CAIRN.INFO : La syntagmatique et la psycho-mécanique du langage de Gustave Guillaume par Assen TCHAOUCHEV

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La syntagmatique et la psycho-mécanique du langage de Gustave Guillaume
par Assen TCHAOUCHEV
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2007/1 (n° 165)

Pages : 126
Affiliation : Numéros antérieurs disponibles sur http://www.persee.fr

ISBN : 9782200923426
DOI : 10.3917/lang.165.0052
Éditeur : Armand Colin

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1

L’approche de la problématique syntagmatique se caractérise en gros par deux attitudes extrêmes, à savoir celle qui consiste à se passer complètement de cette articulation dans les descriptions linguistiques et à n’employer le terme de « syntagme » que de manière fortuite et sans autre acception que celle d’un groupement de mots identifié dans la chaîne parlée ; la seconde, de loin la moins fréquente, est celle des classiques du structuralisme qui ont attribué au syntagme le statut de structure-type du langage. Si ces attitudes pèchent par leur excès de radicalisme, elles ne semblent pas pourtant illogiques et il peut apparaître même qu’elles ont leur fondement dans un même ordre de faits : le syntagme occupe un lieu qui se définit en quelque sorte négativement par rapport au plan lexical et au plan phrastique – au sortir du mot, mais avant la constitution de la phrase – ce qui a permis toutes les assimilations à ces deux plans, mais également les assertions de son caractère crucial, exclusif.
2

La notion de « syntagme » ne recouvre pas une réalité linguistique qui s’impose immédiatement à l’esprit. Elle semble grandement tributaire du choix des moyens qu’on se donne pour analyser le langage. De là, le sort fort inégal qui lui est fait par les différentes écoles linguistiques. Généralement méconnue avant Saussure, l’articulation syntagmatique s’est vu attribuer par ce dernier le rôle privilégié de rapport constitutif du langage à l’égal du rapport associatif qui est pour Saussure l’autre pilier de l’édifice langagier. Saussure envisage les rapports syntagmatiques et les rapports associatifs dans le cadre de l’opposition langue/parole. Ces rapports sont conçus d’une manière très générale et ne sont pas susceptibles d’orienter l’étude du domaine proprement syntagmatique. Le syntagme est défini d’une façon non limitative [ « … la notion de syntagme s’applique non seulement aux mots, mais aux groupes de mots, aux unités complexes de toute dimension et de toute espèce (mots composés, dérivés, membres de phrases, phrases entières »)]  [1]
[1] F. de Saussure, Cours de linguistique générale, Lausanne…
.
3

Dans son ouvrage Linguistique générale et linguistique française, devenu depuis classique, Ch. Bally aborde le problème du syntagme. Après avoir posé le caractère binaire de toute forme d’énonciation, traduit par la présence simultanée et obligée du modus (= thème) et du dictum (= propos), Bally rattache le syntagme à la totalité des formes d’énonciation :
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« Dans toutes les formes d’énonciation, le thème (A) et le propos (Z), le déterminé (t) et le déterminant (t’) sont dans un rapport d’interdépendance, de conditionnement réciproque. On ne peut imaginer d’énoncé sans qu’on dise ou pense à propos de quoi il est fait. On retrouve ce genre de rapport dans tous les types de syntagmes : pas de sujet sans prédicat et vice versa ; pas de copule sans un terme qu’elle rattache au déterminé (par exemple : pas de verbe transitif sans un complément d’objet ; inversement, pas de complément d’objet sans un verbe transitif, etc.) […]

Tout syntagme est donc le produit d’une relation d’interdépendance grammaticale établie entre deux signes lexicaux appartenant à des catégories complémentaires l’une de l’autre. C’est dans ce sens qu’on peut dire en abrégé : tout syntagme est binaire. » (op. cit.,102-103).

5

Ce postulat sera repris ultérieurement dans la théorie syntagmatique du structuraliste croate R.-F. Mikus. Parmi les théories linguistiques qui ont tenté d’exploiter à fond l’articulation syntagmatique, citons la démarche de la grammaire syntagmatique basée sur la théorie des constituants immédiats, qui a joué un grand rôle dans la linguistique américaine. Depuis Bloomfield et, à sa suite, Ch. Fries et K. Pike, jusqu’à N. Chomsky, celle-ci a toujours fait état d’un niveau syntagmatique autonome (phrase level).
6

J. Dubois distingue soigneusement le verbe et le syntagme verbal qu’il envisage dans la perspective de la grammaire transformationnelle. « Il est essentiel de distinguer les verbes des syntagmes verbaux. Les premiers sont les constituants du syntagme qu’ils peuvent éventuellement former à eux seuls ; les seconds sont des ensembles de segments appartenant à diverses classes de formes et ils sont les constituants de la phrase » (1967 : 10).
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Il faut dire que si la notion de composante syntagmatique reste acquise en grammaire générative et transformationnelle, elle est loin de faire l’unanimité parmi les représentants de cette école : dans Méthodes en syntaxe. Régime des constructions complétives, Maurice Gross met en cause l’opportunité d’utiliser le syntagme dans la description linguistique.
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« Les arbres de la grammaire générative comportent la sous-structure de la figure I, r.

