Les fonctions de l’intellect agent Selon saint Thomas

Les fonctions de l’intellect agent
Selon saint Thomas, les fonctions de l’intellect agent sont au nombre de cinq :
• a) illustrer les fantasmes
• b) abstraire l’espèce
• c) rendre les intelligibles en acte
• d) donner l’évidence des principes premiers
• e) conforter l’intellect possible.1
A – Illustrer ou illuminer les fantasmes, en rendant intelligibles les objets sensibles qui ne le sont qu’en puissance2. Pour cela Aristote compare l’intellect agent à la lumière. Cette lumière “illumine“ l’essence universelle en la séparant (l’abstrayant) des notes matérielles individuantes. Illuminer est une expression métaphorique. L’intelligence se comporte vis-à-vis du fantasme et de son objet comme la lumière naturelle vis-à-vis des couleurs et des objets sensibles. Elle les fait apparaître. Elle permet au sensible en puissance de devenir sensible en acte. Pareillement, par son action, l’intellect agent fait passer le fantasme d’intelligible en puissance à intelligible en acte. Plus précisément, ce n’est pas le fantasme en soi qui est illuminé, mais l’objet qui brille en lui. Le saint docteur écrit : « les fantasmes sont non seulement illuminés par l’intellect agent, mais ce pouvoir en abstrait également les espèces intelligibles. Ils sont illuminés parce que la partie sensitive devient plus puissante par son union avec l’intellect, et ce même pouvoir rend les fantasmes plus disposés à permettre l’abstraction des raisons intelligibles. »3
Certains expliquent cette illumination des fantasmes par le seul fait qu’ils possèdent une puissance issue du principe de l’âme spirituelle. Mais cela ne suffit pas pour saint Thomas. Non seulement une partie devient plus puissante en conjonction avec l’intellect, mais encore par la vertu de l’intellect agent, les propres fantasmes sont plus aptes à produire l’espèce. A propos du premier point d’abord, disons que cette plus grande aptitude à produire l’espèce ne vient pas plus de l’intellect agent que de l’intellect possible ni globalement de l’essence de l’âme. Par respect pour l’enseignement de saint Thomas et pour la vérité des choses, il faut dire que les fantasmes, en tant qu’ils sont une faculté dérivée de l’essence de l’âme humaine, sont aptes en acte premier à produire l’espèce intelligible. Ils redeviennent, par quelque chose de reçu de l’intellect agent, aptes en acte second à cette même fin. De quoi s’agit-il ? La doctrine de saint Thomas veut que tout instrument est un moteur mu. Il reçoit d’un agent principal quelque préalable à son action afin d’être motion avec puissance pour l’acte. Or l’intellect agent illumine les fantasmes par influence de cette motion dérivée de lui-même et qui les rend plus appropriés à produire en lui un plus noble effet. C’est ce qu’on appelle métaphoriquement la lumière de l’intellect agent. Notre docteur la désigne très souvent ainsi.
Anticipant l’objection qu’une puissance spirituelle ne peut se recevoir dans une matière, nous dirons avec saint Thomas : “une vertu spirituelle ne peut résider dans une chose corporelle par mode de puissance permanente et complète… Mais rien n’empêche qu’il
y ait dans un corps une puissance spirituelle instrumentale dans la mesure où un corps peut être mu par une substance spirituelle pour produire quelque effet spirituel“.4 Et en un autre endroit : dans quelque chose de corporel, il ne peut y avoir de puissance spirituelle selon un être complet ; mais elle peut s’y trouver par mode d’intention (de mouvement, comme coulant à travers l’objet), telle la puissance de l’art traverse les instruments mus par l’artisan ».5
Nous devons appliquer à cette puissance ce qui est dit dans le De Veritate6 : “à proprement parler cette puissance ne peut être dite ni corporelle ni incorporelle, parce que corporel et incorporel sont des différences de l’être complet. Pourtant la puissance se dit proprement “pour“ l’incorporel comme le mouvement est dit “en vue“ de l’être plutôt qu’être“.
B – Abstraire l’espèce intelligible des fantasmes. Autre effet de l’action de l’intellect agent : grâce au concours du fantasme, il extrait l’espèce intellectuelle de l’intellect possible et l’imprime en lui. À propos de cet acte on parle plus proprement d’abstraction, car l’espèce est la forme représentée dans l’entité spirituelle du fantasme, mais dépouillés de la matérialité du fantasme. Cette forme est spirituellement représentative parce que l’espèce ne représente pas directement l’objet dans sa singularité, mais seulement sa raison universelle, abstraction faite des notes individuantes. 7
Après avoir exposé l’illumination des fantasmes8, suivons ce que dit saint Thomas : « puis les espèces intelligibles sont abstraites par la puissance de l’intellect agent. Celui-ci les tire des fantasmes. Nous pouvons recevoir, par la puissance de l’intellect agent, la réalité des espèces sans leurs conditions individuantes selon une similitude qui informe l’intellect possible »… Mais cette abstraction ne se fait pas en extrayant une entité spirituelle des fantasmes et en l’imprimant dans l’intellect possible, ce qui serait une grande absurdité. Elle n’est pas non plus la connaissance de l’un sans celle de l’autre. L’intellect agent seul ne peut rien9 connaître autrement qu’en produisant dans l’intellect possible, par l’instrumentation de l’illumination du fantasme, une espèce qui ne représente que la quiddité ou la nature de l’objet, omission faite de son individualité. Pour autant cette abstraction n’est pas physique ni à proprement parler cognoscitive, mais productive par mode d’efficience comme on dit, tandis que l’abstraction de l’intellect possible est par mode de considération.10
C’est ce qu’explique saint Thomas dans le lieu cité : « Par la puissance de l’intellect agent il résulte dans l’intellect possible, une certaine similitude de la conversion de l’intellect agent sur les fantasmes. Celle-ci n’est représentative des réalités d’où sont issus les fantasmes qu’en se référant seulement à la nature de l’espèce. On dit ainsi que l’espèce intelligible est abstraite des fantasmes, non comme une forme numériquement une qui aurait existé dans ces derniers avant d’être mise ensuite dans l’intellect possible, tel un corps pris d’un lieu et déplacé vers un autre ». La raison permettant à l’intellect agent de faire cela nous est donnée par saint Thomas dans le De spiritualibus creaturis11 : “De même que l’intellect agent n’est pas l’acte d’un organe corporel à travers lequel il opère de même, il est possible de séparer les espèces intelligibles des fantasmes“. C’est ce que saint Thomas appelle rendre intelligible en acte ce qui n’est intelligible qu’en puissance. Cela prouve assez que les fantasmes ne sont pas l’objet de notre intelligence, mais proportionnent d’une certaine manière la matière à la cause (l’intellect) par laquelle on connaît.12
C – Rendre les intelligibles en acte, en produisant l’espèce. Tout objet apte à actualiser la puissance intellectuelle, mais qui ne peut s’unir à elle par soi n’ est intelligible qu’en puissance. Il devient intelligible en acte par l’espèce que produit l’intellect agent. Cette fonction a été exposée en B -.
