare PONTICELLI : Un homme, une parole… de légionnaire. LIBRE OPINION de Serban ICLANZAN et Robert VICENTE.

Adhésion
Dons
Boutique
Contacter l’ASAF

facebook twitter YouTube

L’ARMÉE AU CŒUR DE LA NATION,
DANS LE CŒUR DES FRANÇAIS

Actualité
Archives
Analyses
Agenda
ASAF

Lazare PONTICELLI : Un homme, une parole… de légionnaire. LIBRE OPINION de Serban ICLANZAN et Robert VICENTE.
Posté le jeudi 10 novembre 2016
Lazare PONTICELLI : Un homme, une parole… de légionnaire. LIBRE OPINION de Serban ICLANZAN et Robert VICENTE.

Dernier légionnaire de la Grande Guerre, Lazare Ponticelli fut aussi le dernier poilu à nous avoir quittés, à l’âge de 110 ans. C’était le 12 mars 2008. Aujourd’hui et avec beaucoup de respect, il revient à un légionnaire devenu chef d’entreprise de parler de cet autre légionnaire fondateur d’entreprise, lui aussi.

Comme la majorité de ceux qui rejoignent la Légion étrangère, Lazare est venu avant tout pour ce qu’il appelait « le paradis » : la France. Il venait d’Italie, d’un horizon de misère où l’espérance était synonyme de fuite.

Son histoire est l’histoire d’un jeune homme par deux fois oublié et abandonné. La première fois, abandonné par les siens partis à la recherche d’une solution pour un meilleur avenir. Sans ses parents et sa fratrie, c’est un petit berger de 10 ans ne parlant pas un mot de français qui entreprend un long voyage à Paris. La faim et la misère seront du voyage aussi, comme une fatalité. Cependant le jeune homme arrive avec un trésor fantastique transmis par son père : l’honnêteté et le travail. Ceux qui croisent son chemin lui reconnaîtront ces qualités, lui accorderont leur confiance et il commencera par s’en sortir.

C’est avec un certain Pierre Pécuri qu’il fondera une petite entreprise. Mais la guerre et l’économie de subsistance qui se met en place rendent vains tous leurs efforts. Pour ne pas mourir de faim, Lazare s’engage dans la Légion. Pierre Pécuri partira sur le front lui aussi. Avant de se séparer les deux jeunes gens partagent leur fortune qui se résumait à deux louis d’or. Lazare lui dira : « Tu vois, Pierre, celui-là mourra avec moi. Et si on en revient, on les aura pour racheter du matériel et recommencer notre travail ». La vraie religion de Lazare Ponticelli sera pour toujours le travail.

Après avoir servi au front il sera abandonné une deuxième fois, cette fois-ci par la France et la Légion qui n’ont pas d’autre choix que de respecter les accords avec l’Italie qui prévoient que lui soient livrés tous les ressortissants italiens susceptibles de combattre dans l’armée de leur pays d’origine. C’est dans le froid des montagnes qu’il servira l’Italie face à l’Autriche. Il y découvrira la fraternité des combattants par-delà les tranchées, et la misère qui le poursuit encore et qui s’accommode si bien de cette guerre. Cependant le jeune survivant reviendra fort d’un trésor fantastique : l’honneur et la sagesse.

Deux fronts, deux pays. Deux ennemis. La même guerre, la même souffrance. L’enfant venant d’un triste néant et qui croyait en sa chance, découvre les abîmes de l’humanité et revient encore plus déterminé et assoiffé de vie. Lazare Ponticelli et deux de ses frères, Bonfils et Céleste – ce dernier lui aussi légionnaire – fonderont l’entreprise PONTICELLI Frères, entreprise de construction de cheminées d’usine devenue au fil des années un fleuron industriel. C’est Lazare qui fera tout pour qu’ils se retrouvent unis autour de ce projet. « Union – Travail – Sagesse », voici la devise de PONTICELLI Frères et elle enferme en elle ce dont il a toujours rêvé, ce qu’il a toujours cherché, mais aussi ce qu’il a trouvé dans ce parcours de survivant.

A l’approche du 11 novembre, Robert Vicente, mon aîné et mon camarade ancien légionnaire, m’a demandé de préparer quelques lignes pour « Ponticelli…un des nôtres ». Il avait pris soin de me glisser les mémoires de Lazare que j’ai découvertes et qui m’ont profondément bouleversé. Derrière le légionnaire, j’ai découvert un destin fait d’humilité et de détermination, un homme d’exception. Derrière Lazare Ponticelli j’ai revu nos camarades de la Légion, leurs histoires de vie, leurs destins et toujours cet honneur, cette fidélité, cette recherche du travail bien fait. Et enfin – comme une évidence – ce respectueux dévouement à la France et cet autre dévouement sincère à ses camarades, cette humanité qui n’est jamais aussi sublime que lorsqu’elle côtoie les souffrances et la mort.

Que Lazare ait pu refuser pendant longtemps les obsèques nationales est un fait bien connu. Ce qui compte c’est ce qui justifiait ce refus : « Ce n’est pas juste d’attendre le dernier poilu. C’est un affront à tous les autres, morts sans avoir eu les honneurs qu’ils méritaient. On n’a rien fait pour eux. Ils se sont battus comme moi. Ils avaient droit à un geste de leur vivant…Même un petit geste aurait suffi ».

