Théorie Relative de la Monnaie par Stéphane Laborde

Théorie Relative
de la Monnaie
© Stéphane Laborde 2011 (GPL V3)
http://wiki.creationmonetaire.info
Publié en Juin 2011
Préface de Yoland Bresson
La théorie relative de la monnaie de Stéphane
Laborde s’inscrit dans la grande tradition
française de travaux de sciences économiques
produit par des ingénieurs tels ceux de Dupuit,
Cournot… jusqu’à notre seul prix Nobel de la
discipline : Maurice Allais.
Mais, toute science se construit un langage
particulier et je crains que les économistes,
comme l’honnête homme du siècle, ne saisissent
pas vraiment tout l’intérêt de cet apport
théorique sans une « traduction ».
Le « Système à Dividende Universel » que
propose l’auteur est un système monétaire dans
lequel la monnaie est uniformément distribuée
entre tous les acteurs, individus de tout âge et
de tout sexe, chacun d’eux en en recevant une
part égale.
Nous avons presque tous déjà pratiqué un tel
système… en jouant au Monopoly. En effet
chaque joueur reçoit au départ la même quantité
de monnaie, et à chaque tour par passage à la
case départ de la monnaie supplémentaire est
ajoutée, chacun percevant une même somme.
Un tour est la période de base théoriquement
3
identique pour tous, sauf que selon les aléas du
jeu, les jets de dés… le tour est fait plus ou
moins vite et que les ajouts de monnaie s’en
différencient selon les joueurs. Notez que
l’égalité des dotations monétaires n’empêche
pas l’apparition de gagnants et de perdants
selon les choix individuels et les opportunités du
hasard.
Actuellement, dans notre réalité, la répartition
de la masse monétaire ne correspond pas à un
tel système. Elle est créée et distribuée sous
forme de dette par l’intermédiaire du système
bancaire qui répond à la demande de monnaie
des particuliers en leur prêtant bien plus de
monnaie qu’elles ne détiennent elles-mêmes
contre un intérêt supérieur à celui qu’ellesmêmes
doivent supporter en s’approvisionnant
auprès de la Banque Centrale, émettrice en
premier et dernier ressort. Le pays dispose ainsi
d’une masse monétaire dite M3.
Il faut bien distinguer la masse monétaire,
stock de monnaie disponible, comme
éternellement présent, fixe sauf création
monétaire supplémentaire, des flux de revenus
en monnaie que captent les individus dans
l’activité économiques et les échanges : la masse
monétaire engendre des flux de revenus dont la
somme sur l’année est traditionnellement
évaluée comme le PIB. Ce lien qui paraît trivial
est en vérité très subtil comme nous le verrons
plus loin.
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Dès lors l’auteur cherche à répondre à la
question suivante : Quelle règle de création
monétaire doit-on adopter, et à quelle rythme
faut-il accroître la masse monétaire, de façon à
instituer un système à Dividende Universel, tel
que sa densité, c’est-à-dire sa répartition selon
les individus, soit uniforme dans l’espace et dans
le temps ?
Il suppose une population stable en nombre
avec une espérance de vie donnée. C’est-à-dire
qu’il admet un solde démographique naturel nul :
il y a autant de naissances que de décès et pas
de migrations. L’espérance de vie correspond
alors à la durée au bout de laquelle il n’y a plus
aucun ancien vivant. La population est
totalement renouvelée depuis la mise en place
de la nouvelle règle ; la densité est maintenant
pour tous uniforme qu’elle que soit celle qui
prévalait à l’origine. Le Système à Dividende
Universel, celui rappelons-le où chacun reçoit
une part égale de la masse monétaire est
complètement réalisé.
La réponse est ce que l’auteur appelle le
« Dividende Universel Optimal » : la masse
monétaire doit annuellement croître d’un facteur
« c », évidemment inversement proportionnel à
l’espérance de vie- c’est-à-dire à la durée de
renouvellement de la population ou à celle de la
mise en place complète du système – et ce
surplus de monnaie doit être également et
inconditionnellement distribué entre tous les
membres de la population. Ce facteur c est égal
5
à 5% environ pour une espérance de vie de 80
ans.
Comment en déduire la somme
inconditionnelle à attribuer non pas en masse
monétaire mais en flux de revenu mensuel, un
« revenu d’existence », ici tout à fait conforme à
sa définition : revenu attribué parce qu’on existe,
membre de la communauté et non pour exister ?
Si on calcule, comme le fait l’auteur, pour
l’Europe, 5% de la masse M3 d’euros divisé par
les 330 millions d’européens on obtient 1515
euros par personne. Qu’est-ce que cela signifie ?
Il faut créer 5% de monnaie supplémentaire
cette année et la distribuer au 1er janvier
prochain en donnant 1515€ à chaque européen
et ne plus créer de monnaie pendant toute
l’année 2011.
Recommencer au 1er janvier 2012, 5% en
plus… et ainsi de suite de telle sorte que dans 80
ans chacun détiendra une part égale de M3 de
l’époque. Cette méthode ne sera applicable que :
s’il existe un seul émetteur de monnaie, la BCE
par exemple, créant les euros supplémentaires
soit en billets, soit en créditant tous les comptes
des particuliers et qu’elle impose le 100%
monnaie, comme le souhaitait Maurice Allais, les
banques ne pouvant prêter plus qu’elles n’ont en
dépôts.
Une telle mise en place correspondrait à un
bigbang institutionnel. Une attribution mensuelle
de revenu, un revenu d’existence, semble une
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instauration moins traumatisante pour nos
institutions.
Comment passer de la masse monétaire au
revenu ?
Si on divise simplement les 1515€ par 12
mois, c’est qu’on suppose implicitement que la
masse monétaire met exactement une année
pour engendrer un flux total de revenus égal à
elle-même. C’est d’ailleurs ainsi que j’ai défini
« l’Unité de Temps Economique » seule norme
sur laquelle le passage de la masse aux flux peut
partout s’exprimer sans distorsion. En effet selon
les pays ou les époques et les circonstances,
expansion, récession, une même masse de
monnaie circule plus ou moins vite, portant des
échanges plus ou moins fréquents, assortis de
valeurs en monnaie plus ou moins élevés. En une
année civile la somme des flux peut alors valoir
trois fois la masse. L’unité de temps économique
ne correspond pas à l’unité de temps réel. Avec
un PIB qui serait égal à 3M3, l’unité de temps
économique équivaut à un trimestre et à un
semestre si le PIB égal 2M3.
En réalité le PIB est compris entre 2 et 3 M3.
Donc les 1515€ devraient être divisés entre 4 et
6 mois pour nous donner le revenu mensuel. On
obtiendrait pour l’Europe approximativement
300€ par mois et par personne de dividende
universel ou plutôt de revenu d’existence pour
rester en conformité avec le langage
économique : un dividende est donné en une
fois, en principe, tiré d’un stock, ici la masse
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monétaire, un revenu est un flux régulier issu des
échanges en monnaie.
Il est remarquable que la théorie de Stéphane
Laborde rejoigne celle de la valeur-temps jusque
dans la mesure puisque son dividende universel
pour l’Europe se rapproche par le bas du revenu
d’existence issu de la valeur-temps qui donne
aujourd’hui 350€ environs pour la France.
Ces deux théories, théorie relative de la
monnaie et valeur-temps convergent pour bâtir
les fondations d’un nouveau paradigme, d’une
nouvelle vision de l’économie. Sur elles pourrait
s’élever l’architecture d’une nouvelle
organisation sociale plus respectueuse de
l’égalité qu’il nous faut imaginer. J’ai
personnellement tenté d’en proposer une, tirant
les conséquences envisageables de l’instauration
du revenu d’existence ou du système à
dividende universel, pour suivre l’auteur, en
publiant « Une Clémente Economie ». Mais cet
essai n’est ni exclusif, ni définitif. La « Théorie
Relative de la Monnaie » offerte à la libre
communauté des internautes est une invitation
qui lui est adressée, dans un partage total
d’idées créatives, pour imaginer, puis concrétiser
un autre monde.
Yoland Bresson
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Introduction
C’est mon expérience de 20 ans d’activités
économiques qui est passée du bénévolat, à
l’entreprenariat en passant par le salariat, au
sein d’un système en crise profonde, et qui a vu
son sommet paroxystique en 2007, qui m’a
poussé à m’intéresser à la monnaie. Jusqu’alors,
il ne m’était pas apparu que les problèmes
sociaux et économiques pouvaient être liés à la
nature même de ce code qui régit pourtant
toutes les activités d’échange.
Les modèles appliqués par le monde financier
reposent sur des préjugés quant à la nature de la
valeur, et sont en 2010 fortement influencés par
les développements théoriques de la mécanique
quantique, non pas pour la structure de la
monnaie, mais pour l’estimation des risques
d’investissement.
Or, et c’est sans doute là l’apport principal de
la Théorie Relative de la Monnaie, il faut prendre
conscience des enjeux de la mondialisation qui
amène des milliards de personnes à développer
des échanges monétisés, ainsi que des
déséquilibres historiques des échanges
intercontinentaux.
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Mais pour pour cette échelle globale, ce sont
les idées liées non pas à la mécanique
quantique, mais à la Relativité, qui sont les plus
pertinentes pour espérer comprendre ce qui ne
fonctionne pas et tenter d’apporter les mutations
nécessaires.
Une analyse fondée sur l’expérience
économique directe, associée à une étude des
mécanismes du système monétaire actuel, m’ont
fait comprendre que ce dernier reposait sur des
concepts pré-relativistes et sur une profonde
asymétrie, qui font des centres d’émission
monétaire des anomalies sources de biais.
Le sujet de ce livre est donc non pas de définir
le système monétaire tel qu’il existe, mais de
définir ce que devrait être une monnaie
équitable dans l’espace-temps, et que j’appelle
aussi « monnaie relative » en ce qu’elle ne peut
se définir que relativement à tout repère de
mesure indépendant : celui lié à tout individu
citoyen de la zone économique concernée.
Nous verrons que c’est la notion fondamentale
d’un champ de valeur en expansion qui permet
de comprendre l’évolution de l’économie sous un
angle global, et qui nous oblige à définir la
monnaie, non seulement en englobant
l’économie telle qu’elle est ici et maintenant,
mais aussi telle qu’elle sera pour les générations
suivantes. Cette approche implique non
seulement de redéfinir le système monétaire en
accord avec le principe de relativité (qui est un
principe de symétrie), mais permet également
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d’interpréter les phénomènes économiques
historiques avec un nouveau point de vue, de
nouveaux concepts, et donc une nouvelle
interprétation causale.
Je finirai cette introduction en affirmant la très
grande surprise intérieure que j’ai ressentie à la
découverte du Dividende Universel comme
paradigme central de la monnaie relativiste. Je
n’y étais réellement pas préparé au
commencement de cette réflexion.
Mais ensuite, et j’y reviendrai, mon
étonnement fut plus grand encore quand j’ai
découvert les travaux de Yoland Bresson sur la
« valeur temps ». Même si les équations
différentielles qu’il nous propose diffèrent dans la
forme de celles que j’ai établies pour décrire la
même notion de champ de valeur, on retrouve
exactement les mêmes mises en rapport des
mesures globales et locales. Je n’ai donc eu
aucun mal à les traduire dans mon propre
référentiel théorique pour les comprendre.
Alors que la démarche de Yoland Bresson
partait d’une théorisation des échanges
économiques, et que la mienne partait d’une
théorisation d’une monnaie relativiste, le fait que
les deux démarches aboutissent à un résultat
similaire n’ont fait que conforter ma conviction
de la très grande pertinence de ce résultat, et
c’est pourquoi je lui ai demandé de rédiger la
préface de la Théorie Relative de la Monnaie.
J’ai voulu synthétiser l’essentiel des
conclusions auxquelles j’ai abouti, et que j’ai
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abondamment illustrées par ailleurs sur le site
http://www.creationmonetaire.info.
Je souhaite que la théorie relative de la
monnaie permette d’aider à établir une
économie la plus équitable possible, et qui soit
bénéfique à l’ensemble de ses acteurs présents
et à venir.
Stéphane Laborde
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Conseils de lecture
Comme une version 2.0 vient avec les retours
de la 1.0, je précise en préambule, que les
théoriciens à l’aise avec les notions de
formalisation théoriques générales, ainsi qu’avec
l’économie et la monnaie peuvent sans problème
commencer la lecture dans l’ordre établi.
Mais pour les autres, il peut être profitable de
commencer d’abord par la partie historique qui
commence au chapitre « Zooms sur l’histoire de
la monnaie », pour n’attaquer la partie théorique
qu’ensuite.
La raison en est que la partie historique est
tout d’abord plus agréable à lire (ça c’est le
retour de la TRM 1.0 !), et qu’ensuite elle vous
donnera une appréciation de l’ordre de grandeur
des phénomènes qui sont traités ici.
On parle ici d’Espace et de Temps, et des
phénomènes qui s’y déroulent sur le plan
économique et monétaire. Il faut prendre
conscience que l’échelle qui sert de repère à ce
que nous traitons ici dépasse une vie humaine,
bien qu’ayant des conséquences directes dans la
vie de chacun. Et sans prendre la mesure de
cette échelle on risque de ne pas forcément bien
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saisir l’importance de petits changements
accumulés sur une longue période.
14
Définitions
On ne peut valablement étudier l’économie
sans faire appel à un repère et une mesure de
référence des échanges, de la même façon qu’en
toute science, le repère considéré et les unités
de mesure se doivent d’être définies avant toute
étude.
Tout comme un repère et des unités de temps
et de longueur sont nécessaires à l’établissement
des lois physiques, aucune étude poussée ne
peut être menée sans que ne soient définis
auparavant le repère de référence de l’économie
et l’unité de mesure associée.
Repère associé : la zone économique (ou
zone Monétaire)
Une zone économique ou zone monétaire
constitue le repère de base de l’étude
économique. Qu’est-ce qui la caractérise ?
– La production individuelle ou collective
(entreprenariale) de biens et de services
– L’échange de biens et de services entre
individus ou collectivités d’individus.
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Les individus ou collectivités d’individus sont
inévitablement amenés à échanger, ne serait-ce
que de l’information, de l’éducation, du lien… Ce
qui caractérise donc fondamentalement la zone
économique c’est l’ensemble des individus qui la
composent. L’économie existe partout et en tout
temps dès que des collectivités d’individus
produisent et échangent des biens et des
services, et cela quelle que soit la nature de ces
biens et services. Par contre, on ne peut pas
définir de zone économique vide d’individus.
C’est donc bien l’individu qui constitue la seule
valeur commune et fondamentale de tout repère
d’observation.
Mais pour aller plus loin, cet ensemble
d’individus évolue dans le temps avec les
naissances et les morts, l’immigration et
l’émigration. La zone économique peut donc se
représenter comme un espace temps discret en
constante création/destruction où chaque point
temporaire représente un individu à durée de vie
limitée.
Il s’agit donc d’une trame spatio-temporelle en
transformation continue, non statique, discrète,
où chaque point d’espace-temps est créé à une
date déterminée (naissance d’un individu) et a
une durée de vie limitée qui, en moyenne,
correspond à l’espérance de vie « ev » de la zone
économique considérée.
Par ailleurs, et c’est la définition fondamentale
de la Relativité en économie, tout individu a une
vision personnelle et unique de la valeur de toute
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chose, et aucun des individus ou groupement
d’individus d’une zone économique donnée n’est
en mesure d’imposer aux autres une vision
particulière de ce qui est de la valeur ou ce qui
n’en est pas.
Zone économique pseudo-isolée
Une zone économique est dite pseudo-isolée
quand, pour une durée de temps donnée, on
peut considérer qu’elle vit de façon autonome ou
quasi-autonome vis à vis de l’extérieur. Ce peutêtre
le cas d’économies sur des îles encore
autonomes, où la subsistance des individus est
assurée par une production alimentaire
suffisante (ce qui est là aussi tout à fait relatif,
on peut par exemple étudier le cas de certains
ascètes), mais aussi le cas d’un groupement
d’individus topologiquement complexe, répartis
dans un espace non connexe, transnational, voire
transcontinental. Du moment que ce collectif
manifeste une autonomie, on peut le considérer
comme une zone économique pseudo-isolée,
capable d’auto-gérer son flux de production et
d’échanges, au moins sur une petite période de
temps.
Mesure de la valeur : Les échanges
monétisés
Quand il y a échange de biens et/ou de
services, on parle d’échanges de valeurs. X
échange avec Y une valeur Vx = Vy = Px * Cx =
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Py * Cy, où « Px » représente le prix dans l’unité
de mesure commune (appelée la monnaie
commune) de la production de X « Cx ».
Cette définition de la valeur est parfaitement
relative à l’observateur qui la mesure, ainsi si X
considère que Vx=Vy, il se peut que Y considère
que Vy >> Vx, et ne s’en porte pas moins bien.
Par ailleurs Z qui observerait cet échange
pourrait tout à fait juger selon son propre
référentiel que Vx et Vy n’ont pas de valeur.
Il est bon de rappeler ici combien les hommes
ne sont fondamentalement pas d’accord tout le
long de leur histoire sur la valeur respective de
leurs biens. Aussi l’égalité des valeurs échangées
n’est pas un critère économique indépendant de
l’observateur, ce qui se constate aussi par les
actions de dons ou de taxations sans retours, et
donc non symétriques, où l’égalité des valeurs
échangées n’est pas respectée en fonction du
point de vue.
C’est pour des besoins d’universalité de la
mesure de valeur, que les individus s’accordent
sur une mesure commune d’échange qu’ils
appellent monnaie. Une monnaie définie donne
une valeur à toute chose dans la même unité,
pour un repère d’observation donné, ce qui
permet des comparaisons plus aisées.
