Le Blog de Tidiane DIAKITE: ARISTOTE, LA QUÈTE DE LA BONNE DÉFINITION DU BONHEUR

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Tidiane DIAKITE

ARISTOTE, LA QUÈTE DE LA BONNE DÉFINITION DU BONHEUR

ARISTOTE, LA QUÊTE DE LA BONNE DÉFINITION DU BONHEUR

Réussite et bonheur ?

Honneurs et bonheur ?

Vertu et bonheur ?

Richesse et bonheur ?

Aristote (384-322 av JC)

Philosophe grec, disciple de Platon à l’Académie, puis précepteur d’Alexandre le Grand.

Il fonde, en 335 av JC, à Athènes, sa propre école de philosophie, le Lycée, également appelée école péripatéticienne.

Son œuvre a exercé une influence majeure, tant sur la science et la philosophie de l’islam à leurs débuts que sur la pensée chrétienne au moyen âge.

Pour Aristote, le bonheur est lié à l’action. Sa morale à cet égard est une morale eudémoniste .L’eudémonisme est une doctrine philosophique qui pose comme principe que le bonheur est le but de la vie humaine .

Aristote considère l’action comme le moyen de s’élever, et le bonheur comme résultat de cette l’action.

Qu’est-ce que le bonheur ?

Puisque toute connaissance et toute décision librement prise vise quelque bien, quel est le but que nous assignons à la politique et quel est le souverain bien de notre activité ? Sur son nom du moins il y a assentiment presque général : c’est le bonheur, selon la masse et selon l’élite, qui supposent que bien vivre et réussir sont synonymes de vie heureuse ; mais sur la nature même du bonheur, on ne s’entend plus et les explications des sages et de la foule sont en désaccord. Les uns jugent que c’est un bien évident et visible, tel que le plaisir, la richesse, les honneurs ; pour d’autres la réponse est différente; et souvent pour le même individu elle varie : par exemple, malade il donne la préférence à la santé, pauvre à la richesse. Ceux qui sont conscients de leur ignorance écoutent avec admiration les beaux parleurs et leurs prétentions ; quelques-uns par contre pensent qu’en plus de tous ces biens, il en est un autre qui existe par lui-même, qui est la cause précisément de tous les autres. […]

Chacun son bonheur

Chacun son chemin du bonheur

Ce n’est pas sans quelque raison que les hommes, comme on le voit nettement, conçoivent d’après leur propre vie le bien et le bonheur. La foule et les gens les plus grossiers placent le bonheur dans le plaisir ; aussi montrent-ils leur goût pour une vie toute de jouissances. Effectivement trois genres de vie ont une supériorité marquée : celui que nous venons d’indiquer ; celui qui a pour objet la vie politique active ; enfin celui qui a pour objet la contemplation. La foule, qui, de toute évidence, ne se distingue en rien des esclaves, choisit une existence tout animale et elle trouve quelque raison dans l’exemple des gens au pouvoir qui mènent une vie de Sardanapale1. L’élite et les hommes d’action placent le bonheur dans les honneurs ; car telle est à peu près la fin de la vie politique ; mais cette fin paraît plus commune que celle que nous cherchons ; car elle a manifestement davantage rapport avec ceux qui accordent les honneurs qu’avec ceux qui les reçoivent. Mais, selon notre conjecture, le vrai bien est individuel et impossible à enlever à son possesseur.

Honneurs et richesse font-ils le bonheur ?

De plus il apparaît nettement que l’on ne recherche les honneurs que pour se convaincre de sa propre valeur ; du moins cherche-t-on à se faire honorer par les gens intelligents, par ceux qui vous connaissent et en se réclamant de son propre mérite. Il est donc évident qu’aux yeux de ces gens-là tout au moins le mérite est le bien supérieur. Peut-être, de préférence, pourrait-on supposer que la vertu est la fin de la vie civile ; mais il est clair qu’elle est insuffisamment parfaite ; car il n’est pas impossible, semble-t-il, que l’homme vertueux demeure dans le sommeil et l’inaction au cours de sa vie ; que, bien plus, il supporte les pires maux et les pires malheurs ; dans ces conditions, nul ne voudrait déclarer un homme heureux à moins de soutenir une thèse paradoxale. Et sur ce sujet, en voilà assez […]. Le troisième genre de vie a pour objet la contemplation […]. Quant à l’homme d’affaires, c’est un être hors nature et il est bien clair que la richesse n’est pas le bien suprême que nous cherchons.

Aristote, Éthique de Nicomaque.

1. Personnage légendaire d’Assyrie, le type même du prince débauché.

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