ASAF:OPÉRATION SERVAL AU MALI

FRANCE
Effectifs engagés :
4 500 hommes
dont 200 des forces
spéciales
Matériel :
100 blindés
14 avions de combat
10 avions de transport
4 avions de reconnaissance
2 drones
20 hélicoptères
1 Bâtiment de Projection
et de Commandement
OPÉRATION SERVAL AU MALI
1ère phase déclenchée le 11 janvier 2013
L’ opération déclenchée dans l’urgence se déroule à 4 500 km de la métropole. Elle
nécessite des moyens extrêmement diversifiés, dans un environnement difficile, implique
des forces armées de différents pays africains et l’armée malienne dont une
partie est putschiste ainsi que des moyens militaires de plusieurs pays (Allemagne,
Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Italie et Suède),
sans oublier les aéronefs civils ukrainiens. Les quatre temps de l’opération, présentés
dans un ordre chronologique, se superposent ou se chevauchent.
RENFORTS ÉTRANGERS
ALLEMAGNE
2 Transal C-160
1 Airbus A-310
BELGIQUE
2 C-130
CANADA
1 C-17
DANEMARK
1 C-130
ESPAGNE
1 C-130
ÉTATS-UNIS
3 C-17 et moyens
de renseignement
ITALIE
1 C-130
ROYAUME-UNI
2 C-17 et 2 C-130
SUEDE
1 C-17
UNION EUROPÉENNE
Soutien financier
MISMA
5 000 hommes
TCHAD
2 000 hommes
Capacité des avions
C-160 : 5 tonnes
C-130 : 15 tonnes
C-17 : 75 tonnes
An. 124 : 120 tonnes
36 PRINTEMPS 2013
ÉTAT-MAJOR ET RENSEIGNEMENT
L’intervention au Mali a été préparée de longue date par les états- majors de forces à partir
des renseignements recueillis par des capteurs préalablement déployés et orientés sur
cette zone. Plusieurs options avaient été envisagées et étudiées. Une planification détaillée
avait été réalisée pour chacune d’elles.
En fonction de l’évolution de la situation et de l’attitude de l’ennemi, certaines options
tombent et d’autres sont ajustées.
Opération SERVAL
Centre de commandement des opérations
Atlantique 2 (renseignement et PC volant) Mirage F1 CR (reconnaissance)
Au moment jugé favorable, la décision est prise
par le président de la République, chef des armées,
sur proposition du chef d’état-major des
armées. L’opération est déclenchée selon la planification
retenue et actualisée en fonction des
derniers renseignements.
La situation amie et ennemie est suivie en permanence et les renseignements sur l’adversaire
sont transmis aux forces déjà déployées et à celles qui vont l’être dans les heures et
jours suivants.
Drone Harfang (renseignement)
PRINTEMPS 2013 37
Armement des Rafale Un raid de plus de neuf heures
Gazelle lancemissile HOT (anti-char)
COUP D’ARRÊT Opération SERVAL
Pour faire face à l’urgence et compte-tenu de la nature de l’adversaire (colonnes de plusieurs
dizaines de véhicules de type 4×4 équipés de mitrailleuses lourdes et transportant
des petits groupes de combattants), l’action est conduite par les avions d’attaque au sol de
l’armée de l’Air et les hélicoptères armés de l’aviation légère de l’armée de Terre, en liaison
avec des moyens de renseignement et d’observation aériens (dont les avions Atlantique
de la Marine) et au sol (forces spéciales). La brutalité de leur action et la précision
de leurs frappes donnent un véritable coup d’arrêt à l’adversaire.
Les objectifs visés sont les véhicules mais
également les dépôts logistiques (eau, carburant
et munitions) qui avaient été identifiés
et localisés depuis des semaines.
Les Rafale intervenus directement de métropole
ont effectué, jusqu’à leur atterrissage
au Tchad en fin de mission, plus de
9h de vol et 5 ravitaillements en vol.
L’ensemble de ces opérations aériennes qui
se déroulent sur quelques jours nécessitent
des quantités de carburant et demunitions
importantes. La plate – forme permanente
de N’djamena (Tchad) a été déterminante
pour l’armée de l’Air et celles duMali pour
les hélicoptères.
38 PRINTEMPS 2013
Opération SERVAL PROJECTION
Embarquement d’un VAB dans un C-17
Dès que la décision d’intervenir est prise par le chef de l’Etat, la projection de la force prévue
pour l’intervention est lancée en même temps qu’est déclenché le coup d’arrêt.
L’effet des coups portés par les aéronefs pendant quelques jours donne les délais suffisants
pour permettre d’acheminer rapidement et selon un ordre très précis les moyens de
combat terrestres nécessaires pourmener une offensive puissante et de longue durée, susceptible
de détruire l’ennemi et libérer le pays.
Des forces françaises prépositionnées
dès le temps de paix, rejoignent
leMali par avion (de N’djamena) ou
par la route depuis Abidjan.