D – Donner l’évidence des principes. L’évidence des principes s’enracine dans l’appréhension des termes après abstraction des espèces intelligibles. Les termes des principes s’entendent immédiatement sans discours ni recherche. Nous parlons ici des premiers principes, les instruments de l’intellect agent dans l’acquisition des sciences.13 Parce que “dans la lumière de l’intellect agent toute la science est d’une certaine manière causée en nous par l’intermédiaire des conceptions universelles qui sont connues immédiatement par la lumière de l’intellect agent, par lesquelles comme par des principes universels nous jugeons des autres choses et les connaissons par avance en elles“. 14
Saint Thomas dit plus clairement ailleurs : « l’intellect possible actualisé (i.e. en posant les premiers principes) ne peut suffire à produire en nous la science si n’est pas présupposé l’intellect agent. Parlant de l’intellect en acte dans lequel nous apprenons, l’intellect possible est en puissance envers une chose et en acte envers une autre; parce qu’il est en acte, il peut aussi conduire à l’acte ce qui était en puissance. Il en est de même de ce qui est en acte de connaissance des principes. Il peut être en acte de la connaissance des conclusions qui n’étaient auparavant que connaissables en puissance. Mais malgré cela, la connaissance actuelle des principes ne peut s’obtenir par le seul intellect possible sans l’intellect agent. La connaissance des principes s’obtient des sensibles… Les intelligibles ne peuvent se recevoir des sensibles autrement que par l’abstraction de l’intellect agent. Il devient donc clair que l’entendement en acte des principes ne peut se conduire de puissance à acte par le seul intellect possible sans l’intellect agent. Dans cette opération, l’intellect agent est comme l’artisan et les principes de démonstration comme les instruments. »15
Le saint ajoute aussi « la lumière de l’intellect agent est la raison de l’intelligence de ce qui se connaît naturellement »16. Comme les conclusions ne se connaissent que dans leurs principes et que les principes reçoivent leur évidence de la lumière de l’intellect agent, au bout du compte, toute notre connaissance naturelle se réfère à cette lumière comme à son origine première. Les premiers principes se manifestent immédiatement à la lumière de l’intellect agent et simultanément apparaît précisément que tout le reste est contenu en eux.
E – Conforter l’intellect possible. Entendons que l’intellect agent peut le faire par un mode éminent, en produisant les espèces intelligibles qui fécondent et remplissent l’intellect possible.
Saint Thomas parle fréquemment du renforcement que l’intellect possible reçoit de l’intellect agent. Celui-ci offre ce service par l’intermédiaire des espèces intelligibles qui illuminent l’objet que l’intellect possible doit comprendre : « Toute puissance se conforte et se perfectionne par l’union avec son acte ». Et l’intellect possible est uni à son acte par l’intermédiaire des espèces intelligibles. Encore : “Tout ce que l’on comprend se connaît par la force de la lumière intellectuelle (de l’intellect agent). La connaissance comme
telle inclut en soi (comme effet) la participation de la lumière intellectuelle, en vertu de quoi se fait le renforcement de l’entendement“.17
Certains assignent à l’intellect agent la fonction d’illuminer les espèces intelligibles elles-mêmes. Ceci s’entend par addition, par nouvelle illumination, ou par un degré plus grand d’intensité dans une nouvelle présentation de l’objet.18
L’intellect agent (deuxième partie)
On a prétendu que seule une perspective métaphysique donne significativement accès à l’existence de l’intellect agent et à ses fonctions19. Mais selon les dires de saint Thomas « nous l’atteignons par l’expérience, en percevant que nous abstrayons les formes universelles des conditions particulières »20. « Nous ne pourrions parvenir à connaître ces opérations si nous ne les avions expérimentées »21. A propos de la réception des intelligibles et de leur abstraction par l’intellect agent, « nous expérimentons en nous une autre de ces opérations »22. Certaines expériences sont explicitement posées comme indicateurs de l’intellect agent.
Nous nous attacherons à deux notes de l’intellect agent que nous signale le saint docteur : actualité et supériorité.
Actualité. L’intellect agent est toujours en acte : « toute substance vivante connaît par nature une opération vitale en acte, qui lui est inhérente de façon continue … comme la nutrition chez les animaux »23. « L’intellect agent actue continuellement ce qui dépend de lui »24. « Parmi les puissance de l’âme, seules sont actives l’intellect agent et les forces de l’âme végétative »25.
Observons la cohérence de ses précisions : sont toujours en acte précisément les puissance nécessaires aux actes seconds de l’esprit et du corps, de l’âme et de ses organes, de la forme et de la matière26, selon l’enseignement de saint Thomas.