La monnaie joue donc le rôle non seulement
d’outil d’échange entre individus de la zone
économique, mais aussi de seule valeur
indépendante du référentiel d’observation.
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Ceci étant posé, il existe historiquement et
localement, un grand nombre de définitions
différentes de la monnaie, qui impliquent des
types d’échanges fondamentalement différents,
et qui sont le plus souvent ignorées par ceux qui
acceptent de l’utiliser.
Ces cas d’ignorance de la nature de la
monnaie utilisée le plus souvent de façon
contrainte, constituent une violation du droit
contractuel de base en économie, qui suppose
l’acceptation des parties impliquées quant au
type d’échange proposé.
On peut sans hésiter déclarer que l’imposition
d’usage d’une monnaie non contractuelle (ne
faisant pas l’objet d’une acceptation volontaire)
constitue un acte contraire aux droits de
l’homme de disposer de sa vie pour sa part
économique, et une violation des principes
constitutionnels de liberté et d’égalité.
Et donc à minima dans une démocratie réelle,
la monnaie officielle ne peut être réellement
acceptable que si elle fait l’objet d’une
élaboration démocratique dans sa définition,
ainsi que dans sa validation, son acceptation, et
son abandon.
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Formalisation
Principe de relativité
Le principe de relativité tel que défini par
Albert Einstein postule que « les Lois physiques
s’expriment de manière identique (ont la même
forme) dans tous les référentiels » (référentiels
inertiels ou non). On l’appelle aussi principe de
symétrie, ou encore covariance. Le principe ne
signifie pas que les observateurs mesurent la
même chose, mais que les Lois physiques que
l’on établit doivent, suite à leur transformation
en passant d’un référentiel à l’autre, avoir la
même forme générale. Aussi les mesures sont
bien différentes d’un observateur à l’autre, la
seule mesure invariante étant celle de la vitesse
de la lumière.
Pour l’économie j’ai étendu ce principe à la
notion de monnaie « La monnaie, en tant que
code universel qui régit les échanges
économiques, doit fonctionner de manière
identique dans tous les référentiels », et de
valeur « tout individu est libre d’estimer ce qui
est valeur et ce qui ne l’est pas ».
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Dans l’économie, tout couple observateur /
référentiel est un individu au sein de sa zone
monétaire, et les principes doivent être valables
et de même forme, quelle que soit la position
spatio-temporelle envisagée. Il s’agit donc aussi
d’appliquer le 1er article des Droits de l’Homme
quant à l’égalité devant le droit entre les
individus, pour l’appliquer non seulement au
code qui va régir la monnaie commune, mais
aussi à la mesure relative de toute valeur, qui est
aussi la compréhension de la liberté de choix de
l’individu vis à vis de la valeur, au niveau de sa
production, autant que de son échange.
Autrement dit « Aucun individu ne doit être
privilégié quant au jugement et la mesure de
toute valeur».
Liberté, valeur, monnaie, repère
On ne peut pas non plus établir un ensemble
théorique cohérent sans préciser les libertés
fondamentales auxquels il se réfère. Ces libertés,
absentes des théories classiques, n’y sont pas
exprimées pour la bonne raison que ces théories
les ignorent.
a) Liberté
La liberté se définit comme la non-nuisance à
soi-même et à autrui. Ce principe de symétrie
essentiel, permet de distinguer ce qui est de
l’ordre de la liberté économique de ce qui ne l’est
pas.
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b) Valeur
On entend par valeur tout bien économique
matériel, énergétique, immatériel, spatial ou
temporel. Par exemple on pourra attribuer une
valeur à un fruit, de l’électricité, un logiciel, un
terrain ou un enseignement. Le principe de
relativité nie toute mesure absolue de valeur.
Toute valeur est fluctuante et relative à l’individu
qui l’utilise, la produit ou l’échange, ainsi qu’à
l’espace-temps considéré.
c) Monnaie
La monnaie est un outil de compte et
d’échange commun à tous les citoyens de la
même zone économique (par extension on
pourra dire « universel », en ayant conscience
qu’il s’agit d’un « universel » au sein de la zone
monétaire considérée).
d) Zone monétaire
Une zone monétaire (ou zone économique) se
définit par un espace souverain, et ses citoyens
présents et futurs. Il s’agit donc d’un espacetemps
local.
Axiomatique
Le principe de liberté doit s’accorder avec tout
individu présent et futur, et nous permet de
définir les trois libertés économiques
fondamentales sous la forme des axiomes
fondamentaux suivants :
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a) Liberté d’accès aux ressources
Tout citoyen est libre d’accéder aux ressources
b) Liberté de production
Tout citoyen est libre de produire de la valeur
c) Liberté d’échange
Tout citoyen est libre d’échanger avec autrui
« dans la monnaie »
La liberté étant définie comme non-nuisance,
il ne faut pas tomber dans l’erreur logique
basique qui consisterait à interpréter les libertés
économiques comme un droit de violer la
propriété d’autrui, de produire ou échanger ce
qui ne serait pas permis par la Loi.
Comment donc interpréter la « liberté d’accès
aux ressources » ? On doit l’interpréter sous
l’angle de la non-nuisance comme le stipule la
« clause Lockéenne » :
Lorsque quelqu’un s’approprie un objet, il doit
en rester « suffisamment et en qualité aussi
bonne en commun pour les autres ».
Par exemple quelqu’un n’a pas le droit de
s’approprier l’unique source d’eau d’un désert,
sans que soit assuré un accès minimal à l’eau
pour quiconque.
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Code libre et système monétaire libre
Un code libre tel que défini dans le monde
logiciel (« free software ») consiste en un code
de programme informatique ouvert, et
modifiable par ses utilisateurs. Ce principe de
« liberté du code » est fondamentalement
compatible avec le principe de Relativité, parce
que si les Lois sont indépendantes du référentiel,
c’est bien qu’elles ne sont ni cachées, ni
inaccessibles via l’expérimentation où que l’on se
trouve.
Or la monnaie est actuellement un code
propriétaire caché, dans le sens où la monnaie
est contrôlée par des règles non modifiables
démocratiquement (essentiellement les règles
de Bâle I, II et bientôt III, qui ne sont en aucune
manière établies suivant un processus
démocratique), et que les opérations effectuées
par le système Bancaire concernant l’émission de
crédits asymétriques ne sont pas transparentes.
La crise historique des « subprimes » qui a vu
son sommet en 2008 en est la dernière
illustration en date.
Selon les conséquences de la « perspective
numérique » révélée par Olivier Auber, le choix
d’un système implique le choix du code qui le
régit, et n’est pas neutre. On doit donc se poser
la question de la transparence et de la légitimité
du code.
Ceci implique que la liberté du code qui régit
un système (ici la monnaie, code de tous les
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échanges économiques), est une notion
préalable au choix, sinon il n’y a tout simplement
pas de choix, et donc pas de liberté. Selon ce
critère défendu par l’inventeur du logiciel libre
Richard Stallman, si vous acceptez d’utiliser un
système dont le code n’est pas libre, vous vous
privez de libertés fondamentales.
La conséquence d’un système monétaire à
code caché, est l’émergence d’une économie
dont le champ de valeur est une structure
topologique pyramidale auto-reproductive et
instable. Par contre la conséquence de
l’utilisation d’un système monétaire libre est
l’émergence d’une économie dont le champ de
valeur est une structure sphérique en expansion
dans l’espace-temps, compatible avec le
renouvellement des générations.
On fera toutefois la différence entre les
libertés logicielles définies par la Free Software
Foundation (FSF), qui sont au nombre de quatre,
et celles liées aux libertés d’un protocole de
communication ou d’échange comme la
monnaie, qui lui ne peut pas être modifié
individuellement sans se couper de la
communauté qui l’utilise. Ainsi pour le logiciel
libre, les libertés définies par la FSF sont :
– Liberté d’utilisation
– Liberté d’accès au code source
– Liberté de modification du code source
– Liberté de copie
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Qui sont différentes des quatres libertés qui
doivent être associées à un système monétaire
libre :
– Liberté de modification démocratique
– Liberté d’accès aux ressources
– Liberté de production de valeurs
– Liberté d’échange « dans la monnaie »
Exemples : En 2011, l’euro ne peut-être
considéré comme une monnaie d’un système
monétaire libre puisque son code (les accords sur
le code monétaire) ne sont pas modifiés via un
processus démocratique.
Nous pouvons parler de l’euro comme d’une
monnaie privatrice de liberté (ou un système
monétaire privateur), au moins au sens de la
première liberté (et plus encore selon la
quaitrème liberté comme nous le verrons par la
suite).
Autre exemple : l’or. Nous pouvons parler de
l’or comme d’un candidat monétaire ne
respectant pas au moins la troisième liberté
économique « d’échange dans la monnaie »,
pour la raison simple – que nous développerons
par la suite – qu’il n’est pas universellement
accessible au sein d’une zone économique. Une
telle « monnaie » qui force le retour au troc là où
elle n’est pas présente, ne peut avoir la
caractéristique de liberté « d’échange dans la
monnaie ».
27
Et c’est pourquoi la TRM fait la différence entre
une valeur spécifique et la monnaie « moyen
d’échange universel » au sein de la zone
monétaire.
C’est le même rôle que joue la vitesse de la
lumière au sein de la physique Relativiste. La
lumière n’est pas un objet physique comme les
autres. Sa vitesse, donnée d’espace/temps (une
distance divisée par un temps) est la même dans
tous les référentiels. Et c’est parce que les
observateurs s’accordent sur ce point, qu’ils en
déduisent la relativité des autres mesures pour
établir une théorie relativiste compatible entre
eux, différente selon les référentiels, mais « de
même forme ».
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Problème des trois producteurs
La nécessité de définir une monnaie commune
étant admise au sein de la communauté des
individus, et malgré leurs désaccords
fondamentaux quant à ce qu’il peuvent juger
comme étant de la valeur ou pas, il reste un
problème fondamental de définition de cette
monnaie. Il se réduit au problème des trois
producteurs :
X, Y, et Z, produisent respectivement des
valeurs Vx Vy et Vz.
X souhaite obtenir Vy, Y souhaite obtenir Vz,
et Z souhaite obtenir Vx.
On le voit immédiatement, les échanges ne
peuvent pas se faire bilatéralement, mais
circulairement. Comme par ailleurs il est tout à
fait possible que X n’accorde aucune valeur à Vz,
Y à Vx, et Z à Vy (hypothèse vérifiable de
relativité de toute valeur), aucun des biens ou
services produits ne peut servir de mesure
commune. C’est bien là le point fondamental, qui
implique que la monnaie devra être définie sur
une base indépendante des valeurs produites par
chacun.
29
(Luc Fievet TRM 2.0)
Le problème existe aussi dans le temps où, les
individus, les productions, les services et les
besoins évolueront dans leur nature, et seront
progressivement amenés à disparaître ou à être
remplacés. Il n’en devient pas moins nécessaire
d’avoir, à tout instant, la possibilité d’échanger
de façon convenable la production des uns et des
autres, afin de satisfaire leurs besoins évolutifs
respectifs.
Donc, non seulement « dans l’espace » (pour
un temps d’évolution court « dt ») les valeurs ne
sont pas communément reconnues par les
producteurs et font pourtant l’objet d’échanges
possibles circulairement, mais « dans le temps »
les individus et les valeurs produites changent du
tout au tout.
Il n’en reste pas moins, que pour un temps
suffisamment court, on constate une certaine
30
stabilité. Il y a donc une évolution continue des
paramètres économiques, dont la monnaie que
nous voulons définir, qui permet aux producteurs
présents à tout instant, et au moins pour ce
temps court, de s’accorder sur la stabilité de leur
outil d’échange circulaire.
(Luc Fievet TRM 2.0)
Aussi seule une quantification purement
mathématique des échanges, indépendante de
tout bien ou service de référence est acceptable
par les acteurs du problème des trois
producteurs. Ce qui n’enlève en rien de la valeur
à la monnaie, puisque quoique purement
mathématique, sa quantité totale est limitée à
tout instant. Le potentiel d’achat qu’elle recèle
demeurera donc limité par les prix au delà
31
desquels les producteurs ne pourraient pas
échanger leurs productions par manque de
monnaie.
Problème de la valeur de référence
(Système Monétaire 1.0)
La valeur de référence est un ancien problème
économique à la base de crises importantes,
dues pour l’essentiel à l’incompréhension du
problème des trois producteurs.
La valeur de référence constituait à imposer
aux acteurs une monnaie dont la production était
contrôlée par les producteurs d’un bien
déterminé, par exemple les métaux rares, ce qui
leur conférait un avantage évidemment
considérable quant à l’information sur la quantité
de monnaie disponible dans le futur, ainsi que
sur le contrôle de la masse monétaire, au
détriment des autres acteurs qui ne possédaient
pas cette information, et subissaient alors la
rareté ou le surplus arbitraire de ce type de
monnaie pour leurs échanges économiques.
Si par ailleurs, et c’est bien majoritairement le
cas, cette valeur de référence n’est d’aucune
utilité dans une zone économique pseudo-isolée,
elle n’a d’autre rôle fondamental que de
quantifier les échanges, ce qui est très
avantageusement remplacé par une mesure
purement mathématique.
Certains tenants de la valeur de référence
objectent qu’au moins avec cette valeur il est
difficile de tricher quant à la création monétaire,
32
puisqu’il faut apporter la valeur matérielle. Ceci
est faux car l’histoire a montré que bien que
gagée sur une valeur de référence, la monnaie
n’en a pas moins subi des poussées
inflationnistes ou déflationnistes, et provoqué
des faillites et des crises économiques par non
respect de cette « preuve » matérielle. Ce n’est
donc pas une question de gage, mais des
problèmes de transparence, de confiance, autant
que d’éthique et de respect de l’équité, qui font
le fondement de la confiance dans la monnaie
commune.
Par ailleurs, la valeur de référence n’est pas
productible partout dans l’espace et encore
moins dans le temps en fonction de sa rareté et
de son épuisement, ce qui implique des périodes
d’afflux et de raretés monétaires, un phénomène
qui ne remplit pas les conditions de symétrie
temporelle de la création monétaire quant aux
générations futures. La génération qui décide
d’adopter une monnaie de cette nature, le fait au
détriment des générations suivantes, qui se
verront imposer une monnaie devenue rare et
possédée essentiellement par les premiers
entrants ou leurs héritiers directs. C’est un
facteur profondément bloquant des échanges
économiques, d’autant qu’il existe quantité de
preuves directes que les valeurs économiques ne
sont pas jugées pareillement entre plusieurs
générations.
Prenons un exemple précis : en 2010
l’informatique et les réseaux de
33
télécommunication ont pris une part de la valeur
globalement échangée dans l’économie sans
commune mesure avec ce qui existait dans les
années 1980. Pour autant ce serait une erreur de
penser qu’il faudrait aujourd’hui créer
arbitrairement plus de monnaie gagée sur cette
valeur, alors que la valeur qui dominera en 2030
sera peut-être encore plus fondamentalement
différente d’après le jugement de la génération
alors présente à ce moment là. Ce serait tout
simplement prendre des décisions à leur place,
alors qu’ils sont déjà pour l’essentiel parmi nous,
et manifestent déjà leur volonté de transformer
l’économie selon leur propre point de vue.
Autre exemple pris sur le passé : Quand on
voit la valeur relative de l’or, on constate sans
aucune ambiguïté possible que, pour la
génération des années 1980, il ne faisait pas de
doute que ce métal était une valeur importante.
Pourtant en 2010, et bien qu’en valeur faciale l’or
ait battu ses records historiques rapporté à la
totalité de la monnaie en circulation, il pèse bien
moins dans l’économie quoique restant une
valeur toujours échangée.
Cela ne signifie pas que cette valeur
spécifique ne puisse pas évoluer de nouveau
vers de tels sommets relatifs, mais bien qu’elle
évolue de façon décorrélée de l’émission
monétaire fiduciaire qui en est donc
indépendante au moins en partie. Il n’est donc
besoin d’aucune valeur spécifique pour créer une
monnaie à part la seule qui soit fondamentale et
34
universellement présente dans l’espace et dans
le temps au sein de toute zone économique :
l’être humain.
Evolution du ratio « once d’or ($) / Masse Monétaire M3
USA ($) » de 1958 à 2010
Mieux : la définition d’une valeur de référence
comme monnaie forcée est un biais fondamental
qui nie la relativité de toute valeur que tout
individu est en droit de juger indépendamment
de ses concitoyens.
Aussi il n’est pas étonnant du point de vue de
la théorie relative de la monnaie qu’en 1971
l’étalon-or ait été abandonné au profit d’une
monnaie totalement dématérialisée, dont la
croissance globale est contrôlée par une Banque
Centrale et par un ensemble de règles
35
195902
196204
196506
196808
197110
197412
197802
198104
198406
198708
199010
199312
199702
200004
200306
200608
200910
0
0,05
0,1
0,15
0,2
0,25
0,3
0,35
0,4
Gold Price / M3
restreignant la capacité des Banques privées à
émettre des crédits.
Toutefois, le système de « l’argent-dette »
(Système Monétaire 2.0) bien qu’étant un pas en
avant par rapport à un système à valeur de
référence (Système Monétaire 1.0), reste biaisé
par l’octroi de crédits centralisés sur des volumes
et des valeurs arbitraires au détriment d’une
large part de la population présente et à venir.
Problème de l’argent « dette »
(Système Monétaire 2.0)
Mais par ailleurs si on dit que X « s’endette »
(bilan négatif) pour créditer Y, qui lui peut
ensuite payer Z, qui paye enfin X, on a une
solution partielle, qui crée un problème
fondamental de symétrie.
