Le blog de Robin Guilloux: G.K. Chesterton : « When… »

 

27 Février 2017

G.K. Chesterton : "When..."
G.K. Chesterton : "When..."

« Je suis la Mère de Dieu et Le voici Lui-même, et Il est le garçon dont vous aurez besoin à la fin. »

« Un homme qui se fraye un chemin vers le catholicisme, à travers l’écheveau culturel des complexités modernes, doit penser avec plus d’acharnement qu’il ne l’a jamais fait. Il doit souvent affronter d’arides abstractions avec autant de rigueur que s’il étudiait les mathématiques dans l’espoir d’être nommé senior wrangler

Note du traducteur (Mathieu Grossi) : à Cambridge, titre donné à l’étudiant de troisième année qui obtient la meilleure note en mathématiques

Il doit faire face aux aspects les plus plats et repoussants du devoir religieux, qui semble quelquefois la plus effroyable corvée du monde. Il doit découvrir tous les côtés par lesquels la religion paraît sordide ou monotone, ou humiliante, ou pénible. Il doit éprouver toutes les séductions contraires du paganisme, assez du moins pour constater à quel point elles sont séduisantes. Mais par-dessus tout il doit employer sa raison. Il vaudrait mieux rejeter la foi que de l’accepter comme quelque chose de déraisonnable. Je n’affirme pas (et n’ai jamais affirmé) que toutes  les satisfactions qu’un croyant peut tirer de la messe se réduisent à ces aveugles éclats. J’affirme que toutes les religions vraiment humaines auraient reconnu la qualité religieuse d’une telle cérémonie (la célébration de la messe à Phénix Park, à Dublin, à l’occasion du congrès eucharistique de 1932) ; mais ce n’est pas la même chose que d’y reconnaître la religion. Je pourrais ajouter que les païens, quand ils ont conservé leur humanité, sont capables de percevoir quelquefois la présence du Christ, leur ami et leur ennemi, mais cela seul n’offrira pas toujours la réponse à la vieille question : « de vos dieux et de mes dieux – qui peut dire, de vous ou de moi, lesquels sont les plus puissants ? » L’homme qui ressent ceci n’acceptera pas nécessairement cela. Avant de donner son adhésion, il devra raisonner plus minutieusement que n’importe quel rationaliste ; et, s’il faut le dire, penser plus librement que n’importe que libre-penseur. Il devra se faire un esprit plus vaste que celui des grands esprits, ce qui rend témoignage à l’ancienne vérité : « Si ta droiture n’excède pas celle des scribes et des pharisiens… » Si votre pouvoir d’introspection et votre sincérité n’excèdent celles de tous les intellectuels qui parlent d’introspection et de sincérité, je ne puis affirmer que le miracle du phénix vous convainque. Mais je puis affirmer ceci.

J’affirme que quand vous serez convaincu, quand vous serez rationnellement convaincu, quand vous aurez suivi jusqu’au bout la longue route de la raison, quand vous aurez passé en revue tous les arguments enchevêtrés du siècle, quand vous aurez vu au-delà d’eux, que vous y aurez répondu, alors seulement vous vous trouverez à l’aube du monde. Alors vous vous trouverez parmi des faits, non des arguments ; mais des faits aussi merveilleux que des fables, des faits comme ceux que les païens représentaient dans leurs terres de géants et leurs temps héroïques ; vous serez revenus à l’âge de l’épopée, à l’époque des choses accomplies. »

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s