Les unités de premier échelon en
alerte en métropole embarquent,
selon leur nature et le type de leurs
matériels et équipements, dans des
avions de transport de l’armée de
l’Air (Transall C-160 et C-130) ou
dans des gros porteurs étrangers
(C-17 et Antonov).
Embarquement de Gazelle en Antonov 124
Mise en place par la route
PRINTEMPS 2013 39
Véhicules logistiques sur le pont du BPC au départ de Toulon
Passerelle de commandement Véhicules blindés dans les hangars du BPC
Cette projection de forces se traduit par une noria de moyens aériens et maritimes qui va
se prolonger pendant de nombreuses semaines pour renforcer puis relever les troupes engagées
initialement, les alimenter en munitions, vivres et carburant, sans oublier la mise
en place de moyens de santé lourds destinés à la zone arrière du théâtre d’opérations.
Cette projection initiale va se poursuivre à un rythme variable pendant toute la durée de
l’opération. Cette chaîne logistique est le véritable cordon ombilical de l’opération.
Les unités blindées, de
soutien et la logistique
lourde (munitions,…)
embarquent dans les
bâtiments de projection
de la Marine nationale
et des navires
civils affrétés.
Combat et soutien ne font qu’un en
opération.
Embarquement d’un VBCI
40 PRINTEMPS 2013
Opération SERVAL ENGAGEMENT DES FORCES AU SOL
C-130 au décollage et groupement aéromobile (GAM)
Préparation à l’OAP
Au fur et à mesure de leur arrivée, les unités militaires se déploient à proximité des principaux
axes et dans un dispositif de combat adapté aux missions qui leur sont confiées.
Les unités terrestres et les forces aériennes (Air et Marine) sont en liaison permanente.
Les opérations généralement aéroterrestres sont conduites en fonction des plans initiaux
et de la situation ennemie pour s’emparer d’objectifs précis et neutraliser l’adversaire, en
veillant à éviter les dégâts collatéraux dans la population d’autant que l’ennemi cherche
à se fondre dans celle-ci.
La surprise est recherchée en permanence
par la combinaison d’actions de
débordement au sol ou par voie aérienne
(héliportage, parachutage et
poser d’assaut).
PRINTEMPS 2013 41
Briefing des unités Patrouille en surveillance
Remise en état des pistes d’atterrissage par le génie parachutiste
Au fur et à mesure de la progression des unités
de tête, les unités de 2ème échelon sécurisent les
arrières et permettent l’acheminement en sécurité
des ravitaillements par les unités de soutien.
Le rythme de la manoeuvre est soutenu, de jour comme de nuit, grâce aux moyens de vision
nocturne dont nos forces sont dotées. Le combat est éprouvant et les unités doivent
être relevées après 48h de combat continu pour garder l’initiative et imposer leur rythme
à l’adversaire.
Hélicoptère Tigre, véhicules blindés de l’infanterie (VAB) et engin blindé canon de 90 (ERC)
Canon d’artillerie Caesar de 155mm
42 PRINTEMPS 2013
L’opération SERVAL dure depuis deux mois. Elle peut se prolonger pour une durée inconnue
sous des formes différentes et s’étendre à d’autres pays.
En intervenant seule, rapidement et efficacement, la France peut s’honorer d’avoir su faire
face à cette menace grâce à une armée disponible, motivée et très professionnelle.
Parce qu’il a divisé par deux son effort de défense en 30 ans, notre pays n’a pu renouveler
certains matériels de combat de son armée qui ont aujourd’hui 35 voire 45 ans d’âge ;
en outre certaines capacités lui font maintenant défaut.
Elle attend l’avion de transport tactique A 400 M à capacité stratégique, l’hélicoptère anti
char Tigre,mais dispose de trop peu de drones pour assurer une surveillance permanente
de la zone des combats.
Le Livre blanc qui vient d’être rédigé, orientera la prochaine Loi de programmation militaire
fixant les ressources financières allouées aux armées pour 5 ans.
Réduire le budget actuel, déjà insuffisant comme il est semble-t-il envisagé, c’est poursuivre
la réduction de nos capacités militaires et nous condamner rapidement à l’impuissance,
à la dépendance et, à terme, à la soumission face à des menaces chaque jour
plus nombreuses et toujours différentes.
La « caisse à outils » militaire de demain doit être complète.
La coordination des forces françaises
avec l’arméemalienne et avec les autres
armées africaines (Benin, Burkina-Faso,
Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Niger, Nigéria,
Sénégal, Tchad et Togo) est assurée
par l’état-major qui commande
l’opération.
Opération SERVAL FIN DE LA 1ERE PHASE
Liaison avec les forces armées africaines
La populationmaliennemanifeste sa reconnaissance
Crédits photos : EMA, ECPAD, SIRPA Terre Mer et Air.
Cahier spécial « opération SERVAL » réalisé par l’ASAF
(association de soutien à l’armée française) pour le numéro 98 (printemps 2013)
de sa revue trimestrielle « ENGAGEMENT » (Site: http://www.asafrance.fr)

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