9

Cette division de la phrase correspond à la traditionnelle coupure sujet – prédicat. Divers arguments, grammaticaux, logiques, et philosophiques ont bien été utilisés depuis Aristote pour justifier cette coupure, mais il ne semble pas qu’il existe des raisons syntaxiques sérieuses de considérer que le prédicat (ou groupe verbal GV, ou syntagme verbal SV, S, Préd, etc.) constitue un syntagme. En effet, des critiques comme celle de Tesnière sont très convaincantes. La dissymétrie par rapport au verbe entre sujet et compléments (i.e. l’accord en personne et nombre) ne justifie pas à elle seule l’emploi de la structure SV ; la position linéaire (sujet à gauche du verbe et compléments à droite du verbe) suffit parfaitement à décrire cette différence » (M. Gross, 1975 : 34).

10

On constate que la signification et la portée attachée au syntagme et à la syntagmatique sont tributaires de la problématique structuraliste qui cherche à rendre compte de la combinatoire des unités linguistiques d’après le type de relations syntagmatiques (sémantique, linéaire, distributionnelle).
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La psycho-systématique de G. Guillaume maintient dans ses grandes lignes la distiction saussurienne langue – parole en y incorporant le concept crucial de temps opératif nécessaire à l’élaboration du sens linguistique.
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« L’acte de langage pris dans son entier est une activité de l’esprit représentable par une ligne cinétique schématisant un phénomène dont l’aboutissement est la phrase, unité d’effet – c’est-à-dire unité de discours – et dont le terme d’origine est l’élément formateur. L’élément formateur est appréhendé, en l’état de définition historiquement acquis, par une coupe transversale portée au plus bas de l’acte de langage ; et la phrase, par une coupe transversale portée au plus haut de l’acte de langage. » (G. Guillaume, 1971 : 34)

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Le langage, concept englobant à l’endroit de la langue et du discours (terme que Guillaume préfère à celui de parole) serait la somme des opérations qui – dans une stricte ordonnance – analysent le pensable en vue du discernement des êtres consitutifs ultimes de la langue pour associer ensuite les éléments discernés dans la synthèse du sens du pensé. Les opérations chronologiquement précédentes relèveraient de l’ordre de ce que Guillaume nomme « représentation » alors que les opérations se produisant à leur suite relèveraient de l’ « expression ».
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C’est au centre de l’aperception guillaumienne du langage, dans la définition même de la psycho-systématique comme étude des systèmes psychiques auxquels la langue et le discours doivent leur état de structure, et dont l’addition produit l’acte de langage, qu’on peut voir les prémisses d’une réflexion débouchant éventuellement sur une problématique syntagmatique. En effet, l’activité langagière de synthèse du sujet parlant, qui associe les éléments préalablement discriminés dans la visée constructive du discours, s’avère être le cadre de constitution du vocable en même temps que le champ opératif de la syntagmatique : au sortir de la saisie lexicale et avant l’accession de la saisie phrastique destinée à matérialiser de manière plus ou moins fidèle et complète la forme grammaticale.
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En linguistique indo-européenne, la théorie du mot se confond traditionnellement avec celle de la partie du discours et sur ce point la psycho-mécanique suit la tradition en y apportant toutefois quelques retouches. « Pour qu’il y aitmot, pour que le mot soit l’unité de puissance de la langue, ce qui est le cas dans les langues dont nous avons l’accoutumance (toutes faites de mots), il est nécessaire et il suffit que la langue soit la résultante d’une coupe atteignant l’acte de langage en un point de lui-même qui ne soit ni tout à fait bas, à son point de départ, ni tout à fait haut, à son terme d’arrivée » (op. cit., 36).
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Mais le mot possède en outre un contenu négatif : en langue, le mot possède un contenu positif : son contenu notionnel et sa forme grammaticale qui détermine son appartenance à l’une des classes prédicatives. En même temps, il possède une sémiologie – cette partie de la forme grammaticale qui, à ce niveau, n’est explicitée par aucune marque morphologique. La matérialisation de cette forme est un fait tardif qui intervient à un niveau de langage subséquent.
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« Le mot est clos quand les éléments formateurs, de plus en plus généraux, qui constituent les termes de la série considérée, ont mené à une généralité indépassable. Cette généralité indépassable est intégrante par rapport à tout ce qui l’a précédée. (…) Les éléments qui s’identifient dans la pensée, par discrimination entre la base de mot et la partie du discours renfermée en quelque sorte sur eux, et intégrant du même coup la base de mot attachée à eux, constituent la morphologie intériorisée au mot. Cette morphologie n’est pas toute la morphologie. Il y a, en dehors d’elle, la morphologie extériorisée au mot. (…)

