ALES ARMÉES ET LE SPORT DE HAUT NIVEAUSAF:

LES ARMÉES ET LE SPORT DE HAUT NIVEAU
Le sport de haut niveau incarne la réussite
mais aussi le rêve. Plus qu’une passion
ou qu’un choix de métier, il est
synonyme de plusieurs années d’entraînement,
d’efforts mais aussi de sacrifices
et de renoncements. Le ministère de la
Ville de la Jeunesse et des Sports et le ministère
de la Défense jouent un rôle essentiel
dans l’organisation du sport de
haut-niveau. Ainsi, une partie des sportifs
(les autres étant liés aux Douanes)
sont regroupés sous l’appellation de « sportifs
de haut niveau de la Défense »
(SHND). Ils représentent les Armées, tout
au long de l’année, dans les différentes
compétitions nationales et internationales,
soit au sein d’équipes constituées,
soit à titre individuel, et cela dans 27 disciplines
différentes.
Au sein du ministère de la Défense, on
Sport et Défense : des valeurs qui rassemblent
Lemondemilitaire et le domaine du sport partagent des valeurs communes : le courage
moral et physique, le goût de l’effort et du dépassement de soi, l’esprit de discipline
dans la préparation et l’entraînement, le sens de l’honneur et la défense des couleurs de
la Nation, la loyauté, la fierté d’appartenir à une équipe et le sens du collectif.
Les sportifs de haut niveau de la Défense
52e championnat du monde de ski militaire Emilie Fer médaille d’argent aux JO de Londres
Vincent Jay, Martin Fourcade, Sandrine Bailly Steve Missilier médaille d’argent
Vancouver 2010 Sotchi slalom géant
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LES ARMÉES ET LE SPORT DE HAUT NIVEAU
compte environ 180 sportifs de haut-niveau
de la Défense. Militaires ou civils,
ces hommes et ces femmes conjuguent
carrières sportives et professionnelles. Ils
servent de modèle aux Armées pour, en
interne, promouvoir la pratique du sport,
essentielle au métier de militaire. Ces
sportifs représentent également la Défense
et ses valeurs dans la société civile,
devenant le trait d’union entre l’Armée et
la Nation.
Le 8 avril 2003, le ministre de la Défense
et le ministre des Sports ont signé un accord
cadre pour le développement du
sport de haut niveau et du sport de masse
au sein des armées. Cet accord-cadre définit
la création de 80 postes de SHND militaires
répartis dans les 6 équipes de
France militaires dites « structurées » et
de 10 postes de SHND agents civils sous
contrat. Ces 90 athlètes appelés SHND1
sont inscrits sur la liste de haut-niveau du
ministère des Sports.
Par ailleurs, les sportifs militaires possédant
un haut niveau dans certains sports
peuvent, avec l’appui de leur unité,
« Etre sportif demande de mener une vie à part, une vie différente de celle des
autres le temps d’une carrière. » (Extrait de l’interview de Sandrine Bailly, biathlète, réalisée
par « Ski-nordique.net » en janvier 2006).
Sandrine Bailly fut, en particulier, en relais, médaille de bronze aux J.O de Turin
(2006) et d’argent à ceux de Vancouver (2010).
Florent Manaudou aux JO 2012 Duathlon championnat de France
Caroline Ladagnous Equipe de France militaire de parachutisme
ÉTÉ 2015 41
LES ARMÉES ET LE SPORT DE HAUT NIVEAU
mener de front leurs carrières sportive et
militaire. Ce sont les SHND dits « horsstructures
». Ils sont également inscrits
sur les listes du ministère des Sports et
appelés SHND2.
Ce dispositif global consacre un partenariat
historique fort entre les deux ministères.
Il témoigne de l’attachement des
Armées à la promotion active du sport de
haut niveau et fait l’objet d’un travail
étroitement mené avec les fédérations
sportives nationales qui se matérialise par
de nombreux échanges : commissions nationales
militaires (CNM) et commissions
annuelles d’évaluation du partenariat
(CAEP).
Les Armées et la Gendarmerie nationale
se sont vues confier, en fonction de leurs
spécificités, la responsabilité d’une ou
plusieurs disciplines sportives, ancrées
dans la tradition militaire :
– armée de Terre : ski, équitation, triathlon ;
– armée de l’Air : parachutisme ;
– Marine nationale : voile ;
– Gendarmerie : athlétisme, tir.
