Vers où va-t-on ? Les leaders diaboliques : qu’est-ce qui fait fonctionner leur cerveau ?

Vers où va-t-on ?

Les leaders diaboliques : qu’est-ce qui fait fonctionner leur cerveau ?

Posted: 04 May 2017 07:19 AM PDT
Article original de Ugo Bardi, publié le 24 Avril 2017 sur le site CassandraLegacy
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Benito Mussolini (1883-1945) a dirigé le gouvernement italien de 1922 à 1943. Au cours des dernières années de sa carrière, il a fait une série d’erreurs vraiment colossales, qui ont conduit à un désastre pour l’Italie et pour lui personnellement. Mussolini était-il fou ? Idiot ? Ou son cerveau était-il endommagé ? Nous ne pouvons pas le dire avec certitude, mais comprendre la façon dont les esprits fonctionnent, semble être de plus en plus important à notre époque.

Une tendance évidente que nous observons dans l’Histoire est que, en période de crise, les dirigeants forts ont tendance à prendre en charge et à assumer tous les pouvoirs. C’est arrivé avec les Romains, dont le système gouvernemental est passé de la démocratie à une dictature militaire gérée par des empereurs. Il semble que cela se passe aussi avec nous, de plus en plus de pouvoirs étant concentrés entre les mains de l’homme (rarement la femme) au sommet de la hiérarchie du gouvernement.
Il y a des raisons pour cette tendance. La société humaine, comme elle est aujourd’hui, ne semble montrer aucun signe d’intelligence collective. Ce n’est pas un « cerveau », il ne peut pas planifier pour l’avenir, il trébuche vers l’avant, en exploitant ce qui est disponible. Donc, d’une certaine façon, il est logique d’affecter un vrai cerveau à cette charge. Le cerveau humain est la chose la plus complexe que nous connaissons dans l’univers tout entier et il n’est pas déraisonnable d’espérer que cela pourrait mieux gérer la société qu’une populace.

Le problème est que, parfois, le cerveau au sommet n’est pas si bon, il peut même être horriblement mauvais. Comme dans le film Frankenstein Junior, même avec la meilleure volonté, nous pouvons mettre des cerveaux anormaux dans la tête de la société. Les dictateurs, les empereurs, les seigneurs de la guerre, les grands hommes, les généralissimes, les hommes forts, les magnats et autres se livrent souvent à des meurtres, des tortures et oppriment leurs sujets. Ils s’engagent aussi dans des guerres non provoquées et ruineuses, en plus d’être des pervers sexuels. Le résultat final est qu’ils sont souvent décrits comme le personnage furieux prototypique du fou diabolique de la bande dessinée ou des films, avec des yeux injectés de sang, un sourire méchant et un rire satanique.

Mais simplement définir les leaders comme « fous » ou « méchants » ne nous dit pas ce qui fait dévier leur esprit. Certains pourraient-ils être vraiment fous ? Peut-être ont-ils le cerveau endommagé ? Ou est-ce simplement un type de personnalité qui les propulse au poste qu’ils occupent ? Ce sont des questions très difficiles, car il est impossible de diagnostiquer une maladie mentale à partir du comportement public d’une personne et de ses déclarations. Faire cela, avec professionnalisme, est même considéré comme contraire à l’éthique pour les professionnels (même si cela se fait tout le temps dans le débat politique).

Ici, je ne prétends pas dire quelque chose de définitif sur ce sujet, mais je pense que nous pouvons apprendre beaucoup, si nous examinons le cas bien connu de Benito Mussolini, le « Duce » italien de 1922 à 1943, comme exemple de comportement qui peut être considéré comme insensé et typique des dictateurs et des dirigeants absolutistes.

Les erreurs commises par Benito Mussolini, lors des dernières étapes de sa carrière de Premier ministre italien, ont été vraiment colossales, notamment en déclarant la guerre aux États-Unis en 1941. Permettez-moi de vous donner un exemple moins connu, mais très significatif. En octobre 1940, l’armée italienne a attaqué la Grèce depuis l’Albanie, une histoire que j’ai analysée lors d’une publication précédente.