Pour avoir l’entier de la morphologie, il faudrait donc additionner la morphologie intériorisée au mot et la morphologie extériorisée au mot. On peut poser :

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La partie du discours est le séparateur des deux morphologies. Cette action séparative est l’un de ses attributs. » (Leçons de linguistique de Gustave Guillaume, leçon du 21 janvier 1943, inédit)  [2]
[2] Cette leçon semble être restée inédite (Ph. Monneret,…

19

Dans un article intitulé Comment se fait un système grammatical, G. Guillaume traite de la grammaticalisation du mot, qu’il pose en terme très généraux. Le mot se présenterait initialement comme une sémantèse particulière qui doit, pour se rendre opérationnelle, s’engager dans un mouvement de généralisation (= élaboration de la forme grammaticale). À l’issue de ce processus généralisateur est créée la partie du discours apte à prendre place dans la phrase.
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La distinction entre mot et partie du discours n’est justifiée que dans l’optique du processus comportant un avant (= la notion lexicale portée à son maximum de généralité, le concept) et un après (= l’état de partie de discours atteint au terme de sa généralisation par appropriation de la forme grammaticale). Il s’agit d’une coupure conventionnelle de l’acte de langage, continu par définition, qui comporte des seuils variables dont le mot (= la partie du discours), le syntagme, la phrase, le texte. L’intérêt théorique de cette coupure est de rendre compte des mouvements opératifs dont se compose l’acte de langage, générateur du mot. Le premier mouvement, abstractif, appelé lexigenèse, produit la sémantèse du mot que le deuxième mouvement, intégratif, appelé morphogenèse, munit d’indications grammaticales. Référée aux stades opératifs de l’acte de langage entre lesquels elle s’inscrit, la partie du discours possède une détermination interne qui est sa forme grammaticale généralisée. Celle-ci se résout en plusieurs sous-formes qui en sont le contenu concret. C’est la détermination interne isomorphe avec le contenu sémantique de la partie du discours qui fonde en dernier ressort son statut particulier : en fait un substantif, un verbe, etc. Il ressort que la partie du discours possède de par sa constitution en langue des déterminants formels qui tendent à s’expliciter à mesure que celle-ci est engagée dans l’acte de langage. Certains de ces déterminants ne s’actualisent que dans la phase finale de cet acte, le discours, ce sont la fonction phrastique, la référence personnelle (pour le verbe), certains autres, à un stade antécédent – les déterminants que nous considérons comme hiérarchiquement les plus importants.
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Lors du passage du mot au syntagme, le langage résout un problème spécifique : fournir à la partie du discours toute la morphologie dont elle aura besoin pour pouvoir fonctionner dans le discours. Du point de vue résultatif, le syntagme peut être considéré comme une structure particulière appelée à accomplir des fonctions précises dans la phrase. C’est une édition du mot qui se distingue du mot primitif sur le plan structurel alors que fonctionnellement, il existe une véritable continuité entre le mot et le syntagme, différenciés par la structure. Dans cette optique, il y aurait lieu de parler de genèse syntagmatique à l’instar de la genèse lexicale et de la genèse phrastique. La genèse lexicale se compose d’une lexigenèse (genèse du contenu notionnel) et d’une morphogenèse (genèse de la forme grammaticale). L’unité construite qui en résulte, le mot, est une unité mémorielle, déposée dans la conscience du sujet parlant. Les niveaux linguistiques subséquents peuvent également fournir des unités mémorielles (cf. les syntagmes figés faire face à, faire la navette, pomme de terrre ; les proverbes, mots d’esprit, phrases célèbres : Mieux vaut tard que jamais, Œil pour œil, dent pour dent).
22