Cela conduit à certaines conséquences. Si les puissances végétatives sont toujours en acte, nous sommes, par exemple, en permanence au cours d’une ou l’autre des phases de nutrition. Et cela semble s’analyser ainsi : jusqu’à un certain point, ces puissances sollicitent en nous plus de matière digestible ; elles demandent du labeur et dans le même temps manifestent leur actualité. Nous devons nous demander si quelque parallèle s’applique à l’intellect agent, chose que nous verrons plus loin.
Supériorité. Saint Thomas explique souvent l’intellect agent en relation à Dieu :
C’est « une puissance dérivée de l’intellect supérieur (Dieu), par laquelle peuvent s’éclairer les fantasmes »27. « Une puissance qui participe de l’intellect suprême »28. « Une puissance participée de la lumière incréée en laquelle sont contenues les raisons éternelles »29. C’est « comme une puissance participée par une substance supérieure ou Dieu »30. « La lumière de l’intellect agent n’est causée dans l’âme par aucune autre substance séparée que Dieu immédiatement »31. « Par lui, l’âme humaine participe de la lumière intellectuelle »32. « Comme une semence de vérité incréé résultant en nous »33. « Par la marque même de la lumière divine toutes les choses se manifestent en nous »34. « C’est une puissance divine »35.
En relation aux anges :
C’est « une lumière intelligible certaine dont participe l’âme intellective à l’imitation des substances spirituelles supérieures »36. « L’âme humaine, référence faite à ce qui est le plus élevé en elle, tient quelque chose de ce qui est propre de la nature angélique »37.
Synthèse : C’est une puissance qui dérive et participe de Dieu; elle se compare à Dieu, causée immédiatement par dieu. Lumière apparenter à la lumière, imitation des anges.
Détermination de l’intellect agent :
Il est « quelque chose de plus élevé et de plus noble »38. « L’intellect agent est une puissance plus élevée que l’intellect possible »39. « L’intellect agent est plus excellent que le possible »40. « L’intellect possible est hissé à la perfection par l’intellect agent »41. « Son entendement » de quelque chose « est en repos et fixe, sans discours42, immédiat et sans examen43 ». « Cause de la science en nous »44. « Notre science dépend de l’intellect agent comme du premier principe »45. « Sans l’intellect agent on ne peut rien comprendre »46 et par lui « nous discernons le vrai du faux et le bien du mal »47. Par lui « nous jugeons de la vérité »48. Par lui « nous connaissons immuablement la vérité dans de choses changeantes »49.
Synthèse : C’est la puissance la plus élevée et la plus noble, supérieure à l’intellect possible. Celle qui perfectionne, qui comprend en une fois instantanément, généralement au repos, sans discours. Cause en nous, et premier principe de la science par laquelle nous jugeons immuablement de la vérité, du bien et du mal.
Après un regard global sur ces précisions concernant l’actualité, la supériorité et les fonctions de l’intellect agent50, il nous est facile de voir en quelle estime saint Thomas tient l’acte de comprendre et son sujet. Tout ceci explique ce que veut dire « comprendre » et rend évidente la haute dépendance de cet acte envers l’intellect agent dans la pensée du saint docteur.
Nous allons souligner certains aspects de son statut ontologique.
Première question : se distingue-t-il de « l’essence » ? D’un côté saint Thomas nous dit : « d’une substance créée, il est impossible que sa puissance opératoire soit son essence »51. « Les puissance de l’âme ne sont pas les parties essentielles de l’âme ni constitutives de son essence »52. D’un autre côté l’actualité de l’intellect agent est concomitante avec l’ « actus essendi », ainsi : « les deux sont en acte, l’essence selon l’être et la puissance selon l’opération ; les puissances de l’âme ne sont pas son essence »53. « Quand on dit que l’intellect agent est son action, la prédication n’est pas par essence mais par concomitance, parce qu’étant en acte, la substance l’accompagne, en tant que son action dépend d’elle »54. L’opération de l’intellect agent ne serait pas possible « si le principe formel de cette opération n’étaient pas unis à l’homme selon son être »55.
Saint Thomas dit que c’est une propriété essentielle de l’être : « les puissance de l’âme sont un intermédiaire entre l’essence de l’âme et les accidents, comme propriétés naturelles et essentielles, c’est dire qu’elles suivent naturellement l’essence de l’âme »56.
C’est une propriété essentielle en acte opératoire.
On a vu que c’était une puissance plus élevée que l’intellect possible. À ce propos saint Thomas dit que « le premier agent intellectuel donne sa forme au second »57 ; « les autres puissances se rattachent à ce principe qui se nomme puissance active »58, « celui qui est le plus élevé dans chaque genre est cause des autres »59 ; « pour chaque imparfait, il est nécessaire qu’il y ait un parfait »60.
On ne peut dire que celui qui comprend est l’intellect possible comme prétendent certains auteurs, parce qu’ : « on ne peut dire que l’intellect agent comprend séparément de l’intellect possible, mais l’homme comprend par les deux »61. « L’intellect en acte comprend aussi bien l’intellect possible que l’agent »62. « L’acte de l’intellect possible est de recevoir les intelligibles, l’action de l’intellect agent est d’abstraire les intelligibles. Il ne s’en suit pas qu’il y a dans l’homme un double entendement, parce qu’à un seul entendement est ordonnée la confluence de chacune de ces actions »63. « La connaissance de l’intellect requiert les deux puissances, l’intellect agent et le possible »64.
La primeur de l’acte de comprendre revient sans hésiter à l’intellect agent, car c’est lui qui définitivement débute l’acte de connaître, parce que « il faut dire que chaque chose est régie par ce qui est principal en elle »65. Aussi bien l’intellect étant le principal, il en résulte que par lui est signifié l' »esse » de l’homme. Saint Thomas dit : « on dit que l’homme est intellect, parce que l’intellect dit ce qu’il y a de meilleur en l’homme »66. « Chaque chose est ce qu’elle tient de principal »67 ou « ce qui est le meilleur en elle »68.