La symétrie spatiale n’est pas respectée :
si c’est « X » qui possède le droit de s’endetter
en premier, selon « Y » et « Z » il y a un gros
problème d’équité. On peut rétorquer par ailleurs
que la production de chacune de ces valeurs n’a
pas à attendre un point particulier d’émission
monétaire pour circuler. Les échanges de valeur
peuvent et doivent se mettre en route
indépendamment de tout point spécifique, sous
peine de bloquer une sous-partie de l’économie
(ici les échanges entre Y et Z).
La symétrie temporelle n’est pas respectée
non plus. Même en imaginant que X, Y et Z se
créditent initialement tous en même temps d’une
quantité fixée de monnaie, qu’en est-il pour A, B
36
et C qui arriveront ensuite dans le système
économique ? Leurs échanges de valeurs
respectifs totalement différents de ceux de X, Y
et Z, n’ont pas à souffrir non plus d’une émission
unique effectuée dans le passé, et dont la
répartition serait excessivement concentrée ici
ou là (ou même ayant fui hors de la zone
économique locale), bloquant aussi leurs
échanges sans raison valable de leur point de
vue.
Cette solution est donc à bannir, car elle ne
respecte pas la symétrie et l’égalité des
référentiels devant la solution proposée.
En conclusion l’argent « dette » est un
système instituant une asymétrie profonde de la
création monétaire, qui n’est contractuellement
pas acceptable au sein des démocraties
respectueuses des droits de l’homme.
Logiquement la reconnaissance de l’égalité du
jugement de toute valeur économique, implique
l’égalité devant la création de la monnaie
commune (ce qui ne signifie pas l’égalité devant
les biens possédés, ni devant la monnaie
accumulée suite aux échanges).
Il convient ici de comprendre la distinction
qu’il y a entre la création monétaire par une
« dette », c’est à dire le fait que certains acteurs
spatialement ou temporellement situés aient le
privilège exclusif d’émettre la monnaie, créant
une asymétrie par rapport aux autres acteurs de
l’économie présents et futurs, et la dette que l’on
contracte envers un détenteur de monnaie pré-
37
existante. C’est bien le premier point qui est ici
dénoncé.
Solution à Dividende Universel
(Système Monétaire 3.0)
Une symétrie spatio-temporelle (principe de
Relativité) est donc nécessaire, qui permette une
circularité des échanges de valeurs, assure une
continuité dans le temps, soit non discriminatoire
au sein du référentiel spatio-temporel, prenant
en compte présent et futur, et qui pourtant limite
aussi la quantité de monnaie afin qu’elle garde à
la fois de la stabilité et un potentiel d’échange
non nul.
Est-ce seulement possible ? Oui !
Comme nous allons le voir, non seulement les
classes de solutions sont parfaitement
déterminées mais on peut trouver une solution
optimisée.
a) Solutions
Les solutions de création monétaire respectant
les symétries spatio-temporelles impliquent donc
pour la masse monétaire « M(t) » choisie par les
acteurs un crédit mutuel (pas une dette)
mathématique, donc sans dimension, et non liée
à une valeur spécifique.
Une symétrie spatiale
Aucun référentiel / individu présent à l’instant
« t » n’est privilégié quant à la création de
nouvelle monnaie.
38
Nous obtenons donc à « t » constant :
dM
dx =0
(dM représente la variation de monnaie, et dx
le passage d’un individu à un autre)
Une symétrie temporelle
Aucune génération n’est privilégiée dans le
temps. L’ensemble des individus positionnés au
temps t+dt doit être crédité d’une part relative
de monnaie au même titre, et dans le même
rapport que les individus positionné au temps t :
dM
M =c dt
(« c » représente la variation relative de
monnaie pendant une petite unité de temps
« dt »)
La quantité relative de monnaie créée doit
donc être relativement constante en tout temps,
respectant de ce fait la symétrie temporelle, et
permettant la participation des individus de
toutes les générations au même système
monétaire.
Ce qui fait que le problème des trois
producteurs est résolu par une seule classe de
solutions possible.
39
Ce sont les solutions exponentielles :
M t=M 0ect
Chacun des N acteurs de la zone économique
se voit donc crédité pour un temps dt de :
dM
dt =cMN
Autrement dit : la croissance « c » de la masse
monétaire « M » est stable et répartie
symétriquement entre l’ensemble des acteurs
présents et à venir. Ces solutions à Dividende
Universel assurent le respect du principe de
Relativité. La densité de la monnaie est assurée
en tout temps et en tout point, évitant ainsi les
extrêmes de sécheresses monétaires (sources de
déflation), autant que les extrêmes de surmonétisation
(sources de bulles locales ou
d’hyperinflation).
La monnaie est créée de façon continue, et la
croissance de la masse monétaire choisie, « c »
est attribuée équitablement dans l’espace
(ensemble des individus) à l’instant « t » quel
que soit « t », ce qui est la seule façon de ne pas
léser les acteurs économiques tant présents que
futurs.
C’est donc bien le facteur d’espace-temps, et
plus exactement la dimension temporelle,
(générationnelle), liée à la durée limitée de la vie
des individus, qui change la nature de la
40
définition de la monnaie. Il s’agit donc d’éviter
l’erreur fondamentale de considérer l’ensemble
des acteurs en tant que quantité
« permanente ». Comprendre qu’il s’agit d’un flux
d’individus en continuel renouvellement, et que
dans ce flux il n’y a aucune raison de privilégier
aucun d’entre eux vis à vis de la création
monétaire dans l’ensemble de l’espace-temps
économique ainsi déterminé.
(Luc Fievet TRM 2.0)
« c » est le facteur de Dividende Universel, il
représente bien une part de la masse monétaire
totale existante à l’instant « t », créée pour
chacun des membres. Cette part monétaire leur
permet d’échanger leurs biens et services dans
41
une mesure indépendante de la création
monétaire antérieure. Cette même part doit être
suffisamment petite pour garder à la monnaie
préexistante une valeur stable.
En vert sont marquées les naissances, en
rouge les décès des individus. Ici est visualisée
une économie à nombre de membres oscillant
autour de 3, en faisant deux photographies
temporellement distantes où les individus de la
première génération sont tous décédés, et où la
génération qui l’a remplacée échange des
valeurs fondamentalement différentes.
(Luc Fievet TRM 2.0)
On doit comprendre à partir de ce schéma tout
l’intérêt de la définition spatio-temporelle de
42
l’économie et son implication concernant le
système de création de la monnaie.
b) Optimisation et espérance de vie
Il est possible de trouver une relation
fondamentale entre le Dividende Universel « c »
et l’espérance de vie. En effet, considérons tout
d’abord une zone économique composée de N
membres avec N relativement stable dans le
temps, et ayant une espérance de vie moyenne
ev.
Chaque membre reçoit alors, selon un point de
vue discrétisé, chaque année « k », un Dividende
Universel m(k) tel que :
m(k )=c M (k )
N =c (1+c)k M(0)
N
A l’instant « t = ev», chaque membre aura
donc reçu une part m de création monétaire tout
le long de sa vie qui est la somme de tous les
m(k), telle que :
m
M(ev)
=
c M(0)
N (1+c)evM (0)Σ
k =0
ev−1
(1+c)k
Ce qui se simplifie, car le second membre est
une suite géométrique de raison (1+c) :
m
M(ev)
= c
N (1+c)ev [
(1+c)ev−1
c ]
43
Soit
m
M(ev)
= 1N
[1− 1
(1+c)ev ]
Ou encore
mM
= 1N
f (c) avec f c =1− 1
1cev
Une fonction f(c) qui tend vers 1 pour « c »
suffisamment petit ou « ev » suffisamment
grand.
Donc la fraction maximale de création
monétaire que chacun des N membres peut
recevoir dans le temps est de 1/N ce qui est
logique. Il faut alors trouver « c » le plus petit
possible (qui garde à la monnaie préexistante le
maximum de stabilité temporelle de sa valeur
d’échange), mais qui permette aussi à f(c)
d’approcher 1 au mieux, afin de réaliser la
symétrie temporelle : ne pas favoriser les
individus anciens par rapport aux présents, ni les
présents par rapport aux futurs.
Pour cet exemple de 80 ans d’espérance de
vie on a f(c) = 1 (à 2% près) pour c = 5% / an. Le
Dividende dépend donc de l’espérance de vie
des membres de la zone économique. On trouve
f(c) = 1 (à 2% près) pour :
c = 5% / an pour ev = 80 ans
c = 5,50% / an pour ev = 70 ans
44
c = 6,50 % / an pour ev =60 ans
c = 7,75% / an pour ev = 50 ans
Le dividende universel optimal est donc lié à
l’espérance de vie, et d’autant plus faible que
l’espérance de vie est longue.
Le même calcul peut se faire plus rapidement
en notation continue. Le dividende optimisé se
trouve quand la quantité relative de monnaie
créée pour une génération est constante, et donc
aussi proche de 1 que possible (1 = quantité
circulante pour la première génération), tout en
étant aussi faible que possible, donc, en
approchant 1 à 1% près :
M(t0+ev)−M (t0)
M(t0+ev)
=99%
45
Soit
1−e−c∗ev=99%
Et donc
c=
ln (100)
ev
Le résultat est donc qu’un Dividende Universel
optimisé est inversement proportionnel à
l’espérance de vie.
Il faut noter aussi que nous avons choisi
l’espérance de vie « ev » comme base, et 99%
comme point de convergence temporel, mais en
choisissant la demi-espérance de vie (ce qui est
habituel en physique concernant les Lois de
désintégration), et un point de convergence plus
fort comme 99,9% on peut proposer un
Dividende trois fois plus élevé, qui est
parfaitement justifiable. Nous avons donc plutôt
qu’une valeur fixe, une plage de valeurs
acceptables variant entre ln(100)/ev et
3xln(100)/ev.
En dessous de la courbe un dividende trop
faible aura tendance à favoriser les anciens,
tandis qu’au dessus un dividende trop élevé aura
tendance à favoriser les nouveaux entrants.
Il est important de bien comprendre cela. On
peut, pour donner une idée des ordres de
grandeur, faire un comparatif sur des données
réelles en 2010. Prenons l’exemple de la zone
euro : nous avons environ en 2010 selon la
46
Banque Centrale Européenne environ 10 000
milliards d’euros en circulation (M3), 330 millions
de Citoyens, et une espérance de vie de 80 ans.
Ce qui nous donne :
c=
ln (100)
80 ans ≈5,75%/an
Et le Dividende Universel optimisé serait alors
de :
DU=10000000/330∗5%/12=130€ /mois /citoyen
Ou encore 520 € / mois pour une famille de 4
personnes.
La réalité montre des disparités colossales au
sein de la zone quant à l’existence d’un revenu
47
minimum individuel puisqu’en France ou en
Allemagne on atteint 450 € / mois / personne de
façon conditionnelle (condition d’âge, de
ressource etc…) quand dans des pays comme la
Roumanie ou la Bulgarie c’est le salaire minimum
qui est de 130 € / mois sans qu’il y ait de
monnaie individuellement allouée.
Nous sommes en Europe dans un cas
d’asymétrie spatiale forte, qui a pour effet de
créer de grandes disparités et un transfert
d’activités économiques des pays à forte
allocation monétaire individuelle (découragés à
produire biens et services monétisés), vers les
pays à quasi zéro allocation monétaire
individuelle. Cela revient à ne pas reconnaître
l’égalité entre individus au sein d’une zone
économique commune.
Si les tenants et les aboutissants de la
création monétaire avaient été présentés aux
individus de cette communauté, et leur
assentiment personnel exigé pour mettre en
place cette monnaie commune, ils auraient
réalisé les difficultés posées en matière d’éthique
et d’équité, de symétrie devant la création
monétaire, et ils ne l’auraient sûrement pas
acceptée dans de telles conditions.
Aux USA, le Dividende Universel optimal se
calcule pour environ 15 000 milliards de $ en
circulation et 310 millions d’habitants pour 80
ans d’espérance de vie. Il serait en l’état de :
DU=15 000 000/310∗5%/12≈200 $/mois /citoyen
48
Ceci étant noté, nous verrons plus tard que
l’installation d’un Dividende Universel peut être
progressive et n’a pas à se fixer sur un état
monétaire donné pour se mettre en place. Les
chiffres donnés ici on pour but d’expliquer le
mécanisme, et donner des ordres de grandeur à
l’instant où le calcul est effectué. Il ne faut pas
oublier que la masse monétaire n’est pas une
quantité fixe, elle évolue dans le temps et dans
l’espace, et toute mesure doit être comprise
comme n’ayant de valeur que locale et
instantanée.
NB : Yoland Bresson remarque par ailleurs que
le PIB vaut entre 2 et 3 fois la masse monétaire
selon les phases, et qu’on peut envisager qu’un
revenu individuel inconditionnel (Revenu
d’Existence ou Revenu de Base ou Allocation
Universelle) soit basé sur 2 à 3 fois le Dividende
Universel, soit en 2010 environ 400 € / mois /
Citoyen pour l’Europe ou 600 $ / mois / Citoyen
aux USA. On fait alors une différence entre le
Dividende Universel en tant que droit à la
création monétaire individuelle, et le Revenu
d’Existence, qui comprend le Dividende
Universel et une part de redistribution. Cette
remarque associée à la plage de valeurs
possibles pour « c », laisse une marge de valeurs
acceptables entre 200 € et 800 € / mois / Citoyen
pour l’Europe et 300 $ à 1200 $ / mois / Citoyen
aux USA. Ces données de 2010/2011 seront
évidemment à recalculer selon les variations de
49
la population, de l’espérance de vie et de la
masse monétaire.
c) A propos de la valeur individuelle des
biens
L’argument selon lequel l’inflation de la masse
monétaire serait contraire à l’éthique, parce
qu’elle dévaloriserait ce que possèdent les
individus ne tient pas devant l’analyse tant
globale que locale.
Tout d’abord l’argument de l’espérance de vie,
et de la création monétaire équitable envers
toutes les générations balaye l’argument d’un
point de vue temporel devant nos descendants
qui n’ont pas à être considérés comme exclus du
processus à notre bénéfice.
Ensuite même d’un point de vue local
l’argument ne tient pas devant une analyse fine.
Soit un individu ou un collectif d’individus
« X » parmi les N de la zone économique qui
possède une fraction f de la masse monétaire
totale. X reçoit donc une fraction du dividende c /
N ce qui fait que son ratio de « gain » monétaire
personnel est de :
G x= NouvelleMonnaie – AncienneMonnaie
Anciennemonnaie
Soit
G( x)=
f + cN
− f
f
50
Et donc
G( x)=1N
cf
Ce qui fait que son ratio de gain personnel
sera supérieur à c s’il possède moins de M/N de
monnaie, égal à c, s’il possède exactement M/N
de monnaie, et inférieur à c s’il possède plus de
1/N de monnaie.
C’est donc selon la quantité de monnaie
possédée qu’on peut estimer être gagnant
monétairement ou pas.
Exemple numérique : A possède 50, B
possède 200, et la masse monétaire est de 1000,
pour une communauté de 10 membres. Le
Dividende Universel annuel alloué à chacun sera
de 5% x 1000 / 10 = 5. A aura alors 55, et B 205.
Localement A a bénéficié de 5/50 = 10% de
monnaie supplémentaire, et B de seulement
5/200 = 2,5%. Globalement A possède
désormais par ailleurs 55 / 1050 = 5,24% de la
masse monétaire, au lieu de 50 / 1000 = 5%, et
B possède 205/1050 = 19,52% de la masse
monétaire contre 200 / 1000 = 20% avant la
distribution. B a vu sa part monétaire diminuer
car il possédait avant la distribution plus de
1000/10 = 100 de monnaie, tandis que pour A,
en dessous de cette moyenne, c’est l’inverse qui
se produit.
Mais par ailleurs si X possède plus de M/N de
monnaie, donc plus de monnaie que la moyenne,
la masse monétaire qu’il ne possède pas sera en
51
moyenne par individu inférieure à M/N
mécaniquement, et donc les prix ajustés à la
baisse. Aussi, bien que sa quantité de monnaie
relative n’augmente pas aussi vite que la masse
globale, il peut bénéficier d’une baisse des prix.
Par ailleurs s’il possède moins de M/N de
monnaie, les prix pourront avoir tendance à
monter pour la raison inverse, et ce qui est
gagné relativement à la monnaie sera perdu
relativement aux valeurs.
En théorie relative où l’analyse comprend la
relation entre les parties et le tout, Local + Non
Local = Global. Cela signifie que tout ce qui est
choisi individuellement a un effet inverse sur le
reste de l’économie. Si la monnaie se stocke
c’est une force qui a tendance à faire baisser les
prix et si la monnaie circule, c’est une force qui a
tendance à les faire monter (à production
constante, hors innovation. L’innovation
empêchant la comparaison dans le temps).
Enfin la valeur n’est évidemment pas la
monnaie. La valeur à laquelle X peut prétendre,
comprend les biens qu’il possède, ce qui inclut
certes la monnaie mais aussi les biens qu’il
pourra acheter avec sa monnaie, ainsi que la
monnaie qu’il pourra récupérer en vendant ses
biens.
L’arbitrage que fera donc X dépend donc
entièrement de ses choix personnels quant à la
quantité de monnaie qu’il compte inclure dans
ses biens ou pas, les biens qu’il compte garder,
vendre, ou acheter, et certainement pas
52
uniquement de la quantité de monnaie qu’il
possède. D’autant que dans une économie
innovante où les membres sont incités à créer de
nouveaux biens et services, ce qui sera la valeur
de demain est dans une grande partie
totalement imprévisible. Aussi il n’existe aucune
certitude possible quant à ce qu’il conviendrait
de faire dans le cadre de la « protection » de son
capital, qui est donc ici aussi une valeur
purement relative (le douanier Rousseau aurait
été étonné de connaître l’estimation de son
capital faite en 2010, et Maxwel encore plus s’il
avait gardé des «droits de propriété
intellectuelle» sur sa fabuleuse théorie de
l’électromagnétisme).