La genèse phrastique procède également en deux mouvements : formulation du sens phrastique résultatif et généralisation du sens phrastique, qui fournit les classes sémantiques de phrases (K. Mantchev, 1973 : 91-92).
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Entre ces deux repères, la genèse syntagmatique s’appuie sur le fonctionnalisme du mot visant à devenir un terme de la phrase : le fonctionnalisme interne du syntagme, fondé sur le fonctionnalisme de ses termes, se transforme en fonctionnalisme externe en vue du rôle à jouer dans la phrase. À ce titre, le fonctionnalisme syntagmatique externe est une généralisation du fonctionnalisme syntagmatique interne, et le syntagme se révèle comme une unité éminemment fonctionnelle.
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Du point de vue structurel, on constate la rupture de la continuité entre le plan lexical et le plan syntagmatique. Sans anticiper, disons que le syntagme estune structure complexe où le rapport syntaxique se produit au-delà des limites du mot. La structure syntaxique du syntagme fournit un critère formel permettant de juger de l’appartenance d’une unité linguistique aux divers niveaux opératifs du langage.
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Le domaine de la syntagmatique sera circonscrit, d’une part, par l’actualisation terminale, discursive de la partie du discours et, d’autre part, par les suites paradigmatiques à l’intérieur du mot formées à l’aide de la morphologie incorporée qu’il importe de ne pas mettre sur le même plan avec la morphologie externe, en dépit de leur équivalence fonctionnelle. La morphologie incorporée n’a pas d’existence et n’est significative que dans le cadre du mot. La morphologie externe, elle, a accédé au statut de partie du discours d’une espèce spéciale – la partie du discours a-prédicative.
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D’une langue à l’autre, le domaine syntagmatique est plus ou moins étendu suivant que la langue considérée appartient plutôt au type analytique ou synthétique. L’envergure relative de la syntagmatique varie à l’intérieur d’une même langue selon les propriétés morphologiques des domaines verbal et nominal, compte tenu de leur importance respective. Par exemple, le verbe français a conservé en grande partie l’héritage flexionnel du latin alors que le nom s’en est débarrassé. En revanche, le nombre élevé des déterminants verbaux est un facteur potentiel de syntagmation. En effet, on voit les moyens analytiques (syntagmatiques) et les moyens synthétiques (flexionnels) se partager l’expression de presque tous les déterminants du verbe (expression flexionnelle et périphrastique du mode et du temps, expression analytique de la voix et de l’aspect). La syntagmatique s’inscrit dans l’intervalle où s’opère l’actualisation des déterminants formels de la partie du discours par la morphologie qui en est expulsée. La grande opération linguistique qui préside à la genèse des faits d’ordre syntagmatique est l’actualisation grammaticale. Le concept d’actualisation s’est révélé très fécond en linguistique. Issu de la vision binariste du langage qui discerne un état puissanciel et un état effectif du langage, il essaie de rendre compte de la multitude des faits discursifs à partir d’un nombre restreint de faits de langue (démarche déductive) ou d’accéder au système linguistique inaccessible à l’observation directe depuis ses manifestations observables (démarche inductive).
27

Les agents de l’actualisation, extérieure à la partie du discours, seront appelés opérateurs syntagmatiques. Dans cette perspective, les actualisateurs du nom (articles, possessifs, démonstratifs, quantificatifs) et du verbe (actualisateurs de voix et d’aspect, aspectifs, semi-auxiliaires de modalité et de temps, pronoms personnels), et les prépositions, sont des opérateurs syntagmatiques.
28

L’actualisation des déterminants formels de la partie du discours qui est le fait des opérateurs syntagmatiques conduit à la constitution du syntagme grammatical.
29

G. Guillaume distingue entre ce qu’il appelle l’effet commun des déterminants qui est de produire la détermination de la partie du discours et leur effet propre qui est le contenu des déterminants. Ainsi, l’effet commun des déterminants genre, nombre, cas (fonction) serait de définir la partie du discours appelée « substantif », tandis que l’effet propre du genre serait la distinctionentre le genre vrai : masculin et féminin et le genre fictif ( « attribuer un genre à ce qui n’en a pas »).
30

Nous dirions, en paraphrasant, que l’effet commun des déterminants est la fixation formelle de la partie du discours, tandis que leur effet propre est de former des unités syntagmatiques qui en sont l’édition actualisée.
31

Le statut linguistique d’unité de base de la partie du discours indique que le rapport de conditionnement réciproque qui existe entre la signification et la forme, fondé sur l’isomorphisme de ces catégories, y a trouvé une solution satisfaisante. Mais l’harmonisation de ce rapport, obtenue à l’issue des opérations linguistiques antécédentes, est sujette à être remise en question lors des opérations au niveau linguistique subséquent, et la recherche d’un nouvel équilibre présidera à la constitution de nouvelles unités qui seront autant de solutions plus ou moins stables et à leur tour dépassées. L’acte de langage se présente comme une intégration des résultats acquis aux stades d’activité linguistique précédents, comme une recherche, sur la base de ces résultats, de nouvelles solutions du rapport entre la matière et la forme générateur de sens linguistique.
32

« On sait qu’un système linguistique est un état d’équilibre dont un examen diachronique complémentaire peut précisément éclairer les vicissitudes. Comme tout équilibre d’ordre opératoire, il doit être constitué par une mobilité réglée. Cependant, si l’on peut continuer à parler de mécanisme de la langue, c’est que le passage même au discours dépend étroitement de la structure intime de la langue. Dans la mesure où celle-ci est un jeu de relations et d’oppositions – non seulement une forme plutôt qu’une substance, mais un lieu de mouvements ordonnés – le passage au discours est possible » (A. Jacob, 1970 : 121)

33

On a vu que l’actualisation de la forme grammaticale de la partie du discours engendrait des syntagmes qui sont des unités construites supérieures au mot. Ces unités formelles, syntaxiquement très stables, sont susceptibles de recevoir un supplément notionnel, de caractère facultatif, appelé par la forme actualisée qui exerce son pouvoir intégrateur au-delà des limites du mot. Après avoir manifesté son pouvoir intégrateur à l’endroit du mot qu’elle dote d’un statut en langue (la partie du discours), la forme grammaticale devient intégrante à l’endroit de la séquence formée de deux ou plusieurs mots. Par conséquent, cette capacité de la forme grammaticale est l’un des principaux facteurs de la genèse syntagmatique.
34