L’intellect agent étant principal et recteur de la connaissance, il faut admettre que c’est par lui que doit être signifiée l’essence de l’homme, par lui qu’il doit être défini, et par conséquent comprendre la traditionnelle définition métaphysique de l’homme comme animal rationnel, comme animal constructeur de connaissance, par l’intellect agent artisan qui proportionne les premiers principes comme instruments.69
Le poids quantitatif et opératoire de l’intellect agent est si important qu’aucun auteur ne refuse de l’identifier avec l' »esse » sur la base même de saint Thomas. Jaume bofill, fondateur d’heureuse mémoire de l’Ecole thomiste de Barcelone pense ainsi70. Egalement A. Segura : « il est nécessaire de maintenir d’un côté la définition de l’homme comme union substantielle de l’intelligence et du corps, et de l’autre l’exigence d’un principe qui fait être le composé. » 71
Est-il possible de douter que lorsque saint thomas se réfère au plus élevés et au meilleur, il se réfère à l’intellect agent? Simplement se renforce la concomitance de l’intellect agent, participation et semence de Dieu et des anges, avec l’essence, comme mode le plus complet de signification de cette essence, l’ « Humanité » à proprement parler, la nature humaine, »illud quod intellectu quoquo capi potest »72.
Il n’y a là aucune incohérence chez saint Thomas : « comme les essences des choses nous sont inconnues, et leur puissances sont connues par les actes, nous usons fréquemment des noms des puissance pour signifier l’essence. Mais comme tout ne se donne à connaître que par ce qui lui est propre, précisons que lorsque l’essence est désignée par sa puissance, elle est désignée par une puissance propre ». « Lorsqu’il arrive à quelque chose d’être désigné par sa puissance, précisons qu’il est désigné par sa puissance la plus élevée »73. C’est exactement le cas ici : « l’homme est ce qu’il est, par sa partie intellective et principale »74.
Dans la première partie, nous avons vu cinq fonctions de l’intellect agent. Précisons ici une sixième, à laquelle nous avons fait seulement allusion, et qui est maintenant notre propos. Opérer la conversion vers les fantasmes. Ceci se réalise en trois temps : 1) dans la pensée acquise et dans la connaissance des singuliers, 2) en se retournant sur les concepts déjà acquis, c’est-à-dire en se dirigeant vers les fantasmes de la pensée reproductive, 3) dans la pensée créative. Ce sera un aspect très important de la fonction de renfort de l’intellect possible, mais elle tient ici une spécificité fonctionnelle particulière.
En effet, s’il ne peut se faire de penser sans image, nous devons admettre qu’à chaque fois que nous pensons, a lieu le même processus que dans la formation des concepts. L’intellect possible apporte ses habitus-dispositions. Et dans ce cas, quel est celui qui donne l’ordre de formation des images? qui dirige? Nous devons attribuer cette tâche au directeur de la connaissance, car il ne se traite pas une image externe produite par un objet sans une image interne produite par la mémoire et l’imagination et que l’intellect agent doit illuminer. C’est précisément à cette question qu’il faudra nous consacrer.
L’intellect agent (troisième partie)
L’étude de l’intellect agent nous fait comprendre l’homme comme animal constructeur de connaissance, conformément à l’enseignement de Saint Thomas. Ceci revient à dire que le statut de viateur constitue pour l’homme, une propédeutique de l’acte contemplatif achevé, complet et incontestablement heureux : la contemplation de l’Être, non pas connu mais pleinement reconnu et aimé comme Père. Il serait bon d’étudier ce point de vue face au kantisme, mais ce sujet excède le propos de cette étude.
L’actualité constitutionnelle de l’intellect agent conduit à certaines conséquences que nous avons délaissées lors de notre 2ème partie.
Observons ce que dit saint Thomas : « parmi les puissances de l’âme, seules sont actives l’intellect agent et les forces de l’âme végétative »75. Egalement : « , il est clair que les puissances de l’âme végétative, quoiqu’elles usent d’un organe, ne sont pas passives, mais actives »76
Précisément, disons nous, les puissances nécessaires au déroulement de la vie physique et intellectuelle, correspondent à la matière et à la forme77 : « toutes les autres (parties de l’âme) supposent celles-là »78. Sans la vie végétative, ni la vie sensible ni, chez nous, l’opération propre de l’être humain ne sont possibles : « l’opération propre de l’homme est l’entendement »79. Par tant, ces puissances toujours en acte garantissent l’entéléchie du constructeur de connaissance.
Les puissances végétatives sont le support naturel de la vie sensitive, comme le dit Saint Thomas : « ces forces utilisent comme instruments les qualités actives et passives qui sont les principes des actions naturelles « 80. « Comme la nature ne fait pas défaut dans les choses nécessaires, il y a précisément autant d’opérations de l’âme sensitive qu’il en suffit pour la vie de l’animal parfait »81, or l’animal commence avec le stade végétatif. La vie végétative ne peut donc subsister qu’avec les fonctions sensibles supérieures : « chez les animaux, la vie se dirige par l’imagination et la mémoire »82. Pour cette raison, les fonctions végétatives ne peuvent se maintenir sans l’aide de la sensibilité.
Or l’être en acte de l’intellect agent demande de maintenir toujours disponible les images à illuminer, car « l’intellect est nécessairement tributaire des puissances inférieures de connaissance »83. Il faut en conclure que l’imagination est également toujours en acte.
Il convient donc de s’attacher à ces deux aspects de l’imagination : son activité et sa participation à la vie intellectuelle.
Activité
Tout d’abord, l’activité de l’imagination est constante. Saint Thomas écrit : « chez les animaux parfaits, le mouvement de l’imagination perdure, y compris en l’absence des sensibles »84. Il ajoute également : « l’acte de l’imagination demeure même en l’absence des sensibles »85. « les images demeurent, c’est à dire persévèrent y compris
en l’absence des sensibles »86. « le fait que l’imagination voit en l’absence pose comme propriété propre qu’elle transcende le sens »87.