Aussi le Dividende Universel ne préjuge
absolument en terme de gain ou de perte
personnels quant à la valeur. Ce sont les choix
individuels qui déterminent l’impact que pourra
avoir l’augmentation de la masse monétaire sur
le panier individuel de valeurs.
d) A propos de la symétrie de la valeur
apportée par les individus
Il convient de bien comprendre l’argument de
la symétrie dans toutes ses composantes. Les
membres d’un système monétaire en place ont
bénéficié d’une création monétaire initiale, mais
n’en sont pas pour autant « riches » de cette
monnaie particulière. Ils sont surtout riches de
leurs biens, de leurs compétences, de leur nature
fondamentale d’être humain capable d’échanger
53
avec ses semblables et d’avoir un avis unique sur
ce qui est valeur ou pas. Or la valeur qui existe
au sein de cette communauté d’individus n’a
aucune raison de primer sur la valeur estimée
par les futurs entrants.
Ceci est vrai tant spatialement que
temporellement. C’est à dire que quand deux
communautés décident de s’intégrer l’une
l’autre, et donc de fusionner leur monnaie, l’une
n’a pas à primer sur l’autre quant à la création
monétaire par individu, et quand une génération
en remplace une autre, il n’y a pas non plus à
supposer que l’estimation des valeurs réalisée
par la génération suivante serait moins légitime
que celle de la précédente.
C’est en cela qu’il s’agit d’une théorie relative
de la monnaie. Il n’y aucun référentiel individuel
privilégié quant à la mesure de la valeur, chaque
individu constituant un repère acceptable pour
en avoir une mesure, et donc seule la monnaie,
contractuellement admise par les membres de la
zone économique constitue une mesure
commune de valeur.
De la même façon en physique relativiste, on
a entre deux repères relatifs un seul étalon de
mesure commun qui est la vitesse de la lumière,
à partir duquel les observateurs s’accordent, et
transforment leur vision des phénomènes
(temps, espace, etc…) selon le repère choisi. Or
cette mesure bien que commune n’est en
rien « absolue » du fait de l’expansion de
54
l’Univers. La vitesse de la lumière rapportée au
volume de l’Univers diminue dans le temps.
Il en est de même pour la monnaie qui
accompagne une économie en croissance dans
l’espace-temps. Les générations humaines qui se
succèdent prennent appui l’une sur l’autre pour
créer des valeurs supérieures ou différentes dans
un processus d’amélioration quantitatif et/ou
qualitatif (ce qui peut aussi se traduire aussi par
une réduction de certains flux par optimisation
de leur usage).
Fermier Amish fertilisant son champ (wikimedia)
Même dans un cas de stagnation voire de
régression (on peut penser au cas des Amishs
d’Amérique du Nord qui ont refusé d’intégrer le
« progrès » technique dans leur communauté), la
55
communauté s’enrichit en terme de
connaissance de l’expérience vécue, ce qui sur le
long terme constituera sans aucun doute une
valeur liée au savoir expérimental ainsi acquis
quel qu’en soit l’interprétation. Il ne doit faire
aucun doute que la valeur économique pour les
Amish est très sensiblement différente de celle
d’une autre communauté.
56
Masse Monétaire et Relativité
Densité de la monnaie
L’étude de la masse monétaire d’une zone
économique en tant que donnée chiffrée globale
ne suffit pas à constater si la monnaie est
correctement créée ou pas.
En effet, si on peut dans certaines
circonstances constater qu’une masse monétaire
croît à un rythme maintenu constant, sa densité
de création non symétrique dans telle ou telle
sous-partie de l’économie violerait l’éthique des
classes de solutions du problème des trois
producteurs étendu aux N citoyens de la zone
économique.
Les problèmes de densité de création
monétaire non symétrique sont dus pour
l’essentiel à l’accaparement par une sous-partie
des citoyens de la création monétaire pour une
application biaisée de la création de valeur, et se
fait au détriment de tous les autres acteurs
présents et futurs, tant du point de vue du
« premier choix » que du point de vue du
« jugement de valeur ».
57
La publication des informations monétaires
globales devrait donc être complétée, pour un
contrôle citoyen efficace de l’éthique monétaire,
par une information relative à la densité spatiale
de création de cette monnaie, sachant que cette
densité devrait être équilibrée.
Ainsi en France c’est parce que la création
monétaire se fait essentiellement en Ile de
France que l’économie y est la plus florissante en
apparence, et que les flux de population s’y
concentrent. La même création monétaire
inversée réalisée à Toulouse pendant une même
période de 50 ans produirait sans aucun doute
un résultat similaire (toujours au détriment des
autres villes).
Croissance
Nous mesurons par « c » la croissance de la
masse monétaire. Ce qui par ailleurs est appelé
« croissance économique » au sens
habituellement donné au PIB, dépend de façon
fondamentale de « c ». Mais c’est l’incertitude
quant à « c » dans les économies falsifiées par
l’argent « dette » arbitrairement créé, qui détruit
généralement la croissance par la perte de
repère des individus quant à l’efficience de leur
monnaie.
Il y a une erreur fondamentale à estimer la
« croissance » via le PIB, qui mesure les
échanges de valeurs. En effet, l’augmentation de
la masse monétaire, si tant est qu’elle soit
suffisamment dense dans l’économie, aura pour
58
effet, à production constante, de faire monter
mécaniquement les prix, sans jouer sur la
quantité des échanges, les coûts étant
généralement répercutés suite à l’augmentation
des prix, et non pas en même temps, cela fera
donc monter le PIB, quand bien même il serait
produit et consommé d’une année sur l’autre les
mêmes biens et services.
Il est même possible de voir le PIB monter à
production moindre et échanges moindres, si la
monnaie est créée dans une proportion
suffisamment importante pour compenser.
La « croissance » du point de vue du « PIB »
est donc une notion parfaitement biaisée, alors
que la croissance de la masse monétaire
représente une donnée parfaitement sûre,
connue, vérifiable et ne dépend pas du
référentiel choisi pour la mesurer contrairement
à toute autre estimation.
Le graphique montre la Masse monétaire M3
de la zone euro de 1997 à Juillet 2010 en
quantité (masse bleue) ainsi qu’en croissance
relative (courbe rouge). La croissance des euros
de 1997 à 2007 a atteint 8% / an de moyenne,
très au-delà du taux optimal de Dividende
Universel de 5,75% / an , et pour une répartition
au sein des 330 millions de citoyens de la zone
économique du surplus de monnaie commune
non communiquée et certainement non dense.
59
Cette création monétaire bénéficie
essentiellement aux Etats et aux grandes
entreprises quand bien même ils produisent le
plus souvent avec des processus dépassés et
extrêmement coûteux, des valeurs désuètes et
sans intérêt pour 90% de la population. Ce
système ne profite qu’à quelques individus
privilégiés, et incite à une spéculation
incestueuse entre Banques. Le gagnant stocke
ses gains, et le perdant se met en faillite, actant
ainsi en fin d’opération, une création monétaire
centrale sans aucune contrepartie.
Alors même que la monnaie est un outil
immatériel commun pour un échange des
productions au sein de la zone économique, elle
est utilisée pour détenir un pouvoir lié à la
capacité de priver les citoyens souverains de
l’outil d’échange tout en les forçant à l’utiliser (et
60
donc notamment à payer sous la contrainte des
impôts et des intérêts de crédits dans cette
monnaie dont l’émission est contrôlée par
ailleurs).
Il est pourtant évident que la seule décision
d’arrêter d’allouer des crédits supplémentaires à
une zone économique pseudo-isolée, la rend
dans l’incapacité mécanique (et pas
fondamentalement productive) de rembourser le
capital et les intérêts.
La « croissance » au sens du PIB peut donc
être un leurre total. Il n’y a de croissance que de
la masse monétaire, qui s’accompagne avec un
effet retard de croissance en valeur monétaire
des échanges économiques monétisés, quelle
que soit leur forme relative dans l’espace et dans
le temps.
Il y a alors un biais scientifiquement
inacceptable à effectuer des mesures à l’aide
d’un outil dont l’expérimentateur choisit les
paramètres selon son bon vouloir, et sans tenir
compte des modifications dans ses résultats
autrement que par des choix subjectifs.
Potentiel d’achat
Si l’on tient compte de la croissance de la
masse monétaire, on ne parlera plus de pouvoir
d’achat d’une quantité donnée de monnaie sans
la mettre en rapport avec cette même masse. On
parlera donc de potentiel d’achat. Le biais qui
consiste à définir le prix d’un « panier de biens »
arbitrairement défini comme mesure du
61
« pouvoir d’achat », revient à définir un pouvoir
d’achat intemporel dans lequel en toute
honnêteté on retrouverait alors en 2010 des
quantités de « poules au pot Henri IV», « Fiacres
1900 », « formation à l’art subtil d’alchimiste »
ou autre « livre produit par les moines copistes ».
Du point de vue du la Théorie Relative de la
Monnaie, on ne peut que refuser d’accepter une
telle méthode, basée sur des valeurs « absolue »
quand bien même elles seraient revues et
actualisées, car elles seront toujours sujettes à
des choix arbitraires.
Le graphique suivant représente l’évolution
d’un salaire « fixe » de 1500 euros rapporté à la
masse monétaire Euro (exprimée en milliards
d’€) de 2000 à 2010, et donc du potentiel
d’achat.
Le potentiel d’achat d’un salaire fixe a baissé
de plus de 50% entre 2000 et 2010. Autrement
dit il est probable que les prix d’une majorité de
biens « relativement stables » en terme de
demande entre ces deux dates aient augmenté
de plus de 100% sur la même période. Il est fort
étonnant de voir à quel point le mensonge quant
à des mesures pourtant vérifiables peut se
propager au sein de démocraties où le pouvoir
médiatique est censé représenter la garantie de
la transparence.
62
La théorie relative de la monnaie ne dit pas
qu’un « salaire » devrait suivre l’inflation de la
masse monétaire, c’est en fait impossible, les
salaires les plus élevés seraient avantagés et
participeraient à une augmentation de la masse
monétaire supérieure au taux d’équilibre ! De
plus rien n’assure à une production donnée
d’être échangeable en quoi que ce soit demain,
cela dépend des choix individuels et collectifs qui
changent dans le temps.
La théorie relative de la monnaie dit que c’est
le Dividende Universel, et uniquement lui, qui est
indexé à la masse monétaire, et qui assure que
la base monétaire est symétriquement
distribuée, et donc compatible avec les trois
libertés économiques fondamentales.
Elle dit aussi qu’on doit mesurer correctement
les grandeurs économiques en données relatives,
63
en tenant compte de la quantité de monnaie
existante par citoyen de la zone économique,
afin que les acteurs de l’économie fassent leurs
choix en toute connaissance de cause et selon
leur propre point de vue individuel.
64
Le champ de valeur
Equation fondamentale du champ de valeur
Au regard de ce qui a été précédemment
établi, nous avons en tout point « x » de l’espace
économique et au temps « t », une production
Cx, associée à un prix Px, ainsi qu’un flux de
production entrante ou sortante (positive ou
négative) Cfx associée à un prix Pfx, ainsi qu’une
monnaie créée en X dMx et un flux de monnaie
entrante ou sortante (positive ou négative) dMfx.
Dans le cas où la monnaie représente très
exactement la valeur produite et échangée nous
avons :
dMx−Px∗dCxdMfx−Pfx∗Cfx=0
Mais comme par ailleurs cette égalité n’est
que très exceptionnellement réalisée lors
d’échanges ou de productions immédiats, nous
appelons J le champ généralement non nul, défini
en tout point « x » de l’espace-temps
économique, par :
dJx=dMx−Px∗dCxdMfx−Pfx∗Cfx
65
dMx représente donc ici le Dividende
Universel, Px*dCx le potentiel de valeur
individuel (la part d’innovation économique de
chaque individu), tandis que dMfx représente le
flux local de la masse monétaire totale
préexistante, et Pfx*Cfx le flux local des
échanges (positif s’il augmente, négatif s’il
diminue).
Le champ de valeur différentiel est
dynamique, évolue dans le temps, et mesure
donc en chaque point de l’espace économique, le
différentiel de monnaie et de valeur créées par
l’individu « x », ajouté à la part de monnaie et de
valeur globale circulante au point « x ».
Le champ résultant de son intégration « J(t) »
montrera donc des bosses positives là où se
trouveront des surplus de monnaie par rapport à
la valeur potentielle locale de la production
effective de biens et services, et inversement
des creux là où la valeur potentielle locale de la
production excèdera la quantité de monnaie
présente (qui peut être négative dans le cas
d’une émission de dette…).
Exemple de champ pour une zone économique
comprenant une zone d’excès monétaire
représenté par une bosse, et une zone où il y a
une production de valeur associée à une rareté
monétaire représentée par un creux, le reste de
la zone étant équilibré.
Etant donné que la valeur est relative à
l’observateur qui la mesure, (aux acteurs qui
l’échangent), on parlera de façon plus exacte de
66
« valeur potentielle locale de la production » et
non pas de valeur au sens absolu qui serait
quelque chose de reconnu par tous les acteurs
de l’économie, ce qui n’a pas de sens en théorie
relative de la monnaie.
(Luc Fievet TRM 2.0)
Pour peu que ces deux zones soient pseudoisolées
au sein de la zone économique, et
produisent les mêmes biens et services, on aura
des prix élevés dans l’une et bas dans l’autre
uniquement à cause de la densité monétaire
ainsi distribuée.
NB : Yoland Bresson définit le champ de valeur
comme dJ=dk /KdM /M−dp/ P−dc /C où K
représente l’étalon temps (le Dividende
Universel), M la masse monétaire P la production
67
et C les échanges économiques. Le champ de
valeur ainsi posé est sans dimension. Les deux
définitions sont proches, car basées sur les
mêmes grandeurs, et prenant toutes deux la
mesure du local et du global dans une équation
différentielle. Je distingue par ailleurs, dans un
souci de précision la part de production et de
monnaie créée localement et celle qui est
échangée.
Le champ de valeur de l’argent dette
Cette définition du champ de valeur permet de
se représenter l’évolution des économies à
mécanisme d’argent-dette. Le centre d’émission
bancaire émet de la monnaie-dette qui se diffuse
ensuite sur les bords.
L’émission initiale de dette se fait pour un
premier cercle de bénéficiaires qui sont soit les
banques elles mêmes, les états grands
consommateurs de monnaie dette, ou encore les
grandes entreprises, l’ensemble consommant
l’essentiel de cette création de crédit unilatérale.
Cette monnaie émise de façon abrupte et
centralisée dévaluera lentement la monnaie
disponible dans le reste de la zone économique
au fur et à mesure de sa diffusion dans l’espace
économique.
Le terme « monnaie-dette » est insuffisant
pour comprendre le mécanisme, parce que la
dette émise n’est en fait jamais vraiment
remboursée, seuls les intérêts sont en général
68
payés assurant une rente perpétuelle à
l’émetteur monopolistique.
(Luc Fievet TRM 2.0)
Ce système monétaire centralisé et
asymétrique doit sa perpétuation à son
monopole, ainsi qu’à l’octroi de toujours plus de
dettes à un rythme suffisant pour payer les
intérêts, mais uniquement pour le premier cercle.
Le reste de l’économie n’est servi en monnaie
qu’en échange de production réelle (ce dont
s’abstient le premier cercle émetteur), et est
donc assujetti au pouvoir monétaire.
69
Le champ de valeur d’un système
d’échange local « SEL »
Les SEL se développent lors des crises
monétaires cycliques, du fait de l’absence de
monnaie, qui bloque l’économie et les échanges
éloignés du centre d’émission d’argent-dette. Les
communautés disposant d’une pseudoautonomie
sur des domaines d’activités en
général limités, développent alors une monnaie
complémentaire symétrique, qui permet de
s’affranchir en partie de la monnaie centrale.
(Luc Fievet TRM 2.0)
Les SEL se créent la plupart du temps sur un
modèle symétrique de crédit mutuel et ne font
donc pas apparaître de distorsions quant à la
70
monnaie créée au sein de la communauté
économique. Etant créés sur la base d’une
monnaie complémentaire, leurs échanges ne
sont pas officiellement comptabilisés dans
l’économie officielle, et c’est une part
considérable du PIB qui échappe ainsi à la
valorisation de l’économie, du fait de la nondensité
intrinsèque aux monnaies à émission
asymétrique.
Le champ de valeur de la production non
monétisée
La production non monétisée, par absence
totale de monnaie centrale ou locale, apparaît
dans le champ de valeur comme un creux :
(monnaie = 0) – valeur 0). L’émetteur de
crédits va alimenter la production et l’achat de
cette valeur en nouveaux crédits dMf pour en
tirer un bénéfice, en proportion de cette valeur,
et selon donc, pour cette valeur spécifique :
dJx = dMx – Px*dCx > 0
Cette « croissance » atteint un maximum
limité soit par le contrôle de la quantité globale
d’expansion monétaire par les autorités, soit par
la saturation du marché. A ce moment-là, la
valeur commence à se stabiliser globalement,
voire à chuter. La chute sera en rapport avec
l’excès de monnaie investi dans le secteur, qui
aura produit un excès de production non
solvable.
Surgit alors un problème de remboursement
des crédits alloués à l’émetteur, qui, ne pouvant
se faire, devra faire l’objet d’une reconduction du
crédit excessivement alloué, qui constitue donc
in fine une création monétaire durable dans le
temps. Il s’agit d’un avantage monstrueusement
asymétrique du producteur de cette valeur
spécifique par rapport aux autres acteurs
86
économiques qui bien qu’ayant identifié des
valeurs à produire et échanger, sont privés
unilatéralement de leur part de l’outil monétaire
nécessaire.