L’ajout notionnel en question se présente sous l’apparence d’une classe lexicale choisie en fonction des affinités qui existent entre son contenu et le contenu de la classe lexicale qu’elle est destinée à spécifier. C’est le régime d’incidence dont parle G. Guillaume, assis sur les principes opératifs de l’idéogenèse de Kr. Mantchev.
35

Il est à noter qu’en raison du caractère dynamique du verbe, le problème de sa combinatoire se pose en termes différents de celui des autres classes prédicatives. Sur le plan sémantique, le dynamisme verbal s’entend non seulement comme la possibilité d’observer les stades par lesquels passe l’élaboration du sens verbal dans le cadre du domaine verbal tout entier, mais aussi comme lesvariations de signification dans le cadre du verbe particulier, la subduction. De ce chef, la complémentation a, en principe, un impact beaucoup plus important sur la signification du verbe que sur celle des autres classes prédicatives, où elle a un sens nettement additif :
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un homme très sérieux ; bien des hommes ; énormément grand ; très peu ; beaucoup trop

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En regard, on a des compléments du verbe de nature nominale et adverbiale :
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avoir sommeil ; sembler content ; écrire correctement

39

Le syntagme grammatical dont le contenu a été spécifié est un syntagme mixte ou lexical. Opérativement, il suit le syntagme grammatical qui est permissif à son endroit, et le présuppose. Le rapport qui s’établit entre le contenu du syntagme primitif et l’ajout notionnel est la spécification (terme de Kr. Mantchev). Elle peut conserver son caractère tout à fait facultatif (type une conduite courageuse, acheter une voiture) ou, au contraire, se potentialiser et devenir obligée (type maison de santé, prendre la fuite). Dans le premier cas, on sera en présence d’un syntagme lexical libre et dans le second cas – d’un syntagme lexical figé. Ces types de syntagmes lexicaux sont des positions extrêmes entre lesquelles existent des positions intermédiaires.
40

La hiérarchie sémantique des parties du discours, assise sur leur complémentarité, fonde une hiérarchie des syntagmes en vertu de laquelle les syntagmes hiérarchiquement supérieurs – le syntagme verbal et le syntagme nominal – peuvent intégrer les syntagmes qui leur sont subordonnés : le syntagme adjectival et le syntagme adverbial.
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« D’une part, les syntagmes peuvent être simples ou complexes suivant qu’ils se réduisent aux éléments obligatoires constitutifs du syntagme respectif ou qu’ils s’enrichissent d’éléments facultatifs ; un syntagme nominal, composé d’un article et d’un substantif, par exemple, peut recevoir un adjectif qui peut recevoir à son tour un adverbe, etc. D’autre part, les syntagmes peuvent s’enchaîner les uns aux autres pour composer un syntagme plus large. Dans ce cas certains syntagmes s’encastrent dans un syntagme hiérarchiquement supérieur en y perdant la qualité de syntagmes pour devenir des termes syntagmatiques : par exemple, un syntagme nominal ou adverbial peut s’intégrer à un syntagme verbal. Il en résulte des syntagmes primaires, secondaires, tertiaires, etc. » (K. Mantchev, 1976b : 39-40).

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L’actualisation de la forme grammaticale et la spécification du contenu notionnel de la partie du discours seraient ainsi les deux piliers du domaine syntagmatique. Le syntagme sera défini comme une unité construite du niveau transitoire de la langue au discours, résultant du traitement actualisateur d’une classe prédicative par la morphologie qui en est extériorisée sous forme de mots instrumentaux, et qui est susceptible de s’adjoindre le contenu d’une classe prédicative complémentaire.
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Il apparaît que les unités appréhendées aux différents moments opératifs de l’acte de langage représentent des solutions du rapport entre la signification et la forme en vue de l’explicitation du sens linguistique. Parcouru en direction de la forme ou, inversement, en direction de la signification, ce rapport fondamental reçoit une argumentation sémantique ou une argumentation syntaxique.
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Le rapport syntaxique déterminant?déterminé tend en français à s’inverser dès le plan lexical en raison de l’extériorisation de plus en plus poussée de la forme qui impose son cadre généralisant au contenu. Sur le plan syntagmatique, cette tendance joue à plein, étant donné que, génétiquement, le syntagme résulte de l’antéposition de cette partie de la morphologie que les classes de mots prédicatives n’ont pas retenue en elles. À l’intérieur de ces classes, le rapport syntaxique déterminant?déterminé domine en vertu de ce qu’on pourrait appeler in-formation morphogénique du contenu.
45

Le syntagme grammatical accuse l’ordre syntaxique déterminant ? déterminé sous l’action des opérateurs syntagmatiques, et lors de la constitution du syntagme lexical par spécification du contenu du syntagme grammatical, le supplément notionnel tient généralement le rôle de déterminant sémantique.
46