Lazare Ponticelli est de la trempe de celui qui n’abandonne jamais les siens, car il connaît le prix et la souffrance de tous les abandons. Avec ses frères, il a bâti une entreprise prospère qui fait vivre aujourd’hui des milliers de gens. Du petit berger au « dernier poilu », la vie de Lazare n’a jamais été l’acceptation de la fatalité, mais une succession permanente de décisions courageuses, au nom de ses valeurs et de ses rêves. Son entreprise et ses rêves ne sont pas à vendre et il a prévu que l’assentiment de tous ses petits-enfants soit nécessaire à une telle opération. Car la valeur de son entreprise est réelle, mais aussi et fortement symbolique. Elle vaut le louis d’or d’une promesse. Mais quand on a été un jour légionnaire on connaît et on comprend la valeur de la parole donnée et de la promesse…

L’image que je retiens de cet homme et celle de celui qui, accompagné à la frontière par deux gendarmes qui devaient s’assurer de son transfert à l’armée italienne, décide de s’y rendre dans sa tenue de légionnaire au service de la France. A ce moment Lazare n’avait plus rien en sus de son louis d’or dans la poche si ce n’est la conviction qu’il possédait un destin et que celui-ci le liait à jamais à la France. Cet homme a donné à la France plus qu’elle ne lui a jamais donné et pourtant il a vécu toujours avec le sentiment de lui être redevable. Servir et ne pas se servir, des mots que nous entendons tous et depuis toujours à la Légion…

Ces lignes se veulent un hommage à Lazare, à nos camarades de tous temps, aux « engagés gamelle » ayant donné de leur santé, leurs rêves et leur jeunesse, à tous ceux qui par peur d’abandon ou pour ne pas abandonner ont servi et serviront avec « honneur et fidélité » dans les rangs de la Légion étrangère. On y rentre tous un louis d’or dans la poche : celui de nos rêves et celui d’une promesse.

Merci Lazare d’avoir tenu la tienne. Repose en paix aux paradis…en France.

Serban ICLANZAN et Robert VICENTE

Tout simplement légionnaires

Serban Iclanzan est un ancien légionnaire de la dernière décennie, juriste de formation, devenu chef d’entreprise et élu conseiller départemental en Haute-Garonne ;
Robert Vicente est un ancien légionnaire d’il y a trois décennies, président de l’Association de défense du patrimoine et de l’âme toulousaine, particulièrement actif dans les œuvres sociales et le soutien à nos armées et nos blessés.

Pour télécharger la libre opinion, cliquez sur le PDF ci-dessous.
logo pdf
Source : http://www.asafrance.fr
Poster un commentaire

Vous êtes indentifié en tant qu’invité.
Saisissez les caractères ci-dessous
Image reCAPTCHA
Nouveau test
Test audio
Adhérer

Adhérer à l’ASAF, c’est renforcer la Défense de la France.

Lettre d’information
Inscrivez-vous pour recevoir gracieusement les lettres de l’ASAF.

BOUTIQUE
Dernières parutions
Engagement N°112 – Automne 2016
Engagement N°112 – Automne 2016
5,00€
Indochine – Hors série
Indochine – Hors série
10,00€
Permanence
Permanence
20,00€
Archives
Dans le titre
Dans l’article
Par thème
Par composante
Par opération
Par date
Par source
Derniers commentaires
R99242V

12. novembre, 2016 | Voir

1978, 1979, opérationsTacaud et Lamentin sur Jaguar sous les ordres du Gal Forget  »le Grand » commandant la FATAC.
Nous étions bien…
ZAMMIT Pierre

09. novembre, 2016 | Voir

Et celà fait plus de 25 ans que, tous gouvernements confondus, la défense est la principale variable d’ajustement des budgets. Et…
Jean Bernard COMTE

08. novembre, 2016 | Voir

Il serait bien que ceux qui décident ou auront à décider des conditions de l’emploi de l’arme, aient effectué des stages longs dans…
Christian LAPAQUE Lt-Cel (er)

08. novembre, 2016 | Voir

La Victoire luira sur le dernier combat.
Seigneur, faites que ceux qui connaîtront ces heures
Se souviennent de ceux qui ne…
Christian LAPAQUE Lt-Cel (er)

07. novembre, 2016 | Voir

Il suffit de changer l’appellation de Ministère de la défense en Ministère des armées. (!)
Et faire porter comme autrefois par…
Twitter
twitter icon

ASAF @ASAFRANCE2
Le salon #Eurosatory va bientôt fermer. Merci à nos visiteurs et rendez-vous sur le site de l #ASAF
twitter icon

ASAF @ASAFRANCE2
Venez à la rencontre de l #ASAF au E397 Derniers « Engagement » disponibles sur le stand #cogeseurosatory #Eurosatory https://t.co/lCN2eCgogX
twitter icon

ASAF @ASAFRANCE2
RT @AT_Delac: @ASAFRANCE2 à l’@ege_fr le 9 juin à 19h! https://t.co/V3yWdpu1SW Vous inscrire: https://t.co/ByPKSejw4V #SaveTheDate https://…
twitter icon

ASAF @ASAFRANCE2
JUPPÉ : Arrogance et autisme. Billet du général Henri PINARD LEGRY, Président de l’ASAF. https://t.co/JqgsrWZvkL
twitter icon

ASAF @ASAFRANCE2
ASSEMBLÉE NATIONALE : Questions au #Gouvernement sur la #cession d’#EntreprisesDeDéfense. https://t.co/CmV4kANH8N
Facebook

Nous avons 169 visiteurs en ligne
A propos de l’ASAF

© ASAF 2016 – Mentions légales

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s