Equipe militaire de voile
CO équipe de France militaire Equipe de France militaire de course d’orientation
52e championnat du monde de
ski militaire – Finlande
42 ÉTÉ 2015
LES ARMÉES ET LE SPORT DE HAUT NIVEAU
Pour la suite de ce court dossier, nous
nous intéresserons à l’armée de Terre et à
trois des disciplines qu’elle regroupe : le
ski de fond, le ski alpin et le biathlon, de
même qu’à deux écoles concernées par
ces disciplines.
L’école française militaire de ski (EFMS) :
Elle compte une vingtaine de sportifs
sous contrat. Créée en 1967, située au
sein de l’école militaire de haute montagne
(EMHM), l’EFMS est localisée à
Chamonix.
D’un côté, l’EFMS contribue au rayonnement
de l’armée de Terre à travers les différents
résultats obtenus lors des diverses
compétitions internationales (coupe du
monde, championnats du monde, Jeux
Olympiques) et de l’autre, l’armée de
Terre joue un rôle essentiel en permettant
aux sportifs de concilier vie professionnelle
et vie sportive dans les meilleures
conditions. En effet, ceux-ci peuvent
s’entraîner et faire de la compétition en
ayant un contrat professionnel, un revenu
et un statut. De plus, s’ils le souhaitent,
les SHND, peuvent préparer leur projet
professionnel post-sportif, c’est-à-dire leur
reconversion en étant soutenus et aidés.
Les sportifs candidats ne sont acceptés
au sein du groupe SHND qu’après délibération
d’une commission mixte, fédération
française de ski (FFS) et
commissariat aux sports militaires. Ils signent
alors un contrat au terme duquel
ils s’engagent à respecter un certain nombre
de règles concernant leur assiduité à
la formation et aux compétitions et leur
Un zoom sur l’armée de Terre
Equipe de France de ski militaire
L’EMHM Course d’orientation pour les jeunes à l’EMHM
Sotchi : Duvillard et Boiteux, bronze relais 4x 10km
ÉTÉ 2015 43
LES ARMÉES ET LE SPORT DE HAUT NIVEAU
L’armée renforce son engagement dans le sport
comportement qui doit incarner l’esprit
sportif : loyauté, fraternité, respect des valeurs
humaines.
L’école militaire de haute-montagne
(EMHM) :
Créée en 1932, ce fut la première école
au monde à former des cadres de troupes
de montagne. C’est en 1966 que le sigle
EMHM voit le jour. En 2000, l’EMHM devient
le pôle militaire d’excellence de la
montagne et est reconnue comme telle au
niveau international. En 70 ans, ce sont
près de 50 000 stagiaires dont 1 800 étrangers
représentant 28 nations qui ont franchi
les portes de cette institution. L’EFMS
a hérité de cette réputation. Les deux
écoles illustrent la forte volonté des Armées
de participer à l’effort national au
profit du sport de montagne et du sport
de haut niveau.
Depuis les jeux olympiques d’Athènes, en
2004, les SHND ont remporté 14 médailles
d’or, 10 médailles d’argent et 15
médailles de bronze.
« L’Armée m’apporte un soutien et un suivi permanent. Sans elle ma passion se
résumerait à un loisir. Depuis 2004, je peux, grâce à elle, m’entraîner à plein
temps (merci à Christian, Bernard et Sabine). » (Extrait du blog de Simon Fourcade,
novembre 2007).
Simon Fourcade fut, entre autres titres, champion du monde en relais à Pyeongchang
en 2009. Il est le frère du sergent Martin Fourcade qui, aux JO de Sotchi, a
remporté deux médailles d’or (12,5 km poursuite et 20 km individuel) et une médaille
d’argent en biathlon.
À Sotchi, sur 15 médailles françaises, 6 ont été remportées par des SHND.
Le ministre de la défense a inauguré le
9 octobre 2014 les installations rénovées
du centre national des sports de la Défense
(CNSD) à Fontainebleau.
Le CNSD est un organisme interarmées
placé sous l’autorité du chef d’état-major
des Armées. Garant du maintien en
condition opérationnelle des militaires, il
a pour mission, au niveau ministériel, de
concevoir, animer, évaluer et conduire les
études sur la pratique des activités physiques,
militaires et sportives dans les armées.
Il participe à l’élaboration de la
réglementation générale du sport militaire.
Il organise et coordonne les activités
de sports équestres militaires et met en
oeuvre la formation du domaine entraîne-
Sotchi : podium
militaire
44 ÉTÉ 2015
LES ARMÉES ET LE SPORT DE HAUT NIVEAU
Les installations extérieures du CNSD
Un gymnase du CNSD L’équitation au CNSD
ment physique et sportif pour les trois
armée et la Gendarmerie nationale.