L’activité de l’intellect agent serait une pétition de principe si nous ne prouvions pas dans le même temps l’activité incessante de l’imagination avec l’évidence invincible de notre propre expérience en état de veille comme de sommeil:  » en dormant, nous n’appréhendons pas seulement l’intelligible mais aussi le sensible »88. « le sommeil ne se passe pas de l’intellect »89
L’imagination garantit la continuité de l’action de l’intellect durant le sommeil : « tout ce qui préoccupe la pensée et l’affect en état de veille s’offre également à l’imagination en état de sommeil »90. Elle garantit aussi la sûreté de l’action en état de veille lorsque l’intellect est déficient : « quand l’intellect, instance supérieure, fait défaut, son jugement prévaut pour agir »91 comme c’est le cas chez les animaux supérieurs, et chez l’homme dont l’intellect est « velatum », c’est à dire voilé ou empêché92.
Comme l’intellect « agit non pas par intermittence mais en permanence »93 et que nous ne pouvons comprendre ni penser sans images, il est va de soi que nous appréhendons directement les représentations ou bien nous les reproduisons ou encore l’imagination les construit. Partant nous n’imaginons pas par intermittence mais en permanence.
Admettre que l’organisme travaille pour son compte sans relations fonctionnelles serait admettre que nous vivons des moments purement végétatifs y compris en état de salut, ce qui est absurde. Sans activité sensitive, l’animal meurt. Comme le dit Saint Thomas,  » les réalités naturelles qui ne pourraient parvenir à la fin poursuivie par la nature, existeraient en vain »94.
Saint Thomas prouve que des moments de repos sont nécessaires : « la contemplation de l’esprit humain dépend de l’action de l’imagination et des autres forces corporelles à qui il faut accorder une détente dans l’action , en raison de la faiblesse du corps »95. Ni l’activité de l’esprit, ni celle des sens ne peuvent se maintenir continûment à un niveau constant de tension. Cela confirme l’expérience, les puissances végétatives non plus ne peuvent se maintenir au même degré d’intensité opérationnelle : « omnia tempus habet ».
Relation avec la vie intellectuelle
Non seulement l’imagination perfectionne la sensibilité en elle même. Selon Saint thomas « là où il y a sensation, il y a imagination »96, et grâce à elle, « l’opération de sensation se perfectionne »97. Plus concrètement : « l’imagination est une puissance mue par l’espèce sensible qui actue le sens propre et le sens commun « 98. Mais encore, la représentation elle-même se perfectionne : « les formes imaginées, qui sont plus spirituelles, sont plus dignes que celles immergées dans la matière sensible »99.
Mais nous nous intéressons à sa collaboration à la perfection de l’intellect. Saint Thomas écrit : « mieux imagination, cogitative et mémoire sont disposées, plus apte est l’intelligence »100. Au sujet du mode qui dispose à l’acte principal de l’intellect : « de la bonne disposition de l’imagination s’en suit la perfection de la connaissance intellectuelle »101. Et elle le fait nécessairement : « l’intellect est nécessairement tributaire des puissances inférieures de connaissance »102.
Le Saint Docteur voit dans l’imagination une similitude avec l’intellect : « la puissance imaginative dont la forme est d’une certaine manière semblable au verbe de l’intellect »103. Ou ailleurs : « l’intellect connaît la même chose que le sens, mais mieux »104 A égalité avec l’intellect, « elle compose et divise »105. Comme l’appréhension des premiers principes par l’intellect agent, « l’appréhension de l’imagination est subite et sans délibération »106.
Saint Thomas lui-même la nomme parfois intellect, en tant que « l’intellect est une certaine appréhension de ce que nous connaissons sans recherche, comme les premiers principes »107. Dès lors, « les singuliers ne sont connus qu’en tombant sous la sensation ou l’imagination qu’on appelle ici intelligence, parce qu’elle considère les choses indépendamment du sens, comme l’intellect »108. « L’imagination parfois se nomme intellect »109.
Soyons certains que Saint Thomas se réfère ici aussi bien à la cogitative qu’à l’intellect passif : « l’intellect que Aristote nomme passif, c’est à dire la raison particulière ou la cogitative jointe à la mémoire et à l’imagination »110. Mais peut-être aussi à l’intellect supérieur quand il dit « elle a quelque similitude avec l’intellect car comme lui, elle s’élève au dessus des sensibles « 111.
Le plus important est sa collaboration dans « l’opération propre de l’homme, comprendre, dont le principe premier est l’intellect agent »112. En effet, « par l’opération de la partie sensitive, à savoir l’imagination, notre intelligence se prépare à se convertir vers l’intellect agent, et recevoir de lui l’influence des espèces intelligibles »113. « En nous, la connaissance intellectuelle tient son principe de l’imagination et du sens »114. « L’objet nécessaire à l’intellection est l’image et la similitude d’une chose singulière qui est dans l’organe de l’imagination »115.
Nombreux sont les lieus où saint Thomas dit que l’image est nécessaire à la connaissance : « il est impossible que notre intellect, dans l’état présent de vie d’union au corps passible, comprenne quelque chose en acte sans se tourner vers les images »116.  » les actes intellectuels d’acquisition de la science en cette vie se font par conversion de l’intellect aux images »117. « L’usage de la raison requiert l’usage nécessaire de l’imagination et des autres forces de sensations »118. Finalement, : « l’homme jouit d’un acte d’imagination plus parfait que les autres animaux, ce qui correspond à sa rationalité »119.
Synthèse : l’imagination, similitude de l’intellect, maintient une activité constante. Elle perfectionne la sensibilité et l’intellect, tant en état de veille que de sommeil ou dans le voilement de l’intellect. Elle est indispensable pour comprendre.