Résultat de recherche d’images pour « montagnes de l’Épire carte »

Cela impliquait de traverser les montagnes de l’Épire en plein hiver. Qui, dans le monde, pourrait penser que c’était une bonne idée ? Sans surprise, le résultat a été une catastrophe militaire, les troupes italiennes souffrant de lourdes pertes, tout en étant coincées dans la boue et la neige des montagnes de l’Épire pendant l’hiver 1940-41, jusqu’à ce que les Allemands viennent à la rescousse – en force – au printemps suivant. Dans un certain sens, la campagne a été couronnée de succès pour l’Axe, car finalement la Grèce dut se rendre. Mais ce fut aussi un énorme gaspillage de ressources militaires, qui auraient pu être utilisées par l’Italie pour l’effort de guerre contre les Britanniques en Afrique du Nord. L’erreur en Grèce peut avoir été un facteur majeur dans la défaite italienne de la Seconde Guerre mondiale.

Le point intéressant de cette campagne est que nous avons les procès-verbaux des réunions du gouvernement qui ont mené à la décision malheureuse d’attaquer la Grèce. Ces documents ne semblent pas disponibles en ligne, mais ils sont rapportés par Mario Cervi, dans son livre de 1969 Storia della Guerra di Grecia (traduit en anglais sous le titre de The Hollow Legions). Il ressort clairement des minutes qu’il s’agissait de Mussolini, et de Mussolini seul, qui a poussé à lancer l’attaque au début de l’hiver. Au cours d’une réunion tenue le 15 octobre 1940, le Duce aurait déclaré que la date de l’attaque contre la Grèce avait été fixée par lui et que « cela ne pouvait pas être reporté, même pas d’une heure ». Aucune raison n’a été donnée pour avoir choisi cette date spécifique et aucun des généraux et officiers de haut niveau présents à la réunion n’a osé s’opposer et dire qu’il aurait été préférable d’attendre la venue du printemps. L’impression est que l’Italie était dirigée par un idiot bourdonnant et les résultats ont renforcé cette impression.

Qu’est-ce qui a conduit Mussolini à se comporter de cette façon ? Il est possible que son cerveau n’ait pas bien fonctionné. Nous savons que Mussolini a souffert de la syphilis, une maladie qui peut entraîner des lésions cérébrales. Mais une biopsie a été réalisée sur un fragment de son cerveau après sa mort, en 1945, et les résultats étaient raisonnablement clairs : aucune trace de lésion cérébrale. C’était le cerveau fonctionnel d’un homme de 62 ans, l’âge de Mussolini au moment de sa mort.
Mussolini est l’un des rares cas de dirigeants politiques de haut niveau, pour lesquels nous avons des preuves tangibles de la présence ou de l’absence de lésions cérébrales. Le dictateur de malheur par excellence, Adolf Hitler, aurait souffert de la maladie de Parkinson ou d’autres problèmes neurologiques, mais cela ne peut être prouvé puisque son corps a été brûlé après son suicide, en 1945. Après la capitulation de l’Allemagne, plusieurs dirigeants nazis ont été examinés à la recherche de problèmes neurologiques et, pour l’un d’entre eux, Robert Ley, un examen post-mortem a révélé un certain degré de dégâts physiques sur les lobes frontaux. Il est cependant discutable que ce soit la cause de son comportement cruel.

C’est plus ou moins ce que nous avons. Cela ne prouve pas que les leaders diaboliques ne souffrent jamais de lésions cérébrales, mais le cas de Mussolini nous dit que les dictateurs ne sont pas forcément insensés ou méchants, de la façon dont les bandes dessinées ou les personnages de films sont décrits. Au contraire, ils sont mieux dépeints comme des personnes qui souffrent d’un « trouble de la personnalité narcissique » (TPN). Ce syndrome décrit leur comportement vindicatif, paranoïaque et cruel, mais aussi leur capacité à trouver des adeptes et à devenir populaires. Donc, il se peut que le syndrome de TPN ne soit pas vraiment un « désordre », mais plutôt quelque chose de fonctionnel pour devenir un leader.

Il y a un problème : même [et surtout , NdT] dans une démocratie, la première priorité d’un politicien est d’être élu et c’est une compétence très différente de celle nécessaire pour diriger un pays. Un dirigeant affecté de TPN peut ne pas être nécessairement mauvais, mais il (très rarement elle) sera presque certainement incompétent. Cela se passe non seulement en politique, mais aussi en affaires. Je pourrais également citer les noms de certains scientifiques qui semblent être affectés par le TPN. Ils sont souvent incompétents, mais ils peuvent atteindre un certain succès, grâce à leurs aptitudes sociales qui leur permettent d’accumuler des bourses de recherche et d’attirer des collaborateurs intelligents. (Heureusement, ils ne peuvent pas emprisonner et torturer leurs adversaires !)