Le CNSD regroupe deux formations historiques
:
– l’école interarmées des sports (EIS) qui
assure la formation des spécialistes d’entraînement
physique militaire et sportif
des trois armées et de la Gendarmerie nationale.
Elle forme également les moniteurs
et instructeurs aux techniques
d’intervention opérationnelles rapprochées,
aux techniques d’optimisation du
potentiel et les spécialistes en sports de
combat.
En 2013, a été créée en son sein une cellule
« militaires blessés et sport » qui se
consacre à la formation et à l’encadrement
des militaires blessés.
– le centre sportif d’équitation militaire
(CSEM) qui forme des officiers, sous-officiers
et militaires du rang aux différents
métiers du cheval (instructeurs d’équitation,
chefs d’écuries, cavaliers soigneurs,
maréchaux-ferrants). Il assure aussi le débourrage
et la spécialisation des chevaux
destinés aux sections équestres militaires.
Le CNSD est commandé par un officier
général qui assume simultanément les
fonctions de commissaire aux sports militaires
et de délégué militaire départemental
de Seine-et-Marne. Il s’agit
actuellement du commissaire en chef de
1ère classe Hervé Piccirillo qui fut arbitre
de la fédération française de football de
1990 à 2012 et arbitre international.
Les investissements consentis à la rénovation
du CNSD démontrent la place du
ÉTÉ 2015 45
LES ARMÉES ET LE SPORT DE HAUT NIVEAU
Un militaire aux JO paralympiques La reconstruction par le sport
sport dans les armées, dans la formation
des militaires, mais aussi en soutien au
sport de haut niveau. Ce complexe, digne
d’un petit INSEP1, où s’entraîne l’élite du
sport français, sert d’abord aux militaires.
Ses installations flambant neuves servent
également aux militaires blessés qui trouvent,
grâce au sport, un moyen de se reconstruire
sur le plan physique mais
aussi moral. Des stages de sélection et de
préparation physique pourront être organisés
pour ceux qui font de la compétition,
comme les participants aux Invictus
Games de Londres en septembre 2014,
destinés aux soldats et vétérans de guerre
blessés.
Le CNSD est aussi le premier exemple de
la mutualisation d’équipements sportifs
entre le ministère de la Défense et la société
civile. En effet, les militaires s’entraînent
pendant les heures ouvrées et le
grand public, les clubs sportifs de la région,
les fédérations sportives ainsi que
les entreprises qui le souhaitent ont
accès aux infrastructures sportives en soirée,
les week-ends et durant les vacances
à travers Citésports.
Dans un site historique, où quelquesunes
des plus belles pages du sport tricolore
se sont écrites, au sein de l’école
interarmées des sports et de ses célèbres
bataillons de Joinville et d’Antibes, une
culture du haut niveau se perpétue avec
l’entraînement quotidien de jeunes champions
des pôles espoirs athlétisme, handball,
course d’orientation et aviron.
En chiffres, le CNSD c’est :
– 47 formations différentes ;
– 58 stages d’une durée de 3 jours à un an ;
– 1 050 stagiaires par an, militaires, civils,
français ou étrangers dont 40 à 45 en reconversion
dans les métiers du sport ou
de l’équitation ;
– 150 chevaux en formation.
1/ INSEP : institut national du sport, de l’expertise et de la performance
situé dans le bois de Vincennes à Paris.
Londres
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LES ARMÉES ET LE SPORT DE HAUT NIVEAU
Cahier spécial réalisé par Gilbert Robinet pour le numéro 107 de
la revue ENGAGEMENT de l’ASAF – (www.asafrance.fr), en liaison
avec le commissariat aux sports militaires.
Mais les armées, à travers le sport, s’ouvrent vers le public le plus large. Depuis
10 ans, la commission armées-jeunesse du ministère de la Défense, organise, sur
de nombreux sites militaires répartis à travers toute la France, les journées « Sport
armées-jeunesse ». En 2014, elles ont eu lieu du 4 au 12 octobre.
L’objectif de ces journées est triple :
– rapprocher le milieu militaire de la société civile et, de ce fait, renforcer la relation
entre les armées et la jeunesse ;
– rassembler la jeunesse autour des valeurs fédératrices du sport ;
– faire découvrir les infrastructures sportives militaires aux jeunes.
Ces journées s’adressent aux associations, établissements scolaires et universitaires,
collectivités locales, unités et organismes militaires et connaissent un succès
croissant.
Tir à l’arc chez les pompiers de Paris Jean Hugo Hoarau au trail de la Réunion
Le cadre noir

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