Il sera nécessaire de considérer en temps utile les autres forces sensbles : nous nous intéressons pour l’instant à mettre en relief la vigueur particulière de la principale puissance collaborant à l’intellect agent. Celui-ci ne peut être en acte second sans le concours en acte de celle-là.
Action prospective de l’intellect agent.
Il devient urgent d’analyser une fonction de l’intellect agent que nous avons délaissée, et de l’inclure désormais parmi les cinq principales : La conversion aux images. Nous la mettrons en relief en trois temps : 1° dans l’acquisition intellectuelle et la connaissance des singuliers120. 2° dans le retour sur les concepts déjà acquis, c’est à dire la conversion vers les images de la pensée reproductive121. 3° dans l’intelligence créative : « il y a une puissance qui ne connaît pas seulement parce qu’elle reçoit, mais aussi parce qu’elle peut former une autre espèce à partir de ce qu’elle reçoit »122
C’est le moment de nous diriger vers les opérations pour mieux connaître les puissances : étant admis qu’ « on peut connaître la nature d’une chose par ses propriétés et ses effets »123, réfléchissons aux actes seconds,.
Saint Thomas124 nous parle de trois degrés de perfection : début, avancement et accomplissement. Notre Docteur les compare aux âges de la vie : l’enfance, sans usage de la raison. L’âge où l’homme parle, raisonne et devient apte à engendrer. Enfin, celui où il s’avance vers la perfection.
Adaptons cette gradation à la connaissance en utilisant le schéma gnoséologique de Platon : Le premier état de la connaissance est celui de la doxa, avec prédominance des impressions sensibles et du jugement de la cogitative, qui comme tel est d’ordre pratique. L’image en porte tout le poids (en effet, lorsque nous appréhendons, nous ressemblons réellement à des enfants et nous ne pouvons le faire si quelque préjugé, distraction ou trouble nous prive de notre innocence, de notre réceptivité , de notre sincérité). Peut-on parler d’intelligence en cette phase ? Le psychologue suisse Jean Piaget125 s’exprime ainsi : je nomme l’étape qui précède le langage, celle de l’intelligence sensori-motrice.
Exact : c’est l’état d’acquisition des habitus des images visibles audibles, etc. et de tendance à participer physiquement (en touchant, démontant et remontant), car sans cette participation, il n’y aurait ni préparation ni avancement vers l’activité supérieure. Piaget attribue à l’enfant une activité intérieure dès ses premiers pas. Moyennant expériences et représentations motrices, elle permet l’activité ultérieure externe et consciente, et existe déjà entièrement en germe de manière inconsciente. L’intellect agent dans cette étape réalise déjà une action particulière prospective.
Suivant la comparaison avec l’Aquinate, l’état de langage, de raisonnement et de fécondité correspond au niveau dianoétique de Platon. Celui de l’épistémè. la doctrine du psychologue de Genève inclut les périodes d’opérations représentatives pré-opératoires et d’opérations concrètes. Nous voulons faire ressortir la coïncidence avec l’Angélique dans l’apparition du langage. Piaget signale : l’intelligence existe avant le langage. Elle s’appuie d’abord sur le fonctionnement des sens perceptifs, qui l’éveillent, l’activent et l’aiguillonnent. Cette action des sens sur l’intellect fait apparaître le symbolisme, la structure de la pensée. Elle rend aussi plus actuelle la capacité d’action intentionnelle, de génération des verbes mentaux, d’intellection.
Le désir de savoir et la tendance à parler sont des indicateurs de l’action prospective de l’intellect agent. On ne peut rendre le sens complet de l’expression d’Aristote, à laquelle se réfère Saint Thomas : « par nature, chacun désire la science comme la matière la forme »126, autrement que par un principe interne supérieur.
L’intellect possible n’est lumière que parce qu’il la reçoit. Il est le réflecteur de la lumière, de celle dont l’intellect agent est le projecteur, autant sur la species impressa que sur la species expressa. En un unique acte d’intelligence, l’intellect agent unifie l’action de la sensibilité – concrètement de la cogitative, de l’intellect agent et de l’intellect possible. « Intelliger » implique l’unification de la sensibilité et de l’entendement : « à proprement parler, l’intellect ou le sens ne connaît rien, mais l’homme connaît par eux deux »127.
Ou, selon Ségura,128 il est le chef d’orchestre, et comme  » toute chose manifeste ce qui est optimum en elle »129, et que « l’intellect agent est plus excellent que l’intellect possible »130 on ne doit pas considérer ce dernier comme autonome une fois actualisé par l’espèce impresse. Saint Thomas enseigne qu’ « une chose opère selon ce qu’elle est »131, et « l’intellect agent est l’agent principal »132 et de plus  » le discours rationnel ne conduit à aucune certitude avant d’avoir rencontré comme moyen terme les premiers principes en lesquels la raison résout »133. Et comme « conduire à la fin ultime appartient à la puissance la plus élevée »134, cette fonction d’aide indique et réalise l’action prospective de l’intellect agent.
Il nous faut analyser un peu plus cette assistance : quand l’intellect possible a conçu un terme mental, il peut se produire deux hypothèses : soit une sensation semblable se répète soit l’intellect réfléchit. la sensibilité est toujours mobile, surtout parce que matérielle. Nous avons donc des images distinctes. Dans le premier cas, l’image est « rondement » (rotunde ») donnée par la sensation. Dans le second, elle l’est par la mémoire et l’imagination qui peuvent être fidèles à la première image directe ou introduire des variations par omission ou par adition. L’impact de cette dynamique de nuances successives n’est pas neutre. L’espèce impresse reçoit des modifications accidentelle ou mêmes essentielles si un obstacle a rendu l’acte de connaissance initial imparfait, par faute de « convenance des sensibles »135 ou pour une autre raison136.