Il faut bien comprendre dans le champ de
valeur l’endettement des « derniers acheteurs »,
suite à l’explosion de la bulle, qui est dû à la
création asymétrique et arbitraire de crédits.
Celle-ci n’est pas allouée pour résoudre le
problème des trois producteurs et la circularité
de l’échange de valeur au sein de l’économie,
mais uniquement sur la base de « valeurs en
expansion », créant donc une résonance
intrinsèque. Voyons l’évolution de la bulle dans le
champ de valeur sur un exemple :
87
a) Une valeur monétisée est identifiée par
l’émetteur de crédits arbitraires muni de fonds
propres
Fonds propres initiaux (Luc Fievet TRM 2.0)
b) L’émetteur de crédits arbitraires alloue alors
des lignes de crédits au producteur de cette
valeur, ainsi qu’aux acheteurs, ce faisant il crée
une distorsion du champ en sa faveur, crédits et
intérêts lui étant « dûs ». Initialement La valeur
« monte » brusquement sous l’effet de l’injection
locale de crédits.
88
L’émetteur de crédits par effet de levier crée de la
monnaie supplémentaire qui alimente un producteur
arbitrairement sélectionné. (Luc Fievet TRM 2.0)
c) L’émetteur de crédits arbitraires cesse son
injection, soit parce qu’il crédite une autre valeur
de son choix, soit parce qu’il arrive en « haut de
bilan », c’est à dire qu’il est à maximum
d’émission de crédits possible (il a atteint son
effet de levier maximum permis) ce qui est le cas
des grandes crises systémiques (l’effet de levier
est globalement atteint par l’ensemble du
système, et on ne peut plus légalement créer de
monnaie supplémentaire via cet avantage). A ce
moment là la force de remboursement de
l’intérêt et des crédits fait « exploser la bulle »
qui ne peut plus se nourrir de l’injection de
nouveaux crédits.
89
Force de remboursement du crédit arbitrairement émis et
alloué (Luc Fievet TRM 2.0)
d) Il reste en fin de « cycle » un émetteur de
crédits arbitraires qui a « aspiré » l’essentiel de
la monnaie préexistante du fait du paiement des
intérêts, et a donc réalisé un bénéfice, et un
secteur de production de valeur où non
seulement les derniers acheteurs se retrouvent
avec une dette supérieure à la valeur de ce qu’ils
ont acheté, mais où le producteur lui même se
trouve chargé d’une dette produite
mécaniquement par un remboursement total dû
(capital + intérêts) supérieur à la croissance
locale de la monnaie.
90
Faillite forcée par assèchement monétaire progressif, et
captation de toute la valeur par le centre d’émission (Luc
Fievet TRM 2.0)
Ce phénomène local est bien évidemment
exactement le même au niveau global, la fin de
cycle étant à ce niveau là le moment où
l’ensemble du secteur bancaire a émis tout le
crédit possible atteignant son effet de levier
maximum, et où donc même en identifiant
d’éventuelles nouvelles valeurs à vampiriser il
n’a plus légalement le droit de le faire. C’est alors
l’ensemble total de la zone économique qui se
trouve piégée devant une force de
remboursement supérieure au taux de
croissance global de la monnaie.
Ainsi quelle que soit la valeur créée dans
l’économie d’un système monétaire centralisé, le
91
bénéfice revient toujours aux émetteurs
asymétriques de crédits avec un risque nul,
puisque même en cas de faillite des producteurs,
et de non-remboursement des crédits, le
système doit renflouer les émetteurs de crédits
au risque de voir toute l’économie totalement
paralysée.
Ce modèle asymétrique s’avère être un
système où, à risque minimum on obtient le
bénéfice maximum pour le créateur de monnaie,
et à risque maximum on n’obtient qu’un bénéfice
minimum (et le plus souvent une faillite forcée)
pour les producteurs
Ceci est fondamentalement différent de
l’investissement avec de la monnaie
préalablement accumulée, qui constitue aussi un
afflux de monnaie sur un secteur déterminé,
mais sans assurance d’intérêt fixe, sans jouer sur
la masse monétaire, donc sans être réalisé au
détriment du reste de l’économie, et avec un
risque véritable de perte sans que l’économie en
soit globalement affectée (de la monnaie
accumulée puis investie n’est la dette de
personne).
Vérification expérimentale
Le raisonnement théorique peut se vérifier en
étudiant les bulles globales pour lesquelles nous
avons des mesures des masses monétaires
globales contrôlées par le centre d’émission
constitué par les Banques privées (effet de
levier) et Centrales. Dans ce système monétaire
92
asymétrique, les périodes où un début de
concentration de flux monétaires est constaté,
est sur-alimenté par une création de monnaie à
résonance.
Pour voir cet effet sur des données
expérimentales, nous allons calculer l’écart type
sur une moyenne à 12 mois, de la croissance des
masses monétaires M3 en Europe et USA. L’écart
type en mathématiques statistiques, représente
les effets d’écart par rapport à la moyenne, ce
qui permet de très bien visualiser un effet de
résonance.
E=1n
Σk
=1
n
[M k −Moyenne]2
Pour M3 € nous obtenons alors ceci :
Ecart type sur 12 mois de la croissance de M3 €
1998 – 2010
93
Nous percevons donc très clairement que les
expansions et les crises sont de purs effets de
résonance monétaire, M3 € a subi des poussées
de création monétaires très au dessus de sa
moyenne lors des crises des années 2000 et
2008.
Et pour M3 US$, sur une période plus longue
encore, nous obtenons des indications sur plus
longue période où l’on voit la résonance des
expansions monétaires avec les grandes crises
« économiques », qui ne sont que l’effet du
principe de résonance psychologique d’un
système à création asymétrique de monnaie.
Il y a donc une accaparation de la monnaie
créée arbitrairement sur des flux monétaires
identifiés par les acteurs de ces expansions à
résonance, au détriment de tout le reste de
l’économie.
Non seulement le reste de l’économie est
exclu de cette création monétaire par résonance,
mais subira par effet retard une dévaluation de
sa part de monnaie, quand cet afflux de nouvelle
monnaie réinvestira les circuits économiques.
Ainsi les acteurs du centre monétaire se
partagent la monnaie nouvellement émise, puis
bénéficient de l’avantage du premier acheteur au
prix le plus bas. Quand ils prennent ensuite
possession des valeurs économique restantes,
l’inflation des prix suit cet afflux de monnaie, et
les autres acteurs économiques sont donc floués
doublement, d’abord par la création monétaire
centrale dont ils sont exclus, puis dans un
94
deuxième temps par l’inflation provoquée par
l’achat progressif des biens économiques avec
cette monnaie.
Le centre d’émission joue donc, par
construction, contre l’intérêt de la somme des
autres acteurs économiques.
Ecart type sur 12 mois de la croissance de M3 $
1958 – 2010
95

Comment comparer deux zones
économiques ?
Les définitions que nous venons de voir
concernant la masse monétaire, sa croissance, le
lien qu’elle devrait avoir avec le Dividende
Universel, et le champ de valeur, nous
permettent une comparaison entre deux zones
économiques qui utilisent deux monnaies
différentes.
Soient deux zones économiques A et B
créditées chacune d’une masse monétaire
définie dans l’espace et dans le temps, Ma(x,t) et
Mb(x,t) et d’un nombre de citoyens respectifs Na
et Nb ayant accès à la monnaie commune.
L’application du principe de relativité nous
invite à définir la mesure commune instantanée
de la valeur individuelle Ua et Ub à un instant
donné sur la base de la densité monétaire
moyenne de chacune des zones.
Pour A : Ua=
Ma
Na
et pour B : Ub=
M b
Nb
Le taux de change instantané T(a/b) des
monnaies, qui représente le ratio de change
d’une quantité de monnaie de la zone A Qa en
97
une quantité de monnaie Qb de la zone B est tel
que :
Qa∗T a /b =Qb
Avec dans le cadre du principe de relativité
une valeur fondamentale, qui est :
T  a/b=
Ub
Ua
=
Na
Nb

Mb
Ma
Ce résultat fondamental diffère des outils
communs avec lesquels on mesure les rapports
entre les « prix »… Or les valeurs étant
fondamentalement jugées comme différentes
d’un individu à l’autre, et donc d’une zone
économique à l’autre, ce critère est totalement
faussé par le choix arbitraire des valeurs servant
à mesurer ces prix. La densité de la monnaie
commune elle, ne souffre d’aucune sorte
d’arbitraire, et est parfaitement mesurable.
Application numérique :
Ua(USA)=15 000/0,31 = 48 387 $ / citoyen
Ub (Europe)=10 000/0,330=30 303 € / citoyen
Taux de change relatif T (€ / $) = 1,60 $ / €
Entre 2008 et 2010 le taux de change
constaté sur les marchés a oscillé entre 1,30 $ /
€ et 1,60 $ / €.
98
Mais même si le résultat constaté est proche
de la valeur fondamentale théorique applicable
en Théorie Relative de la Monnaie, il y a deux
facteurs dont il faut tenir compte. Tout d’abord
les masses monétaires annoncées par les
Banques Centrales sont sujettes à caution
puisque la Fed Américaine ne communique plus
officiellement M3, et ce sont des sites non
officiels qui en donnent des estimations.
Par ailleurs, et ce n’est pas le point le moins
important, nous ne sommes pas dans ces zones
économiques dans des zones à Dividende
Universel où les individus sont égaux devant la
création monétaire. La monnaie se crée de façon
centralisée sur des valeurs arbitraires, et de
façon non symétrique des deux côtés, ce qui
crée de fortes distorsions temporaire (et une
perte économique forte à long terme selon
l’importance de ces distorsions).
On voit par ailleurs le rôle que joue la
population quant au taux de change mesuré par
le ratio « Na/Nb ». Ce qui permet de mieux
approcher les changements de politiques
monétaires en fonction de l’importance de
l’espace économique considéré. Il est évident
sous cet angle qu’une zone économique sousmonétisée,
devra tôt ou tard étendre l’expansion
de sa masse monétaire à tout son espace, et
devra donc avoir de forts taux de croissance de
rattrapage spatial.
Nous comprenons là le problème Chinois en
2010. Puisque une faible partie des 1400 millions
99
d’habitants bénéficie d’échanges monétisés, la
masse monétaire doit croître fortement dans tout
le reste de l’économie pour la monétiser dans
son ensemble. Il s’agit pour des centaines de
millions d’être humains d’avoir accès à l’outil
monétaire pour développer leurs échanges, ce
qui va jouer sur la valeur de Na qui représente le
nombre de citoyens monétisés.
Par contre du fait du rapport Na/Nb qui sera,
en fin de monétisation complète de sa
population, très élevé pour elle par rapport à
l’Europe et aux Etats-Unis, la masse monétaire
chinoise « Ma » pourrait augmenter au même
rythme que Na (nombre de citoyens monétisés),
sans que cela joue sur la valeur de change
fondamentale de sa monnaie.
L’évolution des rapports de change pour
l’Europe et les USA, qui sont pour leur part déjà
bien plus fortement monétisés dans l’espace (Nb
ne croîtra pas beaucoup), dépendra alors non
pas de l’expansion monétaire de la Chine si celleci
est essentiellement spatiale, mais de leur
propre politique de croissance monétaire dans le
temps, pour jouer sur le rapport Mb/Ma.
Nous sommes donc ici en face de deux
politiques d’expansion de rattrapage vis à vis de
l’équilibre nécessaire, dans deux dimensions
complémentaires : spatiale du côté Chinois (il ne
faudrait pas non plus oublier le problème
similaire qui se pose aux 1200 millions d’Indiens
sous-monétisés eux aussi), et temporelle pour les
USA et l’Europe. Or le rattrapage temporel en
100
Europe et aux USA nécessite la mise en place
d’un Dividende Universel sur lequel faire jouer
jouer la hauteur de la densité de la masse
monétaire.
101
Evolution selon un rapport Mb/Ma stable via la
monétisation temporelle. Seule la quantité monétaire des
échanges augmente et maintient stable la vitesse de
circulation (Luc Fievet TRM 2.0)
Evolution selon un rapport Ma/Na stable via la
monétisation spatiale. La quantité monétaire par citoyen
monétisé (nouveaux citoyens monétisés = deuxième
cercle) reste stable (Luc Fievet TRM 2.0)
Comment installer une monnaie à
Dividende Universel ?
Une monnaie à Dividende Universel peut
s’installer au choix sur la base d’une nouvelle
monnaie ou sur la base de la monnaie existante
suivant deux approches, simple ou progressive.
Approche simple
La première approche consiste à installer un
Dividende Universel initial supérieur au taux
cible « c » qu’on laissera inchangé le temps que
le taux de croissance de la masse monétaire
atteigne « c ». A partir de ce moment-là, on
augmente régulièrement le Dividende Universel
suivant le taux « c ». Cette approche est
particulièrement adaptée au cas d’une monnaie
préexistante qui mute en Dividende Universel.
Par exemple en zone euro cette approche
pourrait être effectuée sur la base des minimas
sociaux déjà installés, en regroupant l’ensemble
des aides sociales au sein d’un guichet unique
simplifié, et en intégrant dans les salaires
préexistants la mention du Dividende Universel
dans le brut salarial. Ce serait une « révolution
immobile » qui consisterait essentiellement en la
103
prise de conscience du Revenu de Base comme
socle de toute activité économique libre basée
sur l’individu souverain, prenant toute sa part
dans le système monétaire.
Approche progressive, le cas Européen
La deuxième approche consiste à allouer à
chaque nouveau membre un crédit initial fixe
associé à un Dividende Universel optimal dès le
départ. Cette solution est particulièrement
adaptée à la création d’une nouvelle monnaie au
sein d’un SEL.
L’Europe nous fournit un cas tout à fait
intéressant de Dividende Universel tronqué.
Tronqué parce qu’une grande partie de la zone
Euro ne bénéficie pas d’un revenu minimum, et
qu’une autre partie bénéficie d’un revenu
minimum conditionnel (donc non universel) et
104
qui plus est très élevé. Nous avons donc des
citoyens qui travaillent pour les autres sur la
simple application d’une politique monétaire
asymétrique. De plus les conditions pour obtenir
ces revenus minimum sont extrêmement
complexes, et nécessitent pour les citoyens
tellement d’énergie pour demander leur part à
des guichets différents, qu’une fois obtenu, il
décourage très fortement l’activité économique
monétisée, qui la plupart du temps consiste
essentiellement en un risque de sortir des
conditions d’obtention.
Le revenu minimum constaté en France ou en
Allemagne est environ en moyenne de 450 € /
mois (parfois beaucoup plus avec d’autres aides,
mais aussi beaucoup moins si par ailleurs le
citoyen s’aventure à monétiser une activité
déclarée).
105
Si la zone euro déclarait brutalement ce
niveau de DU pour les 330 millions de citoyens,
cela reviendrait à un taux de 18% de la masse
monétaire, qui, à DU fixe, atteindrait le taux de
croissance optimal de 5% de la masse monétaire
en 15 ans.
Le DU lui même suivrait alors cette évolution :
On pourrait objecter que cette évolution serait
brusque, créant des distorsions économiques
violentes et soudaines, les pays qui dans la zone
sont privés de DU se voyant dotés d’un DU
nouveau et élevé pourraient se voir
économiquement désorganisés de façon très
rapide.
On peut alors imaginer une autre stratégie de
convergence plus souple, en partant du
Dividende Universel calculé sur la masse
monétaire 2010, de 130 € / mois / citoyen pour
106
les citoyens privés de revenu minimum, afin de
le faire converger vers une cible de 450 € / mois /
citoyen dans toute la zone.
En se basant sur la croissance asymétrique
forte de la masse monétaire euro de 8% / an
constatée de 2000 à 2007 (Question de Droit :
pourquoi a-t-on permis à quelques-uns de
bénéficier de façon exclusive de la croissance de
la masse totale de monnaie COMMUNE au
détriment des autres citoyens ?), on atteindrait
alors très rapidement cet objectif car :
130∗1,08n=450
équivaut à
n=
ln450/130
ln1,08
=16ans
La même durée que selon la première
stratégie ! (mais en créant moins de monnaie, et
donc de façon plus progressive).
Les possibilités d’instauration progressives
existent donc, c’est une simple question de
fixation d’un objectif spatio-temporel défini,
associé à la reconnaissance de l’égalité entre les
citoyens d’une même zone monétaire devant la
mesure de toute valeur, et donc devant la
création monétaire.
107
Réflexion sur le prêt à intérêts
Quelque soit le système monétaire utilisé, il
convient de bien réfléchir au problème du prêt à
intérêt. Si l’intérêt dépasse le taux de croissance
de la masse monétaire, nous sommes dans un
cas où il faut récupérer plus d’argent qu’il n’en
est créé, ce qui peut s’avérer mécaniquement
impossible à réaliser, indépendamment de tout
niveau de production ou d’échange.
Si une zone économique autonome mais nonisolée,
dont la monnaie locale a été alimentée
via un prêt à intérêt inital, se voit ensuite
arbitrairement privée de la création monétaire
associée, alors la demande du créancier est de
rendre plus de monnaie qu’il n’en existe
localement. Ces cas sont des conditions de
faillite forcée.
108
Par exemple en France en 2010, quoique la
masse monétaire ait augmenté de 8% / an de
2000 à 2007, (7% entre 2000 et 2010 du fait de
la contraction 2007 – 2010), le taux de 22% / an
d’intérêt est un taux légal, applicable en sus aux
citoyens les plus éloignés de la création
monétaire, donc les moins susceptibles de
pouvoir rembourser. C’est la condition suffisante
pour provoquer des faillites personnelles.