Le problème avec cette situation est que, partout dans le monde, les personnes touchées par le TPN visent à obtenir des postes gouvernementaux de haut niveau et souvent ils réussissent. Ensuite, gouverner un pays entier leur donne beaucoup de chances d’être non seulement des incompétents, mais le genre de personnes que nous qualifions de « criminellement incompétents ». Le genre de catastrophe susceptible d’en résulter peut être illustré, encore une fois, par le cas de Mussolini. Au cours de la campagne grecque, le Duce a ordonné à l’armée de l’air italienne de « détruire toutes les villes grecques de plus de 10 000 habitants », rapporte Cervi, ainsi que Davide Conti dans son livre L’occupazione italiana dei Balcani (2008). Heureusement, l’armée de l’air italienne de l’époque n’a pas été en mesure d’exécuter cet ordre. Mais qu’arriverait-il, si un ordre similaire était donné aujourd’hui par un dirigeant qui peut contrôler les armes atomiques ?

Ugo Bardi

Note du traducteur

On peut aller plus loin et dire que le système électif lui-même est une des sources du problème. Il radicalise mécaniquement la population en deux camps, de plus en plus irréconciliables si la situation économique se détériore. Il faudrait introduire des mécanismes de consensus… qui existent, en plus.

Pour les dirigeants diaboliques et pour mémoire, l’avis de Brandon Smith:
Les globalistes sont-ils diaboliques ou seulement incompris ?

Pour les règles des dirigeants, notre récent article :
Les règles pour gouverner

Le premier porte-avions fabriqué en Chine est prêt pour le lancement

Posted: 04 May 2017 07:15 AM PDT
Article original de Tyler Durden, publié le 24 Avril 2017 sur le site ZeroHedge
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr
Le premier porte-avions construit en Chine attend son lancement dans un chantier naval de Dalian
Le premier porte-avion de la Chine construit sur le sol national lancera bientôt à Dalian, dans la province du Liaoning, des exercices et des essais, mettant à l’épreuve une technologie exclusive destinée à favoriser l’expansion de Pékin dans les mers du Sud et de l’Est, a indiqué le site SCMP. Un bassin du chantier naval de Dalian a été rempli d’eau dimanche, en prévision du lancement. Le navire fabriqué en Chine devrait entrer en service vers 2020, rejoignant le premier et le seul porte-avion de la Chine, un navire ukrainien rénové, connu sous le nom de Liaoning.

Le nouveau navire, comme son prédécesseur, sera propulsé de manière classique, par opposition à une propulsion nucléaire, et disposera, pour le décollage des avions, d’un pont d’envol en pente comme une piste de saut de ski. Il est un peu plus petit que le Liaoning, avec un déplacement d’environ 50 000 tonneaux, comparé à environ 67 000 tonneaux. SCMP note que « depuis le réaménagement réussi du Liaoning en 2011 et sa mise en service un an plus tard, la Chine n’a mis que cinq ans à produire le 001A ».

Environ 200 visiteurs et journalistes se sont réunis dimanche à Dalian, attendant une cérémonie de lancement qui coïncide avec le 68e anniversaire de la fondation de la marine chinoise. L’échafaudage autour du navire, nommé temporairement Type 001A, a été retiré et le pont a été débloqué, a annoncé ThePaper.cn, le portail d’information basé à Shanghai, suggérant que la date de lancement se rapprochait. Cependant, les experts ont déclaré que les conditions de marée d’hier n’étaient pas propices à un lancement pour marquer l’anniversaire de la marine et attendaient une cérémonie qui aura lieu dans les prochains jours.

Selon SCMP, le nouveau navire est conçu pour avoir plus d’espace pour les avions que le Liaoning. Selon certaines estimations, il permettrait au navire d’embarquer jusqu’à 36 avions de chasse, soit 50% de plus que son prédécesseur. Alors que le nouveau porte-avion « diffère peu du Liaoning en ce qui concerne les apparences extérieures, ses capacités opérationnelles sont très supérieures », a déclaré Liang Fang, expert militaire chinois, à la télévision centrale chinoise de l’État.

Les commentaires publiés par l’organe de presse du parti, le Quotidien du peuple, sur l’anniversaire du PLA Navy hier, ont déclaré qu’une puissance maritime forte était cruciale.