L’intellect agent contribue à actualiser, à mettre à jour l’espèce expresse, et sans cette activité, il n’y aura ni progrès, ni perfection dans la connaissance137, ni non plus dans l’être connaissant138. (le contraire serait comme identifier l’acte de l’entendement avec l’idée, le concept subjectif avec l’objectif).la vérité est immuable en elle-même, mais pas par rapport à nous. Certes, grâce à une appréhension correcte nous possédons une vérité fondamentale, de base et élémentaire, mais elle est le plus souvent obscure et confuse. Or nous aspirons à la plénitude et à la perfection et notre entendement est attaché aux idées achevées. Chercher la perfection dans le savoir est un indicateur de l’action prospective de l’intellect agent.
Aussi essayons-nous souvent de mémoriser, et le souvenir ne se présente-t-il opportunément qu’avec un certain délai. Il lui est dès lors fréquent de surgir subitement, sans délibération, comme un trait de lumière. Quelle puissance a maintenu l’ « ordre » de chercher ? Ce ne peut être qu’une puissance soutenant constamment son actualité. Il est aussi d’expérience commune qu’un problème non résolu ou paraissant peu clair au moment où on y réfléchit, reçoit sa solution alors qu’on y pense le moins, sur le chemin, au moment de prendre l’autobus, ou récitant le Rosaire (avec une fréquence notable). Ceci manifeste un travail souterrain d’une faculté intelligente active qui dirige l’actuation
de la mémoire et de la réminiscence. Le souvenir spontané et la solution subite de problèmes sont indicateurs de l’action prospective de l’intellect agent.
A l’inverse, dans une joute oratoire, un débat ou une discussion, lors de circonstances où gagner du temps est très important, où est vitale l’instantanéité de la réponse, l’intellect agent cherche des solutions immédiates avec l’exercice de son action prospective.
Enfin, la construction d’artéfacts manifeste le plus clairement l’action prospective de l’intellect agent. Au lieu de partir d’un objet pour élaborer un concept, on part d’un concept pour construire un objet. La composition musicale nous servira de modèle car la nécessité d’une réponse immédiate dans l’improvisation, la présence active de la mémoire et de l’imagination, sont le pain quotidien de l’organiste liturgique écrivant ses compositions au travers d’un discours.
Nous avons l’intention de tenter une approche gnoséologique de la composition, à laquelle nous dédierons la quatrième partie de ce modeste travail.
1 Urráburu, dans sa “Psichologiae pars secunda“, pg 512, dit que l’intellect agent ne connaît pas. Il l’explique par le fait qu’il concourt médiatement à l’intellection, en proportionnant les espèces à l’intellect possible. Mais c’est une forme partielle d’intelligence, et une intelligence qui ne comprend pas devrait changer de nom. Saint Thomas dit que sans intellect agent, nou ne pouvos rien comprendre (De Veritate 1,1 ad3).
2 S.Th. Ia, q 85, a 1, ad 4.- CG.II,77.
3 S.Th. Ia, q 85, a 1, ad 4.
4 S.Th. IIIa, q 62, a 4, ad 1.
5 IV Sent, D1, q 1, a 4, sol 2, ad 4.
6 De Ver, q 27, a 4, ad 5.
7 S.Th. Ia, q 85, a 1, ad 3 & ad 4.
8 S.Th. Ia, q 85, a 1, ad 4.
9 Pas plus l’intellect possible. Q.D. de An, q 4, ad 8.
10 S.Th. Ia, q 85, a 1, ad 1.
11 Q.D. de Spir. Creat. a 10, ad 6
12 S.Th. Ia, q 84, a 6.
13 Q.D. de Ver. q 9, a 1, ad 1. Ia, q 13. Q.D. de An. q4, ad 5 & q 5 corp. in fine. Sent, D II, q 28, a 15. Quod. q 70, a 7, ad 2.
14 Q.D. de Ver. q 10, a 6, corp in fine.
15 Q.D. de An. Q 4 ad 6.
16 S.Th. IIIa, q 11, a 6, ad 3
17 Q.D. de Ver. q 9, a 9 ad 1 & q 10 a 13.
18 “Opportet, cum aliquis speculatur in actu, quod simul formet aliquod phantasma.“ (Q.D. de An. Q 13, S.Th. Ia, q 84, a 7, de Mem. et Rem. II, n° 314).Nous ne pouvons penser sans fantasme répète à l’envie notre Saint. S’il y a fantasme ainsi qu’une espèce de son objet dans l’intellect possible, il n’y a aucune raison pour omettre ici l’action habituelle de l’intellect agent. Alors, s’explique que les espèces imprimées obtenues auparavant peuvent devenir plus claires et plus intenses. C’est ainsi que s’améliorent les espèces exprimées et que progresse la connaissance.
19 GARCÍA CUADRADO. LA LUZ DEL INTELECTO AGENTE, EUNSA, Universidad de Navarra, 1998. Obra imprescindible para estudiar el intellectus agens.
20 1,79,4.
21 C.G. lib 2, cap.76.
22 Q. d. de anima, a. 5 co
23 C.G. lib 2 cap.97.
24 Contra Gentiles, lib. 2 cap. 76 n. 8
25 De virtutibus in communi, 3 ad 5.- Sententia Ethic., lib. 2 l. 5 n. 3
26 1-2,55,2 in c.
27 1,79,4.
28 Ibidem ad 5
29 1,84,5.
30 De spiritualibus creaturis, q.2,art.4,ad 5.
31 De Spirit.Crat. q.un. a.10
32 Ibidem; De Verit.10,6
33 De Veritate, 11, 1
34 1,81,5.
35 De virtutibus, q. 1 a. 1 co.
36 Comp. Theologiae, lib. 1 cap. 88
37 De Verit. 16,1.
38 1,84,6.