À la suite de Mikus (1972 : 20-21), nous allons appeler la distribution des fonctions syntaxiques à l’intérieur du syntagme fonctionnalisme syntagmatiquepour l’opposer à la fonction exercée par le syntagme dans la phrase. Il y aurait lieu de distinguer la fonction syntagmatique des classes de mots prédicatives et la fonction phrastique des syntagmes : c’est une distinction impliquée par le mécanisme d’incidence et la reconnaissance des différents stades atteints dans la construction de l’acte de langage. Les fonctions syntagmatiques des classes de mots prédicatives sont beaucoup plus variées que celles des syntagmes qui leur correspondent. L’adjectif, par exemple, peut accomplir la fonction d’épithète (dans le syntagme nominal), d’apposition (dans le syntagme adjectival)  [3]
[3] Même si, d’une part, l’apposition outrepasse la classe…
et d’attribut (dans le syntagme verbal).
47

Pour illustrer ce qui vient d’être dit jusqu’ici, prenons le cas de la formation du syntagme nominal en français. Le substantif possède – dans l’ordre de leur actualisation – les déterminants formels suivants : genre, nombre, fonction syntagmatique, extension.
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Lancé sur la pente de l’actualisation, le substantif explicite en tout premier lieu son genre. En effet, la détermination générique intéresse la totalité des substantifs, classés selon des caractéristiques formelles dans la perspective étroite du sujet sémantique ou dans la perspective large de l’objet sémantique (K. Mantchev, 1976a : 211). Mais, les suffixes tels que -age, -ment, -isme, -tion, – ure, etc. mis à part, qui intéressent les substantifs dérivés, le substantif n’intériorise pas la marque du genre. Le rôle d’exprimer le genre incombe à la morphologie externe au substantif : les articles, les démonstratifs et les possessifs. Ces mots ont des formes distinctes pour le masculin et le féminin : le/a ; ce, cet/tte ; mon/a qui s’accordent avec le substantif auquel il sont antéposés. Si l’on envisage l’explicitation du genre du point de vue des actualisateurs, on constate que l’expression de l’opposition générique dans la classe des substantifs n’est pas la seule, ni même la plus importante fonction des actualisateurs nominaux. Ceux-ci actualisent le genre d’une manière accessoire, grâce à leur morphologie pluscomplète que celle du substantif – ce trait formel leur est commun – alors que leur signification fondamentale les différencie sensiblement. D’ailleurs l’explicitation du genre du substantif peut être le fait, bien que de façon de loin moins systématique, des adjectifs épithètes : de bons augures, (un) bref intervalle.
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Le nombre oppose dans le substantif le singulier et le pluriel. Alors que l’opposition générique a un caractère d’alternative : masculin ou féminin, le pluriel a un caractère additif, c’est un dépassement du singulier qu’on retrouve sous le pluriel  [4]
[4] Voir notamment LL 12 (1938), p. 44, et l’article :…
. Le genre et le nombre se combinent, par économie, dans leur expression sémiologique, mais leur interférence n’est que partielle : la marque du genre ne cumule que celle du singulier, au pluriel, l’opposition générique se neutralise (le, la/les ; ce, cette/ces ; mon, ma/mes).
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Le nombre peut être spécifié par un adverbe de quantité ou un quantificatif (maint, plusieurs, divers). Certains substantifs formels évoquent l’idée de pluralité (un tas de, une quantité de, une foule de, une masse de, une myriade de, etc.).
51

La fonction syntagmatique est un déterminant formel qui a trait à l’insertion du mot – ou du syntagme – dans des ensembles plus vastes et, de ce chef, prévoit les rapports avec les autres classes prédicatives. Les fonctions syntagmatiques que le substantif peut assumer sont celles de caractérisation nominale, type champ de bataille, adjectivale, type conforme à la loi ou adverbiale, type conformément à la loi (termes de Kr. Mantchev), d’attribut, d’apposition, d’objet direct, indirect ou locatif et de complément d’agent.
52

L’extension est actualisée tardivement en discours et ses valeurs dépendent de la fonction phrastique du syntagme nominal, étayées par le cinétisme des actualisateurs. Nous allons opposer l’extension du substantif dans le syntagme nominal sujet et dans le syntagme prédicatif qui peut intégrer des syntagmes hiérarchiquement inférieurs – contenant des substantifs – à titre de composants syntagmatiques.
53

Le sujet est déterminé syntaxiquement par le prédicat. L’extension à laquelle peut atteindre le sujet ne sera qu’une extension relative, vu son caractère syntaxique déterminé. Néanmoins, il sera conçu plus ou moins général selon le type de prédicat qui le détermine.
54

Nous distinguons trois types de prédicats, assimilés aux verbes fondamentaux, à savoir le prédicat à base de être (attributif et locatif), le prédicat à base de avoir et ses synonymes, et le prédicat à base d’un verbe d’action. Le prédicat attributif représente une sorte d’objectivation du contenu du sujet un dédoublement du sujet.
55

Il s’ensuit qu’on ne peut rien attribuer au sujet qui ne lui appartienne au titre de propriété essentielle ou accessoire.
56

La maison est grande mais * La maison est contente.