Mais par ailleurs prenons le cas d’un taux de
croissance monétaire global de 7% / an, avec
cette monnaie supplémentaire qui n’est pas
symétriquement allouée au sein de la zone, mais
uniquement au bénéfice des émetteurs centraux
et de leurs affiliés au centre de la pyramide de
Ponzi globale. Un taux d’intérêt local de 5%,
pourtant inférieur au taux de croissance global,
sera, dans ce lieu éloigné de l’émission,
supérieur au taux local de croissance monétaire
qui ne sera par exemple que de 1%. Alors il s’agit
là à partir du moment de l’acceptation de ce
prêt, d’un cas de décroissance locale de la masse
monétaire de 5% – 1% = 4% / an, conduisant à
une déflation locale, et donc à des faillites
forcées, indépendamment de toute notion de
production et d’échange de valeur.
On pourrait se dire que celui qui accepte le
prêt devrait en évaluer les tenants et les
aboutissants, et qu’il lui incombe d’évaluer son
« risque », sauf qu’il se trouve en face d’un
système Bancaire qui a lui l’accès à tous les
comptes, et à des données financières globales.
109
Il y a donc un accès asymétrique à l’information,
qui permet que l’un prenne l’avantage sur
l’autre. En fait l’avantage de l’émetteur de
monnaie est incommensurable par rapport à
l’emprunteur. Le premier a toute l’information et
tout le pouvoir de la modifier, le second n’a ni
l’un ni l’autre.
Avec un Dividende Universel transparent, la
croissance long terme de la masse monétaire
étant connue et dense dans l’économie, le taux
d’intérêt fixe d’un prêt monétaire (d’une monnaie
préalablement accumulée par le prêteur) ne
saurait excéder légalement le taux du Dividende
Universel afin d’avoir l’assurance que les
conditions générales permettent d’en payer
capital et intérêts. Si le « risque » s’avère
démesuré pour le prêteur, la solution n’est pas
d’augmenter le taux d’intérêt au-delà des
conditions maximales requises, mais de prêter
moins ou pas du tout.
A minima ce devrait être aussi le cas dans tout
système monétaire. Le taux d’intérêt d’un prêt
ne saurait excéder légalement le taux de
croissance de la masse monétaire. Sans cela il
est clair que les conditions ne sont pas remplies
pour être certain qu’il est possible de rembourser
un prêt à taux supérieur, et de tels contrats
devraient être déclarés logiquement
irrecevables.
Il est logiquement aberrant que la Loi
n’interdise pas d’émettre des prêts à un taux
110
d’intérêt supérieur au taux de croissance de la
masse monétaire.
Réflexion sur l’impôt
Le même raisonnement que sur le prêt à
intérêts, implique que l’impôt ne peut
globalement PAS excéder le taux de croissance
de la masse monétaire, sauf à donner à l’Etat
une prérogative intenable sur l’initiative
individuelle.
Cela signifie que dans une économie à
Dividende Universel les représentants de la
collectivité, pour financer des projets collectifs
par l’impôt doivent faire leur estimation en se
basant sur le nombre d’individus gérés, et
connaissant le facteur de croissance monétaire
« c » n’en prenne au maximum qu’une fraction
globale la plus faible possible « f *c ». Pour le
reste l’Etat devrait se financer par la vente libre
des biens et services qu’il produit, et ne pas
s’endetter au-delà du raisonnable étant donné le
flux normal de revenus qu’il est censé obtenir.
111

Zooms sur l’histoire de la monnaie
Dans ce chapitre, les périodes monétaires
historiques sont analysées du point de vue relatif
de la TRM, Il ne s’agit nullement d’un point de
vue « absolu ».
Les monnaies néolithiques, premières
monnaies denses à inflation incontrôlable
Dès le néolithique on retrouve des équivalents
de comptabilisation des échanges par du troc
matériel basé sur des valeurs de référence
diverses. On a retrouvé ainsi par exemple en
Bretagne, dans les tumulus constitués à ces
époques, des stocks importants de haches en
jade, dont le nombre et la dissémination font
forcément penser à des stocks monétaires,
permettant des échanges sur la base d’une
valeur de référence.
On avait déjà avec ce type de comptabilité
la possibilité d’une inflation monétaire par ceux
qui avaient accès aux stocks de cette valeur de
référence, ceci expliquant sans doute que des
stocks aussi importants soient parvenus jusqu’à
nous.
113
Haches en Jade du néolithique (Wikimedia)
Les monnaies métalliques, premières
monnaies limitant l’inflation
Le troc étant insuffisant pour permettre les
échanges, et les premières monnaies basées sur
des productions potentiellement fortement
inflationnistes, parce que facilement productibles
par tout un chacun, il est devenu nécessaire
d’utiliser une monnaie de valeur plus stable. Et
pour cela les métaux rares allaient
avantageusement prendre la place monétaire
centrale.
C’est ainsi que l’or, l’argent, le bronze et le
cuivre vont être utilisés comme valeur de
référence quasi exclusive lors des
développements des empires de l’antiquité, et ce
jusqu’au XVIIIème siècle et le fort
développement des monnaies fiduciaires.
Empire Romain
Pas d’empire sans expansion monétaire !
L’universalité d’usage de la monnaie donne à
114
celui qui en contrôle la production et la définition
un formidable pouvoir d’accaparation illégitime
quand le respect de l’éthique vis à vis de
l’émission n’est pas au coeur des valeurs
fondamentales.
L’expansion de l’Empire Romain s’accompagne
d’expansion monétaire régulièrement dévaluée
au profit d’un émetteur central : Rome.
Solidus, 327 ap JC (Wikimedia)
Denier, Sesterce, Aureus, Antoninien, Valérien,
Argenteus, Solidus, se succèdent. Composés de
bronze, cuivre, argent et or en fonction des
conquêtes par la force, et de leurs butins, ou via
l’esclavage dans des zones aurifères, comme la
célèbre région de « Las Medulas » en Espagne,
où selon les récits de Pline l’Ancien on peut
estimer qu’entre 26 av JC et et le IIIe siècle les
Romains ont extrait environ 1500 tonnes d’or.
115
Région aurifère de Las Medulas exploitée par Rome du Ier
au IIIe siècle ap JC (Wikimedia)
Chacune de ces monnaies est émise à
l’occasion d’une expansion de l’Empire, et de
l’appropriation de ressources métalliques,
remplaçant l’ancienne, puis est lentement
dévaluée par l’émetteur central qui met de
moins en moins de métal précieux dans ses
pièces, n’ayant évidemment pas accès à des
ressources infinies.
Le solidus, basé sur une quantité d’or fixe
n’est pas abandonné par perte de valeur, mais
par rareté. Ce n’est pas sa valeur qui lui fait
perdre son statut de monnaie (il a toujours de la
valeur aujourd’hui !), mais son universalité
comme intermédiaire d’échange qui ne peut pas
être assurée.
116
Sesterce de trajan 105 ap JC (Wikimedia)
La bulle Espagnole d’or et d’argent
Malgré leur nature limitée a priori, l’or et
l’argent n’ont pas échappé à l’inflation
notamment lors de la période de l’Empire
Espagnol (à partir du XVème siècle). La découverte
des Amériques par Christophe Colomb (1492) va
bouleverser les flux monétaires en Europe.
Ainsi d’après Wikipedia dans « Relations
économiques entre l’Amérique Espagnole et
l’Europe » :
« Les deux grandes prises de guerre faites
dans l’Empire aztèque et surtout dans l’Empire
Inca rapportèrent d’importantes sommes
d’argent à la couronne d’Espagne et aux
conquistadores. La rançon de l’empereur inca
Atahualpa représente selon Pierre Chaunu un
demi-siècle de production de métaux précieux en
Europe.
Les mines rapporteront encore plus que les
butins de guerre: d’abord par les quelques
117
sources d’or à Cuba au début du XVIe siècle, puis
les très grandes mines d’argent du Pérou du
XVIIe siècle (la mine du Potosi) et plus au nord
les mines mexicaines qui vont dominer la
production du XVIIIe siècle en compagnie des
mines d’Or du Brésil portugais (Minas Gerais).
Le conquistador Francisco Pizarro (Wikimedia)
118
C’est au cours des XVIIe et XVIIIe siècle que la
production et l’arrivage de métaux précieux en
Europe ont été les plus importants. »
Or que constatons-nous ? Les métaux précieux
perdent de la valeur au fil des siècles : si on
s’inspire de l’historien Earl Hamilton sur l’Histoire
des prix, le stock de 600 millions de pesos en
1500 permet de faire autant d’achat de blé que
le stock de 3 milliards en 1800.
L’ajout de monnaie dans l’économie fait
baisser la valeur de la monnaie. Ce qui est vrai
pour un gain de productivité d’un produit
quelconque (la baisse de sa valeur monétaire à
monnaie constante) est vrai aussi pour la
monnaie quand bien même il s’agit d’un bien de
référence : la quantité de marchandise qu’on
peut acheter avec une quantité donnée de
monnaie, dépend de la quantité de monnaie
totale en circulation.
Ce n’est donc pas l’un ou l’autre, c’est les
deux. L’augmentation de la productivité de la
production de blé aurait dû en faire baisser le
prix en monnaie courante, ici en or ou argent
métal au fil des 3 siècles. Toutefois l’ajout
constant d’une quantité importante de monnaie
qui s’est diffusée dans l’économie (estimée ici
selon Hamilton à cinq fois plus), en aurait fait
monter le prix d’un facteur 5 à production et
consommation constante.
En supposant une stabilité relative de la
production des biens et des services entre ces
deux dates, on serait en droit de prétendre que
119
le coût de la production de blé a baissé d’un
facteur 5 tandis que l’injection de 5 fois plus de
monnaie en a donc stabilisé le prix facial.
Inflation d’or et d’argent suite à la conquête Espagnole
(Luc Fievet TRM 2.0)
Ce raccourci ne tient pas compte des
changements de comportement économique, de
l’augmentation du nombre d’individus (qui réduit
la part de monnaie / personne) des nouveaux
biens et services demandant leur part de flux
monétaire etc… Mais permet de bien comprendre
le mécanisme à l’oeuvre dans la monnaie : le prix
local dépend fortement de la variation monétaire
globale, ainsi que de sa densité de répartition. La
densité se comprend ainsi : si le surplus de
monnaie était resté aux Amériques, le prix du blé
120
en Europe, selon le même raisonnement, aurait
probablement chuté d’un facteur 5 grâce
essentiellement aux gains de productivité
réalisés, et toutes choses égales par ailleurs..
Reales en argent (Wikimedia)
Cette remarque historique permet de
comprendre que non seulement l’or et l’argent
n’échappent pas aux règles monétaires relatives
fondamentales, mais qu’il n’est nullement besoin
d’y avoir recours pour gérer une masse
monétaire commune. Ce n’est donc pas la nature
d’un bien déterminé qui en fait une monnaie,
mais l’acceptation de tout mode d’échange
circulaire y compris purement mathématique.
Comment cette monnaie sera-t-elle alors gérée ?
C’est la confiance dans l’éthique de l’outil
d’échange qui assurera l’adhésion des Citoyens à
la monnaie proposée.
121
L’effondrement à éviter : thésaurisation et
déflation
Etant donné son rôle monétaire grandissant
l’or et l’argent métal allaient pousser à la
recherche et au contrôle des gisements, ainsi
qu’à la thésaurisation. En prêtant des monnaies
limitées à un taux d’intérêt fixe, l’ensemble des
prêteurs engagent l’ensemble des emprunteurs à
rendre plus que ce qui existe en circulation, dans
un mouvement global de thésaurisation. La
nature limitée de ce type de monnaie rend
mécaniquement impossible ce genre de
mouvements de fonds sur le long terme.
Il faut bien comprendre que le phénomène de
prêt est déjà en soi un phénomène de
thésaurisation, le prêteur entend obtenir plus de
monnaie qu’il n’en possède, et il ne s’agit pas à
ce moment-là du rôle de la monnaie en tant que
moyen immédiat d’échange universel des biens
et des service. Ce n’est pas un problème tant
que le prêt et la thésaurisation reste limité, mais
que se passe-t-il si la monnaie est excessivement
thésaurisée ou que les fuites ne sont pas
progressivement renflouées, comme il faut
rajouter de l’énergie dans un système isolé pour
qu’il poursuive son mouvement ?
Nous avons un phénomène de dissipation de
la monnaie. Non seulement la thésaurisation
crée un cycle déflationniste si la création de
monnaie n’en compense pas la perte, mais l’idée
selon laquelle l’épargne est bonne parce qu’elle
122
présuppose un investissement ultérieur est
insuffisante à expliquer ou à endiguer le
mécanisme pour deux raisons :
1. Si l’épargne constituée est réinjectée sous
forme de prêts à intérêts, le cycle déflationniste
subit une contre-tendance temporaire, et
l’épargne constituée, si les emprunteurs
continuent de rembourser correctement
augmente, augmentant le taux de déflation
jusqu’à des niveaux de baisse des prix si
insupportables qu’on atteint la faillite du circuit
d’échange. Le prêteur qui a un avantage
monétaire initial, et s’amuse à ne plus injecter de
monnaie que sous forme de prêts à intérêts, et
non plus en circulation de biens, prend
mécaniquement possession de tout le circuit
économique.
2. Si l’épargne constituée va s’investir dans
un autre circuit autonome d’échanges (dans
l’espace ou dans le temps), cela est très bon
pour ce nouveau circuit sans aucun doute, mais
ne règle en rien le problème du circuit initial, qui
n’a pas forcément ni l’objectif ni la capacité de
vendre sa production à l’extérieur, par exemple
là où aurait été investie cette monnaie. Là
encore on perçoit toute la finesse d’analyse
permise par le champ de valeur, qui élimine les
incongruités des théories globales en mettant
l’accent sur la densité de la monnaie et le champ
de valeur différentiel.
123
Un exemple de thésaurisation et
d’investissement avec fuite (Luc Fievet TRM 2.0)
Or ce mécanisme déflationniste local est
d’autant plus marqué dans une monnaie à valeur
de référence rare qui, par construction, non
seulement n’est pas dense partout, mais dont la
croissance dépend de paramètres externes et
d’investissements spécifiques pour la produire,
qui n’ont que peu de rapport avec ce que
souhaitent produire et échanger des producteurs
libres quant à la mesure de toute valeur.
La monnaie en croissance faible mais dense
encourage l’investissement et joue alors son rôle
fondamental : l’utilisation de la monnaie pour les
échanges au sein des circuits de production. Par
ailleurs elle permet de rétablir progressivement
124
la densité monétaire partout, en réparant
lentement mais progressivement et sans àcoups,
les fuites inévitables via les excès de
thésaurisation ou les investissements extérieurs
à la zone économique concernée.
Enfin, un parallèle avec la physique n’est pas
sans intérêt. On sait depuis les théories
énergétiques que le mouvement perpétuel est
impossible. Le mouvement perpétuel consiste en
un système qui tournerait de lui-même, avec un
apport d’énergie initial fini. Or ces systèmes
violent les premiers et deuxième principes de la
thermodynamique. En clair il y a toujours
dissipation d’énergie, et il faut toujours d’une
façon ou d’une autre injecter une énergie
supplémentaire pour maintenir un système en
mouvement.
Pour l’anecdote, Albert Einstein a déclaré que
lorsqu’il travaillait sur sa Théorie de la Relativité
Restreinte (de 1902 à 1905), et qu’il était
employé à l’office des brevets de Berne, il
trouvait ce travail « commode ». En effet, outre
qu’il lui permettait la subsistance nécessaire à la
poursuite de ses recherches scientifiques, ce
travail lui prenait peu d’énergie, et consistait
souvent à déclarer comme irrecevables des
brevets qui prétendaient établir des machines à
mouvements perpétuels.
Penser qu’une quantité de monnaie fixe serait
un gage de la stabilité de la « valeur » de cette
monnaie, c’est ne pas comprendre la Relativité
de la mesure individuelle de la valeur, et ne pas
125
tenir compte non plus du simple fait
expérimental, qui démontre tout le long de
l’histoire de la monnaie depuis 10 000 ans, que
d’une façon forcée ou consciemment acceptée
l’expansion des masses monétaires est
inévitable. En comprenant ce phénomène on
transformera les changements cycliques de
rattrapage brutalement vécus, souvent sources
de guerres ou de révolutions, en simples
périodes d’ajustements, acceptables parce que
bien compris par tous, assis sur une éthique
systémique clairement établie, difficilement
contestable, et surtout assurant toujours les
libertés économiques.
Les monnaies fiduciaires, premières
monnaies expansionnistes
Au XVIIIème siècle le « système de law » du
nom de l’écossais « Jonh Law » est officiellement
mis en place au sein d’une proto-banque centrale
en France. Law avait observé les mécanismes
monétaires fiduciaires déjà à l’oeuvre en Italie.
La France d’alors croule sous les dettes, et Louis
XV donne le feu vert pour la mise en place du
système.
La monnaie fiduciaire commence à faire
évoluer la monnaie vers une perte de contact
avec la valeur de référence, pour aller vers la
dématérialisation sous la forme de confiance
pure. Ici dans cette première mouture le papier
monnaie représente une part de valeur de
126
référence (or ou argent) payable par la Banque
émettrice.
Caricature du système de Law (Wikimedia)
Premières Pyramides fiduciaires à création
centralisée
Les premières Banques émettrices de monnaie
fiduciaire basent la confiance sur la valeur de
référence. Mais grande est la tentation d’émettre
plus de billets que la Banque ne possède de
127
métal en gage, permettant à de plus en plus
d’acteurs de monétiser leurs productions, et de
créer ainsi des cycles d’échanges de valeur. Le
développement économique s’accélère au fur et
à mesure que la monnaie devient dense dans
l’économie.