« Face à la sécurité maritime et à la souveraineté de plus en plus compliquée, une marine forte est nécessaire pour protéger la souveraineté nationale et les droits maritimes, les intérêts par delà les mers et participer à la coopération internationale », a déclaré l’un des leaders d’opinion.

Un autre commentateur a déclaré que la flotte nationale autour de son porte-avion avait participé à un entraînement dans le Pacifique occidental l’année dernière et que le lancement d’un nouveau porte-avion était un signe que la Chine maîtrisait la technologie navale.

Néanmoins, les observateurs militaires ont déclaré que le lancement du nouveau porte-avion ne représentait que des progrès modestes dans la modernisation militaire de la Chine, compte tenu de l’écart technologique entre la marine chinoise et son rival le plus puissant dans la région Asie-Pacifique. En effet, la marine américaine a actuellement 10 porte-avions opérationnels à propulsion nucléaire de classe Nimitz, qui transportent chacun environ 90 appareils et hélicoptères et disposent d’un équipage de 5 000 hommes.

On s’attend à ce que le nouveau navire opère principalement dans la mer de Chine méridionale à côté du Liaoning, qui a mené en décembre sa deuxième série d’exercices dans les eaux contestées, depuis son entrée en service. L’ajout d’un autre navire permettrait à un porte-avion de rester présent alors que l’autre serait en maintenance. Cet arrangement, combiné avec les ports et les pistes d’atterrissage que la Chine a construits sur des îles artificielles en mer, vise à donner la suprématie aérienne de Pékin sur une région qu’il considère comme centrale à son intérêt national, et à réduire l’activité américaine dans cette zone.

Selon Nikkei, les futurs porte-avions chinois seront probablement construits plus rapidement, maintenant que le pays a accumulé l’expérience de conception et la technologie pour lancer le premier navire.

En confirmant cela, le travail sur un deuxième porte-avion chinois a déjà commencé. Le navire emploiera probablement une catapulte à vapeur pour lancer ses avions, a reconnu le général de division Xu Guangyu dans une déclaration aux médias chinois. Un troisième navire, dont la mise en production n’a pas encore commencé, devrait utiliser la propulsion nucléaire, éliminant ainsi la nécessité de le réapprovisionner en carburant. Les travaux sur les navires d’escorte et les sous-marins pour un groupe de combat autour des porte-avions sont également en cours.

Cité par SCMP, l’analyste militaire basé à Hong Kong, Liang Guoliang, a déclaré qu’avec le lancement du Type 001A, la Chine ne disposerait encore que de deux porte-avions, le nouveau navire ayant besoin de deux ou trois ans avant sa mise en service. Il a noté que les États-Unis comptent 10 groupes de combat avec porte-avions, dont au moins quatre ont été déployés dans la région Asie-Pacifique.

« La marine américaine a 9,5 millions de tonnes équivalentes pour sa marine, tandis que la Chine n’en a que 400 000, soit 4% de la capacité américaine. Les États-Unis ont également différents types d’avions de combat sur leur porte-avions, y compris les variantes avancées du F-35… alors que la Chine n’a que le J-15, a déclaré Liang. Pendant ce temps, les États-Unis ont plus de 200 000 marines, alors que la Chine essaie simplement d’étendre sa force à 100 000. »

« Je pense que l’armée chinoise devrait se rendre compte qu’il existe encore d’énormes lacunes dans le matériel et les logiciels, entre les capacités maritimes des deux pays. »

Ils le font probablement, c’est pourquoi l’espionnage industriel aux États-Unis risque de s’intensifier dans les années à venir, alors que la Chine se précipite pour diminuer l’écart technologique. Et comme la Chine s’efforce de rattraper la flotte de porte-avions des États-Unis, elle a également montré une envie de réduire les déficits de sa flotte de sous-marins : comme rapporté vendredi, la Chine construit actuellement la plus grande installation de sous-marins du monde, qui sera opérationnelle plus tard cette année, et qui sera en mesure de construire jusqu’à quatre sous-marins en même temps.

Tyler Durden

Note du traducteur

La comparaison entre les deux marines est fallacieuse et trompeuse, car les Chinois n’ont absolument pas besoin de concurrencer les USA dans ce domaine. Leur premier objectif est de sécuriser la mer de Chine et deux porte-avions y suffisent. L’autre mission sera à terme de sécuriser les routes commerciales et leurs amis, notamment en Afrique, et là, deux autres porte-avions devraient être très utiles. La principale force de frappe chinoise est commerciale et financière, avec les investissements autour des Routes de la Soie.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s