57

Le prédicat attributif établit une identité momentanée entre le sujet sémantiquement intégral et l’attribut sémantiquement partiel en subordonnant syntaxiquement celui-là à celui-ci. Le sujet en acquiert finalement une extension maximale. Les actualisateurs interviennent pour appuyer de leur cinétisme le mouvement extensif du sujet et le mouvement anti-extensif de l’attribut en vue de leur égalisation accidentelle.
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X est médecin. X est un diplomate habile. Le tigre est un félin.

L’oisiveté est mère de tous les vices. Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée.

59

Le prédicat locatif contient un objet qui localise physiquement le sujet. À l’étroitesse sémantique du sujet s’ajoute son étroitesse syntaxique. L’extension du sujet s’en trouve réduite.
60

X est dans la maison. La table est au milieu de la pièce.

61

Pourtant, lorsque l’objet est un substantif abstrait comme état, posture, situation, etc., le sens locatif s’estompe au profit du sens attributif et du même fait l’extension du sujet s’accroît.
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X est en joie (colère, en situation de faire qqch., bonne posture, etc.).

X est dans la misère (au désespoir, sur la paille).

63

La valeur sélectionnée par l’article est celle d’un déictique (La table est au milieu de la pièce = cette table…).
64

Le verbe avoir et ses synonymes forment un prédicat qui établit une relation de dépendance (rapport de possession) entre le sujet unique et l’objet multiple. Depuis l’idée d’attributivation à l’idée de possession, le déséquilibre sémantique et syntaxique entre le sujet et l’objet s’accentue, le sujet devenant de mieux en mieux défini et anti-extensif.
65

X a une voiture, des amis. L’appartement a quatre pièces. X a encore ses parents.

66

La possession durable est susceptible de devenir un attribut du sujet et de le caractériser en permanence.
67

X a du courage, de la bonté = est bon, courageux. Mais *X a raison ? est raisonnable.

68

Le troisième type de prédicat dont le centre est un verbe d’action s’oppose avec le plus de netteté au sujet. Sujet phrastique et prédicat sont traduits en terme d’agent et d’activité. Le rapport entre eux se prête à deux interprétations opposées : soit du large à l’étroit (rapport spécialisé, professionnel, l’étendue notionnelle du sujet excédant celle de l’activité qui lui est rapportée), soit d’étroit à large (rapport non spécialisé, accidentel, l’étendue notionnelle de l’activité excédant celle de l’agent).
69

rapport professionnel : X fait de la politique, du journalisme. X enseigne au lycée. X chante à l’Opéra. L’écolier fait ses devoirs.

rapport accidentel : X fait de l’esprit, des vers, des grimaces. X travaille dans son jardin. X rencontre un ami dans la rue.

70

Il faut ajouter également le prédicat locatif être en (à) + nom déverval qui approfondit la signification limitée et accidentelle de l’activité. « Tandis quevoyager, par exemple, énonce l’idée de voyage sans précision d’aspect lexical,être en voyage établit une égalité entre la durée de l’action et l’action elle-même, contenue dans le substantif. Cette égalité est obtenue par la confrontation du verbe être ou d’un autre verbe de même nature, qui fournit la durée dans laquelle se développe le procès, et du nom qui fournit la donnée lexicale » (K. Mantchev, 1976a : 50).
71

On peut conclure de ce qui précède que le sujet de la phrase, qui est une notion syntaxiquement dépendante, tend à se conformer notionnellement à sa situation de dépendance en limitant son extension. Celle-ci est conditionnée par la nature du prédicat rapporté au sujet. Excepté le sujet de la phrase attributive, le sujet est conçu plutôt comme une notion étroite et cette tendance qui affirme la dominance de la forme n’est contrebalancée que dans la mesure où les autres types de prédicats réussissent, par leur signification, à se rapprocher du prédicat attributif.
72

Outre la spécification quantitative, la substance nominale est sujette à recevoir une spécification qualitative de son contenu, apportée par un adjectif-épithète.
73

Enfin, le substantif peut être caractérisé par un autre substantif joint au premier au moyen d’une préposition. À l’opposé de L. Tesnière qui considère que la préposition effectue la translation du substantif en adjectif, G. Guillaume pense qu’il s’agit de deux substantivations.
74