Toutefois deux causes fondamentales créent
l’effondrement de ces pyramides
expansionnistes.
Tout d’abord on ne peut indéfiniment
prétendre gager de façon fixe une valeur de
référence finie en émettant de plus en plus
monnaie. Il faudrait pour cela annoncer
clairement que le taux de croissance de la
monnaie émise par la Banque, permettrait de
récupérer un taux inverse de valeur de référence
dans le temps. Si par exemple on émet des
billets sur une vitesse de « c » gageant une
valeur de référence possédée par l’émetteur, et
qu’on annonce sur le billet qu’au moment de
l’émission, le billet est échangeable contre une
quantité Q0 de la valeur de référence, alors le
billet devrait noter qu’au temps « t » la valeur
de référence échangeable sera de :
Qt =Q0∗1−ct
Par exemple pour une croissance annoncée
des billets émis de 5% / an, il faudrait alors noter
sur les billet émis à la date « d » que la quantité
de valeur de référence gagée par ce billet pour
l’année « a » en cours est de :
128
Qt =Q0∗95%a−d
La quantité de la valeur de référence
échangeable diminuerait alors de moitié dans ce
cas précis tous les 15 ans après la date
d’émission d’un billet. Ce système serait
complexe, et demanderait de faire le calcul de la
valeur de référence pour chaque billet en
fonction de sa date d’émission, mais il serait
exact.
La deuxième cause est la perte de confiance
dans le gage fixé . Les billets existants étant
gagés sur une valeur fixe, avec une très grande
confiance des utilisateurs, le gage n’est
quasiment jamais réclamé par les bénéficiaires.
Le Banquier se sent alors pousser des ailes, et
émet un peu plus de monnaie, puis encore plus,
jusqu’au jour où la confiance chute.
Les acteurs de l’économie s’étonnent de
trouver autant de gages de la valeur de
référence dans leurs échanges, faisant ainsi
monter les prix dans la monnaie fiduciaire ainsi
émise, et jusqu’au jour où la confiance en
l’émetteur n’existe plus du tout, ce qui constitue
la rupture et la crise. En demandant leur gage,
les bénéficiaires découvrent la vérité : il n’y a pas
dans les coffres de la Banque la valeur de
référence en quantité égale à la somme des
gages émis, les clients sont floués, et c’est la
faillite.
C’est le principe même de la pyramide de
Ponzi qui est décrit ici où ce sont les derniers
129
entrants qui sont le plus durement touchés. Cela
est dû au fait qu’une expansion économique ne
peut pas se faire sur le gage d’une valeur de
référence fixe. Ce phénomène qui semble
pourtant évident mettra trois siècles à trouver
une amélioration partielle, au fur et à mesure
que la monnaie fiduciaire va prendre place dans
l’économie en tant que telle, et non plus en tant
que gage.
Le phénomène de la pyramide de Ponzi qui
consiste à faire payer les derniers entrants pour
rémunérer les premiers équivaut dans le miroir
monétaire de la valeur à spolier les biens ou faire
travailler les derniers entrants au bénéfice des
émetteurs centraux de monnaie.
Invention du Levier Bancaire réglementé
Malgré les échecs répétés des premières
Banques Centrales, l’idée de la monnaie
fiduciaire expansionniste n’a pas été
abandonnée. Pourquoi ? Parce qu’une telle
monnaie se transporte mieux, s’échange plus
facilement, est un fameux business modèle pour
les Banques émettrices, mais surtout a
visiblement conduit l’économie à des phases
expansionnistes rapides. Il fallait trouver un
système qui évite les faillites, tout en gardant les
côtés positifs du système.
On a donc trouvé une parade : le levier
bancaire limité. Le Banquier s’est vu octroyer une
limite à son émission de monnaie fiduciaire dans
la limite d’un ratio réglementé. Ce système
130
permettait de redonner aux clients la valeur de
référence dans une proportion suffisamment
importante, pour ne pas briser la confiance. C’est
historiquement le facteur de 10% de réserves
environ qui a été retenu. Avec ce taux de
réserve, un nombre suffisant de clients pouvaient
récupérer leur valeur de référence, et la
confiance restait valable dans le système…
Uniquement pendant un temps plus long !
Ce système toujours asymétrique n’empêche
en rien la perte de confiance, et ne fait qu’en
repousser l’échéance sur une plus longue
période. L’effet de levier limité se retrouve
bloqué lors de l’atteinte du « haut de bilan »
lorsque les 10% de réserves sont atteints, le
système Bancaire se voit contraint de ne plus
émettre de nouveaux crédits, et c’est la faillite
des derniers emprunteurs, ne voyant plus venir
l’afflux de nouvelle monnaie permettant de payer
dettes + intérêts.
La valeur de référence garantie par la
monnaie ne peut pas être respecté par
l’émetteur qui veut allouer plus de crédits pour
accompagner une expansion économique. Mais
par ailleurs sans expansion monétaire, il n’est
tout simplement pas possible d’accompagner
l’investissement, la thésaurisation sans création
de valeur associée, suffisant à acquérir un
pouvoir d’achat en augmentation. La valeur
intrinsèquement fondante d’une monnaie
expansionniste encourage sa circulation, permet
de payer dettes + intérêts : elle est la condition
131
nécessaire d’une expansion souple dans le
temps.
En jouant sur ces deux aspects
complémentaires que sont l’expansion et la
contraction de crédits, le système centralisé à
effet de levier, donne aux Banques la maîtrise de
« cycles économiques » artificiels, qui ne sont
que des cycles monétaires, leur permettant non
seulement de contrôler l’économie dans son
ensemble, mais aussi de s’assurer quelle que soit
la valeur créée par ailleurs, une rente
perpétuelle. C’est un fait : les émetteurs de
monnaie asymétrique sont parmi les centres
d’activités économiques les plus anciens avec les
Etats, qui traversent sans broncher les « crises »
successives.
132
Charles Ponzi, inventeur de la pyramide du même nom
(Wikimedia)
Les producteurs éloignés du centre d’émission
monétaire, ne comprenant pas comment la
monnaie est émise, ne se rendent compte que
tardivement des effets des politiques d’émission
de crédits sur la fluctuation de la valeur de la
monnaie commune et ne mesurent que trop tard
l’impact de ce phénomène sur leur propre
activité.
Quand ils s’en rendent compte, et souhaitent
tous en même temps récupérer la « valeur de
référence » il n’y a pas autant de stocks pour
répondre à toutes les demandes (assurer 10% de
réserve reste dans tous les cas une escroquerie,
il est impossible à l’ensemble des détenteurs de
monnaie de récupérer cette « valeur », et les
133
premiers à se servir le sont au détriment des
autres avant la faillite générale), et les faillites
des Banques s’enchaînant, déstabilisent ensuite
tout le reste de l’économie qui s’effondre et
conduit à des désordres sociaux et politiques
d’envergure historique. 1929 était la dernière
crise de taille internationale basée sur une valeur
de référence fixe.
L’instabilité de la valeur de référence
De 1946 à 1971 l’étalon-or continue d’être
utilisé, mais en étant plus vraiment garanti par
l’émetteur autrement qu’en prix de façade. Tant
que la demande pour la valeur de référence était
faible, le prix pouvait être affiché comme fixe,
mais avant même 1971, des évolutions du prix
affiché devenaient nécessaires devant une
demande excessive soutenue par l’expansion
monétaire comme le montre ce graphique du
prix en dollar de « l’étalon » qui n’en était déjà
plus vraiment un.
134
Evolution du prix de l’or en $ jusqu’en 1971
C’est ainsi que dès 1967 le prix de l’or
commence à lâcher prise. L’impossibilité de
fournir la valeur de référence à prix fixe au sein
d’une monnaie en expansion se fait jour quand à
demande égale la quantité de monnaie
augmente. C’est un phénomène purement
mécanique.
De la même façon constater en 2010 une
croissance de 7% / an sur 10 ans de la masse
monétaire en euro, et entendre que la « politique
monétaire » est de maintenir une « inflation à
2% » est si aberrant qu’il ne faudra pas s’étonner
de voir venir tôt ou tard un rattrapage violent,
soit par à coups sur les valeurs les plus
demandées, soit de façon progressive, mais il est
mécaniquement impossible sur le long terme de
faire cohabiter deux chiffres totalement
contradictoires.
Abandon complet de l’étalon or, les
réserves fractionnaires
Actant l’inutilité et l’impossibilité de tenir un
étalon via une valeur de référence, 1971 voit
l’apparition des réserves fractionnaires, un
système de contrôle de la masse monétaire par
les Banques Centrales, qui permet de contrôler
les taux d’intérêts et la quantité de crédits
alloués par les Banques. Le prix de l’or a alors
subi des variations diverses, passant par une
bulle historique qui a vu un sommet en 1980.
135
Le système des réserves fractionnaires ne
résout toujours pas le problème de l’éthique
quant à la monnaie, un centre d’émission à deux
têtes, Banques et Etats, s’en arrogeant un
monopole d’émission exclusif au détriment des
producteurs éloignés du centre.
Il y a toujours dans ce système un effet de
levier profitant à l’émetteur asymétrique de
monnaie qui crée de la monnaie par du crédit
arbitraire « gagé », en cas de faillite de
l’emprunteu, par un taux de par exemple 8% de
réserve… constituée de … la même monnaie ! Ce
changement est une manne pour le secteur
financier, puisque ce type de réserve étant
manipulable aisément, on peut toujours, dans les
cas de crises, trouver des solutions, qui quoique
éthiquement très discutables peuvent éviter les
faillites brutales, et donc évitent une part des
désordres antérieurs.
On peut comparer le système monétaire
encore actif en 2010 à l’ancien réseau
informatique Français du Minitel, un réseau
centralisé, où la création de services nécessitait
un avis du propriétaire monopolistique ainsi que
le partage des revenus de l’activité. Tandis qu’un
système d’émission de monnaie symétrique dans
l’espace-temps tel que le Dividende Universel est
comparables à un internet neutre où chaque
citoyen de la zone économique est considéré
comme égal devant la création monétaire, et
donc susceptible d’échanger en « peer to peer »,
136
de personne à personne, sans permission
spéciale d’une autorité centrale.
Comment marche ce système de réserves
fractionnaires du point de vue de l’économie ? Ce
système crée des cycles artificiels, au bénéfice
des émetteurs asymétriques :
Etape 1 : le système financier se consolide, et
sur la base de ses « fonds propres » va pouvoir
émettre de la dette « € » à intérêts qui vient
« irriguer l’économie » par un « effet de levier ».
Etape qui peut être longue et s’étaler sur 10 ou
20 ans, la Banque Centrale assurant un contrôle
de cette « spoliation réglementaire », à un taux
suffisamment faible pour être supportable.
Etape 2 : le système financier « se paye » par
l’intérêt « I » de la dette ainsi émise (publique et
privée). Les intérêts, et éventuellement le
nominal des dettes, alimentent le « trou » ainsi
constitué. Sauf que la dette émise n’a aucune
raison de « revenir » à l’émetteur, puisque ayant
dûment payé ceci ou cela, elle se trouve en très
grande partie thésaurisée par des épargnants, ou
se retrouve circulante au sein de micro-systèmes
autonomes qui s’en servent à juste titre de
moyen d’échange. Cette étape peut elle aussi
durer de 10 à 20 ans…
Etape 3 : du fait de l’impossibilité de retour
de la dette émise avec les intérêts, le système
financier, sur la base des faillites ainsi
provoquées, se retrouve avec un bilan
totalement instable, et en situation de faillite lui
même (il est quand même censé équilibrer son
137
bilan). Il s’effondre sur lui même. Il y a alors une
émission massive de nouvelle dette « en vue de
se refaire », pour irriguer de nouveau une
économie qui s’éloigne (inflation de la richesse
réelle), mais qui manque cruellement de
monnaie (crise dû à la rareté artificiellement
maintenue de la monnaie). On se retrouve alors
en fin de cycle, et un nouveau cycle peut
redémarrer, 1) 2) puis 3), sauf que l’espace
économique considéré est bien plus grand et
plus « riche » que lors du cycle précédent (en
valeur monétisée, ce qui ne signifie aucunement
une valeur « absolue », qui n’existe pas).
Le résultat pour les producteurs, est que,
quelle que soit la valeur créée et échangée, le
fait d’accepter une telle monnaie « commune »
est l’assurance que cette valeur sera vampirisée
inéluctablement par l’émetteur asymétrique, lui
assurant un « business modèle » absolu et
infaillible, valable en tout point de l’espacetemps.
138
Trois étapes d’émission de l’« argent dette » (Luc Fievet
TRM 2.0)
2010 et après : Bâle III, ou des monnaies
symétriques ?
Le cycle étant long, la captation de valeur se
faisant sur un rythme suffisamment faible pour
ne pas être excessif, le processus est
difficilement discernable. De la même façon qui
est capable de voir la différence entre la
construction d’un réseau centré type Minitel face
à un réseau acentré symétrique et neutre type
Internet à part les spécialistes des réseaux
informatiques et des protocoles de
télécommunication ?
Nous sommes donc bien dans l’exploitation de
l’ignorance quant à la construction du réseau
monétaire. Un citoyen informé d’une proposition
d’utilisation d’une monnaie commune lui
permettant d’échanger de façon équitable sa
production avec ses semblables présents et à
venir, ne devrait pas accepter une telle
architecture, mais opter pour un choix qui soit
ouvert, transparent, et équitable entre tous les
membres de la zone monétaire concernée.
2007 – 2010 représente la fin du dernier cycle
d’expansion monétaire 1971 – 2010, qui a vu
successivement des règles privées s’imposer
tant aux USA qu’en Europe décidées au sein d’un
groupement « d’experts », nommées « Bâle I »
139
puis « Bâle II » et « Bâle III » en cours de
négociation, censées « réguler les Banques ».
Cela reviendrait à essayer de transformer le
Minitel alors qu’internet s’impose.
Or que se passe-t-il en 2010 ? Une explosion
des monnaies complémentaires jamais vue dans
l’histoire des crises monétaires. Si les SEL
explosent, qui tentent plusieurs types de
systèmes monétaires, à Crédit Mutuel fixe, à
Dividende Universel, c’est surtout sur internet
que se déploient des tentatives intéressantes,
dont la plus aboutie techniquement est sans
doute le projet Open Source « BitCoin » qui
propose de gérer un système monétaire P2P
« peer to peer », où la monnaie peut se
développer de façon totalement décentralisée,
via les liens de personne à personne et où
l’ensemble des transactions est stocké sur
l’ensemble du réseau dans un mode crypté.
Le projet BitCoin est cependant plombé par
une non compatibilité fondamentale avec la TRM.
En effet la masse totale des Bitcoins est
techniquement limitée à un maximum. Ce qui
fait que bien que la symétrie spatiale est en
partie respectée parce qu’elle n’avantage
personne à priori, la symétrie temporelle ne l’est
pas, et une fois passée la génération de la masse
monétaire maximum, les derniers entrants n’y
auront plus accès.
De plus il y a tout de même un biais spatial. La
symétrie n’est pas basée sur les individus
adoptant le système, mais sur la capacité
140
machine à générer du calcul informatique. Ceci
n’est pas conforme aux libertés économique.
Bitcoin ne respecte donc que la première liberté
d’un système monétaire, s’agissant d’un système
ouvert.
On peut s’attendre donc à ce que la
« pyramide temporelle des Bitcoins » s’effondre
tôt ou tard.
Que reste-t-il des ruées vers l’or à part des
villes fantômes ? Tandis qu’après une récolte, un
champ de blé ne fournit-il pas encore et toujours
des récoltes abondantes ?
141
Graphique historique
Les différentes formes monétaires depuis 12 000 ans
Le Dividende Universel en application
Le Dividende Universel a déjà été mis en
pratique récemment sous différentes formes, et
différents noms comme « revenu d’existence »,
« revenu permanent », « allocation universelle »
etc…
On trouve des exemples de mise en oeuvre en
Alaska, dans une expérience locale en Namibie,
au sein de SEL comme le SCEC en Italie, ou
encore au Brésil. Il existe des groupements qui
142
font la promotion d’un revenu individuel
symétrique comme l’association internationale
du BIEN (Basic Income Exchange Network), ainsi
que l’AIRE (Association pour l’Instauration d’un
Revenu d’Existence) en France présidée par
l’économiste Yoland Bresson.
Mais mieux encore, l’Europe est déjà
quasiment installée dans un système où un
Dividende Universel se développe depuis 20 ans
en parallèle avec un système de crédits
arbitraires. En France en 2010 le RSA est de 450
€ / mois mais diminue au fur et à mesure que
l’on gagne des revenus supplémentaires, sur un
large fossé, de sorte que par exemple, parmi les
citoyens ayant un revenu horaire égal, certains
touchant le RSA ne travaillent qu’à mi-temps,
quand les autres font un plein temps. Un
système totalement inéquitable, que l’on peut
appeler « grand fossé » et qui a pour
conséquence essentielle d’inciter les citoyens
ayant peu de revenus, soit à ne pas monétiser
leurs productions, soit à ne pas déclarer les
échanges (ou les deux).
C’est en fait l’ensemble des pays de l’OCDE
qui propose un revenu minimum, qui reste dans
la majorité des cas conditionnel, le plus souvent
associé à une condition d’âge, de contraintes
diverses comme celle de démontrer la recherche
d’un « emploi », et qui donc in fine ne
considèrent pas les individus comme les associés
inconditionnels de la nation.
143
Le problème essentiel de la zone Euro est la
forte disparité du revenu minimum. Là où la
France, l’Allemagne et l’Espagne proposent peu
ou prou un montant comparable de 450 € / mois,
les citoyens des autres pays récemment associés
à la monnaie commune n’en ont pas, et ont
parfois des salaires minimum inférieurs à ce
montant.