39 Super Sent., lib. 2 d. 20 q. 2 a. 2 ad 2
40 Q. d. de anima, a. 5 ad 10
41 De virtutibus, q. 1 a. 9 co.
42 De spiritualibus creaturis, a. 10 co.
43 De veritate, q. 16 a. 1 co. De virtutibus, q. 1 a. 8 co.
44 principium principaliter causans scientiam est intrinsecum, scilicet lumen intellectus agentis, quo causatur scientia in nobis. De spiritualibus creaturis, a. 9 ad 7
45 C.G. II,66.
46 De veritate, q. 1 a. 1 ad 3
47 De spiritualibus creaturis, a. 10 co.
48 De spiritualibus creaturis, a. 10 ad 8
49 Iª q. 84 a. 6 ad 1
50 Illustrer les fantasmes. Abstraire l’espèce. Rendre les intelligibles en acte. Donner l’évidence des premiers principes. Renforcer l’intellect possible. Opérer la conversion vers les fantasmes.
51 De spiritualibus creaturis, a. 11 co.
52 Q. d. de anima, a. 12 ad 15
53 De spiritualibus creaturis, a. 11 co.
54 1,54,1.
55 De Anima, III,lec.10.
56 De spiritualibus creaturis, a. 11 co.
57 Metaphysicae, lib. 5 l. 2 n. 7
58 Metaphysicae, lib. 9 l. 1 n. 10
59 In III Sent.Dist.36,q.1 a.1
60 De spiritualibus creaturis, a. 10 co
61 De spiritualibus creaturis, a. 10 ad 15
62 Q. d. de anima, a. 5 ad 4
63 Q. d. de anima, a. 4 ad 8
64 Q. d. de anima, a. 13 co
65 Sententia Metaphysicae, lib. 1 l. 1 n. 14
66 Q. d. de anima, a. 12 ad 13
67 1-2,29,4
68 1-2,3,5.
69 Q. d. de anima, a. 4 ad 6
70 Miscellània Carles Cardó, pag.176. Barcelona, ARIEL,1963
71 El hombre en cuerpo y alma, EDICEP, Valencia, 1994.
72 De ente et essentia, cap. 1
73 De veritate, q.10, a.1
74 De unitate intellectus, cap. 2
75 De virtutibus in communi, 3 ad 5.- Sententia Ethic., lib. 2 l. 5 n. 3
76 De veritate, q. 26 a. 3 co.
77 1-2,55,2 in c
78 Sentencia De anima, lib. 3 l. 17 n. 2.
79 Contra Gentiles, lib. 2 cap. 76 n. 20
80 Iª q. 78 a. 2 ad 1
81 Iª q. 78 a. 4 co.
82 Sententia Metaphysicae, lib. 1 l. 1 n. 14
83 Iª q. 115 a. 4 co.
84 Sentencia De anima, lib. 2 l. 6 n. 4.- Sentencia De anima, lib. 3 l. 5 n. 8
85 Quodlibet X, q. 3 a. 2 ad 1
86 Sentencia De anima, lib. 3 l. 6 n. 15
87 De veritate, q. 10 a. 4 ad 1
88 In de somniis lc1
89 In de somniis lc1
90 IIª-IIae q. 95 a. 6 co.
91 Sentencia De anima, lib. 3 l. 6 n. 15
92 Sententia de anima, lib. 3 l. 6 n. 16
93 De Potentiis animae cp.6
94 Sentencia De anima, lib. 3 l. 17 n. 5
95 De virtutibus, q. 2 a. 10 ad 7
96 Sentencia De anima, lib. 2 l. 4 n. 4
97 Iª q. 85 a. 2 ad 3
98 De potentiis animae cp4
99 Iª-IIae q. 80 a. 2 arg. 3
100 Iª q. 85 a. 7 co.
101 De veritate, q. 14 a. 4 ad 5
102 Iª q. 115 a. 4 co.
103 Quodlibet V, q. 5 a. 2 ad 2
104 De veritate, q. 2 a. 6 ad 4
105 Iª q. 84 a. 6 ad 2
106 Iª-IIae q. 74 a. 7 ad 4
107 Sentencia De anima, lib. 3 l. 5 n. 3
108 Sententia Metaphysicae, lib. 7 l. 10 n. 14
109 Sententia Metaphisicae, lib. 7 l. 10 n. 13.
110 Iª-IIae q. 51 a. 3 co.
111 Sentencia De anima, lib. 3 l. 15 n. 1.- Sentencia De anima, lib. 3 l. 16 n. 2
112 Contra Gentiles, lib 2 cap.59 n.16
113 Q. d. de anima, a. 15 co.
114 De potentia, q. 10 a. 1 co.
115 De potentiis animae cp6
116 Iª q. 84 a. 7 co.
117 Iª q. 89 a. 5 co.
118 Iª-IIae q. 33 a. 3 ad 3
119 De potentia, q. 2 a.2 co.
120 De virtutibus, q. 2 a. 10 ad 7
121 De potentia, q. 3 a. 9 ad 22
122 De veritate, q. 8 a. 5 co.
123 Iª q. 13 a. 8 ad 2
124 2-2,24,9
125 PIAGET J.: Problemas de Psicología i Genética; Barcelona, Ariel, 1975.
126 Sententia Metaphysicae, lib. 1 l. 1 n. 2
127 De veritate, q. 2 a. 6 ad 3
128 El hombre en cuerpo y alma, EDICEP, Valencia, 1994
129 1-2, 3,5; 1-2,29,4; 1,75,4 ad 1; C.G. I, 28.
130 De substantiis separatis, cap. 16
131 1,75,2.
132 Quodlibet VIII, q. 2 a. 1 co.
133 De veritate, q. 15 a. 1 co.- De anima, q.u. art.4 al 6.
134 Iª-IIae q. 5 a. 6 ad 1
135 2-2,141,4 ad 3
136 C.G.II,53 in fine.
137 « intellectus posibilis perficitur per formas intellectas in actu ».C.G.II,76.-« scientia nostra dependet ab intellectu agente sicut ex primo principio ».Ibidem.
138 « Intellectus in actu est intellectum in actu »:1,87,1 ad 3. « Intellectus perfectus est quod actu intelligit »:C.G.I,48.

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