« Tandis en effet qu’il appartient à l’adjectivation de trouver son incidence – l’adjectif est fait pour s’appliquer au substantif – deux substantivations si étoitement liées soient-elles requièrent chacune un champ d’incidence qui leur est propre. Il leur faut en conséquence éviter que l’une d’elles fasse figure de simple adjectivation de l’autre. La préposition de qui les sépare suffit à remplir cet office. Elle groupe les deux substantivations en une seule qui les embrasse toutes les deux, mais d’une manière qui laisse à chacune son caractère propre de substantivation. L’adjectivation pure et simple qui se passerait de préposition est évitée. Dans un drôle d’homme, drôle tient le rôle d’un substantif ; c’est un adjectif qu’on a substantivé avant de le rapporter au substantif homme. De sorte qu’on se trouve en présence d’une première substantivation : celle de drôle, suivie d’une seconde, située dans la perspective de la première : celle de homme. Des deux substantivations ainsi produites, la première, à laquelle est donnée toute possibilité à cet égard, vu qu’elle est la première à survenir, s’affirme positive : cependant que la seconde, survenue plus tard, alors que le positif disponible est consommé, épuisé, apparaît négative. Autrement dit, la substantivation de l’ensemble se recompose de deux substantivations dont l’une porte le signe (+) en convenance avec ce qui est acquis et l’autre le signe (–) en convenance avec ce qui reste perspectif. La coupure est mutatis mutandis analogue à celle qui a lieu dans un imparfait séparant l’accompli et l’inaccompli. » (G. Guillaume, Leçon du 18 mars 1943).

75

Au terme de cette brève esquisse de la problématique du syntagme comme unité linguistique de caractère éminemment transitionnel entre la langue et lediscours, et située à ce titre dans un intervalle à étendue variable suivant le type de langue, nous espérons avoir donné l’idée d’une application possible des aperceptions de Gustave Guillaume sur les mécanismes à l’œuvre dans l’acte de langage.
Références bibliographiques

BALLY Charles (1965) Linguistique générale et linguistique française. Berne, Franke.
DUBOIS Jean (1967) Grammaire structurale du français : le verbe. Paris, Larousse.
GROSS Maurice (1975) Méthodes en syntaxe. Régime des constructions complétives, Paris, Hermann.
GUILLAUME Gustave. – (1971) Leçons de linguistique (1948 – 1949), « Psycho-systématique du langage. Principes, méthodes et applications I » Paris, Klincksieck et Québec, Les Presses de l’Université Laval.
– (1990) Leçons de linguistique (1943-1944A), « Esquisse d’une grammaire descriptive de la langue française », Québec, Les Presses de l’Université Laval et Lille, PUL.
JACOB André (1970) Les exigences théoriques de la linguistique selon Gustave Guillaume.Paris, Éditions Klincksieck.
MANTCHEV Krassimir (1973) Conditions d’existence et systématique des valeurs de la préposition à en français moderne. Thèse dactylographiée.
MANTCHEV Krassimir (1976a) Morphologie française. Cours théorique. Sofia, Naouka i izkoustvo.
MANTCHEV Krassimir (1976b) La genèse de la phrase simple énonciative dans structure générale de la langue française contemporaine. Sofia, Presses de l’Université de Sofia.
MONNERET Philippe (2003) Notions de neurolinguistique théorique. Dijon, Éditions universitaires de Dijon.
MIKUS R.-F. (1972) Principes de syntagmatique. Paris, Didier – Bruxelles, AIMAV.
SAUSSURE Ferdinand de (1965) Cours de linguistique générale. Lausanne et Paris, Payot. Réimpression de l’édition de 1922 (2e éd.).
THAVAUD-PITON Stéphanie (2003) « Guillaume lecteur de Bréal » Le français moderne n? 1, Tome LXXI, Paris, Conseil international de la langue française [CILF].
TCHAOUCHEV Assen (1979) Genèse et structure du syntagme verbal en français contemporain. Thèse dactylographiée, Université de Sofia.

Notes
[1]

F. de Saussure, Cours de linguistique générale, Lausanne et Paris, Payot, 1922 (2e éd.), p. 172.
[2]

Cette leçon semble être restée inédite (Ph. Monneret, 2003 : 277), lors même que les leçons de 1943-1944A : « Esquisse d’une grammaire descriptive de la langue française » ont été éditées en 1990 (v. Thavaud-Piton, 2003 : 51) (ndE).
[3]

Même si, d’une part, l’apposition outrepasse la classe des adjectifs et concerne également les noms et les SN et si, de l’autre, il est difficile de parler de « syntagme adjectival » dans une phrase comme : « Le professeur, vexé, suspendit son cours ».
[4]

Voir notamment LL 12 (1938), p. 44, et l’article : « Logique constructive interne du système des articles en français » (1945, LSL 167-183).
Résumé

English

Gustave Guillaume’s syntagmatics and psycho-mecanics of language
The article summarizes and systematizes the results of previous studies of the French verbal syntagm within the framework of G. Guillaume’s psycho-systematics of language and his theory of the word in particular.
The syntagm is analysed as a linguistic structure resulting from the actualization of the grammatical form of the predicative parts of speech by means of morphology external to the word : articles, demonstrative and possessive determiners, auxiliaries, and personal pronouns.

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