Evolution en France en 2011, du revenu net perçu (zones
bleue + orange = RSA + complément net. Les zones
jaune, vert et rouge sont les taxes) en fonction du chiffre
d’affaire individuel total ou salaire complet (abscisses =
salaire complet). Entre 600 € et 2200 € / mois de CA, le
Citoyen gagne toujours la même chose, environ 1050 € /
mois. (www.creationmonetaire.info « Le revenu de base en
France »)
Dans ces conditions la production quitte les
pays à haut revenu minimum pour aller vers
ceux où il est bien plus bas voire inexistant,
créant une forte distorsion de concurrence entre
144
individus, en totale contradiction avec l’objectif
affiché d’un marché libre et non faussé.
Une monnaie commune n’est compatible avec
les Droits de l’Homme que si son mode de
création respecte l’égalité des hommes devant le
jugement de toute valeur, et donc leur droit égal
devant la création monétaire. L’instauration
d’une zone économique à monnaie commune
sans convergence des revenus minimums
individuels est une violation du Droit. Il s’agit de
l’instauration d’une monnaie ne respectant pas
les quatre libertés (Liberté de la modification
démocratique du code, et les trois libertés
économiques que sont l’accès aux ressources, la
production, et l’échange « dans la monnaie »).
Le projet libre Open-UDC
Le projet Open-UDC (pour « Universal Dividend
Currency ») est un projet de développement d’un
système informatique libre (sous licence GPL), de
monnaie libre à Dividende Universel.
Initié en 2011 il est accessible sur
http://www.open-udc.org , et consiste à
développer un ensemble d’outils permettant la
gestion individuelle et collective d’échanges
monétaires au sein d’une masse monétaire
numérique associée à des règles et processus de
contrôle ouverts et démocratiques.
Outre une base démocratique initiale, le projet
a réduit le calcul du Dividende Universel sur une
base mensuelle à partir de règles très simples,
145
qu’il peut être utile de rappeler ici pour les
créateurs de SEL voulant s’inspirer de la TRM :
• UD (0) = 100 UDC
• UD (n+1) = MAX { UD(n) ; Pud x M(n)/N(n) }
Où « n » est le mois précédent. UD(n) est le
Dividende Universel du dernier mois, Pud est le
% constant de Dividende Universel minimal
prédéfini, M(n) est la masse monétaire du mois
précédent, et N(n) le nombre de membres de la
communauté monétaire.
Le Dividende Universel en unités monétaire et
donc fixe, ne baisse jamais, et est remonté si la
croissance de la masse monétaire par membre
(M(n)/N(n)) devient inférieure au minimum
« Pud ».
146
Autres arguments fondamentaux
pour le Dividende Universel
Quoique l’approche logique et mathématique
soit suffisante pour atteindre le résultat de la
monnaie à Dividende Universel, il reste possible
de développer des points de vue
complémentaires plus pratiques, qui tendent
vers le même résultat fondamental.
La co-propriété Citoyenne de la Zone
Monétaire
La Zone économique associée à une monnaie
commune est une construction
fondamentalement Citoyenne. Chaque Citoyen
via son Etat respectif est co-propriétaire de la
Zone (qui peut être réduite à un seul Etat). En
démocratie il est régulièrement convié à voter
pour élire ses représentants directement ou
indirectement. Il s’agit donc bien d’une
entreprise de vie commune, où la monnaie est le
ciment économique communément accepté et
créé pour permettre que les échanges puissent
se faire tant dans l’espace que dans le temps et
dans une mesure équilibrée.
147
Or tout propriétaire d’une entreprise quelle
qu’elle soit, reçoit, en proportion de sa détention
du capital un Dividende annuel. La Zone Euro est
économiquement valorisable en proportion de sa
Masse Monétaire en Circulation (voire du PIB,
mais PIB et Masse Monétaire sont
interdépendants).
Le Dividende Universel correspond donc
simplement à la reconnaissance de la copropriété
de la zone économique par chaque
Citoyen (présents et à venir, et aucune
génération n’a de droit privilégié de ce point de
vue). La citoyenneté de la zone économique est
consubstantielle au droit fondamental à une part
comparable de la création monétaire commune
entre chaque citoyen.
Monétisation de la valeur libre, bénévole et
non marchande
L’Art, les logiciels libres, les écrits libres de
droit, le travail non marchand effectué par
l’action associative ou individuelle etc… Que
fournit chaque citoyen de la zone euro, sont des
valeurs, qui bénéficient au secteur marchand
directement ou indirectement, immédiatement,
ou de façon différée dans le temps. Par exemple
internet fonctionne avec une couche de logiciels
libres qui ont été développés et distribués sans
aucune reconnaissance monétaire pour une très
grande partie.
Ces types de productions sont difficilement
monnayables directement, parce que ce qui fait
148
leur valeur, est l’adoption par le plus grand
nombre, d’autant plus rapidement que c’est
gratuit, créant des normes, des protocoles
d’échanges d’information, des usages. Or, sur ce
substrat de valeur, se développent des valeurs
marchandes qui, elles, valorisent leurs produits
rares ou artificiellement raréfiés.
Le Dividende Universel est une valorisation de
cette couche libre et non marchande de la
société, qui est la juste compensation du droit
d’usage de cette couche multi-valeur pour des
activités marchandes.
On ne peut pas opposer à la création libre de
valeur le droit à la propriété intellectuelle comme
moyen de se faire rémunérer. Car le choix de
donner la liberté d’usage et de transformation de
sa création est un moyen de la diffuser sans
obstacles, sans freins, rapidement, au bénéfice
du plus grand nombre. C’est généralement le cas
des découvertes scientifiques. Pour autant les
auteurs de ces créations ne disent pas qu’ils ne
devraient pas être payés pour cet apport, mais
ils ne veulent pas en faire un commerce direct.
Ils ne réclament donc pas un bénéfice
proportionnel à leur apport, mais une
reconnaissance monétaire minimale.
Le Dividende Universel répond à cette attente.
De son côté le créateur qui souhaite une
rémunération proportionnelle à son apport se
doit d’opter pour une démarche propriétaire. Les
deux approches ne s’opposent pas, elles se
complètent, et peuvent tout à fait cohabiter non
149
seulement entre acteurs différents, mais aussi
pour un seul et même acteur qui peut choisir de
faire un apport libre ou propriétaire selon les cas.
On ne saurait « ranger » un citoyen libre et
souverain dans aucune « case » où il serait
contraint de rester pour prétendre à bénéficier
de tel ou tel « guichet » social, ce qui
constituerait un frein économique évident,
limitant la créativité et la production des
individus à des domaines prédéfinis et par
définition non innovants !
La neutralité de la monnaie
La Création Monétaire par effet de levier est
une dissymétrie qui accentue les écarts
capitalistiques sans raison. Parce que X,Y ou Z
ont un avantage capitalistique de départ, on leur
permet de surévaluer cet avantage par un effet
de levier de création monétaire, qui dévalue la
monnaie existante à leur avantage, et leur
permet à tout moment d’acheter ou de copier
toute innovation par création de fausse monnaie
momentanée.
Le Dividende Universel est une création
monétaire neutre et symétrique dans l’espace et
le temps, qui rend à la monnaie son sens premier
: un Crédit Mutuel entre Citoyens, versé non pas
en une fois, mais progressivement, tout le long
de la vie, et de façon relative à la richesse
mesurable (Proportionnelle à la masse monétaire
/ Citoyen), sans léser aucun individu présent ou à
venir quel que soit son âge.
150
Le Dividende Universel joue alors non
seulement un rôle neutre quant à
l’investissement via la croissance de la masse
monétaire répartie entre tous les citoyens, mais
aussi un système d’amortisseur économique en
cas d’évaporation de la monnaie dans toute zone
pseudo-isolée au sein de la zone monétaire. Si on
imagine que « X » ayant fait un gros bénéfice
monétaire décide de quitter la zone autonome
pour investir ailleurs (ou simplement épargner),
le Dividende Universel assure que les échanges
monétaires ne sont pas totalement bloqués pour
autant, et peuvent repartir progressivement.
La monnaie n’a pas pour objectif d’être un
instrument de prise d’otage où celui qui, ayant
fait le choix de monétiser sa production, pourrait
profiter de l’accumulation de monnaie pour
bloquer les échanges entre les autres
producteurs, et imposer ses vues.
Cet argument reprend le principe fondamental
édicté par Richard Stallman concernant
l’utilisation de tout système d’information : le
code doit être transparent et modifiable. Pour
accepter une monnaie tout citoyen devrait donc
à minima en accepter le code de
fonctionnement, et pouvoir le changer par des
choix démocratiques. Or il est flagrant en 2011
que ces deux conditions minimales ne sont pas
remplies pour les monnaies « officielles » à codes
cachés, à fonctionnement imposé, et dont
l’élaboration du code de fonctionnement n’est
pas soumis à un choix démocratique (Bâle I, II et
151
III, sont des principes monétaires non soumis à
l’approbation des utilisateurs).
La « perspective numérique » mise en
évidence par Olivier Auber devrait nous éveiller à
la dimension de ce choix de code monétaire
inhérent à la liberté économique selon des
critères élevés comme l’éthique et la neutralité.
La valeur fondamentale de toute économie.
La condition fondamentale de toute mesure
est l’individu. En effet hors l’individu il n’est point
de mesure de valeur. C’est le point minimum et
suffisant pour toute mesure de valeur.
L’homme est l’observateur de l’économie,
autant que son acteur fondamental. Son service
et sa liberté de création en est l’objectif premier.
C’est donc le seul véritable point de valorisation
possible de toute monnaie qui se veut
universellement utilisable partout et en tout
temps où l’échange économique est possible.
Hors toute valeur spécifique, il reste une
économie. Mais vidée de ses individus aucune
économie ne subsiste, il ne reste évidemment
rien de mesurable.
En valorisant la monnaie sur un microinvestissement
continu, tout le long de la vie de
chaque citoyen, c’est l’ensemble de l’économie
qui investit dans chacune de ses composantes
économiques fondamentales, le « risque » étant
réparti dans la multitude et dans le temps.
Il est par ailleurs hors de question que ce
soient les hommes d’une génération donnée qui
152
s’arrogent le droit de juger parmi leurs
contemporains, de qui provient la valeur
qu’utiliseront demain les générations à venir. A
procéder ainsi les générations précédentes,
aveugles devant la réalité de l’incertitude quant
à ce qui est valeur ou pas, ont laissé choir dans
la misère plusieurs de leurs créateurs de valeur
considérés aujourd’hui parmi les plus importants.
L’existence ou l’absence de Dividende
Universel est une mesure de l’humilité ou de
l’arrogance des hommes du présent devant les
hommes à venir.
Autres arguments
Des auteurs de blogs ont repris ou cité les
idées de la TRM et apportent d’autres
interprétations compatibles et très pertinentes
du Dividende Universel :
http://www.tetedequenelle.fr
http://blog.rom1v.com
http://aymericpontier.blogspot.com
http://blog.tcrouzet.com
Par ailleurs l’article wikipedia sur « l’allocation
universelle » regorge d’information, y compris
sur les expériences (toutes réussies) des zones
économiques ayant adopté un système
monétaire proche du Dividende Universel.
153

Licence et Versionning
La Théorie Relative de la Monnaie (« TRM »)
est éditée sous la licence libre GPL v3, parce que
considéré comme base possible et modifiable
d’un système logiciel de monnaie libre. Vous êtes
libres de copier, distribuer, citer, modifier, vendre
ce texte, ainsi que de créer des versions
alternatives, à la seule condition de garder la
continuité de la licence.
Vous aurez une information complète sur la
GPL en Français sur Wikipedia à l’adresse
http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_publique_gén
érale_GNU
Cette version est la 2.0. J’ai voulu proposer
une édition sous une forme versionnisée afin de
pouvoir améliorer, compléter la TRM, y compris
via un processus collaboratif. Vous pouvez donc
contribuer aux futures versions, en proposant
des mises à jour des données présentées ici, des
ajouts de points complémentaires, des
graphiques ou toute autre sorte de contribution
sur http://wiki.creationmonetaire.info
Si la TRM vous a plu, vous pouvez faire un don
à l’auteur, aux contributeurs, ou en faire l’achat
numérique, papier ou autre sur ce même site.
155

Sources
Théorie : Blog « Création Monétaire »
http://www.creationmonetaire.info
Histoire, données : L’encyclopédie libre Wikipedia
http://www.wikipedia.org
Données Euro : Banque Centrale Européenne
http://www.ecb.int
Données monétaires USA :
http://www.shadowstats.com
Yoland Bresson, économiste fondateur de l’AIRE
http://www.revenudexistence.org
Olivier Auber et la « perspective numérique »
http://perspective-numerique.net
157

Remerciements
Je tiens à remercier pour leurs relectures,
corrections, conseils, ou leurs réflexions
inspirantes : Yoland Bresson, Olivier Auber,
Thierry Crouzet, Gérard Foucher, Marie Bérenger,
Pierre Teisserenc, et Philippe Scoffoni, ainsi que
tous ceux qui directement ou indirectement ont
permis l’élaboration de cette version 2.0 de la
TRM.
Un remerciement particulier à Luc Fievet,
producteur de l’émission de radio libre
« symbiose », graphiste à ses heures, et qui a
produit tous les magnifiques graphiques
illustratifs sous licence GPL V3 présents dans
cette version 2.0, réalisés avec le logiciel libre
Blender.
Un remerciement spécial à Jean-Jacques
Brucker, et Glenn Roland, développeurs de
logiciels libres, qui ont initié une implémentation
de la TRM dans le projet « Open-UDC ».
Les graphiques de Luc Fievet sont accessibles
sur http//wiki.creationmonetaire.info
159
Couverture de la TRM 1.0 revue par Luc Fievet
160
Table des matières
Préface de Yoland Bresson……………………………………..3
Introduction………………………………………………………….9
Conseils de lecture……………………………………………….13
Définitions………………………………………………………….15
Repère associé : la zone économique (ou zone
Monétaire)………………………………………………………15
Zone économique pseudo-isolée………………………..17
Mesure de la valeur : Les échanges monétisés…….17
Formalisation………………………………………………………21
Principe de relativité………………………………………..21
Liberté, valeur, monnaie, repère………………………..22
a)Liberté…………………………………………………….22
b)Valeur……………………………………………………..23
c)Monnaie…………………………………………………..23
d)Zone monétaire………………………………………..23
Axiomatique……………………………………………………23
a)Liberté d’accès aux ressources……………………24
b)Liberté de production………………………………..24
c)Liberté d’échange……………………………………..24
Code libre et système monétaire libre…………………25
Problème des trois producteurs………………………………29
Problème de la valeur de référence
(Système Monétaire 1.0)…………………………………..32
Problème de l’argent « dette »
(Système Monétaire 2.0)…………………………………..36
Solution à Dividende Universel
(Système Monétaire 3.0)…………………………………..38
a)Solutions………………………………………………….38
b)Optimisation et espérance de vie………………..43
c)A propos de la valeur individuelle des biens…50
161
d)A propos de la symétrie de la valeur apportée
par les individus………………………………………….53
Masse Monétaire et Relativité……………………………….57
Densité de la monnaie………………………………………57
Croissance………………………………………………………58
Potentiel d’achat………………………………………………61
Le champ de valeur………………………………………………65
Equation fondamentale du champ de valeur………..65
Le champ de valeur de l’argent dette…………………..68
Le champ de valeur d’un système d’échange local
« SEL »………………………………………………………….70
Le champ de valeur de la production non monétisée
………………………………………………………………………71
Le champ de valeur d’une économie à Dividende
Universel………………………………………………………..75
Les forces en jeu……………………………………………..76
Cas limite de la TRM, la Théorie Quantitative de la
Monnaie……………………………………………………………..79
Principe de résonance psychologique. Les bulles sont
une conséquence de l’émission monétaire asymétrique.
………………………………………………………………………….85
Développement théorique…………………………………86
Vérification expérimentale………………………………..92
Comment comparer deux zones économiques ?……….97
Application numérique :…………………………………..98
Comment installer une monnaie à Dividende
Universel ?………………………………………………………..103
Approche simple……………………………………………103
Approche progressive, le cas Européen…………….104
Réflexion sur le prêt à intérêts…………………………108
Réflexion sur l’impôt………………………………………111
Zooms sur l’histoire de la monnaie……………………….113
162
Les monnaies néolithiques, premières monnaies
denses à inflation incontrôlable………………………..113
Les monnaies métalliques, premières monnaies
limitant l’inflation…………………………………………..114
Empire Romain……………………………………………..114
La bulle Espagnole d’or et d’argent…………………..117
L’effondrement à éviter : thésaurisation et déflation
…………………………………………………………………….122
Les monnaies fiduciaires, premières monnaies
expansionnistes……………………………………………..126
Premières Pyramides fiduciaires à création
centralisée…………………………………………………….127
Invention du Levier Bancaire réglementé………….130
L’instabilité de la valeur de référence……………….134
Abandon complet de l’étalon or, les réserves
fractionnaires…………………………………………………135
2010 et après : Bâle III, ou des monnaies
symétriques ?………………………………………………..139
Graphique historique………………………………………142
Le Dividende Universel en application……………..142
Le projet libre Open-UDC………………………………145
Autres arguments fondamentaux pour le Dividende
Universel…………………………………………………………..147
La co-propriété Citoyenne de la Zone Monétaire. 147
Monétisation de la valeur libre, bénévole et non
marchande…………………………………………………….148
La neutralité de la monnaie……………………………..150
La valeur fondamentale de toute économie……….152
Autres arguments…………………………………………..153
Licence et Versionning……………………………………….155
Sources……………………………………………………………..157
Remerciements………………………………………………….159
163
164

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